25 mai 2009
KIOWA BLACK LEGGINGS WARRIOR SOCIETY
LES GUERRIERS KIOWAS
AUX JAMBIERES NOIRES

Plusieurs articles précédents ont signalé l'existence de la Société des Guerriers kiowas aux jambières noires. Le moment est venu de donner quelques explications.
Il s'agit d'une société guerrière comparable à celles d'autres tribus, par exemple les "dog soldiers" (soldats chiens) chez les Cheyennes. Elle était autrefois composée des guerriers les plus prestigieux affectés à la protection de la tribu. Aujourd'hui, dans la tribu Kiowa, elle regroupe les vétérans des différents conflits ainsi que certains membres associés qui peuvent être des femmes. Notre amie, Vanessa Jennings, par exemple, est l'une d'elles.

Cependant, il ne s'agit pas ici d'une association d'anciens combattants au sens habituel. Les fonctions de cette société guerrière sont strictement codifiées. Il s'agit avant tout de célébrer les valeurs de courage, générosité, loyauté, solidarité et de perpétuer ainsi des traditions qui sont constitutives de l'identité culturelle héritée des ancêtres et de l'histoire de la tribu.


Longtemps mise en sommeil, la société guerrière, ne fut pas pour autant oubliée. C'est le 23 novembre 1958 que Gus Palmer, un oncle de Vanessa, convoqua à une réunion les membres de la tribu qui avaient servi dans les deux guerres mondiales. Lui-même était un vétéran de la 2ème guerre mondiale. La réunion eut lieu à Carnegie (sud ouest de l'Oklahoma). La Kiowa Black Leggings Warrior Society fut fondée ce jour-là. Les principaux buts de l'organisation étaient de faciliter la célébration d'une Journée des Anciens Combattants et de perpétuer les rites, les chants et les danses traditionnelles de la Société guerrière kiowa. La première cérémonie de la société guerrière reconstituée eut lieu à Carnegie en juin 1959.
Le costume traditionnel des membres, fidèle autant que possible à la tradition, comprend :
des jambières noires qui rappellent les jambes des guerriers d'autrefois retour de chasse ou d'expédition guerrière, noircies, selon certains, par la poussière de la piste (avant que les Kiowas n'aient des chevaux), ou bien, selon d'autres, pour avoir poursuivi leurs ennemis dans les cendres d'une prairie incendiée pour repousser leur attaque. Le nom de la société guerrière aux jambes noires fut conservé lorsque les Kiowas possédèrent des chevaux malgré l'excellence reconnue de leur cavalerie,
une sorte de châle fait de cordelettes noires qui descend de la taille jusqu'aux pieds,
- des grelots autour de la taille ou bien au niveau des genoux selon les préférences de chacun,
une cape rouge en hommage à un chef du passé nommé Gool-Hay-Ee (Jeune Poulain Rouge) qui avait pris la cape rouge d'un officier mexicain au cours d'une bataille et l'avait adoptée dans sa tenue traditionnelle. La cape rouge d'origine est toujours en possession de la société des guerriers kiowas.
- le reste de la tenue est laissé à la discrétion de chacun des membres.

26 avril 2009
Un site et une télé des Indiens...
We shall remain !
Nous survivrons ! Tel est le nom du site de l'OETA (Oklahoma Educational Television Association) créé par un jeune ami kiowa de Vanessa Jennings et son équipe dont l'objectif est d'enregistrer tous les témoignages, légendes, chants et traditions avant qu'ils ne soient à jamais perdus.
L'existence de ce site qui vient d'ouvrir nous est signalée par deux personnes : Vanessa Jennings de la nation Kiowa et Bill Tohee de la nation Osage.

Vanessa y ajoute une note personnelle qui nous touche de près : elle nous annonce que le joli petit visage qui éclaire la page d'accueil sur un fond de collines ondulantes des plaines du sud de l'Oklahoma est celui de son petit-fils Cade Morgan (il est le fils de sa fille Summer Morgan) " veuillez comprendre l'amour d'une mère et la fierté d'une grand-mère mais nous ne pouvions garder cela pour nous ", s'excuse-t-elle.


