Oklahoma-Occitania

Echanges culturels entre les Occitans de France et les Indiens d'Amérique (USA, Canada) : tribus Osage, Kiowa, Comanche, Cherokee, Pawnee, Choctaw, (Oklahoma), Lakota (Sud Dakota), Innu (Canada), etc.

12 décembre 2009

Un chef solide et inflexible

Le Soldat du Chêne


Son nom osage a été oublié. Seul demeure connu son nom français [ Soldat du Chêne ] qui souligne, une fois encore, l'influence de la culture française sur le peuple osage au temps de la Louisiane française.

soldatduchene1

On raconte qu'il avait été ainsi nommé à la suite d'une furieuse bataille au cours de laquelle, sévèrement menacé par plusieurs ennemis, il les avait repoussés en trouvant refuge derrière un chêne. Ce qui ne l'avait pas empêché de devenir chef des Osages.

C'est à ce titre qu'il fut invité en 1805 à rendre visite au Président des États-Unis à Philadelphie. C'est à cette occasion que fut peint son portrait (ci-dessus) qui se trouve toujours dans les locaux de la Société américaine de philosophie.

Mais le Soldat du Chêne est peut-être aussi connu à cause d'une autre anecdote qui est relatée dans le roman autobiographique de Laura Ingalls lequel a été adapté par la télévision dans la série de La Petite Maison dans la Prairie.

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A cette époque la famille Ingalls s'était installée au Kansas non loin de la ville de Independence, proche de la frontière de l'Oklahoma. La petite maison dans la prairie y est toujours et on peut la visiter.


petitemaison

Nous sommes dans la deuxième moitié de 18ème siècle. Les Ingalls sont une famille de fermiers qui avec d'autres colons occupent des terres indiennes. Les tribus sont décidées à les attaquer, tuer ces familles, brûler les fermes, bref, libérer leur territoire.

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Soldat du Chêne

(acrylique/toile par Joe Don Brave, artiste osage)

Il faudra toute l'autorité du chef Soldat du Chêne entouré de ses guerriers pour les convaincre de renoncer à leur projet sous peine d'avoir à faire à eux. Les impressionnants guerriers osages, dont la stature atteignait souvent les 2 mètres, eurent vite raison des objections que l'on pourrait imaginer. Ainsi, grâce au Soldat du Chêne, Laura Ingalls et sa famille eurent la vie sauve. C'est ce que l'on voit, paraît-il, dans un épisode de la Petite Maison dans la Prairie

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cliquez >Pour voir le générique de la Petite Maison dans la Prairie


26 juillet 2008

Un grand chef de la tribu Osage

Celui-qui-n'a-pas-peur-desPawnee

Pawnenopashe

En décembre 1869 mourait Little White Hair, le cinquième et dernier chef de la lignée White Hair (Paw Hu Ska). Le 24 décembre Issac Gibson, le responsable de l'agence osage, désignait Star Chief à la tête de la tribu. Celui-ci allait rapidement devenir populaire et serait connu sous les noms de Pawnee No Pa she (Celui-qui-n’a-pas-peur-des-Pawnee), de Gouverneur Joe ou encore de Joe Big Hill.

Joseph Pawnee No Pa she était le fils d’un chef de guerre renommé. Entre 1865 et 1870 tous les villages osages avaient dû quitter le Missouri et s’étaient installés sur la rivière Verdigris au sud du Kansas (dans le secteur de La petite maison dans la Prairie). L’agence avait été déménagée à 6 km au sud de la ville d’Independence et le village de Joe Pawnee No Pa she se trouvait à 3 km plus au sud.

Joe jouissait déjà d’une réputation d’homme de caractère et surtout de celle d’un homme instruit et d’un haut niveau d’éducation. Il avait été pensionnaire à la mission catholique du père Shoenmaker au Kansas. Le jour de la cérémonie de remise des diplômes de fin d’études, il fit une déclaration qui surprit l’assistance : « Il a fallu quinze ans au père Shoemaker pour faire de moi un homme blanc et cela ne prendra que quinze minutes pour que je redevienne un Osage. » Cela dit, il enleva ses « vêtements civilisés » pour les remplacer par le pagne et la couverture qui étaient les symboles de son héritage indien. Très éloquent dans sa langue osage, Pawnee No Pa she parlait, lisait et écrivait parfaitement l’anglais. Il devait utiliser ses connaissances dans la pratique des deux langues pour mieux servir son peuple.
En 1878 les Osages élurent Pawnee No Pashe à la fonction de gouverneur de la tribu. Il devint ainsi le premier chef élu.

