29 octobre 2009
Gardarèm l'Occitan !
Tous à Carcassonne !


Anem òc ! per la lenga occitana… Ainsi que c’était clairement annoncé, il nous fallait tous, ce samedi 24 octobre, aller soutenir l’action en faveur de notre langue d’oc, la sublime langue des troubadours. Aussi, une petite délégation d’Ok-Oc, composée de fidèles chevaliers servants, s’est-elle retrouvée dans un des nombreux autocars partis rejoindre la Cité dominant la belle Aude. Tous unis sous la bannière de l’Institut d’Estudis Occitans (I.E.O.), section de Tarn-et-Garonne, conduite par une Martine dévouée entièrement à la noble cause, nous avons contribué pour une petite part, à la pleine réussite de cette manifestation. Rappelons quelques chiffres.


En 2005, pour la première manifestation de Carcassonne, 12000 personnes étaient comptabilisées ; en 2007, à Béziers, plus de 18000 étaient présentes, sous un soleil radieux. Ce 24 octobre 2009, à Carcassonne, à peu près 25000 citoyens de toute l’Occitanie (y compris bien sûr le Val d’Aran et les vallées italiennes du Piémont), mais aussi de Bretagne, de Corse, du Pays Basque et de Catalogne, sont venus exprimer leur souhait de voir la langue d’Oc être reconnue officiellement, sans plus tarder. C’est ce qu’ont déclaré à tour de rôle puis unanimement les représentants des quatre grands mouvements : Philippe Martel pour la F.E.L.C.O., Jean-Louis Blenet pour les Calandretas, David Grosclaude pour l’I.E.O. et Jacques Mouttet pour le Félibrige. Puisse cette détermination de tous forcer les dirigeants à mettre en œuvre les mesures demandées pour la pleine reconnaissance de la langue et la culture occitanes : de segur, totes amassa, i arribarem ben… lèu !


photos : Michel Monesma
24 décembre 2008
Soigner le Monde (1/4)
La terre est malade

Terre nourricière des Occidentaux, Terre-Mère des Indiens d’Amérique, la planète bleue, que les cosmonautes, émerveillés, contemplaient depuis les stations orbitales, est malade de ses enfants. Les jours du monde, tel que nous le connaissons, sont comptés.

Montréal : LaTerre Mère, d'après une cosmogonie des Hurons-Wendats
Le concept amérindien de Septième Génération — ne rien entreprendre qui puisse porter préjudice aux générations futures jusqu’à la septième — interpelle les générations actuelles. Les peuples originaires d’Amérique retrouvent aujourd’hui leur culture, leurs traditions, leur passé et leur fierté. Cette prise de conscience renforce leur cohésion et leur détermination à agir maintenant pour les générations futures. Nous, les Européens, avons déjà beaucoup appris des Indiens d’Amérique ; il nous reste encore bien des choses à apprendre d’eux afin d’avancer sereinement dans le troisième millénaire. Mais nous avons aussi des ressources à partager, puisées dans notre riche culture occitane.
Les destins indien et occitan se sont plusieurs fois croisés au cours de l’histoire. Nous renouons avec cette tradition.
Le Monde est malade.


Fidèle à sa tradition empruntée aux Guerriers de l’Arc-en-Ciel, l’association Oklahoma-Occitania ne baisse pas les bras et entreprend, à son niveau, un processus de guérison. (à suivre)

Les guerriers de l'arc-en-ciel sur la place du Capitole. Toulouse, juin 2001
http://oklahoccitania.canalblog.com/archives/2007/09/05/5968105.html
15 décembre 2008
Para(t)ge 3/3
Le Parage, âme de l’Occitanie
(3ème et dernière partie)

Président-fondateur des Chevaliers
de la Flamme Cathare et ancien président de Convergencia Occitana (groupement de
cinquante-cinq associations) , Bertran de La Farge revient sur ces vertus cathares qui
font partie de l’identité occitane.
Une recherche constante de la Perfection dans sa Voie.

