Oklahoma-Occitania

Echanges culturels entre les Occitans de France et les Indiens d'Amérique (USA, Canada) : tribus Osage, Kiowa, Comanche, Cherokee, Pawnee, Choctaw, (Oklahoma), Lakota (Sud Dakota), Innu (Canada), etc.

04 décembre 2009

Lettre au Père Noël

Commande de panneaux de jumelage

La petite ville de Pawhuska en Oklahoma, siège du gouvernement de la tribu Osage et de l'administration du comté osage, est jumelée depuis dix ans à la ville de Montauban, chef-lieu du Tarn-et-Garonne. Ce jumelage vient justement de célébrer brillamment, du 10 au 16 octobre, ce dixième anniversaire avec la visite d'une délégation de vingt-deux Osages conduite par le chef principal Jim R. Gray.

Tout visiteur qui arrive pour la première fois à Pawhuska est informé de ce lien d'amitié par un panneau qu'il ne peut manquer de voir. Ce qui fait de Montauban l'une des villes les plus renommées de France... en Oklahoma ! (Après Paris et Nice ; gardons quand même la tête froide)

PanneauPawhuska

Et à Montauban ?

Tous les Montalbanais connaissent le panneau annonçant, depuis plus de vingt ans, le jumelage avec la ville de Yokneam en Israël. Mais Pawhuska ?

Il fallait faire vite. Nous allions recevoir une délégation officielle avec le chef d'une nation souveraine. Pas de panique. Une solution provisoire allait être trouvée.

Le panneau (unique) a été fabriqué par les ateliers municipaux qui sont venus le greffer sur l'une des jambes du panneau de Yokneam. (prés du Rond des Osages pour qu'il soit bien visible lorsque la délégation irait le visiter)

PlaqueJumelage

Nous avons, hélas ! le regret d'annoncer que la greffe n'a pas tenu. Le greffon a disparu sans que le porte-greffe ne puisse en être tenu pour responsable, pensons-nous.

Alors, une nouvelle greffe devra-t-elle être tentée en prévision d'une prochaine mission osage en territoire montalbanais ?

Si l'on en croit le propos de Pierre-Antoine Lévi, premier adjoint à la municipalité de Montauban (en bas à gauche sur le dessin de Rosendo Li ) : " le jumelage, c'est quelque chose de galvaudé, mais entre Montauban et Pawhuska..." Les points de suspension en disent long.

Rosendo0

Alors, ces panneaux père Noël ?

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03 septembre 2009

Hommage à Armand :

Salut l'artiste !

armand4


Armand, tous les Montalbanais le connaissaient. Point n'était besoin de le voir quand il était dans les parages ou perdu dans la foule du marché : il suffisait de l'entendre. Son incomparable talent de bruiteur et d'imitateur le rendait audible avant d'être visible. On pouvait toujours chercher le dindon faisant la roue... On ne voyait tout au plus que quatre lapins et quelques poules parmi les salades, carottes et autres fruits et légumes. Sacré farceur !

Armand était un créateur. Avec quatre fils de fer il vous faisait une sculpture et chaque samedi matin il exposait ses œuvres Place Nationale.
Armand aimait les gens qui le lui rendaient bien, imbéciles mis à part.


armand1Armand aimait OK-OC et ne manquait pas de nous rendre visite à chaque exposition, notamment celles de la Place Nationale. Il y venait pour voir mais aussi pour discuter et c'est alors que l'on pouvait prendre la mesure de sa générosité, de son humanisme.






















Le vélomoteur d'Armand photographié par Michel Monesma


Armand s'en est allé au paradis des oiseaux dont il faisait partie. Désormais lorsqu'un Montalbanais entendra le merle siffleur, il ne pourra s'empêcher de chercher Armand.

dessins à la plume de Rosendo Li

armand2armand3

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10 août 2009

Séquoia et Eldorado

Les présents tant oubliés

Amérique du Nord



sequoia1Il était une fois un membre courageux de la tribu Cherokee victime d’un accident de chasse. Immobilisé à jamais par ses blessures, il aurait pu se laisser ronger par l’ennui. Par un de ces efforts de l’esprit que l’esprit seul peut expliquer, il se lança dans une opération de grande envergure qui l’occupa le reste de sa vie : réussir à écrire la langue orale de son peuple. Il rassembla les mots, chercha un système et arriva enfin à un alphabet de 86 signes.