Governor Joe n’eut de cesse que certaines garanties fussent accordées à la tribu. Il demanda notamment que les Osages soient autorisés à chasser le bison en dehors de la réserve mais qu’en revanche leur nouvelle réserve soit interdite aux visiteurs indésirables. La réserve était une propriété collective tribale et nulle ferme n’était autorisée à s’y implanter. Malgré cela les efforts de Pawnee No Pa she furent vains. En quelques années les bisons avaient disparu.

Une dernière anecdote illustre la forte personnalité de ce grand chef. Physiquement Pawnee No Pa she était un colosse, un géant bien proportionné comme l’étaient la plupart des guerriers de la tribu. De plus il était mieux instruit que la plupart des Euro-Américains de l’époque. Un jour il rencontra par hasard un couple d’intrus qui campait en territoire osage. Sans façon il s’invita à leur repas. Tout en mangeant, l’homme et sa femme s’inquiétaient du sort qui allait leur être réservé entre les mains de cet Indien sauvage. A la fin du repas, Joe leur intima par gestes l’ordre d’atteler et de quitter les lieux. Soulagés les deux imprudents obtempérèrent et se hâtèrent vers la limite du territoire en se félicitant de leur bonne fortune qui leur avait permis de sauver leur scalps. Au moment où ils allaient atteindre la limite, Pawnee No Pa she les rattrapa et, dans un anglais bien meilleur que le leur il leur dit que s’ils revenaient, ils seraient arrêtés et jugés selon la loi osage. Il est inutile de préciser que jamais ils ne réapparurent sur le territoire osage tant ils avaient été terrorisés et avaient craint de perdre leur scalp lorsque Joe les avait rattrapés.

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30 août 2007

Celui-qui-n'a-pas-peur-des-Pawnees

Lo Cap Paw-ne-no-pashe

Le chef Paw-ne-no pashe


Pawnenopashe

Lo cap Paw-ne-no pashe (Lo que n’a pas paur dels longs piels = los Indians Pawnee) foguèet l’un dels mai prestigious caps de la tribu Osage.

Le chef Paw-ne-no pashe (Celui-qui-n'a-pas-peur-des-Longs-Cheveux , c'est à dire les Pawness) fut l'un des plus prestigieux parmi les chefs osages

Era lo filh d’un grand cap de guerra e avio fait d’estudis a la mission catholic. Parlava e escrivia l’anglès. Lo jorn de son diploma de fin d’estudis diguèt a tout lo monde :
« Lo paire Shoenmaker mettet 15 ans per me cambiar en un ome blanc, mas ieu podi tornar Osage en 15 minutas. »

Il était le fils d'un chef de guerre et il avait fait des études à la mission catholique. Il parlait et écrivait l'anglais. Le jour de son diplôme de fin d'études, il déclara devant toute l'assistance : " Le père Shoenmaker a mis quinze ans pour faire de moi un homme blanc mais moi, je peux redevenir osage en quinze minutes."

Sul cop se tirèt sas fardas d’ome blanc per se tornar vestir amb lo pagna e la coverta, es a dire los symbols de son identitat indiana.

Il enleva aussitôt ses vêtements d'homme blanc et revêtit son pagne et sa couverture, symboles de son identité indienne.

En 1876 la tribu èra en pléna confusion. La darrièra caça al bison avia estado una falhado totala e los Osages aviant talen. Alavets se causiront Paw-ne-no pashe coma nouvel capmestre tant lèu conegut coma Governador Joe. Era un bon negociejaire ambé las autoritas de Washington e la situacion s’amelhoret.

En 1876, la tribu était en plein désarroi. La dernière chasse au bison avait été un échec total et les Osages étaient affamés. Ils se choisirent alors Paw-ne-no-Pashe comme nouveau chef qui fut aussitôt surnommé Gouverneur Joe. Grâce à ses talents de négociateur les relations avec Washington s'améliorèrent.