Et comme on la comprend. D'autant plus qu'elle ajoute : " Boots, le directeur de la chaîne et du site, a interviewé Cade (10 ans) sur l'importance de la culture et des traditions kiowas, où les étudier et comment les retenir. J'étais très surprise d'entendre notre petit homme de dix ans formuler aussi clairement sa pensée avec autant de précision. "
Pour terminer elle nous dit que Boots prépare un documentaire sur son travail. Vanessa est une artiste, spécialisée dans la décoration de costumes, mocassins, porte-bébés, etc en tissage de perles. Elle est une créatrice reconnue avec le titre de " Trésor vivant des Etats-Unis d'Amérique " qui lui a été décerné par le président des Etats-Unis. Certains de ses travaux sont exposés dans des grands musées américains.
Pour visiter le site, veuillez cliquer ici
Bill Tohee nous annonce également la sortie de ce site et l'ouverture de la chaîne de télévision spécialisée sur les cultures des Indiens d'Amérique. En particulier il nous signale l'existence de cinq reportages dont on peut voir des extraits de 5 à 6 minutes (superbes images, commentaires en anglais). En voici les titres : 1. Après la Mayflower - 2. La vision de Tecumseh - 3. La piste des larmes - 4. Geronimo - 5. Wounded Knee
Bonne visite...
20 avril 2009
Jeunes filles indiennes à RedStone
Quand Vanessa
s'adresse
aux jeunes Kiowas
Dans la soirée du 1er avril, notre amie Vanessa Jennings reçut la visite de soixante-dix jeunes filles kiowas de l'école indienne Riverside à Anadarko (Oklahoma). Elle les reçut chez elle, à RedStone, dans la hutte de terre et herbe que nous décrivions dans le message précédent, leur offrit le repas et leur parla ensuite de la culture kiowa, des arts et des traditions. Une vidéo d'amateur a été réalisée à cette occasion. C'est ce document que nous proposons ci-dessus et qui permet de revoir Vanessa pour ses amis d'OK-OC ou de faire sa connaissance pour les autres visiteurs du blog.
17 avril 2009
Souvenirs d'OK-OC (3)
Invité chez les Kiowas


Ceux qui ont rencontré ces dernières années Vanessa Jennings, à Montauban ou ailleurs en Occitanie, se souviennent sans doute de cette personne attachante. Elle était identifiable à sa tenue traditionnelle. Le port des nattes, d'une robe indienne, des leggings et des mocassins perlés est un signal fort qui marque une volonté d'introduire les valeurs traditionnelles dans le monde moderne.
A y regarder de près on se rend compte que mocassins et téléphone peuvent coexister sans inconvénient et que les nattes parées de perles ne nuisent en rien au pianotage sur ordinateur.
J'ai retrouvé Vanessa sur sa terre dans la région de Fort Cobb, quelque part entre Anadarko et Carnegie, au cœur de l'Oklahoma profond. J'étais loin de me douter que chez les Kiowas j'allais faire, par dessus les siècles, le plus formidable grand écart de mon existence.

Vanessa conduit sa grosse et puissante voiture comme n'importe quelle américaine : sagement. Nous quittons la route peu après Fort Cobb pour emprunter un chemin de terre défoncé. Derrière nous la poussière rouge flotte longtemps au-dessus de la prairie immobile et apparemment déserte. Quatre ou cinq kilomètres de ce parcours cahoteux nous emmènent chez Vanessa. La voiture s'arrête à deux cents mètres de la maison. Nous n'y entrerons pas. Nous sommes face à un imposant dôme de terre et d'herbe sèche qui émerge du sol. Au trou rond qui s'ouvre au sommet du dôme pour l'évacuation d'une fumée je reconnais le toit d'une vaste cabane à-demi enterrée. L'entrée est à l'ombre, le soleil est déjà bas sur l'horizon, très loin à l'ouest.

