Oklahoma-Occitania

Echanges culturels entre les Occitans de France et les Indiens d'Amérique (USA, Canada) : tribus Osage, Kiowa, Comanche, Cherokee, Pawnee, Choctaw, (Oklahoma), Lakota (Sud Dakota), Innu (Canada), etc.

06 juillet 2009

Racisme ordinaire :

Tuez les tous...

sheridan2" Le seul bon Indien, c'est un Indien mort. " D'après Dee Brown, cette expression serait due au général Sheridan qui avait répondu : " Les seuls bons Indiens que j'ai vus étaient morts ", au chef comanche Towasi qui était venu se rendre à Fort Cobb en 1868 et qui s'était présenté en disant qu'il était un bon indien.

Selon d'autres, la phrase remonterait à la guerre de Pontiac ou aurait été prononcée par James Cavanaugh, représentant du Montana au Congrès (1)HenryHamilton

" Les larves font la vermine ". Ce slogan est dû au gouverneur britannique  Henry Hamilton et c'est John Brown qui l'a révélé. En 1872, à Detroit, Hamilton donnait ses instructions à ses amis indiens : " Tuez tous les Longs Couteaux ". Shinga, chef des Delawares, demanda : "Les hommes en armes, pas les femmes et les enfants ?" - " Si, tuez les tous, les larves font la vermine " , répondit le gouverneur.


montfort" Dieu reconnaîtra les siens ". La légende raconte que Simon de Montfort se préparant avec son armée à la mise à sac de Béziers aurait répondu à l'un de ses lieutenants qui s'inquiétait de savoir comment reconnaître les bons chrétiens des hérétiques cathares : " Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ". Peu importe que l'anecdote soit authentique, seul compte le résultat : 20 000 citoyens de Béziers furent passés au fil de l'épée en l'an 1209.


Ces trois anecdotes sanglantes posent le même problème : celui d'un tri entre les êtres humains selon des critères d'appartenance raciale ou religieuse qui finissent d'ailleurs par se confondre.

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Albert Jacquard

La science moderne a révélé l'erreur du concept de race. " Il n'y a pas plus de différence entre un africain noir et moi qu'entre moi et mon frère " (Albert Jacquard, généticien (2). Les races n'existent pas, contrairement aux évidences. Mais méfions nous des évidences comme celle qui nous ferait croire que c'est le soleil qui tourne autour de la terre. Les hommes sont tous semblables, les seules différences visibles telles que la couleur de la peau, la forme des yeux, la frisure des cheveux, etc, ne concernent que des détails d'apparence qui demeurent insignifiants devant le patrimoine génétique commun à tous. Oser affirmer l'inégalité des races est donc à la fois une énormité et une injustice. C'est aussi une théorie dont la mise en application a toujours abouti à des génocides sur les cinq continents. Il y a pourtant une arme absolue contre les génocides. A nous tous de la distribuer sans retenue. Elle tient en quelques mots de la langue lakota : Mitakuye Oyasin (nous sommes tous apparentés)

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Sitting Bull

___________________________________________________________

1. Jean Pictet - " L'épopée des Peaux Rouges " p.19 - Favre 1988

2. Albert Jacquard était l'invité en 1987 d'une radio collégienne de Montauban. Pour écouter le débat sur le racisme à l'école, cliquer ici


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18 mai 2009

La leçon des Amérindiens...

L'eau n'est pas une marchandise


Parmi les leçons du Forum social mondial qui s'est tenu à Belem au Brésil en janvier dernier avec plus de 130 000 participants venus du monde entier, il en est une que nous donnent les peuples indigènes d'Amérique du sud : " Il faut veiller à assurer l'harmonie entre la Terre Mère, la société et la culture "

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La marchandisation généralisée, la privatisation outrancière, l'appropriation illégitime, notamment du vivant par le système des brevets ont conduit à une crise systémique, " alimentaire, financière, économique, climatique, énergétique, migratoire... et de civilisation ". L'eau n'est pas une marchandise, elle est la vie même de l'humanité tout entière.

