O MITAKUYE OYASIN !

(Tous mes frères, nous sommes tous reliés !)

 

cercle sacré

Raphaël Ponce

L'accomplissement de la prophétie du Serpent Noir à été mis en évidence suite au projet de l'oléoduc souterrain "Dakota Access Pipeline" et du mouvement de résistance contre sa construction qui a eu une forte résonance dans le monde entier. Ce mouvement résulte d'une lutte soutenue pour la défense de l'environnement qui n'a cessé de croître aux États-Unis tout au long de cette dernière décennie. Les Sioux de la réserve de Rosebud avaient déjà établi un premier campement de résistance début 2014 (Rosebud Sioux Tribe Spirit Camp), pour demander au président Barak Obama de rejeter le projet de l'oléoduc Keystone XL, qui était déjà vivement contesté par les principales associations environnementales américaines. Ce projet qui avait été suspendu a été relancé par Donald Trump en ce début d'année, en même temps que celui du D.A.P.

 Dans les faits, la réalisation de la prophétie du serpent noir a été amorcée dès la fin des années 1930, lorsque sont apparues les autoroutes de bitume noir qui ont commencé à sillonner les États-Unis, pour ensuite relier tous les états et les grandes villes avec les interstate highway, (littéralement « grande route inter-états »). C'est donc déjà à cette période que les Sioux Lakotas ont pu reconnaître le grand serpent noir qui caractérise la prophétie. Cette prophétie dit que c'est à partir du moment où le serpent noir descendrait dans le sol qu'il dévasterait la Terre Mère. Les oléoducs figurent très bien cette seconde phase de la prophétie, surtout lorsqu'on considère que le bitume utilisé pour le nappage des autoroutes est un matériau composé d'un mélange d'hydrocarbures issus de certains pétroles bruts, ce qui fait la parenté évidente des routes avec les oléoducs, signifiant qu'ils incarnent tous les deux cette même nature pétrolière qui caractérise le serpent et sa couleur noire.

 "There was a prophecy saying that there is a black snake above ground. And what do we see? We see black highways across the nation... When that black snake goes underground, it's going to be devastating to the Earth." David Archambault II, président tribal de la réserve Standing Rock, Dakota du Nord, décembre 2016.

  En approfondissant cette identification du pétrole au serpent noir, on réalise combien son usage finit par être terriblement destructif pour notre Terre Mère, principalement à notre époque. L'exploitation pétrolière avait commencé en même temps que la révolution industrielle, vers le milieu du XIXe, pour devenir une ressource stratégique et le sujet principal des enjeux géopolitiques. Le pétrole est devenu rapidement la matière première essentielle liée au mode de vie économique des pays industrialisés, qui a accompagné et catalysé le développement technologique de l'humanité. Dans le dernier quart du siècle dernier, les dommages sur l'environnement de cette exploitation mondiale ont commencé à se faire sentir de manière directe (marée noire, accidents d'oléoducs etc.), ou indirecte (nombreux impacts environnementaux des transports routiers, pollutions par de nombreux produits issus de la pétrochimie, etc.), sans parler du fait qu'elle est aussi la cause de conflits militaires sanglants, depuis la seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours. C'est également l'une des principales causes de la catastrophe écologique majeure qui s'annonce : le réchauffement climatique.

Marée noire - gouache - Raphaël Ponce 1991On peut nettement se rendre compte aujourd'hui que l'ensemble de la filière du pétrole est catastrophique du point de vue environnemental, mais la dépendance énergétique des pays industrialisés et les notions de profit font que les responsables continuent d'appliquer aveuglément leur logique destructrice. Oui, il est évident que la prophétie du serpent noir est dans sa dernière phase d'accomplissement : le processus de destruction de la terre mère atteint à présent un seuil critique. Les nations amérindiennes se sont réunies à Standing Rock pour contrer le projet de l'oléoduc, mais aussi pour signaler à l'humanité toute entière la nécessité de la préservation de l'eau et de tout l'environnement naturel. Il est urgent de remettre en cause notre mode de vie et de changer nos habitudes. Certes, comme le souligne fort justement E. Fabre-Maigné dans son commentaire, nous devons poursuivre notre soutien aux water protectors, mais nous devons surtout porter leur combat et le faire nôtre individuellement, chacun à sa mesure, selon ses moyens et sa disponibilité. Nous sommes tous appelés à devenir les Guerriers de l’Arc-en-ciel qui sont évoqués dans la prophétie algonquine des Sept Feux.