Longue d'une dizaine de mètres, l'étroite galerie de branches, de terre et de paille descend en pente douce vers l'intérieur de la cabane souterraine. Une agréable odeur d'herbe sèche m'envahit comme j'avance vers la lueur qui scintille au fond du refuge. Une ampoule électrique éclaire faiblement la vaste pièce ronde. Le sol est en terre battue, une argile craquelée par la sècheresse. Au centre, les tisons, les cendres et les grosses pierres noircies indiquent une présence.

Plusieurs personnes, assises sur des chaises pliantes, sont en discussion sous la lumière, près de la paroi. Vanessa me conduit vers le groupe en contournant le foyer par la gauche. Avec déférence elle me présente à son oncle Gus Palmer, chef de la société des guerriers aux jambières noires. Il me serre la main. Une seule fois, à la manière indienne. Un autre homme âgé, coiffé d'un Stetson blanc, puis un troisième plus jeune, me saluent de la même manière. Vient ensuite le tour des femmes, les épouses des deux homme âgés. Je suis invité à m'asseoir sur une banquette recouverte d'une couverture disposée au fond d'une alcôve creusée dans la terre de la paroi, face à l'entrée. C'est la place d'honneur. On m'y laisse seul, sans plus de façons. La conversation reprend à quelques mètres de moi sans que je sois invité à y prendre part. Je mets à profit ce moment de solitude pour mieux observer le décor.

Quatre gros piliers ronds de bois sombre soutiennent la charpente carrée de laquelle partent les poutres porteuses du toit. Nous sommes dans un puits rond d'une douzaine de mètres de diamètre rehaussé d'une construction faite d'un hachis de branchages, de terre et d'herbe qui s'élève d'une égale hauteur au dessus du niveau du sol. L'avantage d'un tel habitat est évident : il y règne une relative fraîcheur qui repose de la canicule extérieure. Dans la paroi de terre sont creusées, à intervalles réguliers, des alcôves avec banquette à couverture indienne, semblables à celle où je me trouve. Divers objets sont accrochés au mur : lances et arcs, bâtons à coups, boucliers, grandes coiffes de plumes d'aigles, clubs de stick-ball. Je ne suis pourtant pas dans un musée ; ces objets appartiennent à des Kiowas bien vivants qui les utilisent lors des cérémonies. La discussion continue tranquillement, à quelques mètres. J'observe le petit groupe à la dérobée, du moins c'est ce que je pense. Les visages ridés disent le grand âge, mais l'œil demeure vif et la chevelure noire. Le plus jeune, un homme d'une quarantaine d'années, porte les cheveux longs et libres dans le dos. Je risque un regard vers lui, en vain. Tous feignent de m'ignorer. Attendons...
Vanessa m'a abandonné pour s'occuper de son fourneau, près de la paroi, à droite de l'entrée. Elle m'apporte ensuite un repas dans un plateau compartimenté. Un gobelet en plastique contient la soupe : des cubes de viande bouillie et de pomme de terre. A côté, trois lames de viande séchée accompagnées d'une poignée de chips. Dans le creux voisin une salade de fruits.. Une petite boule de pain et un grand verre d'eau fraîche complètent le menu. En ma qualité d'invité j'ai été servi le premier. Les autres personnes sont servies ensuite en commençant par "Uncle Gus", puis les hommes dans l'ordre d'un âge décroissant et enfin les femmes. Pendant que nous mangeons en silence, Vanessa attend près du fourneau à gaz. Dès que j'ai terminé elle me prend le plateau et me propose un autre verre d'eau. Puis elle dessert les autres invités selon le même protocole et se retire dans son espace cuisine. Je suis ici depuis une heure et, mis à part l'intermède du repas silencieux, il ne s'est encore rien passé. Ma patience va être récompensée.
L'Indien au chapeau blanc se lève, prend son siège et vient s'installer à côté de moi. J'attends qu'il m'adresse la parole. La conversation s'engage sur le temps, exceptionnellement agréable cet été en Oklahoma. Je réponds en décrivant les étés montalbanais et la suite s'enchaîne naturellement. Lui me parle de la deuxième guerre mondiale qu'il a faite en Europe après le débarquement (j'apprendrai le lendemain à ma grande surprise qu'il était lieutenant-colonel de l'infanterie américaine). Je lui parle de "la mienne", la guerre d'Algérie et de la paix vers laquelle il faudrait aller aujourd'hui pour la sécurité de la planète.