                            sequoia2

Cette merveille fut adoptée en 1821 par le Conseil des Anciens et permit de transcrire les mots et peut-être de préserver les anciennes traditions amérindiennes qui, sans cela, auraient pu se perdre. Le gouvernement des USA donna son aval à cette recherche et ses résultats. Quand ce même gouvernement décida de chasser les Cherokees de leur terres ancestrales vers celles d’Oklahoma, peut-être pour faire oublier son acte odieux, il décida de donner à l’arbre le plus beau, le plus majestueux, le plus grandiose de l’Ouest des USA, le nom de l’inventeur de l’alphabet, Sikwayi, qui devint séquoia, un nom si présent mais, comme tous les noms, à l’origine si oubliée.

sequoia3 Séquoias en Californie

Rappelons qu'un séquoia a été planté sur la terre indienne du Jardin des Plantes de Montauban en juillet 1992 par une jeune indienne Cherokee d'Oklahoma nommée Vanessa Williams

Amérique du Sud

guatavita1Il était une fois un chef de tribu indigène de l’actuelle Colombie, les Chibca, dont les Conquistadors découvrirent une qualité qui les rendit fous. Une fois par an, d’un radeau allant vers le centre du Lac de Guatavita, un chef, cérémonieusement, se jetait dans l’eau merveilleusement bleue. Il avait la particularité d’être couvert d’une pellicule d’or qu’une crème adhésive avait fixée à sa peau. Nous ne savons si c’est par les dires ou par traduction que les Espagnols appelèrent cet homme : Le Doré. Jamais ils ne purent assister à la cérémonie du plongeon. L’homme savait-il nager ou chaque chef se sacrifiait-il ainsi à son peuple ? La crème adhésive résistait-elle dans l’eau ? Toujours est-il que les Espagnols, qui avaient déjà la fièvre de l’or, tentèrent de draguer le lac pour en sortir la fortune supposée. Ce fut en vain.

orellanaLe compagnon de Pizarro, Francisco de Orellana, plus fou que les autres peut-être parce que son nom commençait par or, tenta de trouver le bon lac et cette quête fut celle de l’Eldorado. Un échec retentissant raconté dans un film palpitant. En conséquence nous vivons toujours avec ce rêve qui, avec ou sans or, est celui du pays des merveilles.

Voici deux hommes pour un continent, dont les noms traversent les langues, alors que les langues de leurs descendants touchent le bord du néant.

27-09-2009 J-P Damaggio

Sources : Le livre de Enzo La Stella T., Uomini dietro le parole, Editore Mursia, 1992 

20 juillet 2009

Question d'actualité :

Qu’allons-nous faire

des cadeaux des Indiens ?


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Depuis quelque temps, parmi d’autres végétaux cultivés, les journaux parlent beaucoup du maïs et de l’intérêt que lui portent les populations. A croire que cette fabuleuse graminée vient tout juste d’être introduite sous nos climats alors qu’elle le fut voici près de cinq siècles. Que lui vaut donc ce regain d’intérêt ? L’adjectif transgénique, ordinairement associé à son nom, inquiète nombre de consommateurs. Les manipulations génétiques visant à donner à une espèce vivante des propriétés dont la nature ne l’avait pas dotée, créent en fait de nouvelles variétés dont on ne sait trop quel avenir la sélection naturelle leur réserve. Ce sont ainsi des centaines de micro-Frankensteins qui sont lâchés dans le milieu naturel au risque de faire disparaître les organismes concurrents. La vie sur terre est donc menacée quand on connaît l’interdépendance des espèces que les Lakotas résument d’une sentence prononcée rituellement à l’issue de leurs cérémonies : « Mitakuye Oyasin » (nous sommes tous apparentés. Tous, c’est à dire humains, animaux, et végétaux). Une telle sagesse, énonçant tranquillement depuis la nuit des temps l’une des lois les plus fondamentales de la biologie, devrait inciter les chercheurs imprudents à plus de modestie. Ne rêvons pas, ils vont continuer,  surtout parce que le dieu Fric qui mène aujourd’hui le monde exige toujours plus de sacrifices.

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Longtemps avant l’arrivée des Européens, faisant acte de civilisation, les Indiens avaient découvert la culture de plantes alimentaires que le monde leur emprunta et dont nous ne saurions plus nous passer aujourd’hui : la pomme de terre, le maïs, la courge, la tomate, le haricot, le cacao. Qu’allons-nous en faire ?

