03 août 2009
Un Crow du Montana :
Kevin Dust
sera L'un des invités d'OK-OC
à l'Eté Indien 2009
Cette année encore, du 10 au 20 octobre, l'association Oklahoma-Occitania se prépare à recevoir des invités amérindiens parmi lesquels des Osages.
D'autres nations indiennes seront aussi représentées. C'est notre ami Kevin Dust, un Crow du Montana, fidèle habitué de nos rencontres, que nous vous présenterons brièvement aujourd'hui.

Kevin a été l'un des acteurs de la série "Tropiques amers" en cinq épisodes, diffusée sur France3 en 2007

L'une de ses spécialités est la danse des cerceaux, un exercice acrobatique dans lequel il excelle. Mais aussi une forme d'expression de la spiritualité amérindienne que l'on découvrira avec plaisir dans la vidéo signalée ci-dessous : Kevin Dust y est présenté par son amie Josiane Balasko dans une émission de Michel Drucker
http://www.youtube.com/watch?v=AEbwP5yxw8U
Si vous visitez ce blog pour la première fois et si vous souhaitez être informé(e) régulièrement sur le programme et les invités de notre "Eté Indien 2009" n'hésitez pas à vous abonnez au blog d'OK-OC

29 juin 2009
Tous cousins ? (4/4)
Tous cousins ?
( feuilleton préhistorique )
Nous reprenons
aujourd’hui le dossier (r)ouvert par plusieurs chercheurs des Etats-Unis sur
l’origine des premiers Américains et dont rend compte le numéro de février du
magazine Discovering Archeology.
Certains chercheurs américains pensent que des humains ont pu traverser le Pacifique et coloniser l’Amérique du Sud avant l’arrivée des premiers occupants de l’Amérique du Nord. Cette théorie est basée sur des sites tels celui de Monte Verde au nord du Chili et Tiama-Tiama au nord du Venezuela qui semblent être plus anciens que les sites les plus vieux d’Amérique du Nord. Une preuve biologique suggère que certains des plus anciens squelettes d’Amérique du Sud puissent présenter des similitudes avec les habitants de la Polynésie et de l’Australie.
Ainsi, non seulement certains des premiers Américains seraient venus à pied par l’isthme de Behring, mais d’autres seraient arrivés par la voie transatlantique, Pacifique ou Atlantique, d’Asie, de Polynésie, d’Australie et d’Europe. Un brassage génétique plus ou moins important de ces populations aurait abouti à un métissage, ce qui expliquerait à la fois la diversité et l’unité des Amérindiens.

Pour aussi séduisante qu’elle soit, « l’idée d’une arrivée directe des Européens en Amérique n’est pas neuve », comme nous le faisait remarquer Madame Edmée Ladier, conservateur en chef du Musée d’Histoire Naturelle de Montauban.

Selon elle, il s’agit d’un « fantasme qui a déjà été traité par l’un de nos concitoyens montalbanais dans les années 1930. » Madame Ladier nous joint une extrait du Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-Garonne de 1932 dans lequel l’auteur, Charles Boudou, membre de la Société, après avoir compilé plusieurs autres auteurs qui classifient les diverses « races de Peaux-Rouges » écrit notamment :
« Nos Magdaléniens, lorsque le glacier scandinave eut perdu du terrain à l’ouest, auraient émigré vers le Groenland par les Iles Britanniques, les Orcades et l’Irlande [...] Anatomiquement et ethnographiquement, les Esquimaux de l’Est sont les plus proches de notre race de Bruniquel et de Cro-Magnon, dont les données de la Paléontologie et de la Préhistoire nous font descendre [...] »
Du point de vue de Madame Ladier, les arguments présentés dans cette communication, quoique différents, sont aussi peu solides que ceux des chercheurs américains. Ces derniers, assure-t-elle, «semblent faire montre de légéreté». C’est également l’avis de ses collègues préhistoriens à qui elle a montré l’article de Discovering Archeology. « Il y a aussi des questions techniques [...] qui dans l’état actuel des connaissances rendent « la parenté Clovis-Solutréen absolument improbable », conclut Edmée Ladier.
Ainsi, comme annoncé dans un précédent article du « feuilleton préhistorique », la controverse commence à s’animer. Contentons-nous de suivre le match et attendons le prochain service... (à suivre, peut-être)
J-C. Drouilhet

