Oklahoma-Occitania

Echanges culturels entre les Occitans de France et les Indiens d'Amérique (USA, Canada) : tribus Osage, Kiowa, Comanche, Cherokee, Pawnee, Choctaw, (Oklahoma), Lakota (Sud Dakota), Innu (Canada), etc.

12 novembre 2008

Retour en Guyane française :

Je suis une artiste amérindienne



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Elle n'aime pas trop ce terme, mais elle le préfère à celui d'artisan. Ti'iwan Couchili est une artiste, donc une créatrice, non seulement de ses œuvres, cela va sans dire, mais aussi de ses outils de création, les pigments entre autres.

Si nous parlons aujourd'hui de Ti'iwan, c'est pour différentes raisons :

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La première c'est qu'elle était l'une de nos cinq invités amérindiens du dernier Printemps Indien du mois de mai 2008 et qu'elle a laissé un souvenir émouvant de son passage parmi nous et tous les gens de Midi-Pyrénées qu'elle a rencontrés durant cette dizaine de jours.


La seconde  c'est parce qu'elle fait l'objet d'un beau reportage avec photographies en couleurs dans le magazine OKA'MAG, des peuples autochtones de Guyane française. C'est avec l'autorisation d'OKA'MAG que nous avons le plaisir de les reproduire ici et de citer quelques extraits du reportage.

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Ici, nous sommes à la mairie de Montauban. Ti'iwan est à droite sur la photo (châle rouge). Les autres personnes sont (g à d) :  Laurence Pagès   (maire-adjointe de Montauban) ; Claude Boivin (Innu) ; Danette Daniels (Osage) ; Gérard Massip (président d'OK-OC) ;  Philippe Maurin (maire-adjoint de Montauban) ; T.C. ; Philippe François (maire-adjoint de Montauban)

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Ti'iwan Couchili et Danette Daniels (Osage) devant les tours de Carcassonne

Ti'iwan appartient au peuple Teko d'Amazonie (appelés parfois Emérillons, par les Français, sans doute, grands baptiseurs d'Indiens). Elle est née au village de Saut Tampok sur la rivière Alawa (Tampok) à environ deux heures de pirogue de la jonction de cette rivière avec le fleuve Maroni. Sa famille vit à Kayodé.  Après avoir été adjointe au maire de Maripasoula, elle se consacre aujourd'hui à la création artistique sur la commune de Macouria-Tonaté.

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A travers son art, elle s'attache à démontrer que sa culture Tupi-Guarani a participé depuis des temps forts anciens, bien avant l'arrivée des Européens et des Africains, au façonnage culturel de la Guyane.

Ti'iwan Couchili réalise des "ciel de case" (maluwana, en langue teko). Il faut savoir que dans la forêt humide les habitations n'ont pas de murs, seulement un toit. Cette aération permet d'éviter les moisissures. Ce toit en forme de dôme est décoré d'un disque de 70 à 80 cm de diamètre orné de motifs géométriques ou figuratifs, animaliers le plus souvent.

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Ti'iwan a recours aux pigments que lui procure son milieu environnant, colorants végétaux ou minéraux. Elle retrouve les gestes et les techniques de ses ancêtres. Aussi, elle s'insurge contre les dérives mercantiles qui dénaturent sa culture.

" Tout d'abord l'usage de la peinture, dit-elle, arrivé par l'intermédiaire des Boni (les Noirs descendants d'esclaves évadés) a non seulement révolutionné la technique mais a surtout failli faire disparaître pour de bon l'utilisation des pigments naturels [...] Des caricatures de maluwana aux couleurs fluos, ou peints avec un mélange de gouache, de terre, et de colle vinylique,  sont vendues avec le label "pigments naturels"... Plus consternant encore les serviettes, paréos et autres objets divers qui pillent les motifs traditionnels. Il n'existe malheureusement pas, dans l'arsenal juridique français, de reconnaissance de la propriété intellectuelle collective. Or ces motifs participent très fortement à l'identité des communautés amérindiennes."

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Ti'iwan Couchili

Arts Premiers de Guyane

56 lotissement Champs Vigile

97355 Marcouria

Tél : 0694 21 24 84

OKA'MAG est le magazine bimestriel des Amérindiens de Guyane dont nous reparlerons dans de prochains billets de ce blog. Il est vendu au numéro (3 euros en Guyane - 5 euros en métrople) ou par abonnement.

