Oklahoma-Occitania

Echanges culturels entre les Occitans de France et les Indiens d'Amérique (USA, Canada) : tribus Osage, Kiowa, Comanche, Cherokee, Pawnee, Choctaw, (Oklahoma), Lakota (Sud Dakota), Innu (Canada), etc.

19 février 2009

Une voix du Nitassinan :

Réflexion d’un Innu

 

Claude_Boivin_et_2_Kevin
(de g.à d.) Kevin Dust (Crow) ; Kevin Mustus (Stoney) ; Claude Boivin (Innu)

« Quand je pense à la voie que nos ancêtres ont tracée pour nous, chargés de leurs canots et de poches de nourriture sur les chemins de portages, je ne peux me faire à l’idée que leurs traces de pas soient englouties par de grands lacs artificiels. J’ai peine à croire qu’une large partie de moi se retrouve au fond d’un lac. Il n’y a pas que nos terre qui sont inondées, mon cœur est lui aussi noyé de pleurs parce que la vie que menait nos ancêtres a disparu avec la montée des eaux.

Auparavant nous avions le choix d’aller et de venir quand et nous voulions. La montée des eaux a changé notre façon de penser, de dire et faire les choses. Nous ne pouvons plus faire nos choix nous-mêmes. Nous devons payer ou demander la permission pour suivre la trace de nos ancêtres là ou c’est encore possible de le faire.

Innu3Innu1

Je vois les enfants d’aujourd’hui, j’entends leurs voix et leurs cris. Je sais qu’ils vivent une grande détresse même si celle ci n’est pas visible. J’ai entendu dire, durant des années, que l’an 2000 amènerait de grandes réalisations. Pour nos enfants le troisième millénaire signifie la vie dans la ville au lieu de la forêt et la voix des professeurs au lieu des anciens. On valorise la vie urbaine et l’oubli des valeurs traditionnelles. Je ne veux pas oublier mes origines, mon nomadisme, la nature et les animaux parce que je ne fais qu’un avec tous ces éléments. Je ne suis rien sans eux et ils ne sont rien sans moi. Ces éléments sont essentiels pour ma culture, ils sont toute ma richesse. Et mon amour pour la nature de même que mon amour-propre sont ma dignité et ma fierté d’être INNU. Je sais dans mon cœur que les traces de nos ancêtres sont aussi celles de l’avenir ».

cercle_de_vie

  Jean Pilot, Vashat

(texte trouvé sur le site http://vitrail.no-ip.com/ par Francine Monesma

  photo de titre : Michel Monesma (Printemps Indien 2008)

21 décembre 2008

Un artiste d'OK-OC :

Henry Van Lœnen


henri

Henry entre Wilma Mankiller (chef des Cherokees d'Oklahoma) et Jack Anquoe (Kiowa)

Depuis de nombreuses années, Henry est membre d'OK-OC et même l'un de ses deux vice présidents. D'une grande amabilité, toujours serviable et disponible, Henry a rendu d'inestimables services à notre association. Mais au-delà de son dévouement, Henry possède des qualités qui méritent d'être connues C'est pour cela qu'aujourd'hui, au risque de froisser sa modestie, nous allons les révéler publiquement sur ce blog.

En premier lieu, Henry est un remarquable cuisinier. Ceux d'entre-nous qui ont eu l'occasion de déguster son "chili con carne" (hot and spicy !) lors de nos mémorables pique-assiettes, savent de quel délice il est ici question. Mais là n'est pas l'essentiel. Henry a plusieurs cordes à son arc, ce qui, pour un ami des Indiens, est la moindre des choses !

Car en second lieu, Henry est un artiste-peintre dont vous allez pouvoir juger du talent. Avant de terminer cette présentation, il est nécessaire de signaler qu'Henry a exposé plusieurs fois dans le cadre de notre association mais aussi en d'autres occasions... et qu'il a été primé.

