Oklahoma-Occitania

Echanges culturels entre les Occitans de France et les Indiens d'Amérique (USA, Canada) : tribus Osage, Kiowa, Comanche, Cherokee, Pawnee, Choctaw, (Oklahoma), Lakota (Sud Dakota), Innu (Canada), etc.

24 novembre 2008

OKA.MAG'

Le Magazine des Amérindiens

de Guyane française


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Récemment nous attirions votre attention sur le reportage paru dans le n° 36 d'OKA.MAG'  concernant notre amie Ti'iwan Couchili, l'une de nos invité(e)s du dernier Printemps Indien d'OK-OC (Pour lire cet article, descendez dans le blog jusqu'à la date du 12 novembre)

Aujourd'hui c'est du magazine lui-même qu'il s'agit. Ce bimestriel, entièrement réalisé par des amérindiens est remarquable autant par la qualité de ses textes que celle de ses photos. Quant à la maquette elle se situe au niveau d'une haute qualité professionnelle. On y apprend l'histoire des six nations autochtones de ce département français (le plus grand de tous : sa superficie est l'équivalente de trois de nos régions), presque entièrement couvert de la forêt humide amazonienne.

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Ces Indiens, citoyens français, le plus souvent ignorés en métropole, vivent dans des conditions  précaires, mais trouvent néanmoins la force de faire vivre leurs cultures et de préserver autant que possible leur mode de vie. Soumis à de graves problèmes, dont l'empoisonnement de leurs rivières par l'orpaillage clandestin n'est pas le moindre, ils luttent courageusement pour faire reconnaître l'apport culturel des autochtones à l'identité guyanaise. En tant qu'Occitans, leur exemple ne peut que nous intéresser.

Récemment, à la faveur d'un article sur les chef coutumiers, l'auteur (AMDAY) n'hésitait pas à présenter le "chef coutumier des Français"

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Vous l'aurez tous reconnu !

En ce moment OKA.MAG' recherche des points de vente en métropole. Si vous avez l'intention d'aider l'équipe à démarcher un marchand de journaux ou autre commerçant, n'hésitez pas à contacter (par e-mail   : oka.mag@wanadoo.fr ) les responsables du magazine afin d'en connaître les conditions. Vous pouvez également nous poser vos questions en utilisant la rubrique "commentaires" ci-dessous

Le magazine est vendu en métropole au prix de 5 euros le numéro (3 euros en Guyane). On peut aussi s'abonner à OKA.MAG' 11 Rue Abel-Azor 97310 Kourou Guyane française (DOM TOM et France Métro : 12 mois = 6 numéros = 34 euros)

A visiter le site du magazine : www.okamag.fr/


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12 novembre 2008

Retour en Guyane française :

Je suis une artiste amérindienne



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Elle n'aime pas trop ce terme, mais elle le préfère à celui d'artisan. Ti'iwan Couchili est une artiste, donc une créatrice, non seulement de ses œuvres, cela va sans dire, mais aussi de ses outils de création, les pigments entre autres.

Si nous parlons aujourd'hui de Ti'iwan, c'est pour différentes raisons :

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La première c'est qu'elle était l'une de nos cinq invités amérindiens du dernier Printemps Indien du mois de mai 2008 et qu'elle a laissé un souvenir émouvant de son passage parmi nous et tous les gens de Midi-Pyrénées qu'elle a rencontrés durant cette dizaine de jours.


La seconde  c'est parce qu'elle fait l'objet d'un beau reportage avec photographies en couleurs dans le magazine OKA'MAG, des peuples autochtones de Guyane française. C'est avec l'autorisation d'OKA'MAG que nous avons le plaisir de les reproduire ici et de citer quelques extraits du reportage.

