29 octobre 2009
Gardarèm l'Occitan !
Tous à Carcassonne !


Anem òc ! per la lenga occitana… Ainsi que c’était clairement annoncé, il nous fallait tous, ce samedi 24 octobre, aller soutenir l’action en faveur de notre langue d’oc, la sublime langue des troubadours. Aussi, une petite délégation d’Ok-Oc, composée de fidèles chevaliers servants, s’est-elle retrouvée dans un des nombreux autocars partis rejoindre la Cité dominant la belle Aude. Tous unis sous la bannière de l’Institut d’Estudis Occitans (I.E.O.), section de Tarn-et-Garonne, conduite par une Martine dévouée entièrement à la noble cause, nous avons contribué pour une petite part, à la pleine réussite de cette manifestation. Rappelons quelques chiffres.


En 2005, pour la première manifestation de Carcassonne, 12000 personnes étaient comptabilisées ; en 2007, à Béziers, plus de 18000 étaient présentes, sous un soleil radieux. Ce 24 octobre 2009, à Carcassonne, à peu près 25000 citoyens de toute l’Occitanie (y compris bien sûr le Val d’Aran et les vallées italiennes du Piémont), mais aussi de Bretagne, de Corse, du Pays Basque et de Catalogne, sont venus exprimer leur souhait de voir la langue d’Oc être reconnue officiellement, sans plus tarder. C’est ce qu’ont déclaré à tour de rôle puis unanimement les représentants des quatre grands mouvements : Philippe Martel pour la F.E.L.C.O., Jean-Louis Blenet pour les Calandretas, David Grosclaude pour l’I.E.O. et Jacques Mouttet pour le Félibrige. Puisse cette détermination de tous forcer les dirigeants à mettre en œuvre les mesures demandées pour la pleine reconnaissance de la langue et la culture occitanes : de segur, totes amassa, i arribarem ben… lèu !


photos : Michel Monesma
05 mai 2009
De Montségur à Wounded Knee (3/4)
De Montségur à Wounded Knee
Montségur, Wounded Knee, deux massacres que nous mettons en parallèle, avec respect, pour les commémorer ensemble, afin que cette mémoire serve de point de départ aux Guerriers de l’Arc-en-Ciel. Ce mois-ci, et le mois prochain, Jean-François Laffont raconte la tragédie cathare et le massacre de Montségur...

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MONSEGUR !... ségur i setz darrier l'azur !
(Montségur : c’est sûr vous êtes là, derrière l’azur - Marti)
Originaire de Montségur et de ses environs (ma grand-mère est née à Serrelongue, tout contre le “ pog ”, qui signifie “ la montagne ” ou le “ pech ” en occitan), j’ai passé ma jeunesse à parcourir ces montagnes et ces forêts dans l’espoir de retrouver le fameux trésor des cathares : mon oncle était berger et mes jeunes années sont marquées par les longues marches et la contemplation de ce site unique au son des sonnailles de nos brebis….
Naturellement j’ai eu le bonheur d’y apprendre l’occitan et je me souviens qu’un blasphème très employé à Montségur était : « qué le fòc del cel te créme » (que le feu du ciel te brûle), et c’est vrai qu’il y a de quoi craindre le feu du ciel quand on vit à Montségur !
Jean-François Laffont
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Ariège-Pyrénées

