Oklahoma-Occitania

27 juin 2015

Le temps du gachis...

Qu’allons-nous faire

des cadeaux des Indiens ?

 

img359

Depuis quelque temps, parmi d’autres végétaux cultivés, les journaux parlent beaucoup du maïs et de l’intérêt que lui portent les populations. A croire que cette fabuleuse graminée vient tout juste d’être introduite sous nos climats alors qu’elle le fut voici près de cinq siècles. Que lui vaut donc ce soudain regain d’intérêt ? L’adjectif transgénique, ordinairement associé à son nom, commence à faire frémir d’inquiétude les consommateurs que nous sommes, sous lesquels se réveillent les citoyens. Les tripatouillages génétiques visant à donner à une espèce vivante des propriétés dont la nature ne l’avait pas dotée, créent en fait de nouvelles variétés dont on ne sait trop quel avenir la sélection naturelle leur réserve.

transg_nique

 

Ce sont ainsi des centaines de micro-Frankensteins qui sont lâchés dans le milieu naturel au risque de faire disparaître les organismes concurrents. La vie sur terre est donc menacée quand on connaît l’interdépendance des espèces que les Lakotas résument d’une sentence prononcée rituellement à l’issue de leurs cérémonies : « Mitakuye Oyasin » ( nous sommes tous apparentés. Tous, c’est à dire humains, animaux, et végétaux ).

 

Mitakuye

 

Une telle sagesse, énonçant tranquillement depuis la nuit des temps l’une des lois les plus fondamentales de la vie, devrait inciter les chercheurs-fous à plus de modestie. Ne rêvons pas, c’est parce qu’ils sont fous qu’ils vont continuer et surtout parce que le dieu Fric qui mène aujourd’hui le monde exige toujours plus de sacrifices.

 

fric

 

Longtemps avant l’arrivée des Européens, faisant acte de civilisation, les Indiens avaient découvert la culture de plantes alimentaires que le monde leur emprunta et dont nous ne saurions plus nous passer aujourd’hui : la pomme de terre, le maïs, la courge, la tomate, le haricot, le cacao. Qu’allons-nous en faire ?

Revenons-en au maïs. A l’état sauvage en Amérique, cette graminée n’était rien d’autre qu’une petite herbe aux épis minuscules ne portant que quelques grains maigrichons. Sans l’homme, c’est à dire sans l’Indien, c’est peut-être ce qu’elle serait encore aujourd’hui. Il aura fallu des centaines de générations et des milliers d’années d’un patient travail d’observation, d’hypothèses et d’expériences, de sélection, pour faire de ce maïs débile des origines la plante vigoureuse et généreuse que nous connaissons. C’est ce cadeau, patiemment préparé avec respect pendant des millénaires, que les Indiens ont offert au monde, et que nos modernes apprentis sorciers auront réussi à saccager en quelques années.

 

mais

EquateurSauf si les citoyens se réveillent dans tous les pays et s’unissent, lancent de vastes opérations de lutte contre la marchandisation du monde et pour le respect de la biodiversité, de toutes les cultures, langues et identités. Les guerriers de l’arc-en-ciel se dressent, convergent et marchent ensemble. C’est une reconquête non violente, pacifique, empreinte de spiritualité qui est ainsi engagée. Les courageux Indiens de l’Equateur l’ont entreprise, sous la bannière de l’arc-en-ciel justement. Un peuple déterminé donne l’exemple au monde.

Après lui avoir offert le maïs.

 

hymne au maïs chez les OsagesPetite

Carl Ponca à Montauban 1990Comme la plupart des peuples autochtones du sud des Etats-Unis,... Montauban 1990 les Osages avaient autrefois une économie basée autant sur la chasse et la cueillette que sur l’agriculture. Le maïs faisait l’objet de la même vénération que le bison. Le partage des tâches attribuait l’agriculture aux femmes et la chasse aux hommes

Quand les femmes osages allaient aux champs où les tiges de maïs maintenant se dressaient au-dessus de leurs têtes, elles chantaient une chanson de bonheur pour la venue de la moisson.

 

Ici je me pause et je me tiens, Ici je me pause et je me tiens,

Et je vois les épis qui se croisent entre eux avec profusion.

Ici je me pause et je me tiens,

Et je vois les épis qui bientôt seront la cause de la fumée s’élèvant de ma hutte.

Ici je me pause et je me tiens,

Et vois le Maïs qui remplira ma hutte de joie.

Ici je me pause et je me tiens, Ici je me pause et je me tiens,

Et vois le jour d’accomplissement

Le jour de la récolte et du bonheur.

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,


20 juin 2015

Hasta siempre Rebekah

 

 Rebekah HorseChief

et Keith Keetso

en France

Ils avaient été récemment annoncés dans un précédent article de ce blog. Comme d'usage, ils ne sont pas venus à la date prévue mais un peu en avance (Indian Time !) Qu'importe, l'essentiel était leur présence parmi nous. C'est donc du 10 au 15 juin que nous avons eu le plaisir d'accueillir Rebekah HorseChief (Osage/Pawnee) et Keith Keetso (Navajo) : du 10 au 13 chez nos amis Marie-Claude et Edgard Strigler à Paris, et du 13 au 15 à Montauban chez Monique et J-Claude Drouiilhet. Le 15 au matin ils repartaient pour Barcelone puis Madrid avant leur vol de retour aux Etats-Unis.

à Paris

00

Les voici à l'heure de l'apéritif dans le petit espace "nature" chez nos amis Marie-Claude et Edgard dans le 20ème arrt

06_1

Après cela on passe à table qui, comme chacun sait, est le média le plus important des Français (jusqu'à quand ?)