Moriguèt en 1883 atjat de 50 ans e es enterrat al cimenteri de Pawhuska ont un monument foguèt quilhat en reconeissença als servicis renduts al poble Osage.pashe

Il mourut en 1883 à l'âge de 50 ans. Il fut enterré au cimetière de Pawhuska où un monument lui fut érigé en reconnaissance des services qu'il avait rendus au peuple Osage.

Parmi ses descendants directs que plusieurs membres d’OK-OC ont rencontré, citons Ed Red Eagle Sr, leader spirituel très respecté et Charles Tillman, ancien chef principal, qui nous rendit visite à Montauban voici quelques années.

20 mars 2007

Pourquoi la capitale des Osages s'appelle-t-elle Pawhuska (Oklahoma)


Pawhuska, Cheveux Blancs

 

Chef_Pawhuska3

La ville de Pawhuska, capitale des Osages en Oklahoma, a hérité son nom d’un chef de la tribu qui l’avait lui-même acquis dans les curieuses circonstances que voici.

Le major général Arthur Saint Clair n’était pas un piètre tacticien. Il avait même une grande expérience de la guerre contre les Indiens qu’il avait acquise durant le conflit franco-indien de 1754 à 1763. Cependant à la fin de l’été 1791 il conduisit son armée à la pire des défaites qui ait jamais été infligée à une force militaire américaine par des guerriers indiens : plus de 1000 soldats furent tués par moins de 2000 indiens.

La bataille eut lieu le 4 novembre 1791, près de la rivière Wabash, dans l’état d’Indiana. Parmi les Indiens opposés à Saint Clair, il y avait un groupe de guerriers osages que commandait le jeune chef Collier de Fer. Il existait en effet un solide lien d’amitié entre les Osages et les Illinois. Cette alliance s’étendait aux Miamis, eux-mêmes apparentés aux Illinois. Le chef de guerre des Miamis était le redoutable Petite Tortue, bien connu de l’armée américaine pour lui avoir infligé de sévères revers. L’armée de Saint Clair comprenait 1400 combattants dont 600 soldats réguliers et 800 miliciens (volontaires civils). Côté indien il y avait, avec les Illinois et les Miamis , des Mohawks (Iroquois), des Shawnees, avec le jeune Tecumseh, des Delawares, des Chippeways, des Kickapoos, des Wyandottes (Hurons), des Cherokees, des Creeks et des Osages. En tout 1133 guerriers sous le commandement suprême de Petite Tortue. Jean Pictet [1] raconte :

« Les soldats ont dormi l’arme au poing et, dans le camp, on a sonné le réveil avant l’aube. Après la parade, alors que les troupiers regagnent leurs cantonnements, une salve éclate soudain de l’autre côté du fleuve : les Indiens attaquent la milice ! Les tambours battent le rappel aux armes…
Après la première volée, les Indiens peints s’élancent de partout, le tomahawk levé, dans un élan sauvage. Leur assaut est si impétueux que la milice, enfoncée, bousculée, fragmentée reflue bientôt dans un complet tumulte, passe la rivière et pénètre dans le camp des soldats y semant la confusion et empêchant les réguliers de se développer en ordre de bataille. Et des braves, mêlés, en un effrayant corps à corps, aux miliciens vêtus de vert, surgissent à leur tour dans le cantonnement militaire. »

Collier de Fer, au plus fort de la mêlée, se trouva confronté à une situation inattendue qui devait lui valoir un nouveau nom.

Après avoir tué ─ du moins le croyait-il ─ un officier américain, il entreprit de prendre son scalp. Alors que, penché sur sa victime, il commençait à tirer sur la longue chevelure blanche, celle-ci se détacha sans effort et lui resta dans la main tandis que l’officier se relevait promptement et s’enfuyait à toutes jambes. Collier de Fer accrocha la perruque poudrée à sa ceinture et la conserva précieusement, convaincu de son pouvoir magique. Et c’est ainsi que plus tard il fut appelé Cheveux Blancs, Paw-Hiu-Skah en osage, par la suite orthographié en Pawhuska lorsque ce nom fut donné au principal village de la réserve osage en Territoire Indien, l’actuel Oklahoma.