De ces belles montagnes du Saint-Barthélemy qui attirent la foudre, aux sombres reliefs du “ pog ” qui attira celle des français et de l’Eglise catholique, tout ici nous transporte vers cette époque terrible où l’Occitanie perdit son indépendance et où notre terre fut souillée et meurtrie par les plus intolérants des intégristes-terroristes : ceux qui se faisaient appeler les croisés de l’armée du Christ !
Car il faut dire qu’en Occitanie, au 13ème siècle, une flamboyante civilisation s’épanouissait, empreinte de tolérance, de culture et de poésie – nous sommes encore aujourd’hui les gardiens de ces trésors méconnus par le plus grand nombre – et parmi les Troubadours qui chantaient l’amour courtois de la femme idéale et les seigneurs qui se réclamaient du “ Parage ” (c’est à dire de l’égalité parfaite des hommes et de leur reconnaissance selon leur seul mérite), une partie du peuple fut conquise par une certaine vision de la religion chrétienne qu’on appela le catharisme. Ces hommes et ces femmes, chrétiens, ne désiraient qu’une seule chose : qu’on les laisse prier Dieu à leur façon, convaincus, comme disait le Christ lui-même, que « mon royaume n’est pas de ce monde », ils pensaient que seul l’esprit était l’œuvre de Dieu et que tout en ce bas monde était souillé par l’empreinte du mal…
Et ils jouissaient au sein de cette civilisation des mêmes droits que les catholiques ou même que les juifs ou les musulmans, fréquemment reçus dans les cours seigneuriales, et invités à débattre librement de leurs différents points de vue…
Les seigneurs, pour la plupart restés catholiques, ne jugeaient pas et admettaient simplement le principe de la liberté religieuse… Si cela pouvait être vrai aujourd’hui de par le monde !
Il n’y eut donc jamais de “châteaux cathares” ni de “chevaliers cathares”, mais seulement des hommes et des femmes libres de penser ce qu’ils voulaient et dûment protégés par la noblesse occitane car tel était son devoir.

Mais le pape Innocent III de l’entendait pas de cette oreille, et aidé par le roi de France qui lorgnait vers ces territoires indépendants et forts riches, il déclencha ce que l’on nommera plus tard, en 1209, la "croisade des albigeois". (à suivre)
J-F.L.
23 avril 2009
Le Prince Noir :
VIURE A MONTALBAN IS COOL...

De lui, naguère, nous parlâmes souventes fois sans dévoiler sa mystérieuse identité. Qui était donc ce fameux Prince Noir dont l'ombre se promène dans cette chronique ok-occitane,

Le plus "cool" parmi nos aimables lecteurs ne sera pas surpris d'apprendre, s'il l'ignorait, qu'il était Anglais de souche, Prince de sang, Occitan de coeur, Montalbanais d'adoption et bien-aimé des sus-dits.
De là à penser qu'il est l'inspirateur (posthume) de cette chronique iconoclaste il n'y a qu'un pas. Le franchira qui voudra.

Prince de Galles, ce fameux Prince Noir de l'histoire, auquel son frère Edouard III roi d'Angleterre avait confié ses possessions d'Aquitaine, visita ses nouveaux sujets en 1363. A Montauban il sut séduire les habitants et se révéla un administrateur efficace. Il fit entreprendre au bord du Tarn la construction d'une vaste bâtisse de briques, palais beaucoup plus que forteresse dont seul le rez-de-chaussée se trouvait achevé huit ans plus tard lorsque les Anglais durent abandonner la ville. Il en reste cette magnifique salle d'armes dite "Salle du Prince Noir" qui servit de soubassement au palais épiscopal construit au XVIIème siècle, devenu aujourd'hui le musée Ingres.

la "Salle du Prince Noir"
" Viure à Montalban was so cool ! "
15 décembre 2008
Para(t)ge 3/3
Le Parage, âme de l’Occitanie
(3ème et dernière partie)

Président-fondateur des Chevaliers
de la Flamme Cathare et ancien président de Convergencia Occitana (groupement de
cinquante-cinq associations) , Bertran de La Farge revient sur ces vertus cathares qui
font partie de l’identité occitane.
Une recherche constante de la Perfection dans sa Voie.