On peut consulter son site internet :              http://www.okamag.fr/

Adresse : Association Oka.Mag' / 11 rue Abel Azor / 97310 Kourou / Guyane

Tél : 05 94 22 01041 / 05 94 22 01 44

courriel : oka.mag@wanadoo.fr


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19 juin 2008

Des Amérindiens à Lavaur (2)

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Compte-rendu de la journée du

dimanche 18 mai

Par la Société Archéologique de Lavaur

LAVAUR, Tarn


Nous venons de recevoir de Michel Roudet, président de la société archéologique de Lavaur, un compte-rendu illustré de la cérémonie du 18 mai que nous reproduisons ci-dessous.

Plus d’une centaine de participants étaient réunis dès trois heures de l’après midi sur le Plô . La presse avait bien relayé l’invitation (Tarn Libre, DDM, L’Echo du Tarn) (PJ)

Le matin nous étions une dizaine à préparer les lieux : tables, chaises, sono, décoration aux couleurs occitanes sang et or , écus des familles de l’époque : Laurac, Montréal, Trencavel, armoiries de la ville ; bannière occitane flottant au vent, par les soins du Cercle occitan. La météo était favorable, temps doux, brise légère, les platanes du Plô nous protégeaient de leur ombre séculaire !

La cérémonie a commencé avec du retard, car nos invités de la Fondacion Occitana de Toulouse et leurs amis amérindiens venant de l’Ariège avaient eu une cérémonie la veille, et le réveil fut difficile… le radioguidage par téléphone portable interposé les avait conduits en outre dans les jardins de l’évêché…L’auditoire composé de plus d’une centaine de participants patienta tant bien que mal avec des morceaux de musique prestement interprétés au violon par Raphaëlle Roudet ; Jacqueline Bastié-Sigeac prit le relais par le rappel historique du début de la croisade de 1208

Enfin arrivèrent nos invités, drapeau au vent, et la cérémonie proprement dite put commencer par l’allocution de bienvenue du président (PJ)

Une gerbe faite de palmes, de laurier, et de roses jaunes et rouges fut déposée par Zohra Krouk au pied de la stèle, avant la minute de silence traditionnelle

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Ensuite Jean-François Laffont, président de la Fondacion Occitana, rappela l’importance de de la langue occitane dans notre culture (Frédéric Mistral reçut le prix Nobel de littérature le 10 décembre 1904), puis les liens avec la délégation amérindienne, représentée par Jean-Claude Drouilhet : ce dernier retraça l’aventure de ces Indiens de Louisiane égarés en Europe au début du XIXème s, puis leur retour au pays grâce à l’hospitalité de Mgr Dubourg, évêque de Montauban ; depuis lors, les liens sont retrouvés entre ce peuple autrefois français et leurs amis montalbanais.

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La délégation amérindienne se composait de Claude, du Québec, Danette, de l’Oklahoma, et Ti-Wan de Guyane. Claude fascina l’assitance par un rituel de purification : il alluma de la poudre de sauge dans une coquille (haliotide), pour encenser les participants indiens, puis la stèle, en ventilant la fumée avec une aile d’aigle ; ensuite il fit l’offrande de l’eau dans une coupe aux quatre points cardinaux, puis à la Terre-Mère, en commentant l’importance des éléments, qui sont notre cadre de vie indispensable. Les invités prirent tour à tour la parole pour évoquer la terre ancestrale, dont ils ont été spoliés : le parallèle avec les chevaliers faidits, dépossédés de leur terre par une guerre de conquête à prétexte religieux, s’imposait…

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Vint le tour de Daniel Rifa, président du Cercle occitan, qui rappela les enjeux actuels des langues régionales.

Michel Guipouy, maire adjoint à la culture, évoqua les réalisations de la Ville en fait d’infrastructures culturelles, médiathèque en particulier, et le projet de musée auquel nous sommes très attachés.

Texte et photos de Michel Roudet

18 juin 2008

Des Amérindiens au Collège

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Compte-rendu des journées du

mardi 13 mai et du lundi 19 mai


LAUZERTE, MONTECH

EN TARN-ET-GARONNE

Les matinées des 13 mai et le 19 mai ont permis aux collégiens de Lauzerte, puis de Montech, de rencontrer les trois invités d’Ok-Oc. Après un accueil chaleureux, chacun des principaux a conduit la délégation dans la salle polyvalente pour la retrouver, en fin de matinée, sur la terre indienne de chacune des localités.

