Quand trois Occitans rencontrent l'ambassadeur


Ils n'étaient pas seuls mais entourés d'une foule d'invités, salle des Illustres au Capitole de Toulouse, ce lundi soir du 30 novembre. On aurait pu les prendre pour des Américains tant, dans les conversations, était présente  la langue de l'Uncle Sam. Sauf que ces trois-là ne gardaient pas la leur dans la poche. On était à Toulouse, haut lieu de l'Occitanie centrale, au pays des Troubadours  et les trois compères s'exprimaient en langue d'Oc.

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Salle des Illustres : La langue occitane (par Paul Pujol)

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Salle des Illustres : La Toulousaine (par Paul Pujol)

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Salle des Illustres : Hommage à Pierre de Fermat (par Théophile Barrau)

Jean-Jacques Delmas, Jean-Claude Drouilhet et Norbert Sabatié représentaient l'association Oklahoma-Occitania à la réception de l'ambassadeur des États-Unis d'Amérique, descendu de Paris pour fêter le dixième anniversaire du consulat US à Toulouse. Il y avait donc Mr Charles Rikvin, l'ambassadeur et son épouse, Mr David Brown le consul et M. Pierre Cohen le maire de Toulouse qui prononçait le discours d'accueil auquel répondait, en français et avec éloquence, Son Excellence.

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Charles H. Rivkin, ambassadeur des États-Unis à Paris

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David Brown, Consul US à Toulouse

D'autres associations étaient représentées telles que France-États-Unis (antenne locale d'une asso nationale) et Toulouse-Atlanta (jumelage) qu'OK-OC avait  déjà eu l'occasion de rencontrer.

Très entouré l'ambassadeur semblait inaccessible. C'est alors que le consul David Brown, vint au secours  de nos représentants : « Si vous voulez serrer la main de l'ambassadeur il faut jouer des coudes ; soyez agressifs ! » Ainsi fut fait. Après une coupe de Champagne pour se rosir les joues, ils sont entrés dans le premier cercle.

L'association OK-OC fut présentée ainsi qu'un résumé succinct de l'histoire des Osages perdus puis sauvés à Montauban. Étonnement de l'ambassadeur : « c'est vrai cette histoire ? » Bonne accroche.

Un dossier a été préparé à l'intention de l'ambassadeur. Il lui a été remis par  l'intermédiaire de Mrs Helene Mason, attachée culturelle au consulat de Toulouse. Il parle du projet "Jefferson" venu aux oreilles d'OK-OC lors d'une réunion avec la municipalité et les services de la ville de Montauban. L'ambassadeur voudrait refaire le parcours des villes françaises visitées par Thomas Jefferson alors qu'il était ambassadeur des États-Unis à Paris avant la Révolution (de 1785 à 1789). Jefferson avait visité Montauban le 22 mai 1787.

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Thomas Jefferson : 3ème Président des États-Unis

Or il avait un lien particulier avec les Osages car il avait reçu leur chef Pawhuska à Washington alors qu'il était devenu le troisième président des États-Unis. Jefferson-Osages-Pawhuska-Montauban : tout cela s'enchaîne bien. C'est un premier lien.

Un autre est le rapport de Jefferson à la langue d'Oc. Voici ce qu'il écrivait à son secrétaire depuis Aix-en-Provence : 

« Ce langage, sous diverses formes, occupe tout le pays au sud de la Loire. Jadis il a précédé le Français sous le nom de langue romane. Les ballades de ses Troubadours ont fait les délices des nombreuses cours d'Europe. Chaque lettre y est prononcée, l'articulation y est distincte, aucun son nasal ne le défigure, et dans l'ensemble il approche en beauté l'italien et l'espagnol. Tout compte fait, c'est à mon avis un malheur que les circonstances historiques aient finalement assuré la prédominance du Français eu lieu du Provençal. »

 Jefferson-Occitan-Montauban, voilà un second enchaînement qu'il s'agit à présent de tricoter avec le premier pour attirer l'ambassadeur jusqu'à Montauban.

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Il sera temps alors de voir si des Osages peuvent venir apporter leur fil rouge pour compléter l'ouvrage.

En attendant on peut toujours aller lire l'article que publie l'American Center France à propos du jumelage Montauban-Pawhuska.

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