13 octobre 2008
hommage à une Indienne célèbre :
Un dollar pour Sacajawa
Après le timbre-poste émis en 1998, les Etats-unis ont émis en l’an 2000 la pièce de
1 dollar frappée à l’effigie de cette jeune Indienne Shoshone de 16 ans qui avait
guidé dans le labyrinthe fluvial américain l’expédition de Lewis et Clark. Chargée de reconnaître un passage
jusqu’au Pacifique, l’expédition historique était partie de Saint Louis en
1804 (l’année qui avait suivi l’achat de la Louisiane) avait atteint
l’océan Pacifique et n’était revenue qu’en 1806.


Sacajawa était l’épouse d’un trappeur Canadien qu’elle accompagnait, Toussaint Charbonneau (né le 2 mars 1767 à Boucherville, province de Québec), un homme fruste et violent avec qui elle avait eu un bébé dont elle s’occupa pendant toute l’expédition. Son sens aigu de l’orientation lié à une mémoire prodigieuse des lieux par lesquels elle était passée avec sa tribu dans le courant de sa jeune existence, avaient fait de Sacajawea une guide exceptionnelle responsable, en grande partie du succès de l’expédition. L’hommage qui lui est rendu est donc amplement mérité. Seul peut choquer le symbole du dieu dollar, responsable de tant de malheurs.
Notre présidente d'honneur, Mrs Angela Robinson, membre de la tribu Osage, est une descendante de Sacajawea du côté maternel.
21 septembre 2008
Un grand explorateur du Missouri :
Etienne Venyard de Bourgmont
et les Osages

Au début du 18ème siècle, les Français pensaient avoir bien choisi leurs alliés indiens. La tribu Osage occupait, sur la rivière Missouri, une position stratégique qui interdisait à d’autres toute exploration, tout commerce et expédition militaire. Les voies navigables étaient les seules qui permettaient de se déplacer à travers la nature sauvage aussi les Français fournissaient-ils les Osages en fusils à pierre et en chevaux en échange de la liberté de circulation sur la rivière.

Avec ces avantages, les Osages étaient
capables de dominer les autres tribus. La répétition des succès militaires et
l’insistant désir des Européens à commercer rendirent les Osages de plus en
plus agressifs dans leurs relations avec leurs voisins indiens et extrêmement
arrogants envers tout le monde, y compris leurs alliés français.
Les compagnies de fourrures envoyaient les coureurs des bois (trappeurs et négociants) dans des expéditions
commerciales vers les autres tribus. Les Osages, sûrs de leur propre pouvoir et
déterminés à empêcher les guerriers ennemis d’obtenir des fusils, attaquèrent
les expéditions françaises à diverses reprises. Ils s’emparèrent des mousquets
et des munitions des négociants qui n’avaient pas encore atteint leur
destination et des fourrures de ceux qui rentraient chez eux. Les protestations
outrées des Français ne produisaient que de molles dénégations des Osages qui
se rendaient compte que ces incidents seraient vite oubliés et passées en
pertes et profits afin de maintenir intacte la bonne volonté de la tribu.
En 1723, le roi de France envoya Etienne Veniard, Sieur de Bourgmont,
afin d’établir des alliances avec les autres tribus et maintenir les Osages en
respect. Le choix de cet homme fut excellent pour une tâche difficile.
Onze années plus tôt, alors qu’il commandait le Fort du Détroit (l’embryon de l’actuelle ville de Detroit), Bourgmont avait accueilli une bande de guerriers osages venus aider la garnison française alors qu’elle était assiégée par des tribus hostiles. Bourgmont avait été tellement impressionné avec ces redoutables guerriers géants qu’il alla leur rendre visite dans leurs villages après que Fort Detroit fut sauvé.

Il vécut parmi les tribus Osage et Missouri pendant trois ans et eut un
fils avec une femme de cette dernière tribu. Les Indiens respectaient et
aimaient Bourgmont. Il était plus grand que la plupart des Français et
possédait une personnalité remarquable. Il partit seulement quand il fut
rappelé en France afin d’y recevoir une décoration royale pour son action en
pays indien.
Quand Bourgmont revint en Amérique du Nord en 1723, son premier travail fut de superviser la construction de Fort Orléans. Cet été-là, il organisa et conduisit une expédition de 64 Osages et 100 Missouris à l’ouest, vers le territoire de la tribu Kansas. Quand plusieurs de Français, Bourgmont inclus, tombèrent malades avec une forte fièvre, les Osages, interprétant cela comme un mauvais présage, désertèrent l’aventure pour entreprendre leur chasse d’automne. Pas plus cette désertion que sa maladie ne purent dissuader Bourgmont de poursuivre sa mission. Il négocia une alliance avec les tribus Comanche, Missouri, Kansa, Otoe et Osage qui leur demandait de vivre en paix et en amitié. Il pavait ainsi la voie d’une plus grande expansion française.