A Lauzerte, dans un premier temps, Ti’iwan Couchili et Claude Boivin ont exposé à tour de rôle les modes de vie et traditions des Teko et des Innus en faisant ressortir les problèmes majeurs les confrontant aux agissements non-écologiques et perturbateurs des autres populations. Puis, débordant largement sur la récréation, a eu lieu la cérémonie sur la terre indienne Innu offerte l’an dernier aux Montagnais du Québec. Claude Boivin a bien fait ressortir le sens spirituel de la purification de l’environnement immédiat et les élèves ont contribué en répandant un peu de tabac autour de la stèle. Après le retour en salle, l’échange a été d’autant plus fructueux que les enseignants avaient bien préparé le terrain à leurs trois classes de 4ème. La réception en mairie en fin de matinée a surtout permis de re-tisser des liens entre le nouveau représentant de la nation Innu et la nouvelle équipe municipale. Enfin, le repas pris au collège a permis d’établir un dernier contact avec les enseignants.

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A Montech, la présentation générale a été augmentée par la prestation de Dannett Daniels qui a présenté les tenues traditionnelles des Osages. Les interventions préalables de Jean-Claude et Monique Drouilhet avaient permis d’aborder plusieurs centres d’intérêts, grâce au concours du professeur d’histoire Alain Daziron qui s’est impliqué avec chacune de ses trois classes de 4ème.

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Danette reçoit un bouquet de fleurs et un joli compliment d'un collégien de Montech


En fin de matinée, a eu lieu la cérémonie du don de terre aux Teko, organisée par la nouvelle maire de Montech, en présence de plusieurs élus et acteurs culturels. Le cadre choisi, en bordure du Canal, a été particulièrement apprécié et la séance de purification, dirigée par Claude Boivin, a produit encore une fois beaucoup d’émotion, notamment pour Ti’iwan. La collation qui a suivi à l’hôtel de ville, fort sympathique, a permis d’autres échanges et d’un éventuel séjour montéchois dans la Belle province.

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Danette se rend à la mairie de Montech après la cérémonie

Il ne restait plus qu’à profiter de la belle après-midi pour découvrir l’abbaye de Belleperche qui nous était spécialement ouverte pour une visite guidée, et de continuer sur la terre indienne de Saint-Nicolas de la Grave, offerte aux Choctaws et aux Séminoles, en 1992. Une pensée allait vers le natif du lieu, Lamothe-Cadillac, fondateur de la ville de Détroit en 1701, tandis que nous remontions à l’an 1100, en nous rendant au cloître de Moissac. La vue de l’abbaye, de son portail roman, de ses sculptures et des chapiteaux du cloître font toujours merveille.

Texte de Norbert Sabatié, photos de Michel Monesma

Moissac

17 juin 2008

Lavaur se souvient...

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Compte-rendu de la journée du

dimanche 18 mai

Les Amérindiens à Lavaur


LAVAUR, Tarn


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La Dépêche du Midi

Le rendez-vous nous avait été fixé au Dimanche 18 mai à 15 heures au Plô de Lavaur. Nous devions participer à la commémoration du sacrifice, en 1211, de Dame Guiraude et de 400 cathares coupables d'avoir voulu défendre leurs libertés. L'armée de Simon de Montfort avait été impitoyable. Elle menait une guerre de conquête sous prétexte de combattre une hérésie. La croisade dite "des Albigeois" signait le triomphe de la barbarie sur la civilisation occitane...

Nous sommes accueillis très gentiment par la vice-présidente de la société d'archéologie de Lavaur qui organise chaque année cette émouvante commémoration

Rappel historique :


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Site primitif de l’histoire urbaine de Lavaur, la terrasse du Plô forme un éperon dominant l’Agout. Le lieu est choisi par les premiers seigneurs de Lavaur pour édifier un château (cité dès 1035) autour duquel va s’agréger un bourg castral. Il fut peut être le dernier refuge des cathares de Lavaur lors de la prise sanglante de la ville par les troupes de Simon de Montfort le 3 mai 1211 : dame Guiraude de Laurac, co-seigneuresse de Lavaur est jetée vivante dans un puits de la ville et 400 cathares sont brûlés sur le plus grand bûcher de la croisade. Après cet épisode tragique, la cité seigneuriale passe à la couronne de France et le château du Plô, en partie démantelé, servira de salle de justice et de prisons royales.