Les habitants de Carcassonne expulsés en 1209
Le Parage ainsi pratiqué, débouche, sur la Joie suprême, l'Allégresse, la Récompense, le Joyau, la Révélation, l'Illumination, le Graal. Le Compagnon entre alors pleinement dans le cœur du Parage : il est devenu Chevalier, à l'égal de ses autres Compagnons de Parage. Ainsi, le Parage est-il aussi le cadre social, spirituel et idéaliste dans lequel peut s'insérer toute personne qui décide d’adhérer à cette éthique. Aucune restriction ne lui sera opposée du fait de sa naissance, de son sexe ou de ses origines. Chacun se trouvera à égalité (par) avec les autres participants, ses Compagnons, qu'ils soient Princes, Parfaits, Troubadours, écuyers, Marchands, évêques ou “ Vilains ”. Chacun trouvera sa voie au sein du Parage, qu'elle soit brillante ou humble, chacun s'efforcera d'y atteindre la Perfection en améliorant sans cesse sa valeur personnelle, avec humilité, par la pratique constante de l'Amour et des vertus de droiture, de justice, de vérité, de solidarité, de loyauté, de fidélité, de générosité et de courage. Après une première apogée, dès 1100, lors des Croisades en Palestine, la Croisade contre les Albigeois fut la triste circonstance pendant laquelle l'idéal du Parage a fulguré, a brillé à son firmament. Des plus humbles personnes, aux plus anciennes familles aristocratiques, tous firent l'union sacrée au sein du Parage, face à la barbarie, face aux pogroms, face aux bûchers.
Les Faydits

Les chevaliers rebelles à l’envahisseur et tous les résistants furent excommuniés, dépossédés, déclarés proscrits et hors la loi : ils furent appelés, en occitan, faydits. Les chevaliers occitans arborèrent fièrement l’épithète malveillante de faydits et en firent un titre de gloire comme le feront quelques siècles plus tard leurs descendants camisards. Prônant l’idéal du Parage au côté des Bonshommes occitans qu’ils protégèrent l’épée à la main et la rage au cœur, pendant des dizaines d’années ; entrés dans la clandestinité, traqués ou retranchés dans leurs nids d’aigles, ils menèrent avec acharnement et vaillance la Résistance occitane. Mais n’a-t-on pas dit qu’au bout de 700 ans le laurier reverdirait ?
Al cap dels sèt cent ans, verdejara lo laurèl. Les 700 ans sont
écoulés et le Parage est de retour...
Bertran de La Farge

Château de Montségur
09 décembre 2008
Para(t)ge 2/3
Le Parage, âme de l'Occitanie

Ancien président de Convergencia Occitana (groupement de cinquante-cinq associations occitanes) et président des Chevaliers de la Flamme Cathare, Bertran de La Farge revendique l'héritage cathare lorsqu'il déclare : « Cathare je suis, cathare je reste et cathare j'ai essayé d'être, et rien d'autre que cela, en m'efforçant de mettre en pratique [...] les mots-clés très actuels du christianisme cathare : Justice, Vérité, Tolérance, Solidarité, Liberté, Egalité-Parage, Fraternité. [...] Ces vertus cathares qui font partie de notre identité occitane. » (extrait du rapport moral qu'il a présenté le 21 novembre 2000 à l'assemblée générale de Convergencia Occitana).

Une noblesse que chacun peut acquérir
Pour ces Occitans adeptes du Parage, les Hommes sont pairs, égaux. Précisément, en occitan, parage, a pour étymologie le mot de langue d'oc, par qui veut dire égal, pareil, compagnon, pair et qui indique la qualité personnelle. Le Parage désigne l'égalité et la solidarité. Le Parage est une éthique, un idéal de vie, auxquels toute personne, homme ou femme, quelles que soient sa naissance, son origine, sa qualité et ses occupations, a la liberté d'adhérer sans contrainte et qui la font accéder – parmi des Compagnons qui sont dés lors ses pairs, ses égaux – à une Chevalerie et à une Noblesse véritables fondées sur les actes de leur vie et non sur les hasards de la naissance. Les Compagnons du Parage n'en deviendront pas plus riches pour autant. Le but n'est pas de s'enrichir mais de participer à une société solidaire. Il ne s'agit pas d'être forcément un Chevalier revêtu de mailles d'acier, brandissant une épée et poussant des cris de guerre. Il y a mille façons d'être un Chevalier, ne serait-ce qu'en étant celui qui écoute et qui respecte les autres.