01

Rebekah, "fascinée par les fromages de France" (Edgard dixit) les prend en photo

Paris_7

Le lendemain il fallait être en forme. Marie-Claude présentait l'un de ses derniers ouvrages sur les casinos amérindiens et nos deux invités témoignaient.

Vincennes

Un peu de tourisme avant le départ pour Montauban. Devant le château de Vincennes, résidence royale du XIIème au XVIIIème siècle. Marie-Claude est bien encadrée. Ne cherchez pas Edgard, il est omniprésent mais caché derrière sa caméra.

Austerlitz

A la gare d'Austerlitz, avant de prendre le train pour Montauban

à Montauban

 DSC01096

Tout Osage qui passe à Montauban, ne serait-ce qu'un court séjour, se doit de sacrifier à un rituel obligé : celui de traverser le Tarn sur le pont vieux. La raison en est historique. Lorsque les trois Osages perdus arrivèrent à Montauban en novembre 1829, en venant de Toulouse, il n'y avait qu'un pont à Montauban pour entrer dans la ville. Ils sont donc forcément passés par là. Les Amérindiens de passage se doivent donc de marcher sur les traces des mocassins de leurs ancêtres. Nos deux invités posent avantageusement devant le vénérable pont (XIIème siècle) avant de franchir le Tarn.

DSC01097Les voici à présent sur le pont, reprenant leur souffle à mi-parcours. L'épreuve n'est pas terminée, avant d'arrivée à l'hôtel de ville, autrefois résidence de l'évêque Dubourg qui y avait accueilli les Osages en 1827

losangesRebekah ne manque pas de remarquer les losanges dessinés avec des galets noirs et blancs sur les trottoirs du pont. Le losange est un symbole fort pour les Osages : celui des quatre mondes superposés. On les retrouve sur les motifs des rubans appliqués qui décorent les costumes de cérémonie, comme ci-dessous.

ribbonwork2

DSC00303_2

Les ancêtres osages de 1829 ont forcément vu ces mêmes motifs comme en atteste la date inscrite : 1771

DSC01098Samedi soir nous avions prévu de rencontrer des amis à Montauban autour d'un pique-assiette (chacun apporte son plat et gagne ainsi le droit de piquer dans l'assiette - et la bouteille - du voisin). Nous étions donc une quarantaine de copains-d'abord qui partageaient les plats, les chants, les histoires, les contes, les danses et la bonne humeur. Nos amis amérindiens y ont été les "guest stars" et ont participé activement à la fête. Notamment Rebekah qui nous a aidés à interpréter un chant qui relie nos cultures : le célèbre "Alouette, gentille alouette". Il s'agit en effet d'un chant de trappeurs français qui rythmait les mouvements des pagaies quand nos ancêtres trappeurs navigaient sur les cours d'eau des bassins du Mississippi et du Missouri lorsqu'ils allaient faire du commerce dans les tribus.

DSC01100

Impossible de raconter tout ce qui s'est passé ce soir-là. Sinon un moment d'intense émotion lorsque Anne, accompagnée d'Alain à la guitare, nous a tous bouleversés avec le magnifique "Hasta siempre, commandante Che Guevara". Les yeux brillaient comme des étoiles sous la véranda. Ecoutez plutôt si vous avez cinq minutes

Che_Guevara

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 juin 2015

des échanges commerciaux durables

Les Osages et les Français

 Selon la mythologie osage, Wa-kon-da, force de vie de l’univers, choisit leurs ancêtres, issus du monde des étoiles, pour aller sur terre. Se confondant alors avec le peuple fruste qui déjà occupait la terre, ils constituèrent un nouveau peuple raffiné et se nommèrent eux-mêmes Children of the Middle Waters.

D’origine linguistique Sioux-Deghiha, les Osages, à l’aube de leur histoire, ont vraisemblablement résidé dans la vallée de l’Ohio mais, au XVème  siècle, les attaques de tribus iroquoises qui vivaient plus à l’est les obligèrent à aller se réfugier à l’emplacement de l’actuel Etat du Missouri. Sur leur nouveau territoire ils vivaient de cueillette, un peu de la culture du maïs, de courges et de haricots, mais aussi de la chasse au gibier des bois et les plaines, le bison étant bien sûr le plus noble.

 

Louisiane

 

osage2Les Osages résidaient dans des villages permanents et menaient aussi une vie semi-nomade. Pour transporter leur affaires dans les déplacements il utilisaient le chien et plus tard le cheval attelé à des travois. D’après l’écrivain Washington Irving ils étaient « les plus beaux Indiens de tout l’Ouest ».

Un chef de paix et un chef de guerre, tous deux choisis dans l’une des deux grandes divisions de la tribu et un conseil des anciens conduisaient les destinées du peuple osage. La base sociale de la tribu était la famille élargie : tous ceux qui vivaient autour du même foyer. Les familles étaient groupées en clans. Comme les autres peuples autochtones, les Osages étaient très religieux, recherchant une connaissance personnelle de Wa-Kon-Da par leurs prières du matin, du midi et du soir.

