Figeac (Lot)

Sioux, Cheyennes, les Indiens au Musée Champollion

du 9 juillet au 9 octobre

 

Nous reproduisons ci-dessous l'article de Laetitia Bertoni publié dans La Dépêche du Midi du 23 mars 2011 en page Figeac. La photo est de La Dépêche du Midi


Figeac 

L'équipe du Musée Champollion travaillant sur l'exposition / Photo DDM

Les Indiens d'Amérique du Nord auront la faveur des cimaises et des vitrines de l'exposition d'été du Musée Champollion-Les écritures du monde.
Durant trois mois, du 9 juillet au 9 octobre, la conservation mettra en valeur un aspect plutôt méconnu de ces peuples des plaines : leur écriture pictographique. « Il s'agit, précise Maire-Hélène Potier, de montrer comment les Indiens ont transmis leur mémoire à travers des dessins codés retraçant des faits, des événements passés, des mythes et des croyances… C'est une culture où la place de la personne dans le clan dépend de ses hauts faits, de ses actes de bravoure, de sa générosité ».
La conservatrice du Musée reconnaît ne pas disposer de pièces, en lien avec cette thématique dans les collections du musée de Figeac : « C'est là tout l'intérêt de ces expositions. Elles permettent de s'enrichir de nouvelles choses, de compléter l'attrait du musée, tout en restant dans la même thématique ». D'ailleurs, fait-elle remarquer, amusée : « Notre érudit Champollion a lui-même rencontré des Indiens invités en France ».
Pour mettre en place cette exposition, la scénographe figeacoise Violaine Lavaux apportera son concours, afin de souligner la relation animiste des Indiens avec la nature et leur respect de la Terre.
Autour de ce projet une dizaine de structures ont été sollicitées pour des prêts, comme le Musée de Besançon, le Musée de la Castre à Cannes, l'Ontario Museum ou encore le Musée du Quai Branly, à Paris. Ce dernier dispose d'une collection fabuleuse sur les cadeaux offerts par les chefs indiens à nos rois européens. Des documents exceptionnels et rares seront présentés au public tel un film de quelques minutes montrant un chef indien offrant sa tunique et sa coiffe au Maréchal Foch.
Pour agrémenter cette exposition sur les Indiens d'Amérique du Nord, des visites guidées seront proposées, ainsi qu'un à deux ateliers pédagogiques pour les enfants. Mais, pour satisfaire à votre curiosité, le Musée Champollion vous accueillera dimanche 17 avril, de 14 heures à 17 h 30, pour des lectures sur les mythes et contes de ces peuples, avec des discours de chefs indiens aux blancs, lors de l'expulsion de leurs terres.

Laetitia Bertoni

Pour compléter nous rappellerons que les Indiens  que  Champollion rencontra au Louvre en 1827, dont il est question dans cet article, ne sont autres que les six Osages arrivés en juillet au Havre et en août à Paris. Lors du prochain " Eté Indien d'OK-OC" fin septembre, nous emmènerons nos invités au musée Champollion de Figeac pour une rencontre avec les personnes présentes.

 Champollion

Le grand Jean-François Champollion était à Paris en août 1827. C’est au Louvre qu’il rencontra les Osages. Voici un extrait de la lettre qu’il écrivit à son amie la poétesse Angelica Palli, en Toscane :

« Une femme Osage s’appelait Mihanga. Ses traits étaient agréables, malgré la teinte de sauvagerie qui se mêlait singulièrement à une physionomie à la fois grave et douce. Le beau monde qui l’entourait n’obtint point un seul regard : Mihanga paraissait toute renfermée sur elle-même. Elle se lève tout à coup après avoir jeté un coup d’œil autour de la salle, traverse la foule, se dirige à pas comptés vers une colonne du fond et s'assied dans l’ombre projetée par la colonne, la face tournée vers le mur. Là, croisant ses bras sur les genoux, la tête baissée et les yeux fermés, elle commence à demi-voix un chant lentement cadencé et d’une tristesse déchirante. Je l’avais suivie mais je me tenais à certaine distance. Les belles dames n’imitèrent point ma discrétion : elles entourèrent de nouveau la plaintive Osage, qui toute entière à ses souvenirs prolongea sa chanson pendant une demi-heure, sans se douter de la sotte curiosité qui, sans comprendre ses douleurs, voyait un frivole amusement là où la pitié, la sympathie et la compassion pouvaient seules trouver une place. Cette pauvre malheureuse pensait sans doute à son pays et aux êtres chéris qu’elle avait laissés et nos belles Parisiennes riaient... Je vous demande qui, de Mihanga ou de ses dames, méritait le nom et l’accoutrement de sauvage. »


mihanga

Mi-Ho'n-Ga