19 septembre 2009
Eté Indien 2009 (3)...
LES PRINCESSES OSAGES

Le chef Jim Gray félicitant les deux princesses osages
Ce ne sera pas la première fois que l'association OK-OC reçoit une princesse osage. En 1993 nous avions invité Joyce Shield princesse osage qui avait rencontré, en une douzaine de jours, des centaines de personnes dont de nombreux enfants et adolescents.
Cette année, du 10 au 15 octobre, ce n'est pas une mais deux jeunes personnes que nous aurons le plaisir d'accueillir. Il s'agit en effet de deux sœurs jumelles : Elisabeth et Erica Moore, princesses 2009 de la tribu Osage. Comment, en effet, élever l'une à cette dignité sans que sa sœur jumelle ne le soit ? Le comité de désignation a tranché : elles seront princesses toutes les deux.
Mais tout d'abord qu'est-ce qu'une princesse osage ?
Éliminons toute de suite la connotation aristocratique liée à la naissance, au lien du sang. On devient princesse osage comme on devenait autrefois chef osage (ou d'une autre tribu) ou, plus proche de nous... chevalier occitan : par sa valeur.
Une princesse, un chef traditionnel, un chevalier occitan sont, ou étaient, porteurs de qualités valorisées dans leur société. Le courage, la générosité, l'honnêteté, la solidarité, le respect, et tant d'autres.
Une princesse n'est pas une Miss, n'en déplaise à Geneviève de F., pas même une Rosière, comme on en désigne encore à Moissac. Elle n'a ni la frivolité de l'une, ni la prétendue pureté ou innocence de l'autre. Elle a une mission d'une tout autre ampleur.
Elle est porteuse des valeurs, des traditions, de l'histoire, de la culture de son peuple et devra, une année durant, assurer cette charge avec honneur et fierté. Le peuple osage se reconnaîtra en elle car elle le représentera tout entier.
C'est bien ce que viennent faire à Montauban et en Tarn-et-Garonne Erica et Elisabeth.

On l'aura remarqué sur les photos illustrant cet article : l'une des deux jumelles, Elisabeth, est lourdement handicapée. Elle n'en est pas moins princesse à part entière. Et c'est bien ici que réside la différence avec toutes les autres "ambassadrices" de pseudo-cultures. Elisabeth résume en sa personne le respect, l'attention, la bienveillance de tout un peuple envers chacun de ses membres. Belle leçon de tolérance et d'humanisme.


Elisabeth et Erica rencontreront des enfants de Montauban. Nul doute qu'ils auront tout compris et qu'ils sauront expliquer aux adultes.

Angela Toineeta (à gauche) est la présidente du comité de désignation des Princesses.
Elle fait partie de la délégation osage qui nous rend visite du 10 au 15 octobre

La famille Moore
les parents Ted et Terry accompagneront les deux princesses

29 juin 2009
Tous cousins ? (4/4)
Tous cousins ?
( feuilleton préhistorique )
Nous reprenons
aujourd’hui le dossier (r)ouvert par plusieurs chercheurs des Etats-Unis sur
l’origine des premiers Américains et dont rend compte le numéro de février du
magazine Discovering Archeology.
Certains chercheurs américains pensent que des humains ont pu traverser le Pacifique et coloniser l’Amérique du Sud avant l’arrivée des premiers occupants de l’Amérique du Nord. Cette théorie est basée sur des sites tels celui de Monte Verde au nord du Chili et Tiama-Tiama au nord du Venezuela qui semblent être plus anciens que les sites les plus vieux d’Amérique du Nord. Une preuve biologique suggère que certains des plus anciens squelettes d’Amérique du Sud puissent présenter des similitudes avec les habitants de la Polynésie et de l’Australie.
Ainsi, non seulement certains des premiers Américains seraient venus à pied par l’isthme de Behring, mais d’autres seraient arrivés par la voie transatlantique, Pacifique ou Atlantique, d’Asie, de Polynésie, d’Australie et d’Europe. Un brassage génétique plus ou moins important de ces populations aurait abouti à un métissage, ce qui expliquerait à la fois la diversité et l’unité des Amérindiens.

Pour aussi séduisante qu’elle soit, « l’idée d’une arrivée directe des Européens en Amérique n’est pas neuve », comme nous le faisait remarquer Madame Edmée Ladier, conservateur en chef du Musée d’Histoire Naturelle de Montauban.