C'est donc avec grand plaisir que nous présentons quelques-unes de ses toiles sur le thème de "l'Okla-Homa" (l'homme rouge, rappelons-le) et de "l'Occitania", indissolublement liés.

henri1

Freedom for all Nations (acrylique/toile ; 1,20mx1m)

henri9
Le paysan (acrylique / toile ; 30x40cm)


henri4
The new trail (acrylique / toile ; 1,40mx1,20m)


henri6
Le battage (acrylique / toile ; 70cmx60cm)

henri5

Indian spirit (acrylique / toile ; 1,40mx1,20m)

henri8

souffrance (acrylique / toile ; 50cmx40cm)

henri3

Navajo code talkers (acrylique / toile ; 1mx0,80m)

henri7

On attend la soupe (acrylique / toile ; 70cmx50cm)


Série de peaux de cerf peintes à l'acrylique par Henry Van Lœnen

henri2

henri10

henri11

henri12

Et pour terminer quelques photos d'Henry

avec nos invités amérindiens de ces derniers temps

auprès desquels il puise son inspiration

henri13

(de gàd) Henry, Kevin Mustus (Nakota), Kevin Dust (Crow)

henri14

Claude Boivin (Innu) et Henry

henri15

Danette Daniels (Osage) et Henry

henri16

Henry, Vann Big Horse (Osage), John Maker (Osage)

henri18

tenues traditionnelles entièrement réalisées par Christian Brun

Photos de Michel Monesma

09 novembre 2008

Chez nos amis de la Belle Province (9)

PLUME BLANCHE


plumeblanche2


Une fois sorti de la réserve innu de Mashteuiasth, vous traversez la petite ville de Roberval et, vous empruntez la longue route et ses lignes droites qui, en direction de l’ouest, vous ramènent encore et toujours vers la forêt.

Au bout de quelques kilomètres, un chemin de terre vous conduira vers cet endroit que le propriétaire a dénommé Plume Blanche. L’occupant de ces lieux, c’est Claude BOIVIN, notre invité Innu du dernier printemps indien.

Claudeboivin

Certes le chemin est un peu cabossé et les hivers du Québec y ont laissé des traces que les véhicules tout terrain ont transformé en profondes ornières ; mais quand vous êtes sur ce lieu, vous y êtes bien !

 

Une petite cuvette s’offre à votre vue, avec au fonds deux petits étangs dans lequel viennent nager et s’ébrouer les canards sauvages. Les petites collines qui entourent le site regorgent de framboises et de bleuets qui s’offrent à vous et qui ne demandent qu’à être dégustés.

DSCF0630

La végétation naturelle faite de grands arbres, bouleaux et érables, se conjugue avec les sapins et les épinettes traditionnelles. On sent que le maître de ces lieux a un profond respect pour ces éléments de la nature qui l’entourent.

DSCF0628

 

La maison dans ce vallon naturel n’a pas de caractère particulier, reprenant le style de ces maisons québécoises de nombreuses fois rencontrées aux alentours ; ce qui marque le plus et attire tout de suite l’attention, c’est ce qu’il y a autour, dispersé sur le terrain de manière très étudiée.

DSCF0629

DSCF0626

  Quatre tipis sont dressés, un peu à l’écart, formant avec la végétation qui leur est proche le cercle sacré. Plus loin une tente de toile, façon maison longue ou tente prospecteur, se dissimule sous les sapins. Plus loin encore, on peut distinguer le hutte de sudation réservée, nous dit notre hôte, aux cérémonies, sous réserve que les visiteurs puissent en comprendre tout le sens.


DSCF0633

Enfin, une autre tente est destinée à recevoir les groupes, jeunes, visiteurs, invités qui veulent bien écouter et partager la culture et la spiritualité innu. C’est là, assis sur un lit de branches d’épinettes et de coussins, que Claude évoque l’histoire, la culture, la spiritualité de son peuple ; il dit ses expériences personnelles, ses galères et ses espoirs. Il a des messages simples à faire passer ; il mérite d’être écouté.

