Le génocide oublié :
TRONTRON et PEUNEU
Prise dans son ensemble, cette histoire est une fiction. Néanmoins les événements et les personnages qui la constituent sont tous authentiques, y compris - et surtout - le massacre final. C'est leur juxtaposition qui est fictive. Cela n'enlève rien au caractère tragique.
Nous sommes à Valence d'Agen (Tarn-et-Garonne) à l'école primaire de garçons en avril 1944...

Leur arrivée dans notre école était un événement. On ne savait d'où ils venaient ni où ils iraient après leur départ. Ils resteraient plusieurs semaines, comme chaque année au printemps. Nous ne connaissions pas leurs noms, seulement leurs surnoms : Trontron et Peuneu. On n'en finissait pas de rigoler, le maître aussi. Des vedettes !
Et c'est bien ce qu'ils étaient. Dans la cour de récré ils étaient très entourés. Personne ne savait mieux qu'eux marcher sur les mains et quand les maîtres d'école regardaient ailleurs : hop, un saut périlleux par ci, une roue par là. De vrais acrobates. Nous les aimions bien et nous les admirions. Mais fallait pas les chercher ; ils savaient se faire respecter.
En classe, il y avait parfois de bons moments. Un jour le maître faisait une leçon sur les voies navigables de France. Justement, à la limite de Valence, passe le canal latéral à la Garonne, prolongement, de Toulouse vers Bordeaux, du Canal du Midi :

- Tiens, demande la maître, toi Trontron ou toi Peuneu, votre roulotte est au bord du canal. Alors vous devez savoir ce que cela veut dire " latéral à la Garonne "...
- M'sieur je sais M'sieur, répond Trontron sans hésiter, ça veut dire qu'il atterrit dans la Garonne !
Pliés nous étions. Trontron et Peuneu rigolaient encore plus fort que tous les autres réunis.

C'était vrai, leur campement était composé de trois roulottes tirées par trois ou quatre robustes chevaux. Ils faisaient partie d'une famille de Manouches dont l'activité principale était le rétamage des chaudrons et autres ustensiles de cuisine. Ils passaient dans les rues de Valence en criant : "Pairolièrs !" car tout le monde comprenait l'occitan en ce temps-là et il fallait bien employer la langue des Gadjé (en langue d'Oc, un chaudron se dit pairol - prononcer païrol). Moi, j'habitais rue Garonne, l'une des dernières maisons avant le canal. De ma fenêtre je voyais les roulottes et la vie de cette petite communauté. J'enviais ces enfants délurés, libres d'aller et venir à leur guise. Mais je ne pouvais les fréquenter qu'à l'école.


Notre école, justement, allait subir de grands bouleversements en ce printemps 44. Nous savions que notre pays était occupé par l'armée allemande et nous avions vu passer plusieurs unités de la Wehrmacht dans notre petite ville. Mais la compagnie qui venait d'arriver chez nous était d'une tout autre espèce, si j'ose dire. Une compagnie du régiment SS Der Führer, de la division Das Reich, nous avait délogés de notre école réquisitionnée et nous avions dû déménager à l'école des filles.

La division SS Das Reich, de retour du front de l'Est, avait établi ses quartiers dans toute la région avec son état-major à Montauban (Valence d'Agen est à 45 km à l'ouest de Montauban). Sa mision, nous le saurions plus tard, était de donner la chasse aux Résistants qui harcelaient les troupes allemandes. Sinistre régiment der Führer ! C'est celui qui devait massacrer les habitants du village d'Oradour sur Glane dans le Limousin, comme nous l'apprendrions plus tard. Les waffen SS, tous volontaires, avaient prêté le serment du SS qui était d'obéir aux ordres quels qu'ils fussent : tuer hommes, femmes, enfants, vieillards sans hésiter ni discuter.