Uncle Gus, jusque là, n'avait paru prêter aucune attention à notre conversation mais je savais qu'il m'observait depuis le début. Lorsque je commençai à parler de l'avenir de la terre, des générations futures et de notre responsabilité à leur égard, il vint installer sa chaise pliante près de nous, suivi aussitôt de l'Indien aux cheveux longs. Les femmes s'étaient retirées avec leur chaise près de l'entrée. Seule, Vanessa se tenait discrètement à l'écart, debout à quelques mètres derrière les hommes.
Vanessa avait tenu à cette rencontre. Elle me l'avait dit juste avant son départ de Montauban, deux semaines plus tôt. On savait donc que j'allais venir, que j'étais Français et Occitan. C'est bien de cette dernière identité-là que j'étais venu parler et je sentais que la question suscitait quelques attentes. Je m'engageai donc, d'abord prudemment puis avec enthousiasme au fur et à mesure que je voyais croître l'intérêt, vers une tentative de définition de la culture occitane, résumant à grands traits son histoire, agrémentant de quelques anecdotes et parlant des traditions, mélangeant tout : la langue, les valeurs, l'humour. Que les puristes, les érudits et les félibres me pardonnent : j'ai bien dû laisser passer quelques erreurs et parfois me laisser emporter par mon élan. Je parlais avec le cœur, j'aime ça et les Indiens aussi.
Je leur ai dit alors notre inquiétude devant le risque d'assimilation , et de disparition de notre culture occitane. A son tour, Uncle Gus m'a fait part de la sienne, non moins vive et m'a parlé des efforts qui étaient faits pour sauver ou ranimer tout ce qui pouvait l'être. Notre présence ici-même, en cet endroit hors du temps, ne portait elle pas témoignage d'une volonté de préserver la tradition ? Alors, fallait-il revenir à la chasse à l'arc et à la traction animale ? Pouvait-on sérieusement envisager une régression ? Sans que la question ne fut posée, mes interlocuteurs y répondirent.

La tradition était un trésor de connaissances accumulées au cours des âges et aussi l'un des moyens de communiquer avec les ancêtres. Nul peuple ne pouvait s'en passer sous peine d'être condamné à disparaître après s'être perdu dans le dédale d'une société moderne de plus en plus complexe. La sagesse des anciens devait nous permettre de traiter le nouveau avant de l'intégrer ou de le rejeter s'il était jugé dangereux pour les générations à venir. L'art, sous ses formes antiques aussi bien que modernes, pouvait également aider à se situer et se reconnaître. J'appris ainsi, ou plutôt je crus comprendre au détour d'une phrase, que le plus jeune des trois hommes était un artiste dont certaines œuvres avaient été commandées par un musée de New York.
Ne posez jamais directement à un Indien une question d'ordre personnel ; c'est impoli. J'annonçai donc, en regardant par terre, mon intention d'offrir un cadeau à un artiste s'il y en avait un dans l'assistance. Sherman Chaddlesone se leva alors sans croiser mon regard. Je lui offris une croix occitane qu'il accepta en me serrant la main, une fois. Les autres personnes reçurent le même présent. J'en expliquai les symboles et tous m'écoutèrent attentivement et apparemment avec grand intérêt.

Avec des phrases lentes d'une grande éloquence, entrecoupées de silences mesurés et soulignées de gestes du langage des signes, Uncle Gus m'assura que je serais toujours le bienvenu ainsi que les autres Occitans qui souhaiteraient parler aux Kiowas. " Nous préservons notre culture, me dit-il, vous avez le même souci, alors nous pouvons nous comprendre et nous entraider. "
La nuit était tombée depuis longtemps sur la prairie. Les deux grosses voitures s'éloignèrent rapidement emportant les Kiowas vers un autre rendez-vous, à une centaine de kilomètres, au Texas. Un pow-wow était organisé chez les Comanches. Les Black Leggings Kiowa Warriors y étaient invités. Une heure plus tard j'étais dans ma chambre de motel à Anadarko, rédigeant le compte-rendu de cette soirée.
A la télé CNN diffusait des images d'horreur. La guerre faisait rage en Yougoslavie.
13 septembre 1992 - Anadarko, Oklahoma - Jean-Claude Drouilhet
03 mars 2009
Un diaporama des Crows...
Du Montana à Washington DC