DSCF0627

 

Ce lieu, c’est Plume Blanche, un site qui allie calme, simplicité, beauté et qui permet de « rentrer » dans la culture des Pekuakamiulnuatsh.

 

Ainsi se termine le récit de notre voyage dans la Belle Province et les rencontres que nous avons pu faire sur cette terre avec des gens profondément accueillants. (fin)

Gérard Massip

 

03 novembre 2008

Chez nos amis de la Belle Province (8)

Ashuapmushuan

En ce jour ensoleillé, le pick-up est de sortie pour nous amener, sous la conduite experte de Claude Boivin, dans un lieu impressionnant : la chute de la Chaudière. Nous traversons sur plusieurs dizaine de kilomètres le territoire innu dans lequel s’étend à perte de vue la forêt d’épinettes. Ce bois, exploité pour la pâte à papier, pousse naturellement dans cette région et occupe une grande partie de l’espace.

_pinette

épinettes (une espèce d'épicéa)

 

Mais nous entendons souvent notre chauffeur évoquer les coupes à blanc pratiquées par les compagnies forestières au détriment de toute la biodiversité et des lieux chargés d’histoire.

DSCF0624

Il le fait lorsque nous croisons les gros engins de transport chargés de bois et roulant à toute vitesse sur la route principale ; Claude nous montre également la technique particulière des forestiers qui laissent une bande non exploitée en bordure de la route et coupent systématiquement toute la partie arrière.

DSCF0614

Mais une fois abandonnée la route principale et emprunté les chemins boueux et troués, l’atmosphère se détend et nous nous attardons sur les crottes d’ours noirs laissées en plein milieu du chemin ; ou sur les bleuets qui ont bien mûri et dont la couleur orne les bas cotés ; ou encore, nous observons les très nombreux lacs parsemés à travers une alternance de collines ondulées et de terres basses.

DSCF0619

 

Puis tout à coup, le pick-up s’arrête et nous terminons à pied : nous arrivons au bord de la rivière Ashuapmushuan, là où elle constitue la chute de la Chaudière.

 

DSCF0620

Impressionnant ! La rivière est majestueuse et sauvage et lâche des gerbes d’eau qui montent à plusieurs mètres de hauteur ; ce sont d’immenses tourbillons d’eau, de brumes qui s’offrent en spectacle. Les eaux de la rivière s’insinuent entre les rochers, dévalent les chutes de plusieurs centaines de mètres de long, se cognent contre les berges, rebondissent contre d’autres énormes blocs de pierre ; le tout multiplié en plusieurs endroits et avec un grondement sourd qui nous donne l’impression d’être bien petits à côté de cette nature pleine d’énergie.

DSCF0622

 

Cette énergie a permis de creuser la roche dans tous les sens et ainsi, de vastes rochers troués dont on ne devine même pas le fonds, parsème les bords de la rivière ; l’eau y pénètre par le bas et ressort par le haut, écumante, faisant penser à de vastes chaudières.

 


DSCF0621

Gérard Massip et Claude Boivin

L’Ashuapmushuan, c’est en langue innu « là où on guette l’orignal ». Autrefois utilisée dans les expéditions de la route des fourrures reliant la baie d’Hudson à Tadoussac, la rivière représente une valeur patrimoniale importante pour les Innus qui la fréquentaient depuis longtemps ainsi que les coureurs des bois pour se rendre dans les régions où les animaux à fourrure pullulaient.


orignal

l'orignal ou élan du Canada

 

 

Mais cette énergie de la dernière rivière sauvage du Québec est convoitée ; des projets de barrage sont de temps en temps mis en débat ; jusqu’ici, la pression populaire des québécois, et pas seulement des Innus, a fait reculer les promoteurs de ces projets. Mais le débat reste ouvert, y compris au sein du conseil de bande de Mashteuiasth, du moins nous a t-il semblé.


ouananiche2

Ouananiche ou saumon du lac St Jean

 

