Oklahoma-Occitania

07 décembre 2018

sondage

Pour ou contre

l'immigration illégale ?

Nos aventures Oklahoma-Occitanes ont commencé en 1829 avec l'arrivée en notre bonne ville de Montauban de trois vagabonds, des sans-papiers avec des noms impossibles : Little Chief, Big Soldier, Hawk Woman. Des immigrés, des Osages, même pas Français !

Rosendo_pont

Et que croyez-vous qu'ont fait nos ancêtres, les Montalbanais de 1829 ? Non, ils ne les ont pas envoyés dormir sous le Pont-Vieux. Ils les ont accueillis, réconfortés, nourris et logés. Où ça ? A l'hôtel de ville, enfin pas exactement puisque cet hôtel d'Aliès où se trouve actuellement la mairie était à l'époque la résidence de l'évêque Louis Guillaume Dubourg.

 

Louisiane

Ceux-là n'étaient pas venus chez nous pour "manger le pain des Français", ni même "nous prendre nos emplois" ; ils n'avaient qu'une hâte : rentrer chez eux, dans leur nouvelle réserve du Kansas où leur tribu avait été déplacée après avoir subi une migration forcée depuis leur territoire du Missouri. C'est ce qu'ils firent avec l'aide des Montalbanais de l'époque grâce au financement participatif -- aujourd'hui on dirait fundraising en bon français -- lancé par l'évêque.

trappeur

trappeursLes anciens Osages avaient bien accueilli les trappeurs français qu'ils avaient adoptés, souvent, après leur avoir servi de guides et d'instructeurs dans cette Amérique des prairies, des forêts et des rivières sauvages. Ils avaient noué avec eux des liens amicaux, parfois familiaux. Certains Osages actuels en ont conservé le patronyme (Revard, Boulanger, de Noya, Labadie, Desroches, etc.)

C'est cette amitié entre deux peuples aussi différents que le nôtre et celui des Osages que nous, à OK-OC,  avons ranimée et que nous entretenons depuis trois décennies.

Cela n'a pas été partout le cas. La cupidité, la folie de l'or, du pétrole et de la colonisation ont durablement abîmé ce lien entre les hommes qui se rencontraient. Pourtant les Indiens s'étaient toujours et partout montrés accueillants et bienveillants à l'égard de ceux qui venaient chez eux et les respectaient.

Ils auraient pu, au contraire, accueillir cette population d'immigrés avec circonspection, prudence, méfiance voire hostilité

1620 : la première immigration illégale

" Pas de carte verte ? Ni de visa ?? Désolés, nous voulons voir vos passeports. "

 

immigration5

Nous avons adopté les lois des Républicains sur l'immigration. DÉGAGE.

lls ne l'ont pas fait. On sait quel a été le résultat. Est-ce à dire qu'il aurait fallu et faudrait partout et toujours combattre une immigration illégale ?

C'est un point de vue préconisé par certains qui prétendent lutter contre les intrusions invasives en dressant des murs, des barrières et des régiments d'escopettes à répétition.

Prenons un exemple dans le genre animal

En 1859, Thomas Austin, un britannique chasseur et nostalgique du sud de l'Australie importe 12 couples de lapins. Cinquante ans plus tard, 600 millions de ces animaux ont colonisé 60 % du territoire à la vitesse moyenne de 110 kilomètres par an : une des pires catastrophes de l'Australie.

Oryctolagus cuniculus, le lapin de garenne, a causé des dégâts en Australie. © Tpsdave,DP
Parmi les mesures prises pour stopper l'invasion l'idée de contruire des milliers de kilomètres de grillages -- 3 000km environ -- est mise en application. Elle ne suffira pas à l'enrayer. Les lapins creusèrent, grimpèrent, profitèrent d'une ouverture accidentelle pour aller goûter l'herbe verte qu'ils apercevaient de l'autre côté.

lapins1on remarquera le terrain bien pelé côté lapins et herbu de l'autre côté du grillage

lapins2le grillage, c'est comme la télé : on voit ce qu'il y a ailleurs

 Et si les Indiens avaient fait ce que les Australiens ont fait pour arrêter les lapins. Voici que que cela aurait donné :

grillage IndiensMais nous ne sommes pas dans le genre animal. Nous faisons tous partie de l'espèce Homo Sapiens, l'espèce humaine, la même sur toute la planète. Tous semblables, tous différents ! Le paradoxe n'est que dans les apparences, dans les détails.

Depuis toujours les Sapiens ont émigré. C'est un trait de leurs caractère : ils sont curieux et aiment aller voir ailleurs si les fraises des bois sont plus savoureuses. Alors, l'immigration... La question de sa légalité ou illégalité ne s'est jamais posée au cours des centaines de milliers d'années qui nous précèdent.

Le mur de Tijuama (Mexique) n'empêchera pas les immigrants du Honduras de passer la frontière qui les sépare de San Diego (Californie). La solution est ailleurs

tijuana

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01 décembre 2018

Les Osages au lycée

Au lycée Bourdelle de Montauban

Rencontre avec l'association OKlahoma OCcitania

Par Annie Legendre-Hereil, professeur-documentaliste
publié le mercredi 14 novembre 2018 08:50 sur le site du lycée Bourdelle
Photo 11 rencontre JC.png

Vendredi 19 octobre, la classe de seconde 504 de Mme Harari et la classe de seconde 505/510 de Mme Arsac ont rencontré Jean-Claude Drouilhet, fondateur et ancien président de l'association OKlahoma OCcitania.  Pour la première intervention, il était accompagné de son épouse Monique Drouilhet et pour la seconde de Michel Monesma, bénévole de l'association.