 La prophétie algonquine des Sept Feux décrit l'évolution de l'humanité depuis des siècles jusqu'à nos jours et son message a été délivré activement par plusieurs Grands Chefs Algonquins qui l'ont rendue publique à la fin du siècle dernier. Elle est en accord avec une autre prophétie des Lakotas, celle de la Femme Bison Blanc, et son message incite à choisir un monde de paix et d'union entre les peuples de toutes nationalités.

 « C’est en ce temps-là qu’on donnera le choix à la race à la peau blanche entre deux chemins. Si elle choisit le bon chemin, alors le septième feu allumera le huitième et dernier feu, un feu éternel de paix, d’amour, de fraternité et de sororité. Si la race à la peau blanche fait le mauvais choix de route, alors la destruction qu’elle a apportée avec elle en venant dans ce pays, se retournera contre elle et causera beaucoup de souffrance et de morts parmi tous les habitants de la terre. »

William Commanda, chef spirituel des Algonquins présente une ceinture wampun L'accomplissement de la prophétie du serpent noir se trouve dans la continuité d'une série d'autres prophéties amérindiennes qui se sont réalisées au fil du temps et, même si elles comportent quelques variations selon les différentes nations, il est intéressant de noter toutes les similitudes qui les rapprochent. La vidéo de "Breaking News" qui illustre l'article de J. C. Drouilhet "La prophétie du serpent noir", mentionne justement les correspondances entre les prophéties des Sioux Lakotas, des Hopis, des Mohawks, qui sont également proches des prophéties algonquines et de celles d'autres peuples du continent comme les Mayas. En fait, la plupart des prophéties de toutes les religions du monde présentent des similitudes, des points de convergence, dont l'évidence se révèlent aisément à notre époque grâce à l'information qui est devenue accessible facilement et qui permet de faire des comparaisons entre toutes les cultures du monde (l'indologue et philologue Max Müller avait déjà fait des études dans ce sens dans les années 1800, il est le fondateur de la mythologie comparée). Dès les premiers temps de la colonisation, les Amérindiens ont rapidement réalisé qu'il y avait des similitudes entre leurs religions et celle que les missionnaires leur imposait. En les intégrant à leur culture, ils ont pu résister à l'action des missionnaires qui visaient à supplanter toutes leurs croyances et traditions par un christianisme très dogmatique. Ils ont compris que le dieu des chrétiens est semblable au Grand Esprit et les saints sont, par certains côtés, d'assez proches parents de leurs esprits intercesseurs. De plus, de nombreux aspects du symbolisme et de la liturgie catholique (chants: dévotions, objets et couleurs sacrées, utilisation de l'eau et de l'encens purificateur etc.), trouvent de profonds échos dans la religion et la cosmogonie des Indiens des Plaines et du Plateau. Il en est de même pour les prophéties, comme en témoigne cet hochet winnebago du culte peyotl de la fin des années 1800, où a été gravé un verset des Évangiles (Matthieu, VII, 13-14) illustré de symboles chrétiens, traditionnels et cosmiques [voir illustration photo #3: hochet winnebago]. Ce verset évoque deux "portes" et deux voies entre lesquelles choisir : l'une, large et spacieuse, mène à la perdition, l'autre, plus étroite, à la vie. On peut aisément y reconnaître le choix des deux chemins évoqués dans la prophétie algonquine des Sept Feux.