22 août 2008
Pierre Laclède :
La fondation de Saint Louis (Missouri)
par un Occitan
Aujourd'hui capitale de l'état du Missouri, Saint Louis est une ville de 355 000 habitants. Elle fut autrefois capitale de la (grande) Louisiane et le point de départ de la conquête de l'Ouest. Située près du confluent du Mississippi et du Missouri elle a été un important centre commercial à une époque où les voies fluviales étaient le seul moyen de traverser cet immense pays.



La ville a été fondée le 15 février 1764 par un commerçant français : Pierre Laclède . L'année suivante elle devenait la capitale de la Haute-Louisiane puis le siège du diocède épiscopal de Louisiane avec un évêque qui devait par la suite être nommé à Montauban : Mgr Louis Guillaume Dubourg, lequel, comme on sait, devait en 1829 recueillir et aider au retour les trois Osages perdus. L'histoire de Saint Louis est donc doublement liée à Montauban et à l'Occitanie : en la personne de l'évêque Dubourg et celle d'un Béarnais (donc un Occitan) : Pierre de Laclède. Pour lire l'histoire de l'origine de l'association OK-OC, il suffira de cliquer sur http://oklahoccitania.canalblog.com/archives/origine_de_l_association_oklahoma_occitnia/index.html

Le château (17ème siècle) de la famille Laclède à Bedous (Pyrénées Atlantiques)
Pierre de Laclède qui se faisait aussi appeler Pierre Laclède Liguest, était né le 22 novembre 1724 à Bedous. Il était instruit et connu pour ses talents d’escrimeur. Après une brève carrière militaire, voyageant pour son plaisir, il arriva à la Nouvelle-Orléans en 1755.
Commerçant de fourrures à la Nouvelle Orléans, il tomba amoureux de Marie-Thérèse Bourgeois, que son mari le sieur Chouteau avait abandonnée à la Nouvelle-Orléans avec son jeune fils. Il fit du garçon, Auguste Chouteau, son pupille et l’employa dans son bureau. Avec Gilbert-Antoine Maxent, négociant de la Nouvelle-Orléans, il reçut du gouverneur de Louisiane le monopole du commerce des fourrures avec les Indiens du fleuve Mississippi et de son affluent, le Missouri.
Marie-Thérèse Bourgeois
Il remontera en 1763 avec sa famille et ses compagnons Auguste Chouteau et Sylvestre Labbadie le Mississippi et atteignirent le point où il rencontre le Missouri. Il choisit un endroit approprié, situé 30 kilomètres en aval et y fondera un comptoir qu’il appelera Saint-Louis , en l’honneur du « Saint Aïeul de notre Roi ». Les travaux de construction commencèrent en 1764, dirigés par Auguste Chouteau.
Auguste Chouteau
A la fondation de Saint-Louis, Laclède fit une prophétie : "I have found a site on which to form my settlement which might hereafter become one of the finest cities in America."( "J’ai trouvé un site sur lequel m’y installer et qui pourrait devenir l’une des plus belles villes en Amérique." )
Il mourut le 27 mai 1778 en descendant le fleuve Mississippi à Arkansas Post.
Dans le centre de Saint-Louis, un quartier très animé en bordure du Mississippi porte le nom de Laclede’s Landing, en son honneur. De nombreuses entreprises de Saint-Louis portent son nom. Un comté de l’État du Missouri s’appelle Comté de Laclede.



Laclede's landing : l'endroit où Laclède débarqua en novembre 1724

"Gateway Arch" à Saint Louis ; la célèbre porte qui célèbre l'ouverture vers l'Ouest
04 août 2008
Une présence occitane en Amérique
Fort Chartres et les Osages


