Quand les Osages

intègrent l’ "X" le clairon de la renommée des Osages

Minuscule, la lettre « x » est cette délicieuse petite inconnue sur laquelle des myriades de potaches se sont parfois endormis sans parvenir à résoudre le système. Devenue grande, X la belle inconnue, joue dans la cour des grands. Elle est le symbole de l’École polytechnique.

Qui aurait pensé qu’un jour des Indiens de la tribu Osage feraient leur entrée dans une aussi prestigieuse institution ?

Christian Marbach, polytechnicien et écrivain, leur a ouvert largement les pages de l’album qu’il vient de publier sous l’égide de la SABIX, la Société des Amis de la BIbliothèque de l’X. Ci-dessous, voici les reproductions de la Une et de la Dernière de couverture pour se mettre dans l’ambiance.

Une

Dernière de couvertureLes Indiens des Plaines dont il est question dans ce livre sont des Osages. Tout un groupe qui fait le voyage en France en 1845, soit 16 à 18 ans après l'équipe de Petit-Chef qui arrivait au Havre en 1827 et à Montauban en 1829. La rose que l’on voit sur la dernière de couverture ressemble à celle que l’Indienne Omaha, Bison-qui-rit, lançait à Michel Baradat (1) ; c’était en 1787. Dans son histoire Christian Marbach lui donne l’identité d’une Osage et fait de Michel un jeune charpentier qui passait sous sa fenêtre.

On comprend alors que l’auteur a consciencieusement mélangé les personnages, les époques et les histoires inspirées des publications d’OK-OC. Ce dont nous nous réjouissons, bien sûr.

Car l’histoire tient bien la route. Michel part lui aussi en Amérique à la recherche de sa belle à peine entrevue à Paris. Sa quête amoureuse obstinée n’a d’égal que la tendre patience de sa promise des tipis. Nous sommes en plein romantisme, un bain dans lequel OK-OC nage depuis sa naissance en 1989.

De son écriture poétique et romantique Christian Marbach nous propose des descriptions majestueuses d’une Amérique encore vierge des gratte-ciels et des autoroutes. Une Amérique que Michel traverse d’un océan à l’autre.

La construction de son histoire, aussi, est originale. La narratrice est une storyteller entourée d’un nuage de start-ups, une joyeuse équipe de jeunes pousses osages bavardes. Et tout le monde parle une langue riche et évoluée, comme en parlaient les autochtones américains. Signe de respect.

Enfin, d’autres personnages – et pas des moindres – viennent agrémenter le casting. On y voit le célèbre artiste-peintre George Catlin qui accompagne ses protégés Osages jusqu’à la cour de Louis-Philippe.

danses indiennes aux TuileriesOn rencontre aussi le prêtre jésuite Pierre-Jean de Smet, missionnaire parmi les Indiens. Et surtout – est-ce par hasard ? – plusieurs polytechniciens qui jouent aussi facilement du clairon que de la tangente (2) et font de l’équitation à cru avec leurs complices osages devant l’entrée de leur école. Ces polytechniciens ont eux aussi existé. C’est un hommage attendri que Christian Marbach leur rend ici.

la chevauchée fantastiqueLa belle Bison-qui-rit et ses compagnons Osages vont attendre sagement leurs lecteurs dans les rayons de la bibliothèque de Polytechnique ainsi que peut-être ceux de nos visiteurs curieux d’une telle confrontation inédite entre les Wazhàzhe (3), les X, Catlin, de Smet et… un charpentier de marine. Ce ne sera jamais que le sixième ouvrage, où il aura été question d’Osages, publié d’après nos aventures OklahomanOccitanes.

Bison-qui-rit ( 190 pages -- illustrations de Claude Gondard --- couverture cartonnée -- format 21x25 cm)  est en vente au prix de lancement de 20 € plus frais d’expédition, à commander auprès de M. Charles H. Pin  pin@melix.org

J-C. D.

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(1) c'est l'histoire authentique de " La rose du Nebraka " que nous avons déjà racontée dans ce blog.

(2) en argot polytechnicien la "tangente" est l'épée de l'uniforme de cérémonie qui doit restée tangente à la bordure rouge de la jambe du pantalon. Quand un étudiant de l'X "prend la tangente", cela signifie qu'il fait le mur.

(3) Wazhazhe signifie Osage en langue... osage