Mais il y eut cette sinistre invasion que les livres d'Histoire de France appellent la Croisade contre les Albigeois. Alors il a bien fallu prendre les armes, à contre-cœur, et résister, se défendre, contre-attaquer, reconquérir, et finalement tout perdre jusqu'à aujourd'hui.

On s'aperçoit que l'idéal de la Chevalerie occitane est véritablement né et s'est forgé au fil des siècles dans un monde subtil occitan issu du mélange progressif de plusieurs civilisations qui se sont succédées dans ce creuset que les Romains appelaient Provincial : Ligures, Ibères, Phéniciens, Celtes, Grecs, Romains, Wisigoths, Burgondes, etc. L'éthique de cette Chevalerie profonde – proche de celles des autres traditions et synthèse des idéaux majeurs ayant animé ces civilisations successives et enchevêtrées peut se caractériser par une série de signaux chers au trouvez la clé ! (trobar clau) des Troubadours, des mots-clés, qui forment l'ethos, l'idéal de vie des Compagnons du Parage : l'Amour, qui, sous diverses formes, préside à toutes les actions ; la Justice et la Vérité, vertus essentiellement cathares; le Mérite personnel, la valeur individuelle, la volonté de s'améliorer avec détermination et constance ; le Désintéressement ; la Droiture, la Solidarité, la Tolérance ; la Convivialité; la Courtoisie, bien sûr, base de l'amour courtois des Troubadours ; la Jeunesse, non pas celle des veines, mais celle de l'esprit et du comportement ; la Générosité et bien d'autres encore. Le Parage n'a-t-il pas montré la voie de : Liberté, Egalité, Fraternité ? (à suivre)...
Bertran de La
Farge
03 décembre 2008
Para(t)ge 1/3
Le Parage, âme de l'Occitanie

Signe de
ralliement de l’Occitanie méridionale, le croix occitane est aussi le symbole
d’une certaine conception de la vie, d’un éthos original qui a été forgé au
fil de plusieurs millénaires de civilisation. En l’An 2000, Marseille et Ensérune
ont 2600 ans, Toulouse et Agde, 2350 ans, Aix-en-Provence, 2122 ans, Narbonne, 2118 ans,
la plupart des villes et métropoles occitanes ont au moins 2000 ans. Plus de 2000 ans de
présence, de constance, de création. On peut dire que les Occitans ont eu le temps de
méditer et d’imaginer. Ils ne s’en sont pas privé. Leur état d’âme, les
Occitans avaient fini par lui donner un nom, au Moyen âge, quelques décennies avant que
ne déferlent les armées conquérantes venues du Nord. Après cela tout le monde semblait
se satisfaire de l'idée qu’il n’y avait plus besoin de retrouver le nom oublié
de l'état d’âme occitan perdu puisque précisément il n’existait plus et que
les Méridionaux et autres « Gens du Sud-Ouest » n’en avaient plus besoin.

Mais chassez le naturel il revient au galop! Alors le naturel est revenu. L'état d’âme aussi. Certains ont retrouvé son nom jadis évanoui. D’autres ont même retrouvé ce que cela voulait dire. Ils l’ont expliqué. Et aujourd’hui, les Occitans qui redécouvrent leur état d’âme trouvent qu’il leur va décidément comme un gant. Aussi l’ont-il ressorti des vitrines et des étagères où l’Histoire avait cru pouvoir le ranger définitivement entre la mâchoire d’un homme de Cro-Magnon et une boucle de ceinture mérovingienne en bronze doré.