Quel rapport avec les Amérindiens ?

Les deux Kevin ont dû rentrer à Paris pour des raisons professionnelles. Nous arrivons donc avec Claude Boivin (délégué innu du Québec), Danette Daniels (déléguée osage d'Oklahoma) et Ti'iwan Couchili (déléguée teko de Guyane). La terrasse du Plô, où se déroule la célébration, est occupée par une centaine de personnes, peut-être davantage, assises sur des chaises de jardin. Quelqu'un évoque au micro le souvenir de Dame Guiraude, de ses chevaliers faidits et de ses protégés cathares. Très peu de jeunes gens. Dommage.

Après les présentations la parole est aux Amérindiens. Claude Boivin commence par une cérémonie de purification. Il a étalé ses objets sacrés devant lui sur un petit tapis rouge. A genoux, il fait brûler la sauge dont la fumée odorante s'enroule autour de la stèle à la colombe. Ensuite il évoque les malheurs de son peuple qui n'a jamais baissé la tête et continue à vivre selon ses coutumes dans le monde moderne. Ti'iwan dit aussi le génocide suivi de l'ethnocide subi par les siens qui encore aujourd'hui sont lentement empoisonnés par le mercure des orpailleurs. Danette enfin parle de la survivance de la langue osage dont la reconquête a été entreprise voici quatre ans par la tribu. Cet ensemble de témoignages porte un nom : civilisation !

Comme l'était la civilisation occitane étranglée puis écrasée par la force brutale. Mais toujours vivante et fière, après plus de sept siècles.


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Ti'iwan Couchili (Teko), Claude Boivin (Innu), Danette Daniels (Osage)

"We are still alive" disent les Osages, Nous sommes encore là disent tous les Indiens d'Amérique ; nous n'avons pas disparu ; on ne nous a pas effacés des peuples de l'humanité.

Cinq siècles de résistance pour les uns, sept siècles pour les autres. La rencontre devait avoir lieu.

C'était à Lavaur, le dimanche 18 mai 2008.


10 juin 2008

Pensionnats indiens

Les excuses du Canada

aux autochtones

                               
                        10/06/2008 | Mise à jour : 08:01 |                
               

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Lu dans Le Figaro du 10 juin 2008 :

Quelque 80.000 autochtones doivent recevoir demain des excuses longuement attendues du Canada pour avoir été les victimes de ce qu'un de leurs principaux leaders qualifie de "chapitre le plus sombre" de l'histoire du pays.

Le premier ministre Stephen Harper présentera solennellement devant le parlement les excuses du Canada aux anciens élèves encore en vie des "pensionnats autochtones", des établissements dans lesquels de jeunes autochtones ont été enrôlés de force pendant des dizaines d'années et coupés de leur culture pour les assimiler. Source: AFP

 

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Claude Boivin (Innu du Québec) et Ti'iwan Couchili (Teko de Guyane)

A l'issue de la cérémonie sur la terre dédiée à la nation Innu, le samedi 17 mai à Andébu (commune d'Alzen), Claude Boivin déclarait dans une interview recueillie par Virginie Sanchez pour La Dépêche du Midi : " De 6 à 12 ans, j'étais dans un pensionnat réservé uniquement aux autochtones. Dès notre arrivée on nous rasait la tête et nous infligeait des humiliations quotidiennes. Le but était de détruire notre identité."

cap048Enfants osages dans le pensionnat de Carlysle (Pensylvannie)

02 juin 2008

2ème jour du festival au lycée Capou

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Mercredi 14 mai

2ème jour du festival au lycée Capou de Montauban

"LA TERRE N'APPARTIENT PAS A L'HOMME

L'HOMME APPARTIENT A LA TERRE"

Aujourd'hui Danette continue d'assurer la présentation de l'expo dédiée aux Fils de la Terre sous le tipi du festival. Elle recevra encore de nombreux groupes de lycéens très intéressés par la découverte qu'ils font de la réalité des Indiens d'Amérique, bien éloignée des stéréotypes qui leur ont été mis dans la tête. Non les Indiens ne vivent plus sous des tipis ou des wigwams mais dans des maisons modernes. Non ils ne chassent plus le bison pas plus qu'ils ne trappent le castor pour assurer leur subsistance. Ils exercent mes professions les plus diverses ou, comme chez nous, sont à la recherche d'un emploi. Oui les Osages retirent des bénéfices de l'exploitation des gisements pétroliers que Wah Kon Dah a mis dans le sous-sol de leur réserve. Non ces revenus ne sont pas utilisés à des fins personnelles mais pour des programmes collectifs de santé, d'éducation, d'infrastructures, de bien-être social. Oui, ils exploitent quatre casinos qui permettent d'employer les membres de la tribu et dont les revenus sont utilisés pour financer les projets de la tribu.