Somme toute ce huitième Forum social mondial poursuit sa volonté d'origine qui est de permettre "à tout homme et à tous les hommes de se développer" (Paul VI).

Mais se développer concrètement, charnellement comme le soulignait un Amérindien de Bolivie en faisant remarquer que dans sa langue aymara, le mot développement n'existe pas, mais "vivre bien" existe.


Merci à notre ami, le père Louis Salesse qui nous a fait parvenir un article de La Croix ( Jeudi 19 février 2009 p. 27) signé Denis Viénot auquel quelques extraits ont été empruntés

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07 février 2009

Indians de totas las colors

DES INDIENS ET
DE LA CIVILISATION OCCITANE


kiowa2


Étrange civilisation que l'occitane.


BernardDeVentadourNée au XIIème siècle par et dans la littérature des Troubadours, elle rayonnera sur toute l'Europe médiévale en inventant l'Amour Courtois, sans jamais revendiquer une terre ni un statut politique pour elle-même. Bien au contraire elle sera la première à penser, en langue d'Oc, l'idée de nation contractuelle (des peuples différents s'unissent par contrat pour fonder une entité commune) et s'oubliera jusqu'à poser, en français, toutes les bases de la citoyenneté qui a fait l'honneur de la France : La Boétie, Montaigne, Montesquieu... époque gasconne.castan1

Bernart de Ventadorn, troubadour médiéval occitan - XIIIe siècle

Félix Castan

Elle a toujours refusé de prendre pour modèle ses propres spécificités et ses propres traditions, à tel point -- exemple unique au monde -- qu'elle abandonnera elle-même la marque la plus évidente de son identité, sa langue, afin de pouvoir mieux se fondre, crût-elle, dans cette nation contractuelle et "polycentrique" (Félix Castan) dont elle avait le projet.

Mais -- et c'est le revers de ce revers -- une de nos valeurs les plus importantes est demeurée vivace en nous : celle de la curiosité pour les autres peuples, pour l'Autre en général. Peuple caméléon, parfois jusqu'à la frivolité ou la folie individuelle, le peuple occitan s'est toujours saisi de ce qu'il trouvait bien chez les autres pour le faire immédiatement sien.Montaigne

Mentalité qui remonte loin et qui nous amène à l'époque de la découverte des "sauvages" américains : est-ce un hasard si c'est Montaigne, un gascon, qui s'est donné partout comme le premier "relativiste" d'Europe, mettant en évidence, contre la majorité de ses contemporains du 16ème siècle, l'existence d'une civilisation amérindienne dont on ne doit pas juger les valeurs à l'aune des nôtres, plaidant contre la folie destructrice de "nos civilisateurs".

Lahontan2Moins connu, le baron de La Hontan, un autre gascon, incarne, face à la mesure du Bordelais, la démesure de l'Occitan qui s'oublie lui-même jusqu'à devenir l'Autre : déserteur de l'armée, il est un des premiers Français à s'installer au Québec et à vivre chez les Hurons plutôt que de les combattre. Avant Rousseau, il inventera dans ses livres, le mythe du "bon sauvage".

Folies d'hier, folies d'aujourd'hui. Entre la perpétuation des ethnocides et la mythification de l'Autre, une voie nouvelle est à trouver. Soyons-en sûrs : les Indiens n'attendent pas de nous que nous les enterrions sous nos éloges ou nos naïves rêveries d'un monde "pur", d'une société "naturelle".

Le meilleur service à leur rendre, et donc à nous rendre, est de pratiquer ici et tous les jours, à tous les instants et dans toutes les circonstances, les valeurs dont nous parons l' "indianité". C'est ce que nous apprend la philosophie occitane.