hochet du culte du peyotlSelon moi, il y a plusieurs raisons qui se conjuguent et qui permettent de comprendre les concordances entre les prophéties des différents peuples de tous les continents. La plus évidente est celle liée à la cyclologie, une conception ésotérique que l'on retrouve dans la plupart des sociétés archaïques. La plus répandue et la plus ancienne des conceptions cycliques est la mesure védique du temps en quatre âges, encore développée aujourd'hui dans l'hindouisme et le bouddhisme et qu'on retrouve chez les Amérindiens à plusieurs niveaux. Malgré l'absence d'outils technologiques perfectionnés, les civilisations anciennes avaient atteint des connaissances et des notions très avancées dans plusieurs domaines, en particulier dans l'astronomie. Les récents progrès scientifiques et découvertes archéologiques permettent de comprendre que la plupart des religions et mythologies contiennent des vérités fondamentales. [Voir documentaire : "Mondes Intérieurs, Mondes Extérieurs" http://bit.ly/2oNCz1B].

La seconde raison est l'hypothèse que toutes les religions ont une origine commune, issue d'une connaissance universelle d'origine non humaine, dans le sens où il s'agit d'ensemble de principes révélés reliant l'homme à son principe créateur (tradition primordiale).

William Commanda avec le Dalai Lama

RP05

 

1 - Le Dalaï lama et Dominique T8aminik Rankin

 

2 - Le pape François soutient Standing Rock contre le D.A.P. : Le 15 Février, 2017, le pape François a rencontré des leaders Sioux de Standing Rock lors d' une réunion d l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture qui s'est déroulée à Rome. Il a ensuite fait une déclaration de presse où il rappelle que les droits des peuples autochtones relatifs à la Déclaration des Nations Unies doivent être respectés, que le consentement préalable et éclairé doit toujours prévaloir lors de la planification des activités économiques.

 

Pratiquement toute prophétie a pour origine une expérience spirituelle qui découle d'une vision, d'un rêve, d'un contexte inédit (phénomène naturel extraordinaire etc.), d'une relation avec les esprits ou autre entité. Autrement dit, il s'agit d'un lien avec le surnaturel qui est qualifié et identifié selon le contexte et la culture relative à chaque civilisation, peuple ou tribu. Rien n'est inventé : tout est inspiré, transmis d'une manière ou d'une autre, plus ou moins directement. Ces manifestations pourraient découler de l'expression de cette connaissance universelle relative à la tradition primordiale, qui serait une sorte de conscience supérieure intemporelle. Lors de conditions particulières (méditation, états modifiés de conscience etc.), certaines personnes peuvent établir un lien avec cette autre nature du monde et ils en recueillent des informations. C'est le cas du chaman, qui peut-être est à la fois sage, thérapeute, conseiller, guérisseur, voyant, prêtre (etc.).

Pour la plupart des Amérindiens, les pratiques chamaniques et les quêtes de vision font partie de la vie ordinaire. Pour beaucoup, ce que nous pouvons appeler "monde-non-ordinaire" est perçu par eux comme justement "le monde ordinaire". Les Sioux sont un peuple de visionnaires acharnés, à tel point qu'il est difficile de repérer ceux dont les fonctions et les pouvoirs peuvent être qualifiés de chamaniques. Cependant, c'est le niveau des expériences vécues qui détermine la hiérarchie par rapport aux qualités que le chaman aura obtenu de la part des esprits, ou parfois par héritage. Lorsque l'individu est contacté par les esprits sans que celui-ci n'en ai fait la demande, il s'agit d'une élection par les esprits et il devient un saint homme, un voyant-guérisseur, qui dispose généralement de l'ensemble des qualités de tous les autres chamans. C'est le cas de Black Elk (1863-1950), qui reçoit sa vision à 9 ans et qui a pour mission de guider et de sauver son peuple. De nombreuses années s'écoulent avant qu'il ne partage sa vision, qui est publiée en 1932 dans le livre "Black Elk speaks". C'est seulement lors du renouveau amérindien des années 1960 que l'ouvrage suscite un large intérêt, devenant ainsi l'un des premiers livres qui donne voix aux Indiens d'Amérique et qui soit juste à leur égard.