Impétueuse et sauvage, l’Ashuapmushuan compte les plus importants sites de reproduction de la ouananiche, ce poisson endémique du Lac Saint-Jean, sorte de saumon-truite qui ne se trouve que là et qui a bien failli disparaître il y a de cela quelques années. ( à suivre)

Gérard Massip

22 octobre 2008

Chez nos amis de la Belle Province (6)

Les gens de Mashteuiatsh

Mashteuiatsh_20020728_25


Le guide du routard nous avertissait : le plus grand intérêt de cet endroit résidait , non pas dans l’éventuel charme du lieu, mais dans le rapport avec ses habitants, avec la richesse de leur culture et de leur philosophie axée sur la beauté et le respect de la nature. Mais dit aussi le routard, « les Montagnais ne se livrent pas au premier touriste venu ».

DSCF0610

 

Et il est vrai que le contact avec l’homme de la rue n’est pas spontané ; quelques mots échangés avec l’employée de la boutique d’artisanat, les guides du musée ou les anciens qui confectionnent des objets dans leur salle de réunion.

 

Alors, il nous faut nous en remettre à nos vieilles connaissances, ce qui n’est déjà pas si mal !

DSCF0607

Les Moar nous reçoivent dans leur maison de la rue principale, et autour du verre de l’amitié, nous entendons le rire toujours sonore et expressif de Clifford nous raconter quelques souvenirs qu’il a ramené de ses séjours en Occitanie ; et en particulier son séjour en 1998 à Alzen avec l’annonce qu’un don de terre allait lui être proposé au nom de sa communauté dont il était le chef. Devait-il accepter ou refuser cet étrange présent ?


Et de prolonger son récit en relatant le signe qui lui a permis de dire oui.


DSCF0608

Lorenne son épouse, Wendy et David ses enfants, tous venus chez nous à notre invitation, se mêlent à la conversation et évoquent aussi leurs séjours et les rencontres faites avec Ok-Oc.

 

DSCF0609


Claude Boivin que nous avions reçu lors de notre récent printemps indien de 2008, nous a consacré quelques jours pour nous guider dans la réserve et nous montrer un peu de ce territoire innu qu’il apprécie tant. Son regard pétille lorsqu’il nous parle du Pekuakami, de son action auprès des jeunes, du renouveau du pow wow qui s’est déroulé cette année pour la deuxième année consécutive, renouveau auquel il a largement participé. Mais la colère gronde dans son for intérieur lorsque est évoqué le pensionnat ou la déforestation que pratique Abitibi-Consolidated.

DSCF0603

Une tape amicale, un bonjour échangé au volant de sa voiture, une petite conversation au coin de la rue ne trompent pas : Claude est apprécié et populaire dans la communauté.

Sébastien Kurtness ( à gauche sur la photo) est l’adjoint au chef du conseil de bande ; il est l’héritier d’une lignée de Kurtness qui ont toujours exercé des responsabilités dans la communauté.

DSCF0600

Lui, c’est un «  politique » qui nous reçoit dans la salle où siège le conseil de bande et son propos est très rapidement orienté sur les problèmes créés par les diverses lois sur les Indiens adoptées par la constitution canadienne et qui ont bien failli faire disparaître définitivement la reconnaissance et le statut de peuple et de citoyen indien. Il nous parle aussi des négociations territoriales qui durent depuis plus de 25 ans et n’ont toujours pas abouti.

DSCF0602

On le sent prêt à en découdre avec les représentants du gouvernement dans des négociations à venir ; il porte son peuple et ses revendications économiques, territoriales, culturelles, sociales. (à suivre)

Gérard Massip

19 juin 2008

Des Amérindiens à Lavaur (2)

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Compte-rendu de la journée du

dimanche 18 mai

Par la Société Archéologique de Lavaur

LAVAUR, Tarn


Nous venons de recevoir de Michel Roudet, président de la société archéologique de Lavaur, un compte-rendu illustré de la cérémonie du 18 mai que nous reproduisons ci-dessous.