Un officier du régiment SS Der Führer
De ma fenêtre de la rue Garonne je voyais chaque jour des sections SS partir en opérations en chantant "Heidi Heido... Heila". Les roulottes des familles de Trontron et Peuneu avaient décampé dès l'arrivée du régiment SS, la peur instinctive de l'uniforme. Pour eux, les bords du canal étaient devenus infréquentables. Donc, plus de Trontron ni de Peuneu en classe. L'ambiance n'était plus à la détente...
La détente d'une première rafale de mitraillette avait haché le silence de la clairière. Les aboiements de l'officier excitaient les soldats qui enfonçaient les portes des roulottes à grands coups de crosses. " Gehen Sie daher aus ! " Dehors !
Effarés les occupants des roulottes sortaient les uns après les autres. Les hommes d'abord ; Trontron et Peuneu étaient parmi eux. Les SS les firent se ranger pieds nus dans l'herbe mouillée. Les soldats étaient entrés dans les verdines pour en évacuer les femmes et les enfants. L'une d'elles serrait un nourrisson dans ses bras.
Le crime a eu lieu dans une clairière proche du petit village de Saint-Sixte situé à 8 km de Valence d'Agen. La section de soldats SS appartenait à la 1ère compagnie du régiment Der Führer, celle qui justement était cantonnée à Valence d'Agen et que nous croisions tous les jours en allant à l'école. Voici le récit de ce massacre tel qu'on peut le lire sur le site de l'Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (ANACR)
Les véhicules sont fouillés, les meubles, ustensiles, effets, sont jetés hors des roulottes. Soudain, un ordre bref, dans ce désordre les Allemands ont trouvé des carabines à bouchons de liége, à air comprimé. Ces engins inoffensifs, pour garçonnets et jeunes gens étaient installés dans des baraques de foires, pour y exercer leur adresse.
“ Terroristes, terroristes ” hurlent les SS.
Aussitôt les hommes, frappés à coups de crosse, sont placés en file, les bras levés. Les femmes suivent portant leurs enfants à demi vêtus, ou suivies par eux…
Amenés dans la prairie, à quelques mètres de leurs roulottes, ils sont placés en demi-cercle, sommés de se coucher. Avec une rage folle, les Allemands, s’acharnent à la mitraillette, sur leurs victimes.
Les deux hommes sont tués les premiers, par prudence. Six femmes, dont certaines sont enceintes, sont littéralement broyées et éventrées avec, prés d’elles, le fruit déjà formé de leur conception. A leurs côtés, gisent six cadavres d’enfants de 14 ans à 19 jours,
Cela se passait à Saint-Sixte (Lot-et-Garonne) le 23 juin 1944 à 6 heures du matin. Trontron et Peuneu ne reviendraient plus jamais dans notre école.

Alain Daumas, président national de l'UFAT
Dans les années qui suivirent on oublia ce crime contre l'humanité. Les Gitans, comme on disait, n'avaient pas bonne presse et, après tout, certains devaient bien penser que quelques-uns de moins, ce n'était pas une grosse perte. La plupart avaient été internés dans les camps de concentration et beaucoup, déportés en Allemagne avaient péri dans les camps de la mort. La libération des tsiganes eut lieu longtemps après la fin de la guerre. Les derniers Tsiganes ne furent libérés que fin mai 1946. Ils ne retrouvèrent aucun de leurs pauvres biens perdus et ils n'ont jamais été dédommagés.

Eux, les gens du voyage, n'avaient pas oublié. S'il est une tradition bien conservée dans la communauté, c'est bien celle d'honorer ses morts. Alain Daumas, à Montauban, ruminait son projet. Il fallait faire sortir ce drame de l'oubli, le ramener à la surface de la mémoire collective. Mais comment ? Il entreprit un combat opiniâtre, remuant le ciel,la terre et l'enfer jusqu'à ce que l'on consentit à l'écouter. Il voulait faire ériger une stèle commémorative sur le lieu du massacre. La communauté tsigane était prête à la payer. Il parvint à convaincre le maire du village, les conseillers généraux, le préfet et le 23 juin 1991, à la date anniversaire, le monument était inauguré en présence des autorités civiles et militaires. Alain Daumas fit un discours auquel répondit le préfet puis le maire. Une partie des villageois et les enfants des écoles étaient présents. C'était bien la moindre des choses pour honorer la mémoire de Trontron et Peuneu.