 

 

 

Marquette

 

C’est en juin 1673 qu’eut lieu leur première rencontre avec les Européens. Une expédition conduite par deux Français : le père jésuite Jacques Marquette et son compagnon Louis Joliet, descendaient le Mississippi à la recherche d’un passage vers la mer de l’ouest. Au confluent de la rivière Arkansas leurs guides indiens leur annoncèrent que l’expédition arrivaient sur le territoire des Wah-Sha-She, un nom que Marquette écrivit Ouashigi dans ses notes et qui fut plus tard transcrit en Osage. Dans le sillage de cette expédition, d’autres Français venus des rives du Saint-Laurent allèrent rencontrer les Osages afin de commercer et notamment dans le but d’échanger des fusils et d’autres produits manufacturés contre des fourrures et des esclaves indiens

 

Oage_and_traders

Mais plus encore que d’intéressants partenaires commerciaux, les Osages furent pour les Français des alliés très appréciés. Située stratégiquement sur les rives du Missouri, la tribu contrôlait non seulement l’accès de cette voie navigable d’un intérêt vital mais en outre elle interdisait aux autres tribus les relations commerciales avec les colonies espagnoles du Nouveau-Mexique.

 

Fort_Osage

Coureur_de_bois

Afin de gagner les osages à leurs visées diplomatiques, les Français envoyèrent plusieurs de leurs agents négocier avec la tribu. Le plus efficace fut certainement Etienne Venyard de Bourgmont. Cet ancien coureur des bois avait pris le commandement, en 1712, de Fort Detroit (embryon de l’actuelle ville de Detroit, Michigan), succédant au sieur de Lamothe-Cadillac. Ce dernier, un Gascon né à Saint-Nicolas-de-la-Grave sur la rive gauche de la Garonne, entre Castelsarrasin et Moissac, avait fondé en 1701 ce poste avancé de la colonisation française en Amérique. Assiégé et harcelé par les tribus alliées des Anglais, Bourgmont avait bénéficié du soutien d’un groupe de guerriers osages, venus de leur lointain territoire pour aider la garnison française. Il avait été tellemen,t impressionné par ces grands et redoutables guerriers qu’une fois la victoire acquise et Fort Detroit sauvé, Bourgmont se rendit au pays des Osages. Pendant trois ans il vécut parmi les tribus Osage et Missouri et épousa même une Indienne missouri qui lui donna un fils.

Princesse_Missouri

Très respecté et aimé des Osages, il obtint en 1723, l’autorisation de construire Fort Orléans sur une rive du Missouri.

Fort_Orleans_Carte

Fort Orléans sur la rive gauche du Missouri

L’existence de ce fort ainsi qu’une mutuelle satisfaction dans les échanges commerciaux cimentèrent l’alliance franco-osage. Désireux d’affermir ces amicales relations entre son pays et les Indiens de Louisiane, Bourgmont invita plusieurs chefs de différentes tribus à l’accompagner en France. Le groupe arriva à Paris en septembre 1725 et y séjourna pendant plusieurs mois. Invités fréquemment aux cours seigneuriales de tout le pays, ils s’y rendaient vêtus de leurs tenues traditionnelles afin d’y présenter les danses et y démontrer leur habileté à la chasse. Rentrés au pays les chefs décrivirent avec enthousiasme les merveilles qu’ils avaient pu voir pendant leur séjour. Hélas, l’intérêt des Français pour le bassin du Mississippi alla en décroissant de 1724 à 1733 et Fort Orléans fut abandonné laissant les Français de cette région dépourvus de la protection d’une garnison fortifiée.

La défaite de la France devant les Anglais, sanctionnée par le traité de Paris en 1763, allait venir bouleverser radicalement cette bonne entente. : la France cédait à l’Espagne ses territoires situés à l’ouest du Mississippi et les Osages passaient ainsi sous la tutelle espagnole. Ils n’en continuèrent pas moins leurs raids contre les tribus vivant à l’ouest et au sud de leur territoire, empêchant tout commerce. Agacés, les Espagnols entreprirent de faire la guerre aux Osages, ce qui ne fit que les irriter davantage et donna lieu à de vigoureuses actions de représailles.

Changeant de tactique, les Espagnols envisagèrent alors de les amener à coopérer enAuguste Chouteau reprenant les échanges commerciaux par l’intermédiaire d’un Français, Auguste Chouteau, à qui était octroyé le monopole du commerce avec les Osages à la condition qu’il les pacifie et obtienne d’eux la liberté de navigation et de commerce avec les autres tribus. Etablissant son comptoir commercial sur la rivière Osage, Chouteau remplit son contrat et gagna si bien l’estime des Osages que lorsqu’il perdit son monopole en 1802, le célèbre chef Clermont et la plus grande partie des Osages le suivirent pour s’installer avec lui sur le nouveau comptoir qu’il venait de fonder à l’emplacement de la ville actuelle de Muskogee. Cette région, appelée à l’époque « les trois fourches » car elle est le confluent de l’Arkansas, de la Verdigris (Vert-de-Gris) et de la Neosho, devint ainsi le foyer principal de l’activité osage.

Clermont, chef des OsagesMais la Louisiane était devenue un fardeau tellement lourd pour le trésor de l’empire espagnol qu’il s’empressa en 1802 d’en abandonner la souveraineté au profit de la France. Deux ans plus tard, le Premier Consul Napoléon Bonaparte, incapable d’y établir une colonie, préféra vendre la Louisiane pour la somme de 15 millions de dollars au jeune gouvernement américain qui, d’un seul coup, voyait quasiment doubler la superficie des Etats-Unis.

Ainsi prenait fin la complicité franco-osage qui avait si bien fonctionné pendant un siècle et demi, à tel point que de nombreux Osages étaient devenus capables de parler ou tout au moins de comprendre le Français.

