25 mai 2009
KIOWA BLACK LEGGINGS WARRIOR SOCIETY
LES GUERRIERS KIOWAS
AUX JAMBIERES NOIRES

Plusieurs articles précédents ont signalé l'existence de la Société des Guerriers kiowas aux jambières noires. Le moment est venu de donner quelques explications.
Il s'agit d'une société guerrière comparable à celles d'autres tribus, par exemple les "dog soldiers" (soldats chiens) chez les Cheyennes. Elle était autrefois composée des guerriers les plus prestigieux affectés à la protection de la tribu. Aujourd'hui, dans la tribu Kiowa, elle regroupe les vétérans des différents conflits ainsi que certains membres associés qui peuvent être des femmes. Notre amie, Vanessa Jennings, par exemple, est l'une d'elles.

Cependant, il ne s'agit pas ici d'une association d'anciens combattants au sens habituel. Les fonctions de cette société guerrière sont strictement codifiées. Il s'agit avant tout de célébrer les valeurs de courage, générosité, loyauté, solidarité et de perpétuer ainsi des traditions qui sont constitutives de l'identité culturelle héritée des ancêtres et de l'histoire de la tribu.


Longtemps mise en sommeil, la société guerrière, ne fut pas pour autant oubliée. C'est le 23 novembre 1958 que Gus Palmer, un oncle de Vanessa, convoqua à une réunion les membres de la tribu qui avaient servi dans les deux guerres mondiales. Lui-même était un vétéran de la 2ème guerre mondiale. La réunion eut lieu à Carnegie (sud ouest de l'Oklahoma). La Kiowa Black Leggings Warrior Society fut fondée ce jour-là. Les principaux buts de l'organisation étaient de faciliter la célébration d'une Journée des Anciens Combattants et de perpétuer les rites, les chants et les danses traditionnelles de la Société guerrière kiowa. La première cérémonie de la société guerrière reconstituée eut lieu à Carnegie en juin 1959.
Le costume traditionnel des membres, fidèle autant que possible à la tradition, comprend :
des jambières noires qui rappellent les jambes des guerriers d'autrefois retour de chasse ou d'expédition guerrière, noircies, selon certains, par la poussière de la piste (avant que les Kiowas n'aient des chevaux), ou bien, selon d'autres, pour avoir poursuivi leurs ennemis dans les cendres d'une prairie incendiée pour repousser leur attaque. Le nom de la société guerrière aux jambes noires fut conservé lorsque les Kiowas possédèrent des chevaux malgré l'excellence reconnue de leur cavalerie,
une sorte de châle fait de cordelettes noires qui descend de la taille jusqu'aux pieds,
- des grelots autour de la taille ou bien au niveau des genoux selon les préférences de chacun,
une cape rouge en hommage à un chef du passé nommé Gool-Hay-Ee (Jeune Poulain Rouge) qui avait pris la cape rouge d'un officier mexicain au cours d'une bataille et l'avait adoptée dans sa tenue traditionnelle. La cape rouge d'origine est toujours en possession de la société des guerriers kiowas.
- le reste de la tenue est laissé à la discrétion de chacun des membres.

26 avril 2009
Un site et une télé des Indiens...
We shall remain !
Nous survivrons ! Tel est le nom du site de l'OETA (Oklahoma Educational Television Association) créé par un jeune ami kiowa de Vanessa Jennings et son équipe dont l'objectif est d'enregistrer tous les témoignages, légendes, chants et traditions avant qu'ils ne soient à jamais perdus.
L'existence de ce site qui vient d'ouvrir nous est signalée par deux personnes : Vanessa Jennings de la nation Kiowa et Bill Tohee de la nation Osage.

Vanessa y ajoute une note personnelle qui nous touche de près : elle nous annonce que le joli petit visage qui éclaire la page d'accueil sur un fond de collines ondulantes des plaines du sud de l'Oklahoma est celui de son petit-fils Cade Morgan (il est le fils de sa fille Summer Morgan) " veuillez comprendre l'amour d'une mère et la fierté d'une grand-mère mais nous ne pouvions garder cela pour nous ", s'excuse-t-elle.