Louis F. Burns est un historien osage, auteur d’une « Histoire du Peuple Osage », d’un recueil généalogique des familles osages et de plusieurs ouvrages sur les mythes, légendes, symboles de la riche culture de son peuple. Cet érudit, parcourt infatigablement les Etats-Unis pour donner des conférences. Il est venu trois fois en Occitanie ( en 1990, 1992 et 1997) où il s’est passionné pour notre culture et notre histoire. Il nous en donne une fois de plus un gage dans sa conclusion.
Peu d’historiens américains mentionnent Fort Chartres. Pourtant, ce fut la plus puissante forteresse française en Nouvelle France (Amérique du Nord).
Avant la Guerre de Sept ans – qu’aux Etats-Unis nous appelons la Guerre contre les Français et les Indiens – Fort Chartres était le plus important poste de traite des Osages. Il faut signaler que cette dernière guerre entre les Français et les Anglais pour le contrôle de l’Amérique du Nord commença en Amérique et dura plus longtemps ici qu’en Europe. Quand les Français réalisèrent que les Britanniques étaient sur le point d’attaquer Fort Duquesne – aujourd’hui Pittsburgh (Pennsylvanie) – ils appelèrent leurs alliés indiens à la rescousse. Les Osages répondirent en envoyant à leurs amis français un important contingent de guerriers. Ils firent halte à Fort Chartres où ils furent équipés d’armes à feu (de fusils) et de plomb.
La bataille commença par des échanges de salves de mousquets entre les troupes régulières françaises et anglaises. Il devint bientôt évident que les militaires français n’étaient pas de force à soutenir le feu des Anglais commandés par le général Braddock. Alors qu’ils poursuivaient les soldats français, les Britanniques furent accueillis par un orage de balles tirées de derrière les arbres et les rochers. Les Osages ainsi que les autres supplétifs, Indiens et coureurs des bois, appliquaient une tactique que plus tard, lors de la deuxième guerre mondiale dans les forêts tropicales du Pacifique, nous devions appeler dans le corps des U.S.Marines "feu en mouvement". Divers historiens notent que Washington sauva les Britanniques de l’écrasement en utilisant la même tactique pour couvrir la retraite des Anglais.
Le groupe de guerriers Osages maintint son alliance avec les forces françaises pendant quelque temps. Ils se battirent dans l’actuel Etat de New York et aidèrent les Français à conquérir la forteresse britannique de Niagara sur les Grands Lacs. La guerre se termina avec la signature du traité de Paris en 1763 par lequel la France cédait la totalité de ses possessions Nord-Américaines.
Alors que le major Sterling, commandant en chef des forces britanniques, préparait le protocole en vue de la reddition de Fort Chartres, un chef osage rendit visite à Saint Ange de Bellerive, le commandant français du fort. Ce fut tout ce que Saint Ange et son aide purent faire pour empêcher les Osages de tuer le major Sterling. Les Osages pensaient que Sterling avait l’intention d’agresser Saint Ange. Ce fut une bien triste journée que celle qui vit Sterling et ses Highlanders prendre possession de Fort Chartres. Saint Ange et la garnison française traversèrent le Mississippi; certains s’établirent à Saint Louis et d’autres à Saint Charles sur le Missouri.
Il existe un lien tout particulier entre Fort Chartres, sur le Mississippi et l’Occitanie, dans le Midi de la France. La quasi totalité de la garnison française de Fort Chartres était originaire d’Occitanie et avait été recrutée dans la vallée de la Garonne.
Quiconque souhaiterait visiter le site partiellement restauré de Fort Chartres, devrait se rendre à Prairie du Rocher dans l’Illinois. Le fort est à environ sept kilomètres de ce vieux village français.
Louis Francis Burns




01 août 2008
En hommage au "Roi Soleil"...
La Louisiane française

Soyons clair : ce n’est pas de l’Etat actuel de la Louisiane – capitale Baton Rouge – qu’il s’agit ici, mais bien de la « Grande Louisiane » dont la capitale était Saint Louis – aujourd’hui capitale de l’Etat du Missouri. Autrefois, la grande Louisiane couvrait près d'un tiers des Etats-Unis actuels, du golfe du Mexique aux Grands Lacs et du Mississippi aux Montagnes Rocheuses. Voici résumées les grandes étapes de l’histoire de la Louisiane française.
Jacques Marquette

L’histoire de la Louisiane française commence en 1673, lorsque les canoës de la célèbre expédition dirigée par le Père jésuite Jacques Marquette et son second Louis Jolliet partent du lac Erié et descendent le Mississippi à la recherche de l’océan de l’ouest. A cette époque, personne en Nouvelle-France (le Canada) ne sait que le Grand-Père des Eaux, comme l’appellent les Indiens, le Meschacebé, comme l’écrira plus tard Chateaubriand, bref, le Mississippi déverse ses flots tumultueux dans le Golfe du Mexique. A sa grande déception Marquette découvre que le fleuve coule désespérément vers le sud et non vers l’ouest comme il le croyait. L’expédition s’arrêtera au confluent de la rivière Arkansas après avoir rencontré le peuple des Illinois. Ces derniers désignaient la région du sud et de l’ouest du bassin du Mississippi comme le pays des Wha-Sha-She, un nom que Marquette transcrit phonétiquement en Osage. Redoutant, s’il continue, de se retrouver en territoire espagnol et de voir son expédition anéantie, Marquette décide de retourner en Nouvelle-France.
Robert Cavelier de La Salle