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Ici, nous sommes à la mairie de Montauban. Ti'iwan est à droite sur la photo (châle rouge). Les autres personnes sont (g à d) :  Laurence Pagès   (maire-adjointe de Montauban) ; Claude Boivin (Innu) ; Danette Daniels (Osage) ; Gérard Massip (président d'OK-OC) ;  Philippe Maurin (maire-adjoint de Montauban) ; T.C. ; Philippe François (maire-adjoint de Montauban)

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Ti'iwan Couchili et Danette Daniels (Osage) devant les tours de Carcassonne

Ti'iwan appartient au peuple Teko d'Amazonie (appelés parfois Emérillons, par les Français, sans doute, grands baptiseurs d'Indiens). Elle est née au village de Saut Tampok sur la rivière Alawa (Tampok) à environ deux heures de pirogue de la jonction de cette rivière avec le fleuve Maroni. Sa famille vit à Kayodé.  Après avoir été adjointe au maire de Maripasoula, elle se consacre aujourd'hui à la création artistique sur la commune de Macouria-Tonaté.

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A travers son art, elle s'attache à démontrer que sa culture Tupi-Guarani a participé depuis des temps forts anciens, bien avant l'arrivée des Européens et des Africains, au façonnage culturel de la Guyane.

Ti'iwan Couchili réalise des "ciel de case" (maluwana, en langue teko). Il faut savoir que dans la forêt humide les habitations n'ont pas de murs, seulement un toit. Cette aération permet d'éviter les moisissures. Ce toit en forme de dôme est décoré d'un disque de 70 à 80 cm de diamètre orné de motifs géométriques ou figuratifs, animaliers le plus souvent.

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Ti'iwan a recours aux pigments que lui procure son milieu environnant, colorants végétaux ou minéraux. Elle retrouve les gestes et les techniques de ses ancêtres. Aussi, elle s'insurge contre les dérives mercantiles qui dénaturent sa culture.

" Tout d'abord l'usage de la peinture, dit-elle, arrivé par l'intermédiaire des Boni (les Noirs descendants d'esclaves évadés) a non seulement révolutionné la technique mais a surtout failli faire disparaître pour de bon l'utilisation des pigments naturels [...] Des caricatures de maluwana aux couleurs fluos, ou peints avec un mélange de gouache, de terre, et de colle vinylique,  sont vendues avec le label "pigments naturels"... Plus consternant encore les serviettes, paréos et autres objets divers qui pillent les motifs traditionnels. Il n'existe malheureusement pas, dans l'arsenal juridique français, de reconnaissance de la propriété intellectuelle collective. Or ces motifs participent très fortement à l'identité des communautés amérindiennes."

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Ti'iwan Couchili

Arts Premiers de Guyane

56 lotissement Champs Vigile

97355 Marcouria

Tél : 0694 21 24 84

OKA'MAG est le magazine bimestriel des Amérindiens de Guyane dont nous reparlerons dans de prochains billets de ce blog. Il est vendu au numéro (3 euros en Guyane - 5 euros en métrople) ou par abonnement.

On peut consulter son site internet :              http://www.okamag.fr/

Adresse : Association Oka.Mag' / 11 rue Abel Azor / 97310 Kourou / Guyane

Tél : 05 94 22 01041 / 05 94 22 01 44

courriel : oka.mag@wanadoo.fr


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07 octobre 2008

Vivre sa culture aujourd'hui...

Entre tradition et modernité


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Il nous arrive parfois, à OK-OC, de rencontrer des personnes, souvent de bonne foi mais un peu naïves, qui regrettent le bon vieux temps où les Indiens parcouraient à cheval les prairies du Far-West à la poursuite des bisons ou des... diligences. Ces victimes de Hollywood ne connaissent rien des Premières Nations américaines d'hier ou d'aujourd'hui, sinon les stéréotypes qui encrassent leurs esprits et nourrissent leurs rêves un peu niais.
C'est notre travail, depuis bientôt vingt ans, d'essayer de leur faire entrevoir la vérité historique et la place qu'occupent les premiers Américains dans le monde moderne.


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Parallèlement nous nous efforçons de faire comprendre à nos compatriotes que les Occitans ne vont plus que très rarement en sabot par les chemins et qu'ils existent encore, fiers de leur identité, de leur langue et de leur culture millénaire.