30 mars 2009
Anadarko, Oklahoma...
Chronique d'une mort annoncée :
Celle de la langue WICHITA
Doris Lamar McLemore : " je suis la dernière personne à parler la langue wichita "
Il y a une quarantaine d'années, plusieurs centaines de personnes parlaient encore la langue wichita .
Doris Lamar McLemore, 82 ans, est devenue la dernière personne capable de parler couramment la langue de son peuple. Elle se souvient de l'époque où tout le monde autour d'elle parlait la langue Whichita. Aujourd'hui, tous ont disparu. Doris utilise un magnétophone pour enregistrer ce qu'elle voudrait transmettre. Elle ne sait pas comment écouter ce qu'elle a enregistré mais elle sait très bien comment le mettre en marche son magnéto quand un mot ou une phrase lui vient à l'esprit.
La perte de la conversation a été si progressive qu'elle n'a rien vu venir. Des générations d'anciens sont décédés ces dernières décades sans qu'elle ait vu arriver ce triste jour. " Je ne m'attendais pas à être la dernière locutrice ; je n'aurais jamais imaginé cela ", dit-elle
La langue wichita est l'une des 199 langues en danger, ce qui signifie qu'il ne reste pour chacune qu'une dizaine d'anciens capables de la parler couramment, d'après l'UNESCO.
Comme cela a été dit par ailleurs ce sont quelque 2500 langues qui sont en danger d'extinction ou qui se sont récemment éteintes, emportant avec elles des poèmes, de légendes et de proverbes.
Tout serait-il perdu ? Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir dit le proverbe. C'est ce qu'ont mis en application les Osages en lançant, voici cinq ou six ans, un vaste programme de reconquête de leur langue maternelle. Ils en étaient au même point que les Wichitas : leur dernière locutrice, Mrs Lucille Robedeaux venait de mourir. Aujourd'hui ils sont plusieurs centaines à parler la langue des ancêtres.
La langue occitane n'en est pas arrivée là, heureusement ! Elle a, pour la soutenir, plus de mille ans de littérature ininterrompue. C'est un patrimoine inestimable qu'il nous appartient de défendre et valoriser. Et c'est l'affaire de nous tous ! Adiusiatz.
Qui sont les Wichita ?

Ils se nommaient eux-mêmes Kirikitishs (sans doute les vrais hommes). Leur langue appartient au groupe Caddoan. Venus du sud ils étaient cultivateurs de maïs, de courges et de tabac dont ils faisaient commerce avec les autres tribus. Ils devinrent plus tard des chasseurs de bisons.
Les Wichita étaient au Kansas quand Coronado les croisa en 1541. Le premier traité fut signé en 1835 avec le gouvernement fédéral. Ils demeurèrent en Oklahoma jusqu'au début de la guerre de Sécession puis furent déplacés au Kansas. En 1867 ils retournèrent définitivement dans le sud de l'Oklahoma.

pour entendre parler la langue wichita et visionner l'interview de Doris,
28 février 2009
Les gens du voyage
Mon pote le Manouche
Les gens du voyage
Vidéo envoyée par okoc-82
Depuis qu'elle existe, l'association Oklahoma-Occitania a voulu que les peuples se rencontrent et échangent leur culture. Jusqu'ici nous avons mis en présence les Occitans, les Osages (et d'autres Amérindiens), les Manouches, les Rwandais et les Burkinabés.
Les Manouches constituent une branche du peuple tsigane. Leur mode de vie a toujours inquiété les populations sédentaires. Les autorités les contraignent à se sédentariser. Ils perdent peu à peu leur culture et leur langue, donc leur identité. Ce qui ne les empêche pas de lutter pour résister à ce nivellement culturel. Une lutte qui rejoint celle des Amérindiens, des Occitans et de bien d'autres peuples. La vidéo que vous allez visionner exprime bien cette convergence. Comme pour les Indiens, il faut apprendre à regarder les Tsiganes, (les Indiens, les Occitans et tous les autres peuples) pour ce qu'ils sont réellement et non tels qu'on les imagine à travers les stéréotypes qui les méprisent.
Joseph Steinbach exprime ces idées dans la vidéo mieux que quiconque ne saurait le faire. Il est accompagné de Tchita Bauer (traductrice) et de la jeune Jessy Daumas (l'une des trois filles d'Alain et de Maria Daumas, une sympathique famille manouche dont je vous reparlerai bientôt)

