Le maïs des Osages

 

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Le maïs était un aliment de base pour les Osages et, c’est la culture du maïs qui les maintenait dans leurs villages plutôt que d’être continuellement nomades comme l’étaient quelques-unes des tribus des Plaines qui leur étaient apparentées. La culture et l’entretien du maïs était le domaine particulier des femmes. Les hommes pouvaient les aider dans les champs, mais toujours sous la direction des femmes qui avaient la sagesse de la terre et les êtres qui s’y enracinaient et étaient en harmonie avec les rythmes de Grand-Mère Lune. Il y avait aussi des hommes qui, le plus souvent à la suite d’un rêve puissant ou d’une vision, s’habillaient et se comportaient comme des femmes et excellaient au jardinage et autres occupations féminines. On les appelait mi-xu-ga, ce qui signifie «inspiré par la lune».

Les jardins familiaux avaient en général moins d’un demi-acre de superficie, ils étaient situés sur les alluvions fertiles au bord des rivières. Avec une houe faite de l’os de l’épaule d’un Elan, les femmes nettoyaient la terre pour la débarrasser des mauvaises herbes. De nombreuses femmes de la tribu d’antan disaient sque les plus envahissantes de ces mauvaises herbes étaient apparues avec l’homme blanc.

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Le jour des semailles, la femme se teignait une partie des cheveux, elle peignait des lignes rouges et bleues au bas de son visage pour figurer le soleil et la pluie, puis elle se hâtait vers son champ qui attendait la semence. D’abord, elle faisait sept buttes avec sa houe et, tout en chantant et en marquant le rythme avec son plantoir, elle ensemençait ces buttes avec des graines spécialement conservées d’épis de maïs sacrés.

Creusant un trou sur le versant sud de la petite butte, elle y mettait une graine et tassait le sol avec son pied. Ensuite elle plaçait deux graines dans la deuxième butte, trois dans la troisième et ainsi de suite. En travaillant elle chantait l’acte sacré qu’elle accomplissait, donnant un sens magique, fructueux au tassement du sol avec son pied car elle imaginait la germination et la fructification du maïs :

 Je marque mes empreintes ! Soulevant la poussière,

Le sol s’étend, moelleux

Je marque mes empreintes ! Les petites buttes sont alignées

Les buttes sont dans la lumière du jour

Je marque mes empreintes ! J’en arrive maintenant à l’acte sacré

Donne-moi les sept graines.

Je marque mes empreintes ! Vois les brins qui frémissent au vent

La tige se dresse ferme et droite

Je marque mes empreintes ! Vois, la tige est articulée

La plante a bourgeonné

Je marque mes empreintes ! Les brins soupirent dans le vent

Les branches à épis des tiges.

Je marque mes empreintes ! Je cueille les épis,

Il y a de la joie dans ma maison.

Ah, le jour de satisfaction.

 Après avoir semé le maïs sacré, elle continue à semer le reste du champ, faisant des buttes pour les courges entre celles du maïs, semant des haricots qui pourraient ainsi grimper et s’enrouler autout des jambes de maïs. Plus tard, elle sèTerreait les citrouilles, les coloquintes, les tournesols et les melons. Le maïs osage était renommé parmi de nombreuses autres tribus parce qu’il atteignait souvent dix pieds de haut et pouvait porter jusqu’à huit ou neuf épis.

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Des méthodes culturales nouvelles. La plus connue qui est aussi la plus efficace et hélas ! la moins appliquée est la culture dite des « trois sœurs ». Les trois plantes sœurs sont le maïs, le haricot et la courge. La tige de maïs sert de support au haricot qui grimpe vers la lumière ; il capte l'azote de l'air qu'il concentre dans ses racines et donc dans le sol, ce dont profite le maïs qui peut ainsi de passer d'engrais chimique azoté. Les larges feuilles de la citrouille tapissent le sol, maintiennent sa fraîcheur et limitent l’évaporation.

Ainsi les travaux des semailles s’achevaient et les jardins seraient seulement cultivée encore une ou deux fois avant que la majorité de la tribu parte en campagne d’été de chasse au bison.

Qu'avons-nous fait du maïs des Indiens ?

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quatre variétés de maïs OGM

Ne jouons-nous pas  là un jeu dangereux ? S'agit-il vraiment de nourrir la planète ? Réfléchissons bien.