Selon elle, il s’agit d’un « fantasme qui a déjà été traité par l’un de nos concitoyens montalbanais dans les années 1930. » Madame Ladier nous joint une extrait du Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-Garonne de 1932 dans lequel l’auteur, Charles Boudou, membre de la Société, après avoir compilé plusieurs autres auteurs qui classifient les diverses « races de Peaux-Rouges » écrit notamment :
« Nos Magdaléniens, lorsque le glacier scandinave eut perdu du terrain à l’ouest, auraient émigré vers le Groenland par les Iles Britanniques, les Orcades et l’Irlande [...] Anatomiquement et ethnographiquement, les Esquimaux de l’Est sont les plus proches de notre race de Bruniquel et de Cro-Magnon, dont les données de la Paléontologie et de la Préhistoire nous font descendre [...] »
Du point de vue de Madame Ladier, les arguments présentés dans cette communication, quoique différents, sont aussi peu solides que ceux des chercheurs américains. Ces derniers, assure-t-elle, «semblent faire montre de légéreté». C’est également l’avis de ses collègues préhistoriens à qui elle a montré l’article de Discovering Archeology. « Il y a aussi des questions techniques [...] qui dans l’état actuel des connaissances rendent « la parenté Clovis-Solutréen absolument improbable », conclut Edmée Ladier.
Ainsi, comme annoncé dans un précédent article du « feuilleton préhistorique », la controverse commence à s’animer. Contentons-nous de suivre le match et attendons le prochain service... (à suivre, peut-être)
J-C. Drouilhet

28 février 2009
Les gens du voyage
Mon pote le Manouche
Les gens du voyage
Vidéo envoyée par okoc-82
Depuis qu'elle existe, l'association Oklahoma-Occitania a voulu que les peuples se rencontrent et échangent leur culture. Jusqu'ici nous avons mis en présence les Occitans, les Osages (et d'autres Amérindiens), les Manouches, les Rwandais et les Burkinabés.
Les Manouches constituent une branche du peuple tsigane. Leur mode de vie a toujours inquiété les populations sédentaires. Les autorités les contraignent à se sédentariser. Ils perdent peu à peu leur culture et leur langue, donc leur identité. Ce qui ne les empêche pas de lutter pour résister à ce nivellement culturel. Une lutte qui rejoint celle des Amérindiens, des Occitans et de bien d'autres peuples. La vidéo que vous allez visionner exprime bien cette convergence. Comme pour les Indiens, il faut apprendre à regarder les Tsiganes, (les Indiens, les Occitans et tous les autres peuples) pour ce qu'ils sont réellement et non tels qu'on les imagine à travers les stéréotypes qui les méprisent.
Joseph Steinbach exprime ces idées dans la vidéo mieux que quiconque ne saurait le faire. Il est accompagné de Tchita Bauer (traductrice) et de la jeune Jessy Daumas (l'une des trois filles d'Alain et de Maria Daumas, une sympathique famille manouche dont je vous reparlerai bientôt)