Les habitants de Carcassonne expulsés en 1209
Le Parage ainsi pratiqué, débouche, sur la Joie suprême, l'Allégresse, la Récompense, le Joyau, la Révélation, l'Illumination, le Graal. Le Compagnon entre alors pleinement dans le cœur du Parage : il est devenu Chevalier, à l'égal de ses autres Compagnons de Parage. Ainsi, le Parage est-il aussi le cadre social, spirituel et idéaliste dans lequel peut s'insérer toute personne qui décide d’adhérer à cette éthique. Aucune restriction ne lui sera opposée du fait de sa naissance, de son sexe ou de ses origines. Chacun se trouvera à égalité (par) avec les autres participants, ses Compagnons, qu'ils soient Princes, Parfaits, Troubadours, écuyers, Marchands, évêques ou “ Vilains ”. Chacun trouvera sa voie au sein du Parage, qu'elle soit brillante ou humble, chacun s'efforcera d'y atteindre la Perfection en améliorant sans cesse sa valeur personnelle, avec humilité, par la pratique constante de l'Amour et des vertus de droiture, de justice, de vérité, de solidarité, de loyauté, de fidélité, de générosité et de courage. Après une première apogée, dès 1100, lors des Croisades en Palestine, la Croisade contre les Albigeois fut la triste circonstance pendant laquelle l'idéal du Parage a fulguré, a brillé à son firmament. Des plus humbles personnes, aux plus anciennes familles aristocratiques, tous firent l'union sacrée au sein du Parage, face à la barbarie, face aux pogroms, face aux bûchers.
Les Faydits

Les chevaliers rebelles à l’envahisseur et tous les résistants furent excommuniés, dépossédés, déclarés proscrits et hors la loi : ils furent appelés, en occitan, faydits. Les chevaliers occitans arborèrent fièrement l’épithète malveillante de faydits et en firent un titre de gloire comme le feront quelques siècles plus tard leurs descendants camisards. Prônant l’idéal du Parage au côté des Bonshommes occitans qu’ils protégèrent l’épée à la main et la rage au cœur, pendant des dizaines d’années ; entrés dans la clandestinité, traqués ou retranchés dans leurs nids d’aigles, ils menèrent avec acharnement et vaillance la Résistance occitane. Mais n’a-t-on pas dit qu’au bout de 700 ans le laurier reverdirait ?
Al cap dels sèt cent ans, verdejara lo laurèl. Les 700 ans sont
écoulés et le Parage est de retour...
Bertran de La Farge

Château de Montségur
09 décembre 2008
Para(t)ge 2/3
Le Parage, âme de l'Occitanie

Ancien président de Convergencia Occitana (groupement de cinquante-cinq associations occitanes) et président des Chevaliers de la Flamme Cathare, Bertran de La Farge revendique l'héritage cathare lorsqu'il déclare : « Cathare je suis, cathare je reste et cathare j'ai essayé d'être, et rien d'autre que cela, en m'efforçant de mettre en pratique [...] les mots-clés très actuels du christianisme cathare : Justice, Vérité, Tolérance, Solidarité, Liberté, Egalité-Parage, Fraternité. [...] Ces vertus cathares qui font partie de notre identité occitane. » (extrait du rapport moral qu'il a présenté le 21 novembre 2000 à l'assemblée générale de Convergencia Occitana).

Une noblesse que chacun peut acquérir
Pour ces Occitans adeptes du Parage, les Hommes sont pairs, égaux. Précisément, en occitan, parage, a pour étymologie le mot de langue d'oc, par qui veut dire égal, pareil, compagnon, pair et qui indique la qualité personnelle. Le Parage désigne l'égalité et la solidarité. Le Parage est une éthique, un idéal de vie, auxquels toute personne, homme ou femme, quelles que soient sa naissance, son origine, sa qualité et ses occupations, a la liberté d'adhérer sans contrainte et qui la font accéder – parmi des Compagnons qui sont dés lors ses pairs, ses égaux – à une Chevalerie et à une Noblesse véritables fondées sur les actes de leur vie et non sur les hasards de la naissance. Les Compagnons du Parage n'en deviendront pas plus riches pour autant. Le but n'est pas de s'enrichir mais de participer à une société solidaire. Il ne s'agit pas d'être forcément un Chevalier revêtu de mailles d'acier, brandissant une épée et poussant des cris de guerre. Il y a mille façons d'être un Chevalier, ne serait-ce qu'en étant celui qui écoute et qui respecte les autres.

