bigheart

 

Chef Big Heart    A une grande réunion du conseil en 1881, James Bigheart un chef de souche pure osage de la bande du Gros Castor plaida pour un gouvernement tribal officiel et fut élu président du comité chargé d’élaborer une constitution. Comme Joseph Paw-ne-no-pashe, Bigheart avait étudié à l’école de la mission du père Shoenmakers. Cependant, contrairement à Paw-ne-no-pashe, il était demeuré catholique et n’était jamais « retourné à la couverture », c’est à dire revenu au mode de vie traditionnel. Durant la guerre civile, il avait servi dans l’armée de l’Union et terminé avec le grade de lieutenant. Il avait été signataire du traité appelant au déplacement de la tribu en Territoire Indien et fut l’un des premiers à y partir. Il y construisit une cabane de rondins et se mit à cultiver quelques acres. Bigheart qui parlait six langues : osage, ponca, sioux, cherokee, français, anglais et savait traduire le latin, travailla comme employé et interprète à l’agence.

    La constitution élaborée par le comité instituait un conseil national. Le conseil national pouvait lever des impôts, discuter de la signification des traités et, sur demande, jouer le rôle de tribunal d’instances à l’intérieur de la tribu. Un chef principal et un chef assistant étaient à la tête du conseil. La première élection au suffrage universel ( les hommes de plus de 21 ans ) du conseil national eut lieu en février 1882. Joseph Paw-ne-no-pashe fut élu chef principal et Strike Axe, chef assistant. James Bigheart, Saucy Chief, et Claremore furent élus membres du conseil.

    Pendant les années 1880, les Osages prospérèrent sous la direction de leur gouvernement constitutionnel. La majorité des familles pouvaient éviter des devenir fermiers ou d’avoir un métier manuel grâce aux allocation payées chaque trimestre en espèces qui leur permettaient d’acheter les produits dont elles avaient besoin. Le montant avait été augmenté à la fin des années 1870 lorsque la tribu mit en location-bail une partie de ses riches pâturages et ses ruisseaux abondants au service des éleveurs du Texas désireux de faire engraisser le bétail avant d’arriver au Kansas où les animaux étaient conduits dans les stations de chemin de fer.

    Dans les années 1890 les Osages et d’autres tribus furent soumis à des pressions considérables venant de divers groupes de Washington afin que leurs réserves soient divisées en lots individuels. Les Etats-Unis voulaient réunir le Territoire Indien et le Territoire d’Oklahoma en un nouvel Etat d’Oklahoma, mais pour cela il fallait que soit instituée la propriété privée individuelle. Durant l’été exceptionnellement chaud de 1893, des délégués de Washington rencontrèrent les Osages à Pawhuska, leur capitale, pour discuter de la mise en lotissement de la réserve. Pour rencontrer la commission, un comité de cinq membres, parmi lesquels le chef Bigheart et son fils Peter, fut désigné. Ce comité refusa d’envisager le morcellement de la réserve en propriétés privées individuelles, indiquant qu’il était en contradiction avec la constitution et donc interdit. L’une des objections majeures que les Osages opposaient au projet de lotissement était que beaucoup de non-Indiens s’étaient introduits frauduleusement, y compris sur la liste officielle des membres de la tribu. De nombreux blancs, époux de femmes osages et des métis qui n’avaient qu’une très lointaine ascendance osage s’étaient fait inscrire frauduleusement.

    En 1894, l’agent des Osages H.B.Freeman, estimait qu’environ 1 000 à 5 000 non-indiens vivaient sur lé réserve. Les hommes blancs qui avaient épousé une femme osage avaient accompagné la tribu lorsqu’elle était partie du Kansas. Ils avaient bientôt été rejoints par des marchands, des éleveurs, des membres du clergé, et des employés de l’agence. En 1904, la population non-indienne s’était étendue à un effectif compris entre 10 000 à 15 000 personnes, dépassant de loin le nombre des 2 200 Osages.