Dans sa jeunesse, Collier de Fer-Cheveux Blancs avait connu d’autres aventures. Dans les années 1780, il avait dirigé un groupe de guerriers dans un grand voyage vers l’ouest, jusqu’aux grandes eaux de l’océan Pacifique, ce qui représente la traversée ─ à pieds ! ─, de la moitié des Etats-Unis, en passant par Santa Fe, au Nouveau-Mexique, dont la célèbre piste était déjà familière aux Osages. Bien que Collier de Fer connût parfaitement la piste qu’il devait suivre, il semble qu’il n’ait pas été pas tout à fait conscient des dangers auxquels il exposait son petit groupe.

gila
    Alors qu’ils traversaient le désert de l’Arizona, les guerriers cherchèrent à calmer leur faim. Un membre de la bande s’avisa de tuer pour le manger un « monstre de Gila ». Il s’agit de la seule espèce de lézard venimeux qui soit au monde et qu’aujourd’hui les scientifiques nomment « héloderme ». La flèche fila droit au but et cloua au sol le reptile à la morsure mortelle. Hélas, le « monstre » n’était pas tout à fait mort lorsque le chasseur affamé saisit sa proie.. La terrible morsure venimeuse foudroya le brave en quelques minutes sans qu’il fut possible de lui porter secours. Ce fut le seul guerrier tué au cours de cette expédition qui s’acheva aux environs de la ville actuelle de Long Beach, près de Los Angeles en Californie.

Ces deux aventures vécues par Collier de Fer-Cheveux Blancs ont un point commun : elles dénotent chez certains Osages une certaine tendance à sous-estimer l’instinct de conservation de ceux auxquels ils s’attaquent. Pourtant Cheveux Blancs fut, tout au long de sa vie, un chef perspicace et respecté. Une dernière anecdote montre à quel point il avait l’esprit inventif.

Trois ans après l’achat, en 1803, de la Louisiane française à Bonaparte, le Président des Etats-Unis, Thomas Jefferson, invita à Washington les chefs des tribus les plus importantes de l’ancienne colonie française. Il y avait parmi eux une délégation osage conduite par le chef Pawhuska-Cheveux Blancs. A cette époque de nombreux Osages, comme les autres Indiens de la Louisiane, comprenaient et parlaient le français. En revanche ils répugnaient à apprendre une autre langue européenne, en particulier l’anglais. Aussi le Président Jefferson, lorsqu’il voulut les inviter, s’adressa-t-il à eux dans notre langue sur un ton paternaliste qui prête à sourire dont voici quelques extraits[2].

« Mes amis et Enfants, chefs des Osages, des Missouris, des Kansas, des Otos, des Pawnees, des Iowas et des Sioux,

» Je vous prends par la main de l’amitié et du fond du cœur je vous assure que vous êtes très bienvenus au siège du Gouvernement des Etats-Unis. Le voyage que vous avez entrepris pour visiter vos pères sur ce côté de notre île est long et, en l’entreprenant, vous avez donné une preuve que vous désirez faire connaissance avec nous.

» Mes amis et enfants, j’ai maintenant un avis important à vous donner. Je vous ai déjà dit que vous étiez tous mes enfants et je désire que vous viviez tous en paix et amitié, les uns avec les autres, comme les frères d’une même famille doivent faire […] Ressouvenez-vous donc de mon avis, mes enfants, portez le à vos peuples et dites leur que depuis l’instant que nous sommes devenus les pères de vous tous, nous désirons, comme un bon père doit le faire, que nous puissions vivre tous ensemble, comme une famille ; et avant qu’on ne se frappe on doit aller trouver son père afin qu’il tâche de finir la dispute. […] »

A l’issue de la visite, les chefs indiens reçurent des cadeaux. Le chef Pawhuska, pour sa part, se vit remettre une médaille et une superbe tunique d’officier de l’armée américaine, bleue à brandebourgs et parements jaunes, avec boutons et épaulettes dorées.