L'association OKlahoma OCcitania développe des échanges culturels avec la nation Osage d'Oklahoma ainsi qu'avec d'autres peuples amérindiens des USA, du Québec et de Guyane. Elle est née suite au désir de Jean-Claude Drouilhet de renouer avec les descendants des Indiens Osage qui au cours de l'hiver 1829 arrivèrent épuisés à Montauban, terminant un périple de plus de deux ans à travers une partie de l'Europe.  En 1989 l'association retrouva le contact avec la tribu qui adhéra au projet d'échanges culturels. Depuis cette date, les membres de l'association rencontrent des Osages en Occitanie et des Occitans en Oklahoma. Une stèle érigée au Jardin des Plantes de Montauban commémore cette amitié retrouvée. (Extrait de la brochure de l'association)

Les élèves avaient préparé la rencontre en consultant le blog très complet de l'association et en rédigeant quelques questions.

Après avoir visionné un extrait d'un documentaire réalisé par France 3, les élèves ont pu échanger. La discussion a porté sur l'histoire de l'association, la venue des Osages en 1829, la rencontre de 1989, les Osages aujourd'hui, leur rapport à leur culture que Jean-Claude Drouilhet met en parallèle avec notre culture occitane. Il y a 15 ans il ne restait plus que trois locuteurs dans la réserve Osage, aussi ont-ils décidé d'engager un processus de reconquête de leur langue en créant notamment un alphabet imagé destiné à faciliter l'acquisition de la langue. De nombreux Osages ont du sang français car au temps des trappeurs, la Grande Louisiane était une colonie française et les trappeurs qui avaient besoin des Indiens entretenaient de bonnes relations, des mariages mixtes furent ainsi célébrés, c'est pourquoi certains Osages portent des noms de famille comme Clavier, Boulanger... Sous la tutelle américaine, les choses se passèrent beaucoup moins bien. Les noms de famille furent traduit souvent avec malveillance. M. Drouilhet rapporte cette anecdote d'un Indien dont la traduction du nom de famille est "L'homme qui a peur de son cheval" un comble pour ces hommes si proches alors de la nature... 

Les danses indiennes furent également évoquées, M et Mme Drouilhet n'hésitant pas à faire quelques pas de danse pour le plus grand bonheur des élèves. Ils ont ainsi découvert que la femme reste quasiment immobile alors que l'homme lui s'agite beaucoup...

Différents objets indiens (flèches, calumet, couverture...) rapportés des nombreux voyages dans la réserve ont été mis à la disposition des élèves qui ont apprécié de pouvoir les toucher se projetant ainsi quelques instants dans la peau d'un Indien...

Bourdelle1

Bourdelle2Les élèves ont beaucoup apprécié cette intervention. Voici le compte rendu des élèves de Mme Arsac adressé à M. Drouilhet :

"Vous avez bien répondu à nos questions, bien développé l'histoire de l'association ce qui nous a permis de se rappeler ou de découvrir l'histoire de Montauban, ce qui était très intéressant. Nous avons aimé votre intervention car il y a eu beaucoup d'interaction, vous étiez à l'écoute. Nous avons aimé la vidéo car cela nous a permis de bien comprendre le contexte. Nous avons pu découvrir les Indiens, comment ils vivent aujourd'hui, ce qui est très loin de l'image que l'on en avait. Votre association permet la découverte de différentes cultures et on trouve intéressant qu'il y ait toujours des échanges entre les Montalbanais et les Osages. Enfin le blog de votre association est très intéressant."

 Un grand merci à M. et Mme Drouilhet ainsi qu'à M. Monesma pour tous ces échanges !

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24 novembre 2018

Le buste d'un guerrier osage

Esprit Noir

 Nos visiteurs se souviendront peut-être de l'accueil triomphal des six Osages au Havre le 27 juillet 1827 dont trois devaient arriver en novembre 1829 à Montauban*.

Il y avait quatre guerriers : Petit Chef, Grand Soldat, Esprit Noir, Jeune Soldat et deux femmes : Soleil Sacré et Femme Faucon.

Les Six Indiens osages arrivés du Missouri au Havre le 27 juillet 1827 et à Paris le 13 août 1827Seuls Petit Chef, Grand Soldat et Femme Faucon étaient arrivées jusqu'à Montauban où l'évêque Louis Guillaume Dubourg avait organisé la collecte de fonds nécessaire à leur retour dans leur village au Kansas.

osages montaubanLes trois autres avaient reçu une aide semblable auprès de La Fayette qu'ils avaient rencontré à Paris. Il y avait donc les deux guerriers : Esprit Noir et Jeune Soldat accompagnés de Soleil Sacré avec son bébé né en Belgique pendant leur parcours erratique qui avait duré plus de deux ans. Deux des guerriers étaient malheureusement morts en mer pendant la traversée du retour car ils avaient contracté la variole durant leur périple européen.

C'est durant leur séjour à Paris en août 1827 que l'un des quatre guerriers osages posa pour le sculpteur Jean-Pierre Dantan qui en fit un buste en plâtre que l'on peut voir aujourd'hui au musée Carnavalet à Paris. Le voici photographié de face, de profil et de dos.

Esprit Noir _1

Esprit Noir_2

Esprit Noir_3Le buste représente le guerrier osage Esprit Noir qui mourut de la variole en mer pendant la traversée du retour.