C'est ainsi que peu à peu, en anglais, émaillé de quelques mots et expressions de langue osage, se rétablit une vérité sur la vie moderne d'Indiens d'Amérique, ni plus ni moins heureux ou malheureux que d'autres.

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Pendant ce temps nos autres invités participent à une table ronde dans l'amphithéâtre du lycée. Claude Boivin, au nom du peuple Innu parle de la vie traditionnelle de ses ancêtres, ceux que l'on appelait il y a encore peu les Montagnais au Québec. Un peuple du groupe Algonquin, vivant de chasse, pêche et cueillette dans la forêt boréale. Aujourd'hui le village de Claude Boivin est au bord du lac Saint-Jean, il porte de nom de Mashteuiatsh (les Québécois allochtones disent plutôt "Pointe Bleure"). Mais régulièrement les chasseurs-pêcheurs-cueilleurs qui sommeillent au fond des cœurs de chaque Innu, se réveillent et repartent en forêt, non pas par nostalgie, mais bien parce que c'est là que se trouve l'âme du peuple, les connaissances ancestrales et que peut s'effectuer plus facilement la transmission des valeurs.

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Le stand des Manouches

Alain-Eugène Daumas et Joseph Simbach prendront ensuite la parole pour dire le rapport unique à la terre qu'entretiennent les gens du voyage, ceux que l'on désigne sous le terme générique de Tsiganes et qui se subdivisent en Manouches, Gitans et Roms, selon les hasards de leurs trajectoires migratoires depuis la vallée du Sint en Inde. Une migration qui remonte à cinq ou six siècles comme ils se plairont à le faire remarquer, ce qui signifie que les Manouches, de nationalité française, sont en réalité membres de notre communauté nationale depuis de bien plus nombreuses générations que beaucoup de nos compatriotes actuels. Le racisme et le rejet dont ils sont les victimes permanentes ont donc de fortes raisons de nous interroger, nous les gadgés...

Conclusion surprenante, Claude, l'Innu du Québec et Alain le Manouche de France, se retrouveront sur un même constat : Manouche en France, Innus au Québec, mêmes valeurs, mêmes mépris et rejet.

Le soir; grande fête. Elle était prévue autour du feu de camp que nos amis manouches avaient préparé. Hélas, l'orage est venu contrarier ce projet et tout le monde a dû se replier sous abri. La fête n'en fut pas moins réussie grâce notamment à un quartet de jazz Manouche : Jazz-Voyage dont Jérôme Soufflet a capturé sons et images qu'il nous restitue ici :

           


28 mai 2008

Visite de Carcassonne

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Au pays de "Dame Carcas"

En ce jour férié du 8 mai, nous avions décidé d'emmener nos invités amérindiens visiter la fameuse cité de Carcassonne, une ville entière ceinturée de deux enceintes de hautes murailles avec son château médiéval et sa basilique des 11ème-12ème siècles.

DSC_0150Les voici en vue de la cité sur l'aire de repos qui lui fait face.

De gauche à droite : Ti'iwan Couchili, Teko de Guyane ; Claude Boivin, Innu du Québec et Danette Daniels, Osage d'Oklahoma




photos : Michel MonesmaRotation_deDSC_0159


Un peu plus tard, à l'entrée de la cité, plusieurs amis venaient nous rejoindre. Christian Durand-Mesnay est l'un de nos adhérents de la première heure. Il était venu en voisin. Quel plaisir de le rencontrer en cette occasion. Ensuite un couple fort sympathique : Nap et sa compagne Julie. Nap est un Teko et cousin de Ti'iwan. Voilà une dizaine d'années qu'il a quitté sa Guyane natale et sa forêt pour vivre dans les environs de Carcassonne. Quant à Julie elle fait partie du personnel de l'école Calendreta de la cité de Carcassonne (une Calendreta est une école laïque privée dans laquelle tout l'enseignement est donné en langue occitane). Travailler dans la cité... Quelle chance !