Alain Daumas au micro - article de La Dépêche du Midi

Jean-Claude Drouilhet
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Pour ceux de nos visiteurs qui ont vu le film Le vieux fusil de Robert Enrico
tourné à Montauban et dans les environs, je dirai qu'il montre bien la barbarie de cette " unité d'élite " que fut la SS division Das Reich dont le général, responsable des massacres de Saint-Sixte, Dunes, Caudecoste, Oradour sur Glane, Tulle, Brive... pour ne parler que de ceux de notre région (il fit bien pire en Ukraine et en Russie), ce général Lammerding donc, s'éteignit paisiblement dans son lit à Bad Tölz le 13 janvier 1971 à lâge de 66 ans.
Commentaires sur Le génocide oublié :
- la mémoire pour les TsiganesBonjour J.D.C.oui certains on oubliés que les gens du voyages ont payés un lourd tribu au génocide des peuples que l'on considère comme des nuisibles, une partie de la famille de mon Grand-père maternel ont périt dans les camps, donc ils méritent un hommage de votre part et merci pour eux et leurs mémoires. Amitié HOKEWIN

- J'ai lu attentivement et avec émotion cet épisode de l'Histoire.

Peu de gens parlent de cette tragédie sur les crimes de guerre envers les minorités. Je ne connaissais pas cet épisode et l'histoire de ta région. Je pense qu'il y a eu aussi la même chose dans la mienne.
Merci de nous rappeler ce qui a été, car il ne faut pas oublier.
Pour la date de la mort du Brigade-FührerSS Lammerding, je pense qu'il s'agit plutôt de 1965.
Je ferai une recherche sur ce type. Je suis étonné par son grade, il devait être GruppenFührer-SS (général de division)... mais c'est possible qu'il a été promu plus tard.
Normalement son régiment était en repos à cette époque, comme tu le soulignes, et les SS faisaient du zele (sans jeux de mot zelle=cellule en allemand). C'était une unité combattante, mais je pense, je suis certain même, qu'ils étaient placé en état d'alerte anti-partisans.
Tu as raison, les SS se sont particulièrement montré d'une très grande et abominable cruauté et pas seulement, comme tu le rappelle, en Russie.
Ce n'était pourtant pas une unité de Eintzatz-Kommando (unité spéciale des SS qui liquidait les gens et servait à l'arrière du front). Mais l'esprit de tuer était dans leur "corps" (dans les deux sens du terme, corps humain et corps d'armée).
Tous les soldats allemands de toutes les armes de la Wehrmacht + les SS et autres services, prêtaient serment à Hitler depuis 1934. C'était obligatoire. Je donne ce détail parce que je connais bien l'histoire de l'armée allemande.
Pour les prisonniers des camps de concentrations, beaucoups de gens n'ont été libéré qu'en 1946. Certains pour raison politique par les américains, d'autres par les russes. Ca aussi, il est bon de le rappeler. La croix-rouge a d'ailleurs donné comme décision qu'il ne fallait pas diffusé de maladie... (croix-rouge qui n'a pas dénoncé l'existence des camps dès leur constructions en 1933, alors qu'ils étaient au courant). La croix-rouge en Allemagne était national-socialiste. Je m'excuse de le rappeler, mais c'est vrai, ils portaient l'uniforme avec l'aigle noir et une crois rouge en fanion sur leur étendard. Tu trouveras ça sur le site que tu as mis et tu pourras vérifier. Il y a eu une émission là-dessus sur arte réalisé justement par des allemands.
Je donne tous ces détails au cas où des étudiants ou lycéens seraient intéressés.
Si c'est gênant, efface le.
Merci de cet article JC.
Amicalement. - Je souhaite compléter mon commentaire, parce que je me rend compte que j'ai employé le mot "détail" pour expliquer l'organisation nazi et je ne veux pas qu'on croit que je minimise les crimes de guerres commis par les nazis.