g. à d.
Maria Daumas (Manouche) ; Clifford Moar (Innu ) ; Alain Daumas (Manouche) ; Kevin Mustus (Stoney ) ;
J-C. Drouilhet (Occitan) ; Jessy Daumas (Manouche) ; José Baptiste (Manouche)
07 février 2009
Indians de totas las colors
DES INDIENS ET
DE LA CIVILISATION OCCITANE
Étrange civilisation que l'occitane.
Née au XIIème siècle par et dans la littérature des Troubadours, elle rayonnera sur toute l'Europe médiévale en inventant l'Amour Courtois, sans jamais revendiquer une terre ni un statut politique pour elle-même. Bien au contraire elle sera la première à penser, en langue d'Oc, l'idée de nation contractuelle (des peuples différents s'unissent par contrat pour fonder une entité commune) et s'oubliera jusqu'à poser, en français, toutes les bases de la citoyenneté qui a fait l'honneur de la France : La Boétie, Montaigne, Montesquieu... époque gasconne.
Bernart de Ventadorn, troubadour médiéval occitan - XIIIe siècle
Félix Castan
Elle a toujours refusé de prendre pour modèle ses propres spécificités et ses propres traditions, à tel point -- exemple unique au monde -- qu'elle abandonnera elle-même la marque la plus évidente de son identité, sa langue, afin de pouvoir mieux se fondre, crût-elle, dans cette nation contractuelle et "polycentrique" (Félix Castan) dont elle avait le projet.
Mais -- et c'est le revers de ce revers -- une de nos valeurs les plus importantes est demeurée vivace en nous : celle de la curiosité pour les autres peuples, pour l'Autre en général. Peuple caméléon, parfois jusqu'à la frivolité ou la folie individuelle, le peuple occitan s'est toujours saisi de ce qu'il trouvait bien chez les autres pour le faire immédiatement sien.
Mentalité qui remonte loin et qui nous amène à l'époque de la découverte des "sauvages" américains : est-ce un hasard si c'est Montaigne, un gascon, qui s'est donné partout comme le premier "relativiste" d'Europe, mettant en évidence, contre la majorité de ses contemporains du 16ème siècle, l'existence d'une civilisation amérindienne dont on ne doit pas juger les valeurs à l'aune des nôtres, plaidant contre la folie destructrice de "nos civilisateurs".
Moins connu, le baron de La Hontan, un autre gascon, incarne, face à la mesure du Bordelais, la démesure de l'Occitan qui s'oublie lui-même jusqu'à devenir l'Autre : déserteur de l'armée, il est un des premiers Français à s'installer au Québec et à vivre chez les Hurons plutôt que de les combattre. Avant Rousseau, il inventera dans ses livres, le mythe du "bon sauvage".
Folies d'hier, folies d'aujourd'hui. Entre la perpétuation des ethnocides et la mythification de l'Autre, une voie nouvelle est à trouver. Soyons-en sûrs : les Indiens n'attendent pas de nous que nous les enterrions sous nos éloges ou nos naïves rêveries d'un monde "pur", d'une société "naturelle".
Le meilleur service à leur rendre, et donc à nous rendre, est de pratiquer ici et tous les jours, à tous les instants et dans toutes les circonstances, les valeurs dont nous parons l' "indianité". C'est ce que nous apprend la philosophie occitane.
C'est elle que nous essayons de mettre en pratique dans ce quartier (Arnaud-Bernard de Toulouse) où tant de couleurs cohabitent. C'est elle que pratique l'association OK-OC quand, loin des festivités à la mode, elle noue avec les Osages des rapports fondés sur des relations historiques et engagés humainement, personnellement, pour le long terme.
Claude Sicre et Francis Blot (décembre 1992)
Bibliographie :
Montaigne : les Essais ; baron de La Hontan : Dialogue, voyages ; Félix Castan : Manifeste multiculturel et anti-régionaliste ; Claude Sicre : Vive l'Américke.
27 janvier 2009
20ème anniversaire d'OK-OC (1)