Alors ce mot bizarre ? Eh bien c’est Parage ! Littré nous livre une première définition assez réelle : le parage c’est l'égalité de naissance, de rang, une égalité à laquelle chacun peut accéder ! (à suivre)
Bertrand de la Farge

Bertran de La Farge. De formation scientifique (il est
Docteur-ingénieur, Ingénieur ESAP, Licencié-ès-Sciences et Consultant
en Environnement). Son intérêt pour l’histoire et les sources
culturelles européennes est devenu son activité principale. En
particulier il est depuis toujours apologiste et défenseur actif tant
de l’historique diversité culturelle française que de cette identité
majeure de la France qu’est la culture occitane, tant en Limousin où il
est né, qu’en Provence où il a vécu et en Languedoc et en Midi-Pyrénées
où il vit. Il est l’un des instigateurs et l’un des fondateurs de la
Fédération Convergéncia Occitana dont il fut le premier Président de
1997 à 2001 et qui regroupe, en 2008, cinquante quatre associations. Il
est aussi l’un des initiateurs et des créateurs de la Maison de
l’Occitanie, l’Ostal d’Occitània, à Toulouse, où il est Président de
l’association Carrefours cathares membre de Convergéncia Occitana. De
2001 à 2008, il a été nommé au cabinet du maire de Toulouse, chargé de
mission pour le développement et le rayonnement de la culture occitane.
Passionné d’histoire médiévale, il est l’auteur de plusieurs ouvrages
sur l’Occitanie, les comtes de Toulouse et le Catharisme.
07 octobre 2008
Vivre sa culture aujourd'hui...
Entre tradition et modernité

Il nous arrive parfois, à OK-OC, de rencontrer des personnes, souvent de bonne foi mais un peu naïves, qui regrettent le bon vieux temps où les Indiens parcouraient à cheval les prairies du Far-West à la poursuite des bisons ou des... diligences. Ces victimes de Hollywood ne connaissent rien des Premières Nations américaines d'hier ou d'aujourd'hui, sinon les stéréotypes qui encrassent leurs esprits et nourrissent leurs rêves un peu niais.
C'est notre travail, depuis bientôt vingt ans, d'essayer de leur faire entrevoir la vérité historique et la place qu'occupent les premiers Américains dans le monde moderne.


Parallèlement nous nous efforçons de faire comprendre à nos compatriotes que les Occitans ne vont plus que très rarement en sabot par les chemins et qu'ils existent encore, fiers de leur identité, de leur langue et de leur culture millénaire.
Vivre sa culture, occitane ou amérindienne, dans un monde moderne est-ce possible ? Il faut pour cela se débarrasser du carcan "folkloriste". Toute culture évolue, s'adapte, ou meurt. Tant pis pour les "puristes", les nostalgiques, ceux qui regrettent le temps des tipis comme celui des chaumières. Qu'ils prennent une fourche et s'en aillent faner aux champs ; ou encore un arc, un carquois, des flèches et partent chasser le lièvre.
Voici, pour terminer ce qu'écrit Davi Kopenawa, chamane Yanomami du Brésil, dans le N°35 du magazine Okâ'Mag (P.22)*
"Ce n'est pas que les Yanomami ne veulent pas du progrès, ou d'autres choses que les Blancs possèdent. Ils veulent simplement avoir la possibilité de choisir et refusent d'être poussés au changement, qu'ils le veuillent ou non. Je ne dis pas que je suis contre le progrès. Je pense que c'est une bonne chose lorsque les Blancs viennent chez les Yanomami pour enseigner la lecture et l'écriture et d'autres façons de planter et d'utiliser les plantes médicinales. Pour nous, c'est cela le progrès. En revanche, nous ne voulons pas des compagnies minières qui détruisent les forêts et des orpailleurs qui apportent de nombreuses maladies. Ces Blancs doivent respecter notre terre yanomani. Les mineurs apportent des armes à feu, l'alcool et la prostitution et détuisent toute la nature où qu'ils aillent. Pour nous, cela n'est pas le progrès. Nous voulons le progrès sans la destruction."
*Oka.Mag' est le magazine bimestriel des actualités amérindiennes. Il est entièrement publié en langue française. Associaton Oka.Mag' , 11 rue Abel-Azor - 97310 Kourou (Guyane française) - http://www.okamag.fr
12 septembre 2008
Hommage à Angela...
Une belle et chaleureuse amitié
Angela
Robinson est présidente d’honneur de l'association Oklahoma-Occitania
depuis août 1991. Cette décision fut prise par le conseil
d’administration en reconnaissance de son magnifique travail
préparatoire à nos
échanges culturels. A ce titre, nous la considérons comme l’une des
fondatrices
d’OK-OC. Angela parle et écrit le français, étant elle-même
d’ascendance
française. Elle a longtemps été la trésorière de l’Union des Osages de
la Californie du Sud
dans laquelle elle œuvrait aux côtés de son frère Galen Clavier. Elle
est actuellement retraitée à Pawhuska en Oklahoma
Voici le récit qu'elle fit de la première correspondance qu'elle reçut de Montauban. C'était en juin 1989, Angela et son mari Wesley étaient venus de San Clemente (Californie de sud) à Pawhuska (Oklahoma) pour assister aux danses I'n-Lo'n-Schka des Osage. L'association OK-OC n'existait pas encore, elle sera fondée en septembre de la même année.