 

Black ElkDepuis la fin des guerres indiennes, les Amérindiens n'ont eu de cesse de résister aux différentes politiques fédérales toujours répressives contre eux et le mouvement "Pouvoir Rouge" (Red Power) et l'AIM (American Indian Movment) sont les premières répliques qui marquent ce renouveau amérindien par des protestations retentissantes (occupation d'Alcatraz en 1969; occupation du Bureau des Affaires Indiennes à Washington en 1972; occupation de Wounded Knee en 1973). Les décennies suivantes sont également marquées par des luttes et des résistances, également au Canada (résistance des Iroquois Mohawk à Oka, en 1990).

RP07Il est intéressant de remarquer que les leaders des mouvements de contestation et de révolte des Amérindiens sont des chamans et que la religion et la spiritualité sont les composants essentiels de la résistance amérindienne. Ils sont souvent à la source de la plupart des grands événements de leur histoire et le vecteur essentiel de l'affirmation de leur renouveau depuis la fin des guerres indiennes.

C'est vers 1875 que la religion du peyotl, qui assimile des notions chrétiennes aux rituels traditionnels, se développe parmi les Comanches et les Kiowas, juste après leur défaite contre les Blancs. Ce mouvement religieux syncrétique donnera naissance à la Native American Church en 1919 (plus de 250 000 membres aujourd'hui).

 

RPO8C'est aussi à cette même époque que les peuples amérindiens des Plaines et des Prairies traversent une crise existentielle difficile, confrontés à la misère des réserves ravagées par l'alcoolisme et la faim. Les troupeaux de bisons ont été pratiquement exterminés par les Américains et les Indiens se voient interdire de perpétuer leur mode de vie et leurs traditions. Dans le même temps, un culte voué au renouveau du monde issu de la région des Plateaux et appelé "La Danse des Prophètes", fait beaucoup d'adeptes parmi les tribus de la Californie et du Grand Bassin. C'est dans ce contexte que Wovoka, un leader spirituel estimé de la tribu des Paiute du Nord, déclare qu'il est le sauveur de son peuple, suite à une vision reçue lors de l'éclipse solaire du 1er janvier 1989. Le mouvement spirituel qu'il crée est un mélange syncrétique combinant plusieurs courants religieux amérindiens avec un christianisme à tendance protestante. Il annonce la réunion prochaine des hommes avec leurs ancêtres, rendue possible par une danse et une coexistence pacifique avec les Blancs et prédit aussi le retour des bisons, la régénération de la terre, ainsi que la réunion et l'unification de toutes les nations amérindiennes devenues solidaires.

 

RP09

 

RP10L'enseignement pacifique de Wovoka est perçu par de nombreux représentants des peuples des Plaines comme la fin de la domination blanche et comme un signe de résistance.

Son rituel initial inspiré du culte de "La Danse des Prophètes" se voit transformée en "Danse des Esprits" par les Sioux, qui lui donnent un caractère belliqueux et vindicatif. Black Elk se joint au mouvement et devient même l'un de ses chefs, mais les espoirs de renouveau du monde et de prospérité sont rapidement stoppés par le bain de sang que l'armée américaine provoque en 1890 à Wounded Knee dans le Dakota du Sud, afin de réprimer cette mouvance religieuse considérée comme dangereuse.

 

RP11"La Danse des Esprits" a continué clandestinement par la suite et elle a été célébrée par les chamans sioux pendant les manifestations de 1973 à Wounded Knee. Aujourd'hui, elle est un symbole du renouveau amérindien et demeure présente parmi certaines tribus.