Neuf ans plus tard, en 1682, un autre Français, Robert Cavelier de La Salle, complétait l’expédition Marquette en descendant tout le cours du Mississippi jusqu’au Golfe du Mexique. C’est lui qui, appréciant l’immensité du territoire découvert, décida de l’offrir à la couronne de France et de lui donner le nom de Louisiane en hommage au roi Soleil. C’est ainsi que, sans le savoir – l’auraient-ils su, cela n’aurait rien changé à leurs habitudes – les Wha-Sha-She devinrent, comme d’autres Indiens, les sujets de Louis XIV.
L’année suivante Cavelier de la Salle rentrait en France et se présentait à la cour. Son projet était d’établir en Louisiane une véritable colonie et d’y installer des forts militaires. Une nouvelle expédition fut donc montée, cette fois par la voie maritime. Le Mississippi serait remonté. Encore fallait-il retrouver le delta. Longtemps, les navires de de la Salle longèrent la côte. Finalement l’expédition débarqua au Texas et continua à errer jusqu’en 1687. Après des années de vaines recherches, l’expédition abandonna et entreprit de remonter vers le nord. Mécontents de leur chef auxquels ils reprochaient cet échec, les membres de l’expédition se laissèrent gagner par la grogne qui fit bientôt place à la colère. Finalement, Cavelier de la Salle mourût assassiné, d’une balle dans le dos tirée par l’un de ses hommes.
Bernard de la Harpe
La première conférence de paix et la toute première alliance en Oklahoma entre un pays européen et des tribus indiennes fut conclue en 1719 dans un village Tawakoni par le commandant Bernard de la Harpe en visite sur la rivière Arkansas. Une stèle fut érigée pour cette occasion. Elle était gravée aux armes du roi de France et portait la date de l’événement: le 10 septembre 1719. Neuf tribus avaient ratifié le traité et reçurent le drapeau blanc à fleurs de lys, marquant leur appartenance à l’identité française qui, de toute évidence, s’obtenait sans poser le moindre problème d’origine sous l’ancien régime.
Louis XV
Trente-sept ans plus tard éclatait la guerre de 7 ans qui opposait la France à l’Angleterre pour le contrôle des colonies américaines. En 1756, le traité de Paris constatait la défaite des Français. Le roi Louis XV ratifiait la cession de la Louisiane que se partageaint les Anglais et les Espagnols. Mais l’histoire de la Louisiane française ne s’arrête pas là. Qui donc va nous la rendre?
Les Osages
Des durs à contrôler ces Osages, d’autant plus qu’eux-mêmes contrôlent toute la partie ouest du Mississippi jusqu’aux Rocheuses. Tout, c’est à dire le commerce de la fourrure, le trafic sur les voies navigables, la traversée des Plaines du sud. Des géants de plus de deux mètres qui terrorisent les autres tribus et règlementent le trafic d’esclaves. Incontournables Osages. Les Espagnols, découragés et convaincus de ne jamais parvenir à assagir les Wha-Sha-She, jouent au jeu de la patate chaude. La Louisianne redevient française en 1800.
Napoléon Bonaparte
« Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte » (Victor Hugo). Le Premier Consul rêve de conquêtes et d’Empire. L’argent, nerf de la guerre, fait défaut. Dans ces cas-là, on vend. C’est ce que va faire Bonaparte en 1803. Thomas Jefferson, ancien ambassadeur des Etats-Unis à Paris devenu président de la jeune République Américaine, ne va certes pas manquer cette aubaine. Pour 15 millions de dollars – une poignée de pop corn – il double l’étendue des Etats-Unis. Fin de la Louisiane française dont nous retiendrons trois célébrités occitanes qui nous touchent de près :
Thomas Jefferson
Laclède, Cadillac, Dubourg

Pierre Laclède, Béarnais d’origine, fonda la ville de Saint-Louis (aujourd’hui capitale de l’Etat du Missouri) qui devait devenir capitale de la Louisiane.

Antoine Laumet de Lamothe-Cadillac, né à Saint-Nicolas-de-la-Grave en Tarn-et-Garonne, fonda la ville de Détroit (aujourd’hui capitale du Michigan) et devint gouverneur de la Louisiane française avant de se retirer à Castelsarrasin (toujours en Tarn & Garonne.) où il mourut.

Louis-Guillaume Dubourg fut évêque de la Louisiane, au siège de Saint Louis. Il organisa, avec succès, des missions évangéliques chez les Osages. Il devint ensuite évêque de Montauban (chef-lieu du Tarn & Garonne) où il recueillait, en novembre 1829, les Osages perdus de Petit-Chef... En quelque sorte les inspirateurs, voire les involontaires fondateurs d’OK-OC.
épilogue
Comment douter, après cela, de l’utilité d’OK-OC à entretenir la mémoire de cette Louisiane française dont nous n’avons certes aucune raison d’être fiers mais qui néanmoins appartient à un patrimoine culturel et historique dont il faut bien assumer l’héritage ?