Un grand merci à Patrick Chaumin, Grand Maître de la Commanderie du Babau de Rivesaltes qui nous a informés de l'existence de ce buste. C'est dans cette commanderie de Rivesaltes que fut intronisé, en octobre 2015, notre ami John "Big Soldier" Maker, descendant direct de Big Soldier. Pour aller voir...

 g>d : André Bascou (maire), John Maker, Patrick Chaumin

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* les nouveaux venus sur ce blog, s'ils sont intrigués par cette introduction, se reporteront utilement sur un article de nos débuts qui raconte toute cette histoire extraordinaire

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17 novembre 2018

Les Osages et la SABIX

Quand les Osages

intègrent l’ "X" le clairon de la renommée des Osages

Minuscule, la lettre « x » est cette délicieuse petite inconnue sur laquelle des myriades de potaches se sont parfois endormis sans parvenir à résoudre le système. Devenue grande, X la belle inconnue, joue dans la cour des grands. Elle est le symbole de l’École polytechnique.

Qui aurait pensé qu’un jour des Indiens de la tribu Osage feraient leur entrée dans une aussi prestigieuse institution ?

Christian Marbach, polytechnicien et écrivain, leur a ouvert largement les pages de l’album qu’il vient de publier sous l’égide de la SABIX, la Société des Amis de la BIbliothèque de l’X. Ci-dessous, voici les reproductions de la Une et de la Dernière de couverture pour se mettre dans l’ambiance.

Une

Dernière de couvertureLes Indiens des Plaines dont il est question dans ce livre sont des Osages. Tout un groupe qui fait le voyage en France en 1845, soit 16 à 18 ans après l'équipe de Petit-Chef qui arrivait au Havre en 1827 et à Montauban en 1829. La rose que l’on voit sur la dernière de couverture ressemble à celle que l’Indienne Omaha, Bison-qui-rit, lançait à Michel Baradat (1) ; c’était en 1787. Dans son histoire Christian Marbach lui donne l’identité d’une Osage et fait de Michel un jeune charpentier qui passait sous sa fenêtre.

On comprend alors que l’auteur a consciencieusement mélangé les personnages, les époques et les histoires inspirées des publications d’OK-OC. Ce dont nous nous réjouissons, bien sûr.

Car l’histoire tient bien la route. Michel part lui aussi en Amérique à la recherche de sa belle à peine entrevue à Paris. Sa quête amoureuse obstinée n’a d’égal que la tendre patience de sa promise des tipis. Nous sommes en plein romantisme, un bain dans lequel OK-OC nage depuis sa naissance en 1989.

De son écriture poétique et romantique Christian Marbach nous propose des descriptions majestueuses d’une Amérique encore vierge des gratte-ciels et des autoroutes. Une Amérique que Michel traverse d’un océan à l’autre.

La construction de son histoire, aussi, est originale. La narratrice est une storyteller entourée d’un nuage de start-ups, une joyeuse équipe de jeunes pousses osages bavardes. Et tout le monde parle une langue riche et évoluée, comme en parlaient les autochtones américains. Signe de respect.

Enfin, d’autres personnages – et pas des moindres – viennent agrémenter le casting. On y voit le célèbre artiste-peintre George Catlin qui accompagne ses protégés Osages jusqu’à la cour de Louis-Philippe.

danses indiennes aux TuileriesOn rencontre aussi le prêtre jésuite Pierre-Jean de Smet, missionnaire parmi les Indiens. Et surtout – est-ce par hasard ? – plusieurs polytechniciens qui jouent aussi facilement du clairon que de la tangente (2) et font de l’équitation à cru avec leurs complices osages devant l’entrée de leur école. Ces polytechniciens ont eux aussi existé. C’est un hommage attendri que Christian Marbach leur rend ici.

la chevauchée fantastiqueLa belle Bison-qui-rit et ses compagnons Osages vont attendre sagement leurs lecteurs dans les rayons de la bibliothèque de Polytechnique ainsi que peut-être ceux de nos visiteurs curieux d’une telle confrontation inédite entre les Wazhàzhe (3), les X, Catlin, de Smet et… un charpentier de marine. Ce ne sera jamais que le sixième ouvrage, où il aura été question d’Osages, publié d’après nos aventures OklahomanOccitanes.

Bison-qui-rit ( 190 pages -- illustrations de Claude Gondard --- couverture cartonnée -- format 21x25 cm)  est en vente au prix de lancement de 20 € plus frais d’expédition, à commander auprès de M. Charles H. Pin  pin@melix.org

J-C. D.

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(1) c'est l'histoire authentique de " La rose du Nebraka " que nous avons déjà racontée dans ce blog.

(2) en argot polytechnicien la "tangente" est l'épée de l'uniforme de cérémonie qui doit restée tangente à la bordure rouge de la jambe du pantalon. Quand un étudiant de l'X "prend la tangente", cela signifie qu'il fait le mur.

(3) Wazhazhe signifie Osage en langue... osage

10 novembre 2018

retour aux fondamentaux...

Le romantisme d’OK-OC

 

19Nos fidèles visiteurs qui nous suivent depuis des années connaissent bien cet étrange personnage de David Delaunay. C’est lui, ce citoyen français, prétendument  « colonel de l’armée américaine » qui avait convaincu les six Osages de faire le voyage en France en 1827. Il leur avait offert le prix du voyage en comptant bien se rembourser et se rémunérer largement en offrant aux curieux de son pays natal le spectacle de ces « sauvages ». Rattrapé par ses malversations antérieures à son départ pour l’Amérique il avait été jugé et emprisonné laissant désemparés ses « protégés » qui avaient entrepris un parcours d’errance de plus de deux ans, lequel s’était terminé par l’arrivée de trois d’entre eux à Montauban en novembre 1829.

portrait de Chateaubriand par Anne-Louis GirodetEh bien ce Delaunay était un ami d’enfance d’un grand écrivain, un précurseur du romantisme : François René de Chateaubriand. Enfants, François-René et David avaient couru et joué dans les landes autour du château de Combourg.  Un autre point commun : tous deux – mais séparément – étaient partis en Amérique.