RP12L'année dernière, des représentants de plus de 300 tribus nord-américaines ont planté des drapeaux à Standing Rock. Ce campement de grande ampleur revêt un importance historique, car il n'y avait pas eu de rassemblement comparable depuis la guerre des Black Hills, en 1876, lorsque près de 7000 Sioux, Cheyennes et Arapahos s'étaient mobilisés pour protéger leur territoire sacré. Il est important de rappeler cet épisode qui est le plus marquant de la grande guerre des Sioux, parce que les causes des deux campements sont comparables : ils résultent d'une résistance à l'envahisseur qui veut s'approprier des terres sacrées pour des motifs économiques et qui ne respecte pas les traités. Autrefois, le but des autorités américaines était d'acquérir les terres sacrées des Amérindiens pour l'exploitation des gisements aurifères et, aujourd'hui, c'est pour l'exploitation pétrolière : l'or jaune et ensuite, l'or noir! Les montagnes sacrées des Black Hills étaient considérés par les Lakotas et les Cheyennes comme le centre du monde et peut-être bien qu'un jour Standing Rock sera reconnu comme tel, parce qu'on y aura défendu ce qui est fondamentalement plus précieux que l'or jaune et que l'or noir pour tout le monde : l'eau, qu'on appelle déjà l'or bleu.

La résistance des Amérindiens pour protéger les Black Hills eut pour conséquence la bataille de Little Bighorn, qui se solda par une victoire écrasante des Amérindiens le 25 juin ‎1876. Quelle sera l'issue de la résistance à Standing Rock? Les prophéties peuvent-elles nous éclairer sur cette question? Le mois dernier, 23 nations amérindiennes supplémentaires (Pueblo du Nouveau-Mexique) ont manifesté leur solidarité à Standing Rock [ http://bit.ly/2oIJrgL ]. En recevant le soutien des peuples premiers des quatre coins du monde et d'organisations telles que Amnesty International, Greenpeace, Sierra Club, Bold Iowa, Bold Nebraska, Bold Louisiana (etc.), Standing Rock est devenu un symbole international des droits autochtones et de la lutte contre le changement climatique. Comme l'avait prédit en son temps le prophète Wovoka, les nations amérindiennes sont aujourd'hui devenues unies et solidaires et les bisons sont revenus, mais la terre n'est pas en voie de régénération, bien au contraire, et la nouvelle ère de paix et de prospérité n'arrive toujours pas... Comme autrefois à Wounded Knee, les autorités américaines ont répliqué contre la résistance pacifiste de Standing Rock avec une violence démesurée. En autorisant la reprise des travaux de construction de l'oléoduc, il semblerait que le président Donald Trump ait fait le mauvais choix qui pourrait bien correspondre à celui de la prophétie des Sept Feux, celui de poursuivre la route qui conduit à la destruction. Il n'est pas le seul responsable, vu qu'une grande partie de l'humanité contribue à cette destruction généralisée, de près ou de loin. Cependant, il ne faudrait pas considérer les prophéties uniquement par leurs aspects fatalistes, au risque de sombrer dans le pessimisme et les peurs eschatologiques. Les prophéties sont en premier lieu des avertissements qui contribuent à l'éveil des consciences, afin de réagir dans le bon sens. C'est le premier pas qui ouvre le chemin à la vie.

Il est à présent urgent de prendre conscience que l’impact d'une grande partie de l’humanité sur l’environnement augmente régulièrement et rapidement. Il est d'autant plus grave que plusieurs facteurs se combinent, comme l'explosion démographique, l'épuisement des ressources naturelles, les pollutions à des degrés divers, les extinctions de nombreuses espèces animales, le réchauffement climatique (etc). Il est évident que le mode de vie occidental peut être incriminé pour ses excès (énergie, aliments), d'autant plus qu'il se fait au détriment des pays pauvres. Si les populations pauvres des Pays du Sud, qui aspirent légitimement à l'amélioration de leurs conditions de vie suivent cette même logique de consommation d'énergie, de ressources minières, alimentaires et d'eau douce, il est évident que l'impact sur l'environnement sera tel que l'impasse est inéluctable et l'effondrement économique surviendra rapidement.