C’est sans doute la nostalgie d’une si longue amitié qui explique le voyage en France qu’entreprirent en 1827 six Osages dont trois arrivèrent épuisés à Montauban en 1829. Le souvenir diffus de cette aventure qui somnolait dans la mémoire collective osage fut réveillé en septembre 1990 lorsqu’une quarantaine d’Osages nous rendirent visite, répondant à l’invitation d’OK-OC qui fêtait ainsi à la fois son premier anniversaire et le cent soixantième de l’événement dont l’association tire son origine.

Jean-Claude Drouilhet

Ouvrages consultés :

The Osage Terry P. Wilson (Chelsea House Publishers, New York, NY 1988)

A dictionary of the Osage language Francis La Flesche, preface de W. David Baird (Indian Tribal Series, Phœnix, AZ, 1975.)

A guide to the Indian Tribes Muriel H. Wright (University of Oklahoma Press, Norman, OK , 1977)

A History of the Osage People Louis F. Burns (Ciga Press, Fallbrook CA, 1989

Le destin extraordinaire du Gascon Lamothe-Cadillac René Toujas (Ateliers du moustier, Montauban , 1974)

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

06 juin 2015

Once upon a time...

La Danse de Guerre

des Osages

Pwk

 

 Pawhuska (Oklahoma), juin 2006

La guerre ?

Je suis en Oklahoma, précisément à Pawhuska, la capitale des Indiens Osages. J’ai été invité chez nos amis dont trois ancêtres séjournèrent quelques jours chez nous, à Montauban. C’était en novembre 1829. Les Osages, perdus et abandonnés de tous, furent accueillis, réconfortés et, grâce à la générosité des Montalbanais, retournèrent dans leur village au Kansas. Les Osages n’ont pas oublié. Ils n’oublient jamais rien...

 

Pwk3

 

Chaque année, au mois de juin, la tribu se rassemble en Oklahoma pour les danses I’n-Lo’n-Schka : la danse de guerre.

 

Danse_01

Je demande : « à quoi pensez-vous quand vous dansez ? » Petit-Chef me répond : « pas à la guerre évidemment, mais à l’esprit de la guerre. Pour nous ce mot évoque à la fois le combat pour défendre notre peuple, ou pour le nourrir ; le mot guerre désigne aussi la chasse où le guerrier risque sa vie. Ce sont ces valeurs de courage, de solidarité, d’esprit de sacrifice, en un mot l’honneur de notre peuple que nous retrouvons ensemble chaque année. »

Les guerriers osages ont revêtu leur grande tenue de cérémonie. Ici la danse n’est pas un spectacle. Aucun touriste ; pas le moindre marchand d’artisanat indien ; interdiction de filmer, photographier ni enregistrer les sons. Nous sommes dans l’intimité de l’âme indienne.

Les danses ont lieu au centre du village indien, sous une halle au sol en terre battue. « C’est pour garder le contact avec la terre-mère, m’explique Couteau-Rouge. Nos mocassins ont de fines semelles et la terre vibre sous nos pieds. » Elle entre en résonance avec les battements du tambour placé au centre de l’aire de danse. Une vingtaine de chanteurs et chanteuses traditionnels l’entourent. « Le tambour, c’est le c­­oeur de la tribu, m’explique Oiseau-Noir. Lorsque nous dansons autour de lui, nous formons une unité vivante dont il rythme l’existence. C’est un grand honneur dans la tribu d’être le gardien du tambour. »

 

I_n_Lo_n_Schka

Danseurs osages

 

La danse en cercle de plus de deux cents guerriers osages est un moment à la fois impressionnant et émouvant. Elle tourne dans le sens de rotation de la terre. C’est le cercle sacré. « Le cercle de vie figure l’unité et l’harmonie de la Création. Nous ne sommes que l’un des ses éléments, ni plus ni moins important que le petit insecte ou le brin d’herbe de la prairie. Ici, nous apprenons l’humilité », me dit Nuage-Qui-Marche.

 

Ki_He_Kah_Steh : Grand_Chef en langue osage

 

Un temps fort de culture et d’éducation. Les enfants et les jeunes sont nombreux parmi les danseurs et danseuses. « Ils sont l’avenir et l’espoir de la tribu, affirme Celui-Qui-Parle-Au-Grand-Esprit. Avec eux nous pouvons voir loin… Jusqu’à la septième génération. » Ainsi les danses transmettent la culture et les valeurs philosophiques. La langue osage, hélas ! ne peut plus les véhiculer : le nombre de leurs locuteurs naturels se compte sur les doigts d’une seule main et les nouveaux locuteurs ont encore des progrès à faire.

Le kaléidoscope de la danse de guerre tourne inlassablement dans un bruit de grelots que les danseurs portent attachés au niveau des genoux. Ces grelots que les trappeurs français, au 18ème siècle offraient aux Osages en gage d’amitié. Les Osages ne les ont pas oubliés. Les patronymes français sont encore présents dans la tribu : Clavier, Boulanger, de Noya, Lombard, Revard, Chouteau, Sans-Souci. Les Osages parlèrent français avant de parler anglais.

 

Osage_110Les femmes. Lorsqu’on les voit, on comprend l’attirance qu’elles exercèrent sur nos ancêtres les trappeurs gascons. Leur teint cuivré, leurs longs cheveux noirs, leurs pommettes hautes et leurs yeux légèrement étirés leur donnent une beauté exotique que vient mettre en valeur la somptuosité de leurs costumes de cérémonie. Elles dansent en groupe serré, modestes dans leurs mouvements, balançant en cadence les franges de leurs châles ravissants. Leur attitude contraste avec celle des danseurs de guerre. Elle symbolise la paix.

Les Osages, aujourd’hui, marchent sur le sentier de la paix.