Et comme on la comprend. D'autant plus qu'elle ajoute : " Boots, le directeur de la chaîne et du site, a interviewé Cade (10 ans) sur l'importance de la culture et des traditions kiowas, où les étudier et comment les retenir. J'étais très surprise d'entendre notre petit homme de dix ans formuler aussi clairement sa pensée avec autant de précision. "
Pour terminer elle nous dit que Boots prépare un documentaire sur son travail. Vanessa est une artiste, spécialisée dans la décoration de costumes, mocassins, porte-bébés, etc en tissage de perles. Elle est une créatrice reconnue avec le titre de " Trésor vivant des Etats-Unis d'Amérique " qui lui a été décerné par le président des Etats-Unis. Certains de ses travaux sont exposés dans des grands musées américains.
Pour visiter le site, veuillez cliquer ici
Bill Tohee nous annonce également la sortie de ce site et l'ouverture de la chaîne de télévision spécialisée sur les cultures des Indiens d'Amérique. En particulier il nous signale l'existence de cinq reportages dont on peut voir des extraits de 5 à 6 minutes (superbes images, commentaires en anglais). En voici les titres : 1. Après la Mayflower - 2. La vision de Tecumseh - 3. La piste des larmes - 4. Geronimo - 5. Wounded Knee
Bonne visite...
30 mars 2009
Anadarko, Oklahoma...
Chronique d'une mort annoncée :
Celle de la langue WICHITA
Doris Lamar McLemore : " je suis la dernière personne à parler la langue wichita "
Il y a une quarantaine d'années, plusieurs centaines de personnes parlaient encore la langue wichita .
Doris Lamar McLemore, 82 ans, est devenue la dernière personne capable de parler couramment la langue de son peuple. Elle se souvient de l'époque où tout le monde autour d'elle parlait la langue Whichita. Aujourd'hui, tous ont disparu. Doris utilise un magnétophone pour enregistrer ce qu'elle voudrait transmettre. Elle ne sait pas comment écouter ce qu'elle a enregistré mais elle sait très bien comment le mettre en marche son magnéto quand un mot ou une phrase lui vient à l'esprit.
La perte de la conversation a été si progressive qu'elle n'a rien vu venir. Des générations d'anciens sont décédés ces dernières décades sans qu'elle ait vu arriver ce triste jour. " Je ne m'attendais pas à être la dernière locutrice ; je n'aurais jamais imaginé cela ", dit-elle
La langue wichita est l'une des 199 langues en danger, ce qui signifie qu'il ne reste pour chacune qu'une dizaine d'anciens capables de la parler couramment, d'après l'UNESCO.
Comme cela a été dit par ailleurs ce sont quelque 2500 langues qui sont en danger d'extinction ou qui se sont récemment éteintes, emportant avec elles des poèmes, de légendes et de proverbes.
Tout serait-il perdu ? Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir dit le proverbe. C'est ce qu'ont mis en application les Osages en lançant, voici cinq ou six ans, un vaste programme de reconquête de leur langue maternelle. Ils en étaient au même point que les Wichitas : leur dernière locutrice, Mrs Lucille Robedeaux venait de mourir. Aujourd'hui ils sont plusieurs centaines à parler la langue des ancêtres.
La langue occitane n'en est pas arrivée là, heureusement ! Elle a, pour la soutenir, plus de mille ans de littérature ininterrompue. C'est un patrimoine inestimable qu'il nous appartient de défendre et valoriser. Et c'est l'affaire de nous tous ! Adiusiatz.
Qui sont les Wichita ?