1989. Juin à Pawhuska aux après-midis torrides et moites, aux nuits étouffantes sillonnées de lucioles. La voix du héraut du camp indien, emportée par le vent à travers la prairie encore verte et moirée de légers chatoiements de chaleur, appelle le peuple Osage aux danses de l’après-midi. Mon mari, Wesley, et moi étions venus passer là le mois de juin afin d’assister aux danses I’n-Lo’n-Schka. Il faisait vraiment trop chaud ce jour-là pour sortir assister aux danses. Aussi, je restai dedans. Le téléphone sonna. C’était Mr. Shoemate, le Superintendant de l’Agence Osage.

Une lettre était arrivée de France adressée au maire de Pawhuska. On cherchait quelqu’un pour traduire et, comme le maire avait pu lire le mot « Osage », il avait apporté la lettre à l’Agence. Camille Pangburn avait annoncé que je parlais français, aussi, m’avait-on appelée. Avec l’aide de mon Larrousse des voyageurs, je commençai à traduire. Annexé à la lettre il y avait un article d’un numéro de juin 1987 du magazine Historama. A peine avais-je commencé la lecture que je me sentis envahie d’une grande émotion. Cela parlait des six Osages qui avaient fait le voyage en France en 1827. Cet article relatait l’histoire même que j’avais essayée de retrouver quand Wesley et moi vivions à Paris en 1987. Tous ces événements étaient bien connus des Osages et faisaient partie de leur culture mais, ce qui m’intéressait encore davantage, c’était de voir comment les Français en rendaient compte. Nous avions dû rentrer chez nous avant d’en savoir davantage mais, c’était toujours ça. Cette histoire m’avait rattrapée !
On me demanda de présenter ma traduction au Conseil tribal qui devait se réunir cette semaine-là. C’est ce que je fis et je fus invitée à correspondre avec Monsieur Drouilhet. C’est ainsi que débuta entre nos deux familles une chaleureuse relation amicale. La conséquence de la lettre de Jean-Claude au maire fut la création d’OK-OC qui s’avéra être une merveilleuse force porteuse d’intercompréhension entre les peuples Osage et Occitan. Je veux que vous tous sachiez à quel point j’ai été profondément émue d’être nommée présidente d’honneur d’OK-OC. Humblement, je vous remercie tous pour ce grand honneur.

13 août 2008
histoire de l'Oklahoma
Les 14 drapeaux
qui flottèrent
sur l'Oklahoma

L'Oklahoma, c'est cet état dont la carte ressemble à une casserole qui retient l'attention de l'association OK-OC depuis son origine. C'est au nord de l'état, près de la frontière du Kansas, que se situe le territoire de la tribu chère à nos cœurs : la tribu Osage. Longtemps l'Okahoma a fait partie de la Louisiane (la grande). Mais sait-on qu'il est successivenment passé sous contrôle de l'administration espagnole, anglaise, française, texane, mexicaine avant de devenir la 46 ème étoile du drapeau des Etats-Unis ?
Grâce au travail remarquable d'une amie osage, Mrs Lu Celia Wise, rencontrée en août 1991 en territoire osage, nous avons le plaisir de vous résumer 384 ans d'histoire de l'Oklahoma illustrée de ses quatorze drapeaux successifs.