Chateaubriand y avait séjourné de juillet à décembre 1791. A la suite de ce séjour il avait écrit « Le voyage en Amérique » publié en 1827. Tiens ! Justement la date de l’arrivée triomphale des six Osages dans le port du Havre. On comprend dès lors l’enthousiasme de cette foule de 40 000 Havrais qui vinrent les accueillir ce 27 juillet 1827. En ce temps-là la littérature, la presse et le lien social étaient les seuls médias d’information. Chateaubriand avait publié son chef-d’œuvre romantique, Atala, en 1801, bientôt suivi de René en 1802, les Natchez en 1826. Toute la France était conquise au romantisme et à l’exotisme. Telle était donc l’ambiance lorsque les Osages arrivèrent en France.

Notre ami Michel Monesma souligne ce romantisme en nous faisant part d’un extrait d’Atala. Il s’agit de la rencontre de Chactas, jeune guerrier de la tribu Natchez capturé par les Muscogulgues (les Muskogees ou Creeks) et d’Atala :

« Une nuit que les Muscogulges avaient placé leur camp sur le bord d’une forêt, j’étais assis auprès du feu de la guerre, avec le chasseur commis à ma garde. Tout à coup j’entendis le murmure d’un vêtement sur l’herbe, et une femme à demi voilée vint s’asseoir à mes côtés. Des pleurs roulaient sous sa paupière ; à la lueur du feu un petit crucifix d’or brillait sur son sein. Elle était régulièrement belle ; l’on remarquait sur son visage je ne sais quoi de vertueux et de passionné, dont l’attrait était irrésistible. Elle joignait à cela des grâces plus tendres ; une extrême sensibilité, unie à une mélancolie profonde, respirait dans ses regards ; son sourire était céleste. »

Girodet -- Les funérailles d'AtalaNous nous retrouvons-là en pays de connaissance. Chactas, le jeune guerrier a emprunté son nom à celui de la tribu Choctaw. Nous recevions en 1992 la visite de Charley Jones, membre éminent de cette tribu et en 1993 je rencontrai personnellement le chef de cette tribu : Hollis Roberts qui m’attribuait le titre de « membre d’honneur de la nation Choctaw ». La nation Choctaw a été honorée d’une terre indienne au village de Saint Nicolas de la grave (Tarn-et-Garonne).

Charley Jones chemise blanche au centre

 https://p1.storage.canalblog.com/20/24/247410/55974600_p.jpg

En août 1991 notre groupe en visite chez les Osages en Oklahoma avait été reçu par des chefs de la nation Muskogee et justement Ramona Mason, l’épouse d’Archie appartient à cette même nation.

A OK-OC, nous nageons donc en plein romantisme et ceci depuis notre naissance en 1989. De temps en temps il n’est pas inutile de le rappeler dans ce monde agité et décervelé au sein duquel nous évoluons.

Merci à Michel Monesma d'avoir recentré OK-OC sur ses fondamentaux romantiques.

dessin de Rosando Li, artiste montalbanais dessin de Rosendo Li, artiste montalbanais --- Rond des Osages, octobre 2009

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03 novembre 2018

Le "bois d'arc" des Osages

Du Midwest à Montauban

L'extraordinaire parcours de l'oranger des Osages

oranger1

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oranger145L’oranger des Osages est un arbre d’origine américaine appartenant à la famille des Moracées (à laquelle appartient le Mûrier : l’arbre des vers à soie). Le fruit* qui a la grosseur et un peu la couleur d’une orange (d’où le nom commun d’oranger) n’est pas comestible.

Fréquent dans les Etats méridionaux du Midwest (Missouri, Kansas, Oklahoma, Texas, Arkansas), cet arbre fournissait aux Osages le bois dont ils fabriquaient leurs arcs. D’où le surnom de « bois d’arc » donné à cette espèce par les Osages eux-mêmes. Ils utilisent d’ailleurs encore aujourd’hui cette appellation (qu’ils prononcent bodark) sans toujours connaître son sens en français. Le fait qu’ils aient adopté et retenu cette expression française témoigne de l’influence culturelle française dans l’ancienne Louisiane (divers auteurs indiquent que de nombreux Osages comprenaient et parlaient le français).

L'explorateur français Jacques Marquette observe l'oranger des Osages

 

Capt_181026_H175240_002L’histoire de la « découverte » par les Européens de l’oranger des Osages remonte à 1673. Cette année-là, un père Jésuite, Jacques Marquette et un Français du Canada, Louis Jolliet, descendent en canoë le Mississippi à la recherche d’une voie navigable vers l’ouest. Leur but est d’atteindre l’océan Pacifique et, au passage, d’évangéliser les populations indigènes.

marquette3Marquette ne rencontra pas les Osages mais il en entendit beaucoup parler, notamment par les Illinois qui les présentaient comme de farouches guerriers, experts dans la fabrication d’arcs à partir du bois d’un arbre épineux que le père Jésuite avait déjà observé et esquissé sur son carnet de notes. Les Osages forment un peuple semi-nomade, les femmes et les enfants se consacrent à la cueillette et à l’agriculture tandis que la chasse est réservée aux hommes. Ceux-ci se confectionnent des arcs de plus de 1,80 mètre de long et d’autres plus courts pour le tir à cheval.

Osage bow 1

Osage bow 2

Marquette ne s’attarde pas chez ses nouveaux hôtes. L’expédition va jusqu’au confluent de l’Arkansas puis rentre en Nouvelle-France.

