29 octobre 2009
Gardarèm l'Occitan !
Tous à Carcassonne !


Anem òc ! per la lenga occitana… Ainsi que c’était clairement annoncé, il nous fallait tous, ce samedi 24 octobre, aller soutenir l’action en faveur de notre langue d’oc, la sublime langue des troubadours. Aussi, une petite délégation d’Ok-Oc, composée de fidèles chevaliers servants, s’est-elle retrouvée dans un des nombreux autocars partis rejoindre la Cité dominant la belle Aude. Tous unis sous la bannière de l’Institut d’Estudis Occitans (I.E.O.), section de Tarn-et-Garonne, conduite par une Martine dévouée entièrement à la noble cause, nous avons contribué pour une petite part, à la pleine réussite de cette manifestation. Rappelons quelques chiffres.


En 2005, pour la première manifestation de Carcassonne, 12000 personnes étaient comptabilisées ; en 2007, à Béziers, plus de 18000 étaient présentes, sous un soleil radieux. Ce 24 octobre 2009, à Carcassonne, à peu près 25000 citoyens de toute l’Occitanie (y compris bien sûr le Val d’Aran et les vallées italiennes du Piémont), mais aussi de Bretagne, de Corse, du Pays Basque et de Catalogne, sont venus exprimer leur souhait de voir la langue d’Oc être reconnue officiellement, sans plus tarder. C’est ce qu’ont déclaré à tour de rôle puis unanimement les représentants des quatre grands mouvements : Philippe Martel pour la F.E.L.C.O., Jean-Louis Blenet pour les Calandretas, David Grosclaude pour l’I.E.O. et Jacques Mouttet pour le Félibrige. Puisse cette détermination de tous forcer les dirigeants à mettre en œuvre les mesures demandées pour la pleine reconnaissance de la langue et la culture occitanes : de segur, totes amassa, i arribarem ben… lèu !


photos : Michel Monesma
17 octobre 2009
Premières impressions...
Les Osages sont partis

Commence aujourd'hui une série d'articles pour essayer de donner la mesure de ce qui s'est passé ici du 10 au 16 octobre. Et croyez-le bien, cela ne va pas être facile ! (tant il y a de choses à écrire)
Tout s'est très bien passé, le programme a été entièrement respecté, que tous soient remerciés. Tous...
D'abord la délégation osage dont la discipline n'a eu d'égale que sa gentillesse, sa patience (légendaire), sa bonne humeur, sa générosité ;
Les élus ensuite qui nous ont fait l'honneur de recevoir, comme il se doit, les invités de marque que sont les Osages ; Monsieur le Consul des États-Unis qui est venu saluer et encourager ses concitoyens ;
Les populations de Montauban, de Saint-Nicolas, d'Albias qui sont venues à leur rencontre ;
Les enfants de Montauban qui par centaines se sont portés, avec leurs professeurs, sur le passage du cortège ;
Les personnels municipaux qui ont mis au service de cet accueil collectif toute leur compétence, leur énergie et leur dévouement ;
Le comité de tourisme et le personnel municipal de Saint-Nicolas de la Grave. D'un seul mot : "remarquable"
L'association du quartier de Sapiac dont la disponibilité n'a d'égale que la créativité, l'humour et la joie de vivre ;
Enfin les membres d'OK-OC, toujours dévoués jusqu'à l'usure et qui tiennent ouverte la liste d'enrôlement. "Engagez-vous qu'y disaient..."
Voilà. La description par menus détails viendra ensuite. Il y a de quoi faire mais là, voyez-vous chers amis, c'est l'heure de la sieste ("Osage exercise" comme disent nos amis) et, il n'y a rien de plus sacré ici en Occitanie.

23 avril 2009
Le Prince Noir :
VIURE A MONTALBAN IS COOL...

De lui, naguère, nous parlâmes souventes fois sans dévoiler sa mystérieuse identité. Qui était donc ce fameux Prince Noir dont l'ombre se promène dans cette chronique ok-occitane,

Le plus "cool" parmi nos aimables lecteurs ne sera pas surpris d'apprendre, s'il l'ignorait, qu'il était Anglais de souche, Prince de sang, Occitan de coeur, Montalbanais d'adoption et bien-aimé des sus-dits.
De là à penser qu'il est l'inspirateur (posthume) de cette chronique iconoclaste il n'y a qu'un pas. Le franchira qui voudra.