Jean-Claude Drouilhet

Posté par okoc à 10:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

30 mai 2015

Bienvenue à Montauban

Prochaine visite

de deux Indiens

 

Joe_01Ils aiment la France et, tout particulièrement, Montauban qui sut si bien accueillir leurs ancêtres en novembre 1827. Depuis 1989, OK-OC a repris contact avec les Osages et les visites amicales se sont succédées sans interruption. Le 6 mai  Joe Hall, un Osage de Gray Horse(Oklahoma) était parmi nous et rencontrait les résidents de la maison des Saules.

Le 15 juin nous attendons la visite de deux autres amérindiens : l’Osage Rebekah Horse Chief accompagnée du Navajo Keith Keetso. Auparavant, ils auront séjourné à Paris du 11 au 15 juin chez nos amis Marie-Claude et Edgard Strigler.  Nous reparlerons bien sûr de ce séjour à Paris et en Occitanie avec les amis d’OK-OC. Pour aujourd’hui, voici une brève présentation de nos deux visiteurs.

 

Rebehah entre deux membres de sa famille

Rebekah01Rebekah Horse Chief est une Osage de Pawhuska (Oklahoma). Elle est actuellement coordinatrice des études amérindiennes de l’université du Colorado à Boulder (Colorado). Elle poursuit parallèlement des études de droit à l’université de Tulsa (Oklahoma) pour un diplôme de sortie qu’elle obtiendra cet automne. Pendant plusieurs années elle a travaillé pour la tribu Osage comme enseignante de langue osage

 

KiethKeith Keetso est un Navajo. Il est ingénieur électricien, conçoit et dirige des projets d’infrastructures et d’installations industrielles aussi bien pour l’Etat que pour les entreprises privées. Il pratique la randonnée, le vélo, le camping, la pêche, la chasse et le snowboard dans les Rocheuses. Il est le père de trois enfants.

Posté par okoc à 11:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,



23 mai 2015

Quel chemin, Toi et Moi...

Le jumelage

Montauban-Pawhuska

R__exposition_de__panneaupawhuska1

Le jumelage de Montauban et Pawhuska est devenu une réalité vivante, solidement ancrée dans la mémoire collective des deux communautés citadines. Il réveille l’attirance réciproque de nos ancêtres respectifs au temps de la Louisiane française. C’est cette base historique qui fait sa force et sa légitimité.

Jusqu’ici, ce jumelage a été animé, à Montauban, par l’association Oklahoma-Occitania. Or, par définition, un jumelage entre deux cités implique l’adhésion des populations concernées. C’est pour cette raison que l’association OK-OC a décidé de s’adresser aux associations et institutions de notre ville dans le but de constituer un comité de jumelage.

 

Historique :

 

acrylique/toile de Rosendo Li offert au musée de Pawhuska

A l’origine du jumelage Montauban-Pawhuska, on trouve les échanges initiés par l’association Oklahoma-Occitania dès sa création en septembre 1989. Ces échanges sont établis, comme on le sait, sur un point d’histoire locale qui consiste en l’arrivée à Montauban en novembre 1829 de trois Indiens de la tribu Osage que la générosité des Montalbanais contribua à faire revenir dans leur pays. C’est cette hospitalité qui caractérise aux yeux des Osages la bienveillance montalbanaise.

redcorn

Mais l’amitié franco-osage est  encore plus ancienne car elle remonte à l’époque de la Grande Louisiane, la Louisiane française du 18ème siècle qui avait fait se rencontrer et coopérer les trappeurs et traders français avec les tribus et particulièrement celle des Osages. L’ancrage est donc profond et solide dans la mémoire collective commune à nos deux peuples. L’association Oklahoma-Occitania se réjouit et s’honore d’avoir retrouvé et ranimé les braises de cette amitié qui couvait sous la cendre de l’Histoire.

 Jack Shoemate en tête de la délégation de Pawhuska dans une rue de Montauban en 1999

C’est à Mr Jack Shoemate, maire de Pawhuska, à la fois le chef lieu du comté osage et la capitale administrative de la tribu osage, que revient le mérite d’avoir proposé la création d’un jumelage entre nos deux communes. Jack Shoemate n’est pas osage mais comanche. Il a cependant des liens très forts avec la tribu. Et c’est ainsi qu’en septembre 1999, une délégation de citoyens de Pawhuska de vingt-huit personnes – dont cinq Osages –, conduite par le maire Jack Shoemate, est venue signer une convention de jumelage avec la ville de Montauban.

 Jack2

En 2009, une délégation osage d’une vingtaine de membres, conduite par le chef Jim Gray venait à Montauban célébrer le dixième anniversaire de ce jumelage.

 DSC_0367

Depuis 1989, beaucoup d’eau a coulé sous le Pont vieux et nombre d’Osages ont marché dessus comme le veut la tradition. Chaque année des groupes plus ou moins importants de membres de la tribu nous rendent visite et les demandes augmentent au fur et à mesure que s’étend la renommée de Montauban dans tout l’Oklahoma. Une ambassade de Montauban s’est ouverte à Pawhuska qui annonce le jumelage par un panneau à l’entrée de la ville. Il n’est pas exagéré d’affirmer que plusieurs centaines d’Osages ont séjourné dans notre ville.

Nous devons nous attendre à la prochaine visite d’une délégation officielle de la tribu conduite par le chef Geoffrey Standing Bear. Ce sera la troisième visite d’un chef de la tribu Osage à Montauban

 Quel jumelage pour demain ?

