Justice à deux vitesses

 

Osage dancersDeux adhérents d'Oklahoma-Occitania sont arrivés dans la réserve de la nation Osage, au nord de l'Oklahoma. Ils sont basés à Pawhuska. Ils se déplaceront dans la réserve où ils rencontreront de nombreuses personnes ayant des connaissances et des compétences particulières dans divers domaines de la culture, de l'histoire et de l'économie de cette nation. Benoît Séverac et Hervé Jubert ne sont pas là en simples touristes. Non seulement ils représentent OK-OC (le petit nom de notre association), mais surtout ils sont en recherche documentaire dans le décor et avec les personnages de leur prochain roman faisant suite à Wazhazhe. Hervé et Benoît sont des écrivains reconnus, auteurs de romans à succès. Ils nous envoient chaque jour une page de leur journal de bord que nous publierons à raison de une tous les deux jours.

 

Le tribunal (Court House) du comté osage à Pawhuska

Benoît Séverac & Hervé Jubert :

Comment écrire un polar sans passer par la case "tribunal" ?

Nous nous rendons à la célèbre "court house" où ont été condamnés les non moins célèbres tueurs d'Osages, Hale (le cerveau) et Burkhart (les muscles) dans les années 1920.
Dès le check point, nous tombons sur une file de détenus en tenue orange et jaune à rayures, pieds et chevilles enchaînés à leur taille, l’inscription « Osage County Jail » dans le dos. On a beau avoir vu cette scène des centaines de fois dans des films, l’image est impressionnante et pour tout avouer, dérangeante.

 Les détenus s’assoient sur les bancs qui leur sont réservés. On leur interdit de parler. Les visages sont tendus, les genoux s’agitent. Le public, composé des familles ou de gens comparaissant libres, est censé observer le même silence. Deux personnes à côté de nous essaient malgré tout d’échanger avec leur rejeton ; le sheriff les expulse de la salle sur le champ.
Le système judiciaire américain est difficile à appréhender, mais nous comprenons que plaider coupable plutôt que non coupable est moins risqué. Un procès coûte cher à la justice et on vous le fait payer en appliquant des peines d’emprisonnement très lourdes. Donc, la plupart des prévenus négocient une amende avant le procès en se déclarant coupable.
J’écoute les chefs d’accusations : les gens sont tous là pour violence, détention d’arme, conduite en état ébriété, usage de stupéfiants… Ça sent la misère.
Ils vont devoir s’endetter un peu plus pour pouvoir payer leur amende, et s’ils faillissent à honorer leurs dettes envers l’état de l’Oklahoma, ils finiront derrière les barreaux.
Le cercle vicieux est en place.

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