Oklahoma-Occitania

03 décembre 2016

archéologie vs spiritualité

 

 Le mystérieux

homme de Kennewick

 

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SqueletteKennewick

Marie-Claude Strigler

Puisqu’il a récemment été question de Néandertaliens, évoquons d’autres ossements, bien que moins  anciens : Durant l’été de 1996, deux étudiants à Kennewick (dans l’État de Washington) trouvent un crâne alors qu’ils se promenaient le long de la rivière Columbia. Pensant qu’il s’agissait d’un meurtre, ils appellent la police qui juge bon de faire venir un archéologue local. Les fouilles permettent de trouver un squelette presque entier, fait exceptionnel dans la  région. Les ossements sont recueillis et envoyés au laboratoire du musée de Burke.

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Le crâne ne semble pas amérindien, mais « caucasoïde »

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. Les spécialistes pensent à un pionnier ou à un trappeur. Les dents, très usées, ne présentent aucune carie. Surprise : une pointe de lance est insérée dans l’os de la hanche. La datation au carbone 14 estime que le squelette a entre 8 500 et 9 000 ans.

Immédiatement, les ingénieurs du service du Génie de l’armée américaine déclarent que la loi fédérale leur donne juridiction sur les ossements. Ils les enferment dans le laboratoire national  du Nord-Ouest Pacific du ministère de l’énergie.

 Alors commence la polémique opposant certains paléontologues aux tribus indiennes. Celles-ci souhaitent pouvoir rendre le squelette à sa tribu d’origine, tandis que les chercheurs voulaient le conserver, arguant qu’il n’avait aucun lien avec les Indiens actuels.

Une coalition des tribus du bassin de la Columbia, réclame le squelette en vertu de NAGPRA pour lui redonner une sépulture. En effet, le Congrès américain a voté en 1990 la loi sur la protection et le rapatriement des restes humains et des  objets sacrés (Native American Grave Protection and Repatriation Act). Selon cette loi, les institutions recevant des subsides fédérales sont tenues de restituer ossements et objets sacrés aux tribus qui les réclament (à condition que ces dernières puissent prouver une affiliation culturelle).

 

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Dès 1996, le porte-parole  des Umatillas déclare que les scientifiques ont déterré et étudié les restes amérindiens pendant des dizaines d’années, contrairement à leurs croyances religieuses. « Les restes sont ceux d’un ancêtre direct. Selon notre tradition orale, nous sommes là depuis toujours. Nous ne  croyons pas que nous avons migré depuis un autre continent. Les ossements seront ré-enterés dans un lieu secret, inaccessible aux scientifiques. »

 Les tribus avaient raison de se méfier : au XIXème siècle, les anthropologues, les archéologues et les collectionneurs pillaient les tombes amérindiennes, extrayaient les cadavres et même décapitaient les cadavres indiens sur les champs de bataille et les envoyaient à Washington pour les étudier. Depuis l’adoption de NAGPRA, la Smithsonian et les autres musées restituent des  milliers de restes humains aux tribus.

 MAIS dans le cas  de l’homme de Kennewick, il n’y a pas de preuve irréfutable. Jusqu’en 2014, de procès en procès, les scientifiques l’emportent et les ossements restent stockés au Burke museum, dans de mauvaises  conditions. Certains fragments disparaissent.

 

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Ce n’est qu’à l’été 2016 que des analyses génétiques confirmaient la proximité de l’homme de Kennewick avec des Indiens du Nord-ouest américain (les Colville). La législation prévoit qu’il leur soit donc restitué pour en disposer selon la coutume. Reste à déterminer la tribu chargée de cette cérémonie.

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26 novembre 2016

Néanderthal en Amérique ?