Prince de Galles, ce fameux Prince Noir de l'histoire, auquel son frère Edouard III roi d'Angleterre avait confié ses possessions d'Aquitaine, visita ses nouveaux sujets en 1363. A Montauban il sut séduire les habitants et se révéla un administrateur efficace. Il fit entreprendre au bord du Tarn la construction d'une vaste bâtisse de briques, palais beaucoup plus que forteresse dont seul le rez-de-chaussée se trouvait achevé huit ans plus tard lorsque les Anglais durent abandonner la ville. Il en reste cette magnifique salle d'armes dite "Salle du Prince Noir" qui servit de soubassement au palais épiscopal construit au XVIIème siècle, devenu aujourd'hui le musée Ingres.

la "Salle du Prince Noir"
" Viure à Montalban was so cool ! "
27 janvier 2009
20ème anniversaire d'OK-OC (1)

ET

Présentent
LES OSAGES ET MONTAUBAN
1829-2009 : 180 ans d'histoire commune

En Novembre 1829 Montauban était sous la glace. Le Tarn resta gelé pendant des semaines. L'hiver fut précoce et dura jusqu'en février. Trois misérables "SDF" se présentèrent à l'entrée sud de la ville, ils traversèrent le pont Vieux et se présentèrent à l'évêché (la mairie actuelle). Ces étrangers venaient d'un pays lointain, connu aujourd'hui sous le nom d'Etats-Unis d'Amérique, plus précisément du Kansas. L'évêque, Mgr Dubourg, organisa des quêtes et collectes de fonds dans le diocèse et ainsi les trois Indiens Osages : Petit-Chef, Grand-Soldat et Femme-Faucon, purent rentrer chez eux. Ils n'ont jamais oublié la générosité des Montalbanais !
Et les Montalbanais s'en sont aussi souvenus, surtout depuis 1989, date de création de l'association Oklahoma-Occitania qui fête ses vingt ans cette année .
La célébration de ce double anniversaire (20 ans d'OK-OC et 180 ans d'histoire commune) donnera lieu à diverses manifestations au cours de l'année dont la première aura lieu à
Montauban dans le quartier de Sapiac
(rue du chanoine Belloc - salle de l'USM - près des tribunes du stade vélodrome)
Vendredi 30 janvier à 20 heures 30
présentation d'un diaporama et projection de diverses vidéos tournées à Montauban et en Oklahoma, en pays osage
avec Monique et Jean-Claude Drouilhet (fondateurs d'OK-OC)
PROGRAMME
1. Présentation de l'association
2. Diaporama
- Origine des échanges avec les Osages
- Qui sont les Osages et où vivent-ils ?
- Comment étaient-ils autrefois ?
- Comment sont-ils aujourd'hui ?
3. Vidéos
- Pieds nus sur la terre occitane = l'arrivée des premiers Osages à Montauban en 1829
- Le retour des Osages en 1990
- Des Montalbanais chez les Osages en 1991
- Danses, bisons et interviews en Oklahoma
- Wha-sha-she e Occitan Ce dernier document est en occitan sous-titré en français.
4. Diaporama musical et humoristique en conclusion
Entrée gratuite
(attention : la salle initialement prévue était la Maison de Quartier de Sapiac. Elle a été remplacée par la salle de l'USM contigüe de la précédente et plus spacieuse. La séance commencera à l'heure exacte.)
20 janvier 2009
Rien n’est plus fort que...
LE FROMAGE DE ROQUEFORT
Le gouvernement des États-Unis vient de tripler la taxe d'importation des produits français et notamment du Roquefort sous le prétexte d'une riposte à l'interdiction d'entrée en Europe de viande de bœuf états-unien aux hormones (beurk !) et de blanc de poulet javellisé (re-beurk !!). Ce n'est pas la première fois qu'est prise une telle mesure de rétorsion. Il y a dix ans, déjà, la résistance s'organisait. Voici ce que nous écrivions à l'époque...

