Des collégiens et des écoliers montalbanais

ont parcouru

La piste des Osages

 

Osages

 

Ce fut une épreuve sportive peu commune pour des enfants du 10 à 12 ans en ces temps de covoiturage : parcourir à pied les rues de Montauban à la découverte des traces laissées à Montauban par les Osages de 1829 à nos jours. Pas moins de 8 kilomètres dans la journée du jeudi 12 mars. Ils n’ont pas molli, juste un peu fatigués mais contents de leur journée ont-ils dit. Zoom avant…

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Les éclaireurs et éclaireuses :

Six collégiens de Manuel-Azaña (le dernier président de la république espagnole – renversée par le général putschiste Franco – qui  émigra en France, vécut et mourut à Montauban où il est enterré) et sept écoliers de Camille-Claudel (célèbre sculptrice compagne et collaboratrice de Rodin). Ils étaient accompagnés de Sandrine Garriguenc, leur professeur d'anglais et de Jean-Claude Drouilhet et Walter Sonneghet pour OK-OC

Première étape :

l’Ancien collège. En 1676, les jésuites y créent un collège où, paraît-il, le fondateur de la ville de Detroit (Michigan) étudia quelque temps avant de partir en Amérique. Il s’appelait Antoine Laumet sieur de Lamothe-Cadillac, plus connu sous le nom de « Cadillac ». Un grand « ami » des Indiens d’Amérique. C’est justement le sujet de la journée. L’histoire des Osages, arrivés à Montauban en novembre 1829, retient l’attention des treize adolescents que sont venus soutenir deux élus de Montauban : Sophie Laran et Philippe Fasan

l'histoire des Osages arrivés à Montauban en 1829

les trois Osages de Montauban

Deuxième étape

Profitant de notre station à l'Ancien collège, il nous faut aussi parler du chef Pawhuska. Quelques pas nous conduisent à la salle qui lui est dédiée. Pawhuska c'est ce chef osage qui dans une bataille  contre un détachement de l'armée américaine en 1791 enleva le scalp à un officier qu'il pensait avoir tué. Ce n'était en fait qu'une perruque poudrée qui sauva la vie à l'officier blessé, lequel s'enfuit à toutes jambes. Le guerrier osage porta ce trophée attaché à sa ceinture, ce qui lui valut le nom de "Cheveux Blancs", Paw-Huska en langue osage.

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Troisième étape :

le buste en bronze du Montalbanais Jean Bon Saint-André près de la façade sud de l’Ancien collège.

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Deux raison à cela. La première c’est l’adoption par la Convention en 1793 du pavillon tricolore de la République française, notre drapeau national, sur proposition de notre concitoyen.

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La seconde qui nous ramène à l’Amérique des Indiens c’est que ce drapeau a flotté sur le territoire indien – devenu l’Oklahoma – lequel état a changé quatorze fois de bannières au cours de son histoire.

 

en 1800 le drapeau tricolore de la France flottait au-dessus de l'Oklahoma qui faisait partie de la Louisiane française

 

C’était eu temps de la Louisiane française, en 1800. Montauban – Cadillac – Detroit – Jean Bon Saint-André – Oklahoma. L’Histoire a de ces raccourcis !

 

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Quatrième étape :

la terre indienne du Jardin des Plantes. Une collégienne lit le texte de la stèle ; s’ensuit une discussion sur la sentence du chef Seattle qui en formule la conclusion : « la Terre n’appartient pas à l’Homme ; l’Homme appartient à la Terre. » Nul besoin d’un dessin ; tout le monde a compris.

 

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A quelques pas de là une petite visite est rendue à l’oranger des Osages, planté en 2009 par une délégation officielle de la tribu conduite par le chef Jim Gray. Le bois d’arc des Osages fera désormais le sujet de brillants exposés collégiens.

 

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Cinquième étape :

la MJC de Montauban, rue des Augustins. Une mini exposition d’artisanat indien est présentée au jeune public qui découvre une culture et la langue qui va avec.

 

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Les Osages ont d’excellents artistes et d’habiles artisans. Ils sont partis à la reconquête de leur langue presque éteinte et ont pour cela inventé un système graphique qui permet d’en transcrire tous les sons. Bizarrement le mot « cheval » se traduit en osage par « Kawa » qui fait penser au « caballo » espagnol. Ce sont en effet les Espagnols qui réintroduirent le cheval en Amérique ce qui conduisit à une adaptation bouleversante de la culture des Indiens des Plaines.

 

petite princesse françosagaise

une autre petite princesse

et le petit prince

Sixième étape :

le Pont Vieux. C’est le passage obligé, celui que suivirent les ancêtres de 1829 pour entrer dans Montauban. Tous les Osages qui ont visité Montauban ces vingt-cinq dernières années ont sacrifié à la tradition de traverser le Pont Vieux sur « les traces des mocassins de leurs ancêtres » Les jeunes coureurs des pistes n’ont pas failli à la tradition. Mais avant cela il a fallu comprendre la construction d’un ouvrage d’art du 14ème siècle. Les briques nécessaires ont été moulées et cuites sur place en utilisant la terre d’une excavation creusée dans le voisinage, laissant un grand trou vite rempli d’eau formant un petit lac : « la laco », en occitan. Le trou a depuis longtemps été comblé et est devenu une place : la place Lalaque.

 

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La traversée du pont s’est faite sans encombre avec quelques arrêts pour permettre au photographe de La Dépêche de fixer l’événement pour la postérité.

Septième et dernière étape :

L’hôtel de ville de Montauban. En 1829, c’était le siège épiscopal, la résidence de Louis-Guillaume Dubourg, évêque de Montauban et ancien évêque de la Louisiane française.

 

Louis-Guillaume Dubourg, évêque de Montauban en 1829

L’assistance qu’il avait accordée à ses protégés et la générosité des Montalbanais avaient permis de renvoyer les Osages perdus dans leur pays. Notre jeune troupe a donc suivi le chemin de ces vagabonds, du perron de la mairie à la salle des mariages, ancienne chapelle de l’évêque.

SAM_1529sur le perron de l'ancienne entrée de l'évêché / hôtel de ville

C’est ici que se terminait ce « parcours des Osages » pour les écoliers et collégiens que leur professeur, Sandrine Garriguenc, allait ramener à l’autre bout de la ville. Fatigués mais contents : de vrais petits guerriers.

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