Mais il y eut cette sinistre invasion que les livres d'Histoire de France appellent la Croisade contre les Albigeois. Alors il a bien fallu prendre les armes, à contre-cœur, et résister, se défendre, contre-attaquer, reconquérir, et finalement tout perdre jusqu'à aujourd'hui.

On s'aperçoit que l'idéal de la Chevalerie occitane est véritablement né et s'est forgé au fil des siècles dans un monde subtil occitan issu du mélange progressif de plusieurs civilisations qui se sont succédées dans ce creuset que les Romains appelaient Provincial : Ligures, Ibères, Phéniciens, Celtes, Grecs, Romains, Wisigoths, Burgondes, etc. L'éthique de cette Chevalerie profonde – proche de celles des autres traditions et synthèse des idéaux majeurs ayant animé ces civilisations successives et enchevêtrées peut se caractériser par une série de signaux chers au trouvez la clé ! (trobar clau) des Troubadours, des mots-clés, qui forment l'ethos, l'idéal de vie des Compagnons du Parage : l'Amour, qui, sous diverses formes, préside à toutes les actions ; la Justice et la Vérité, vertus essentiellement cathares; le Mérite personnel, la valeur individuelle, la volonté de s'améliorer avec détermination et constance ; le Désintéressement ; la Droiture, la Solidarité, la Tolérance ; la Convivialité; la Courtoisie, bien sûr, base de l'amour courtois des Troubadours ; la Jeunesse, non pas celle des veines, mais celle de l'esprit et du comportement ; la Générosité et bien d'autres encore. Le Parage n'a-t-il pas montré la voie de : Liberté, Egalité, Fraternité ? (à suivre)...
Bertran de La
Farge
03 décembre 2008
Para(t)ge 1/3
Le Parage, âme de l'Occitanie

Signe de
ralliement de l’Occitanie méridionale, le croix occitane est aussi le symbole
d’une certaine conception de la vie, d’un éthos original qui a été forgé au
fil de plusieurs millénaires de civilisation. En l’An 2000, Marseille et Ensérune
ont 2600 ans, Toulouse et Agde, 2350 ans, Aix-en-Provence, 2122 ans, Narbonne, 2118 ans,
la plupart des villes et métropoles occitanes ont au moins 2000 ans. Plus de 2000 ans de
présence, de constance, de création. On peut dire que les Occitans ont eu le temps de
méditer et d’imaginer. Ils ne s’en sont pas privé. Leur état d’âme, les
Occitans avaient fini par lui donner un nom, au Moyen âge, quelques décennies avant que
ne déferlent les armées conquérantes venues du Nord. Après cela tout le monde semblait
se satisfaire de l'idée qu’il n’y avait plus besoin de retrouver le nom oublié
de l'état d’âme occitan perdu puisque précisément il n’existait plus et que
les Méridionaux et autres « Gens du Sud-Ouest » n’en avaient plus besoin.

Mais chassez le naturel il revient au galop! Alors le naturel est revenu. L'état d’âme aussi. Certains ont retrouvé son nom jadis évanoui. D’autres ont même retrouvé ce que cela voulait dire. Ils l’ont expliqué. Et aujourd’hui, les Occitans qui redécouvrent leur état d’âme trouvent qu’il leur va décidément comme un gant. Aussi l’ont-il ressorti des vitrines et des étagères où l’Histoire avait cru pouvoir le ranger définitivement entre la mâchoire d’un homme de Cro-Magnon et une boucle de ceinture mérovingienne en bronze doré.