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Revenons en au maïs. A l’état sauvage en Amérique, cette graminée n’était rien d’autre qu’une petite herbe aux épis minuscules ne portant que quelques grains maigrichons. Sans l’homme, c’est à dire sans l’Indien, c’est peut-être ce qu’elle serait encore aujourd’hui.

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corn1Il aura fallu des centaines de générations et des milliers d’années d’un patient travail d’observation, d’hypothèses et d’expériences, de sélection, pour faire de ce maïs débile des origines la plante vigoureuse et généreuse que nous connaissons. C’est ce cadeau, patiemment préparé avec respect pendant des millénaires, que les Indiens ont offert au monde, et que nos modernes apprentis sorciers auront réussi à saccager en quelques années.

corn3corn

Sauf si les citoyens se réveillent dans tous les pays et s’unissent, lancent de vastes opérations de lutte contre la marchandisation du monde et pour le respect de la bio-diversité de toutes les cultures, langues et identités. Les guerriers de l’arc-en-ciel se dressent, convergent et marchent ensemble. C’est une reconquête non violente, pacifique, empreinte de spiritualité qui est ainsi engagée. Les courageux Indiens de l’Équateur et de Bolivie l’ont entreprise, sous la bannière de l’arc-en-ciel justement. Un peuple déterminé donne l’exemple au monde.

Après lui avoir offert le maïs.

J-C. Drouilhet

arcenciel2arcenciel3arcenciel

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hymne au maïs chez les Osages

Comme la plupart des peuples autochtones du sud des Etats-Unis, les Osages avaient autrefois une économie basée autant sur la chasse et la cueillette que sur l’agriculture. Le maïs faisait l’objet de la même vénération que le bison. Le partage des tâches attribuait l’agriculture aux femmes et la chasse aux hommes

Quand les femmes osages allaient aux champs où les tiges de maïs maintenant se dressaient au-dessus de leurs têtes, elles chantaient une chanson de bonheur pour la venue de la moisson. (...)

 
Ici je me pause et je me tiens, Ici je me pause et je me tiens,
 
 
Et je vois les épis qui se  croisent entre eux avec profusion.
 
 
Ici je me pause et je me tiens,
 
 
Et je vois les épis qui bientôt seront la cause de la fumée s’élèvant de ma hutte.
 
 
Ici je me pause et je me tiens,
 
 
Et vois le Maïs qui remplira ma hutte de joie.
 
 
Ici je me pause et je me tiens, Ici je me pause et je me tiens,
 
 
Et vois le jour d’accomplissement
 
 
Le jour de la récolte et du bonheur.

abo

 

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13 juillet 2009

Les gens du bois...

Les Montagnais et les mangeurs de bois


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C'est à la rencontre avec Jacques Cartier, à Tadoussac en 1534, que se rapporte la première anecdote de la vision montagnaise de l'homme blanc. Les Montagnais (1) du temps de Cartier habitaient des tentes fabriquées d'écorce de bouleau, leur moyen de transport étant le canot d'écorce, leurs objets d'utilité courante, comme les vases, plats et récipients étaient aussi en écorce et on enterrait les morts dans un linceul d'écorce de bouleau. On peut qualifier, en ce sens, le peuple montagnais de "civilisation de l'écorce"

C'étaient des nomades qui, pour des raisons d'efficacité et de compétence, avaient fait le choix de la "légèreté".

Les Montagnais voyaient, depuis des années déjà, circuler des pêcheurs basques, bretons ou normands dans l'estuaire du Saint-Laurent. Ils savaient donc que les "Européens" naviguaient dans des bateaux de bois, qu'ils habitaient des maisons de bois, qu'ils enterraient leurs morts dans des boîtes en bois, mais ils furent étonnés de constater qu'ils mangeaient aussi du bois.

En effet, Jacques Cartier avait fait porter aux montagnais de Tadoussac, en guise de cadeaux, du vin et des biscuits secs (et durs) de marins. Les Montagnais ont jeté ces produits à la mer car c'en était trop : ces hommes à peau blanche buvaient aussi du sang et mangeaient du bois.

Depuis ce temps, les Montagnais ont appelé ces hommes à peau blanche mishtikussat, "les gens du bois" et plusieurs communautés montagnaises utilisent encore cette appellation.

(d'après Mashteuiatsh, une brochure de l'Institut culturel et éducatif montagnais. Texte de René Boudreault)

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_________________________________

1. Ce terme de Montagnais a été attribué au peuple Innu par les Français. Aujourd'hui il préfère être désigné sous son propre nom : Innu

Clifford Moar représentait le peuple Innu lors des manifestations d'OK-OC sur le thème des Guerriers de l'Arc-en-ciel en 2002

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29 juin 2009

Tous cousins ? (4/4)

Tous cousins ?