g. à d.
Maria Daumas (Manouche) ; Clifford Moar (Innu ) ; Alain Daumas (Manouche) ; Kevin Mustus (Stoney ) ;
J-C. Drouilhet (Occitan) ; Jessy Daumas (Manouche) ; José Baptiste (Manouche)
11 janvier 2009
Cinq siècles de résistance (2/2)
Octobre 1992 en Occitanie
En 1992 l'association OK-OC célébrait cinq siècles de résistance indienne... et occitane. C'était l'année où le monde occidental fêtait le cinq centième anniversaire de "la découverte de l'Amérique". Nous avions voulu, en invitant les délégués de neuf tribus indiennes d'Oklahoma, marquer notre désaccord avec cette posture de mépris envers les peuples autochtones d'Amérique. Neuf tribus d'Oklahoma étaient représentées : Osage, Cherokee, Kiowa, Navajo, Chickasaw, Pawnee, Seminole, Choctaw, Ponca.

SÉCURITÉ DU TERRITOIRE
Nous combattons le Terrorisme depuis 1492
Est-il nécessaire de préciser que nous recevions des survivants du premier grand génocide de l'histoire de l'Humanité. Un "génocide oublié", disions-nous, car personne n'en parlait. En cette année de célébration de la "Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb", nous allions pousser notre petite note discordante dans un concert symphonique consensuel. Juste pour voir. Nous avons reçu des guerriers culturels amérindiens dans un pays de Résistance, le pays occitan. Ce fut L' ESTIU INDIAN ' 92.
Pour commencer nous avons jalonné le territoire, marqué la présence des tribus indiennes sur la terre occitane en offrant symboliquement des parcelles de notre territoire aux diverses tribus: au Jardin des Plantes de Montauban, au Rond des Osages, également à Montauban, à Lafrançaise, à Saint Nicolas de la Grave, à Albias, à Lisle-sur-Tarn, à Beauville. Ainsi les Indiens allaient être chez eux chez nous. Le don symbolique de ces parcelles de territoire était une façon d'inverser la relation à la terre par rapport à la spoliation subie par les peuples colonisés.
Nous avons aussi présenté trois expositions : "l'amer Indien" avec les œuvres de Michel Batlle, artiste peintre de grande renommée ; "Indians de totas las colors" de Robert Marty, président de l'Institut d'Etudes Occitanes (IEO) ; "Expo indienne" de Jacques et Francine Diez.
Nous avons symboliquement évoqué la résistance occitane à l'écrasement culturel, grâce aux "gravures au rouleau compresseur" exécutées "in live" par Michel Batlle et son équipe
Nous avons défilé dans les rues de Montauban le jour du 14 juillet, pour exprimer l'idée que la fête nationale n'est pas seulement une affaire de militaires (le 14 juillet 1789, à la Bastille, les civils étaient du bon côté, quant aux militaires...). Voir défiler des Indiens à cheval un jour de 14 juillet en France, c'était un événement que les grands médias ont ignoré (à croire que seules les futilités les intéressent !)
inauguration du rond des Osages
Montauban 14 juillet 1992



Inauguré le 14 juillet 1992, le rond des Osages, dont les symboles sont expliqués dans un autre article de ce blog, devait subir dès le lendemain un premier outrage : la plaque émaillée qui le signalait était volée et fut remplacée quelques jours plus tard par une nouvelle plaque.
inauguration de l'expo "L'amer Indien"