J'explique l'organisation de ce régiment. A mon sens, ils n'avaient aucune excusew de commettre ces crimes et leur général encore moins qui les a ordonnés, puisqu'ils n'étaient pas des SS d'un Einsatz-Batalion (bataillon des SS qui assassinaient les gens derrières le front, souvent des policiers allemands incorporés d'office dans la SS).
Je donne certains petits faits historiques pour démontré que c'était bien un crime de guerre, voulu et programmé par le régime hitlérien.
Concernant la croix-rouge allemande et même suisse, c'est réel. Vérifier et vous verrez.
Pour la libération des camps, plutôt l'ouverture, c'est vrai aussi. Certains prisonniers n'ont été libéré qu'en 1946, pour cause invoqué de santé publique.
Merci encore pour ton article JC. J'espère que mes notes sans grandes importances aideront certains jeunes qui lisent ton blog à comprendre la monstruausité des crimes pendant la 2ème guerre commis par les SS, mais aussi par la Wehrmacht en Russie, mais aussi dans toute l'Europe.
Je dis cela, parce que j'ai un document vidéo passé sur arte qui souligne la collaboration de l'armée allemande avec la SS. Je souligne aussi, que certains soldats allemands de la wehrmacht ont refusés d'éxécuter les ordres, mais ce fut très rare qu'ils refusent, par peur ou par racisme.
Ordonnanz juni 1941 : Tout officiers soviétiques, ou membre du parti communistes du NKVD ou autres organisation stalinienne doit être passé par les armes sans jugement.
Ordre ordonné par le OKH ET OKW par Hitler et préfacé par Keitel et Jodl.
à bientôt. Bien amicalement. - La division maudite (en réponse à Bertran de La Farge)Merci bien, cher Bertran, pour ce témoignage émouvant. Ces « années noires » éveillent tellement de souvenirs douloureux qu’il nous est difficile de les contenir plus longtemps, nous qui les avons vécues et en trouvons encore des prolongements des années après. Ainsi, lorsque tu évoques la manufacture d’armes de Tulle – la MAT – comme tu écris, ce sigle évoque en moi le souvenir de cet engin de mort qui m’accompagnait dans les Aurès ; le pistolet-mitrailleur fabriqué à Tulle : « la MAT » disions-nous . C’était encore la guerre, en Algérie cette fois. La guerre, cette violence institutionnalisée. Et l’on découvre aujourd’hui – ou on fait semblant – que la guerre ça tue ! Et on verse des larmes de crocodile sur ces pauvres soldats tués en Afghanistan Je ne parle pas des familles ni des honnêtes gens ; je parle de ceux qui sont cause de leur mort, ceux qui ont voulu cette guerre et qui expriment hypocritement une honteuse fausse compassion devant ses conséquences désastreuses. Nous, les appelés, pendant les sept années et demie de guerre d’Algérie, nous déplorions 10 morts par jour en moyenne (en 14-18, la moyenne quotidienne était de 1000 tués). Pas de télé, pas de grand tralala médiatique, même pas une ligne dans les journaux.