( feuilleton préhistorique )

Nous reprenons aujourd’hui le dossier (r)ouvert par plusieurs chercheurs des Etats-Unis sur l’origine des premiers Américains et dont rend compte le numéro de février du magazine Discovering Archeology.

Certains chercheurs américains pensent que des humains ont pu traverser le Pacifique et coloniser l’Amérique du Sud avant l’arrivée des premiers occupants de l’Amérique du Nord. Cette théorie est basée sur des sites tels celui de Monte Verde au nord du Chili et Tiama-Tiama au nord du Venezuela qui semblent être plus anciens que les sites les plus vieux d’Amérique du Nord. Une preuve biologique suggère que certains des plus anciens squelettes d’Amérique du Sud puissent présenter des similitudes avec les habitants de la Polynésie et de l’Australie.

Ainsi, non seulement certains des premiers Américains seraient venus à pied par l’isthme de Behring, mais d’autres seraient arrivés par la voie transatlantique, Pacifique ou Atlantique, d’Asie, de Polynésie, d’Australie et d’Europe. Un brassage génétique plus ou moins important de ces populations aurait abouti à un métissage, ce qui expliquerait à la fois la diversité et l’unité des Amérindiens.

migration

Pour aussi séduisante qu’elle soit, « l’idée d’une arrivée directe des Européens en Amérique n’est pas neuve », comme nous le faisait remarquer Madame Edmée Ladier, conservateur en chef du Musée d’Histoire Naturelle de Montauban.

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Selon elle, il s’agit d’un « fantasme qui a déjà été traité par l’un de nos concitoyens montalbanais dans les années 1930. » Madame Ladier nous joint une extrait du Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-Garonne de 1932 dans lequel l’auteur, Charles Boudou, membre de la Société, après avoir compilé plusieurs autres auteurs qui classifient les diverses « races de Peaux-Rouges » écrit notamment :

« Nos Magdaléniens, lorsque le glacier scandinave eut perdu du terrain à l’ouest, auraient émigré vers le Groenland par les Iles Britanniques, les Orcades et l’Irlande [...] Anatomiquement et ethnographiquement, les Esquimaux de l’Est sont les plus proches de notre race de Bruniquel et de Cro-Magnon, dont les données de la Paléontologie et de la Préhistoire nous font descendre [...] »

Du point de vue de Madame Ladier, les arguments présentés dans cette communication, quoique différents, sont aussi peu solides que ceux des chercheurs américains. Ces derniers, assure-t-elle, «semblent faire montre de légéreté». C’est également l’avis de ses collègues préhistoriens à qui elle a montré l’article de Discovering Archeology. « Il y a aussi des questions techniques [...] qui dans l’état actuel des connaissances rendent « la parenté Clovis-Solutréen  absolument improbable », conclut Edmée Ladier.

Ainsi, comme annoncé dans un précédent article du « feuilleton préhistorique », la controverse commence à s’animer. Contentons-nous de suivre le match et attendons le prochain service... (à suivre, peut-être)

J-C. Drouilhet

abo

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22 juin 2009

Tous cousins ? (3/4)

Tous cousins ?

( feuilleton préhistorique)

 

troisième épisode :

ils en font une tête !

 

Résumé des chapitres précédents . Grâce aux informations envoyées de Californie par Mr Louis F. Burns (historien osage), nous évoquions dans un premier article une hypothèse basée sur la comparaison des industries de pierre taillée, selon laquelle certains des ancêtres des Amérindiens actuels auraient pu être originaires d’Europe occidentale. Dans l'article suivant nous récidivions en mentionnant de nouvelles preuves, d’origine génétique cette fois, venant renforcer celles qu’avancent des archéologues américains. L’aventure continue...

Aujourd’hui, nous enfonçons un peu plus le clou en rapportant les travaux des "modeleurs de têtes" qui refont les visages en partant des squelettes.

kennewich3

Le 28 juillet 1996, James C. Chatters, enseignant à l’université de Washington, fut appelé pour expertiser un squelette découvert dans la vallée de la rivière Colombia près de Kennewick (Etat de Washington). Il y découvrit, profondément enfoncée dans l’os du bassin un pointe de lance du type Cascade. L’homme était probablement mort d’une infection de sa blessure. Une datation au carbone 14 permit d’estimer l’âge du squelette à environ 9 460 ans.

