Harmony mission

une école pour les enfants osages

 

Marie-Claude Strigler

Ancien territoire des Osages

Bien avant l’arrivée des hommes blancs au Missouri, tout le pays était terre indienne. Les premiers explorateurs non indiens furent les Français au début du XVIIIe siècle ; ils y rencontrèrent les Osages qui occupaient ce qui est actuellement Bates County.

 

Red Corn

 

Puis l’explorateur Zebulon G. Pike traversa la région en 1806. Bates County est situé près de White river et de Marais des Cygnes, à l’embouchure de la rivière Osage. Les habitants vivaient alors de la chasse et de la cueillette : ils avaient des fruits sauvages en abondance, pommes, poires, cerises, pêches et toutes sortes de baies. En outre, ils  cultivaient du maïs, du blé et de l’avoine.

 

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La plupart des Américains étaient persuadés que les Indiens étaient paresseux, ignorants ; ils  n’avaient pour eux aucun respect. Cependant, tous les témoignages concordent : les nouveaux Missouriens trouvèrent que les Osages avaient belle allure, étaient intelligents et étaient loin d’être paresseux. Quant aux Osages, ils étaient fascinés par ce dont disposaient les Américains : les ustensiles et les outils métalliques, les tissus et les bijoux.

En 1820, les chefs osages avaient entendu que des missionnaires étaient envoyés chez certaines tribus du sud pour leur enseigner « les arts de la civilisation ». Après en avoir longuement débattu, ils décidèrent d’envoyer une délégation de braves voir le Grand Père blanc, le président Monroe à Washington pour lui demander l’ouverture d’une mission sur leur territoire. Les Osages faisaient don de la terre nécessaire à la mission. Le gouvernement s’entendit avec une société missionnaire du nord-ouest des Etats-Unis, et ce fut le Révérend Amasa Jones du New Hampshire qui réunit un groupe de volontaires, dont quatre médecins, trois pasteurs, un mécanicien, un cordonnier, un charretier, cinq enseignants et deux fermiers, qui acceptaient de partir vers les mystérieuses contrées de l’Ouest. Le 5 mars 1821, les missionnaires entamèrent leur voyage et six mois plus tard, au mois d’août, ils s’arrêtèrent près du site actuel de Pappinsville. Ils commencèrent immédiatement, avec les Osages, à construire des maisons de rondins,  l’école et d’autres bâtiments. C’était la naissance de Harmony Mission.

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En 1825, par un traité, les Osages cédaient une partie de leurs terres au Missouri, et beaucoup allèrent plus au sud et à l’ouest. Cependant, certains restèrent sur place et, en 1827, l’école était fréquentée par plus de 200 enfants osages. Avec le concours de « Bill » Williams, un dictionnaire anglais / osage fut créé, qui regroupait quelque 2 000 mots.

Puis la plupart des membres de la mission, qui appartenaient à diverses dénominations chrétiennes, retournèrent peu à peu vers l’Est : beaucoup étaient malades, et leurs efforts pour convertir les Osages ne rencontrèrent que peu de succès. La mission fut abandonnée en 1837, après seulement 16 ans d’activité. Le bâtiment principal fut transféré à Pappinsville et fut incendié par les troupes de l’Union pendant la guerre de Sécession.

Harmony mission, fondée en 1821, fut la  première école missionnaire pour les enfants osages, créée à la demande de leurs parents. En effet, si les missionnaires n’obtinrent guère de conversions et ne transformèrent pas des guerriers en paisibles agriculteurs, les Osages chasseurs de bisons souhaitaient que leurs enfants reçoivent une éducation.

 

OsageIndians

 

Il reste des traces de Harmony mission : une carte de 1843 montre la route qui va d’Independence vers le sud, jusqu’à la mission. La vieille piste qui va d’Harmony vers le nord jusqu’à Fort Osage est encore tout à fait visible. M-C. S.

 

Osage Mission trail

 

Dans le cimetière, les noms ont disparu, mais ceux qui le connaissent l’appellent « le vieux cimetière indien ». Ce qui n’a pas disparu, c’est le désir d’apprendre des Osages. Parmi les membres de la nation osage, on connaît des écrivains, des poètes, des professeurs d’université, capables de transmettre leur histoire, mais de la transmettre de leur propre  point de vue.