C'est elle que nous essayons de mettre en pratique dans ce quartier (Arnaud-Bernard de Toulouse) où tant de couleurs cohabitent. C'est elle que pratique l'association OK-OC quand, loin des festivités à la mode, elle noue avec les Osages des rapports fondés sur des relations historiques et engagés humainement, personnellement, pour le long terme.

Claude Sicre et Francis Blot (décembre 1992)

Bibliographie :

Montaigne : les Essais ; baron de La Hontan : Dialogue, voyages ; Félix Castan : Manifeste multiculturel et anti-régionaliste ; Claude Sicre : Vive l'Américke.

08 janvier 2009

Cinq siècles de résistance (1/2)

La fierté retrouvée

En 1992 l'association OK-OC célébrait cinq siècles de résistance indienne... et occitane. C'était l'année où le monde occidental fêtait le cinq centième anniversaire de "la découverte de l'Amérique". Nous avions voulu, en invitant les délégués de huit tribus indiennes d'Oklahoma, marquer notre désaccord avec cette posture de mépris envers les peuples autochtones d'Amérique. Nous avions vu juste en annonçant le réveil des Amérindiens, les dix-sept années écoulées l'ont amplement démontré. Nous reviendrons dans un prochain article sur nos manifestations de "L'été indien 1992". Aujourd'hui, voici un extrait d'un livre de Jean Ziegler qui vient de paraître.

Aymara2

le drapeau des Aymaras

« Au cours des cinq cents ans passés, l'appartenance indienne a été vécue en Amérique de deux façons contradictoires : soit comme un stigmate imposé par le regard occidental et intériorisé dans la honte, soit comme une dignité bafouée, un refuge identitaire et une espérance pour la libération à venir.
Jamais en tout cas, durant ces cinq siècles, la braise ne s'est éteinte sous la cendre.
Quels sont les événements qui ont provoqué cette formidable renaissance indienne ?
En Bolivie, la rupture complète avec l'
État colonial, née d'un rejet profond, définitif de l'Occident, s'annonçait en 1992 déjà. L'État colonial et son gouvernement blanc s'apprêtaient à célébrer par des fêtes grandioses et en compagnie de nombreux invités, notamment venus d'Europe, le cinq centième anniversaire de la "découverte des Amériques" par Christophe Colomb.

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C'est en effet le 12 octobre 1492 que la Santa Maria, la Pinta et la Nina avaient accosté à Guanahani, une des îles de l'archipel des Lucayes (Bahamas). La somptueuse fête d'anniversaire, le défilé militaire, les cérémonies diplomatiques devaient se dérouler à La Paz du 12 au 14 octobre.

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Lapaz2Sur le Prado, devant la colonne de marbre blanc où trône le "Découvreur" et dans la cathédrale de la plaza Murillo, un Te Deum était prévu en présence de dizaines de cardinaux, d'évêques et d'archevêques venus de toute l'Amérique latine et d'Europe.

Or, au matin du 12 octobre, alors que s'annonçait une belle journée du printemps andin, plusieurs centaines de milliers d'Aymaras, de Quechuas, de Moxos, de Guaranis habillés en costumes traditionnels, quenas et bajons en tête, les femmes portant les enfants les plus jeunes dans des couvertures de laine de lama sur leur dos, convergèrent vers le canyon de La Paz.

Aymara1

Les Indiens conspuèrent Christophe Colomb, renversèrent les tribunes d'honneur et occupèrent la capitale pendant quatre jours. Sur toutes les places de l'immense ville, à la nuit tombée, des feux de bois furent allumés. Les Indiens y cuisinèrent leur quinoa. Une fumée noire recouvrit la ville.

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L'effroi saisit les Occidentaux. Au matin du cinquième jour, les Indiens remontèrent le canyon pour regagner pacifiquement leurs communautés sur l'Altiplano et leurs bourgs et villages dans les terres basses.

