L’histoire qui vous est racontée aujourd’hui nous a été envoyée par Rachel et Galen Clavier, nos amis de l’Union des Osages de Californie du Sud. Elle est ici reprise d’un article  d’Helen O’Neill – de l’Associated Press – publié dans le North County Times (Californie du sud). Rachel et Galen commentent : « There are many similarities in this story that remind me of the Occitans and the Osages. I hope you enjoy it » ( Il y a de nombreuses similitudes dans cette histoire qui me rappelle celle des Occitans et des Osages. J’espère qu’elle vous plaira.)

Jean-Claude Drouilhet

Un Indien se redécouvre

sur l'Île d'Emeraude


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An Indian finds himself

on the Emerald Isle

Gary White Dear se promenait ce jour-là au jardin commémoratif de la Famine irlandaise à New York. Cet artiste, enseignant et homme-médecine s’était toujours demandé ce qu'être Choctaw pouvait signifier à une époque où il semble possible quiconque ayant une goutte de sang indien de se déclarer Indien ? En fin de compte, il a trouvé des réponses, mais pas sur les réserves ni en d’autres endroits auxquels il aurait pu s'attendre à les trouver. Il les a trouvées en Irlande (photo AP).


Gary White Dear stands at the Irish Famine Memorial garden in New York. The artist, teacher and medicine man always wondered: What does being a Choctaw mean in an age when it seems anyone with a drop of tribal blood could declare themselves Indian? In the end, he found answers, but not on the reservations or anywhere he might have expected. He found them in Ireland. (AP Photo)

Il savait peu de choses sur l'Irlande jusqu’à ce jour où il rencontra un groupe de randonneurs irlandais dans un centre culturel tribal du Mississippi. Ils étaient venus marcher sur l'historique « Piste des Larmes » et apporter un don de 20.000 dollars à la Nation Choctaw .

He knew little about Ireland and then he met a group of Irish hikers at a tribal resort in Mississippi. They had come to walk the historic "Trail of Tears," and to offer a donation of $20,000 to the Choctaw nation.

La relation entre l’Irlande et les Indiens, il allait l’apprendre, remontait à plus d'un siècle ; une histoire presque oubliée qui se passait en 1847 .

The Irish-Indian connection, he would learn, dated back more than a century, to a nearly forgotten tale that unfolded in 1847.

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En Irlande, 1847 fut une année noire : « Black '47 » c’est ainsi que les Irlandais la désignent. Ce fut l'une des pires années de famine qui avait commencé avec la récolte catastrophique de pommes de terres en 1845 et se prolongea durant les années 1850. Plus d'un million de personnes moururent de maladie ou de faim – La Grande Faim. Un autre million d’Irlandais émigrèrent en Amérique dans des « navires-poubelles »

"Black '47," the Irish named it, one of the worst years of the famine, which began with the failure of the potato crop in 1845 and lasted through the 1850s. More than a million people died of disease and starvation — The Great Hunger — and another million fled on "coffin ships" to America.

Dans un pays lointain, un autre peuple meurtri avait entendu leurs plaintes. A peine une décennie plus tôt, en application de la politique de déplacement des Indiens du président Andrew Jackson, les Choctaw avaient été obligés de quitter leur terre natale dans le Mississippi et forcés à parcourir à pied 600 miles (970 km) jusqu’en l'Oklahoma. Des milliers moururent en cours de route. Ayant encore en mémoire la Piste des larmes, ils collectèrent 170 $ -soit l'équivalent aujourd'hui d'environ 8.000 $ – et les firent parvenir à la population affamée de l’autre côté de l’océan .

A world away another sorrowing people heard their cries. Under President Andrew Jackson's Indian removal policy, the Choctaw had been displaced from their homeland in Mississippi just a decade earlier and forced to march 600 miles to Oklahoma, thousands dying along the way. With memories of the Trail of Tears still fresh, they collected $170 — today's equivalent of about $8,000 — and sent it to the starving people across the sea.

Ce don avait été largement oublié des Choctaw, jusqu’aux années 1990 lorsque des chercheurs irlandais en découvrirent l’existence au cours des préparatifs pour le 150e anniversaire de la famine. Aujourd'hui, White Deer dit que cette action extraordinaire de la tribu a été « comme une flèche lancée au fil du temps ».