Tous ceux qui ont eu la patience de suivre la cérémonie d'investiture du président Obama le 20 janvier et d'attendre la longue parade qui l'a prolongée jusqu'à tard dans la nuit auront peut-être aperçu la cavalerie de la tribu crow. C'est la longue préparation de ce voyage depuis Crow Agency dans le Montana jusqu'à Washington et le défilé qui a suivi que nous vous proposons de voir dans ce diaporama qui nous a été transmis par Vanessa Jennings, notre amie kiowa.
Vanessa Jennings
10 février 2009
De nos amis Kiowas :
This morning in Redstone - Oklahoma
Vanessa et Carl Jennings, nos correspondants kiowa en Oklahoma, nous ont envoyé quatre photos qu'ils veulent partager avec OK-OC et plus largement avec les visiteurs du blog. Ils vivent sur leur terre, à l'ouest d'Anadarko, à quelques miles de Fort Cobb. Leur domaine s'appelle Red Stone
These photos to show you how bad it is here in southwest Oklahoma ! It
is mostly ice with a light dusting of snow. You would not believe how
dangerous it is outside. Even Sugar, the horse, is on the front porch
to get away from the ice. I went to the Indian Hospital and fell when I went to
pick up my prescriptions ! There were 3 men and another woman who fell.
Security and hospital staff were trying to help pick us up off of the
hospital floor ! Enjoy the photos of the ice storm here in Indian country.
Vanessa, Carl, Cade, Quin, Glen and Princess Summer Rae Redstone, USA

Ces photos pour vous montrer le mauvais temps que nous avons ici dans le sud ouest de l'Oklahoma ! Nous avons surtout du verglas recouvert d'une légère couche de neige. Vous n'imaginez pas combien c'est dangereux dehors. Même Sugar (Sucre), notre cheval devant la maison se méfie du verglas. Je suis allée à l'hôpital indien et j'ai fait une chute en allant chercher mes médicaments ! Trois hommes et une autre femme sont également tombés. La Sécurité et le personnel soignant nous ont aidé à nous relever. Je vous laisse admirer le paysage glacé qui nous entoure ici, au pays indien.

Notre maison de Red Stone un jour de verglas et de neige
Notre tipi et notre cheval Sugar
Un étendard kiowa
coucher de soleil sur Red Stone
01 février 2009
Un message de Vanessa Jennings :
Nous sommes tous les enfants de la Terre !

Vanessa Jennings est une amie très chère, membre de la tribu Kiowa en Oklahoma. Elle vit à Red Stone, à l'ouest d'Anadarko (Oklahoma). Vanessa est venue plusieurs fois en France, à Montauban tout d'abord en 1992, puis plusieurs fois par la suite et notamment avec son fils Gabriel, sa fille Summer et son mari Carl. Elle est aussi allée en Lorraine. Elle nous envoie régulièrement de ses nouvelles. Voici son dernier message.
Chers amis,
Gabriel, notre fils aîné, vit à Washington. Il travaille à la direction du Bureau des Affaires Indiennes dans le département des ressources naturelles. Il supervise le travail des surintendants des agences indiennes à l’échelle des États-Unis. Son épouse est membre de la tribu Crow. Elle travaille à la direction nationale des cliniques et hôpitaux indiens. Ils nous rendent visite chaque fois qu’ils peuvent le faire.
Gabriel Morgan en Occitanie (1994)
Nous ne sommes plus, Carl et moi, en très bonne santé. Mais nous continuons nos travaux de broderie de perles. Je fais encore des conférences à des grands groupes de personnes dans les musées. Nous venons juste de donner une conférence au Mabee-Gerrer Musum de Shawnee (Oklahoma). C’est une université catholique. Ils nous ont accueillis, Carl et moi, exactement comme nous avons été traités par OK-OC lorsque nous sommes venus en France. L’exposition était consacrée à mon grand-père Stephen Mopope et à la Grande Nation Kiowa.