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Les voies de l'Histoire sont énigmatiques. L'occupation de La Paz par les Indiens en octobre 1992, cet événement qui avait tant traumatisé les Occidentaux, n'avait apparemment été qu'une manifestation isolée. En réalité, elle annonçait la tempête à venir. »

Jean Ziegler ; La haine de l'Occident ; Albin Michel - 2008

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Professeur de sociologie à l'université de Genève, Jean Ziegler est aussi Rapporteur spécial de la commission des droits de l'homme de l'ONU pour le droit à l'alimentation.

02 janvier 2009

Soigner le Monde (4/4)

Une culture pour soigner le Monde

xocci

BernardDeVentadourLa culture occitane, la première en Europe après l’Antiquité, donne naissance aux alentours de l’an Mil à une littérature qui pose les fondements de la littérature européenne. Son importance et son influence sont étudiées dans plus de cent universités du monde entier. Des Troubadours jusqu’à nos jours, ses vertus décapantes ne cessent de surprendre et aident à vivre.

L'année 2009
marquera le 800ème anniversaire du début de la Croisade contre les Albigeois, car c'est ainsi que l'on désignait en 1209 les gens du sud de la France, les Occitans comme on dit aujourd'hui. Bien entendu, un tel anniversaire ne se fête pas. Nous allons en revanche rendre hommage au courage de nos ancêtres et célébrer leur résistance qui ont permis à notre culture, notre langue et nos valeurs de traverser les siècles.

Bernard de Ventadorn, Troubadour  médiéval


Le temps est venu où le laurier va reverdir

Kihekah

Bona Annada

30 décembre 2008

Soigner le Monde (3/4)

Des mots pour soigner le Monde

Site Internet des Premières Nations

cercle_de_vieLes nations autochtones ont une spiritualité bien vivante qui repose sur la communion profonde de l'humain avec la vie animale, la nature et la Terre. Cette spiritualité est une expérience millénaire dans laquelle tout est sacré. Le point de départ de cette spiritualité est le grand cercle.

Commun à de nombreuses sociétés traditionnelles des trois Amériques, le cercle constitue une approche globale de la compréhension de la vie et des êtres vivants.

Dans le cercle, tous les éléments de la création, soit les humains, les animaux, les plantes, l'air, le feu, l'eau, la terre, les étoiles, etc. forment un tout indivisible. Il n'existe aucune suprématie d'un élément sur un autre. Tous sont sur un même pied et une chaîne infinie de relations unit tous ces éléments égalitaires.

Tout doit être mis en oeuvre pour atteindre et conserver cet équilibre, car la survie et le bien-être de chacun en dépendent.

Nicolas Hulot

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L’image qui revient le plus souvent dans les paroles des Indiens est celle d’un cercle, parce qu’elle symbolise les commencements et les fins ultimes, la continuité qui unit naissance et mort. Mais elle exprime aussi une vision plus large qui lie l’homme au cosmos — comme un écho à « La vie est probablement ronde » de Van Gogh.

Genèse, 1, 28

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Soyez féconds et prolifiques, remplissez la Terre… et soumettez-la.

Albert Jacquard

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Soumettre la Terre, cela devait sembler bien utopique, il y a trois mille ans. Au départ il ne s’agissait que de « soumettre » la Terre. Aujourd’hui nous constatons que nous nous soumettons nous-mêmes. Car l’Homme est aussi un objet parmi d’autres ; il fait partie de la Terre ; il ne peut la soumettre sans se soumettre lui-même. Là encore nous sommes victimes de la finitude de notre domaine. Tout est boomerang.


Chef Seattle

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La terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre


Les Anciens d’un village hopi

VillageHopi_Supawlavi

village de Tupawlani, Arizona

Hopi_BraveDans tout le pays, les eaux sont infectées, les sols éventrés et souillés, l’air complètement pollué. Nombreuse est la faune qui meurt empoisonnée par les déchets industriels.

Nous avons le devoir de vous informer que toute vie sera quasiment détruite si l’humanité ne retourne pas vers une vie de paix et d’harmonie avec la Nature — nos prophéties nous confèrent cette responsabilité.

