Histoire de l’origine des Osages

Par Leonard Morell Maker



Les histoires transmises au cours des âges par les prêtres des Wahzhazhe (les Osages) sont ce qui a été compris des révélations de Wakontah, c’est ainsi que nous nommons Dieu. Cette histoire est à la fois descriptive et symbolique du monde qui fut créé par Wakontah. Les symboles doivent être compris comme une nécessité de la part d’un peuple de tradition orale de concevoir une cosmogonie originale qui fut la base de la religion des Osages.

Nous croyons que Wakontah, le père des « Petits », ainsi que se désignaient les Wahzhazhe, ont été envoyés sur la terre comme gardiens de la Terre Sacrée. Plus tard les Européens furent surpris de découvrir la complexité de cette création du monde par Wakontah.

Quand les Enfants du Milieu des Eaux, un autre terme utilisé par les Wahzhazhe pour décrire le peuple qui, dans leur humilité se désignaient eux-mêmes par « les Petits », descendirent des étoiles, ils atterrirent dans un chêne rouge et, en se posant, ils firent tomber des glands qui se fracassèrent sur les feuilles et rebondirent sue les branches. Ils étaient dirigés par les Wahzhazhe, c’est à dire le peuple des eaux. Ils étaient descendus du ciel et leurs jambes s’étiraient jusqu’au sommet des arbres, et leurs bras étaient levés comme les ailes d’un aigle qui se pose, car c’est l’atterrissage de ce gros oiseau qu’ils imitèrent plus tard dans leurs danses de la Création. Les franges disposées sur les côtés de leurs jambières en peau de cerf, qu’ils portent depuis toujours, étaient une imitation des plumes du tarse de l’aigle doré qui recouvrent celui ci jusqu’aux orteils.

Ainsi ces enfants du ciel étaient divisés en trois groupes qui devaient par la suite être à la base de leur organisation, après avoir marché sur la Terre Sacrée et cherché et découvert le Peuple Isolé de La Terre. Ils avançaient dans l’ordre suivant : Le Peuple de l’Eau, Wahzhazhe, en premier ; venait ensuite Le Peuple de La Terre, Hunkah, et enfin Le Peuple du Ciel, Tsizho.

Avant qu’ils aient quitté la Loge du Ciel, Tsizho, ils se souvenaient que le Grand-Père Soleil les avait appelés à lui et leur avait montré les treize rayons qui s’irradiaient de lui chaque matin et chaque soir sous certaines conditions atmosphériques. Il leur demanda de bien remarquer leur rectitude et de noter que six de ces rayons étaient du côté gauche et sept sur le côté droit. , et qu’il y avait une lueur du côté gauche qui avait la forme d’une petite plume du dessous de la queue d’un aigle doré. Et il les avertit que cela allait avoir une grande importance dans leur vie sur la Terre Sacrée.

Ils terminèrent leur errance, le Peuple de l’Eau, ouvrant la marche, suivi du Peuple de la Terre et, fermant la marche, le Peuple du Ciel. Mais, à cette époque, ils avaient un but à atteindre : découvrir le U-TAH-NO’N-DSI, c’est à dire le Peuple Isolé de La Terre.

Un jour, les Wahzhazhe arrivèrent en vue d’un village. La scène qui fut transmise par des générations de Sages paraît d’une grande netteté et d’un grand réalisme ; elle est pourtant symbolique et ne doit jamais être comprise comme une œuvre de littérature mais plutôt comme une parabole. L’essentiel de ce qu’il faut faire ressortir pour caractériser le peuple de ce village est la surprenante révélation du désordre qui existe dans l’ignorance de Wakontah. Cette histoire a été abondamment décrite de sorte que ce peuple de tradition orale a pu comprendre le sens du symbole.. L’histoire rapporte que les trois groupes avaient peur de s’approcher de ce village. Alors il y envoyèrent un messager. Celui-ci franchit plusieurs vallées puis s’arrêta et se dissimula sur une crête dominant le village. Il décrivit la scène avec des termes de dégoût. Les femmes avaient des comportements impudiques. Le messager s’en retourna et dit qu’il s’agissait bien du Peuple Isolé de la Terre. Le chef des Wahzhazhe marcha vers le chef du Peuple Isolé de la Terre, tandis que le Peuple de la Terre et le Peuple du Ciel, dégoûtés, s’éloignaient en se bouchant le nez. Tel était le village du Peuple Isolé de la Terre où la mort, la pourriture, la maladie, et des tas d’ordures avec un mélange d’ossements humains et d’animaux. C’est tout ce à quoi on peut s’attendre quand on est dans l’ignorance de Wakontah.