NEANDERTAL SERIÁ ARRIBAT EN ARTIC

 

Néanterthal

Amics de Sapiença.eu

Christian Andreu

La descobèrta d’òsses de mamot de fa 45 000 ans poiriá far cambiar la preïstòria de tota la region asiatica e, benlèu, tanben l’americana. Aital, la confirmacion qu’aqueste mamot seriá estat matat per d’umans, plaça la preséncia umana en Artic 10 000 ans abans. E situa la possibilitat que l’òme dintrèsse sus lo continent nòrd-american fòrça abans, mas, e aquò es lo fach estonant, un estudi publicat dins la revista Science non pòt determinar se l’òme qu’auciguèt aqueste mamot foguèsse Homo sapiens sapiens o Homo sapiens neandertalensis. http://bit.ly/2c5O0eA

 

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La découverte d'os de mammouths vieux de 45 000 ans pourrait faire changer la préhistoire de toute la région asiatique et peut-être aussi l'américaine. Ainsi, la confirmation du fait que ce mammouth ait été tué par des humains situe la présence humaine en Arctique 10 000 ans plus tôt. Et elle confirme la possibilité d'une arrivée de l'homme sur le continent nord-américain encore plus tôt. Mais, c'est ce qui est étonnant, une étude publiée dans la revue Science ne peut déterminer si l'homme qui abattit ce mammouth était un Homo sapiens sapiens ou un Homo sapiens neandertalensis. http://bit.ly/2c5O0eA

The discovery of bones of mammoths 45,000 years old could change the prehistory of the entire Asian region and possibly the US. Thus, the confirmation that the mammoth was killed by humans put the human presence in the Arctic 10,000 years ago. And it confirms the possibility of arrival of humans on the North American continent even earlier. But, that's what is amazing, a study published in the journal Science can not determine whether the man who shot the mammoth was a Homo sapiens sapiens or Homo sapiens neanderthalensis. http://bit.ly/2c5O0eA

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19 novembre 2016

Le sens du sacré

La plume d'aigle

Clifford Moar, chef des Montagnais (Innus) du Lac Saint Jean (Québec) à Albias (82) en septembre 2006

En septembre 2006, lors des interventions en milieu scolaire, aussi bien en maternelle qu’à l’école élémentaire ou au collège, les représentants d’OK-OC accompagnés de Clifford Moar de la nation Innu ont abondamment usé du rite de la plume d’aigle tel que nous l’avait enseigné Clifford voici déjà une dizaine d’années. De quoi s’agit-il ?

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Au sein de la tribu Montagnais, lors des assemblées, le porteur de la plume d’aigle a la parole. Les autres participants on le devoir de l’écouter de leur mieux et de ne pas l’interrompre. Chacun peut parler à son tour. Il lui suffit de demander la plume d’aigle.

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Il y avait donc une plume d’aigle dans ces rencontres scolaires. Tout un rituel entourait son extraction de la boite en cèdre dans laquelle elle avait été conservée, ceci dans le silence le plus complet d’une assistance comptant parfois plus de soixante enfants ou adolescents. Nous leur expliquions alors que l’aigle est l’oiseau le plus vénéré des Indiens d’Amérique et que sa plume est digne du plus profond respect. Elle doit être tenue par le tuyau et surtout ne pas être touchée au niveau des barbes, à plus forte raison ne pas choir sur le sol.

Il fallait voir ces enfants s’adressant au groupe, plume dressée à bout de bras, dans un silence total (« on pouvait entendre les fourmis marcher ») L’enfant à la plume est sacré, comme la plume qu’il porte, et unanimement respecté de ses pairs.

Plusieurs enseignants, impressionnés, nous ont dit vouloir introduire le rite de la plume dans leurs classes. A mon avis ce n’est pas une bonne idée. Le rite de la plume fonctionnait parfaitement dans le contexte des cultures indiennes où nous nous trouvions ce jour-là. Mais séparée de son contexte la plume d’aigle perd son « pouvoir », sa « médecine ». En fait ce qui fonctionne c’est le sens du sacré dont chacun éprouve le besoin sans l’avoir toujours bien ressenti. Il faut donc trouver ce qui demeure encore sacré dans le monde où nous vivons. Dans les écoles religieuses la réponse est facile. Il n’en va pas de même dans les écoles laïques. Il faut retrouver une spiritualité non religieuse qui soit unanimement partagée. Le champ est vaste, à chacun de l’explorer : la planète terre, la vie, les valeurs de la République avec sa belle devise « Liberté, Egalité, Fraternité », etc. Il faut chercher…

On peut s’interroger sur ce qui pousse quelques jeunes à la dérive vers des actes délictueux ou criminels. Et si justement il s’agissait de la perte du sens du sacré, cette absence de repères dont tout le monde parle. Le débat est ouvert.