Jean Clottes

Clottes1Clottes2

Lorsque des voyageurs venus d’Europe occidentale commencèrent à explorer les parties du monde les plus lointaines, ils se trouvèrent confrontés à des croyances et des pratiques religieuses qui leur parurent étranges, voire terrifiantes. A toutes les périodes et en tous lieux, des gens ont connu des états de conscience altérée extatiques ou frénériques et des hallucinations.Toutes les cultures, y compris celles du Paléolithique supérieur, ont été confrontées d’une façon ou d’une autre à ce problème d’états de conscience différents. Certaines — bien entendu pas toutes — ont suscité des chamanes.

Jean Malaurie

Malaurie

" Nous sommes des veilleurs de nuit face à une mondialisation sauvage, à un développement désordonné. Si nous n’y prenons garde, ce sera un développement dévastateur. La Terre souffre. Notre Terre Mère ne souffre que trop. Elle se vengera. Et déjà les signes sont annoncés. "

J. M.

24 décembre 2008

Soigner le Monde (1/4)

La terre est malade


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Terre nourricière des Occidentaux, Terre-Mère des Indiens d’Amérique, la planète bleue, que les cosmonautes, émerveillés, contemplaient depuis les stations orbitales, est malade de ses enfants. Les jours du monde, tel que nous le connaissons, sont comptés.

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Montréal : LaTerre Mère, d'après une cosmogonie des Hurons-Wendats

Le concept amérindien de Septième Génération — ne rien entreprendre qui puisse porter préjudice aux générations futures jusqu’à la septième —  interpelle les générations actuelles. Les peuples originaires d’Amérique retrouvent aujourd’hui leur culture, leurs traditions, leur passé et leur fierté. Cette prise de conscience renforce leur cohésion et leur détermination à agir maintenant pour les générations futures. Nous, les Européens, avons déjà beaucoup appris des Indiens d’Amérique ; il nous reste encore bien des choses à apprendre d’eux afin d’avancer sereinement dans le troisième millénaire. Mais nous avons aussi des ressources à partager, puisées dans notre riche culture occitane.
Les destins indien et occitan se sont plusieurs fois croisés au cours de l’histoire. Nous renouons avec cette tradition.

Le Monde est malade.

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jcd

Fidèle à sa tradition empruntée aux Guerriers de l’Arc-en-Ciel, l’association Oklahoma-Occitania  ne baisse pas les bras et entreprend, à son niveau, un processus de guérison. (à suivre)


GAC2

Les guerriers de l'arc-en-ciel sur la place du Capitole. Toulouse, juin 2001

http://oklahoccitania.canalblog.com/archives/2007/09/05/5968105.html

21 novembre 2008

Pour un autre rapport au temps et à l'espace

Indian Time


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Indian Time 3 (*)

L’expression est habituellement accompagnée d’un geste désinvolte. Rien ne presse ; on verra ça demain… ou plus tard. Nous sommes dans l’ « Indian Time », c’est à dire en dehors du temps efficace qui est celui du business, du time is money, des compétitions sportives, scolaires et économiques.

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Moi, qui suis un ancien, j’ai du mal à courir partout. J’ai connu un autre rapport au temps auquel correspondait un autre rapport à l’espace. L’espace utile, c’était celui du voisinage, de la communication directe, en temps réel, avec des moyens adaptés à ces échelles. C’était le temps où, pour le citadin, le plaisir simple de la cueillette des champignons passait par un parcours à bicyclette d’une distance variant de cinq à quinze kilomètres… et retour. Un effort qui raréfiait le vandalisme et encourageait une récolte parcimonieuse.

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L’espace utile s’est mondialisé, la communication s’est médiatisée, l’automobile s’est climatisée (ce qui est fort utile pour conserver intacts jusqu’à la ville les trente kilos de cèpes qui seront transférés du coffre au congélateur pour être consommés, parfois, deux ou trois ans plus tard… Indian Time !)