Le camp kiowa en mouvement
fresques de Stephen Mopope (artiste kiowa) sur les murs du bâtiment administratif fédéral d'Anadarko
Vous,
Jean-Claude, Monique, Pierre, Colette, Jacques, Francine, Christian, Paulo et
Marie-Christine étaient tous assis près de moi lorsque je parlais du profond
respect que nous éprouvons pour les citoyens français et de notre fidèle amitié
envers les Occitans ! Vous ne le saviez pas mais vous étiez présents à nos
côtés ce soir-là ! Je n’aime toujours pas parler en public, mais il y a un
message qu’il faut absolument faire passer « Nous sommes tous les enfants de la Terre ! »
Nous vieillissons, Carl et moi, et notre
santé se détériore peu à peu. Nos cheveux blanchissent et nos rides se
creusent. Mais nous sommes toujours en vie. On continue à m’inviter à aller
donner des conférences mais je les limite en distance et en durée.

Je vous envoie une photo de notre
petit-fils Cade. Il a dix ans et il est en 4ème classe (équivalent
du CM1 en France – NDT). Il est notre médecine à Carl et moi, la meilleure que
nous puissions prendre chaque jour.

Sur la deuxième photo vous voyez notre
fils aîné Gabriel (à gauche -- NDT ) et Cade (au centre) à une cérémonie de la Black Leggings Kiowa Warriors
Society (La société des guerriers aux jambières noires qui fera l’objet d’un
prochain article – NDT)
Embrassez bien Monique et Mado. Je pense à vous
ainsi qu’à tous nos chers amis de l’association OK-OC.
Vanessa

18 janvier 2009
Breaking News :
La cavalerie des Indiens Crow
à la cérémonie d'investiture
du président Obama
A ne pas manquer en direct (ou enregistrer), Mardi 20 janvier sur France 2 de 17h15 à 18h55 et sur TF1 de 16h55 à 20h, la cérémonie d'investiture du président Obama brillera d'un éclat symbolique avec la participation à la parade, pour la première fois, d'un important groupe d'Indiens Crows à cheval.

Répétition de la parade à cheval à Crow Agency (Montana)
le 7 janvier dernier (photo de Jim Eshleman)
La semaine dernière, dans le Montana, la tribu Crow était en effervescence car ses membres de tous les âges préparaient un voyage historique vers la capitale fédérale afin d'y participer à la parade d'investiture du nouveau président.
Les hommes de la cavalerie crow et un char portant des femmes et des enfants en costumes traditionnels seront la seule représentation du Montana à la parade de Washington pour la prestation de serment de Barack Obama , premier président noir des Etats-Unis. La délégation du Congrès de l'Etat sera aussi à cheval.
Le groupe de cavaliers crow et le char feront partie du quatorzième groupe de la première division (le parade comptera six divisions).
Lors de la répétition générale, le 7 janvier, à Crow Agency (Montana) dans des conditions d'un froid glaciaire sur un sol verglacé, les chevaux avaient été "chaussés" d'équipements spéciaux semblables à des pneus-neiges
Le président élu Obama, qui deviendra le 44ème président
des Etats-Unis, a gagné la confiance de la Tribu Crow notamment lorsqu'il avait fait
campagne devant une foule enthousiaste à Crow Agency en mai dernier. Il avait alors été
adopté comme membre d'honneur de la Tribu Crow. "Je ne vous oublierai jamais," avait dit Obama à la foule qui l'acclamait.