ET

Présentent
LES OSAGES ET MONTAUBAN
1829-2009 : 180 ans d'histoire commune

En Novembre 1829 Montauban était sous la glace. Le Tarn resta gelé pendant des semaines. L'hiver fut précoce et dura jusqu'en février. Trois misérables "SDF" se présentèrent à l'entrée sud de la ville, ils traversèrent le pont Vieux et se présentèrent à l'évêché (la mairie actuelle). Ces étrangers venaient d'un pays lointain, connu aujourd'hui sous le nom d'Etats-Unis d'Amérique, plus précisément du Kansas. L'évêque, Mgr Dubourg, organisa des quêtes et collectes de fonds dans le diocèse et ainsi les trois Indiens Osages : Petit-Chef, Grand-Soldat et Femme-Faucon, purent rentrer chez eux. Ils n'ont jamais oublié la générosité des Montalbanais !
Et les Montalbanais s'en sont aussi souvenus, surtout depuis 1989, date de création de l'association Oklahoma-Occitania qui fête ses vingt ans cette année .
La célébration de ce double anniversaire (20 ans d'OK-OC et 180 ans d'histoire commune) donnera lieu à diverses manifestations au cours de l'année dont la première aura lieu à
Montauban dans le quartier de Sapiac
(rue du chanoine Belloc - salle de l'USM - près des tribunes du stade vélodrome)
Vendredi 30 janvier à 20 heures 30
présentation d'un diaporama et projection de diverses vidéos tournées à Montauban et en Oklahoma, en pays osage
avec Monique et Jean-Claude Drouilhet (fondateurs d'OK-OC)
PROGRAMME
1. Présentation de l'association
2. Diaporama
- Origine des échanges avec les Osages
- Qui sont les Osages et où vivent-ils ?
- Comment étaient-ils autrefois ?
- Comment sont-ils aujourd'hui ?
3. Vidéos
- Pieds nus sur la terre occitane = l'arrivée des premiers Osages à Montauban en 1829
- Le retour des Osages en 1990
- Des Montalbanais chez les Osages en 1991
- Danses, bisons et interviews en Oklahoma
- Wha-sha-she e Occitan Ce dernier document est en occitan sous-titré en français.
4. Diaporama musical et humoristique en conclusion
Entrée gratuite
(attention : la salle initialement prévue était la Maison de Quartier de Sapiac. Elle a été remplacée par la salle de l'USM contigüe de la précédente et plus spacieuse. La séance commencera à l'heure exacte.)
11 janvier 2009
Cinq siècles de résistance (2/2)
Octobre 1992 en Occitanie
En 1992 l'association OK-OC célébrait cinq siècles de résistance indienne... et occitane. C'était l'année où le monde occidental fêtait le cinq centième anniversaire de "la découverte de l'Amérique". Nous avions voulu, en invitant les délégués de neuf tribus indiennes d'Oklahoma, marquer notre désaccord avec cette posture de mépris envers les peuples autochtones d'Amérique. Neuf tribus d'Oklahoma étaient représentées : Osage, Cherokee, Kiowa, Navajo, Chickasaw, Pawnee, Seminole, Choctaw, Ponca.

SÉCURITÉ DU TERRITOIRE
Nous combattons le Terrorisme depuis 1492
Est-il nécessaire de préciser que nous recevions des survivants du premier grand génocide de l'histoire de l'Humanité. Un "génocide oublié", disions-nous, car personne n'en parlait. En cette année de célébration de la "Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb", nous allions pousser notre petite note discordante dans un concert symphonique consensuel. Juste pour voir. Nous avons reçu des guerriers culturels amérindiens dans un pays de Résistance, le pays occitan. Ce fut L' ESTIU INDIAN ' 92.
Pour commencer nous avons jalonné le territoire, marqué la présence des tribus indiennes sur la terre occitane en offrant symboliquement des parcelles de notre territoire aux diverses tribus: au Jardin des Plantes de Montauban, au Rond des Osages, également à Montauban, à Lafrançaise, à Saint Nicolas de la Grave, à Albias, à Lisle-sur-Tarn, à Beauville. Ainsi les Indiens allaient être chez eux chez nous. Le don symbolique de ces parcelles de territoire était une façon d'inverser la relation à la terre par rapport à la spoliation subie par les peuples colonisés.
Nous avons aussi présenté trois expositions : "l'amer Indien" avec les œuvres de Michel Batlle, artiste peintre de grande renommée ; "Indians de totas las colors" de Robert Marty, président de l'Institut d'Etudes Occitanes (IEO) ; "Expo indienne" de Jacques et Francine Diez.
Nous avons symboliquement évoqué la résistance occitane à l'écrasement culturel, grâce aux "gravures au rouleau compresseur" exécutées "in live" par Michel Batlle et son équipe
Nous avons défilé dans les rues de Montauban le jour du 14 juillet, pour exprimer l'idée que la fête nationale n'est pas seulement une affaire de militaires (le 14 juillet 1789, à la Bastille, les civils étaient du bon côté, quant aux militaires...). Voir défiler des Indiens à cheval un jour de 14 juillet en France, c'était un événement que les grands médias ont ignoré (à croire que seules les futilités les intéressent !)
inauguration du rond des Osages
Montauban 14 juillet 1992



Inauguré le 14 juillet 1992, le rond des Osages, dont les symboles sont expliqués dans un autre article de ce blog, devait subir dès le lendemain un premier outrage : la plaque émaillée qui le signalait était volée et fut remplacée quelques jours plus tard par une nouvelle plaque.
inauguration de l'expo "L'amer Indien"



Le maire Hubert Gouze et la préfète Bernadette Malgorn inauguraient cette expo de Michel Batlle. On voit ici le maire remettre la médaille de la ville à Vanessa Jennings (Kiowa) et à Vanessa Williams (Cherokee)
Parade du 14 juillet à Montauban