1541-1663 : le premier drapeau est celui du roi d'Espagne. 1663-1719 : le drapeau de la Grande Betagne flotte sur l'Oklahoma. 1719-1763 : le drapeau du roi de France lui succède. 1763-1800 : l'Oklahoma retourne sous la bannière espagnole. 1800-1803 : la France est de retour avec le drapeau tricolore de la République. 1803-1818 : la bannière étoilée des Etats-Unis lui succède après la vente de la Louisiane. 1818-1821 : nouveau changement ; de quinze étoiles la bannière US passe à vingt. 1821-1836 : l'Oklahoma est devenu territoire mexicain. 1836-1839 : et le voici maintenant partie intégrante de la République du Texas. 1839-1861 : l'Oklahoma fait toujours partie du Texas mais c'est le drapeau à une étoile qui devient tricolore. 1861-1861 : pendant quelques mois le drapeau de la tribu Choctaw a flotté sur l'Oklahoma. 1861-1911 : le drapeau sudiste devient l'emblême de l'Oklahoma. 1911-1925 : l'Oklahoma devient le 46ème Etat de l'Union et adopte son propre drapeau. 1925-.... : le drapeau actuel de l'Oklahoma présente un bouclier osage
Ainsi donc, deux bannières françaises ont flotté sur l'Oklahoma :
1. Le drapeau du roi, blanc à fleurs de Lys, planté par Bernard de La Harpe en 1719

2. Le drapeau tricolore de la République (alors qu'en 1800 la France est sous le régime du Consulat)

Un détail de l'histoire relie Montauban à ce drapeau de la République :
1794 : le Montalbanais Jeanbon Saint-André, membre de la Convention, fera adopter le drapeau tricolore dans sa forme actuelle par l'assemblée, il sera décrit en ces termes.
" le pavillon national sera formé des trois couleurs nationales, disposées en bandes verticales, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans l'air."
Enfin dernier détail, mais pas le moindre pour ce qui nous concerne en tant qu'Occitans :
En août 1991, à l'occasion de la réception donnée par le gouverneur de l'Oklahoma à Oklahoma City aux trente-huit visiteurs de Midi-Pyrénées, le drapeau à la croix occitane fut hissé en haut du mât du siège du gouvernement. L'association Oklahoma-Occitania retire une légitime fierté de cet exploit : le quinzième drapeau d'Oklahoma est celui des comtes de Toulouse!

07 août 2008
Histoire vraie...
Le corbeau blanc

![]()
Le soleil venait d’apparaître derrière la colline. Tout en finissant de tresser ses nattes, Nuage-Qui-Marche sortit sur la terrasse pour contempler les premiers rayons de l’aurore. Ensuite il adresserait sa prière à Grand-père Soleil et de grosses larmes couleraient des yeux de ce géant des plaines d’Amérique. C’était un rituel auquel il m’avait habitué depuis qu’il séjournait chez nous. Il faisait partie d’une délégation d’Indiens de la nation Osage venue d’Oklahoma afin de participer aux manifestations du Printemps Indien en Occitanie.
Comme je le rejoignais, il me montra un gros oiseau blanc et me lança, incrédule :
─ Regarde, je crois que c’est un corbeau !
─ En effet, c’est bien un corbeau, lui répondis-je et je complétai : c’est un corbeau blanc qui ne se sépare jamais de ses quatre congénères noirs. Il est toujours le premier à se poser et le premier à s’envoler. Je pense qu’il est leur chef.
Longtemps nous suivîmes les évolutions de la bande dont les furieux croassements s’efforçaient de chasser un groupe de pies de l’espace que les corbeaux ne semblaient pas disposés à leur céder. Des années durant, les Osages avaient dû, eux aussi, combattre pour défendre leurs territoires de chasse contre les Cherokee venus de l’est. Nuage-Qui-Marche m’avait raconté l’histoire tragique de son peuple osage, déplacé d’une réserve à une autre, toujours plus à l’ouest, jusqu’au Kansas puis en Oklahoma. Les fiers Osage avaient fini par céder devant la puissante cavalerie américaine, mais face aux Cherokee ils avaient résisté. « Cinq siècles de Résistance », tel était le thème que l’association Oklahoma-Occitania avait choisi pour ses manifestations de cette année 1992 alors qu’ailleurs d’autres commémoraient les cinq cents ans de la « Découverte de l’Amérique » par Christophe Colomb. Indiens et Occitans avaient connu des destins différents mais, d’une certaine manière, les deux peuples avaient livré un même combat : Montségur faisait écho à Wounded Knee.
Depuis plusieurs années, tout le quartier connaissait ce corbeau albinos et, passé le premier effet de surprise, plus personne ne s’en étonnait. D’ailleurs, n’y avait-il pas déjà un merle blanc dans la collection ornithologique du musée d’Histoire Naturelle de la ville ? Récemment, j’avais lu dans un journal de la presse indienne qu’un bison blanc était né au sein du troupeau de bisons sauvages de la grande prairie à Pawhuska, en Oklahoma, au pays des Osage. L’albinisme n’était qu’une particularité génétique parmi d’autres, apportant une réponse rationnelle à ce corbeau blanc que nous considérions ici comme une curiosité de la nature.