Un grand merci à Vanessa Jennings, de la tribu Kiowa d'Oklahoma qui nous a envoyé l'article de Shelly Beaumont et la photo de Jim Eshelman, à partir desquels cette information a été rédigée. JCD
12 décembre 2008
Une tribu amie d'OK-OC :
Les Kiowas


Les Kiowas sont originaires d’une région située entre les hautes vallées des rivières Yellowstone et Missouri, ce qui correspond aujourd’hui à l’ouest du Montana. D’après la tradition orale, ils en partirent à la suite d’un conflit avec une autre tribu dont l’enjeu était le territoire de chasse. Ils s’établirent alors dans les Collines noires (Black Hills) dans le Dakota du Sud.

Repoussés plus au sud
par les Sioux vers la fin du XVIIIe siècle, les Kiowas s’installèrent finalement
dans une région s’étendant de l’ouest de l’Oklahoma et le nord-ouest du
Texas – une région appelée Panhandle – jusqu’au Nouveau Mexique. Vers 1790, après avoir fait la paix avec
les Comanches, jusqu’alors leurs ennemis traditionnels, ils s’assurèrent le
contrôle d’un territoire allant de la rivière Arkansas jusqu’à la haute
vallée de la Rivière Rouge et devinrent ainsi, avec l’aide des Comanches, les
maîtres incontestés des plaines du Sud.

Kicking Bird, chef kiowa, vers 1870
Les premiers traités passés dès 1837 avec le gouvernement des Etats-Unis ne furent
suivis que de très peu d’effets et la tribu continua la résistance. Après la
bataille de Washita (Texas) en 1868, les Kiowas, les Kiowas-Apaches et les Comanches
furent forcés d’aller vivre sur une réserve près de Fort Sill (Oklahoma).
L'association OK-OC a renoué le contact avec la tribu kiowa. Dès 1992 les premiers délégués de la Nation Kiowa venaient à Montauban pour commémorer 5 siècles de résistance indienne et occitane. Parmi eux, notre très chère amie Vanessa Jennings que nous avons revue quelque mois plus tard chez elle à Red Stone (près de Fort Cobb en Oklahoma). Vanessa devait revenir plusieurs fois en France avec des membres de sa famille et d'autres kiowas.

Vanessa Jennings

Accueil des Kiowas à la mairie de Bezons ( Val d'Oise)
au centre Jack Anquoe (oncle de Vanessa), à gauche Ella sa femme
à droite Jackie Leser, maire de Bezons

Jack Anquoe

Les quatre frères Palmer (oncles de Vanessa). A droite en médaillon Lyndreth Palmer tué en 1945 en Lorraine
16 janvier 2008
Vanessa... for ever
Vanessa à Montauban au printemps ?
Notre amie kiowa Vanessa Jennings a la nostalgie de la France et de Montauban. Elle envisage un séjour dans le sud-ouest (Lourdes, Bordeaux, Montauban) au printemps prochain et recherche un financement en vendant ses magnifiques porte-bébés brodés de perles. Catholique pratiquante, Vanessa rêve de revenir à Lourdes où une petite équipe d'OK-OC l'avait emmenée voici quelques années. Vanessa nous annonce qu'elle est secrétaire du "cercle Kateri" , il s'agit d'une jeune iroquoise que l'Eglise a béatifiée... en quelque sorte la Bernadette Soubirous indienne. Nouis aurons l'occasion d'y revenir prochainement
Rappelons enfin qu'avec Vanessa, c'est une personnalité importante que nous recevrons. Vanessa a été honorée d'une distinction rare par le président Georges Bush Sr. en tant que "Trésor vivant des Etats-Unis d'Amérique"

Lourdes, your university students and Montauban call to me every day!!!! I will
let you know my progress. I am the new secretary for our Kateri Circle
at St. Patrick's Catholic Church in Anadarko. Dorothy Whitehorse
Delaune, our Kateri Circle President, is interested in traveling with my husband
and I to France this spring. It is just us . . . probably I would ship
samples of my work ahead of my arrival. That is what I did on my last
trip in the north of France. I did not have to worry or drag those bulky pieces
onto the plane with me. I will close for now.
yours in
friendship . . . . . Vanessa
p.s. I am sending a photo of my latest
cradleboard. It goes to its new owner in Connecticut tomorrow. I have 3 other
cradleboards that are being worked on at the present time.