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DupuyL’automobile, justement, parlons-en, ou plutôt citons Jean-Pierre Dupuy qui a calculé que « le Français moyen consacrait plus de quatre heures par jour à sa voiture, soit qu’il se déplaçât d’un point à un autre dans son habitacle, soit qu’il la bichonnât de ses propres mains, soit surtout qu’il travaillât dans des usines ou des bureaux afin d’obtenir les ressources nécessaires à son acquisition, à son usage et à son entretien. […] Si l’on divise le nombre moyen de kilomètres parcourus, tous types de trajets confondus, par cette durée (ou "temps généralisé"), on obtient quelque chose de l’ordre d’une vitesse. Cette vitesse, que nous avons nommée "généralisée", est d’environ sept kilomètres à l’heure, un peu plus grande, donc, que la vélocité d’un homme au pas, mais sensiblement inférieure à celle d’un vélocipédiste. »[1]

 

On mesure le progrès accompli en un siècle ! Les accélérations vertigineuses auxquelles nous sommes tous soumis (essayez donc de rouler à soixante kilomètres à l’heure, vous serez un « danger public »), nous infligent le stress, mal du siècle dont on ignore même le nom français. La multiplication des dérèglements psychiques engendre des dérèglements sociaux. Nous vivons la mondialisation des Temps modernes.

horlogcapitole

L'horloge du Capitole à Toulouse
 

Alors, Indian Time ? Ne faudrait-il pas aujourd’hui réactualiser la formule, introduire un nouveau rapport au temps et à l’espace ? Impossible, objectera-t-on, sans changer d’abord les mentalités. Les calculs du genre de ceux du professeur Dupuy, qui intègrent tous les paramètres d’un système, peuvent certainement y aider. Auront-ils une force de persuasion suffisante pour dévier et ralentir une situation qui s’oriente « à fond la caisse » vers une catastrophe ? Rien n’est moins sûr.

 

L’enjeu, paradoxal, est donc le suivant : vivre avec son temps au régime de l’Indian Time. En d’autres termes le problème s’énonce : comment moderniser et crédibiliser l’Indian Time ?


dernier

(dessin de Frédéric Figeac)

Ara qu'avèm tot acabat

fuman la pipa sens tabac

(maintenant que nous avons tout terminé, nous fumons la pipe sans tabac)

 


 

[1] Jean-Pierre Dupuy ; Pour un catastrophisme éclairé ; Seuil, mars 2002

dupuy_jeanpierreJean-Pierre Dupuy (Polytechnique/univ. de Stanford)
Jean-Pierre Dupuy est philosophe et disciple de René Girard, il enseigne à l’École Polytechnique et à l’Université de Stanford. Il vient de publier Pour un catastrophisme éclairé, quand l’impossible est certain (Seuil).

(*) Indian Time est une série de variétés immensément populaire qui met en vedettes les meilleurs musiciens, comédiens et danseurs amérindiens tels Buffy Sainte-Marie, Shingoose et Charlie Hill. Indian Time 3 combine les variétés et la comédie et porte un regard unique sur quelque 500 ans de relations entre les peuples autochtones et les Européens qui se sont implantés en Amérique. http://www.telefilm.gc.ca/data/production/prod_2586.asp?cat=TV&g=VAR&y=2003

19 octobre 2008

Penser autrement...

La pensée liseron

liseron


Au jardin, les convolvulacées sauvages s’enroulent autour de la tige rigide de la plante qui leur sert de support. C’est leur façon de progresser vers la lumière.


Sur l’autoroute les voitures sauvages foncent en ligne droite. C’est ainsi qu’elles progressent vers on ne sait quels buts.

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A l’aube des temps, les hommes « sauvages » tournaient en rond, tranquillement, imperturbablement.

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Le cercle, la ligne droite. Deux modèles pour représenter des pensées totalement étrangères l’une à l’autre.