Vivre sa culture, occitane ou amérindienne, dans un monde moderne est-ce possible ? Il faut pour cela se débarrasser du carcan "folkloriste". Toute culture évolue, s'adapte, ou meurt. Tant pis pour les "puristes", les nostalgiques, ceux qui regrettent le temps des tipis comme celui des chaumières. Qu'ils prennent une fourche et s'en aillent faner aux champs ; ou encore un arc, un carquois, des flèches et partent chasser le lièvre.

Voici, pour terminer ce qu'écrit Davi Kopenawa, chamane Yanomami du Brésil, dans le N°35 du magazine Okâ'Mag (P.22)*

Davi_Kopenawa_Yanomami"Ce n'est pas que les Yanomami ne veulent pas du progrès, ou d'autres choses que les Blancs possèdent. Ils veulent simplement avoir la possibilité de choisir et refusent d'être poussés au changement, qu'ils le veuillent ou non. Je ne dis pas que je suis contre le progrès. Je pense que c'est une bonne chose lorsque les Blancs viennent chez les Yanomami pour enseigner la lecture et l'écriture et d'autres façons de planter et d'utiliser les plantes médicinales. Pour nous, c'est cela le progrès. En revanche, nous ne voulons pas des compagnies minières qui détruisent les forêts et des orpailleurs qui apportent de nombreuses maladies. Ces Blancs doivent respecter notre terre yanomani. Les mineurs apportent des armes à feu, l'alcool et la prostitution et détuisent toute la nature où qu'ils aillent. Pour nous, cela n'est pas le progrès. Nous voulons le progrès sans la destruction."

*Oka.Mag' est le magazine bimestriel des actualités amérindiennes. Il est entièrement publié en langue française. Associaton Oka.Mag' , 11 rue Abel-Azor - 97310 Kourou (Guyane française) - http://www.okamag.fr




26 février 2008

Les invités du Printemps Indien 2008 d'OK-OC (6)

Printemps Indien

du 8 au 20 mai 2008

LES FILS DE LA TERRE

Alexis Tiouka


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Alexis Tiouka est un Amérindien de Guyane française (le plus grand de nos départements : équivalent à trois régions de Métropole). Il est expert en droit international. Alexis appartient au peuple Kali'na. Il vit à Cayenne.

Il se présente lui-même ainsi :

"Depuis plus de 10 ans je mène des actions au niveau international visant à la reconnaissance des droits des Peuples autochtones dans le monde. Ces actions m’ont amené à participer activement à divers événements internationaux, ainsi qu’à diffuser mes connaissances dans le cadre de conférences, colloques et séminaires. Par ailleurs, afin de parfaire mes compétences, j’ai suivi un certain nombre de formation dans le domaine du droit des peuples autochtones et des droits de l’homme."

02 février 2008

Une invitée de la Guyane française

Printemps Indien

du 8 au 20 mai 2008

LES FILS DE LA TERRE



Ti'iwan Couchili

Une Amérindienne de Guyane française

représentera les peuples Teko et Wayana


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Itinéraire militant

membre fondateur, puis présidente de l’association KOBUE OLODJU (culture teko) 1990 – 1995

conseillère municipale de la commune de Camopi (Oyapock) 1995 > 1996 (démission)

adjointe au maire de Maripa Soula (Maroni) pour les villages amérindiens du sud de la commune 2001-2008

 

 
 

 

 

 Repères   chronologiques

 

 

 Ti’iwan COUCHILI est née en   1972 au village emérillon de Saut-Tampok (commune de Maripa Soula).

   

 C’est en 1990 qu’elle dessine ses premiers   ciels de case. En 1998, délaissant la peinture acrylique, elle renoue   avec une vieille technique traditionnelle tombée en désuétude : l’utilisation de  pigments   naturels.

 

 

 

 Depuis ses débuts, son travail est placé   sous le signe de la ré-interprétation des identités graphiques teko   (emérillon) et wayana.