A cheval au premier plan : Jim Burgess, Seminole

Le cortège remonte la rue de la mairie et se rend au Carrefour des Martyrs où une gerbe doit être déposée.
Quatre Résistants furent pendus à ces acacias le 24 juillet 1944 par les SS de la division Das Reich. Aujourd'hui, le souvenir d'André Castel, Henry Jouany, André Huguet et Michel Melamed est à jamais lié au destin de ces arbres.
Gravure au rouleau-compresseur
En cette matinée du dimanche 14 juillet 1992, une équipe de plasticiens, sous la conduite bienveillante d'un "chef de chantier" inhabituel, bien connu dans les milieux artistiques d'avant-garde sous le nom de Michel Batlle, entreprenait une œuvre de création d'une originalité surprenante : la gravure au rouleau-compresseur. De quoi s'agissait-il ?

On a gravé le dessin sur une plaque métallique que l'on a enduite d'encre et que l'on recouvre ensuite d'une feuille de papier (format affiche)

On fait passer le rouleau compresseur là-dessus
On relève la feuille
Encore un peu...
Enfin on accroche l'œuvre à un séchoir improvisé à l'aide d'une ficelle tendue sur le mur de l'Ancien collège de Montauban.
Le message n'est pas difficile à décoder : 1. vous considérez une culture belle, vivante mais fragile (occitane, amérindienne ou autre) 2. elle se fait écraser par le rouleau-compresseur d'une culture dominante. 3 et 4. elle se relève. 5. elle se tient à présent bien droite comme un laurier qui refleurit.
Voilà ce qu'il advient d'une culture lorsqu'elle résiste à une domination culturelle, un génocide culturel ou un terrorisme culturel.


Chevaliers cathares "faydits" d'Occitanie
30 novembre 2008
Le symbole de l'Occitanie :
LA CROIX OCCITANE
d'après Bertran de La Farge

Origine
Il y a bien longtemps que la
croix occitane existe à Toulouse. Déjà elle était présente pendant l’occupation romaine aussi bien que
durant l’ère wisigothe. En 419 les Wisigoths avaient déjà choisi Toulouse comme
capitale de leur royaume.
En 1906, au début de la
première croisade, le chef de « l’Armée provençale », Raimon IV,
comte de Toulouse et de Tripoli, avait placé cette fameuse croix dans son
blason. Il fut le premier comte de Toulouse à l’adopter ce qui la fit désigner
comme étant la croix de Toulouse. Elle est un compromis entre la croix de Malte
et la croix des Templiers, mais il ne s’agit pas d’un crucifix
Alphonse-Jourdain comte
de Toulouse était le fils de Raimon IV. Il fonda la ville de Montauban en 1144.
Son fils lui succéda sous le nom de Raimon V. Il ne semble pas avoir utilisé la
croix occitane durant son règne.
Raimon VI comte de
Toulouse était le petit-fils d’Alphonse-Jourdain. Il était membre de l’ordre
des chevaliers hospitaliers. Il plaça la croix occitane sur son blason et avant
de mourir, en 1222, il demanda à être
enterré avec sa croix à Toulouse.

Les
différentes significations de la croix occitane
Le Christ est au centre
(« le soleil de justice », selon Saint Luc) et les douze boules
représentent les douze apôtres. C’est ce que croyaient et disaient les prêtres
catholiques aux XIIème et XIIIème siècles.
D’après l’Apocalypse
selon Saint Jean, ce serait l’union mystique de l’âme et de l’esprit ; les
douze boules symbolisent les douze portes.
Les douze boules pourraient aussi symboliser les douze maisons, ou signes, et le cycle annuel du zodiaque. C'est l'interprétation qui a été adoptée pour être dessinée sur la dalle de la place du Capitole à Toulouse

