Mashteuiatsh, une réserve innu

Notre périple au Québec nous conduisit ensuite au lac Saint-Jean, celui que les Innu appellent Pekuakami et prêt duquel est installée la communauté Innu de Mashteuiatsh.

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Les membres d’Ok-Oc sont maintenant des familiers de la culture innu que leur ont fait connaître nos divers invités lors des printemps indiens ; pour notre part, c’est la troisième fois que nous rendons visite à cette communauté fixée sur l’emplacement de la réserve actuelle depuis 1856.

 

Mashteuiastsh, qui signifie «là où il y a une pointe » (il s’agit d’une étroite avancée de terre dans le lac), se présente aujourd’hui comme bien d’autres villages québécois de cette région avec ses maisons alignées le long de la rue principale, à l’arrière de petits espaces verts ou surélevées sur une petite butte de terre. Les commerces attirent cependant l’attention par les enseignes vantant les produits qu’ils proposent : mocassins, bijoux en stéatite et en os, fabrique de tambours, etc. Les boutiques portent des noms pour nous imprononçables : Teuehikan, Mashkuss, Kapatakan, Shakahikan…

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2014 personnes ont été recensées comme population résidante regroupée pour la plupart dans la partie habitée de la réserve portant le nom de Pointe Bleue.

 

Le site est essentiellement marqué par la présence du lac Pekuakami qui attire tous les regards et qui offre sa vue depuis n’importe quel point de la réserve. Il est omniprésent dans le paysage et dans les esprits : tous les habitants parlent du lac mais n’apprécient pas forcément l’aménagement d’une partie de sa rive en esplanade où apparaissent quatre tipis…en béton !

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Les autres monuments marquants sont représentés par l’église installée sur le point haut et qui est dédiée à Kateri Tekakwitha et le musée de la culture et de l’histoire innu. On remarque aussi le grand et massif bâtiment de l’ancien pensionnat de triste réputation aujourd’hui transformé en école.

 

Mashteuiatsh, un village comme les autres situé au bord de cet immense lac Saint-Jean : sans attrait particulier, mais avec un riche passé chargé de beaucoup d’histoire.

 

Et puis, à deux pas, il y a « le territoire », la forêt, le bois, les lacs, les montagnes et les rivières; c’est avec beaucoup de nostalgie que certains en parlent et aussi avec un sentiment de révolte, parce qu’il a été accaparé par l’industrie du bois et ses grandes compagnies (Abitibi Consolidated) qui, elles, ne se posent pas beaucoup de questions avant d’exploiter massivement cette nature. (à suivre)

Gérard Massip