 Il est certain que la seule association OK-OC ne pourra supporter seule une telle charge dans les années à venir. Il est indispensable de changer d’échelle, d’élargir la base de travail en un véritable comité de jumelage composé de l’office de tourisme de Montauban, d’associations de quartiers, d’associations de retraités, de divers organismes, de clubs sportifs, de clubs de service, d’établissements scolaires, d’entreprises (grande distribution, cinémas, etc), de la Chambre de commerce,. Ce comité serait bien entendu sous le contrôle et le patronage de la municipalité de Montauban.

 Nous proposerons  un éventail d’activités plus ouvert

  • L’accueil et l’organisation de visites pour des groupes d’Indiens Osages et de citoyens de Pawhuska
  • A l’inverse, des voyages au pays des Osages
  • Des expositions osages à Montauban ; des expositions montalbanaises à Pawhuska
  • Des échanges scolaires
  • Des échanges d’étudiants
  • Des échanges artistiques (plasticiens, musiciens, etc.)
  • Des échanges sportifs (basket-ball, foot américain, natation)
  • Des spectacles de danses traditionnelles indiennes, de danse classique
  • Des festivals de cinéma, de country music
  • Des cours de langue (anglo-américain à Montauban et français à Pawhuska)
  • Des « semaines de l’Oklahoma » dans des grandes surfaces
  • Des conférences-diaporamas avec projection de vidéos
  • Des interventions en milieu scolaire-collégien-lycéen-universitaire
  • Des interventions dans les maisons de retraites
  • La tenue à jour d’un blog publiant l’histoire et  l’actualité du jumelage ainsi qu’un groupe sur un réseau social facilitant l’interactivité

 Quelles seraient les conséquences pour les associations et organisations qui décideraient de nous accompagner ?

  • Une information permanente sur les échanges et les rencontres prévues avec nos correspondants osages, au moyen du blog d’OK-OC auquel il suffit de s’abonner (gratuit) http://oklahoccitania.canalblog.com
  • La possibilité pour les familles des adhérents des associations/organisations de recevoir et héberger une (des) personne(s) de la tribu Osage lors de leur séjour dans notre ville
  • Des présentations de l’histoire des Osages qui arrivaient en 1829 à Montauban avec projections de diaporamas animés et de films ; des récits divers et des histoires authentiques ayant un rapport entre les Indiens et Montauban
  • Aucune charge de travail supplémentaire ne serait demandée aux organisations partenaires, mais OK-OC serait prêt à écouter toute proposition et suggestion et mettre sa riche expérience de vingt-six ans au service de ses partenaires

 Pour que vive le jumelage Montauban-Pawhuska

 Il serait dommage qu’une telle expérience historiquement fondée et régulièrement entretenue s’achève dans un proche avenir. Ceci serait d’autant plus regrettable que les Osages sont sur le point d’ouvrir leur premier office de tourisme propre à la tribu

Les Montalbanais et, au-delà les Tarn et Garonnais, Midi-Pyrénéens et autres compatriotes ont intégré en mémoire cet épisode. Les en priver serait vécu comme une perte irrémédiable.

D’autres jumelages entre des villes française et américaines existent : Toulouse-Atlanta ; Amiens-Tulsa (deuxième ville d’Oklahoma) ; Albi-Palo-Alto (Californie). Des exemples dont nous pourrions nous inspirer.

 L’association Oklahoma-Occitania est le noyau d’un atome qui ne demande qu’à s’agréger à d’autres pour former un nouveau corps bien vivant qui perdurerait longtemps…

 Aussi longtemps que le Tarn coulera sous le Pont-Vieux,

Aussi longtemps que l’herbe verdira sur la pelouse de Sapiac,

Aussi longtemps que la pluie vert de grisera le toit de la cathédrale,

Aussi longtemps que le soleil éclairera le cadran de la place nationale,

Alors durera notre grande amitié…

« Quel chemin, Toi et Moi ! »*



* réplique du chaman Sioux Oiseau Bondissant au lieutenant John Dunbar dans le film Danse avec les loups

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 mai 2015

Un chef osage très respecté.

Le chef Lookout

Fred_Lookout

Le chef Fred Lookout (Prends garde !) fut l’un des dirigeants les plus respectés. Il servit pendant trente-deux années comme chef principal, c’est à dire bien plus que n’importe quel autre chef élu de l’histoire des Osages

On sait peu de choses de son enfance sinon qu’il voulait toujours accompagner son père dans les campagnes de chasse au bison. Le fait qu’il ait reçu le nom de Petit-aigle-qui-obtient-ce-qu’il-veut (wy-hah-shah-shin-kah ) donne à penser qu’il avait su convaincre. Cependant, il refusa toujours d’expliquer l’origine de son nom.

Son père avait été chef de clan et de bande et c’est certainement cette raison qui décida Laban Miles – l’agent des affaires indiennes auprès de la tribu Osage – à le choisir, ainsi qu’une douzaine d’autres enfants osages, pour être envoyés au pensionnat pour jeunes Indiens de Carlisle en Pennsylvanie.

carlisle

Lookout revint du pensionnat en 1884 quelques semaines avant la mort de son père. Suivant le conseil de son oncle, il resta à la réserve et épousa une femme osage : Julia Pryor. Le couple s’installa dans une petite ferme près de Pawhuska. Lorsque l’aîné de leurs quatre enfants mourut, les Lookout prirent le deuil selon la tradition, distribuant tous leurs biens et quittant leur maison pendant des mois pour errer dans toute la réserve, hébergés et nourris par des membres de la tribu. Quand enfin ils retournèrent chez eux, ils ne reprirent pas toutes leurs habitudes. Fred Lookout commença à mener une vie publique qui devait le conduire à devenir à la fois un guide spirituel reconnu et un dirigeant politique.