Plus d’une centaine de participants étaient réunis dès trois heures de l’après midi sur le Plô . La presse avait bien relayé l’invitation (Tarn Libre, DDM, L’Echo du Tarn) (PJ)

Le matin nous étions une dizaine à préparer les lieux : tables, chaises, sono, décoration aux couleurs occitanes sang et or , écus des familles de l’époque : Laurac, Montréal, Trencavel, armoiries de la ville ; bannière occitane flottant au vent, par les soins du Cercle occitan. La météo était favorable, temps doux, brise légère, les platanes du Plô nous protégeaient de leur ombre séculaire !

La cérémonie a commencé avec du retard, car nos invités de la Fondacion Occitana de Toulouse et leurs amis amérindiens venant de l’Ariège avaient eu une cérémonie la veille, et le réveil fut difficile… le radioguidage par téléphone portable interposé les avait conduits en outre dans les jardins de l’évêché…L’auditoire composé de plus d’une centaine de participants patienta tant bien que mal avec des morceaux de musique prestement interprétés au violon par Raphaëlle Roudet ; Jacqueline Bastié-Sigeac prit le relais par le rappel historique du début de la croisade de 1208

Enfin arrivèrent nos invités, drapeau au vent, et la cérémonie proprement dite put commencer par l’allocution de bienvenue du président (PJ)

Une gerbe faite de palmes, de laurier, et de roses jaunes et rouges fut déposée par Zohra Krouk au pied de la stèle, avant la minute de silence traditionnelle

na_guirauda_019_1_

Ensuite Jean-François Laffont, président de la Fondacion Occitana, rappela l’importance de de la langue occitane dans notre culture (Frédéric Mistral reçut le prix Nobel de littérature le 10 décembre 1904), puis les liens avec la délégation amérindienne, représentée par Jean-Claude Drouilhet : ce dernier retraça l’aventure de ces Indiens de Louisiane égarés en Europe au début du XIXème s, puis leur retour au pays grâce à l’hospitalité de Mgr Dubourg, évêque de Montauban ; depuis lors, les liens sont retrouvés entre ce peuple autrefois français et leurs amis montalbanais.

na_guirauda_020_1_

La délégation amérindienne se composait de Claude, du Québec, Danette, de l’Oklahoma, et Ti-Wan de Guyane. Claude fascina l’assitance par un rituel de purification : il alluma de la poudre de sauge dans une coquille (haliotide), pour encenser les participants indiens, puis la stèle, en ventilant la fumée avec une aile d’aigle ; ensuite il fit l’offrande de l’eau dans une coupe aux quatre points cardinaux, puis à la Terre-Mère, en commentant l’importance des éléments, qui sont notre cadre de vie indispensable. Les invités prirent tour à tour la parole pour évoquer la terre ancestrale, dont ils ont été spoliés : le parallèle avec les chevaliers faidits, dépossédés de leur terre par une guerre de conquête à prétexte religieux, s’imposait…

na_guirauda_017_1_

Vint le tour de Daniel Rifa, président du Cercle occitan, qui rappela les enjeux actuels des langues régionales.

Michel Guipouy, maire adjoint à la culture, évoqua les réalisations de la Ville en fait d’infrastructures culturelles, médiathèque en particulier, et le projet de musée auquel nous sommes très attachés.

Texte et photos de Michel Roudet

18 juin 2008

Des Amérindiens au Collège

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Compte-rendu des journées du

mardi 13 mai et du lundi 19 mai


LAUZERTE, MONTECH

EN TARN-ET-GARONNE

Les matinées des 13 mai et le 19 mai ont permis aux collégiens de Lauzerte, puis de Montech, de rencontrer les trois invités d’Ok-Oc. Après un accueil chaleureux, chacun des principaux a conduit la délégation dans la salle polyvalente pour la retrouver, en fin de matinée, sur la terre indienne de chacune des localités.