Le chef du peuple Isolé de la Terre envoya un émissaire à la rencontre du chef des Wahzhazhe, et il se rendit au village pour fumer la pipe avec le chef, ce qui est une cérémonie très importante. Quand ils eurent fumé la pipe le chef des Wahzhazhe demanda au chef : « Qui êtes-vous ? ». Le chef répondit : « Nous sommes le Peuple de la Terre et le Rocher Rouge est notre symbole. Il est rouge comme l’aube et il est la vie éternelle. Quand ils s’approchent de lui, les groupes de guerriers ennemis doivent se diviser et passer de chaque côté ; toutes choses qui se déplacent passent à côté du Grand Rocher Rouge. »

Le chef des Wahzhazhe, le Peuple de l’Eau lui dit : «  Nos corps sont faits de la même matière que l’argile rouge des pipes que nous fumons. Nous sommes le Peuple de l’Eau et toutes choses viennent à nous pour se purifier. »

Le chef du Peuple Isolé de la Terre s’amenda. Bientôt ils furent connus sous le nom des Petits Vieux Hommes, ce qui signifie les Sages ou les Conseillers. Les prêtres des divers clans et les prêtres représentant la tribu constituèrent alors le gouvernement de la tribu.

Bientôt les Vieux Petits Hommes devinrent estimés et respectés. Ils prirent l’habitude de se réunir dans une loge spéciale appelée la Loge du Mystère qui devint un lieu sacré. Et les récits commencèrent toujours par la phrase rituelle : « Il a été dit dans cette loge… »

Le symbolisme de cette histoire se poursuivit en rapportant que les Petits Vieux Hommes en avaient conclu que l’ancien Peuple Isolé de la Terre, maintenant appelé Grand Hunkah n’avait pas été suffisamment influencé par sa subdivision, le Peuple de l’Eau et le peuple de la Terre.

L’organisation de la tribu commença avec 7 clans et comme les Wahzhazhe avaient développé leur compréhension de Wakontah, elle s’élargit à 24 clans regroupés en deux divisions : l’une représentant le ciel, l’autre la terre. La division de la terre fut plus tard elle-même divisée en parties qui correspondaient au territoire et à l’eau.

Cette dualité se reflète dans tout ce qui constitue la cosmogonie osage. Chacun des clans était représenté par un symbole ou un ensemble de symboles pris dans la nature afin qu’ils puissent être compris de tout le peuple. Mais les prêtres insistaient toujours sur leur nature seulement symbolique.

Les Petits Vieux Hommes enverraient chaque homme jeûner pendant sept jours en portant sur leur front leur marques sacrées faites avec de la terre. Au retour ils rendraient compte de leurs expériences et de leurs visions, ce qui permettrait aux prêtres de discerner le symbole que Wakontah avait choisi pour eux..

Finalement tous les symboles honorables avaient été choisis. Un seul Osage demeurait sans avoir encore choisi son symbole de vie. En conséquence il partit à la recherche de son symbole.

Sur son chemin il marcha sur la toile d’une araignée noire. Agacé, il demanda à l’araignée : « Pourquoi construis-tu ta toile sur ma piste ? » Ce à quoi l’araignée répondit : « Et pourquoi ne me choisirais-tu pas comme symbole de vie ? » Comme l’Osage pouffait de rire l’araignée lui dit : «  Ne ris pas ; tu es venu à moi car partout où je bâtis ma demeure viennent toutes les bonnes choses. »

Ainsi a dit Leonard M. Maker

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