Le premier Osage à l’avoir observé s’appelait Ours-Debout. C’était en 1990 et nous connaissions l’existence de notre corbeau blanc depuis deux ans déjà. Bien qu’il ait été baptisé dans la religion catholique, Ours-Debout n’avait jamais cessé de prier Wa-Kon-Dah, le Grand-Mystère, Créateur de toutes choses, qu’avaient de tous temps vénéré ses ancêtres. Pour Ours Debout, la présence d’un corbeau blanc chez nous était un signe évident de Wa-Kon-Dah, celui d’une bénédiction sur ce coin de campagne aux portes de la ville. « Il vous protège », m’avait-il assuré.
C’est Bison-Ours, un Sioux-Lakota de la réserve de Pine Ridge dans le Sud Dakota qui m’a ouvert les yeux lors de son séjour chez nous de nombreuses années plus tard. Après m’avoir fait signe de m’asseoir, il m’a demandé :
─ Sais-tu pourquoi les corbeaux sont noirs ?
─ Parce que c’est un caractère génétique de leur espèce.
─ Et le blanc, comment l’expliques-tu ?
─ Par une anomalie génétique.
─ Le peuple Lakota-Oglala a une autre explication. Veux-tu la connaître ?
─ Bien sûr.
─ Autrefois, tous les corbeaux étaient blancs. Ils venaient souvent se poser à proximité des camps du peuple Sioux et disputaient aux chiens les restes de nourriture. Chaque année, en automne, ils émigraient vers le sud à la recherche d’un climat moins rigoureux. Tu dois savoir qu’au Sud-Dakota la température peut descendre jusqu’à 40 degrés au-dessous de zéro et que les chutes de neige sont importantes chaque hiver.
Une année l’un des chefs corbeaux réunit sa tribu et proposa de passer l’hiver sur place ; cela permettrait d’éviter la grande fatigue du voyage, les assurait-il. Ils n’auraient rien à craindre : de la neige ils avaient déjà la couleur qui leur permettrait de se fondre dans le paysage. Et enfin, n’étaient-ils pas parmi les plus intelligents de tous les êtres qui volent ? Ils n’auraient aucune difficulté à se nourrir.
Ce chef corbeau manquait de modestie (il se prenait pour un aigle) et il manquait aussi de courage (il préférait économiser ses forces). Il n’aurait jamais dû être chef. Peut-être l’était-il parce qu’il était beau parleur. Pour son malheur, la tribu Corbeau accepta de tenter l’expérience.
L’hiver arriva et avec lui, le blizzard la neige et le froid glacial. Les corbeaux, transis, n’eurent d’autre solution pour se réchauffer que d’aller se poser sur les perches au sommet des tipis afin de profiter de la chaleur du feu. Et comme il n’y a guère de feu sans fumée ni de fumée sans suie…