La Louisiane française

 

Cavelier

louisianUne deuxième expédition conduite par Robert Cavelier de La Salle part de Nouvelle-France (Canada) en 1682. Elle s’engage dans la descente du Mississippi dont elle atteindra le delta et arrivera jusqu’au golfe du Mexique. C’est cette expédition qui prendra officiellement possession de la Louisiane et donnera son nom à la nouvelle colonie française. Les Osages, comme les autres Indiens du bassin du Mississippi sont devenus, sans s’en douter, des sujets de Louis XIV.

vente louisianeEn 1803, le Premier Consul Bonaparte vend la Louisiane aux Etats-Unis. L’année suivante, le président Thomas Jefferson confie à deux officiers américains, Meriwether Lewis et William Clark, la mission d’explorer par la voie fluviale les nouveaux territoires et de trouver la route de l’ouest qui conduit au Pacifique.

expédition Lewis & Clark

Passionné d’Histoire naturelle, Jefferson décide aussitôt d’en faire inventorier les richesses par son ami le capitaine William Clark. Ce sont deux membres de son expédition, Dunbar et Hunter qui mentionnent la présence du fameux « bois d’arc » et en ramènent les premiers plants à Baltimore. Le nom scientifique de Maclura aurantiaca lui est donné en l’honneur d’un grand géologue américain : William Maclure.

 

journal et instruments de William DunbarC’est à Baltimore, en 1806, qu’un ami de Clark d’origine française, Victor Leroy, botaniste amateur, s’efforce le premier de reproduire l’espèce, par semis et multiplication végétative. En 1823 il expédie quelques jeunes pieds de « bois d’arc » en France et en Angleterre. C’est de cette année que date l’introduction de l’espèce en Europe. Mais son extension va connaître un développement inattendu dans le sud de la France.

L'oranger des Osages arrive en Occitanie

 

Alire Raffeneau-DelileEn 1832 le botaniste français Alire Raffeneau-Delile qui occupait la fonction de vice-consul de France en Caroline du Nord est nommé directeur du jardin des plantes de Montpellier. Il ramène avec lui deux pieds de Maclura qu’il plante au jardin de Montpellier où l’on peut encore les voir.

 

Matthieu BonafousEn avril 1834, le botaniste Matthieu Bonafous, directeur du jardin royal d’agriculture de Turin est à Montpellier. Depuis 1824 il recherche une nourriture de substitution pour les vers à soie. En effet, cette année-là des gelées tardives de printemps ont grillé les feuilles de Mûrier blanc qui constituaient la seule nourriture des chenilles. Les feuilles du Maclura donnent un excellent résultat et Bonafous rédige un mémoire de ses recherches pour l’Académie des Sciences. Un mémoire qui tombe sous les yeux de l’un des membres de la docte académie : Adrien de Gasparin.

 

adrien--gasparinLe comte de Gasparin est le directeur de l’institut agronomique de Versailles et également le maire d’Orange, une ville où la sériciculture est prospère. Sa famille cultive des mûriers afin d’en vendre les feuilles aux magnaneries. Adrien de Gasparin leur fournit des plants de Maclura ainsi qu’à ses administrés, tant et si bien qu’au bout de quelques années sa ville en est toute ceinturée. Trois fruits de cet arbre sont choisis pour figurer sur ses armoiries.

 

Blason de la ville d'Orange

 

Telle est donc cette histoire, brièvement résumée, de la découverte et de l’introduction en France de l’oranger des Osages.

L'oranger des Osages à Montauban

 

plantation"cérémonie de la plantation" dessin de Rosendo Li

L’association Oklahoma-Occitania recevait en 2009 la visite du Chef Principal de la nation Osage, Mr Jim Gray à la tête d'une délégation osage importante. Le consul des Etats-Unis à Toulouse était également présent à cette cérémonie. L'occasion nous était ainsi offerte de faire planter un jeune oranger des Osages au Jardin des plantes de Montauban par ceux-là même qui lui ont valu de nom. Ainsi les Osages pourront toujours venir à Montauban et, si besoin est, y fabriquer leurs arcs avec le « bois d’arc » de leurs ancêtres.

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Mrs Paula Stabler (Osage) et Mr David Brown (consul des USA)

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David Brown, consul USA et Jim Gray chef principal de la nation Osage

 Rosendo Licérémonie après la plantation de l'oranger des Osages -- dessin de Rosando Li

Merci à Claude Nova, professeur de sciences naturelles et à ses collégiens de Roquemaure (Gard) auxquels nous devons une partie de ces informations. Avec toute notre reconnaissance. --- Jean-Claude Drouilhet

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* il s'agit en fait d'une infrutescence, c'est à dire un ensemble de petits fruits résultant d'une inflorescence. Il s'agit d'une espèce dioïque, c'est à dire qu'il y a des specimen mâles, avec des fleurs à étamines et des specimen femelles, avec des fleur à pistils. Si on veut voir les fruits il faut planter plusieurs specimen ensemble.

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27 octobre 2018

Une amitié de trois siècles

LE ROND DES OSAGES

de Montauban à Pawhuska

 

Dans un précédent article je rappelais les circonstances de l'inauguration, le 14 juillet 1992, du " Rond des Osages " de Montauban  et j'indiquais le sens des symboles qu'il porte *

img142Quelques années plus tard, en septembre 1999, une délégation conduite par Jack Shemate, maire de la ville de Pawhuska  en Oklahoma, venait à Montauban signer la convention de jumelage avec le maire de Montauban, Roland Garrigues.

panneaupawhuska1Aussitôt après, la ville de Pawhuska affichait à son entrée principale un large panneau annonçant ce jumelage qui unissait désormais nos deux villes à la suite de cette étonnante histoire d'Osages perdus et réconfortés à Montauban en novembre 1829. La ville de Montauban n'a jamais encore apposé le moindre panneau équivalent à l'une ou l'autre de ses entrées.