La pensée linéaire est la nôtre, celle des peuples occidentaux, disons plutôt des sociétés de haute technologie. Le progrès, l’innovation en sont les puissants moteurs ; l’argent est le carburant ; la concurrence, la compétition en sont les stimulants. Chacun pour soi et Dieu pour tous. Que le meilleur gagne. A moins qu’un jour nous ne perdions tout. Tous ensemble !

« Croissez, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ». Aujourd’hui, la terre est soumise. L’homme moderne, phénomène géologique, l’a bouleversée, remodelée, défigurée, ridiculisée. Il pense l’avoir embellie.



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La pensée circulaire est celle des peuples autochtones qui continuent à appliquer, en les adaptant bien sûr, les principes hérités des ancêtres. Cette façon de penser n’a pas la prétention de soumettre. A l’inverse l’être humain se soumet aux lois de la nature et se solidarise avec tout ce qui l’entoure. Le « cercle sacré » en est le symbole. Voici, emprunté au site Internet des Premières Nations du Canada, la description que donnent les autochtones eux-mêmes de cette pensée circulaire :

« Dans le cercle, tous les éléments de la création, soit les humains, les animaux, les plantes, l'air, le feu, l'eau, la terre, les étoiles, etc., forment un tout indivisible. Il n'existe aucune suprématie d'un élément sur un autre. Tous sont sur un même pied et une chaîne infinie de relations unit tous ces éléments égalitaires. Dans la pensée circulaire, tous les éléments, tant les humains, les animaux, les monstres que les morts, vivent une constante interaction. Entre ces éléments, la recherche de l'équilibre et le maintien de l'harmonie deviennent des préoccupations de tous les instants qui orientent et conditionnent la vie et les actions de tous.[...]»

Ce mode de pensée a longtemps été considéré comme une entrave au développement : il entretenait le conservatisme. Il fallait donc éliminer ces cultures. Ce sera le premier des plus grands génocides de l’histoire, commencé voici cinq siècles. Mais, depuis cinq siècles, des peuples amérindiens résistent à l’écrasement. La pensée circulaire n’a pas disparu. Cela mérite que l’on s’interroge. D’autant plus que les sociétés occidentales aboutissent à de sérieuses impasses et posent aujourd’hui plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. Le progrès lui-même, comme valeur fondamentale, est remis en cause. Alors, faut-il revenir au temps de la lampe à huile et de la chasse à l’arc ? Sans vouloir bloquer net toute évolution (interrompre la ligne), ni retourner au passé (retrouver le cercle), ne serait-il pas possible de concilier les deux conceptions ?

liseron2Retour au jardin. Le liseron, famille des convolvulacées, nous propose une solution. La courbe hélicoïdale qu’il décrit n’est autre qu’un cercle étiré selon une ligne droite perpendiculaire à son plan. Appliqué aux manières de penser ce modèle répond à l’exigence de synthèse. Il est à la fois une progression, une marche en avant, donc un développement, en même temps qu’un retour régulier aux sources, un regard vers l’arrière, une mémoire, donc une cohérence. Il suffirait ainsi de corriger la pensée linéaire en lui rendant des valeurs empruntées à la pensée circulaire telles que la parcimonie, le respect (de la Terre-Mère, d’autrui, des traditions et des cultures, de soi-même), la solidarité, l’esprit de groupe, la sagesse, la responsabilité, le détachement matériel, la générosité, et bien d’autres.

On n’arrête pas le progrès, dit-on. Certains y avaient pourtant bien pensé lorsqu’ils proposèrent d’arrêter net toute forme de développement au nom du respect des équilibres, de la gestion des ressources, de la pollution. Restons-en là, dirent-ils, et décrétons la fin du développement.