L’esprit de
Seattle a plané sur le Larzac le 30 juin et le 1er juillet 2000. Le chef des Duwamish qui,
déjà en 1852, proclamait que ni sa terre ni le ciel, l’air et les oiseaux, pas plus
que l’eau et les poissons de la rivière n’étaient à vendre. (pour entendre le discours du chef Seattle, cliquez ici).Le grand chef
Seattle donc, est revenu.

La première fois, c’était en Novembre 99 à ...Seattle justement, moderne capitale de l’État de Washington, de Boeing et de Microsoft réunis. La deuxième fois, c’était en 2000, à Millau, dans l’Aveyron, centre du monde civilisé, c’est à dire d’un monde dans lequel la conscience est portée au plus haut niveau, bien supérieur à celui des marchands du temple qui vendraient leur propre mère s’ils pouvaient la faire coter en Bourse.
A Millau il y eut
plusieurs procès : celui des démanteleurs d’un mac nommé Donald et celui que
firent ré-activement ces élévateurs de conscience aux marchandiseurs du monde.
Plusieurs membres d’OK-OC assistaient à ces journées mémorables. Ils en sont revenus tout retournés d’émotion.
Était-ce l’un de ces para-pentes multicolores qui tournoyait dans l’azur, ou bien l’un de ces ballons ronds d’hélium qui montaient au ciel ? Quelle forme avait-il prise ? Qu’importe d’ailleurs, l’essentiel était qu’il y fût, Seattle, aux côtés des 100 000 personnes citoyennes, toutes venues de quelque part, avec leur identité affichée : bretonne, basque, occitane, toutes citoyennes du monde.
Identité. Le mot a plusieurs sens et il vaut mieux s’entendre si l’on veut éviter d’être pris pour ceux que l’on n’est pas. L’identité culturelle à laquelle nous faisons référence en Occitanie est tout le contraire d’une pseudo-identité fermée sur elle-même, exclusive, raciste et xénophobe. C’est une identité ouverte, tolérante, curieuse et attentive à l’autre, intégratrice au sens où elle reçoit autant qu’elle donne afin de se transformer elle-même.
Résistante même. Non pas aux influences extérieures, on vient de l’écrire, mais aux prétentions hégémoniques, au nivellement, aux « dures lois du marché ».
Dans le causse du
Larzac où, en matière de résistance, on connaît un peu la question, on fait le
Roquefort. Qu’est-ce donc que le Roquefort ? Un fromage ? Un produit
d’exportation ? Bien plus que cela. Le Roquefort est l’un des symboles de
l’identité française. Y toucher revient à vouloir
chatouiller la crête du coq qui
sommeille en chacun de nous : il se dresse sur ses ergots et rameute toute la basse-cour.
Ils y ont réussi. Il en est venu de toutes les basses-cours de la terre, d’Inde, du
Chili et du Pérou, de Kanakie... des États-Unis même pour dire « basta ! » Tous unis à
Millau autour du chef Seattle et du Roquefort.
Faut pas vouloir être plus fort
que le fromage de Roquefort !
Jean-Claude Drouilhet

02 janvier 2009
Soigner le Monde (4/4)
Une culture pour soigner le Monde

La culture occitane, la première en Europe après l’Antiquité, donne naissance aux alentours de l’an Mil à une littérature qui pose les fondements de la littérature européenne. Son importance et son influence sont étudiées dans plus de cent universités du monde entier. Des Troubadours jusqu’à nos jours, ses vertus décapantes ne cessent de surprendre et aident à vivre.
L'année 2009 marquera le 800ème anniversaire du début de la Croisade contre les Albigeois, car c'est ainsi que l'on désignait en 1209 les gens du sud de la France, les Occitans comme on dit aujourd'hui. Bien entendu, un tel anniversaire ne se fête pas. Nous allons en revanche rendre hommage au courage de nos ancêtres et célébrer leur résistance qui ont permis à notre culture, notre langue et nos valeurs de traverser les siècles.
Bernard de Ventadorn, Troubadour médiéval
Le temps est venu où le laurier va reverdir

Bona Annada
15 décembre 2008
Para(t)ge 3/3
Le Parage, âme de l’Occitanie
(3ème et dernière partie)

Président-fondateur des Chevaliers
de la Flamme Cathare et ancien président de Convergencia Occitana (groupement de
cinquante-cinq associations) , Bertran de La Farge revient sur ces vertus cathares qui
font partie de l’identité occitane.
Une recherche constante de la Perfection dans sa Voie.