Cependant, dans les années 2000, Montauban donnait au terminus de la ligne B des bus urbains le nom de " Rond des Osages ". Cette dénomination a été abandonnée on ne sait pour quelle raison et on constate aussi une grande négligence dans l'entretien des structures symboliques du rond des Osage (peintures, élagage des arbres, nettoyage de la plaque signalétique, apposition de panneaux événementiels sans rapport avec le site).

BUS2

BUS1

En 2002, une délégation montalbanaise comprenant des membres d'OK-OC, des membres des Kiwanis, et des élus de la municipalité (Marie-Pierre Pouch, Catherine Séguy et Plilippe François) se rendait à Pawhuska pour sceller l'union entre nos deux villes. Sur recommandation d'OK-OC, un autre élu de l'actuelle municipalité de Montauban -- Philippe Fasan -- les y avait précédés quelques années auparavant.

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de g. à d. Marie-Pierre Pouch, JC Drouilhet, Catherine Séguy

Enfin, en 2009, Montauban inaugurait avec Jim Gray, le chef principal des Osages,la salle Pawhuska à l'Ancien Collège et faisait apposer une plaque à l'extérieur près de la porte d'entrée.

le chef Jim Gray dévoile la plaque de la salle Pawhuska

plaque_Pawhuska

Le chef Jim Gray dévoile la plaque de la salle Pawhuska à Montauban

à Pawhuska on manifeste le plus grand intérêt pour cette amitié entre nos deux villes qui célébrera l'an prochain son vingtième anniversaire.

La ville de Pawhuska prend très au sérieux son jumelage avec Montauban. Cette affaire est d'ailleurs suivie de près à l'ambassade des Etats-Unis à Paris et par les visiteurs états-uniens du blog d'OK-OC ( certains jours plus de sept cents visiteurs dont plus de la moitié d'Etats-uniens ).

Le Rond des Osages à Pawhuska en 2001

Réplique du Rond des Osages à Pawhuska en 2010

Le rond des Osages à Pawhuska en 2018Three Returned Plaza Pawhuska

Au centre ville de Pawhuska on remarque une magnifique réplique du " Rond des Osages " de Montauban. Il a été surnommé : "La Place des Trois Revenants " Devant les trois structures tubulaires un grand cercle formé de pavés brun nous fait l'honneur d'une citation sous la forme des noms de plusieurs Montalbanais gravés dans les pavés aux côtés de ceux de citoyens de Pawhuska.

Pavé_JCD

De plus une exposition permanent en cinq vitrines au musée de la société d'histoire du comté d'Osage présente les objets, affiches et souvenirs ramenés de Montauban et d'Occitanie depuis près de trois décennies.

Ce lien est donc une chose sérieuse qui doit être considéré pour ce qu'il est : un pont d'amitié renouant avec une tradition vieille de trois siècles, au temps de la Louisiane française, entre les Indiens Osages et les trappeurs occitans.

Le gâteau de l'amitié chez les Osages à Pawhuska

un autre gâteau de l'amitié trilingue (Osage, Français, Anglais)

Ceci n'est pas un gâteau, mais la photo d'un gâteau
Le gâteau nous l'avons mangé, la photo nous est restée
(photo de James Elsberry)

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* Les symboles du Rond des Osages

 

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20 octobre 2018

Des chevaux et des hommes

LE CHEVAL AMERICAIN

 

chef American HorseAmerican Horse (Cheval américain), "Wasechum Tashunka" (1840-1908), était un chef des Sioux Oglala. Ce fut un grand guerrier, un orateur talentueux et un diplomate efficace. Il représenta son peuple plusieurs fois à Washington. Lors de ses dernières années il participa à une tournée du cirque de Buffalo Bill, le fameux Wild West Show.

American Horse et Red CloudSur cette photo on voit le chef American Horse (à gauche) et le chef Red Cloud. Tous deux au Wild West Show de Buffalo Bill. La photo a été prise en 1898.

"buffalo vision", huile/toile par Marianne CaroselliOn sait la passion que les anciens Indiens des Plaines avaient pour les chevaux. Ils avaient maîtrisé la pratique de l'équitation dans laquelle ils excellaient en vrais seigneurs des plaines qu'ils étaient.

Mais ces chevaux étaient des nouveaux-venus dans la faune américaine. Avant l'arrivée des conquistadors à la fin du 15ème siècle et au début du 16ème, il n'y avait pas un seul cheval sur le continent américain. On imagine donc l'effroi des populations autochtones lorsqu'elles virent débarquer des caravelles ces centaures casqués, bardés de fer, brillants sous le soleil, venus d'un autre monde.

 conquistadorsDes chevaux s'échappèrent des élevages des colons espagnols et redevinrent sauvages dans les prairies d'Amérique donnant naissance à d'importants troupeaux. Ce sont les fameux mustangs que capturaient les Indiens des siècles suivants

mustangsLe chef American Horse dût-il son nom de guerrier à l'une de ces captures ? Nul ne sait parmi nous. Ce qui est certain c'est ce qu'il ne pouvait savoir : les chevaux n'existaient pas en Amérique avant l'arrivée des conquistadors, du moins cette espèce-là nommée Equus caballus.