Donc, moi aussi, mon cher ami, je suis contre toute forme de violence, verbale ou physique, individuelle collective ou sociale et à plus forte raison institutionnelle. Et je n’ai jamais cessé de le manifester, ce que je fais ici.
« La barbarie des hommes est éternelle… », écris-tu Bertran. Cela me rappelle la phrase maintes fois citée : « l’homme est un loup pour l’homme » (Plaute, Erasme, Rabelais, Montaigne… Hobbes). L’homme ne serait donc pas le « bon sauvage » de Rousseau mais serait plutôt porté à réaliser ses propres intérêts au détriment de ses semblables. Hormis le fait que cette sentence ne soit pas très sympa pour le loup qui ne fait jamais autant de dégâts parmi ses congénères que ce que fait l’espèce humaine, il faut se garder d’individualiser les comportements. « L’homme est un animal social » pour Aristote. C’est la société qui le rend humain, comme le montrent a contrario ces pauvres enfants sauvages, Victor de l’Aveyron nous étant le plus proche dans le temps et dans l’espace.
Ce n’est qu’à partir du moment où les sociétés humaines ancestrales se libèrent d’une économie de subsistance, basée sur la chasse, la pêche et la cueillette que des surplus s’accumulent et excitent les convoitises. Une société humaine se constitue autour d’un système de valeurs. Dans les sociétés traditionnelles des valeurs telles que solidarité, hospitalité, générosité, courage, compassion, et – ce n’est pas moi qui te l’apprendrai – paratge, cette valeur phare de notre société occitane, constituent un socle, un contrat social.
Que voyons-nous dans nos sociétés occidentales basées sur le profit, la jouissance permanente et perpétuelle, l’agression publicitaire, la concurrence et la compétition, la soumission à la richesse, à la (fausse) gloire, au paraître, à la simulation ? Nos valeurs traditionnelles sont ringardisées, moquées, s’effondrent. Ce qui conduit au désarroi, à l’incommunicabilité et aux formes de violence déjà citées.
Alors comment soigner le Mal, ce Diable qui nous habite et infernalise notre planète tout entière ? C’est à la racine du mal qu’il faut s’attaquer, c’est à dire au système de fausses valeurs qui polluent nos sociétés modernes.
Indignez-vous ! qu’Il disait, il y a plus de 2000 ans. - La SS division Das Reich de Montauban à la Normandie (en réponse à Karleman)Merci cher Karleman de ces précisons et autres informations sur la sinistre division SS Das Reich. Tu as raison de corriger mon erreur sur la date de la mort tranquille du général Lammerding. Ce n’est ni en 1905 ( ???) ni en 1965 qu’il est mort dans son lit mais en 1971. Je n’ai pas trouvé de trace de sa promotion au grade de général de division (Gruppenführer SS), mais seulement son grade de général de brigade (BrigadeFührer). Peu importe du reste. Ce qui compte c’est qu’il était un criminel de guerre nazi, condamné à mort par le tribunal de Bordeaux en 1945, mais jamais extradé par le gouvernement allemand.

Ceci dit, l’un de mes oncles maternels, Abel Autesserre, Résistant, a été capturé par ses soldats sur une dénonciation, déporté à Buchenwald d’où il n’est jamais revenu. J’ai donc des raisons personnelles supplémentaires de mépriser la mémoire de ce criminel de guerre et tout ce qu’il représente.
Je voudrais, pour terminer, te suggérer quelques lectures puisque tu sembles t’intéresser à cette tranche de notre histoire. Deux livres parlent des « prouesses criminelles » de la Das Reich dans le sud-ouest de la France
· Un roman-document : La division maudite ; de Montauban au front de Normandie – par Michel Peyramaure – édition Robert Laffont. – 438 pages ;Passionnant !
· Un document : La division Das Reich de Montauban à la Normandie – de Philip Vickers – éd. Lucien Souny – version française. 187 pages. Très richement documenté, nombreuses illustrations, cartes et photographies
On trouve ces deux livres d’occasion en tapant sur Google « Division Das Reich Montauban » ou « Das Reich Peyramaure » ou « Das Reich Philip Vickers » On aboutit sur le site d’Amazon.com ou d’autres
Enfin je rappelle le film « Le vieux fusil » de Robert Enrico, tourné à Montauban et environs. On doit le trouver en DVD.
Merci encore cher Karleman de tes commentaires et de ton intérêt. Amitiés
Jean_Claude Drouilhet - remerciementsen tant que représentant nationale de la communauté tsigane je tiens a remercier tout particulièrementjc D pour mettre a jour toutes ces actions criminelle commis par des hommes ,dont la haine était sans limite ,cela me fait un grand bien de savoir que notre souffrance est partager,mais néanmoins notre combat demeure toujours d'actualité ,l'année dernière le 27 juillet 2010 nous en apporte la preuve,il y a des hommes qui continus en envenimer cette haine il faut être très vigilant, et agir merci à vous tous de votre soutient alain daumas U F A T