A Lauzerte, dans un premier temps, Ti’iwan Couchili et Claude Boivin ont exposé à tour de rôle les modes de vie et traditions des Teko et des Innus en faisant ressortir les problèmes majeurs les confrontant aux agissements non-écologiques et perturbateurs des autres populations. Puis, débordant largement sur la récréation, a eu lieu la cérémonie sur la terre indienne Innu offerte l’an dernier aux Montagnais du Québec. Claude Boivin a bien fait ressortir le sens spirituel de la purification de l’environnement immédiat et les élèves ont contribué en répandant un peu de tabac autour de la stèle. Après le retour en salle, l’échange a été d’autant plus fructueux que les enseignants avaient bien préparé le terrain à leurs trois classes de 4ème. La réception en mairie en fin de matinée a surtout permis de re-tisser des liens entre le nouveau représentant de la nation Innu et la nouvelle équipe municipale. Enfin, le repas pris au collège a permis d’établir un dernier contact avec les enseignants.

DSC_0191

A Montech, la présentation générale a été augmentée par la prestation de Dannett Daniels qui a présenté les tenues traditionnelles des Osages. Les interventions préalables de Jean-Claude et Monique Drouilhet avaient permis d’aborder plusieurs centres d’intérêts, grâce au concours du professeur d’histoire Alain Daziron qui s’est impliqué avec chacune de ses trois classes de 4ème.

DSC_0208Rotation_deDSC_0212

Danette reçoit un bouquet de fleurs et un joli compliment d'un collégien de Montech


En fin de matinée, a eu lieu la cérémonie du don de terre aux Teko, organisée par la nouvelle maire de Montech, en présence de plusieurs élus et acteurs culturels. Le cadre choisi, en bordure du Canal, a été particulièrement apprécié et la séance de purification, dirigée par Claude Boivin, a produit encore une fois beaucoup d’émotion, notamment pour Ti’iwan. La collation qui a suivi à l’hôtel de ville, fort sympathique, a permis d’autres échanges et d’un éventuel séjour montéchois dans la Belle province.

DSC_0219

DSC_0230

DSC_0215











DSC_0238

Danette se rend à la mairie de Montech après la cérémonie

Il ne restait plus qu’à profiter de la belle après-midi pour découvrir l’abbaye de Belleperche qui nous était spécialement ouverte pour une visite guidée, et de continuer sur la terre indienne de Saint-Nicolas de la Grave, offerte aux Choctaws et aux Séminoles, en 1992. Une pensée allait vers le natif du lieu, Lamothe-Cadillac, fondateur de la ville de Détroit en 1701, tandis que nous remontions à l’an 1100, en nous rendant au cloître de Moissac. La vue de l’abbaye, de son portail roman, de ses sculptures et des chapiteaux du cloître font toujours merveille.

Texte de Norbert Sabatié, photos de Michel Monesma

Moissac

17 juin 2008

Lavaur se souvient...

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Compte-rendu de la journée du

dimanche 18 mai

Les Amérindiens à Lavaur


LAVAUR, Tarn


Lavaur1
La Dépêche du Midi

Le rendez-vous nous avait été fixé au Dimanche 18 mai à 15 heures au Plô de Lavaur. Nous devions participer à la commémoration du sacrifice, en 1211, de Dame Guiraude et de 400 cathares coupables d'avoir voulu défendre leurs libertés. L'armée de Simon de Montfort avait été impitoyable. Elle menait une guerre de conquête sous prétexte de combattre une hérésie. La croisade dite "des Albigeois" signait le triomphe de la barbarie sur la civilisation occitane...

Nous sommes accueillis très gentiment par la vice-présidente de la société d'archéologie de Lavaur qui organise chaque année cette émouvante commémoration

Rappel historique :


plo_Lavaur

Site primitif de l’histoire urbaine de Lavaur, la terrasse du Plô forme un éperon dominant l’Agout. Le lieu est choisi par les premiers seigneurs de Lavaur pour édifier un château (cité dès 1035) autour duquel va s’agréger un bourg castral. Il fut peut être le dernier refuge des cathares de Lavaur lors de la prise sanglante de la ville par les troupes de Simon de Montfort le 3 mai 1211 : dame Guiraude de Laurac, co-seigneuresse de Lavaur est jetée vivante dans un puits de la ville et 400 cathares sont brûlés sur le plus grand bûcher de la croisade. Après cet épisode tragique, la cité seigneuriale passe à la couronne de France et le château du Plô, en partie démantelé, servira de salle de justice et de prisons royales.