J-C. D.

g>d : Kevin Mustus & Clifford Moar à Albias (82)

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12 novembre 2016

Un grand chef de la tribu Osage

Pawnee No Pashe

Celui qui ne craint pas les Pawnee

 

 

Pawnenopashe

 

En décembre 1869 mourait Little White Hair, le cinquième et dernier chef de la lignée White Hair (Paw Hu Ska). Le 24 décembre Issac Gibson, le responsable de l'agence osage, désignait Star Chief à la tête de la tribu. Celui-ci allait rapidement devenir populaire et serait connu sous les noms de Pawnee No Pa she (Celui-qui-n’a-pas-peur-des-Pawnee), de Gouverneur Joe ou encore de Joe Big Hill.

Joseph Pawnee No Pa she était le fils d’un chef de guerre renommé. Entre 1865 et 1870 tous les villages osages avaient dû quitter le Missouri et s’étaient installés sur la rivière Verdigris au sud du Kansas (dans le secteur de La petite maison dans la Prairie). L’agence avait été déménagée à 6 km au sud de la ville d’Independence et le village de Joe Pawnee No Pa she se trouvait à 3 km plus au sud.

Joe jouissait déjà d’une réputation d’homme de caractère et surtout de celle d’un homme instruit et d’un haut niveau d’éducation. Il avait été pensionnaire à la mission catholique du père Shoenmaker au Kansas. Le jour de la cérémonie de remise des diplômes de fin d’études, il fit une déclaration qui surprit l’assistance : « Il a fallu quinze ans au père Shoemaker pour faire de moi un homme blanc et cela ne prendra que quinze minutes pour que je redevienne un Osage. » Cela dit, il enleva ses « vêtements civilisés » pour les remplacer par le pagne et la couverture qui étaient les symboles de son héritage indien. Très éloquent dans sa langue osage, Pawnee No Pa she parlait, lisait et écrivait parfaitement l’anglais. Il devait utiliser ses connaissances dans la pratique des deux langues pour mieux servir son peuple.
En 1878 les Osages élurent Pawnee No Pashe à la fonction de gouverneur de la tribu. Il devint ainsi le premier chef élu.

 

Pawnee No Pashe - aquarelle de Loren Pahsehsopah

 

Governor Joe n’eut de cesse que certaines garanties fussent accordées à la tribu. Il demanda notamment que les Osages soient autorisés à chasser le bison en dehors de la réserve mais qu’en revanche leur nouvelle réserve soit interdite aux visiteurs indésirables. La réserve était une propriété collective tribale et nulle ferme n’était autorisée à s’y implanter. Malgré cela les efforts de Pawnee No Pa she furent vains. En quelques années les bisons avaient disparu.

Une dernière anecdote illustre la forte personnalité de ce grand chef. Physiquement Pawnee No Pa she était un colosse, un géant bien proportionné comme l’étaient la plupart des guerriers de la tribu. De plus il était mieux instruit que la plupart des Euro-Américains de l’époque. Un jour il rencontra par hasard un couple d’intrus qui campait en territoire osage. Sans façon il s’invita à leur repas. Tout en mangeant, l’homme et sa femme s’inquiétaient du sort qui allait leur être réservé entre les mains de cet Indien sauvage. A la fin du repas, Joe leur intima par gestes l’ordre d’atteler et de quitter les lieux. Soulagés les deux imprudents obtempérèrent et se hâtèrent vers la limite du territoire en se félicitant de leur bonne fortune qui leur avait permis de sauver leur scalps. Au moment où ils allaient atteindre la limite, Pawnee No Pa she les rattrapa et, dans un anglais bien meilleur que le leur il leur dit que s’ils revenaient, ils seraient arrêtés et jugés selon la loi osage. Il est inutile de préciser que jamais ils ne réapparurent sur le territoire osage tant ils avaient été terrorisés et avaient craint de perdre leur scalp lorsque Joe les avait rattrapés.