Et nous ? répondirent en chœur les pays « en voie de développement ». Vous en parlez bien à votre aise vous qui vivez dans l’opulence et le confort. Votre progrès, votre confort, votre opulence n’ont pu être obtenus qu’au moyen d’une mise en coupe réglée de nos pays, réduits en esclavage, exploités par un colonialisme arrogant et destructeur. Nous voulons, nous aussi, nous développer, nous sommes contre le statu-quo qui nous maintiendrait dans la dépendance et la pauvreté. Qu’avez-vous à nous répondre ? Rien. Ils n’avaient rien à répondre. C’était le blocage.

C’est alors qu’intervint le développement durable. C’est à dire la synthèse, la pensée hélicoïdale. Le développement, c’est ce qui revient à la ligne droite ; le durable, c’est ce qui appartient au cercle.liseron1



Adopter l’esprit du développement durable, c’est donc s’installer dans un nouveau mode de pensée et s’en donner les moyens. Le premier serait de nous aider à forger le concept dans sa nouvelle acception. Que ceux qui ne savent pas forger se souviennent que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Un autre moyen serait de s’informer, d’urgence, d’aller chercher l’info partout où elle se trouve. Et que ceux qui ne savent ni où ni comment s’informer se disent bien que c’est en lisant qu’on devient… liseron.

Jean-Claude Drouilhet

07 octobre 2008

Vivre sa culture aujourd'hui...

Entre tradition et modernité


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Il nous arrive parfois, à OK-OC, de rencontrer des personnes, souvent de bonne foi mais un peu naïves, qui regrettent le bon vieux temps où les Indiens parcouraient à cheval les prairies du Far-West à la poursuite des bisons ou des... diligences. Ces victimes de Hollywood ne connaissent rien des Premières Nations américaines d'hier ou d'aujourd'hui, sinon les stéréotypes qui encrassent leurs esprits et nourrissent leurs rêves un peu niais.
C'est notre travail, depuis bientôt vingt ans, d'essayer de leur faire entrevoir la vérité historique et la place qu'occupent les premiers Américains dans le monde moderne.


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omedoc

Parallèlement nous nous efforçons de faire comprendre à nos compatriotes que les Occitans ne vont plus que très rarement en sabot par les chemins et qu'ils existent encore, fiers de leur identité, de leur langue et de leur culture millénaire.

Vivre sa culture, occitane ou amérindienne, dans un monde moderne est-ce possible ? Il faut pour cela se débarrasser du carcan "folkloriste". Toute culture évolue, s'adapte, ou meurt. Tant pis pour les "puristes", les nostalgiques, ceux qui regrettent le temps des tipis comme celui des chaumières. Qu'ils prennent une fourche et s'en aillent faner aux champs ; ou encore un arc, un carquois, des flèches et partent chasser le lièvre.

Voici, pour terminer ce qu'écrit Davi Kopenawa, chamane Yanomami du Brésil, dans le N°35 du magazine Okâ'Mag (P.22)*

Davi_Kopenawa_Yanomami"Ce n'est pas que les Yanomami ne veulent pas du progrès, ou d'autres choses que les Blancs possèdent. Ils veulent simplement avoir la possibilité de choisir et refusent d'être poussés au changement, qu'ils le veuillent ou non. Je ne dis pas que je suis contre le progrès. Je pense que c'est une bonne chose lorsque les Blancs viennent chez les Yanomami pour enseigner la lecture et l'écriture et d'autres façons de planter et d'utiliser les plantes médicinales. Pour nous, c'est cela le progrès. En revanche, nous ne voulons pas des compagnies minières qui détruisent les forêts et des orpailleurs qui apportent de nombreuses maladies. Ces Blancs doivent respecter notre terre yanomani. Les mineurs apportent des armes à feu, l'alcool et la prostitution et détuisent toute la nature où qu'ils aillent. Pour nous, cela n'est pas le progrès. Nous voulons le progrès sans la destruction."

*Oka.Mag' est le magazine bimestriel des actualités amérindiennes. Il est entièrement publié en langue française. Associaton Oka.Mag' , 11 rue Abel-Azor - 97310 Kourou (Guyane française) - http://www.okamag.fr







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