Ils se nommaient eux-mêmes Kirikitishs (sans doute les vrais hommes). Leur langue appartient au groupe Caddoan. Venus du sud ils étaient cultivateurs de maïs, de courges et de tabac dont ils faisaient commerce avec les autres tribus. Ils devinrent plus tard des chasseurs de bisons.
Les Wichita étaient au Kansas quand Coronado les croisa en 1541. Le premier traité fut signé en 1835 avec le gouvernement fédéral. Ils demeurèrent en Oklahoma jusqu'au début de la guerre de Sécession puis furent déplacés au Kansas. En 1867 ils retournèrent définitivement dans le sud de l'Oklahoma.

pour entendre parler la langue wichita et visionner l'interview de Doris,
15 mars 2009
La famille Palmer :
Hommage à un guerrier Kiowa

les frères Palmer (en médaillon Lyndreth Palmer)
S’il est parmi
les Kiowa une famille qui mérite respect et reconnaissance, c’est bien la famille
Palmer. Ils furent sept frères à servir dans l’armée américaine lors de la
deuxième guerre mondiale. Trois d’entre eux sont encore en vie : George, Gus et
Dixon Palmer. Tous sont les oncles de notre amie Vanessa Jennings.
Lindreth, le plus jeune participait au débarquement en Normandie, avec la 10ème division blindée dans laquelle il s’était engagé. Le 5 décembre 1944, alors qu’il commandait une unité de char du 22ème bataillon, il fut tué au combat en Lorraine.
Il est enterré au cimetière américain de Saint-Avold. Nos amis de l’association “Terre rouge” que préside Christian Klesper entretiennent et fleurissent régulièrement la tombe de ce guerrier Kiowa. A plusieurs reprises des délégations de Kiowa ont fait le pélerinage de Saint-Avold pour rendre hommage à leur parent enterré en France.
![]()
Qui sont les Kiowa ?



De leur propre nom Ga-i-gwy ou Ka-i-gwy, « peuple dominateur ». Langue : kiowan (isolat linguistique caractérisé par des sons étouffés). Au milieu du XVIIIe siècle, ils occupaient un territoire recoupé par les Etats de l’Oklahoma, du Kansas, du Colorado, du Nouveau-Mexique et du Texas. Chasseurs de bisons nomades, ils étaient sombres d’expression et lourdement bâtis. La tribu Kiowa est la seule à avoir tenu une chronique bisannuelle à base de pictogrammes (de 1832 à 1892).
Avant le XVIIIe siècle, les Kiowa occupaient un territoire situé dans le Montana sur le cours de la rivière Yellowstone (d’où leurs liens très amicaux avec les Crow). Dès qu’ils eurent des chevaux à disposition, ils migrèrent vers le sud en chassant le bison. En 1804 Lewis et Clark les situaient sur la rivière North Platte. En arrivant en Oklahoma ils firent alliance avec les Kiowa-Apache et leurs anciens ennemis Comanche. Considérés comme les plus agressifs des Indiens des Plaines, ils furent d’irréductibles adversaires pour les Américains. Leur effectif en 1985 était estimé à 4 000 en Oklahoma.
(d’après Gilbert Legay - ATLAS DES INDIENS D’AMERIQUE DU NORD - Casterman)

Kicking Bird (Oiseau bondissant)
03 mars 2009
Un diaporama des Crows...
Du Montana à Washington DC


Tous ceux qui ont eu la patience de suivre la cérémonie d'investiture du président Obama le 20 janvier et d'attendre la longue parade qui l'a prolongée jusqu'à tard dans la nuit auront peut-être aperçu la cavalerie de la tribu crow. C'est la longue préparation de ce voyage depuis Crow Agency dans le Montana jusqu'à Washington et le défilé qui a suivi que nous vous proposons de voir dans ce diaporama qui nous a été transmis par Vanessa Jennings, notre amie kiowa.
Vanessa Jennings
19 février 2009
Une voix du Nitassinan :
Réflexion d’un Innu

(de g.à d.) Kevin Dust (Crow) ; Kevin Mustus (Stoney) ; Claude Boivin (Innu)
« Quand je pense à la voie que nos ancêtres ont tracée pour nous, chargés de leurs canots et de poches de nourriture sur les chemins de portages, je ne peux me faire à l’idée que leurs traces de pas soient englouties par de grands lacs artificiels. J’ai peine à croire qu’une large partie de moi se retrouve au fond d’un lac. Il n’y a pas que nos terre qui sont inondées, mon cœur est lui aussi noyé de pleurs parce que la vie que menait nos ancêtres a disparu avec la montée des eaux.
Auparavant nous avions le choix d’aller et de venir quand et nous voulions. La montée des eaux a changé notre façon de penser, de dire et faire les choses. Nous ne pouvons plus faire nos choix nous-mêmes. Nous devons payer ou demander la permission pour suivre la trace de nos ancêtres là ou c’est encore possible de le faire.