Pierre Rabhi et Benki, chef d'une communauté amérindienne« Apprenons à découvrir la puissance et la beauté de la modération, chantée par les sages de tous les temps. Il ne s’agit pas de régresser ou de manquer, mais au contraire, d’assurer notre subsistance et de vivre dans l’équilibre et l’harmonie. » Cet appel à l’insurrection des consciences et à la sobriété extrait du livre de Pierre Rhabi “La puissance de la modération” est le chemin de la sagesse et de la vie. Il est vital d'enrayer cette exigence de croissance des pays industrialisés dont le moteur est l'accumulation du profit et son instrument principal, l'argent. Sa tendance systématique à la domination sur l'ensemble de l'organisation sociale, de ses valeurs, de ses règles et de ses comportements est un véritable fléau pour l'ensemble de la planète. On peut aisément retrouver l'évocation de cette situation dans plusieurs prophéties et, même si leur interprétation individuelle peut parfois correspondre à différentes périodes de l'histoire et pas forcément à la nôtre, il est un fait remarquable qui est spécifique à notre époque, c'est celui de la convergence de la plupart des ces prophéties sur un même point : la fin d'un cycle, la fin d'une ère ou d'un temps, la fin des temps (considérons quand même que "fin des temps" ne veut pas forcément dire "fin du monde").

Les notions temporelles sont inhérentes aux prophéties et la plupart des occidentaux ont une conception linéaire du temps. Le passé est perçu comme une longue ligne toute droite qui conduit d'ici et maintenant vers un lieu situé au-delà de l'horizon. Cette conception fait du passé un point de vue éloigné et étranger et coupe l'homme d'aujourd'hui de celui d'hier, y compris de ses ancêtres. Au contraire, de nombreuses tribus amérindiennes conçoivent l'écoulement du temps comme cyclique, jalonné par la naissance, la croissance, la maturité, la mort et la régénération de toutes les créatures qui se partagent la terre. Dans cette conception inspirée des cycles solaire et lunaire, le passé est le lieu où se trouve désormais tout ce qui a accompli son cycle naturel, non pas distant du présent mais immanent à lui.

Sacred CircleDans ses recherches, l'ingénieur physicien spécialiste d’intelligence artificielle Philippe Guillemant, vise à réviser notre conception de l’espace-temps et de ses dimensions, via la mécanique physique classique. Ses connaissances en physique dans la compréhension du temps, de l’espace, de l’énergie, de la matière, de la cosmogonie, l'amènent à penser que le présent, le passé et le futur sont simultanés. Il propose des théories sur une nouvelle conception du temps ou l'interaction entre passé/présent/futur est envisagée d'une manière très sérieuse et son explication rationnelle de la synchronicité débouche sur un véritable « pont » entre la science et la spiritualité. Son raisonnement rigoureux permet, entre autres, des hypothèses solides concernant certains phénomènes considérés comme surnaturels, paranormaux (etc.), qui pourraient appuyer la validité des prévisions délivrées dans les prophéties.

Philippe Bobola, docteur en physique, chimie, biologiste et anthropologue, établit des liens intéressants entre différentes disciplines et ouvre des perspectives nouvelles, tout en confortant le bien fondé et les valeurs essentielles des sociétés traditionnelles. Ses théories révolutionnaires « le pointillisme temporel » ou encore « le dédoublement du temps », tendent à prouver qu’il existe des temps accélérés et des temps décélérés par rapport à notre présent, permettant des échanges d’informations avec le passé et le futur. Dans cette vidéo, il nous explique les rapports étroits qu'ils voit entre le chamanisme et la physique quantique : http://bit.ly/2oNeAjg

  « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux ». André Malraux, « L'homme et le fantôme », dans L'Express du 21 mai 1955.

 Alors qu'on constate encore et toujours les aspects négatifs des religions institutionnalisées (perversion des prêtres) et de la radicalité fondamentaliste qui tend vers l'intolérance et la violence (guerres de religions, attentats terroristes), une révolution silencieuse s'opère qui, au lieu de diviser, tend à rassembler, à relier ce qui fait l'essence des religions et qui est commun à la plupart d'entre elles : les valeurs de respect, de partage, de fraternité, de paix et d'amour inconditionnel. En réunissant un grand nombre de tribus, de communautés et de soutiens de tous milieux et de tous âges, de toutes origines, la résistance à Standing Rock en est la vivante expression. Elle représente aussi la défense du sacré, rappelant le respect des lieux de culte et des croyances de chacun.