Alors ce mot bizarre ? Eh bien c’est Parage ! Littré nous livre une première définition assez réelle : le parage c’est l'égalité de naissance, de rang, une égalité à laquelle chacun peut accéder ! (à suivre)
Bertrand de la Farge

Bertran de La Farge. De formation scientifique (il est
Docteur-ingénieur, Ingénieur ESAP, Licencié-ès-Sciences et Consultant
en Environnement). Son intérêt pour l’histoire et les sources
culturelles européennes est devenu son activité principale. En
particulier il est depuis toujours apologiste et défenseur actif tant
de l’historique diversité culturelle française que de cette identité
majeure de la France qu’est la culture occitane, tant en Limousin où il
est né, qu’en Provence où il a vécu et en Languedoc et en Midi-Pyrénées
où il vit. Il est l’un des instigateurs et l’un des fondateurs de la
Fédération Convergéncia Occitana dont il fut le premier Président de
1997 à 2001 et qui regroupe, en 2008, cinquante quatre associations. Il
est aussi l’un des initiateurs et des créateurs de la Maison de
l’Occitanie, l’Ostal d’Occitània, à Toulouse, où il est Président de
l’association Carrefours cathares membre de Convergéncia Occitana. De
2001 à 2008, il a été nommé au cabinet du maire de Toulouse, chargé de
mission pour le développement et le rayonnement de la culture occitane.
Passionné d’histoire médiévale, il est l’auteur de plusieurs ouvrages
sur l’Occitanie, les comtes de Toulouse et le Catharisme.
30 novembre 2008
Le symbole de l'Occitanie :
LA CROIX OCCITANE
d'après Bertran de La Farge

Origine
Il y a bien longtemps que la
croix occitane existe à Toulouse. Déjà elle était présente pendant l’occupation romaine aussi bien que
durant l’ère wisigothe. En 419 les Wisigoths avaient déjà choisi Toulouse comme
capitale de leur royaume.
En 1906, au début de la
première croisade, le chef de « l’Armée provençale », Raimon IV,
comte de Toulouse et de Tripoli, avait placé cette fameuse croix dans son
blason. Il fut le premier comte de Toulouse à l’adopter ce qui la fit désigner
comme étant la croix de Toulouse. Elle est un compromis entre la croix de Malte
et la croix des Templiers, mais il ne s’agit pas d’un crucifix
Alphonse-Jourdain comte
de Toulouse était le fils de Raimon IV. Il fonda la ville de Montauban en 1144.
Son fils lui succéda sous le nom de Raimon V. Il ne semble pas avoir utilisé la
croix occitane durant son règne.
Raimon VI comte de
Toulouse était le petit-fils d’Alphonse-Jourdain. Il était membre de l’ordre
des chevaliers hospitaliers. Il plaça la croix occitane sur son blason et avant
de mourir, en 1222, il demanda à être
enterré avec sa croix à Toulouse.

Les
différentes significations de la croix occitane
Le Christ est au centre
(« le soleil de justice », selon Saint Luc) et les douze boules
représentent les douze apôtres. C’est ce que croyaient et disaient les prêtres
catholiques aux XIIème et XIIIème siècles.
D’après l’Apocalypse
selon Saint Jean, ce serait l’union mystique de l’âme et de l’esprit ; les
douze boules symbolisent les douze portes.
Les douze boules pourraient aussi symboliser les douze maisons, ou signes, et le cycle annuel du zodiaque. C'est l'interprétation qui a été adoptée pour être dessinée sur la dalle de la place du Capitole à Toulouse