─ Voilà, conclut Bison Ours, la véritable raison pour laquelle les corbeaux sont noirs de nos jours.
─ Et le corbeau blanc ?
─ C’est à toi de trouver l’explication, me dit-il.
Mon interprétation génétique de l’albinisme venait, comme on dit, « d’en prendre un sacré coup dans l’aile ». La fraîcheur poétique du récit de Bison-Ours me fit l’effet d’une douche. Mais oui, bien sûr, telle était la bonne explication : le corbeau blanc était un chef. L’un de ces chefs qui disent non et entrent en résistance lorsque leur peuple suit aveuglément les discours fanatiques.
Bientôt je répondrai à Bison-Ours ce que je pense être la vérité. Le corbeau blanc de mon quartier est un vestige, un survivant, l’un des rares représentants dans le monde de ce qu’était autrefois la gent des corvidés. Il porte en lui la sagesse et la tradition de son peuple et les partage avec ses semblables.
Le jour viendra où tous les corbeaux retrouveront leur blancheur d’origine et la sagesse régnera enfin en ce monde qui est devenu si noir.
JCD. Montauban - 12 septembre 2001

NB) – Ce récit n’est pas un conte ; le corbeau blanc est toujours en vie, les faits rapportés sont authentiques et les personnages existent réellement. Seuls leurs noms ont été changés.
23 juillet 2008
Une BD pour les vacances :
LES AVENTURES
OKLAHOMANESQUES
D'UN OCCITAN
En 1993, déclarée " Année des peuples autochtones " par les Nations Unies, je fus chargé par l'association Oklahoma-Occitania d'aller porter des messages d'amitié aux peuples autochtones d'Oklahoma. Ces messages devaient être représentatifs des différentes sensibilités occitanes. Les responsables politiques, économiques, associatifs et culturels furent donc sollicités et ainsi une trentaine de messages furent rassemblés et reliés en une brochure dont la couverture fut décorée par notre ami Michel Batlle.
Je devais effectuer cette "mission" en allant à pied de tribu en tribu, remettre un exemplaire de la brochure de messages. En tout une quinzaine de tribus furent visitées : Osage, Delaware, Kiowa, Pawnee, Kansas, Cherokee, Seminole, Ottawa, Peoria, Modoc, Wyandot, Seneca-Cayuga, Quapaw, Miami, Choctaw, Ponca, Shawnee. Inutile d'insister sur la qualité de accueil chaleureux de la part de ces peuples qui découvraient l'existence de l'Occitanie.
Au retour, je rendis compte de mes pérégrinations et des rencontres exceptionnelles qu'elles m'avaient permis de faire. Chacun fut libre, comme de bien entendu, d'interpréter mes propos et écrits, comme il l'entendait. Aujourd'hui, j'ai choisi de vous en livrer un version originale sous forme de bande dessinée de notre ami Fijac
In the year 1993, which was declared " Year of the autochthonous people " by the United Nations, our association asked me to go to Oklahoma and deliver messages of friendship to the autochthonous people. These messages were from thirty different Occitan representatives. All the leaders from a political, economic, associative or cultural background were therefore asked if they agreed to send a message. All of them were gathered in a booklet, the cover of which was decorated by an artist, our friend Michel Batlle.
I was supposed to accomplish such a "mission" on foot, from tribe to tribe, giving copies of that brochure. About fifteen tribes were visited : Osage, Delaware, Kiowa, Pawnee, Kansas, Cherokee, Seminole, Ottawa, Peoria, Modoc, Wyandot, Seneca-Cayuga, Quapaw, Miami, Choctaw, Ponca, Shawnee.
No need to say how warm-hearted the reception was everywhere, on behalf of these people who discovered the existence of Occitania.
Back to France, I gave reports of my peregrination including my meetings. Everyone could, of course, understand what I said in his own way. Here is an original version : a comic strip specially imagined by our friend Frederic Fijac.

No need for any translation

1 Dans les plaines du Far West, un homme chemine
In the plains of the Far West, a man is walking...
2 Pauvre de lui, il ne sait pas qu'il arpente le territoire de la dernière tribu sauvage
Poor man, he cannot realize he's going through the last wild tribe territory !
3 - Mille kilomètres à pied, ça use, ça use..
These boots are not made for walking...
4 Ce putain de feu !
That goddamn fire !
No comment
No comment
18 - Mais, dis-moi...
But, tell me...
19 - Tu n'es pas de Montauban toi ?
You're from Montauban, aren't you ?
Epilogue
L'Oklahoma est grand comme un tiers de la France mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, Montauban et l'Occitanie y sont connues de (presque) tous les Okies !










