Au programme des manifestations de « L’été indien » en juillet 1992, organisées par OK-OC avec la participation des délégués de huit tribus indiennes d’Oklahoma[1] figuraient des cérémonies que nous avions désignées sous l’appellation de « Dons de Terre en Occitania ».

De quoi s’agissait-il ?

La terre, comme on le sait, est le fondement même des cultures et identités indiennes. C’est la « Terre-Mère ».

Dans le système de valeurs de ces cultures, la générosité tient une place importante. Donner ce dont on dispose revient autant à affirmer sa solidarité à autrui qu’à marquer son détachement des biens matériels.

Pour les premiers Européens qui y débarquèrent, voici plus de cinq siècles, l’Amérique fut une terre d’accueil. Ils en usèrent et en abusèrent, les Français comme les autres. Hélas ! ils n’en furent pas toujours reconnaissants. Voici par exemple ce que déclarait le chef des Natchez au commandant français de Fort Rosalie :

« Vous êtes venus nous demander de la terre en nous vous l’avons donnée car il y avait place pour vous et pour nous. Nous jouissions ensemble du même soleil et la même terre nous nourrissait, mais pourquoi nous prendre cette forêt, cette prairie, ces demeures où vous fûtes nos hôtes ? »

Le « don de terre en Occitanie » fut une manière d’inverser la commémoration du cinquième centenaire de l’année Colomb. L’Occitanie, terre de tolérance, plaide en faveur du dialogue des cultures et s’affirme en qualité de terre d’accueil. Donner une terre à une tribu d’Indiens d’Amérique, c’est l’offrir à tous les hommes.

Plusieurs communes du Tarn-et-Garonne et de la région Midi-Pyrénées furent contactées pour être associées à ces dons de terre. Toutes y répondirent favorablement.[2]

En fait, il ne s’agit pas d’un don au sens légal du terme : pas d’acte notarié, ni de traité, seule compte la parole donnée.

L’enclave indienne, sur le territoire d’une commune ou d’un département, sera utilisée par la tribu selon ce qu’elle décidera.

Pour la commune donatrice, l’implantation d’une stèle commémorative sera une excellente manière de retenir l'attention du passant ou du visiteur. Voici par exemple ce qui fut inscrit sur la stèle de la terre indienne du Jardin des Plantes à Montauban :

« En novembre 1829, trois Indiens d’Amérique de la nation Osage qui avaient été abandonnés en Europe furent recueillis et réconfortés à Montauban. Ils retournèrent dans leur pays grâce à la générosité des Montalbanais.

En souvenir de cette émouvante histoire et en reconnaissance de cette hospitalité chaleureuse que les Indiens d’Amérique ont, depuis toujours réservée à leurs visiteurs français, le 21 juillet 1992, la ville de Montauban représentée par son maire, Monsieur Hubert Gouze, a donné cette parcelle de terre aux tribus Osage et Cherokee.

Ami visiteur, vous êtes ici devant une terre indienne. Respectez là autant que, de tous temps, les Indiens d’Amérique ont respecté la Terre-Mère.

La Terre n’appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la Terre (chef Seattle...) »

 


 

[1] Osage, Ponca, Pawnee, Cherokee, Choctaw, Chickasaw, Seminole, Kiowa, Navajo

 

[2]  (82) : Montauban, Lafrançaise, Saint-Nicolas-de-la-Grave, Albias, Cazes-Mondenard, Lauzerte –

 (47) : Beauville - (81) : L’Isle-sur-Tarn - (09) : Alzen.

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Plaque de la terre indienne dédiée à la tribu Stoney (Assiniboin)
de l'Alberta (Canada) le 29 septembre 2006 par la commune d'Albias (82)

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Kevin Mustus (Assiniboin) et Clifford Moar (Innu = Montagnais) sur la terre indienne d'Albias avant l'inauguration





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Christian Tesseyre, maire d'Albias et Kevin Mustus
dévoilent la plaque de la terre indienne