Le maire Hubert Gouze et la préfète Bernadette Malgorn inauguraient cette expo de Michel Batlle. On voit ici le maire remettre la médaille de la ville à Vanessa Jennings (Kiowa) et à Vanessa Williams (Cherokee)
Parade du 14 juillet à Montauban

A cheval au premier plan : Jim Burgess, Seminole

Le cortège remonte la rue de la mairie et se rend au Carrefour des Martyrs où une gerbe doit être déposée.
Quatre Résistants furent pendus à ces acacias le 24 juillet 1944 par les SS de la division Das Reich. Aujourd'hui, le souvenir d'André Castel, Henry Jouany, André Huguet et Michel Melamed est à jamais lié au destin de ces arbres.
Gravure au rouleau-compresseur
En cette matinée du dimanche 14 juillet 1992, une équipe de plasticiens, sous la conduite bienveillante d'un "chef de chantier" inhabituel, bien connu dans les milieux artistiques d'avant-garde sous le nom de Michel Batlle, entreprenait une œuvre de création d'une originalité surprenante : la gravure au rouleau-compresseur. De quoi s'agissait-il ?

On a gravé le dessin sur une plaque métallique que l'on a enduite d'encre et que l'on recouvre ensuite d'une feuille de papier (format affiche)

On fait passer le rouleau compresseur là-dessus
On relève la feuille
Encore un peu...
Enfin on accroche l'œuvre à un séchoir improvisé à l'aide d'une ficelle tendue sur le mur de l'Ancien collège de Montauban.
Le message n'est pas difficile à décoder : 1. vous considérez une culture belle, vivante mais fragile (occitane, amérindienne ou autre) 2. elle se fait écraser par le rouleau-compresseur d'une culture dominante. 3 et 4. elle se relève. 5. elle se tient à présent bien droite comme un laurier qui refleurit.
Voilà ce qu'il advient d'une culture lorsqu'elle résiste à une domination culturelle, un génocide culturel ou un terrorisme culturel.


Chevaliers cathares "faydits" d'Occitanie
08 janvier 2009
Cinq siècles de résistance (1/2)
La fierté retrouvée
En 1992 l'association OK-OC célébrait cinq siècles de résistance indienne... et occitane. C'était l'année où le monde occidental fêtait le cinq centième anniversaire de "la découverte de l'Amérique". Nous avions voulu, en invitant les délégués de huit tribus indiennes d'Oklahoma, marquer notre désaccord avec cette posture de mépris envers les peuples autochtones d'Amérique. Nous avions vu juste en annonçant le réveil des Amérindiens, les dix-sept années écoulées l'ont amplement démontré. Nous reviendrons dans un prochain article sur nos manifestations de "L'été indien 1992". Aujourd'hui, voici un extrait d'un livre de Jean Ziegler qui vient de paraître.

le drapeau des Aymaras
« Au cours des cinq cents ans passés, l'appartenance indienne a été vécue en Amérique de deux façons contradictoires : soit comme un stigmate imposé par le regard occidental et intériorisé dans la honte, soit comme une dignité bafouée, un refuge identitaire et une espérance pour la libération à venir.
Jamais en tout cas, durant ces cinq siècles, la braise ne s'est éteinte sous la cendre.
Quels sont les événements qui ont provoqué cette formidable renaissance indienne ?
En Bolivie, la rupture complète avec l'État colonial, née d'un rejet profond, définitif de l'Occident, s'annonçait en 1992 déjà. L'État colonial et son gouvernement blanc s'apprêtaient à célébrer par des fêtes grandioses et en compagnie de nombreux invités, notamment venus d'Europe, le cinq centième anniversaire de la "découverte des Amériques" par Christophe Colomb.

C'est en effet le 12 octobre 1492 que la Santa Maria, la Pinta et la Nina avaient accosté à Guanahani, une des îles de l'archipel des Lucayes (Bahamas). La somptueuse fête d'anniversaire, le défilé militaire, les cérémonies diplomatiques devaient se dérouler à La Paz du 12 au 14 octobre.

