ENFANTS OSAGES

 

Capt_170329_H140713_002

Quand on connaît les réticences des familles osages à se séparer de leurs enfants mineurs on peut comprendre le choc culturel que fut la prise en charge par le gouvernement des Etats-Unis de l'éducation des enfants osages dans les pensionnats pour jeunes Indiens.

Traditionnellement, la famille entière, le clan et tout le village, étaient responsables de l'éducation des enfants. Les hommes enseignaient aux garçons le maniement des armes, les entraînaient à la chasse et à la guerre. Les femmes enseignaient les pratiques domestiques aux filles, ainsi que les techniques agricoles aussi bien que la cueillette.

lorenpahsetopah90

aquarelle par Loren Pasetopah

Les enfants étaient initiés aux croyances et aux valeurs morales de la tribu au moyen des histoires que leur racontaient les grand-mères. L'éducation des enfants était permanente, elle se faisait habituellement par l'exemple et les coutumes de la tribu faisaient qu'on n'avait presque jamais recours aux châtiments corporels. Ceux des jeunes qui apprenaient plus lentement ou qui n'étaient pas très attentifs faisaient d'abord l'objet de railleries, puis on leur faisait honte et les incitait à l'obéissance ; s'ils continuaient, ils étaient ignorés puis mis à l'écart si leur comportement inacceptable persistait. Etre séparé de sa propre famille et de son clan était très grave ; il n'était plus possible de prendre sa place dans les jeux, de partager les repas ou de prendre part à toute autre activité commune.

Quand fut venu le temps des réserves, bien que les efforts pour enseigner l'agriculture aux Indiens et les convertir au christianisme aient fait quelques progrès, les fonctionnaires du gouvernement de Washington voulaient un changement de grande ampleur. L'éducation des enfants indiens devait les préparer à la suppression de la réserve. Les enfants seraient envoyés dans des pensionnats afin qu'ils soient séparés de la vie tribale.

 

Capt_170329_H140713_003

 

Ils apprendraient à parler anglais, à louer Dieu et les Etats-Unis d'Amérique en même temps que mener une vie régulière effectuer des travaux manuels et ménagers et se préparer à une vie de fermiers. Les pensionnats, situés soit dans la réserve ou bien à l'extérieur, étaient dirigés selon des règles militaires. Les élèves portaient des uniformes, marchaient au pas pour entrer en classe ou en sortir, faisaient régulièrement des exercices militaires et étaient soumis à une discipline rigide. Les journées de classe étaient minutieusement programmées, depuis le lever des enfants à 5h45 jusqu'à la toilette du soir à 20h30. Du lundi au samedi, la moitié de la journée était consacrée aux occupations manuelles, chaque enfant avait un travail à faire : travaux ménagers pour les filles, travaux agricoles ou travaux manuels pour les garçons. Le restant du jour était réservé aux leçons et aux exercices. Deux brèves récréations étaient les seuls moments de détente où les enfants étaient autorisés à jouer.

 

Capt_170329_H140713_004

 

Capt_170329_H140713_005

 

Capt_170329_H140713_006

Les enfants osages qui allaient dans les pensionnats situés en dehors de la réserve étaient considérés comme des perturbateurs parce qu'ils ne se pliaient pas à la discipline et ne se laissaient pas intimider aussi facilement que les enfants des autres tribus. Les Osages furent l'une des tribus les plus déterminées à s'opposer au régime des pensionnats. Ils n'appréciaient pas que leurs enfants leur soient enlevés et qu'ils apprennent à faire des travaux non-indiens. De même, presque tous les parents objectèrent que la longueur de la séparation de leurs enfants était excessive. Souvent, les parents à l'occasion de leur visite de l'école, prenaient leurs fils et leurs filles pour les ramener chez eux. Certains, évitant de passer par l'agence, allèrent se plaindre directement au commissaire des affaires indiennes. Ce fut le cas de l'Osage de souche Frank Corn Dropper : « J'ai deux petits garçons, écrivait-il, ils sont enfermés dans cette école et ils n'aiment pas ça; ils se sentent seuls, ils s'ennuient de leur famille et cela les rend malades. Je vous demande la permission de les prendre chaque vendredi soir et de les ramener le dimanche soir. » Corn Dropper n'obtint pas la permission de prendre ses enfants à la maison. Les métis, eux, furent autorisés de prendre les leurs pendant les week-ends à cause de leurs liens étroits et nombreux avec la culture non-indienne. Les Osages de souche ne bénéficièrent pas de cette mesure.

D'après The Osage par Terry P. Wilson - Chelsea House Publisher

Capt_170329_H140713_007

Capture09

 

 

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

OK-OC pleure un ami

C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre cher ami Roger Ladevèze.

Roger était un membre de la première heure de notre association au sein de laquelle il se montrait très actif. Il s'était notamment spécialisé dans le reportage photographique des événements que nous organisions chaque année et nombre de ses clichés furent publiés ici-même. Il faisait partie du conseil d'administration d'OK-OC auquel il était très attaché.

On le voit ici en compagnie de notre invité osage Sean Standing Bear à la mairie de Montauban en 1992. La différence de taille s'explique par la stature gigantesque (2 m) de Sean, guerrier culturel osage des temps modernes.

Roger Ladevèze et son ami Sean Standing Bear

Les obsèques de Roger ont eu lieu mardi 29 août en l'église Saint-Orrens de Montauban.

Notre association présente ses condoléances attristées à sa famille.