Mais qu’allait-il faire de cette parure ? Certainement pas une tenue de guerrier, elle aurait été trop encombrante. La perplexité du chef fut de courte durée. La tunique donna à Pawhuska l’occasion d’exprimer toute la mesure de sa créativité. A son retour dans la tribu il avait trouvé une utilisation on ne peut plus pacifique. Il en fit un élément de l’habit de mariage de la jeune épouse. Le costume ainsi créé comprenait outre la tunique militaire une couverture osage enveloppant la taille comme une jupe, des jambières et des mocassins décorés de perles et enfin un chapeau, mais pas n’importe lequel. Le prestige du chapeau haut de forme dans la société blanche n’avait pas échappé aux Indiens et ils en avaient naturellement déduit que cette coiffure conférait honneur et dignité à celui ou celle qui la porterait. Le haut-de-forme fut donc enrichi de rubans et entouré de hautes plumes colorées.

chef_Pawhuska

La cérémonie du mariage suivait un rituel complexe. Le futur époux devait faire étalage de sa richesse et de son empressement. S’il avait les moyens d’offrir de nombreux présents à sa future épouse cela signifiait que sa femme n’aurait jamais faim. Les négociations prenaient habituellement plusieurs jours. Quand un accord sur le prix avait été convenu, la famille recevait les cadeaux et se les partageait. En échange la promise apportait son costume en dot et sa famille honorait celle du marié en offrant les repas du mariage. La préparation de la mariée était aussi une cérémonie à laquelle officiaient les habilleuses. Elles habillaient en même temps, dans une tenue semblable, une demoiselle d’honneur. Cette coutume de la « fausse mariée » est commune à de nombreuses cérémonies de mariage dans le monde entier.

Lors du dernier mariage traditionnel célébré à Pawhuska en 1970 (l’avant-dernier l’avait été en 1937), le costume de la mariée avait presque deux cents ans. La nourriture et les cadeaux furent chargés dans un pick up et deux drapeaux américains furent déployés. L’un d’eux, fixé à une branche d’arbre, signifiait l’approbation de cette union par la tribu. En d’autres temps elle se serait exprimée au moyen de son étendard à plumes d’aigle. Le héraut du village marchait en tête du cortège, annonçant l’événement à la ronde, sur le parcours qui conduisait à la maison du jeune marié. Ensuite les futurs époux partirent à cheval, suivis par le pick up chargé des cadeaux, tandis que les familles et les invités suivaient derrière les drapeaux flottant au vent. Après l’échange des cadeaux, la jeune mariée, sa demoiselle d’honneur et le jeune marié furent rejoints par le héraut qui informait tout le monde en langue osage que « le couple était mari et femme selon la tradition osage. »

Lors de la cérémonie du mariage de 1937, soixante chevaux, parmi d’autres présents, avaient été offerts à la mariée. A l’occasion de la cérémonie de 1970, les chevaux faisaient encore partie des cadeaux, à ceci près que cette fois ils étaient sous le capot d’une rutilante voiture de sport.

Aujourd’hui on peut encore admirer un costume traditionnel de mariage au musée tribal osage de Pawhuska et avoir ainsi une pensée émue pour Paw-Hiu-Skah, glorieux chef de guerre, auteur d’un historique détournement de veste, ce qui, pour l’homme politique qu’il était, est plus digne qu’un retournement.

Pawhuska est donc passé à l’histoire. Plus de deux siècles après sa mort une ville d’Oklahoma, chef-lieu du comté Osage, porte son nom. Bien des Présidents des Etats-Unis d’Amérique n’en ont pas eu autant !


 

[1] Jean Pictet – L’épopée des Peaux-Rouges (Favre)

 

[2] Thomas Jefferson. 4 janvier 1806

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09 février 2007

Le chef Big Heart

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Chef Big Heart    A une grande réunion du conseil en 1881, James Bigheart un chef de souche pure osage de la bande du Gros Castor plaida pour un gouvernement tribal officiel et fut élu président du comité chargé d’élaborer une constitution. Comme Joseph Paw-ne-no-pashe, Bigheart avait étudié à l’école de la mission du père Shoenmakers. Cependant, contrairement à Paw-ne-no-pashe, il était demeuré catholique et n’était jamais « retourné à la couverture », c’est à dire revenu au mode de vie traditionnel. Durant la guerre civile, il avait servi dans l’armée de l’Union et terminé avec le grade de lieutenant. Il avait été signataire du traité appelant au déplacement de la tribu en Territoire Indien et fut l’un des premiers à y partir. Il y construisit une cabane de rondins et se mit à cultiver quelques acres. Bigheart qui parlait six langues : osage, ponca, sioux, cherokee, français, anglais et savait traduire le latin, travailla comme employé et interprète à l’agence.