Sur le Prado, devant la colonne de marbre blanc où trône le "Découvreur" et dans la cathédrale de la plaza Murillo, un Te Deum était prévu en présence de dizaines de cardinaux, d'évêques et d'archevêques venus de toute l'Amérique latine et d'Europe.
Or, au matin du 12 octobre, alors que s'annonçait une belle journée du printemps andin, plusieurs centaines de milliers d'Aymaras, de Quechuas, de Moxos, de Guaranis habillés en costumes traditionnels, quenas et bajons en tête, les femmes portant les enfants les plus jeunes dans des couvertures de laine de lama sur leur dos, convergèrent vers le canyon de La Paz.

Les Indiens conspuèrent Christophe Colomb, renversèrent les tribunes d'honneur et occupèrent la capitale pendant quatre jours. Sur toutes les places de l'immense ville, à la nuit tombée, des feux de bois furent allumés. Les Indiens y cuisinèrent leur quinoa. Une fumée noire recouvrit la ville.


L'effroi saisit les Occidentaux. Au matin du cinquième jour, les Indiens remontèrent le canyon pour regagner pacifiquement leurs communautés sur l'Altiplano et leurs bourgs et villages dans les terres basses.

Les voies de l'Histoire sont énigmatiques. L'occupation de La Paz par les Indiens en octobre 1992, cet événement qui avait tant traumatisé les Occidentaux, n'avait apparemment été qu'une manifestation isolée. En réalité, elle annonçait la tempête à venir. »
Jean Ziegler ; La haine de l'Occident ; Albin Michel - 2008



Professeur de sociologie à l'université de Genève, Jean Ziegler est aussi Rapporteur spécial de la commission des droits de l'homme de l'ONU pour le droit à l'alimentation.
24 décembre 2008
Soigner le Monde (1/4)
La terre est malade

Terre nourricière des Occidentaux, Terre-Mère des Indiens d’Amérique, la planète bleue, que les cosmonautes, émerveillés, contemplaient depuis les stations orbitales, est malade de ses enfants. Les jours du monde, tel que nous le connaissons, sont comptés.

Montréal : LaTerre Mère, d'après une cosmogonie des Hurons-Wendats
Le concept amérindien de Septième Génération — ne rien entreprendre qui puisse porter préjudice aux générations futures jusqu’à la septième — interpelle les générations actuelles. Les peuples originaires d’Amérique retrouvent aujourd’hui leur culture, leurs traditions, leur passé et leur fierté. Cette prise de conscience renforce leur cohésion et leur détermination à agir maintenant pour les générations futures. Nous, les Européens, avons déjà beaucoup appris des Indiens d’Amérique ; il nous reste encore bien des choses à apprendre d’eux afin d’avancer sereinement dans le troisième millénaire. Mais nous avons aussi des ressources à partager, puisées dans notre riche culture occitane.
Les destins indien et occitan se sont plusieurs fois croisés au cours de l’histoire. Nous renouons avec cette tradition.
Le Monde est malade.


Fidèle à sa tradition empruntée aux Guerriers de l’Arc-en-Ciel, l’association Oklahoma-Occitania ne baisse pas les bras et entreprend, à son niveau, un processus de guérison. (à suivre)

Les guerriers de l'arc-en-ciel sur la place du Capitole. Toulouse, juin 2001
http://oklahoccitania.canalblog.com/archives/2007/09/05/5968105.html
24 novembre 2008
OKA.MAG'
Le Magazine des Amérindiens
de Guyane française

Récemment nous attirions votre attention sur le reportage paru dans le n° 36 d'OKA.MAG' concernant notre amie Ti'iwan Couchili, l'une de nos invité(e)s du dernier Printemps Indien d'OK-OC (Pour lire cet article, descendez dans le blog jusqu'à la date du 12 novembre)
Aujourd'hui c'est du magazine lui-même qu'il s'agit. Ce bimestriel, entièrement réalisé par des amérindiens est remarquable autant par la qualité de ses textes que celle de ses photos. Quant à la maquette elle se situe au niveau d'une haute qualité professionnelle. On y apprend l'histoire des six nations autochtones de ce département français (le plus grand de tous : sa superficie est l'équivalente de trois de nos régions), presque entièrement couvert de la forêt humide amazonienne.