Je vois les enfants d’aujourd’hui, j’entends leurs voix et leurs cris. Je sais qu’ils vivent une grande détresse même si celle ci n’est pas visible. J’ai entendu dire, durant des années, que l’an 2000 amènerait de grandes réalisations. Pour nos enfants le troisième millénaire signifie la vie dans la ville au lieu de la forêt et la voix des professeurs au lieu des anciens. On valorise la vie urbaine et l’oubli des valeurs traditionnelles. Je ne veux pas oublier mes origines, mon nomadisme, la nature et les animaux parce que je ne fais qu’un avec tous ces éléments. Je ne suis rien sans eux et ils ne sont rien sans moi. Ces éléments sont essentiels pour ma culture, ils sont toute ma richesse. Et mon amour pour la nature de même que mon amour-propre sont ma dignité et ma fierté d’être INNU. Je sais dans mon cœur que les traces de nos ancêtres sont aussi celles de l’avenir ».

Jean Pilot, Vashat
(texte trouvé sur le site http://vitrail.no-ip.com/ par Francine Monesma
photo de titre :
Michel Monesma (Printemps Indien 2008)
16 février 2009
Ce n'est que justice !
Une Indienne à la Maison Blanche

Tous les journaux des Amérindiens
annoncent la nouvelle qui se répand via Internet dans les tribus. Une Native
Américaine vient d’entrer à la Maison Blanche et fait désormais partie des
conseillers politiques du président Barack Obama.
Jodi Archambault Gillette est membre
de la tribu Sioux de Standing Rock, dans le Dakota du Nord. Elle vient d’être
nommée Assistante à la Direction des Affaires intergouvernementales. C’est la
première fois qu’une personne appartenant à la minorité amérindienne accède à
un poste aussi proche de la présidence.
« Jodi sera les yeux et les oreilles du monde
amérindien » a déclaré Barack Obama
![]()
10 février 2009
De nos amis Kiowas :
This morning in Redstone - Oklahoma
Vanessa et Carl Jennings, nos correspondants kiowa en Oklahoma, nous ont envoyé quatre photos qu'ils veulent partager avec OK-OC et plus largement avec les visiteurs du blog. Ils vivent sur leur terre, à l'ouest d'Anadarko, à quelques miles de Fort Cobb. Leur domaine s'appelle Red Stone
These photos to show you how bad it is here in southwest Oklahoma ! It
is mostly ice with a light dusting of snow. You would not believe how
dangerous it is outside. Even Sugar, the horse, is on the front porch
to get away from the ice. I went to the Indian Hospital and fell when I went to
pick up my prescriptions ! There were 3 men and another woman who fell.
Security and hospital staff were trying to help pick us up off of the
hospital floor ! Enjoy the photos of the ice storm here in Indian country.
Vanessa, Carl, Cade, Quin, Glen and Princess Summer Rae Redstone, USA

Ces photos pour vous montrer le mauvais temps que nous avons ici dans le sud ouest de l'Oklahoma ! Nous avons surtout du verglas recouvert d'une légère couche de neige. Vous n'imaginez pas combien c'est dangereux dehors. Même Sugar (Sucre), notre cheval devant la maison se méfie du verglas. Je suis allée à l'hôpital indien et j'ai fait une chute en allant chercher mes médicaments ! Trois hommes et une autre femme sont également tombés. La Sécurité et le personnel soignant nous ont aidé à nous relever. Je vous laisse admirer le paysage glacé qui nous entoure ici, au pays indien.

