Portraits d'Osages

Nous avons à plusieurs reprises dans ce blog raconté l'histoire surprenante autant que bouleversante de ces six étrangers venus du « Nouveau Monde »

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Quatre guerriers osages et deux femmes débarquaient au Havre le 27 juillet 1827. Leur périple français puis européen devait durer plus de deux ans et, en novembre 1829, trois d'entre eux arrivaient épuisés et désespérés à Montauban chef-lieu du Tarn-et-Garonne. C'est cette histoire extraordinaire qui est à l'origine de l'association OK-OC. Ceux qui ne la connaissent pas encore la découvriront facilement en cliquant ici.

A peine arrivés, ils furent "médiatisés" comme on dit aujourd'hui, sans jamais l'avoir vraiment cherché. Les journaux locaux, puis nationaux s'emparèrent de l'affaire. Les rimailleurs, poétaillons et autres plumitifs s'en donnèrent à cœur joie rivalisant de calembours d'un goût douteux

Pour illustrer l'humour de certains de nos compatriotes de cette époque nous proposerons aujourd'hui à nos lecteurs cette petite pièce de collection qui exprime bien la naïveté de son auteur (paix à ses cendres). Il s'agit d'un prétendu «chant national des Osages», composé en 1827 à Paris, en pleine période de douce folie à la mode osage, par Auguste Panseron, «avec accompagnement de piano et pincettes» (sic).

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Chant National des Osages Dédié au grand Kaniké (1)

Kaniké est un chef valeureux

Tout fléchit sous son bras nerveux

L'arme où son pouvoir réside

De sang est toujours humide

A la prudence des serpents

Il joint force des lions errants.

Nos vallons sont riches et beaux

Défendons, défendons nos cabanes.

On dort si bien sur la hache

Humide du sang de l'agresseur.

Le grand esprit du rocher

S'est levé et a dit :

Malheur Le torrent a roulé des têtes ;

Ce sont les têtes de nos ennemis !

(1) Il faut lire Ki He Kah (on prononce Ka-hi-ka), c'est à dire chef. Rappelons que l'un de nos visiteurs osages se nommait Ki He Kah-Shinka : Petit-Chef.

Durant leur périple européen les six Osages inspirèrent aussi plusieurs peintres et dessinateurs.

L'un d'eux, parmi les plus talentueux, se nommait Léopold Boilly. Il réalisa notamment deux portraits de groupes dans lesquels on reconnaîtra ceux qui arrivaient à Montauban en novembre 1829.

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Les trois de Montauban ne sont pas sur le même tableau. Deux d'entre eux sont sur le premier :

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Femme-Faucon (Hawk Woman) et Petit-Chef (Little Chief)

Le troisième est sur l'autre toile :


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Grand-Soldat (Big-Soldier)

Les trois autres, ceux qui revinrent à Paris chercher du secours auprès de La Fayette, étaient donc

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Jeune-Soldat (Young Soldier), Oiseau-Noir (Black Bird)

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et Mi-Ho'n-Ga ou Soleil-Sacré (Sacred Sun)

Seule celle-ci retourna dans son pays ; les deux autres moururent de la variole à bord du navire.

Un autre portrait de Mi-Ho'n-Ga était peint à Washington en 1830 lors de son arrivée par Charles Bird King

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Mi-Ho'n-Ga et sa fille née à Liège en 1827

Enfin, pour terminer voici un dessin des six Osages, alors qu'ils étaient passés en Allemagne, cherchant une moyen pour rentrer chez eux. Vraisemblablement ils avaient été invités dans un théâtre où ils occupaient une loge et faisaient l'objet de la curiosité générale.

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