Pequot04

Au programme de l'été indien d'OK-OC, du 22 au 29 septembre, notre association présente une conférence sur un sujet controversé : celui des casinos indiens. La conférencière, Marie-Claude Strigler a déjà donné plusieurs conférences à Montauban sur des sujets qu'elle connaît bien : ceux des Indiens d'Amérique.

Cette conférence sera présentée le vendredi 28 septembre à 17 heures

à l'Ancien Collège de Montauban.

Elle sera suivie des interventions de deux Indiens Osages, Joe Hall et Paul Bemore, qui donneront leur point de vue sur les sept casinos de la réserve osage en Oklahoma

Les Casinos indiens

le cas des Pequot Mashantucket

Pequot and Indian Gaming

par Marie-Claude Strigler *

 La renaissance des Pequot Mashantucket eut lieu sur fond de tragédie.

Pequot02Pequot03

Avant d’être massacrés pendant la « guerre des Pequot », ils furent parmi les Indiens les plus influents à commercer avec les premiers immigrants anglais. Ils jouaient alors un rôle de premier plan dans ce qui est actuellement le Connecticut.

Pequot01

Comme beaucoup d’autres tribus, ils furent décimés par des épidémies de variole. Pendant la guerre, la plupart des guerriers furent exécutés et les Anglais vendirent les autres comme esclaves aux Antilles. 700 Pequot périrent brûlés vifs lors du Massacre de Mystic. Le nom même de « Pequot » devait disparaître.

Pequot_war_underhill

l'attaque suivie du massacre de Mystic River

La résistance obstinée des survivants leur permit d’obtenir une réserve de 1 000 hectares en 1666, qui n’en avait plus que 72 dans les années 1970. La dernière et seule habitante de la réserve, une vieille femme pequot, défendit son minuscule territoire, éventuellement à la pointe du fusil, alors que l’état du Connecticut avait décidé de le transformer en parc après sa mort.

hayward

Richard Skip Hayward

Elle convainquit son petit-fils, Richard Skip Hayward, de revenir s’y installer et de rassembler les membres épars de la tribu. C’est grâce à la terre de la réserve qu’il put obtenir la reconnaissance fédérale pour les Pequot Mashantucket, lui donnant ensuite le droit d’ouvrir des établissements de jeux de hasard.

foxwood01

En 1992, le casino de Foxwood ouvrait ses portes et, en 6 ans, obtenait un chiffre d’affaires de un milliard de dollars. La tribu « disparue » compte désormais quelque 600 membres qui bénéficient de logements, de scolarité et soins médicaux gratuits, et de salaires généreux.

 foxwood02

Les Pequot ont reconstruit leur histoire avec un musée et centre de recherche. Pour une fois, ce n’est pas une perspective euroaméricaine.

foxwood03Pequot05

Pequot04

Alors que l’on pensait que la tribu était éteinte, les Pequot font tout pour qu’on ne les oublie pas. Paradoxalement, ils ont atteint le rêve américain en revendiquant une identité indienne.

Strigler01* Marie-Claude Strigler est Maître de Conférence honoraire de l'université Paris III (Sorbonne nouvelle). Elle est l'auteure de nombreux livres sur les Indiens d'Amérique de différentes tribus qu'elle rencontre régulièrement. Conférencière internationale, elle intervient au Québec, en Thaïlande, en Chine et récemment à Paris au musée du quai Branly.

=========================================

 

Pequot and Indian Gaming

 Indian gaming is a relatively new phenomenon. In less than a generation, Indian casinos have become an economic force to be reckoned with. Its social, political and cultural impact has led to a historic reversal of United States / Indian relations. Once denied their land, forced to assimilate, and marginalized from society, American Indians have gained increasing economic and political power in the last 30 years, and casinos play a major role.

 From the initial colonization of the North American mainland by European settlers in the XVIIth Century, Native Americans were systematically pushed from their lands. In the XIXth century, the government tried to suppress all traces of traditional culture and language and dissolved tribal governments as legal, land-owning entities. The federal policy sought to end Indian independence with the Dawes Severalty Act of 1877 (or General Allotment Act). It was not until 1934 that the Indian Reorganization Act (IRA) brought back collective land ownership and established procedures for self-government. Yet, the national plight of American Indians remained serious, as unemployment, underemployment, and lack of opportunities remained endemic of reservation life. Around the 1960s, the federal government renewed its commitment to encouraging the political, cultural, and economic self-determination and self-sufficiency of Indian tribes. So, it made sense when, in these years, tribes sought to use their last remaining assets – sovereignty and reservation lands- to their benefit. With little possibility for commercial and industrial development, and a great deal of legalization around, gaming made sense to tribes desperate for advancement.

  The perfect example of a “Rez to Riches Story” is the resurrection of a quasi-defunct tribe, the Mashantucket Pequot, thanks to Richard Skip Hayward, the grandson of the last inhabitant of the tiny Pequot reservation. The state of Connecticut had already decided to turn it into a park after her death, which occurred in 1973. Skip fought to win back land illegally taken from the tribe in the past and to gain federal recognition. The end result of his struggle was the possibility of opening the Foxwoods casino in 1992, a billion dollar business, and of the Mashantucket Pequot museum and research center, plus a diversification of the tribe’s economic activities

 Tribal members that have come to live on the reservation enjoy free housing, free education and free medical care; they get generous wages. Besides, the tribe is the most important employer in Connecticut. Also to be mentioned: they give the state of Connecticut 25 % of the slot machines’ income.

Marie-Claude Strigler