The Choctaw donation was largely forgotten until the 1990s when Irish researchers discovered references to it during preparations for the 150th anniversary of the famine. Today, White Deer says the tribe's extraordinary act was "like an arrow shot through time."

Personne, peut-être, n’a connu plus de changements dans sa vie plus que Gary White Deer. Et cela a commencé le jour où il rencontra les randonneurs irlandais au Mississippi.

Perhaps no one's life has changed more than that of Gary White Deer. And it began the day he met the Irish hikers in Mississippi.

Don_MullanA la tête du groupe était un homme nommé Don Mullan, un militant des droits de l’homme qui avait travaillé avec des ONG luttant contre la faim dans le monde. White Deer se trouva immédiatement attiré par Mullan et son projet.

Leading the group was a man named Don Mullan, a human rights activist, who had worked with nonprofit organizations fighting hunger around the world. White Deer found himself immediately drawn to Mullan and his mission.

Les deux hommes restèrent en contact. Et en 1995, Mullan invita White Deer à se joindre à lui pour une marche annuelle de 12 miles (22 km) dans le comté de Mayo. Cette « piste des larmes » irlandaise se réfère à la marche de centaines de pauvres, mourant de faim, dans un vain effort pour supplier les autorités britanniques de leur venir en aide.

The two men kept in touch. And in 1995, Mullan invited White Deer to join him on an annual 12-mile walk in County Mayo. Ireland's own "trail of tears" retraces the trek of hundreds of starving poor in a futile effort to beg the British authorities for help.

Mullan était bien conscient du symbole. Les journaux et les stations de télévision firent des images spectaculaires de l’hommage des Choctaw, parés de plumes et de perles et s'inclinant dans la prière le long du parcours.

Mullan was well aware of the symbolism. Newspapers and television stations carried dramatic photographs of the reverential Choctaw, festooned in feathers and beads, bowing in prayer along the trail.

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Fancy Dancer - acrylique par Gary White Deer

Presque chaque année White Deer est revenu en Irlande, invité par des groupes artistiques, des organisations de droits de l’homme et des écologistes – tous ceux qui sentaient que les gentils Choctaw avec leurs perles et leurs bénédictions pouvaient faire avancer leur cause.

White Deer began visiting Ireland almost every year, invited back by art groups, human rights organizations and environmentalists — anyone who felt the amiable Choctaw with his beads and his blessings could help them with their cause.

White Deer vient de passer deux jours à parcourir la ville avec un cinéaste de Dublin, en repérage pour un documentaire sur la relation Choctaw-Irlandais. Parmi d'autres endroits, ils ont visité le jardin du Mémorial de la faim des Irlandais dans le bas Manhattan, une colline herbeuse d’un quart d'acre (1000 m2) avec les restes d'une petite maison en pierre datant de l'époque de la famine. Gravée dans la pierre de base il y a une référence à la généreuse donation par « les enfants de la forêt , nos Frères Rouges de la Nation Choctaw ».

Cela a fait rire White Deer. Il n'avait encore jamais entendu son peuple appelé « enfants de la forêt ». Mais il comprend la puissance du symbole et du mythe . L’Irlande le lui a appris.

« C'était un petit geste », dit-il. Et pourtant, les conséquences parviennent jusqu’à nous, à travers les cultures, à travers les décennies, à travers l'océan .

Comme une flèche à travers le temps.

White Deer has just spent two days traipsing around the city with a filmmaker from Dublin, working on a documentary about the Choctaw-Irish connection. Among other places, they have visited the Irish hunger memorial garden in lower Manhattan, a quarter-acre grassy hill with the remnants of a famine-era stone cottage. Etched into the stone base is a reference to the generous donation by "the Children of the Forest, our Red Brethern of the Choctaw nation."

White Deer chuckles. He had never heard his people called Children of the Forest before. But he understands the power of symbolism and of myth. Ireland taught him that.

It was such a small gesture, he says. And yet the effects ripple to this day, across cultures, across decades, across the ocean.

Like an arrow shot through time.

D'après Helen O'Neill (Associated Press) - Traduction JCD

Interview de Gary White Deer

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Choctaw

Fier d'être membre honoraire de la Nation Choctaw

et

Occitan !

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