L’art de « faire parler » un crâne ne date pas d’hier. La technique inventée par le paléontologiste russe Mikhail Gerasimov a été sans cesse améliorée au cours de ces 25 dernières années. Certes, des méthodes informatiques ont été mises au point mais elles n’atteignent pas la précision et le réalisme obtenu par l’ancienne méthode.

kennewick1kennewick2

Aucune indication de texture ni de couleur ne permet évidemment de compléter le système pileux du cuir chevelu et de la face. Avouons tout de même que coiffé d’un béret et vêtu comme nous, l’homme de Kennewick passerait sans doute inaperçu dans les rues de Toulouse ou de Montauban. (à suivre)

Jean-Claude Drouilhet

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15 juin 2009

tous cousins ? (2/4)

Tous cousins ?

( feuilleton préhistorique )

Dans le dernier article était sommairement présentée l’hypothèse d’une origine ouest-européenne des Indiens d’Amérique émise par deux anthropologues américains Stanford et Bradley.bradley

stanfordLe premier, Dennis Stanford, est président du département anthropologie au Muséum d’Histoire naturelle, mondialement connu sous le nom de Smithsonian Institution; le second, Bruce Bradley est président de la Primitive Tech Enterprises Inc. et professeur assistant au collège universitaire Augustana de Sioux Falls (Sud Dakota). C’est dire qu’il ne s’agit ni de plaisantins, ni de débutants.

Louis Burns, notre ami historien osage qui a soulevé ce lièvre dans la presse californienne, nous apporte aujourd’hui sur le plateau d’une très sérieuse revue spécialisée : Discovering Archaeology de février 2000, d’autres éléments renforçant l’hypothèse. L’article, signé des deux éminents anthropologues, est intitulé « La solution solutréenne » et prétend apporter une réponse au problème des origines des Indiens.

PREMIERS3

Les Solutréens seraient, d’après eux, partis des côtes atlantiques (golfe de Gascogne, nord-Espagne, Portugal) il y a près de 18 000 ans, auraient remonté vers le nord les côtes françaises, mis le cap vers l’Angleterre puis auraient suivi la banquise qui recouvrait une partie de l’Atlantique-Nord lors de la dernière grande glaciation et auraient enfin atteint les côtes nord-américaines libres de glaces à peu près au niveau de l’Etat de Caroline. Un petit voyage à la rame  et à la voile qui devrait donner des idées à quelque aventurier en mal d’image. Voyez d’ici le scoop : « dans le sillage des Solutréens : un rameur remonte le courant de la Préhistoire ».

Mais ceci est un article sérieux et je me laisse dériver. Reprenons la barre matelot.

« Un dernier argument en faveur de cette hypothèse peut-être trouvé dans les recherches génétiques effectuées sur les restes des anciens humains », assurent nos deux auteurs. En effet, poursuivent-ils, « Michael Brown et ses collègues ont établi en 1998 que l’ADN des mitochondries du groupe haploïde X (un marqueur génétique des groupes de populations) est trouvé à de faibles fréquences à la fois chez les Européens et chez les Indiens d’Amérique, mais jamais parmi les peuples d’Asie. Ceci les aurait amenés à penser que certains des premiers découvreurs de l’Amérique puissent être venus d’Europe entre 36 000 et 18 000 ans avant notre époque. »

Laissons donc les chercheurs chercher. Entre une hypothèse et une théorie il y a toute l’épaisseur des preuves. Les spécialistes vont sûrement se chamailler sur leur validité et leur quantité. C’est la règle de ce sport.

Nous, nous comptons les points. (à suivre)

J-C. Drouilhet

08 juin 2009

Tous cousins ? (1/4)

Osages, Occitans : tous cousins ?

burnsMr.Louis F.Burns, l’historien osage bien connu des plus anciens adhérents d’Ok-Oc,  nous fit naguère parvenir un article du San Diego Union Tribune (du 1er novembre 1999) selon lequel les Indiens d’Amérique seraient les descendants de hardis navigateurs-explorateurs qui auraient traversé l’Atlantique en étant partis du sud-ouest de l’Europe il y a plus de 18 000 ans.

L’hypothèse est avancée par deux chercheurs américains, éminents anthroplologues : Bruce Bradley et Dennis Stanford, ce dernier étant le conservateur du département anthropologie au prestigieux Smithsonian Institute.