Ti'iwan, Danette et Nap

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Nous entrons dans la cité et aussitôt nos invités sont happés par la multitude de boutiques qui vendent des souvenirs d'une douteuse authenticité. Mais qu'importe ! l'ambiance médiévale est dans les esprits, c'est bien là l'essentiel. Claude Boivin qui commence à ne plus s'étonner de rien en terre occitane se trouve pris de compassion lorsqu'il s'arrête au niveau d'un pauvre hère, cloué au pilori pour on ne sait quelle vétille. Il aurait fallu lui expliquer qu'il n'était pas censé le plaindre mais le blâmer. Mais c'était pour rire et le pauvre malandrin de cire continue sans Claude d'interroger le chaland.

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Bon, nous n'allons pas vous raconter toutes les rencontres de nos invités dans ce microcosme où toutes les langues du monde viennent se croiser. Nos amis ont fait le tour des remparts avec des escaliers à la mode ancienne (pas pour les feignants !) qui montent et qui descendent, sous un soleil de plomb. Il faisait tellement chaud que Danette s'est quelque peu arrêtée sur les hauts d'un chemin de ronde pour se laisser rafraîchir par la brise occitane. Même en Amérique ils n'ont pas cette sorte de clim'

27 mai 2008

Résistance au Terrain Courbet

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

Dimanche 11 mai 11h30

Nous étions au Terrain Courbet à Montauban

Le "Terrain Courbet", c'est d'abord une association de Montauban qui s'organise dans le quartier de Lalande autour d'un espace de liberté conquis par les résidents pour le bien-être et la satisfaction de tous. Une asso très sympathique, comme nous les aimons. C'est donc avec plaisir et même enthousiasme que nous avions accepté leur invitation à nous unir à eux pour partager nos petits plats dans la bonne humeur d'un repas en plein air. Le soleil était avec nous et l'ambiance était chaleureuse.

Mais avant de manger, Claude Boivin a fait une offrande de nourriture à la terre mère selon la tradition de la Nation Innu du Québec qu'il représentait. Jérôme Soufflet était là avec sa caméra :

           

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Après le repas nous nous sommes déplacés dans une salle voisine de la cité des Chênes pour y visionner quelques vidéos et entendre les témoignages de nos invités amérindiens.

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Danette Daniels nous a longuement expliqué la situation actuelle des Osages, après tous les bouleversements auxquels ils ont été confrontés dans une courte période historique. Bien des peuples auraient cédé au découragement et disparu sans laisser de traces. Les Osages ont résisté, sur tous les fronts, y compris juridique. Aujourd'hui, bénéficiaires des revenus du pétrole qu'ils investissent sagement dans des programmes d'éducation, de santé, d'infrastructures et de culture, ils ont retrouvé un équilibre dans le monde moderne. A tel point qu'ils ont entrepris la reconquête de leur langue qu'ils enseignent dans les trois villages de leur réserve en Oklahoma et en Californie où réside une partie de la tribu.

Ti'iwan Couchili et Claude Boivin ont ensuite expliqué les particularismes de leurs peuples respectifs, Teko et Innu, dans lesquels on retrouve d'étranges similitudes, notamment au niveau du génocide culturel qui visait la disparition de leur langue et de leur culture et une assimilation forcée.

Résistance ! tel était le mot d'ordre qui s'imposait à tous, sans jamais avoir été prononcé. Vraiment, de la belle ouvrage ! Merci les Amérindiens pour cette leçon de courage.




15 mai 2008

Une fois de plus...

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE

LA TRAVERSEE DU PONT VIEUX

DE MONTAUBAN

Rappel des chapitres précédents :

Novembre 1829, par un froid glacial (le Tarn est gelé), trois Indiens Osages : Petit-Chef, Grand Soldat et Femme-Faucon (la femme de Petit-Chef) arrivent à Montauban par la route de Toulouse. Ils terminent un parcours d'errance de deux ans et demi qui leur a fait traverser une partie de l'Europe à la recherche d'un moyen de regagner leur village du Kansas. Un seul pont à Montauban à cette époque : le Pont-Vieux construit de 1311 à 1335 (sous Philippe le Bel), autant dire un ancêtre des monuments de la ville. Ils se rendent à l'évêché, sis à l'Hôtel d'Aliès, l'actuelle mairie. L'évêque Guillaume Dubourg fera le nécessaire pour assurer le rapatriement des Osages perdus de 1827 à 1829, grâce à la générosité de nos ancêtres montalbanais.