Mais longtemps avant, des dizaines de millénaires avant, d'autres chevaux avaient parcouru les grands espaces du continent américain, en toute liberté, avant même que des être humains n'en aient foulé le sol. Avant les Indiens donc. C'étaient eux, ceux-là, les authentiques chevaux americains. American Horse ne pouvait pas le savoir. J'appelle à la barre Hipparion, le Cheval Américain.

hipparion

hipparion2

hipparion3On aurait pu le confondre avec un cheval moderne, quoique de plus petite taille (1,50 m au garrot). A certaines détails près cependant. Tandis que le cheval que nous connaissons aujourd'hui ne possède qu'un seul doigt à l'extrêmité de chaque membre, le cheval américain en avait trois : le plus long sur lequel reposait la patte sur le sol plus deux autres plus courts, en arrière dont la fonction devait être d'éviter l'enfoncement dans un sol trop meuble.

Hipparion vivait à l'ère tertiaire, au Miocène-Pliocène très exactement, il y a une vingtaine de Millions d'années sur le continent américain. Puis il migre vers l'Asie et l'Europe voici une dizaine de Millions d'années. On notera au passage qu'il emprunta l'isthme de Béringie reliant l'Amérique à l'Asie et l'Europe, dans le sens inverse des premiers Américains de l'espèce humaine.

Hipparion, le premier -- et le vrai -- cheval américain s'est éteint il y a environ 500 000 ans. Aucun homme n'a pu le connaître en Amérique. En revanche, en Asie et en Eurasie nos ancêtres, les Homo erectus ont pu en rencontrer.

HSmithsonian National Museum of Natural History

Ceux que cela intéresse trouveront dans ce blog une série de cinq articles  au sujet du cirque de Buffalo Bill. Pour aller au n°1 de la série il suffit de cliquer ici. Les articles suivants sont indiqués à la fin de chaque page.

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13 octobre 2018

Les visiteurs de Blérancourt

Le musée franco-américain

de Blérancourt (Aisne)

 

Blérancourt

Blérancourt2

 par Marie-Claude Strigler

Devenu le musée de l’amitié franco-américaine, le château de Blérancourt, construit en 1612, fut démantelé à la Révolution,  ce qui explique qu’il y ait dans le village tant de maisons construites en magnifiques pierres de taille !

Anne_MorganAlors que les troupes allemandes se repliaient vers le nord au printemps de 1917, les ruines du château furent confiées à Anne Morgan, troisième fille du riche banquier et collectionneur américain John Pierpont Morgan. Anne Morgan et les 350 femmes bénévoles qui se sont succédées au sein du Comité américain pour les régions défavorisées (le CARD), participèrent activement à la reconstruction  morale, sociale et matérielle d’une région détruite à 90% lors du conflit mondial.

Au lendemain de la guerre, Anne Morgan rachète le château, fait restaurer en 1924 les deux pavillons d’angle, puis en 1930 l’aile nord du château, suivi par l’aile sud en 1938.

Jeune fille riche, Anne fait le désespoir de sa mère : elle ne veut pas se marier, déclare qu’elle ne veut surtout pas avoir une vie de riche oisive comme sa mère. Dans l’Aisne, elle crée des dispensaires, des écoles, des bibliothèques mobiles, ancêtres des bibliobus.

Pendant la guerre, son ami Ford lui envoie des voitures et les jeunes paysannes apprennent à conduire et peuvent ainsi participer à l’aide apportée à la population.

 La guerre finie, le château restauré, Anne rassemble des collections, des milliers de photos et de films et un certain nombre d‘objets  qui révèlent son intérêt pour les Indiens d’Amérique, un intérêt qui date de sa jeunesse, où elle aimait s’habiller en Indienne  pour des soirées costumées. On peut en voir le résultat aujourd’hui en visitant le musée.

 La naissance de l’amitié franco-américaine

Les relations franco-américaines s’officialisent avec le soutien français en la personne de Louis XVI à la révolution américaine menée par George Washington. De nombreux jeunes Français s’enrôlent comme le marquis de La Fayette, pour l’amour de la liberté  et l’enthousiasme face à la construction d’un monde nouveau. Le 6 février, un premier traité de Versailles est signé et près de 10 000 soldats français participent à la guerre d’Indépendance. Le 3 septembre 1783, le traité de Versailles reconnaît l’indépendance de la République fédérée des États-Unis d’Amérique.

IMG_2711_2Un tableau de Jean Suau (de 1784) est une allégorie de la France offrant la liberté à l’Amérique. Et l’Amérique est représentée par un Indien portant une coiffe à plumes.

Représentations françaises  des Indiens

Au fil des siècles et suivant la nature des relations américaines avec les Amérindiens, l’image qu’en avaient les Français a considérablement évolué.

 

IMG_2726_2Au XVIIIe  siècle, artistes et écrivains puisent à des sources documentaires scientifiques, fruits de voyages et d’observations. Les deux ouvrages de référence édités au XVIIIe siècle, sont les Mœurs des Sauvages Amériquains comparées aux mœurs des premiers temps (1724) du jésuite Joseph François Lafitau, et l’Histoire et description de la Nouvelle France (1744) de Pierre-François Xavier de Charlevoix.

Dès le XVIe  siècle, les Français ne semblent pas nourrir de préjugés à l’encontre des populations indiennes. Engagés dans la traite des fourrures, les coureurs de bois se familiarisent avec les langues et coutumes indiennes et « s’indianisent » en partageant la vie quotidienne des tribus.

Les relations ne sont pas à sens unique : depuis 1536, un certain nombre d’Indiens d’Amérique du Nord ont fait le grand voyage d’Europe. Ils découvrent Paris, sont reçus à la Cour, nourrissent l’imaginaire d’écrivains comme Rabelais et Montaigne, et alimentent le mythe du Bon Sauvage cher à Rousseau.