Ces Indiens, citoyens français, le plus souvent ignorés en métropole, vivent dans des conditions précaires, mais trouvent néanmoins la force de faire vivre leurs cultures et de préserver autant que possible leur mode de vie. Soumis à de graves problèmes, dont l'empoisonnement de leurs rivières par l'orpaillage clandestin n'est pas le moindre, ils luttent courageusement pour faire reconnaître l'apport culturel des autochtones à l'identité guyanaise. En tant qu'Occitans, leur exemple ne peut que nous intéresser.
Récemment, à la faveur d'un article sur les chef coutumiers, l'auteur (AMDAY) n'hésitait pas à présenter le "chef coutumier des Français"

Vous l'aurez tous reconnu !
En ce moment OKA.MAG' recherche des points de vente en métropole. Si vous avez l'intention d'aider l'équipe à démarcher un marchand de journaux ou autre commerçant, n'hésitez pas à contacter (par e-mail : oka.mag@wanadoo.fr ) les responsables du magazine afin d'en connaître les conditions. Vous pouvez également nous poser vos questions en utilisant la rubrique "commentaires" ci-dessous
Le magazine est vendu en métropole au prix de 5 euros le numéro (3 euros en Guyane). On peut aussi s'abonner à OKA.MAG' 11 Rue Abel-Azor 97310 Kourou Guyane française (DOM TOM et France Métro : 12 mois = 6 numéros = 34 euros)
A visiter le site du magazine : www.okamag.fr/

04 octobre 2008
Chez nos amis de la Belle Province (3)
Wendake, le village Huron

En ce dimanche ensoleillé, nous allons, à l’instar de nombreux québécois, «bruncher» ; c’est un mélange de petit déjeuner et de repas de midi que l’on prend vers 11 heures, et qui est fait d’une multitude de petits plats.
Direction au nord jusqu’à Wendake à quelques 10 kilomètres du centre de Québec.


Wendake est une réserve de Huron-WendatHuron-Wendat, la seule du Canada, installée sur 1,1 km2 et comptant environ 1300 habitants. C’est un quartier de Québec et l’on franchit sans s’en rendre compte les limites de cette réserve : d’un côté de la rue, nous sommes à Québec et de l’autre à Wendake. Cette réserve est enclavée dans la ville régionale.

Mais des signes montrent bien que ce n’est pas tout à fait pareil même si les maisons se ressemblent faites de bardeaux de bois ou de synthétique, de métal peint aux couleurs vives. On remarque des tipis montés dans le jardin, des échoppes et magasins d’art indien, des noms de rue aux plaques évocatrices : rue du Loup, rue du Castor, rue de la Tortue, rue du Chevreuil ; on sent que la nature a voulue pénétrer dans la ville !
Il y a aussi la partie de la réserve où les rues portent le
noms des chefs. De petites entreprises de fabrication de raquettes, de canots
nous rappellent encore à la tradition indienne.
Et puis il y a ces mots ou inscriptions en langue inconnue ; qu’est ce que vous faites, vous, au volant de votre voiture quand vous voyez sur un panneau de signalisation le mot SETEN peint en grosse lettres rouges ? Heureusement, son environnement ne laisse aucun doute : vous vous arrêtez comme le suggère l’autre terme placé à son côté ARRÊT !

Nous voici donc dans cette réserve pour prendre le brunch qui nous attend dans un tout neuf complexe touristique, hôtel, restaurant, salles de séminaires, musée, que vient d’inaugurer la communauté huronne il y a juste quelques mois. Un magnifique bâtiment d’inspiration indienne bien sûr rappelant les « maisons longues » traditionnelles huronnes.



Et bien sûr la banique est au menu, comme d’autres saveurs indiennes dans lesquelles le miel est goûteux; le tout préparé par du personnel indien avec lequel je tente de parler un peu, à l’instar de ce jeune Innu de Bestiamides ; mais le rythme de travail ne permet guère la conversation : le restaurant est plein.
Tout à coup, la salle s’agite et les regards se portent vers la porte d’entrée que vient de franchir un couple dont l’homme est impressionnant par sa carrure, ses longs cheveux et son énorme chapeau ; tout le monde veut le saluer et lui, fait le tour de toutes les tables pour dire un petit mot.