On peut aussi penser aux
quatre saisons de trois mois chacune. Ou les quatre vents, les quatre
directions.
Ou encore les douze éléments de la personnalité : anxiété, peur de l’effort, désir de possession,
arrogance, hypocrisie, paresse, orgueil, illusion, indécision, regrets, et le
douzième élément : l’espoir !
La signification des couleurs rouge et jaune
De Gueules à la croix d’Or
Le symbole des couleurs : rouge et jaune, est en fait « sang et or ».
Le sang, c'est l'âme des Hommes et l'Or, c'est l'or en fusion, le Soleil, c'est-à-dire l'Être suprême. En héraldique, sur les blasons, rouge se nomme « gueules » (l'un des « émaux ») et jaune « or » (l'un des métaux). La Croix de Toulouse se lit, au plus simple, « de gueules à la croix d'or ». Sang et Or, Gueules et Or, sont les couleurs historiques de l'Occitanie et des civilisations du Sud.
Sang et or sont arrivés en Occitanie par la Catalogne : le Comte de Barcelone dont l'écu était intégralement d'Or, avait subi, contre les Musulmans (les Sarrasins), une sanglante défaite. Grièvement blessé il gisait parmi les morts et les blessés sur le champ de bataille.

Le Général sarrasin le faisait rechercher pour l'achever. Le Comte, couvert de
sang, eut l'idée de tracer sur son écu, avec les quatre doigts valides de sa main
droite, quatre barres rouges à l'aide de son sang. Son écu devint « d'or aux quatre pals
de gueules ». Ainsi, les Sarrasins ne le reconnurent pas. Il put s'échapper, reconstituer
son armée. Et avec son nouvel écu, Sang et Or, il repoussa les Sarrasins. Ce fut le
premier acte de la Reconquête, la "Reconquista", qui écarta, en 8 siècles,
les Musulmans de l'Europe.
Étant donné que les Occitans et les Catalans sont des peuples cousins (comme les Osage, les Omaha et les Ponca), les Occitans demandèrent l’autorisation d’utiliser les couleurs Sang et Or pour la bannière occitane car ils les considèrent comme les couleurs de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité. Voilà pourquoi la croix occitane est Sang et Or.
La Croix occitane appartient au patrimoine de l'Humanité, dans ce qu'elle a de plus beau et de plus noble.
Il va falloir nous atteler à jumeler Midi-Pyrénées avec l'Oklahoma et le Dakota (Montségur et les Black Hills, beau symbole !)

Il n’y a aucune
restriction, ni aucun droit pour interdire de copier la croix occitane. Elle appartient à
l’humanité
d'après Bertran de La Farge
(ce texte a été traduit en français à partir d'un article en anglais de BdLF)

L’OCCITANIE
Oc ! L’Occitanie
c’est :
· 32 départements français + 12
vallées italiennes + 1 vallée espagnole
· 190 000 km²
· 13 millions de citoyens
OC, en langue occitane
Le mot « OC » signifie OUI et
l’Occitanie est le pays ou les gens disent « OC » quand tout est « OK »
OK ?….. OC !

Bertran de La Farge. De formation scientifique (il est
Docteur-ingénieur, Ingénieur ESAP, Licencié-ès-Sciences et Consultant
en Environnement). Son intérêt pour l’histoire et les sources
culturelles européennes est devenu son activité principale. En
particulier il est depuis toujours apologiste et défenseur actif tant
de l’historique diversité culturelle française que de cette identité
majeure de la France qu’est la culture occitane, tant en Limousin où il
est né, qu’en Provence où il a vécu et en Languedoc et en Midi-Pyrénées
où il vit. Il est l’un des instigateurs et l’un des fondateurs de la
Fédération Convergéncia Occitana dont il fut le premier Président de
1997 à 2001 et qui regroupe, en 2008, cinquante quatre associations. Il
est aussi l’un des initiateurs et des créateurs de la Maison de
l’Occitanie, l’Ostal d’Occitània, à Toulouse, où il est Président de
l’association Carrefours cathares membre de Convergéncia Occitana. De
2001 à 2008, il a été nommé au cabinet du maire de Toulouse, chargé de
mission pour le développement et le rayonnement de la culture occitane.
Passionné d’histoire médiévale, il est l’auteur de plusieurs ouvrages
sur l’Occitanie, les comtes de Toulouse et le Catharisme.
01 octobre 2008
Espoirs et rêves...
Indien, Occitan, quel avenir ?
" Les enfants portent en eux les espoirs et les rêves des Indiens d'Amérique " dit la légende de la photo ci-dessus de John Southern.
En Occitanie nous pouvons transposer cette formule et la reprendre à notre compte. Ceux de nos enfants qui parlent la langue occitane à l'école et découvrent notre culture millénaire sont notre avenir.


Les autochtones du continent américain ont pris conscience de l'enjeu culturel

Saurons-nous suivre leur exemple ?











