Coyotes

et

lutte des classes

 

Osage dancersDeux adhérents d'Oklahoma-Occitania sont arrivés dans la réserve de la nation Osage, au nord de l'Oklahoma. Ils sont basés à Pawhuska. Ils se déplaceront dans la réserve où ils rencontreront de nombreuses personnes ayant des connaissances et des compétences particulières dans divers domaines de la culture, de l'histoire et de l'économie de cette nation. Benoît Séverac et Hervé Jubert ne sont pas là en simples touristes. Non seulement ils représentent OK-OC (le petit nom de notre association), mais surtout ils sont en recherche documentaire dans le décor et avec les personnages de leur prochain roman faisant suite à Wazhazhe. Hervé et Benoît sont des écrivains reconnus, auteurs de romans à succès. Ils nous envoient chaque jour une page de leur journal de bord que nous publierons à raison de une tous les deux jours.

Benoît Séverac & Hervé Jubert

Cinq heures du matin. Nous sautons dans la voiture pour saluer le soleil depuis une butte sacrée indiquée par John Maker (lire Jour 17). Nous tournons autour, suivant des pistes poussiéreuses, croisant coyotes, biches et tatous. Las, le site est cerné par les barbelés. Les No trespassing, Dead end et Private property nous conseillent la prudence. Nous n’avons pas l’intention de finir pendus haut et court. Donc demi-tour.

sam-joyner_2 Aujourd’hui, nous retrouvons Sam Joyner à Tulsa, la grosse ville du coin. Sam est photographe et collectionneur d’art. Il a conçu sa maison autour de la photographie. Au-milieu de ses propres œuvres, nous croisons Sinatra au resto, Ray Charles au piano et Ira Tupper, un sans-abri, poches bourrées de canettes et trogne burinée par le houblon et le mauvais whiskey. Son visage en noir et blanc inspire le respect.

 L’histoire de ce vagabond accompagne son portrait. Un soir de novembre, empêché de rentrer chez lui par une décision de justice, il s’est réfugié dans une carcasse de pick-up abandonné. On l’a retrouvé, le lendemain, mort de froid. Pas étonnant que Sam, autrefois juge fédéral, ait été touché par cette tragédie.

 Ici, la pauvreté est omniprésente. Drogue. Alcool. Violences conjugales. Tous, Blancs comme Indiens sont touchés. Mais les Indiens, comme d’habitude, trinquent plus que les autres. Pour preuve, les viols se multiplient sur les terres sous juridiction indienne. La raison est simple : les prédateurs blancs, grâce à un vide juridique, peuvent agir en toute impunité (ou presque). Ils se refileraient même le tuyau sur le dark web.

 Glaçant...

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Coyotes and class struggle

Five o'clock in the morning. We jump in the car to greet the sun from a sacred hill indicated by John Maker (read Day 17). We turn around, following dusty tracks, crossing coyotes, deer and armadillos. Las, the site is surrounded by barbed wire. No trespassing, Dead end and Private property advise us to be cautious. We do not intend to end hanging high and short. So turn around.

Today, we find Sam Joyner in Tulsa, the big city in the area. Sam is a photographer and art collector. He designed his house around photography. In the midst of his own works, we meet Sinatra at the restaurant, Ray Charles at the piano and Ira Tupper, a homeless man, pockets stuffed with cans and a trowel chiseled by hops and bad whiskey. His black and white face inspires respect.

The story of this vagabond accompanies his portrait. One evening in November, prevented from returning home by a court decision, he took refuge in an abandoned truck carcass. We found him the next day, who died of cold. No wonder Sam, once a federal judge, was touched by this tragedy.

Here, poverty is omnipresent. Drug. Alcohol. Domestic violence. All White as Indians are affected. But Indians, as usual, drink more than others. As proof, the rapes are multiplying on the lands under Indian jurisdiction. The reason is simple: white predators, thanks to a legal vacuum, can act with (almost) impunity. They would even put the gen on the dark web.
Chilling ...