Les habitants de Carcassonne expulsés en 1209
Le Parage ainsi pratiqué, débouche, sur la Joie suprême, l'Allégresse, la Récompense, le Joyau, la Révélation, l'Illumination, le Graal. Le Compagnon entre alors pleinement dans le cœur du Parage : il est devenu Chevalier, à l'égal de ses autres Compagnons de Parage. Ainsi, le Parage est-il aussi le cadre social, spirituel et idéaliste dans lequel peut s'insérer toute personne qui décide d’adhérer à cette éthique. Aucune restriction ne lui sera opposée du fait de sa naissance, de son sexe ou de ses origines. Chacun se trouvera à égalité (par) avec les autres participants, ses Compagnons, qu'ils soient Princes, Parfaits, Troubadours, écuyers, Marchands, évêques ou “ Vilains ”. Chacun trouvera sa voie au sein du Parage, qu'elle soit brillante ou humble, chacun s'efforcera d'y atteindre la Perfection en améliorant sans cesse sa valeur personnelle, avec humilité, par la pratique constante de l'Amour et des vertus de droiture, de justice, de vérité, de solidarité, de loyauté, de fidélité, de générosité et de courage. Après une première apogée, dès 1100, lors des Croisades en Palestine, la Croisade contre les Albigeois fut la triste circonstance pendant laquelle l'idéal du Parage a fulguré, a brillé à son firmament. Des plus humbles personnes, aux plus anciennes familles aristocratiques, tous firent l'union sacrée au sein du Parage, face à la barbarie, face aux pogroms, face aux bûchers.
Les Faydits

Les chevaliers rebelles à l’envahisseur et tous les résistants furent excommuniés, dépossédés, déclarés proscrits et hors la loi : ils furent appelés, en occitan, faydits. Les chevaliers occitans arborèrent fièrement l’épithète malveillante de faydits et en firent un titre de gloire comme le feront quelques siècles plus tard leurs descendants camisards. Prônant l’idéal du Parage au côté des Bonshommes occitans qu’ils protégèrent l’épée à la main et la rage au cœur, pendant des dizaines d’années ; entrés dans la clandestinité, traqués ou retranchés dans leurs nids d’aigles, ils menèrent avec acharnement et vaillance la Résistance occitane. Mais n’a-t-on pas dit qu’au bout de 700 ans le laurier reverdirait ?
Al cap dels sèt cent ans, verdejara lo laurèl. Les 700 ans sont
écoulés et le Parage est de retour...
Bertran de La Farge

Château de Montségur
09 décembre 2008
Para(t)ge 2/3
Le Parage, âme de l'Occitanie

Ancien président de Convergencia Occitana (groupement de cinquante-cinq associations occitanes) et président des Chevaliers de la Flamme Cathare, Bertran de La Farge revendique l'héritage cathare lorsqu'il déclare : « Cathare je suis, cathare je reste et cathare j'ai essayé d'être, et rien d'autre que cela, en m'efforçant de mettre en pratique [...] les mots-clés très actuels du christianisme cathare : Justice, Vérité, Tolérance, Solidarité, Liberté, Egalité-Parage, Fraternité. [...] Ces vertus cathares qui font partie de notre identité occitane. » (extrait du rapport moral qu'il a présenté le 21 novembre 2000 à l'assemblée générale de Convergencia Occitana).

