08 juin 2009
Tous cousins ? (1/4)
Osages, Occitans : tous cousins ?
Mr.Louis F.Burns,
l’historien osage bien connu des plus anciens adhérents d’Ok-Oc, nous
fit naguère parvenir un article du San Diego Union Tribune (du 1er novembre 1999)
selon lequel les Indiens d’Amérique seraient les descendants de hardis
navigateurs-explorateurs qui auraient traversé l’Atlantique en étant partis du
sud-ouest de l’Europe il y a plus de 18 000 ans.
L’hypothèse est avancée par deux chercheurs américains, éminents anthroplologues : Bruce Bradley et Dennis Stanford, ce dernier étant le conservateur du département anthropologie au prestigieux Smithsonian Institute.


Bruce Bradley (g.), Dennis Stanford (d)
Leur théorie balaye l’hypothèse classique d’une migration des premiers Américains venus d’Asie par le passage de Behring voici 13 500 ans.
Les Osages, nous
rappelle Louis Burns, sont des descendants directs d’autochtones dont la civilisation est connue sous le nom de « Clovis ». Cette civilisation de la pierre taillée se
caractérise par de belles et fines lames oblongues de silex ou d’obsidienne (verre
volcanique) témoignant d’une maîtrise parfaite de cette industrie.
L’idée des
deux archéologues américains a été de rapprocher ces outils de ceux que l’on
trouve en Europe, principalement dans le sud ouest de la France, en Espagne et au
Portugal. L’âge de la pierre taillée (ou Paléolithique) est subdivisé en
inférieur, moyen et supérieur, ce dernier étant lui-même formé de trois périodes qui
sont – de la plus ancienne à la plus récente – l’Aurignacien, le
Solutréen et le Magdalénien. Ces civilisations caractérisent l’homme de Cro-Magnon
dont les vestiges abondent dans le sud ouest de la France. Lorsqu’on
examine les
pointes de lances du Solutréen, en forme de feuille de laurier, on ne peut qu’être
frappé par la ressemblance qui existe avec les lames de la civilisation de Clovis. Il
n’en faut pas davantage à nos deux anthropologues pour échafauder leur hypothèse.

Lames solutréennes en feuilles de laurier
Les hommes du Solutréen auraient donc quitté les côtes atlantiques de
l’Europe du sud en canoës de peau à la « découverte du nouveau monde », quelques
18 000 ans avant Christophe Colomb. Comment est-ce possible ?

migrations humaines et génétique (datation en milliers d'années avant notre ère)
(Wikipedia)
Cela n’a rien d’extraordinaire répondent les deux chercheurs. Au cours des temps préhistoriques, il y a plus de 20 000 ans, d’autres navigateurs sont bien partis coloniser des îles lointaines du Pacifique, franchissant des distances comparables. Par beau temps, avec des vents et un courant favorables, les Solutréens ont pu faire la traversée en un peu moins de trois semaines, estiment-ils.
Les vestiges solutréens abondent en Occitanie occidentale, en Périgord, dans les Pyrénées comme dans la vallée de l’Aveyron. Le site le plus proche de Montauban n’en est qu’à une vingtaine de kilomètres, à la grotte du Rouzet dont l’industrie solutréenne est décrite dans une thèse de Bernard Pajot.
Les Occitans de vieille souche, tout comme ceux d’origine espagnole ou portugaise, sont donc probablement des descendants directs de ces hommes du Paléolithique supérieur.
Alors, si l’hypothèse de Bradley et Stanford est vraie, nous sommes bien les cousins des Osages, comme le pense Louis Burns. C.Q.F.D. (à suivre)
J-Claude Drouilhet
Commentaires
Dans ce cas là...
...il ne faudrait pas invoquer le hasard et toute cette histoire n'en serait que plus belle.De toute façon, il existe des documents très troublants sur les cartes des côtes américaines avant Colomb (voir l'histoire du portulan de Piri Reis).J'aime beaucoup la curiosité qui habite les chercheurs américains dans tous les domaines et la vigueur de leurs institutions telle celle du Smithonian institute.
Amitié Jean-Claude et bonne fin de semaine.
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