sur la piste de Santa Fe

 

Les pionniers n’étaient pas les premiers.

Avant eux, sur la piste, il y avait eu les Indiens et, encore avant, les troupeaux de bisons. Maintenant il y avait de tout monde : des fermiers à la recherche de terres, des marchands en quête de bonnes affaires et des aventuriers de tout poil.

Santafetrail

 

Pioneer

 

ipionniers

Depuis Saint Louis (dans l'actuel État du Missouri ) traversant le pays des Osages, les chariots transportaient des marchandises très recherchées sur le marché de Santa Fe, (aujourd'hui au Nouveau Mexique). Les outils d’acier, les armes à feu, les articles ménagers en métal, les étoffes, les rubans, les miroirs, les perles de Venise et la verroterie faisaient le bonheur des autochtones et, encore davantage, celui des étrangers. Au retour, les fourrures valant dix fois le prix des articles échangés emplissaient les chariots. Ce commerce de coquins n’aurait eu que peu d’importance sur la vie des Indiens s’il n’avait entraîné une grave déstabilisation de leur économie tout en leur faisant faire de larges accrocs à leurs principes, notamment celui d’une gestion parcimonieuse du gibier.

gowest1

    On comprend dès lors que les convois de chariots aient été attaqués, pillés et brûlés. Beaucoup plus, d’ailleurs, au cinéma et dans les bandes dessinées que dans la réalité. Aujourd’hui, les Osages en rient encore, comme en témoigne notre ami osage Sean Standing Bear :

« - Quoi de plus amusant que de brûler un convoi de chariots ?...

  - en brûler deux !! »


gowest2

gowest3
Les trois vignettes ci-dessus son extraites de l'album "Go West"
par Derib et Greg aux éditions du Lombard

 

StandingBear

"Le dernier trophée" de Sean Standing Bear

    C’est peut-être le moment d’y aller...

    Non, pas dans les cités, où les voitures qui brûlent sont celles de braves types ne faisant de tort à personne. Ni sur les autoroutes ni dans les tunnels qui fonctionnent comme des pièges incendiaires. Les modernes convois de chariots sont virtuels, électroniques, évanescents, impalpables. Leurs éclaireurs sont anonymes, ectoplasmiques, fantasmatiques, fantasmagoriques. Pourtant leurs effets sur la vie des gens sont encore plus dévastateurs qu’ils le furent à l’époque de la conquête de l’Ouest.

    Ce n’est plus le marché de Santa Fe qui conditionne l’économie, c’est celui des valeurs boursières. Que les fonds de pension transitent à la vitesse de la lumière et des pans entiers de vie sociale s’écroulent comme maisons de terre dissoutes par l’inondation. Qu’un gros opérateur financier décide de placer ses billes ici plutôt qu’ailleurs et vient le temps des restructurations et autres fusions d’entreprises. Les emplois se font plus rares que le gibier.

    Attendez ! Je n’ai pas dit de courir chercher les allumettes. D’ailleurs comment brûler des convois fantômes ? Faut être plus malins qu’eux. Faisons l’inventaire des armes. Ils ont le cœur sec, le nôtre est large. Ils ont la richesse (les milliards), nous avons le nombre (7,5 milliards). Nous sommes l’humanité, ils sont les coffres-forts. Ils ont le fric, nous avons la matière grise, en bien plus grande quantité. Servez-vous en, frères humains.

Fabulous

  J’en connais un qui a inventé la GRQM, la Grande Révolution des Quartiers du Monde. C’est le flamboyant Claude Sicre, réincarnation d’un Troubadour languedocien: La GRQM c’est "un réseau souterrain, informel et uniquement composé d’indépendants [...] qui veut prouver à tous que les réponses à la pseudo-crise sont d’abord à la base. Et que la convivialité est la première de toutes les conditions".  Le feu parti de Toulouse se propage dans une vingtaine de villes de France (Montpellier, Bordeaux, Lille, Calais, Mulhouse, Nantes, Angers, Paris, Toulon, Clermont-Ferrand...) sous la forme de « repas de quartier dans toute la France », de façon totalement autonome. Le pique-assiette révolutionnaire, en somme.

 

François Rabelais

    Cela vous fait rire ? Tant mieux ! C’est le commencement de la sagesse.

« Mieux est de ris que de larmes écrire. Pour ce que rire est le propre de l’homme », disait un grand humaniste qui a bien dû brûler, en son temps, des dizaines de convois de chariots. Sacré François !   -----------   J-C. Drouilhet

 

François Rabelais