- Merci, Jean-Claude, pour les références des livres et documents.

Oui, cela m'intéresse. De plus, le nom de ce type me dit quelque chose.
Je n'ai pas suivi les carrières des anciens SS ou même généraux de la Wehrmacht après la guerre, mais certains ont été recrutés en 1956 pour créer la Bundeswehr.
C'est "étrange" et scandaleux qu'il n'a jamais été estradé, et en même temps, je sais (j'ai lu est plus exact) que les américains (qui le nie encore maintenant) ont protégés d'anciens nazis. J'ignore les raisons obscures de ces décisions, certainement par intérêts.
Je suis triste d'apprendre le terrible drame qu'à subit ton oncle. Il devait sans aucuns doutes être très brave, parce que les vrais résistants savaient ce qu'ils risquaient. Heureusement, il y a dans notre histoire des hommes qui se sont levés et qui ont refusés la défaite.
Moi aussi, j'aime énormément le film "le vieux fusil". Parce qu'il donne une visions en nous contant une histoire d'amour de ce docteur pour sa femme et sa fille qui fini par l'assassinat de sa famille, aux drames qui s'est passé et aux terribles crimes de guerre commis par cette division ss.
Merci de nous rappeler à la mémoire. J'ai appris beaucoup de choses dans ton article. J'ai pu lire aussi le commentaire de B. De La Farge et je le remercie pour son témoignage. Certains faits que j'ignorais. Je savais qu'il y avait eu des massacres contre des villes, comme Oradour sur glane et Tulle. Mais je ne connaissais pas ces faits et il est bien que des personnes en parlent pour rappeler l'Histoire.
Comme tu l'as dit, l'homme se détruit lui-même. Et s'est partout pareil. Il faut rappeler que nous sommes tous humains.
Merci à tous. à bientôt