    La constitution élaborée par le comité instituait un conseil national. Le conseil national pouvait lever des impôts, discuter de la signification des traités et, sur demande, jouer le rôle de tribunal d’instances à l’intérieur de la tribu. Un chef principal et un chef assistant étaient à la tête du conseil. La première élection au suffrage universel ( les hommes de plus de 21 ans ) du conseil national eut lieu en février 1882. Joseph Paw-ne-no-pashe fut élu chef principal et Strike Axe, chef assistant. James Bigheart, Saucy Chief, et Claremore furent élus membres du conseil.

    Pendant les années 1880, les Osages prospérèrent sous la direction de leur gouvernement constitutionnel. La majorité des familles pouvaient éviter des devenir fermiers ou d’avoir un métier manuel grâce aux allocation payées chaque trimestre en espèces qui leur permettaient d’acheter les produits dont elles avaient besoin. Le montant avait été augmenté à la fin des années 1870 lorsque la tribu mit en location-bail une partie de ses riches pâturages et ses ruisseaux abondants au service des éleveurs du Texas désireux de faire engraisser le bétail avant d’arriver au Kansas où les animaux étaient conduits dans les stations de chemin de fer.

    Dans les années 1890 les Osages et d’autres tribus furent soumis à des pressions considérables venant de divers groupes de Washington afin que leurs réserves soient divisées en lots individuels. Les Etats-Unis voulaient réunir le Territoire Indien et le Territoire d’Oklahoma en un nouvel Etat d’Oklahoma, mais pour cela il fallait que soit instituée la propriété privée individuelle. Durant l’été exceptionnellement chaud de 1893, des délégués de Washington rencontrèrent les Osages à Pawhuska, leur capitale, pour discuter de la mise en lotissement de la réserve. Pour rencontrer la commission, un comité de cinq membres, parmi lesquels le chef Bigheart et son fils Peter, fut désigné. Ce comité refusa d’envisager le morcellement de la réserve en propriétés privées individuelles, indiquant qu’il était en contradiction avec la constitution et donc interdit. L’une des objections majeures que les Osages opposaient au projet de lotissement était que beaucoup de non-Indiens s’étaient introduits frauduleusement, y compris sur la liste officielle des membres de la tribu. De nombreux blancs, époux de femmes osages et des métis qui n’avaient qu’une très lointaine ascendance osage s’étaient fait inscrire frauduleusement.

    En 1894, l’agent des Osages H.B.Freeman, estimait qu’environ 1 000 à 5 000 non-indiens vivaient sur lé réserve. Les hommes blancs qui avaient épousé une femme osage avaient accompagné la tribu lorsqu’elle était partie du Kansas. Ils avaient bientôt été rejoints par des marchands, des éleveurs, des membres du clergé, et des employés de l’agence. En 1904, la population non-indienne s’était étendue à un effectif compris entre 10 000 à 15 000 personnes, dépassant de loin le nombre des 2 200 Osages.

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Le chef Black Dog

Le chef Black Dog

 

blackdog    Entre 1870 et 1875, les troupeaux de bisons disparurent massacrés par des chasseurs blancs qui n’agissaient que pour les peaux ou pour le sport. La quasi-extinction de la principale ressource alimentaire contribua à étendre la faim sur une grande échelle. Des Osages se retournèrent vers Gibson, l’agent des affaires indiennes, pour demander de l’aide. Quelques-uns essayèrent vraiment de devenir fermiers mais ne parvirent qu’au découragement lorsque s’abattirent en 1873 et 1874 des longues invasions de criquets qui détruisirent leurs récoltes au nord de la réserve.

    Gibson et son successeur étaient tellement résolus à transformer des guerriers en fermiers qu’ils n’avaient jamais envisagé la possibilité de les « civiliser » d’une manière différente. Le demi-million d’acres de pâturages et les 12 000 ponies convenaient parfaitement pour se lancer dans l’élevage du bétail, mais l’élevage ne fut pas encouragé. Ni Gibson ni les agents qui lui succédèrent ne prêtaient la moindre attention au point de vue des Indiens.

    Ils se contentaient d’étiqueter ceux qui s’opposaient à leurs projets d’"Indiens-couvertures" ( comprenez : irrécupérables « sauvages » sempiternellement revêtus de leur couverture ) insolents et conservateurs qui refusaient d’abandonner leur mode de vie.