Une noblesse que chacun peut acquérir
Pour ces Occitans adeptes du Parage, les Hommes sont pairs, égaux. Précisément, en occitan, parage, a pour étymologie le mot de langue d'oc, par qui veut dire égal, pareil, compagnon, pair et qui indique la qualité personnelle. Le Parage désigne l'égalité et la solidarité. Le Parage est une éthique, un idéal de vie, auxquels toute personne, homme ou femme, quelles que soient sa naissance, son origine, sa qualité et ses occupations, a la liberté d'adhérer sans contrainte et qui la font accéder – parmi des Compagnons qui sont dés lors ses pairs, ses égaux – à une Chevalerie et à une Noblesse véritables fondées sur les actes de leur vie et non sur les hasards de la naissance. Les Compagnons du Parage n'en deviendront pas plus riches pour autant. Le but n'est pas de s'enrichir mais de participer à une société solidaire. Il ne s'agit pas d'être forcément un Chevalier revêtu de mailles d'acier, brandissant une épée et poussant des cris de guerre. Il y a mille façons d'être un Chevalier, ne serait-ce qu'en étant celui qui écoute et qui respecte les autres.

Mais il y eut cette sinistre invasion que les livres d'Histoire de France appellent la Croisade contre les Albigeois. Alors il a bien fallu prendre les armes, à contre-cœur, et résister, se défendre, contre-attaquer, reconquérir, et finalement tout perdre jusqu'à aujourd'hui.

On s'aperçoit que l'idéal de la Chevalerie occitane est véritablement né et s'est forgé au fil des siècles dans un monde subtil occitan issu du mélange progressif de plusieurs civilisations qui se sont succédées dans ce creuset que les Romains appelaient Provincial : Ligures, Ibères, Phéniciens, Celtes, Grecs, Romains, Wisigoths, Burgondes, etc. L'éthique de cette Chevalerie profonde – proche de celles des autres traditions et synthèse des idéaux majeurs ayant animé ces civilisations successives et enchevêtrées peut se caractériser par une série de signaux chers au trouvez la clé ! (trobar clau) des Troubadours, des mots-clés, qui forment l'ethos, l'idéal de vie des Compagnons du Parage : l'Amour, qui, sous diverses formes, préside à toutes les actions ; la Justice et la Vérité, vertus essentiellement cathares; le Mérite personnel, la valeur individuelle, la volonté de s'améliorer avec détermination et constance ; le Désintéressement ; la Droiture, la Solidarité, la Tolérance ; la Convivialité; la Courtoisie, bien sûr, base de l'amour courtois des Troubadours ; la Jeunesse, non pas celle des veines, mais celle de l'esprit et du comportement ; la Générosité et bien d'autres encore. Le Parage n'a-t-il pas montré la voie de : Liberté, Egalité, Fraternité ? (à suivre)...
Bertran de La
Farge
03 décembre 2008
Para(t)ge 1/3
Le Parage, âme de l'Occitanie

Signe de
ralliement de l’Occitanie méridionale, le croix occitane est aussi le symbole
d’une certaine conception de la vie, d’un éthos original qui a été forgé au
fil de plusieurs millénaires de civilisation. En l’An 2000, Marseille et Ensérune
ont 2600 ans, Toulouse et Agde, 2350 ans, Aix-en-Provence, 2122 ans, Narbonne, 2118 ans,
la plupart des villes et métropoles occitanes ont au moins 2000 ans. Plus de 2000 ans de
présence, de constance, de création. On peut dire que les Occitans ont eu le temps de
méditer et d’imaginer. Ils ne s’en sont pas privé. Leur état d’âme, les
Occitans avaient fini par lui donner un nom, au Moyen âge, quelques décennies avant que
ne déferlent les armées conquérantes venues du Nord. Après cela tout le monde semblait
se satisfaire de l'idée qu’il n’y avait plus besoin de retrouver le nom oublié
de l'état d’âme occitan perdu puisque précisément il n’existait plus et que
les Méridionaux et autres « Gens du Sud-Ouest » n’en avaient plus besoin.

Mais chassez le naturel il revient au galop! Alors le naturel est revenu. L'état d’âme aussi. Certains ont retrouvé son nom jadis évanoui. D’autres ont même retrouvé ce que cela voulait dire. Ils l’ont expliqué. Et aujourd’hui, les Occitans qui redécouvrent leur état d’âme trouvent qu’il leur va décidément comme un gant. Aussi l’ont-il ressorti des vitrines et des étagères où l’Histoire avait cru pouvoir le ranger définitivement entre la mâchoire d’un homme de Cro-Magnon et une boucle de ceinture mérovingienne en bronze doré.