En juin 1944 j'avais 3 ans et demi. J'habitais Tulle, en Limousin, où je suis né. Un matin sur la terrasse de notre appartement, j'avais trouvé un pigeon mort. Je l'avais ramassé et ma grand mère m'avait photographié. Puis il y eut un grand vacarme. Par une fenêtre nous vîmes des chars s'arrêter tout au long de l'avenue, arrachant le bitume avec leurs chenilles.
J'étais à nouveau sur la terrasse quand des hommes casqués, un homme à casquette à leur tête, entrèrent chez nous en hurlant. Ma mère me prend dans ses bras et m'emporte dans sa chambre et me met dans son lit. La porte est ouverte violemment, un des hommes saute sur le lit, m'enjambe et, en hurlant, donne des coups de baïonnette dans la tenture qui est à la tête du lit. Deux soldats interpellent ma mère : "Bébé malade ? Grand malheur madame, grand malheur madame"...
Mon père, mon grand-père, deux infirmiers de mon père (médecin) sont violemment capturés et conduits dans la rue. L'infirmière de mon père est assise par terre et pleure. Elle saigne : elle a reçu un coup de baïonnette dans une cuisse. Commence la longue attente dans la terreur.
(Les hommes de la ville ont tous été arrêtés et sont rassemblés dans l'enceinte de la Manufacture d'Armes de Tulle, la MAT. Là ils sont "triés" par groupes. Un matin un groupe de cent hommes est extrait de la "Manu" : des cordes sont accrochées à divers balcons. Les cent hommes, la plupart des jeunes hommes, qualifiés de "terrorists", sont pendus. Un deuxième groupe de 150 hommes sont embarqués et déportés direction l'Allemagne,à Dachau. Une trentaine survivront.)
Mon père, mon grand père et l'un des deux infirmiers, ainsi que tous les autres hommes sont relâchés. Le deuxième infirmier de mon père, frère du premier, n'est pas parmi eux: il ne reviendra jamais de Dachau !
Avant ou après, je ne sais plus, des gens terrifiés arrivent en vélo à Tulle en criant. Ils arrivent d'Oradour sur Glane et racontent que les SS ont massacré toute la population.
A Tulle comme à Oradour les SS de la Division Das Reich venaient d'écrire une nouvelle page de l'Enfer des Hommes.
Mais mon histoire personnelle ne s'arrête pas là. Je ne saurais dire la date, mais à quelques temps de là, dans cette même avenue, devant "chez nous", où j'avais vu les chars "Panzer" et les SS poussant les hommes en hurlant, vers la Manu, un curieux et épouvantable défilé traversa la ville. Quelques centaines de femmes captives, pleurant et gémissant, le crane tondu, encadrées par de glorieux personnages qui les molestaient et les injuriaient,furent ainsi violemment exhibées. J'ignore quel fut leur sort.
Je dois dire que dans ma mémoire ces deux évènements sont liés à égalité et que j'en ai inconsciemment gardé, jusqu'à aujourd'hui, une leçon : le refus total des extrémismes,de quelque bord, idéologie ou religion, qu'ils soient, le rejet absolu de toute violence.
Mais mon histoire personnelle ne s'arrête encore pas là. En 1965 je m'installe avec ma petite famille à Toulouse et, en 1970, nous achetons une maison sur les hauteurs de Pech David à Toulouse.
La maison est ancienne et nécessite des réparations. Entre autres, refaire la toiture. On démolit l'ancienne et, surprise, les vieilles voliges que nous jetons sont en fait des morceaux de caisses à munition allemandes frappées d'une croix. Sur le mur de clôture, un sigle "SS" a été gravé sans doute avec la pointe d'une baïonnette. J'interroge les anciens du quartier : "Ah vous ne saviez pas ?! Votre maison a été réquisitionnée par les SS pendant l'occupation ! Vous savez, ceux de la Division Das Reich !"
J'arrive à la fin de mon histoire : tous les jours je voyais passer devant la maison, donc à Toulouse, un homme que l'un des anciens saluait par son nom qui était le même que celui de l'un des rescapés des tullistes déportés à Dachau en 1944. Aussi un jour je vais à sa rencontre et je lui demande si, par hasard, il ne serait pas parent. Il me répond : "mais ce n'est pas par hasard, car c'est bien moi" ! En plus il habitait dans la même rue !
La vie est pleine de clins d'oeil et de circonstances qui surgissent avec insistance, sous différentes formes, sur notre chemin, peut être pour nous faire comprendre "quelque chose".
Toujours est-il que dans mes pensées et mes convictions, les martyrs de Tulle et d'Oradour, rejoignent ceux de Béziers, de Minerve, de Lavaur, de Montségur, de Montaimé, de Vérone, de Srébréniça, et, hélas il y a un "et coetera"...
La barbarie des hommes est éternelle et ne connaît ni frontières ni calendriers.
Et ne nous cherchons pas des alibis et des excuses: le Diable n'existe pas, le "Prince de ce monde" qui serait responsable de tous les maux qui nous affligent. Comprenons bien que le seul responsable du mal sur notre planète, c'est tout simplement l'Homme lui même ! C'est nous ! Chaque fois que nous nous associons à un malveillance, à une violence, à une barbarie, nous devenons un morceau du Mal.
C'est sans doute pour cela que "quelqu'un" est venu nous dire, il y a quelque temps déjà : "Aimons nous les uns les autres"...
Il serait temps de mettre cela en pratique.