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  Depuis la reprise des relations de Montauban avec la tribu Osage, jamais il n'a été dérogé à la tradition qui veut que tout Osage visitant Montauban ait le devoir de traverser solennellement le Pont-Vieux en "marchant sur les traces laissées par les mocassins de leurs ancêtres de 1829". C'est bien ce qu'ont fait avec respect et dignité Danette Daniels (Tribu Osage), Claude Boivin (Nation Innu) et Ti'iwan Couchili (peuple Teko) le vendredi 9 mai 2008 entre 11 heures et 11 heures 30.


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A la mairie :

A 11h30 la délégation était reçue à l'Hôtel de ville de Montauban par Philippe Maurel, adjoint au maire chargé des affaires culturelles et deux autres adjoints : Philippe François et Laurence Pagès.

Il est important de rappeler qu'en 1829, lorsque arrivèrent à Montauban les trois Osages en détresse, le siège du palais épiscopal était justement l'actuel hôtel de ville. C'est donc conformément à la tradition que Danette Daniels secoua le lourd portail d'entrée appelant à l'aide. Elle fut conduite, entourée des deux autres Amérindiens et du cortège qui les accompagnait jusqu'à la salle des mariages qui était autrefois la chapelle de l'évéché. On put lire sur une frise ceinturant les parois, un peu au-dessous du plafond, les noms des différents évêques de Montauban mais surtout celui de Mgr Dubourg, cher au souvenir des Osages pour avoir secouru leurs ancêtres perdus.

Quelques instants plus tard, un échange de cadeaux avait lieu dans le "salon bleu" et était suivi d'un apéritif commémorant celui qui fut servi en son temps à Grand-Soldat dont la légende prétend qu'il avait un peu forcé sur le Rivesaltes


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de gauche à droite : Ti'iwan Couchili, Claude Boivin, Danette Daniels

 

10 mai 2008

Ti'iwan à l'Ancien Collège de Montauban

Printemps Indien 2008 : LES FILS DE LA TERRE


Vendredi soir 9 mai

Une émouvante soirée

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Emouvante autant que révoltante. Cette soirée de témoignage du peuple Teko de Guyane française le fut incontestablement. Ti'iwan Couchili, tranquillement mais fermement a bien représenté son peuple et ému l'assistance qui hésitait entre compassion et indignation.
Le sort des Teko, des Wayana, de Wayampi, de tous ces peuples de la forêt amazonienne, français comme vous et moi, du moins en théorie, ne saurait laisser personne indifférent. L'empoisonnement au mercure des rivières et des terres, causé par les orpailleurs clandestins est un crime silencieux contre l'humanité.  Un clip vidéo réalisé par les Wayana est venu illustrer le calme et émouvant témoignage de Ti'iwan comme on peut en juger en cliquant sur le lien ci-contre... http://fr.youtube.com/watch?v=mNBmsuvKcR4

Nap, un cousin de Ti'iwan, était venu de Carcassonne. Son témoignage imprévu mais bienvenu venait appuyer et compléter celui de Ti'iwan. Un sentiment d'impuissance s'exprimait à plusieurs reprises dans l'assistance. Que faire ? Comment faire cesser ce scandale ?

Nos invités surent également faire comprendre l'état d'abandon dans lequel ils estiment être maintenus. Leurs écoles sont insuffisantes, les enfants et les jeunes plus généralement sont massivement en échec scolaire. Le nombre de leurs bacheliers n'excède pas trois personnes. Les peuples de la forêt ont par dessus tout le souci bien légitime du maintien de leurs cultures, de leur langues, et de leurs traditions. Mais ils voudraient aussi s'adapter au monde moderne sans renier leurs identités. C'est à eux qu'appartient la tâche de gérer cet apparent paradoxe, pas à d'autres peuples, allochtones et "occidentaux", fussent-ils citoyens français. Français, comme le sont nos compatriotes amérindiens de Guyane !

L'Occitanie vous comprend, vous aime et vous soutient les amis. Vive les Amérindiens et les Occitans !




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