On peut aussi penser aux
quatre saisons de trois mois chacune. Ou les quatre vents, les quatre
directions.
Ou encore les douze éléments de la personnalité : anxiété, peur de l’effort, désir de possession,
arrogance, hypocrisie, paresse, orgueil, illusion, indécision, regrets, et le
douzième élément : l’espoir !
La signification des couleurs rouge et jaune
De Gueules à la croix d’Or
Le symbole des couleurs : rouge et jaune, est en fait « sang et or ».
Le sang, c'est l'âme des Hommes et l'Or, c'est l'or en fusion, le Soleil, c'est-à-dire l'Être suprême. En héraldique, sur les blasons, rouge se nomme « gueules » (l'un des « émaux ») et jaune « or » (l'un des métaux). La Croix de Toulouse se lit, au plus simple, « de gueules à la croix d'or ». Sang et Or, Gueules et Or, sont les couleurs historiques de l'Occitanie et des civilisations du Sud.
Sang et or sont arrivés en Occitanie par la Catalogne : le Comte de Barcelone dont l'écu était intégralement d'Or, avait subi, contre les Musulmans (les Sarrasins), une sanglante défaite. Grièvement blessé il gisait parmi les morts et les blessés sur le champ de bataille.

Le Général sarrasin le faisait rechercher pour l'achever. Le Comte, couvert de
sang, eut l'idée de tracer sur son écu, avec les quatre doigts valides de sa main
droite, quatre barres rouges à l'aide de son sang. Son écu devint « d'or aux quatre pals
de gueules ». Ainsi, les Sarrasins ne le reconnurent pas. Il put s'échapper, reconstituer
son armée. Et avec son nouvel écu, Sang et Or, il repoussa les Sarrasins. Ce fut le
premier acte de la Reconquête, la "Reconquista", qui écarta, en 8 siècles,
les Musulmans de l'Europe.
Étant donné que les Occitans et les Catalans sont des peuples cousins (comme les Osage, les Omaha et les Ponca), les Occitans demandèrent l’autorisation d’utiliser les couleurs Sang et Or pour la bannière occitane car ils les considèrent comme les couleurs de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité. Voilà pourquoi la croix occitane est Sang et Or.
La Croix occitane appartient au patrimoine de l'Humanité, dans ce qu'elle a de plus beau et de plus noble.
Il va falloir nous atteler à jumeler Midi-Pyrénées avec l'Oklahoma et le Dakota (Montségur et les Black Hills, beau symbole !)

Il n’y a aucune
restriction, ni aucun droit pour interdire de copier la croix occitane. Elle appartient à
l’humanité
d'après Bertran de La Farge
(ce texte a été traduit en français à partir d'un article en anglais de BdLF)

L’OCCITANIE
Oc ! L’Occitanie
c’est :
· 32 départements français + 12
vallées italiennes + 1 vallée espagnole
· 190 000 km²
· 13 millions de citoyens
OC, en langue occitane
Le mot « OC » signifie OUI et
l’Occitanie est le pays ou les gens disent « OC » quand tout est « OK »
OK ?….. OC !

Bertran de La Farge. De formation scientifique (il est
Docteur-ingénieur, Ingénieur ESAP, Licencié-ès-Sciences et Consultant
en Environnement). Son intérêt pour l’histoire et les sources
culturelles européennes est devenu son activité principale. En
particulier il est depuis toujours apologiste et défenseur actif tant
de l’historique diversité culturelle française que de cette identité
majeure de la France qu’est la culture occitane, tant en Limousin où il
est né, qu’en Provence où il a vécu et en Languedoc et en Midi-Pyrénées
où il vit. Il est l’un des instigateurs et l’un des fondateurs de la
Fédération Convergéncia Occitana dont il fut le premier Président de
1997 à 2001 et qui regroupe, en 2008, cinquante quatre associations. Il
est aussi l’un des initiateurs et des créateurs de la Maison de
l’Occitanie, l’Ostal d’Occitània, à Toulouse, où il est Président de
l’association Carrefours cathares membre de Convergéncia Occitana. De
2001 à 2008, il a été nommé au cabinet du maire de Toulouse, chargé de
mission pour le développement et le rayonnement de la culture occitane.
Passionné d’histoire médiévale, il est l’auteur de plusieurs ouvrages
sur l’Occitanie, les comtes de Toulouse et le Catharisme.
01 octobre 2008
Espoirs et rêves...
Indien, Occitan, quel avenir ?
" Les enfants portent en eux les espoirs et les rêves des Indiens d'Amérique " dit la légende de la photo ci-dessus de John Southern.
En Occitanie nous pouvons transposer cette formule et la reprendre à notre compte. Ceux de nos enfants qui parlent la langue occitane à l'école et découvrent notre culture millénaire sont notre avenir.