 

Reconstruction   des symboles, introduction de nouvelles formes ou exhumation d’anciens   styles, utilisation de procédés iconographiques en provenance d’autre   supports (peintures faciale et corporelle, vannerie, tissage…), l’itinéraire   conceptuel et l’expérience esthétique de Ti’iwan COUCHILI ont été décrits par   l’anthropologue danoise Perle MØHL (Royal University of Copenhagen) dans son   ouvrage OMEN AND EFFECT (2004).

 

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 […] dans notre culture, chaque   génération hérite d’un patrimoine iconographique qu’elle transmettra à son   tour. Toutefois, ces informations sont tamisées par le manaré de la   mémoire et de l’expérience…et c’est le produit de ce processus que nous   laissons derrière nous […]

 

 

Itinéraire artistique

1991 : publication de Dzawapinim o’olam toti (le jaguar et la tortue) micro-édition, coll. KRIK KRAK

1992 : publication de Tapi’it o’olam kudjãbulu(le tapir et la sirène) micro-édition, coll. KRIK KRAK

1993 : publication de Wlakala nuwã dzowo ma’ekom oba’e (ce n’est pas Dieu qui a créé les Wayana) micro-édition, coll. KRIK KRAK

1994 publication de Contes Emérillon CILF, coll. Fleuve et flamme

(conseil international de la langue française)

Participation à LA NUIT DES CONTEURS (KRAKEMANTO) : 1999, 2001, 2003

1999 : participation aux Rakaba de l’art (exposition organisée par le musée des cultures guyanaises)

2000 : 1er Prix du concours d’artisanat d’art organisé par la Chambre des métiers de la Guyane (catégorie objets du culte)


31 janvier 2008

Nic' et les orpailleurs

Le Président Nicolas Sarkozy

en Guyane



Paris, le 30 janvier 2008

Déclaration du Porte-parole de la Présidence de la République
M. David MARTINON


Le Président de la République a tenu aujourd'hui une réunion sur le projet d'exploitation d'une mine d'or située à Roura (Guyane).


Roura

Après avoir pris connaissance du rapport de mission sur ce projet et avoir entendu les ministres concernés, le Président de la République a décidé de ne pas donner une suite favorable au projet.


Souhaitant une exploitation des ressources aurifères compatible avec la préservation des richesses de biodiversité de la Guyane, le Président de la République a souhaité qu'un schéma départemental d'orientation minière et d'aménagement soit réalisé dans les plus brefs délais. Ce schéma permettra de délivrer des autorisations d'exploitation dans des conditions acceptables par tous.


Par ailleurs, le Président de la République a demandé aux ministres que des propositions lui soient faites pour développer sur place des projets créateurs d'emplois.


Le Chef de l'État s'exprimera sur ce sujet à l'occasion de son prochain déplacement en Guyane, les 11 et 12 février prochains.

alexis







transmis de Cayenne par Alexis Tiouka

 

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04 janvier 2008

Le chant des Wayanas

Nos vies sont en jeu

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les photos de cet article ont été reprises d'un blog consacré aux Wayanas dont nous conseillons vivement la visite


Notre correspondant à Cayenne, Alexis Tiouka,  nous fait parvenir un clip réalisé par les Wayanas de Guyane française. Leur territoire du bassin du haut Maroni est scandaleusement investi par les chercheurs d'or utilisant sans scrupule le mercure pour amalgamer le métal précieux. Mais, du point de vue des Wayanas -- et du nôtre -- rien n'est plus précieux que la santé d'un peuple et le respect qui lui est dû. Cette atteinte à la survie d'une population présente en Amazonie depuis la nuit des temps s'effectue avec la complicité objective de nos gouvernants qui ont l'air d'oublier que les Wayanas de Guyane française sont des citoyens français au même titre que le paysan du Tarn-et-Garonne et le citadin de Neuilly. Alors, la France, pays des droits de l'homme ?