Quel rapport avec les Amérindiens ?

Les deux Kevin ont dû rentrer à Paris pour des raisons professionnelles. Nous arrivons donc avec Claude Boivin (délégué innu du Québec), Danette Daniels (déléguée osage d'Oklahoma) et Ti'iwan Couchili (déléguée teko de Guyane). La terrasse du Plô, où se déroule la célébration, est occupée par une centaine de personnes, peut-être davantage, assises sur des chaises de jardin. Quelqu'un évoque au micro le souvenir de Dame Guiraude, de ses chevaliers faidits et de ses protégés cathares. Très peu de jeunes gens. Dommage.

Après les présentations la parole est aux Amérindiens. Claude Boivin commence par une cérémonie de purification. Il a étalé ses objets sacrés devant lui sur un petit tapis rouge. A genoux, il fait brûler la sauge dont la fumée odorante s'enroule autour de la stèle à la colombe. Ensuite il évoque les malheurs de son peuple qui n'a jamais baissé la tête et continue à vivre selon ses coutumes dans le monde moderne. Ti'iwan dit aussi le génocide suivi de l'ethnocide subi par les siens qui encore aujourd'hui sont lentement empoisonnés par le mercure des orpailleurs. Danette enfin parle de la survivance de la langue osage dont la reconquête a été entreprise voici quatre ans par la tribu. Cet ensemble de témoignages porte un nom : civilisation !

Comme l'était la civilisation occitane étranglée puis écrasée par la force brutale. Mais toujours vivante et fière, après plus de sept siècles.


DSC_0038

Ti'iwan Couchili (Teko), Claude Boivin (Innu), Danette Daniels (Osage)

"We are still alive" disent les Osages, Nous sommes encore là disent tous les Indiens d'Amérique ; nous n'avons pas disparu ; on ne nous a pas effacés des peuples de l'humanité.

Cinq siècles de résistance pour les uns, sept siècles pour les autres. La rencontre devait avoir lieu.

C'était à Lavaur, le dimanche 18 mai 2008.


10 juin 2008

Pensionnats indiens

Les excuses du Canada

aux autochtones

                               
                        10/06/2008 | Mise à jour : 08:01 |                
               

.

      

Lu dans Le Figaro du 10 juin 2008 :

Quelque 80.000 autochtones doivent recevoir demain des excuses longuement attendues du Canada pour avoir été les victimes de ce qu'un de leurs principaux leaders qualifie de "chapitre le plus sombre" de l'histoire du pays.

Le premier ministre Stephen Harper présentera solennellement devant le parlement les excuses du Canada aux anciens élèves encore en vie des "pensionnats autochtones", des établissements dans lesquels de jeunes autochtones ont été enrôlés de force pendant des dizaines d'années et coupés de leur culture pour les assimiler. Source: AFP

 

Rotation_deDSC_0220
Claude Boivin (Innu du Québec) et Ti'iwan Couchili (Teko de Guyane)

A l'issue de la cérémonie sur la terre dédiée à la nation Innu, le samedi 17 mai à Andébu (commune d'Alzen), Claude Boivin déclarait dans une interview recueillie par Virginie Sanchez pour La Dépêche du Midi : " De 6 à 12 ans, j'étais dans un pensionnat réservé uniquement aux autochtones. Dès notre arrivée on nous rasait la tête et nous infligeait des humiliations quotidiennes. Le but était de détruire notre identité."

cap048Enfants osages dans le pensionnat de Carlysle (Pensylvannie)

