Souvenirs personnels, émotions partagées par Gérard Massip

    Un mois après,     que reste-t’il de notre Printemps Indien 98 ?
    Des images,     beaucoup d’images: colorées comme celles des costumes traditionnels; virevoltantes     comme les danses des braves guerriers ou réfléchies comme les pas rythmés et     méthodiques des femmes indiennes des Plaines.
    Des chants     lancinants, soutenus par le son quelque peu enivrant du tambour, chants profonds,     appliqués et envoûtants.
    Des regards     croisés, chaleureux et reconnaissants, des moments d’échanges plus personnalisés,     des paroles d’amitié, des instants de découvertes partagées.
    Et aussi quelques     moments forts, alimentant mes souvenirs plus personnels.
 

 

Saint Nicolas de la Grave, lundi, 10 heures. La Municipalité offre le pot de l’amitié et par la voix de Michel Guirbal, accueille les invités indiens. Il sait trouver les mots pour parler de reconnaissance de l’Autre, d’échange de culture, de respect des différences. Il évoque l’histoire des Indiens, leur rapport à la terre. Chaleur et sincérité pointant à chaque intonation, à chaque détour de phrase. Brefs moments de partage et de sincérité.

Saint Nicolas de la Grave, lundi,     16 heures. Après le     copieux pique-assiette, un cortège insolite quitte la salle des fêtes pour parcourir les     rues de la bastide. Cortège haut en couleurs et riche de symboles. Couleurs vives des     drapeaux. Ceux d’ici, bien sûr : l’occitan et sa croix, le français et     l’européen; ceux de là-bas: américain étoilé, bannières de l’Oklahoma, et     de la tribu Osage.
    Couleurs vives     des costumes, des tissus et des rubans; teintes chatoyantes des perlages. Couleurs     associées et tellement symboliques lorsque Gabriel, dans sa grande tenue kiowa, conduit     le cortège, brandissant le drapeau occitan.

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Jack Anquoe et Gabe Morgan (Kiowa tribe)

    Tout ce monde     mêlé, peuples autochtones d’ici et d’ailleurs, se retrouve à la terre     indienne, au jardin indien selon le vocable local.
    Terre indienne de     cœur donnée aux Seminoles et aux Choctaws il y a quelques années, terre où tous     les Indiens se reconnaissent.
    Ici se     rencontrent les anciens pour parler et fumer peut-être; ici pousse l’oranger des     Osages; ici tout s’organise autour du cercle symbolique : arrondis les massifs     floraux, formes circulaires des bordures et pavés.
    Ici, nous sommes     à Saint Nicolas où il a un jardin indien, où l’on aime se retrouver, Nation Kiowa     et Occitans de cœur ou d’adoption.
    Dans un mois,     dans un an que restera-t’il de ce printemps indien? Des images et des sons, bien     sûr; surtout le souvenir d’instants intenses et d’émotion partagée.

 

    Et aussi sans     doute l’envie de recommencer.