 

La tombe de Pawnee No Pashe au cimerière de Pawhuska (Oklahoma)

 

 

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05 novembre 2016

Paroles d'un sage de la tribu Kiowa

Quand le gouvernement

aura pris

toute notre terre

anquoeJack Anquoe était un sage de la tribu Kiowa d'Oklahoma. Il est venu plusieurs fois en France et notamment en Occitanie sur invitation d'OK-OC. Il est malheureusement décédé. Voici le message qu'il nous laissa lors de son séjour en France en 1999.

" Les Français sont formidables ! Particulièrement les Occitans. De nombreux peuples ont besoin de comprendre l'importance de notre vie traditionnelle, de nos chants, nos langues et de ces différentes composantes qui constituent une vie pure et belle."

 

 

Jack Anquoe et Gabe Morgan (drapeau occitan)

img274En Oklahoma, parmi mon peuple, les Kiowas, j'ai fait de mon mieux pour maintenir ma vie sur cette voie dans la société dominée par l'homme blanc. J'ai été pensionnaire à l'école indienne de Riverside à Anadarko en Oklahoma, un pensionnat du gouvernement.

Pour la première fois de ma vie je viens d'entendre le point de vue d'un Blanc (Mr William T. Hagen, NDT) concernant mon peuple. La plus grande partie de cette conférence faite aux étudiants de l'université de Bordeaux (le mardi 30 mars 1999, NDT) ne disait pas la vérité. En particulier en ce qui concerne l'inscription sur les listes tribales [...] D'après une loi du Congrès américain, l'inscription sur les listes tribales exige de tout Indien de posséder au moins un quart de son ascendance dans une tribu donnée. Par exemple on peut être à moitié Kiowa et à moitié Cherokee. Cependant, du fait que l'on ne puisse appartenir qu'à une seule tribu on n'est dans ce cas qu'à moitié indien ! Mr William T. Hagen a dit aux étudiants de Bordeaux que c'était une décision des tribus. C'est faux. C'est une décision du gouvernement des Etats-Unis. Ils ont manigancé cela de façon telle que dans deux générations il n'y ait plus personne sur les listes tribales. Ainsi, tout compte fait, nous aurons été exterminés dans le droit fil de ce qu'avait commencé à entreprendre le général Custer en 1876.

 

Nous possédons chacun une propriété terrienne (résultant du découpage par le gouvernement de la réserve tribale, ancienne propriété communautaire, NDT). Le" gouvernement impose un prix de location, en interdit la vente ou la cession aux membres-mêmes de notre famille. Toutes ces terres sont louées pour le même prix que dans les années 30. En 1907, on nous a "donné" à chacun une pa&rcelle de 160 acres (environ 65 hectares, NDT). A notre mort la terre était divisée équitablement entre les héritiers. Aujourd'hui, certains des nôtres possèdent un lopin si minuscule que le produit de la location est quasiment nul. Bientôt le gouvernement aura pris toute notre terre et nous finirons sans rien.

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Le gouvernement des Etats-Unis a passé des "traités" avec notre peuple, plus de 4OO d'entre eux, en sachant, lorsqu'il les proposait, que c'étaient des mensonges. Encore aujourd'hui nous sommes sous le contrôle du ministère de l'Intérieur qui gère notre terre ! Nous allons finir par être un peuple sans terre. Nous avons tous été déportés en Oklahoma que le gouvernement américain avait appelé "Territoire indien". Ce qui devait être notre terre " aussi longtemps que l'herbe pousserait et que les rivières couleraient... " Un peu plus tard cette terre allait être donnée aux colons blancs. Un parjure de plus ! Pourquoi ne pouvons-nous pas poursuivre en justice le Congrès (l'équivalent de notre Assemblée nationale, NDT) pour tous les parjures dont il s'est rendu coupable ? Faisons en sorte que nos dirigeants deviennet nos représentants aux Nations-Unies. Une tentative a été faite en 1876 d'exterminer mon peuple. Ici, en 1999, nous sommes encore une fois confrontés au même problème par le biais de notre inscription sur les listes tribales selon le règlement fixé par le Congrès des Etats-Unis.