Comme beaucoup d’autres Osages des années 1890, Lookout était devenu membre de l’Eglise des premiers Américains – dite religion du Peyotl –, un mélange des croyances traditionnelles indiennes et des religions chrétiennes. Lookout devint un guide spirituel de cette religion et un prédicateur itinérant sur toute la réserve.

BigHearthSon entrée en politique se fit par l’intermédiaire d’un cousin de sa femme, le chef James Bigheart (Grand Cœur), qui le prit comme protégé et lui apprit les rudiments de la fonction. Il fut élu pour la première fois chef-assistant des Osages en 1908, puis chef principal en 1913-14, en 1916-18, et sans interruption de 1924 jusqu’à sa mort le 28 août 1949.

Ardent défenseur de la tradition et de l’identité osage tout en favorisant, sans rien renier, l’adaptation de sa communauté au monde moderne, le chef Lookout résumait bien sa pensée lorsqu’il déclarait en séance publique du conseil tribal :

 

Lookout

« Si vous permettez à vos langues qui parlent comme l’homme blanc de dire ce qu’il y a dans vos cœurs d’Indiens, vous aurez fait beaucoup pour votre peuple. »[1]

[1] D’après Wallace T. Talbott : « The Osages, Dominant Power of Louisiana Territory » Carlton Press Inc.)

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 mai 2015

Un visiteur inattendu...

Bienvenue Joe Hall

 PICT0019

Inattendu mais pas inopportun ! Joe Hall est toujours le bienvenu chez nous, à Montauban, en Occitanie et en France. Il nous est arrivé comme une fleur de printemps, sans sirène d'alerte, avec discrétion... Un vrai Osage.

Joe in Montauban...again !

Pas pour longtemps; hélas, à peine vingt-quatre heures. Joe s'est offert une petite virée en Europe, à l'occasion de la présentation, par l'une de ses amies, d'un film à la biennale de Venise qui allumait ses projecteurs le 6 mai. L'amie en question c'est Keli Mashburn, une Osage comme Joe, venue à Montauban il y a une vingtaine d'années alors qu'elle était adolescente, devenue depuis une photographe talentueuse. Joe s'est d'abord rendu en Ardèche chez un ami d'Oklahoma, puis à Montauban et enfin à Venise en passant par la Suisse.

Rencontrer Joe est toujours un plaisir. Pour nous, qui connaissons bien les Osages maintenant (autant qu'ils nous connaissent), Joe est la synthèse vivante entre la tradition et la modernité. Il ne vit pas hors de son siècle, comme on s'en doute mais il pratique, autant que possible, la parcimonie et le respect de la terre mère. Il s'efforce de rendre à la terre ce qu'elle lui donne et de maintenir, à son échelle, les équilibres naturels comme le faisaient ses ancêtres. C'est ainsi qu'il cultive avec passion une variété ancienne de maïs rouge dont les qualités sont intéressantes, notamment pour sa faible exigence en eau. Il travaille ainsi en collaboration avec un collectif d'Amérindiens qui ont les mêmes préoccupations.

Un autre projet de Joe est d'inviter à résider dans son ranch (250 hectares environ) un troupeau d'une quarantaine de bisons qui n'auront d'autre souci que de paître dans la prairie et d'y ruminer paisiblement, jour et nuit et par tous les temps. Les bisons et les Osages, c'est une vieille complicité que Joe s'efforce de rétablir.

DSC_0350

DSC_0353

Enfin, la tradition Joe la porte avec lui, physiquement. Son style de coiffure n'est pas une fantaisie, une manière de se distinguer. C'est bien plus sérieux. Joe s'identifie à ses ancêtres qu'il invite dans le monde moderne en leur offrant de sa personne.

Il est l'arrière arrière petit-fils d'un chef osage valeureux qu'il admire NE-KAH-WAH-SHE-TUN-KAH ou Homme Courageux. Cet aïeul a été honoré par sa tribu qui lui a fait élever sur sa tombe une statue en grandeux réelle. C'est en hommage à ce chef traditionnel que son digne descendant adopte la même coiffure.

77774345_p_1_

Durant la journée du mercredi 6 mai Joe Hall a posé pour la photo près du Pont-Vieux de Montauban qui était, on s'en souvient, le seul pont de Montauban sur le Tarn lorsqu'y arrivaient, en novembre 1829, ses trois ancêtres perdus que les Montalbanais accueillirent.

Joe_02

Joe_03

Il a ensuite sacrifié à la tradition qui veut que tout Osage qui arrive à Montauban vienne "marcher sur les traces de mocassins de ses ancêtres".

Joe_4

Il a donc traversé, solennellement, le Pont-Vieux sur le Tarn en pensant à eux. L'après-midi il était invité à la résidence des Saules, une maison de retraite de Montauban où il allait rencontrer près d'une soixantaine de personnes âgées. Est-ce un hasard si cet adjectif est inclus dans le mot sagesse ? Sans doute. Il n'en demeure pas moins que le rapprochement se vérifie pour peu que l'on veuille bien considérer ces personnes avec respect et bienveillance.

Joe est reparti mercredi soir au volant de l'Opel Zafira louée pour l'occasion. Il a pris le train à Lyon pour Venise. Il reviendra, c'est sûr tant il est attaché à l'Occitanie. Du reste, comme on le voit ci-dessous, cet attachement il le manifeste en arborant fièrement une croix occitane dorée accrochée à son collier de danseur traditionnel. A lèu Joe. Adiu-siatz !