02 juin 2008

2ème jour du festival au lycée Capou

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Mercredi 14 mai

2ème jour du festival au lycée Capou de Montauban

"LA TERRE N'APPARTIENT PAS A L'HOMME

L'HOMME APPARTIENT A LA TERRE"

Aujourd'hui Danette continue d'assurer la présentation de l'expo dédiée aux Fils de la Terre sous le tipi du festival. Elle recevra encore de nombreux groupes de lycéens très intéressés par la découverte qu'ils font de la réalité des Indiens d'Amérique, bien éloignée des stéréotypes qui leur ont été mis dans la tête. Non les Indiens ne vivent plus sous des tipis ou des wigwams mais dans des maisons modernes. Non ils ne chassent plus le bison pas plus qu'ils ne trappent le castor pour assurer leur subsistance. Ils exercent mes professions les plus diverses ou, comme chez nous, sont à la recherche d'un emploi. Oui les Osages retirent des bénéfices de l'exploitation des gisements pétroliers que Wah Kon Dah a mis dans le sous-sol de leur réserve. Non ces revenus ne sont pas utilisés à des fins personnelles mais pour des programmes collectifs de santé, d'éducation, d'infrastructures, de bien-être social. Oui, ils exploitent quatre casinos qui permettent d'employer les membres de la tribu et dont les revenus sont utilisés pour financer les projets de la tribu.

C'est ainsi que peu à peu, en anglais, émaillé de quelques mots et expressions de langue osage, se rétablit une vérité sur la vie moderne d'Indiens d'Amérique, ni plus ni moins heureux ou malheureux que d'autres.

DSC_0298

Pendant ce temps nos autres invités participent à une table ronde dans l'amphithéâtre du lycée. Claude Boivin, au nom du peuple Innu parle de la vie traditionnelle de ses ancêtres, ceux que l'on appelait il y a encore peu les Montagnais au Québec. Un peuple du groupe Algonquin, vivant de chasse, pêche et cueillette dans la forêt boréale. Aujourd'hui le village de Claude Boivin est au bord du lac Saint-Jean, il porte de nom de Mashteuiatsh (les Québécois allochtones disent plutôt "Pointe Bleure"). Mais régulièrement les chasseurs-pêcheurs-cueilleurs qui sommeillent au fond des cœurs de chaque Innu, se réveillent et repartent en forêt, non pas par nostalgie, mais bien parce que c'est là que se trouve l'âme du peuple, les connaissances ancestrales et que peut s'effectuer plus facilement la transmission des valeurs.

DSC_0299

Le stand des Manouches

Alain-Eugène Daumas et Joseph Simbach prendront ensuite la parole pour dire le rapport unique à la terre qu'entretiennent les gens du voyage, ceux que l'on désigne sous le terme générique de Tsiganes et qui se subdivisent en Manouches, Gitans et Roms, selon les hasards de leurs trajectoires migratoires depuis la vallée du Sint en Inde. Une migration qui remonte à cinq ou six siècles comme ils se plairont à le faire remarquer, ce qui signifie que les Manouches, de nationalité française, sont en réalité membres de notre communauté nationale depuis de bien plus nombreuses générations que beaucoup de nos compatriotes actuels. Le racisme et le rejet dont ils sont les victimes permanentes ont donc de fortes raisons de nous interroger, nous les gadgés...

Conclusion surprenante, Claude, l'Innu du Québec et Alain le Manouche de France, se retrouveront sur un même constat : Manouche en France, Innus au Québec, mêmes valeurs, mêmes mépris et rejet.

Le soir; grande fête. Elle était prévue autour du feu de camp que nos amis manouches avaient préparé. Hélas, l'orage est venu contrarier ce projet et tout le monde a dû se replier sous abri. La fête n'en fut pas moins réussie grâce notamment à un quartet de jazz Manouche : Jazz-Voyage dont Jérôme Soufflet a capturé sons et images qu'il nous restitue ici :

           


« Accueil  1  2   Page suivante »