C’est le chef Max GROS LOUIS « ONE-ONTI ». Quand il s’approche de notre table, je lui dis que nous sommes Français et que nous sommes en relation avec le monde des Amérindiens ; il me répond qu’il connaît la France pour y être allé 32 fois et qu’il ne faut pas dire amérindien mais premières Nations. Je tente de lui parler un peu d’OK-OC mais il est happé par les autres personnes et doit aller saluer d’autres gens qui lui sont sûrement plus familiers. Le temps de prendre une photo et le voilà reparti ; mais ce fut une belle émotion, même si elle fut de courte durée !
Gérard Massip

Gérard et Evy Massip à côté du chef Max Gros-Louis
24 septembre 2008
Chez nos amis de la Belle Province (1)
Un été au Québec

A mi chemin ou presque de son parcours vers les grands lacs,
le fleuve Saint-Laurent abandonne son aspect de bras de mer pour prendre une
taille plus raisonnable, conforme à celle d’un grand fleuve; les deux rives se
rapprochent, entourent l’île d’Orléans chère au poète Félix LECLERC, créant ainsi un point de passage stratégique
à la fois pour pénétrer dans les terres et pour surveiller la navigation sur ce
fleuve.
Ce lieu, est appelé Kébec, « là où la rivière se resserre » ou encore « là où les eaux se rétrécissent ». C’est ainsi que les premiers occupants amérindiens de ce territoire l’ont dénommé : Kébec est en effet un mot de la langue des Algonquins, habitants de ces lieux en 1608.
Le 3 juillet de cette année 1608, Samuel de Champlain et son
équipage débarquent sur cette pointe rétrécie du Saint-Laurent. L’endroit était
loin d’être désert. « L’équipage français d’une trentaine d’hommes
s’établissait alors au milieu d’une communauté estivale amérindienne d’environ
1 500 habitants, principalement Innus (ou Montagnais) dont c’était le
territoire, Algonquins également, de même que Micmacs et Malécites » *

Québec était né au monde occidental en ce 3 juillet 1608.

Mais à l’arrivée de Champlain, Kébec avait déjà une longue histoire liée à sa position stratégique pour l’accès à l’intérieur du continent ; des traces de villages amérindiens ont été retrouvées sur cette rive nord du fleuve, mais, surtout, c’est un lieu de rassemblement saisonnier avant le départ pour la chasse hivernale.
Les Français ont besoin des amérindiens pour asseoir leur
présence sur le territoire ; ainsi Champlain et le chef montagnais
Anadabidjou avaient scellé une alliance par laquelle les Français étaient
autorisés à s’établir et à développer le commerce des fourrures en échange d’un
appui militaire.
Ainsi est né Québec dans la Belle Province.
1608 : cette année marque donc la naissance de cet établissement français en Amérique du Nord et la création de la ville qui a 400 ans est célébrée tout au long de 2008.
Nous avions promis à nos amis québécois Ann et Raymond, Johanne et Jacques qu’OK-OC nous ont fait connaître en travaillant sur le projet Nikan (« Notre avenir » en langue innu) de revenir leur rendre visite en cette année anniversaire. Et nous avions aussi été invités par Claude BOIVIN, notre intervenant Innu de Mashteuiatsh lors du printemps indien de cette année.

Nous voilà donc partis, Evy et moi, pour le Québec ce 22 juillet 2008. Arrivée à Montréal, transfert à Québec pour y séjourner plusieurs jours, puis départ pour le lac Saint-Jean et le lac Kénogami avec séjour trop rapide mais intense à Mashteuiatsh. Voilà tout un programme dans lequel l’hospitalité légendaire des québécois n’a pas été prise un seul moment en défaut !

Quels ont été les moments de rencontres, de débats, de relations avec les amérindiens, c’est ce que je vais tenter de présenter. (à suivre)
Gérard Massip