 

Soutien à Standing Rock des chamanes de MongoliePour défendre leurs droits et leurs valeurs, les Amérindiens ont choisi les armes de la paix et ils n'ont eu de cesse d'exprimer leur spiritualité tout au long de leur résistance sur le terrain, en réponse à la violence qui leur était opposée. C'est un symbole fort et parmi les plus convaincants qui soit pour ce qui est de l'expression d'une religion, alors qu'ailleurs dans le monde, d'autres ont recours à la violence et à la terreur. Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier). Cela peut signifier relier l'homme à Dieu, mais aussi relier les hommes entre eux, d'un point de vue social, solidaire et fraternel.

 « O MITAKUYE OYASIN ! » est une phrase que les Lakotas utilisent dans leurs rituels et cérémonies. C'est une prière d'unité et d'harmonie qui signifie : Tous mes frères ! Nous sommes tous reliés ! Reliance avec autrui, reliance avec une communauté, avec une société, avec l’espèce humaine, mais aussi avec l'espace intemporel et invisible de l'univers, comme l'exprime dans cette citation Leonard Crow Dog (homme médecine Lakota, leader spirituel de l'AIM) :

 « Des orbites à l’intérieur des orbites, des cercles à l’intérieur des cercles, depuis le grand cercle de l’univers qui, il y a une éternité, s’est engendré selon son propre rêve. Nous sommes tous reliés dans le cercle sacré !  »

 RP16

R.P.

+ + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + +

  COMPLÉMENT D'INFORMATION :

 William Commanda (1913 – 2011)

 Chef spirituel du Cercle des Nations (mouvement international pour la paix), il était le gardien de trois Ceintures Wampum sacrées d’importance historique : la Ceinture de la Prophétie des Sept Feux, la Ceinture de l’Entente de 1701 et la Ceinture du Traité Jay de la Traversée des Frontières de 1793.

 C'est Edward Benton-Banai (ou Bawdwaywidun), grand chef de la Loge Midewiwin des Trois Feux, qui retranscrivitpour la première fois la Prophétie des Sept Feux dans un livre paru en 1979 (imprimé à St. Paul, Minn. Publié par Indian Country Press). Ensuite, c'est à la quatrième conférence des premiers ministres sur les droits ancestraux et l'autonomie gouvernementale des Autochtones, en 1987, que le chef William Commanda a commencé à livrer son message provenant des ceintures wampum. Enfin, il l'a publiquement racontée en 1997 au Québec, au cours d'un rassemblement du "Aboriginal Learning Network Constituency". Aujourd'hui, grâce à Internet, elle est accessible à tout le monde.

 Leonard Crow Dog

 Né en 1942, Leonard Crow Dog est un chef spirituel Sioux Lakota, tribu Brûlé (sicangu), qui a joué un rôle majeur dans le mouvement de contestation à Wounded Knee, réserve de Pine Ridge, en 1973. Ses écrits et son enseignement sont motivés par l'unification de toutes les nations amérindiennes; il est un des leaders des cérémonies de la danse du soleil et un ardent défenseur des traditions lakotas.

 Dee Brown, prophéties amérindiennes (en Français)> : http://bit.ly/2oIefew

 Voici un compte rendu résumé d’un discours prononcé par Lee Brown au Concile Indigène Continental à Fairbanks, en Alaska, en 1986. Il donne un aperçu général des prophéties amérindiennes parmi les plus connues, sous forme d'une synthèse.

 Lee Brown vit et travaille en Colombie Britannique où il est un enseignant affilié au programme des Indian Teachers de l'UBC (University of British Columbia). Il est aussi estimé pour son travail au Round Lake Treatment Center et participe régulièrement à des conférences. Il est membre de la communauté religieuse internationale bahá’íe, « religion mondiale indépendante » qui proclame l’unification prochaine de l’humanité et l’émergence d’une civilisation mondiale caractérisée par la justice et la prospérité. La Communauté Internationale Bahá’íe a le statut d’ONG et entretient des relations de travail avec l’Organisation Mondiale de la Santé; elle est également associée au Programme des Nations unies pour l’environnement.