Pour visionner le clip des Wayanas, cliquez sur le lien

http://fr.youtube.com/watch?v=mNBmsuvKcR4


Chez moi c'est dangereux
A cause du mercure
Les poissons sont contaminés
Nous vivons au fond du fleuve... Maroni

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Pourquoi nous laisser dans cette galère-là ?
Essayez de nous aider malgré tout ça,
Prenez les mesures qu'il faut, ne nous oubliez pas
Nos vies sont en jeu, ne le voyez-vous pas ?

Les images qui ont servi à illustrer cet article ont été prélevées dans le blog
consacré aux Wayanas

29 novembre 2007

Un message d'alerte de nos amis de Guyane française

Cessez d'empoisonner le pays Wayana !

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Depuis plus de dix ans, le Pays Wayana, dans le Sud de la Guyane est en proie à l'orpaillage clandestin.

Les fleuves Waki et Tampock sont pollués par le mercure et les boues rejetées par les chercheurs d'or.

L'Etat français nous a oublié et n'a jamais rien fait pour les arrêter.

Aujourd'hui non contents de nous empoisonner avec leur mercure et de nous affamer avec la disparition du poisson de nos fleuves, les orpailleurs clandestins veulent nous tuer.

Le Préfet de Guyane nie cet état de fait et refuse de nous accorder la protection dont nous avons droit en tant que citoyens français.

Afin de demander l'arrêt de l'orpaillage sur le Haut Maroni, nous vous prions de bien vouloir manifester avec nous devant la Sous-préfecture de Saint Laurent du Maroni, le Mercredi 28 novembre 2007 à 11h00.

Ensemble et solidaire nous lutterons efficacement contre l'orpaillage et contre l'insécurité permanente que font régner les orpailleurs clandestins sur les villages Wayanas et Tékos.

Merci

alexis2AlexisTIOUKA


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26 octobre 2007

Guerre ouverte sur le fleuve

La situation des Peuples autochtones

de Guyane française sur le Haut Maroni (2007)

Rapport pour le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme

 

Par Alexis Tiouka

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Depuis quelques années la situation des Peuples autochtones vivant dans la Sud de la Guyane se dégrade de plus en plus. Ils sont confrontés à deux problématiques majeures : d’une part des orpailleurs de plus en plus nombreux et de plus en plus agressifs, et d’autre part des rivières de plus en plus polluées (nottamment la Waki, mais aussi le Haut Tampoc qui est désormais investi par les orpailleurs clandestins brésiliens). Les habitants de certains villages (Kayode, par exemple) n’ont plus de rivières propres pour mettre leur filets de pêche et donc subvenir à leurs besoins alimentaires (constitués essentiellement des produits de la pêche). Par ailleurs le gibier se fait lui aussi de plus en plus rare car ces orpailleurs clandestins pratiquent aussi la chasse. Ils font désormais venir directement du bétail vivant (bœufs et cochons) car eux-mêmes ne peuvent plus vivre des produits de la chasse. « Les clandestins, c’est comme les fourmis manioc. Ils sont très nombreux et détruisent tout sur leur passage » déclare Pierre Alounawale le fils du chef coutumier d’Elae.

La chef coutumier d’un de ces villages a choisi d’empêcher la montée des pirogues d’orpailleurs qui se sont mis à sortir les fusils et à tirer en direction du village pour passer en force. La situation est très tendue à l’heure actuelle dans cette zone, en témoignent des reportages récents sur les médias locaux.

Guerre ouverte sur le fleuve

C’est ce que titre le quotidien guyanais, le France Guyane, 19 octobre dernier. Celui-ci rend compte d’une tension accrue entre les Amérindiens du Maroni et les garimpeiros : « depuis plusieurs jours, la tension est montée d’un cran entre les orpailleurs clandestins et les Amérindiens des villages de Cayode et de Elae sur le Haut Maroni. Les coups de fusil deviennent de plus en plus fréquents et la peur s’est emparée des villageois qui réclament l’aide de l’Etat. »