 

IMG_2722_2Dans les salles d’exposition du musée, on découvre l’estampe de François Séraphin Delpech, d’après un dessin de Louis Léopold Boilly, représentant les « Osages. Peuplades Sauvages de l’Amérique Septentrionale ».

 

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Les allégories ne manquent pas : une porcelaine anonyme du XVIIIe siècle intitulée « l’Amérique enfant » représente un enfant coiffé de plumes et muni de flèches symbolise à la fois l’Amérique en devenir et les peuples amérindiens, alors considérés comme l’enfance de  l’humanité.

 

IMG_2721_2Le portrait de « La Guimard en  costume de’Amérique » par Antoine Vestier, date de 1779. La célèbre danseuse de la Comédie française, puis de l’Académie royale de  musique, Marie-Madeleine Guimard apparaît vraisemblablement comme une allégorie de l’Amérique, coiffée de plumes pour le ballet Mirza et Lindon, de Maximilien Gardel, largement tombé dans l’oubli depuis.

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En 1889, la première tournée française du Wild West Show, offre à Rosa Bonheur, peintre animalière, l’occasion de rencontrer des Indiens de la troupe de Buffalo Bill, et de faire quelques portraits. Avec sa lance, son bouclier de peau, son plastron et ses mocassins, le « Peau-rouge assis » est probablement le  chef sioux oglala Rocky Bear.

 

IMG_2720_2Bien qu’il ne représente pas la vision des Français, un tableau de Catlin a une place d’honneur parmi les œuvres exposées. C’est « Le jeu de balle indien », une peinture à l’huile de 1846, qui représente plusieurs centaines d’Indiens Chactas et Creeks jouant au jeu de balle. George Catlin était un ardent défenseur de la cause indienne et désirait attirer l’attention des puissants sur le sort funeste des Amérindiens.

Plus proches de nous, deux œuvres qui datent de la première guerre mondiale sont particulièrement frappantes.

 

IMG_2743_2- Un fragment de l’avion de Harold Buckley Willis. Cette toile peinte  vient du fuselagede l’avion de Harold Buckley Willis, engagé dans  l’AFS (American Field Service) en 1915, puis pilote de l’escadrille La Fayette. Il en redessine l’emblème : une tête de guerrier sioux, image de bravoure, auquel il  ajoute la swastika, symbole indien de renouveau. Il faut bien noter que la swastika indienne tourne dans le sens contraire de la swastika nazie, qui est le sens du mal.

 

IMG_2747_2- La deuxième est un emblème peint sur un véhicule de la SSUI, avec une tête d’Indien. La Section sanitaire n°1 est créée par Piatt Andrew en janvier 1915. L’année  suivante, le Français Jean Tardieu dessine son emblème, une tête d’Indien inspirée de celle figurant sur les pièces d’or de 5 dollars.

Parmi les visiteurs du musée, certains se demandent s’il est encore judicieux de l’appeler « Musée de l’amitié franco-américaine » en raison des ombres qui planent actuellement sur nos relations, et qui sont, espérons-le, très temporaires !

Afin de retrouver notre sérénité, nous sommes allés nous promener dans le « Jardin du Nouveau-Monde », création récente, où sont plantées les principales essences  et plantes américaines, en quelque sorte, ce qui se fait dans région de Montauban.

photos : Edgard Strigler

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06 octobre 2018

L'hommage à un grand chef osage

La statue de bronze

du chef Clermont

Claremore5

Clermont, l'un des chefs les plus célèbres de la tribu osage vient d'être honoré à l'occasion d'une cérémonie qui rassemblait, autour de sa statue de bronze, ses descendants et une partie de la population osage et des représentants de leur gouvernement.

Mais au fait, qui était Clermont ? On remarquera d'abord son nom français qui est celui d'une de nos villes et qui souligne le respect à l'égard de la culture française et de sa langue que comprenaient de nombreux Osages (on dit merci aux trappeurs et négociants français qui ont longtemps fréquenté les Osages. A l'inverse on vilipendera Bonaparte qui vendit la Louisiane française aux Etats-Unis en 1808). Le nom Clermont a été par la suite souvent transformé en Claremore.

Le célèbre peintre américain, George Catlin a fait le portrait du chef Clermont en 1834  et a donné de lui une description que l’on peut lire à la bibliothèque du musée Gilcrease de Tulsa (Oklahoma) :

« Le grand-chef actuel des Osages est un jeune homme du nom de Clermont, fils d’un chef renommé du même nom qui vient de mourir en le désignant comme successeur avec le consentement de la tribu. J’ai peint le portrait en pied de ce chef, vêtu de sa plus belle tenue, avec des jambières à mêches de scalps et entre ses mains son redoutable et favori casse-tête. »

Clermont_ Catlin

George Catlin, Clermónt, First Chief of the Tribe, 1834, huile sur toile, Smithsonian American Art Museum, Don de Mme. Joseph Harrison.

La cérémonie inaugurative de la scilpture monumentale de bronze a eu lieu le vendredi 14 septembre sur le campus de la nation osage à Pawhuska en présence du chef principal Geoffrey Standing Bear, de John Maker, membre du Congrès de la nation osage et de l'artiste osage, le sculpteur John Free dont l'atelier et la fonderie se trouvent à Pawhuska.

 

Claremore1

 

Claremore3

 

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Le chef Geoffrey Standing Bear et le sculpteur osage John free avec un descendant de Clermont

 

John Maker, membre du Congrès de la nation Osage prononce son discours

Les descendants du chef Clermont

 

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