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Bruce Bradley (g.), Dennis Stanford (d)

Leur théorie balaye l’hypothèse classique d’une migration des premiers Américains venus d’Asie par le passage de Behring voici 13 500 ans.

pointe_clovisLes Osages, nous rappelle Louis Burns, sont des descendants directs d’autochtones dont la civilisation est connue sous le nom de « Clovis ». Cette civilisation de la pierre taillée se caractérise par de belles et fines lames oblongues de silex ou d’obsidienne (verre volcanique) témoignant d’une maîtrise parfaite de cette industrie.

L’idée des deux archéologues américains a été de rapprocher ces outils de ceux que l’on trouve en Europe, principalement dans le sud ouest de la France, en Espagne et au Portugal. L’âge de la pierre taillée (ou Paléolithique) est subdivisé en inférieur, moyen et supérieur, ce dernier étant lui-même formé de trois périodes qui sont – de la plus ancienne à la plus récente – l’Aurignacien, le Solutréen et le Magdalénien. Ces civilisations caractérisent l’homme de Cro-Magnon dont les vestiges abondent dans le sud ouest de la France. Lorsqu’on solutreen_2examine les pointes de lances du Solutréen, en forme de feuille de laurier, on ne peut qu’être frappé par la ressemblance qui existe avec les lames de la civilisation de Clovis. Il n’en faut pas davantage à nos deux anthropologues pour échafauder leur hypothèse.

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Lames solutréennes en feuilles de laurier

Les hommes du Solutréen auraient donc quitté les côtes atlantiques de l’Europe du sud en canoës de peau à la « découverte du nouveau monde », quelques 18 000 ans avant Christophe Colomb. Comment est-ce possible ?

migration

migrations humaines et génétique (datation en milliers d'années avant notre ère)

(Wikipedia)

Cela n’a rien d’extraordinaire répondent les deux chercheurs. Au cours des temps préhistoriques, il y a plus de 20 000 ans, d’autres navigateurs sont bien partis coloniser des îles lointaines du Pacifique, franchissant des distances comparables. Par beau temps, avec des vents et un courant favorables, les Solutréens ont pu faire la traversée en un peu moins de trois semaines, estiment-ils.

Les vestiges solutréens abondent en Occitanie occidentale, en Périgord, dans les Pyrénées comme dans la vallée de l’Aveyron. Le site le plus proche de Montauban n’en est qu’à une vingtaine de kilomètres, à la grotte du Rouzet dont l’industrie solutréenne est décrite dans une thèse de Bernard Pajot.

Les Occitans de vieille souche, tout comme ceux d’origine espagnole ou portugaise, sont donc probablement des descendants directs de ces hommes du Paléolithique supérieur.

Alors, si l’hypothèse de Bradley et Stanford est vraie, nous sommes bien les cousins des Osages, comme le pense Louis Burns. C.Q.F.D. (à suivre)

J-Claude Drouilhet

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11 mai 2009

C'est (presque) l'été...

Le blog passe à l'horaire d'été

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Tout le monde le sait : en France, pendant les vacances, le rythme cardiaque et la respiration du pays ralentissent, une sorte d'estivation qui s'impose à tous et qui garantit une bonne hygiène de vie collective, comme la sieste quotidienne. La reprise n'en est que meilleure.

L'expérience des années passées nous montre que de juin à août inclus (comme dans la période des fêtes de fin d'année), la fréquence des visites diminue de façon significative. Normal, on ne peut pas surfer à la fois sur les vagues et sur la toile.

C'est donc une adaptation de l'offre à la demande qui s'impose  comme diraient les laudateurs de la "loi du marché" mais comme, en ce moment, ils n'ont pas bonne presse et que nous ne vendons rien, nous nous garderons bien de nous en référer.

Tout ceci pour vous annoncer, chers visiteurs, que nous allons changer de régime de croisière

à partir d'aujourd'hui 11 mai

le blog passera

de deux messages hebdomadaires à un seul

Donc, notre prochain article sera mis en vente (pardon) en ligne le 18 mai, le suivant le 25 mai, etc. Ceci jusqu'au mois de septembre où nous retrouverons notre vitesse de croisière

Cependant nous consulterons régulièrement le blog et répondrons éventuellement à vos commentaires ou questions.

Merci de votre compréhension et.... BONNES VACANCES A TOUS !

Les auteurs : Jean-Claude Drouilhet ; Jérôme Soufflet

dernier

Maintenant que nous avons tout terminé,

Fumons la pipe sans tabac

(proverbe d'été occitan )

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