Les autochtones du continent américain ont pris conscience de l'enjeu culturel

Saurons-nous suivre leur exemple ?

06 septembre 2008
Hommage à Frédéric Cayrou (2)
Un extraordinaire personnage
aux multiples facettes

Frédéric Cayrou, sénateur du Tarn-et-Garonne
Nous commémorons cette année le cinquantième anniversaire de la mort de Frédéric Cayrou, illustre personnalité tarn-et-garonnaise, brillant touche à tout, vétérinaire, auteur de pièces de théâtre, de romans d'aventures, de SF, collaborateur de cirque, acrobate, grand voyageur et enfin talentueux conteur et poète occitan. Norbert Sabatié retrace pour nous les grandes lignes de sa vie
Né le 27 août 1879, à Saint-Martin de Belcassé, près de Castelsarrasin où il effectue une brillante scolarité, il part ensuite à Toulouse poursuivre ses études et revient en Tarn-et-Garonne exercer comme vétérinaire.
En 1905, lors du passage du Wild West Show de
Buffalo Bill, il entre à son service en qualité de vétérinaire et vit dans l’intimité de celui qui ressemble à Frédéric Mistral. Cela
n’est pas sans lui rappeler ses fréquentations du cirque Pinder qui installait
ses quartiers d’hiver dans la localité toute proche de
Lavilledieu-du-Temple ; ainsi a-t-il été initié à des exercices acrobatiques.

Par sa profession, il est en contact direct avec le monde rural qui va constituer sa source d’inspiration, tel ce premier roman intitulé Lo voiatge del Catèt de Macaturras en America qu’il fait paraître en 1926, à son retour des Etats-Unis. C’est le bon sens de ce brave paysan de Verlhaguet qui rivalise d’ingéniosité avec la modernité du Nouveau Monde, celle de Mc Cormick à qui il réclame les machines à ramer les petits pois, à vendanger et à dépouiller le maïs !
C’est pendant la Première Guerre qu’il va parcourir l’Amérique du Nord, afin d’acheter des chevaux pour la remonte de la cavalerie française. Là, il va ressentir combien sa langue maternelle lui manque et il compose des poèmes qu’il réunira dans le recueil Mon gavèlat (Ma gerbe de blé), paru en 1922 :
« De
totes los parlars, de totes los lengatges,
Lo sol que deu gardar totjorn nòstras amors
Es lo qu’avèm popat quand èrem de mainatges… »
Oklahoma-City, décembre 1914
Le combat pour la langue d’oc
Revenu au pays natal, il sait se faire admettre de tous,
et sa production littéraire le hisse parmi les plus grands. Ses poésies seront
couronnées par l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse dont il deviendra mèstre après l'avoir été en Gai Saber. A Montauban, l’Escolo Carsinolo l’élit
comme chef de file, sous le terme usuel de capiscol. Aujourd’hui ses
pièces de théâtre continuent d’être jouées avec succès, ainsi de Plèga-Sardas
au permis de conduire. C’est le signe d’une popularité vraie, incarnée par
une simplicité et une bonne humeur allant de pair avec une qualité d’écriture
basée sur des faits réels et doublée d’un réel talent de comédien.
Elu sénateur en 1946, il plaide pour l’enseignement de l’occitan, apportant sa voix à la loi Deixonne de 1951 :
« Je suis appelé à défendre une langue […] pour laquelle j’ai combattu par la plume, par la parole, par les conférences, par le théâtre, pour laquelle en un mot, j’ai combattu de toutse façons parce que c’est une langue vivante et que je ne veux pas qu’on la tue. » (intervention du 7 mars 1950)
L’appartenance au
monde occitan transparaît à tout moment, notamment dans le poème A pòt de
saca (1932), qu’il dédie à son père, l’instituteur de St-Martin de
Belcassé :
« A
la memòria de mon Paire,
Regent
brave entremièg los plus braves d’antan,
Aquestas
tròbas qu’ai culhidas sul terraire
Qu’aimavi
tant. »
Ses
conférences radiophoniques de l’après-guerre, données à Toulouse-Pyrénées,
pouvaient traiter aussi bien du " cotèl" que
de "l’ase" ou de la "lenga nòstra", bien
sûr, ou encore des vœux de l’an : "Adiusiatz ! Portatz vos
plan !"
"Aquesta annada serà coma l’autra.
Se vòs èsser plan servit, trabalha ambe coratge e comptas pas que sus tu !
"
Norbert Sabatié