Notre maison de Red Stone un jour de verglas et de neige
Notre tipi et notre cheval Sugar
Un étendard kiowa
coucher de soleil sur Red Stone
01 février 2009
Un message de Vanessa Jennings :
Nous sommes tous les enfants de la Terre !

Vanessa Jennings est une amie très chère, membre de la tribu Kiowa en Oklahoma. Elle vit à Red Stone, à l'ouest d'Anadarko (Oklahoma). Vanessa est venue plusieurs fois en France, à Montauban tout d'abord en 1992, puis plusieurs fois par la suite et notamment avec son fils Gabriel, sa fille Summer et son mari Carl. Elle est aussi allée en Lorraine. Elle nous envoie régulièrement de ses nouvelles. Voici son dernier message.
Chers amis,
Gabriel, notre fils aîné, vit à Washington. Il travaille à la direction du Bureau des Affaires Indiennes dans le département des ressources naturelles. Il supervise le travail des surintendants des agences indiennes à l’échelle des États-Unis. Son épouse est membre de la tribu Crow. Elle travaille à la direction nationale des cliniques et hôpitaux indiens. Ils nous rendent visite chaque fois qu’ils peuvent le faire.
Gabriel Morgan en Occitanie (1994)
Nous ne sommes plus, Carl et moi, en très bonne santé. Mais nous continuons nos travaux de broderie de perles. Je fais encore des conférences à des grands groupes de personnes dans les musées. Nous venons juste de donner une conférence au Mabee-Gerrer Musum de Shawnee (Oklahoma). C’est une université catholique. Ils nous ont accueillis, Carl et moi, exactement comme nous avons été traités par OK-OC lorsque nous sommes venus en France. L’exposition était consacrée à mon grand-père Stephen Mopope et à la Grande Nation Kiowa.

Le camp kiowa en mouvement
fresques de Stephen Mopope (artiste kiowa) sur les murs du bâtiment administratif fédéral d'Anadarko
Vous,
Jean-Claude, Monique, Pierre, Colette, Jacques, Francine, Christian, Paulo et
Marie-Christine étaient tous assis près de moi lorsque je parlais du profond
respect que nous éprouvons pour les citoyens français et de notre fidèle amitié
envers les Occitans ! Vous ne le saviez pas mais vous étiez présents à nos
côtés ce soir-là ! Je n’aime toujours pas parler en public, mais il y a un
message qu’il faut absolument faire passer « Nous sommes tous les enfants de la Terre ! »
Nous vieillissons, Carl et moi, et notre
santé se détériore peu à peu. Nos cheveux blanchissent et nos rides se
creusent. Mais nous sommes toujours en vie. On continue à m’inviter à aller
donner des conférences mais je les limite en distance et en durée.

Je vous envoie une photo de notre
petit-fils Cade. Il a dix ans et il est en 4ème classe (équivalent
du CM1 en France – NDT). Il est notre médecine à Carl et moi, la meilleure que
nous puissions prendre chaque jour.

Sur la deuxième photo vous voyez notre
fils aîné Gabriel (à gauche -- NDT ) et Cade (au centre) à une cérémonie de la Black Leggings Kiowa Warriors
Society (La société des guerriers aux jambières noires qui fera l’objet d’un
prochain article – NDT)
Embrassez bien Monique et Mado. Je pense à vous
ainsi qu’à tous nos chers amis de l’association OK-OC.
Vanessa

23 janvier 2009
Les Comanches :
Le peuple du Grand Chemin

Le nom Comanche est sujet à diverses interprétations : pour les uns, il tirerait son origine de l'espagnol camino ancho, "grand chemin" ; selon d'autres, il proviendrait du terme koh-maths, "ennemi". Les premiers explorateurs les désignaient sous le nom de Padoucah. Les Comanches se nommaient eux-mêmes Ne-me-ne ou Neminim, c'est à dire "le peuple".
La Nation Comanche (autour de 10 000 membres) se répartit aujourd'hui entre l'Oklahoma (la moitié de l'effectif environ), le Texas, la Californie et le Nouveau-Mexique
Les Comanches étaient autrefois des chasseurs de bison, pratiquant occasionnellement l'agriculture. Ils avaient acquis la réputation d'excellents cavaliers ce qui leur valut le surnom de seigneurs des Plaines qu'ils affichent encore fièrement sur leur drapeau.