 Prophecies and teaching > http://bit.ly/2obNEoo

 Iroquois Prophecy and People at Standing Rock By Doug George-Kanentiio > http://bit.ly/2oeQ1Ze

 Doug George-Kanentiio: Iroquois prophecies warn of grave dangers > http://bit.ly/2oeUYS4

 Prophecies of the 6 Nations or Iroquois > http://bit.ly/2oeKa6m

 Documentaire : Mondes intérieurs, mondes extérieurs > http://bit.ly/2pdXBqg

 « Mondes intérieurs, mondes extérieurs » est un document qui propose une synthèse vulgarisée de ce qu’on peut appeler la conscience spirituelle, tandis que nous réalisons aujourd’hui que la science et les différentes traditions spirituelles et religieuses à travers l’histoire convergent vers la même conclusion : tout est unité, tout est vibration, l’univers, la matière, l’être humain, la conscience.

 Ce documentaire a ceci d’intéressant qu’il tente d’expliquer en quoi le sacré est non seulement présent dans notre quotidien, mais qu’il est inhérent à notre propre nature. Ainsi, en niant cette réalité, nous créons un déséquilibre intérieur qui se répercute par résonance dans le monde extérieur. De ce fait, la crise systémique que nous connaissons aujourd’hui résulte très probablement et pour une grande part d'une crise existentielle et d'une crise spirituelle.

 Ce film documentaire a été réalisépar le Canadien Daniel Schmidt et il est uniquement diffusé sur Internet, gratuitement, avec des versions traduites en plus de 20 langues. Il a remporté plusieurs prix dans les festivals de films, y compris le Prix d'excellence au Festival international du film du Canada.

 « La véritable crise dans notre monde n'est pas sociale, politique ou économique, notre crise est la crise de la conscience: une incapacité à expérimenter directement notre vraie nature, une incapacité à reconnaître cette nature à tous et en toutes choses. »

 + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + +

 Photos et illustrations

 1 - Photo : William Commanda présentant publiquement l'une des trois ceintures Wampun sacrées.

Les colliers et ceintures de wampum sont faits de perles fabriquées à partir de coquillages marins. Ces perles, issues de grains polis, arrondis, puis percés, sont enfilées en rangées pour former des bandes rectangulaires, ou parfois de simples chapelets. La taille du wampum, sa couleur et les emblèmes créés par l'alternance des grains blancs ou pourpres, ne sont jamais dues au hasard : un collier plus grand et plus large qu'une simple branche avait nécessairement une valeur symbolique plus grande lors des négociations. La couleur blanche signifiait la paix et la vie, le pourpre symbolisait le deuil et le rouge était signe de guerre. Pour les Amérindiens, le wampum véhiculait la voix et la parole, il avait pour but d'affirmer ou de valider de manière ritualisée le message transmis.

 2 - Photo : William Commanda avec le Dalaï-lama et Dominique T8aminik Rankin (Chef héréditaire et homme médecine algonquin, à droite sur la photo).

 3 - Photo : hochet du culte du peyotl, winnebago, Nebraska, vers 1900.

 4 - Photo : Black Elk.

 5 - Illustration : Insignes de la Native American Church

 6 (a) - Photo : Wovaka, de son vrai nom Jack Wilson (surnommé "The Cutter" ou "Big Rumbling Belly").

 6 (b) - Photo 5 : Wovoka, décembre 1916 (photo Lorenzo D. Creel).

 7 - Photo : dance wand, Sioux, Plaines du nord, vers 1890-1910. Ce type d'insigne était utilisé lors de la Danse des Esprits [collection : Raphaël Ponce].

 8 - Photo : affiche éditée lors des manifestations à Wounded Knee, 1973.

 9 - Photo : Crow Dog, Wounded Knee, 1973 (Crow Dogs célèbre bénédiction et prières pour deux guerriers qui ont été abattus).