    Le chef de bande Tchong-tas-sab-bee (Chien Noir) était l’un des chefs les plus influents de la tribu. Borgne de l’œil gauche, il était le plus grand de tous les hommes de la tribu. Sa taille atteignait 7 pieds (2,13 m) et il pesait 300 livres (136 kilos)

La bande conduite par Black Dog causa bien des soucis à Gibson.

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CLERMONT, CHEF DES OSAGES

CLERMONT, CHEF DES OSAGES

 Les Osages sont l’une des cinq tribus sioux de la branche Deghiha (Osage, Ponca, Kaw, Quapaw, Omaha) qui autrefois ne formait qu’un seul groupe vivant sur le cours inférieur de l’Ohio. C’est l’explorateur français, Jacques Marquette qui le premier parle des Osages en 1673 qu’il situe sur sa carte le long de la rivière Osage. Les premiers récits le concernant les présentent organisés en deux bandes principales : les Grands Osages et les Petits Osages

    Vers la fin du 18 eme siècle les Osages vont se diviser en plusieurs factions du fait de difficultés qui surgissent de la rivalité commerciale qui oppose les Français et les Espagnols dans le bassin du Missouri.

    Les Osages revendiquent comme territoire de chasse le nord-est de l’actuel Oklahoma. La constitution des Etats-Unis de 1798 règlemente le commerce avec les Indiens. Dans le but de commercer avec les Osages une famille de négociants français, les Chouteau, crée en 1673, un premier comptoir commercial près de la ville actuelle de Salina. En 1802 le major Pierre Chouteau parvient à persuader la moitié environ de la bande des Grands Osages et une partie de Petits Osages de venir s’installer sur l’emplacement qui devait devenir la ville de Claremore, ainsi nommée à cause du chef osage Clermont.

    Faisant valoir leurs droits de chasse, les Osages revendiquaient les territoires situés au nord et au sud de la rivière Arkansas, occupés alors par les Cherokees de l’ouest auxquels ils faisaient la guerre. Ces Cherokees avaient été convaincus d’émigrer en 1794 afin de libérer les terres qu’ils occupaient depuis toujours dans l’est des Etats-Unis. Vers 1815 on pouvait en dénombrer plus de 3 000. Ils s’étaient établis près des rivières Arkansas, White et Verdigris (déformation du nom français initial : "Vert-de-Gris")

    Quand les chasseurs cherokees se risquaient à vouloir appliquer leurs droits de chasse dans cette région, ils se heurtaient aux bandes de guerriers osages qui les poursuivaient jusque dans leurs villages. Cependant les chefs cherokees étaient bien décidés à faire respecter leurs droits. L’un des engagements les plus sanglants de toute l’histoire de l’Oklahoma survint au Mont Claremore en octobre 1817. Une bande de guerriers cherokees, armés jusqu’aux dents investit le village du chef Clermont qui fut mis à sac puis incendié. Une cinquantaine de prisonniers furent emmenés par les vainqueurs. Quelques années plus tard, en 1825, les chefs osages furent convoqués à Saint-Louis et obligés de signer un traité par lequel ils cédaient la totalité de leurs terres aux Etats-Unis. Alors, entre 1825 et 1836 les Osages quittèrent l’Oklahoma pour aller s’installer au Kansas voisin.

    Soumis à la pression des fermiers du Kansas qui exigeaient l’ouverture à la colonisation de toutes les terres indiennes, le Congrès vota en 1870 une loi qui obligeait la tribu Osage à vendre ses terres et à acheter en échange aux Cherokees une réserve dans le nord de l’Oklahoma. C’est cette réserve qui, quelques années plus tard, allait révéler l’incroyable richesse en gisements pétroliers de son sous-sol.

 

Clermont, chef héréditaire des Osages

       
clermont

 

 

    Le célèbre peintre, George Catlin a fait le portrait du chef Clermont et a donné de lui une description que l’on peut lire à    la bibliothèque du musée Gilcrease de Tulsa (Oklahoma) :

 

    « Le grand-chef actuel des Osages est un jeune homme du nom de Clermont, fils d’un chef renommé du même              nom qui vient de mourir en le désignant comme successeur avec le consentement de la tribu. J’ai peint le portrait en pied de ce chef, vêtu de sa plus belle tenue, avec des jambières à mêches de scalps et entre ses mains son redoutable et favori casse-tête. »

 

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