C'est au vers la fin du 17ème siècle qu'ils se différencièrent des Shoshones, alors qu'ils vivaient plus au nord, au Wyoming. Ils venaient de conquérir leurs premiers chevaux sauvages qu'ils adoptèrent très rapidement. Ils modifièrent alors leur mode de vie en étendant considérablement leur domaine d'action, les chevaux augmentant leur rapidité et par conséquent leur mobilité. Ils migrèrent donc vers le sud, jusqu'à un territoire compris entre la rivière Arkansas et le Texas.

Les Comanches maintinrent des relations ambiguës avec les Européens et
ensuite les Américains tentant de coloniser leur territoire. Ils
étaient appréciés en tant que partenaires commerciaux, mais ils étaient
également craints pour leurs raids. De même, les Comanches ont été en
guerre à un moment ou à un autre avec chacune des tribus des Grandes
Plaines.
Après plusieur accords non respectés, les Comanches acceptèrent par les traités de 1865 et 1867 d'être rassemblés dans une réserve en Oklahoma... mais ils continuèrent leurs raids jusqu'à leur défaite en 1874-75.

Notre ami Jack le Comanche

La vie des Comanches, comme celle des autres Amérindiens du reste, a bien changé depuis "l'époque héroïque" sommairement évoquée ci-dessus. Le cas de Jack Shoemate que nous présentons ici ne doit cependant être considéré que pour ce qu'il est : celui d'une personne de l'époque moderne parmi tant d'autres.
Nous avons donc rencontré Jack pour la première fois en août 1991. OK-OC n'avait pas encore deux ans et, après avoir reçu un premier groupe d'Osages en septembre 1990, faisait le voyage-retour en Oklahoma. Le groupe comprenait trente-huit personnes, toutes hébergées dans les familles, indiennes ou non. Jack et Dean son épouse cherokee faisaient partie des familles d'accueil. En ce temps-là, Jack était fonctionnaire d'Etat. Diplômé de l'Université, il exerçait auprès de la tribu Osage la fonction de surintendant ; autrement dit il représentait le pouvoir de Washington auprès de la tribu sur laquelle il exerçait un contrôle officiel (ce poste a aujourd'hui disparu, la tribu Osage ayant acquis son indépendance politique). Il n'en était pas moins une personne attachante, pleine d'humour et de jovialité. Il devint très vite l'ami de tous les Français du groupe.
Quand sonna l'heure de la retraite, Jack et Dean emménagèrent dans une coquette maison de Pawhuska où ils résident toujours. Jack se présenta aux élections et devint maire de la ville ; un office qu'il occupa pendant quatre ans. C'est en cette période qu'il eut l'idée de proposer le jumelage de Pawhuska avec Montauban. L'accord de jumelage fut signé à Montauban en septembre 1999 par les maires des deux villes : Roland Garrigues et Jack Shoemate. Depuis ce jour un drapeau occitan est dressé dans la salle du conseil municipal de Pawhuska, un panneau célèbre l'union aux entrées de la ville et une petite "ambassade de France" (the French Pavilion) rassemble les souvenirs de France et d'Occitanie rapportés par les voyageurs successifs.
Aujourd'hui Jack est conseiller municipal, très actif dans la vie de la cité ainsi que dans diverses associations où il agit bénévolement. C'est ainsi par exemple qu'il fait partie du comité d'organisation du grand rassemblement des scouts en juillet de cette année auquel participeront des scouts de Montauban, dans le cadre du jumelage. Nous aurons l'occasion d'y revenir.
Jack a un frère Bill qui vit au sud de l'Oklahoma au sein de la communauté comanche. Il est membre du conseil tribal et nous reçut il y a quelques années pour nous faire visiter le siège de l'administration tribale. On était loin du camp de chasse représenté plus haut dans cette page. Mais le sens de l'hospitalité avait été bien conservé.