Alors ce mot bizarre ? Eh bien c’est Parage ! Littré nous livre une première définition assez réelle : le parage c’est l'égalité de naissance, de rang, une égalité à laquelle chacun peut accéder ! (à suivre)
Bertrand de la Farge

Bertran de La Farge. De formation scientifique (il est
Docteur-ingénieur, Ingénieur ESAP, Licencié-ès-Sciences et Consultant
en Environnement). Son intérêt pour l’histoire et les sources
culturelles européennes est devenu son activité principale. En
particulier il est depuis toujours apologiste et défenseur actif tant
de l’historique diversité culturelle française que de cette identité
majeure de la France qu’est la culture occitane, tant en Limousin où il
est né, qu’en Provence où il a vécu et en Languedoc et en Midi-Pyrénées
où il vit. Il est l’un des instigateurs et l’un des fondateurs de la
Fédération Convergéncia Occitana dont il fut le premier Président de
1997 à 2001 et qui regroupe, en 2008, cinquante quatre associations. Il
est aussi l’un des initiateurs et des créateurs de la Maison de
l’Occitanie, l’Ostal d’Occitània, à Toulouse, où il est Président de
l’association Carrefours cathares membre de Convergéncia Occitana. De
2001 à 2008, il a été nommé au cabinet du maire de Toulouse, chargé de
mission pour le développement et le rayonnement de la culture occitane.
Passionné d’histoire médiévale, il est l’auteur de plusieurs ouvrages
sur l’Occitanie, les comtes de Toulouse et le Catharisme.
30 novembre 2008
Le symbole de l'Occitanie :
LA CROIX OCCITANE
d'après Bertran de La Farge

Origine
Il y a bien longtemps que la
croix occitane existe à Toulouse. Déjà elle était présente pendant l’occupation romaine aussi bien que
durant l’ère wisigothe. En 419 les Wisigoths avaient déjà choisi Toulouse comme
capitale de leur royaume.
En 1906, au début de la
première croisade, le chef de « l’Armée provençale », Raimon IV,
comte de Toulouse et de Tripoli, avait placé cette fameuse croix dans son
blason. Il fut le premier comte de Toulouse à l’adopter ce qui la fit désigner
comme étant la croix de Toulouse. Elle est un compromis entre la croix de Malte
et la croix des Templiers, mais il ne s’agit pas d’un crucifix
Alphonse-Jourdain comte
de Toulouse était le fils de Raimon IV. Il fonda la ville de Montauban en 1144.
Son fils lui succéda sous le nom de Raimon V. Il ne semble pas avoir utilisé la
croix occitane durant son règne.
Raimon VI comte de
Toulouse était le petit-fils d’Alphonse-Jourdain. Il était membre de l’ordre
des chevaliers hospitaliers. Il plaça la croix occitane sur son blason et avant
de mourir, en 1222, il demanda à être
enterré avec sa croix à Toulouse.

Les
différentes significations de la croix occitane
Le Christ est au centre
(« le soleil de justice », selon Saint Luc) et les douze boules
représentent les douze apôtres. C’est ce que croyaient et disaient les prêtres
catholiques aux XIIème et XIIIème siècles.
D’après l’Apocalypse
selon Saint Jean, ce serait l’union mystique de l’âme et de l’esprit ; les
douze boules symbolisent les douze portes.
Les douze boules pourraient aussi symboliser les douze maisons, ou signes, et le cycle annuel du zodiaque. C'est l'interprétation qui a été adoptée pour être dessinée sur la dalle de la place du Capitole à Toulouse