Quel autre sénateur est capable d'en faire autant aujourd'hui ?
10 août 2008
Hommage à Frédéric Cayrou
Frederic Cairon (1879-1958)
(Frédéric Cayrou)
Cinquanta ans aprèp sa mòrt, l’òm pòt considerar aquel òme de mai d’un biais : veterinari, poèta, comedian, senator e occitanista subretot. Son intervencion al Senat del 7 de març de 1950, a prepaus de la discutida de la lei Deixonne per l’ensenhament de las lengas de França, es tot simplament remirabla. Aprèp aver dit perqué defendiá la lenga nòstra, acaba per aquestes mots : « …es una lenga viva e vòli pas qu’òm la tua. » !
En fach, pertot l’occitan es dins son còr, sustot quand partiguèt en America per crompar de cavals en 1914. Cada còp qu’encontra qualqu’un del Miègjorn, li parla "patoès", siaguèsse la cantatritz Ema Calvé de Milhau. Es aval que comença d’escriure poèmas recampats dins son prumièr reculh Mon Gavèlat (1922). I aurà tanben un roman : Lo Voiatge del Catèt de Maca-turras en America o çò qu’un païsan trufandièr de Verlhaguet pensa de la modernitat de l’autre costat de la Mar granda.
Un còp tornat, seràn publicats d’autres reculhs de poesias : Dins çò nòstre (1928), Lo bestiari de la bòrda (1941), Als quatre vents carcinòls (1943). Vendràn tanben un fum de pèças de teatre que s’amusa a interpretar, e que son encara jogadas un pauc pertot, coma Plèga-Sardas e lo permis de menar… lo carriòl ! Sovent, son de situacions viscudas : En tresièma de Diupentala a Montalban, Conolha e Calelh (al temps de las restriccions) ; d’autres còps, es plan imaginat : Eclipsi totala ; totjorn i a risèas. Aquelas venon d’una compreneson malaisida de la situacion o alavetz son de jòcs de mots basats sus la fonetica e sul bilingïsme ("anatz i ! " comprés coma " en Asie ?"). Aquí lo teatre populari que conveniá al monde e que, en fin de compte, fasiá soscar, coma las conferéncias de Cairon a la ràdiò sul cotèl, l’ase, o la lenga d’òc, de segur. Lo capiscòl de l’Escòla Carcinòla a plan obrat per l’avenidor.
Felix Castan aviá pensat balhar lo nom de Cairon al teatre municipal de Montalban, sens capitar. Benlèu que lo collègi novèl que va duèrbe a la dintrada poriá portar son nom, perqué pas ? En aquesta annada del bicentenari de la creacion de Tarn e Garona, seriá una reconeissença oficiala per aquel senator que compausèt una Oda a nòstre Despartament :
« Merabilhós terraire, ò mon Tarn e Garona
Qu’en passant, nos farguèt un jorn, Napoleon,
O mescladis urós de la plana gascona
E del puèg carcinòl, siás lo còr del Miègjorn. »
Norbert Sabatié










