Trois présentations

d'OK-OC et de son histoire

A la plaine de jeux du Ramiérou


Les 5, 9 et 12 mars nous sommes allés présenter aux enfants des écoles publiques de Montauban l'histoire extraordinaire qui est à la base de nos échanges. En tout ce sont près de cent-cinquante enfants, du CP au CM2 qui ont passé une heure en notre compagnie. C'était après la classe, de 17 à 18 heures. On aurait pu s'attendre à une certaine fatigue des enfants, une perte rapide d'attention, voire un rejet comme ils savent si bien le faire lorsqu'ils en ont décidé ainsi. Eh bien non ! Ambiance...

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La première question, avant même que nous ayons commencé, ne manque pas de nous surprendre et de nous ... réjouir :
- Pourquoi nous fait-on asseoir par terre ?
Nous sommes dans une salle polyvalente dans laquelle vient de se dérouler une séance de gymnastique pour personnes retraitées. Le sol est en lino, froid et poussiéreux puisqu'on y a allègrement piétiné l'heure précédente. La remarque venant d'une gamine de dix ans pose un vrai problème, récurrent. Dans les écoles c'est pareil, on a la détestable habitude de faire asseoir les enfants par terre pour ce genre d'activité.
Les sièges seraient-ils un luxe ? A quoi pensent les décideurs et les architectes lorsqu'ils conçoivent ces espaces destinés à un public enfantin ? Mais l'enfant n'est jamais qu'un " mineur " (minus, minable...) Ah, s'il s'agissait d'un "ministre"...
Passons.

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Nous commençons donc par une évocation de l'arrivée à Montauban, en novembre 1829, de trois Osages perdus, SDF avant l'heure, précurseurs de sans-papiers, n'ayant qu'une idée en tête : rentrer chez eux par le premier bateau-charter. Ne restait qu'à trouver le passeur : ce sera l'évêque de Montauban.

Les images se succèdent sur l'écran. Osages d'hier puis Osages d'aujourd'hui. Question : " A quoi reconnaissez-vous les Indiens ? " Réponse : " ils ont des plumes sur la tête " Nous insistons : " comme les oiseaux ? " Les jeunes finissent par convenir que le port des plumes d'aigles est occasionnel, cérémoniel et non habituel.

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" Ils sont habillés comme nous ! " Eh oui, jeunes gens, les Indiens vivent avec leur temps, le nôtre, dans des maisons, avec la télé et tout le reste. Les enfants l'admettent facilement et leur étonnement, vite surmonté, n'est pas surprenant : ce sont des enfants qui ne distinguent pas toujours le réel et le rêve. Notons que c'est plus surprenant lorsque cette réaction vient d'adultes qui imaginent encore les Indiens vivant sous tipis et chassant le bison dans la prairie. Quant on les recentre, on entend parfois le pire : " comme c'est dommage..." Et voilà ! Venant de ceux qui s'affolent à la moindre coupure de courant électrique, on a envie de leur demander où ils ont laissé la fourche et les sabots.

Nous poursuivons avec deux vidéos : celle où l'on voit les danseurs traditionnels et les bisons sauvages dans la prairie au nord de Pawhuska ; puis celle où le groupe de visiteurs montalbanais est accueilli chez les Osages en 1991.

L'attention n'a pas faibli. Tous semblent avoir oublié l'inconfort de leur séant.

Le moment est venu de s'essayer aux danses indiennes comme nous l'avons convenu avec les responsables de cette animation. Il est bien entendu que nous n'allons pas nous risquer aux complexités des diverses danses telles que les pratiquent les Indiens. Le pas de base suffira. Bandeau autour de la tête, plume d'oie blanche fixée sur la nuque, deux cercles concentriques de danseurs, sens inverse de la montre. Musique...

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plumeaigleAprès la danse nous initions les enfants au rite de la plume d'aigle. Il s'agit d'une pratique courante dans certaines tribus, notamment les Montagnais du Québec, qui dans les assemblées ordonnent la prise de parole en fonction de celui qui tient la plume d'aigle. Les enfants ont vite compris la règle et l'observent scrupuleusement : ils demandent la plume avant de parler et écoutent sans l'interrompre celui qui parle. La plume d'aigle, symbole sacré, unanimement respecté dans les tribus...


L'heure du départ arrive trop vite. Nous étions dans l'Indian Time, nous retournons au temps structuré. Au revoir les enfants !


Monique et Jean-Claude Drouilhet

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