PICT0018

PICT0018_2

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

02 mai 2015

Une Gigantesque arnaque...

tête de gondole

 

eyes

Big brother is watching you

« Le Grand frère vous regarde »

 

« Il n’y avait pas moyen, bien sûr, de savoir si on était surveillé ou non à un quelconque moment. »

Ces lignes sont extraites de "1984", un roman de l’écrivain britannique George Orwell dans lequel ce dernier imagine une société d’où toute vie privée a été bannie. Nous y allons tout droit...

 

hypermarch_

 

L’œil glauque des caméras, suspendues au plafond, balaie les linéaires. Malheur à celui qui a une tête de gondole (patibulaire... mais presque ! comme disait Coluche).

Salle de surveillance

surveillance

Le mur d’écrans, tel l’œil à facettes d’une mouche, renvoie les images volées entre les rayons de la grande surface. Deux vigiles font leur métier: ils regardent l’Œil.

Zoom avant sur le suspect. Gros plan sur ses mains. L’homme manipule, examine mais ne vole pas. Il dépose l’article dans le caddie®. C’est bon pour cette fois.

On me demande ce que je viens faire dans la salle de surveillance. Simplement récupérer une cassette de chants indiens qui ont sonorisé le grand hall pendant que dansaient les Kiowas.

« Belle affluence! me confie l’un des agents de sécurité, on a rarement vu ça un mercredi »

 

Jack Anquoe, Kiowa, des Gray Horse Singers

img340

Jack Anquoe et Gabe Morgan, Kiowa

 

En Conseil d’administration, nous nous étions posé la question: l’idée-même de présenter des chants et des danses indiennes dans ce temple de la consommation n’était-elle pas incongrue? La promesse verbale – hélas, non-écrite – d’une appréciable participation financière avait suffi à convaincre notre naïveté collective. Ils devaient être trois partenaires commerciaux dans cette affaire: la direction du Très Grand hypermarché, l’association des commerçants de la galerie marchande, et un restaurant MACrophagique rapide. Aucun papier n’avait été signé (nous fonctionnons toujours à la parole donnée) mais, en revanche, on nous avait demandé de décrire  "l’animation" sous la forme d’un dossier suffisamment étayé et détaillé, ce que nous avions fait de bonne grâce. Des affiches, portant les logos de nos trois "partenaires", avaient été apposées dans toute la ville, jusque dans les tambours tournant aux entrées du Très Grand hypermarché. Une exposition indienne, avec interdiction formelle de vente – concurrence oblige –, avait mobilisé une trentaine de nos adhérents pendant 8 jours. Le groupe kiowa avait donné le meilleur de lui-même avec une grande conscience professionnelle, et attiré la grande foule.

Kiowa_98

Au moment de passer à la caisse, ce fut la débandade.

Nous gratifiant de son regard oblique, le gérant du magasin d’optique, responsable des commerçants de la galerie – et de l’imbroglio – voulut bien régler un tiers de la facture. Mais rien des deux autres. Même pas une réponse du MAChin-Chouette, trop occupé sans doute à MAChouiller sa pâtée pour chats. Quant au patron du Grandiose Hyper, il ne se souvenait pas d’avoir passé de contrat (ce qui est exact, au sens papier du terme), il n’avait rien su, rien vu, rien entendu.

C’est le boulot des vigiles. Et les vigiles, ils ne voient que les voleurs.

Les petits, pas les "Géants".

 

t_te_gondole

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

25 avril 2015

avec les seniors.

L'histoire des Osages perdus en 1827

et recueillis en 1829 à Montauban

intéresse les résidents

des maisons de retraite

J-C. Drouilhet :

Le 4 mars après-midi à 15 heures (après la sieste), je rencontrai les résidents des Saules à Montauban pour leur raconter l'histoire des Osages perdus et secourus chez nous en 1829. Ce fut un moment magnifique où nous nous sommes retrouvés autour d'une histoire émouvante illustrée d'images d'un diaporama. En voici quelques photos souvenirs

 

DSC08855

DSC08856

DSC08857

à la suite de cette rencontre une autre a suivi à la maison de retraite de "l'Ange gardien" à Montauban. Même accueil, même intérêt. D'autres rencontres vont suivre. Voici l'annonce de la prochaine. Les visiteurs de ce blog qui seraient désireux d'y assister sont invités à se faire connaître ( tél : 05 63 63 06 02 / 16 30 26 58 59 )

 

img338

" A la suite de l’intervention que j’ai eu le plaisir de présenter récemment en vos établissements respectifs[1], je tiens à vous dire combien j’ai apprécié l’attention, l’intérêt, la qualité de l’écoute et la participation active des résidents.

Ce premier pas, encore modeste certes, en appelle d’autres, je pense. Il y a là, me semble-t-il, un thème fédérateur – les Indiens d’Amérique – propice à une stimulation intellectuelle car il plonge ses racines dans la mémoire collective réactivée par l’actualité. Ce lien entre la Louisiane française du 18ème siècle, l’histoire locale montalbanaise et l’époque moderne recèle une mine considérable de centres d’intérêt dont il serait dommage de ne pas faire profiter la population de notre ville, notamment les résidents des maisons de retraite." ------------ JCD

Un nouveau rendez-vous a donc été pris pour le 6 mai au cours duquel seront présentés trois extraits de films ouvrant à discussion

img338_2



[1] Résidence « Les Saules » ; mercredi 4 mars 2015 – Maison de retraite « l’Ange gardien » ; mardi 14 avril 2015

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,