Ernie LaPointe,


héritier de Sitting Bull


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Marie-Claude Strigler :

Ernie Lapointe est né en 1948 dans la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du sud. Il grandit à Rapid City avec sa demi-sœur Marlene Little Spotted Horse. Sa mère mourut d’un cancer lorsqu’il avait 10 ans, et son père mourut d’une crise cardiaque lorsqu’il en avait 17. Il vécut avec sa sœur Marlene jusqu’à ses 18 ans. C’est alors qu’il s’engagea dans l’armée. Il alla en Corée, Turquie et Allemagne et un peu partout aux États-Unis. Il alla au Vietnam en 1970-71 et quitta l’armée avec les honneurs en 1972.

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Du côté de sa mère, il est l’arrière petit-fils de Sitting Bull et de Seen by Her Nation Woman. Ernie Lapointe compte de nombreux chefs dans son ascendance. Son grand-père, Spotted Horse était le fils de Hunts Enemy et le petit-fils de Chief Charging Bear. Le frère de son arrière grand-mère était le chef Painted Horse. M. Lapointe est un danseur du Soleil et suit les règles de la pipe sacrée.

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 chef Charging Bear ; chef Painted Horse

Restitution d’une mèche de cheveux et de jambières de Sitting Bull en 2008

En 1990, le Congrès américain vota la loi de rapatriement des restes humains et des objets sacrés, selon laquelle toutes les institutions recevant des subventions fédérales doivent recenser les restes humains et objets indiens qu’elles détiennent, et les tribus ou les individus indiens ont le droit d’en réclamer la restitution. Les musées recèlent des milliers d’ossements et d’objets sacrés qui, théoriquement, ne devraient pas être exposés aux yeux du public. Un certain nombre d’objets ont été réclamés, comme des bourses médecine, et des ossements ont pu être enterrés selon la tradition. Évidemment, la loi ne s’applique pas aux collectionneurs privés ni aux musées étrangers. Tout dépend de leur bonne volonté. Ainsi, le Musée du quai Branly a restitué des têtes maoris au mois de janvier dernier et, il y a quelques années, la fille de André Breton a rendu officiellement un masque Kwakiutl à sa tribu.

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 En 2003, un responsable du rapatriement se rendit chez Ernie Lapointe où on lui montra l’arbre généalogique de la famille, qui comprend tous les enfants de Sitting Bull et leurs descendants, jusqu’aux arrières petits-enfants, la génération actuelle. Selon la loi, tous les objets doivent être restitués aux descendants ; ils ne sont rendus à la tribu que lorsque l’héritier individuel n’a pu être déterminé.

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Au décès du médecin militaire Horace Deeble en 1896, ses biens allèrent à la Smithsonian Institution car il n’avait plus de famille. Lui-même les avait prélevés sur le corps de Sitting Bull.

Sitting_Bull_mocassinsLe musée a encore en sa possession une carabine Winchester et une paire de mocassins ayant appartenu à Sitting Bull qui ne peuvent être réclamés, car la carabine a été donnée lors d’une capitulation à Fort Buford en 1866 et les mocassins ont été échangés contre de la nourriture. De plus, ce ne sont pas des objets culturels ou religieux et ne sont donc pas concernés par la loi sur le rapatriement.

 Ernie alla à Washington avec sa femme Sonja ; le conservateur du National Museum of Natural History leur remit les objets le 8 décembre et ils retournèrent chez eux, en ayant l’impression que Sitting Bull aussi rentrait chez lui.

 Les mocassins de Sitting Bull

« Une cérémonie eut lieu, conduite par un homme médecine qui nous dit que la mèche de cheveux devait être brûlée et que les jambières ne devaient pas aller dans un musée. 111 ans d’exposition sont largement suffisants.

Avant de brûler la mèche de cheveux, nous en avons prélevé une petite partie pour une analyse ADN en Europe. Ainsi, tous ceux qui pensent être liés avec Sitting Bull peuvent le faire vérifier. Quant à nous, nous avons le cœur brisé à la pensée qu’il a dû entrer dans le monde des esprits sans la mèche de cheveux à laquelle étaient fixées ses plumes d’aigle. Quant aux jambières, elles sont tachées mais en bon état. Elles sont dans un lieu sûr où on ne peut plus nous les dérober.»


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Red Tomahawk, l'officier de la police indienne

qui tua Sitting Bull le 15 décembre 1890