La situation est si grave que le Rectorat de la Guyane a pris la décision de faire fermer les écoles de cette zone et de rapatrier les enseignants à Maripasoula pour les éloigner. Tout commence il y a deux semaines alors qu’un Amérindien partit relever ses filets se fait tirer dessus, puis les choses s’accélèrent avec de nouveaux coups de feu près du village de Cayode. Un habitant est même blessé. Toute la population du Tampok craint désormais que la situation n’empire, et s’inquiète notamment pour la sécurité des enfants amérindiens : « On s’inquiète pour la sécurité de nos enfants, et puis pour leur scolarité » s’inquiète une mère, tandis qu’une autre déclare : « On ne veut plus voir les clandestins. Ils sont en train de tout détruire et de tuer nos enfants. » Les autorités coutumières, en accord avec les villageois, réclament donc le retour des gendarmes dans leurs villages. Et si les esprits s’échauffent, notamment chez les jeunes amérindiens, la situation pourrait devenir grave car certains déclarent déjà qu’ils se battront pour sauver leur peuple et leurs enfants : « si l’Etat ne veut pas nous aider on sera obligés de se défendre tout seuls ». Et pour le cas où la situation dégènérerait encore, ils n’ont aucun moyen d’obtenir une réaction rapide des autorités car, comme le signale un instituteur en poste à Elae, il n’y a aucun moyen de communication avec la gendarmerie la plus proche, même pas de téléphone satellitaire.

Pour l’instant les gendarmes se contentent de déclarer que l’éventualité d’installer un nouveau poste de gendarmerie à Elae n’est pas à exclure et qu’ils vont mener une enquête, ou encore de critiquer les Amérindiens eux-mêmes qui ont instauré un droit de passage pour les orpailleurs. Mais ceux-ci s’en défendent : ils l’ont fait pour construire un dispensaire promis depuis des années par l’Etat et jamais obtenu, et quoi qu’il en soit cela n’efface en rien les litres de mercure rejetés dans le fleuve et la contamination des enfants qui se traduit par de nombreux handicaps.

alexis1Expert en droit intenational, Alexis Tiouka mène depuis plus de 10 ans des actions au niveau international visant à la reconnaissance des droits des peuples autochtones du monde. Ces actions l’ont amené à participer activement à divers événements internationaux ainsi qu’à diffuser mes connaissances dans le cadre de conférences, colloques et séminaires.

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23 octobre 2007

Les Amérindiens de Guyane française

 

Lettre ouverte à Monsieur Sarkozy,

Président de la République Française,

de la part de quelques habitants de Maripasoula.

Maripasoula, le 20 octobre 2007,


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Depuis plusieurs années, l’Etat français laisse l’orpaillage illégal s’installer en Guyane. En plus des conséquences écologiques, le délabrement social prend des proportions scandaleuses dans la région du Haut-Maroni. Nous arrivons tout simplement à une situation de pré guerilla en France : sous nos yeux, orpailleurs illégaux et Amérindiens Wayanas et Emerillons des villages Cayodé et Elahé (villages de la commune de Maripasoula) sont en train de se « faire la guerre » sur la rivière Waki-Tampok.

Les très médiatiques opérations Ananconda n’ont que peu d’effet dans la réalité puisque les sites d’orpaillage illégaux sont de plus en plus nombreux. Nous pouvons le constater tous les jours au vu de la multiplication des activités liées à l’orpaillage dans le bourg de Maripa-Soula et sur sa périphérie. Ceux qui disent le contraire sont tout simplement des menteurs qui ont certainement des intérêts à protéger. Les eaux qui passent devant Cayodé et Elahé sont devenues tellement turbides qu’il n’est plus possible de la boire ni de s’y laver, or il n’y a pas de service de distribution d’eau courante conséquent dans les villages amérindiens (seulement quelques points d’eau publics). Quant à sa qualité de garde manger, la rivière se vide rapidement de ses poissons (la nourriture de base dans la région) qui migrent vers des zones moins polluées. Les quelques poissons restants sont infectés au mercure, intoxiquant ceux qui les consomment.