On peut aussi penser aux
quatre saisons de trois mois chacune. Ou les quatre vents, les quatre
directions.
Ou encore les douze éléments de la personnalité : anxiété, peur de l’effort, désir de possession,
arrogance, hypocrisie, paresse, orgueil, illusion, indécision, regrets, et le
douzième élément : l’espoir !
La signification des couleurs rouge et jaune
De Gueules à la croix d’Or
Le symbole des couleurs : rouge et jaune, est en fait « sang et or ».
Le sang, c'est l'âme des Hommes et l'Or, c'est l'or en fusion, le Soleil, c'est-à-dire l'Être suprême. En héraldique, sur les blasons, rouge se nomme « gueules » (l'un des « émaux ») et jaune « or » (l'un des métaux). La Croix de Toulouse se lit, au plus simple, « de gueules à la croix d'or ». Sang et Or, Gueules et Or, sont les couleurs historiques de l'Occitanie et des civilisations du Sud.
Sang et or sont arrivés en Occitanie par la Catalogne : le Comte de Barcelone dont l'écu était intégralement d'Or, avait subi, contre les Musulmans (les Sarrasins), une sanglante défaite. Grièvement blessé il gisait parmi les morts et les blessés sur le champ de bataille.

Le Général sarrasin le faisait rechercher pour l'achever. Le Comte, couvert de
sang, eut l'idée de tracer sur son écu, avec les quatre doigts valides de sa main
droite, quatre barres rouges à l'aide de son sang. Son écu devint « d'or aux quatre pals
de gueules ». Ainsi, les Sarrasins ne le reconnurent pas. Il put s'échapper, reconstituer
son armée. Et avec son nouvel écu, Sang et Or, il repoussa les Sarrasins. Ce fut le
premier acte de la Reconquête, la "Reconquista", qui écarta, en 8 siècles,
les Musulmans de l'Europe.
Étant donné que les Occitans et les Catalans sont des peuples cousins (comme les Osage, les Omaha et les Ponca), les Occitans demandèrent l’autorisation d’utiliser les couleurs Sang et Or pour la bannière occitane car ils les considèrent comme les couleurs de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité. Voilà pourquoi la croix occitane est Sang et Or.
La Croix occitane appartient au patrimoine de l'Humanité, dans ce qu'elle a de plus beau et de plus noble.
Il va falloir nous atteler à jumeler Midi-Pyrénées avec l'Oklahoma et le Dakota (Montségur et les Black Hills, beau symbole !)

Il n’y a aucune
restriction, ni aucun droit pour interdire de copier la croix occitane. Elle appartient à
l’humanité
d'après Bertran de La Farge
(ce texte a été traduit en français à partir d'un article en anglais de BdLF)

L’OCCITANIE
Oc ! L’Occitanie
c’est :
· 32 départements français + 12
vallées italiennes + 1 vallée espagnole
· 190 000 km²
· 13 millions de citoyens
OC, en langue occitane
Le mot « OC » signifie OUI et
l’Occitanie est le pays ou les gens disent « OC » quand tout est « OK »
OK ?….. OC !

Bertran de La Farge. De formation scientifique (il est
Docteur-ingénieur, Ingénieur ESAP, Licencié-ès-Sciences et Consultant
en Environnement). Son intérêt pour l’histoire et les sources
culturelles européennes est devenu son activité principale. En
particulier il est depuis toujours apologiste et défenseur actif tant
de l’historique diversité culturelle française que de cette identité
majeure de la France qu’est la culture occitane, tant en Limousin où il
est né, qu’en Provence où il a vécu et en Languedoc et en Midi-Pyrénées
où il vit. Il est l’un des instigateurs et l’un des fondateurs de la
Fédération Convergéncia Occitana dont il fut le premier Président de
1997 à 2001 et qui regroupe, en 2008, cinquante quatre associations. Il
est aussi l’un des initiateurs et des créateurs de la Maison de
l’Occitanie, l’Ostal d’Occitània, à Toulouse, où il est Président de
l’association Carrefours cathares membre de Convergéncia Occitana. De
2001 à 2008, il a été nommé au cabinet du maire de Toulouse, chargé de
mission pour le développement et le rayonnement de la culture occitane.
Passionné d’histoire médiévale, il est l’auteur de plusieurs ouvrages
sur l’Occitanie, les comtes de Toulouse et le Catharisme.