Face à un désengagement manifeste de l’Etat français, les Wayanas et les Emerillons ont été obligés de se débrouiller seuls pour protéger leurs lieux de vie, la forêt et le fleuve, mettant en place un système dangereux et à double tranchant de barrage et de taxes au passage des pirogues d’orpailleurs (Rhum, fut de gasoil, riz, or…). Se faire justice soi-même n’est jamais bon, c’est ce qu’on nous apprend à l’école républicaine, c’est interdit par la loi. Mais si personne n’est là pour la faire respecter ?

Cette situation ne pouvait manquer de dégénérer… ceci est arrivé une fois de plus cette semaine : il y a eu des échanges de coups de feu entre amérindiens et orpailleurs clandestins à proximité des villages. Un habitant a été blessé et une décharge est passée à proximité du compagnon d’une des enseignantes du village de Cayodé ; le rectorat a décidé d’évacuer son personnel, laissant les enfants sans école et dans une situation périlleuse.

Alors, Monsieur le Président, vous qui vous proclamez comme le champion de la sûreté intérieure, le caïd de la lutte contre la clandestinité et le travail illégal, nous vous prenons au mot : aujourd’hui, dans la forêt française de Guyane, ce ne sont pas les forces de l’ordre qui passent le « karcher », mais bien la « racaille », qui avec ses lances à eau à haute pression sape les berges des cours d’eau, les transformant en de stériles évacuations de boue turbide et mercurée. Les riverains acculés à une mort lente ont décidé de se battre seuls.

A quelques jours des Grenelles de l’environnement, vous qui prétendez vouloir mettre les moyens nécessaires à la protection de la nature et à la limitation du réchauffement climatique, nous nous insurgeons contre ces actions ostentatoires, de lutte contre l’orpaillage clandestin qui consistent à la destruction (et non la récupération en vue d’une redistribution) du matériel saisi (pompes à gasoil, fûts de gasoil, moteurs hors-bord, groupes électrogènes, etc…). Pour exemple, l’ordre récent du Procureur de la République de détruire une trentaine de fûts de gasoil est tout simplement scandaleux : les gendarmes les ont brûlés en pleine zone urbaine, recouvrant une bonne partie du bourg de Maripasoula d’un fumée noire et opaque ; ce qui n’a pas pris feu s’est écoulé pendant plusieurs jours dans le Lawa (le fleuve qui borde la ville), dégageant une forte odeur et empêchant quiconque de s’y baigner. Juste à côté, la centrale thermique EDF de Maripasoula est souvent en rupture de stock de gasoil…

Faudra-t-il attendre la mort de citoyens pour que l’Etat mette enfin les moyens réellement nécessaires pour éradiquer l’orpaillage clandestin ? Quel est l’intérêt de la France à laisser s’installer le chaos ? L’Etat ou quelques personnes, ont-ils des intérêts supérieurs à laisser la situation se dégrader jusqu’à engendrer une guérilla, voir un véritable conflit en Guyane française ? L’Etat attend-il que les Amérindiens, las, se résignent à abandonner leur village et la forêt aux seuls chercheurs d’or ? Quand pourrons-nous de nouveau circuler librement sans risquer la mort par arme à feu, sur les cours d’eau de la région de nouveau limpides et poissonneux ? Quand pourrons-nous de nouveau vivre dans les villages sereinement sans avoir la peur au ventre, sans avoir à se faire justice soi-même ? Nous vous posons la question, Monsieur le Président, car nous sommes sincèrement écoeurés de la situation.
Nous qui habitons Maripa-Soula, en avons plus qu’assez d’un Etat qui ne s’investit pas plus sérieusement dans une situation des plus conflictuelles et qui risque de déborder de la forêt jusqu’au bourg de Maripasoula. Nous demandons à ce que l'Etat prenne enfin ses responsabilités, et au plus vite, en faveur d’une vie plus paisible sur le fleuve. Nous demandons à ce que vous preniez vos responsabilités, Monsieur le Président.

Des habitants de la commune de Maripa-Soula.

 




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