 

J'ai toujours été un bon citoyen, respectueux de la loi et j'aime mon pays. Mais notre gouvernement a commis certains des crimes les plus atroces du monde et continue dans cette voie comme s'il n'avait encore pas fait assez de mal à mon peuple.

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Je souhaite que tous les Français sachent que nous vivons, en Oklahoma et dans toute l'Amérique du Nord, exactement comme vous. Nous avons des maisons, avec télévisions, magnétoscopes, câble, chauffage et air conditionné ; nous avons des voitures pour nous rendre à notre travail. Nos enfants vont à l'école puis à l'université, exactement comme chez vous. La seule chose qui nous sépare est la langue.

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Ainsi, chaque week-end de l'année, nous participons à des pow-wows comme chanteurs ou danseurs. Nous garderons toujours l'envie de revenir en France pour y retrouver ce peuple autochtone connu sous le nom d'Occitan.

 

Nous vous remercions de nous avoir donné l'occasion d'être parmi vous, de partager et d'échanger notre amitié d'un côté à l'autre de l'océan. Bien respectueusement à vous --- Jack Anquoe, tribu Kiowa. Tulsa (Oklahoma) 1999

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29 octobre 2016

Manifestations pacifiques

Les Osages participent

aux manifestations des Amérindiens

dans le Dakota du Nord

 

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Depuis plusieurs semaines, un grand nombre d’Amérindiens sont rassemblés et manifestent pacifiquement dans la réserve des Lakota (Sioux) de Standing Rock (Dakota du Nord).

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La cause en est la construction d’un oléoduc qui traverse la réserve. Les travaux,  achevés à 85%, saccagent des sites sacrés et des cimetières indiens. Plus grave, l’oléoduc passe sous la rivière Missouri avec les risques importants d’accidents, de fuites, de pollution de l’eau et des terres (des oléoducs se brisent chaque jour aux Etats-Unis). Les Amérindiens ne tolèrent aucun compromis à l’égard de l’exploitation de la « Terre Mère » à des fins industrielles mettant en péril leur survie physique par la pollution de l’eau, mais aussi spirituelle, par la destruction de leurs sites funéraires et rituels. Des tribus amérindiennes venues de tout le pays manifestent de façon non violente à Standing Rock, affrontant une violence policière sans précédent.

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NataaniiNataani Means, artiste navajo : « Il s’agit du plus grand rassemblement Amérindien depuis George Custer. Nous sommes confrontés à une police militarisée munie d’armes de combat, qui attaque des femmes âgées en prière et des enfants : les agents de sécurité ont lâché des chiens sur les manifestants non armés, en nous aveuglant de gaz lacrymogène. De telles monstruosités ne se sont pas produites depuis Martin Luther King, et nous rappellent la cruauté que nous subissons depuis des centaines d’années. »

Deux cents nations amérindiennes sont présentes sur le site de la réserve de Standing Rock parmi lesquelles une importante délégation d’Osages.

 

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22 octobre 2016

Les Osages et les missionnaires français

Harmony mission

une école pour les enfants osages

 

Marie-Claude Strigler

Ancien territoire des Osages

Bien avant l’arrivée des hommes blancs au Missouri, tout le pays était terre indienne. Les premiers explorateurs non indiens furent les Français au début du XVIIIe siècle ; ils y rencontrèrent les Osages qui occupaient ce qui est actuellement Bates County.

 

Red Corn

 

Puis l’explorateur Zebulon G. Pike traversa la région en 1806. Bates County est situé près de White river et de Marais des Cygnes, à l’embouchure de la rivière Osage. Les habitants vivaient alors de la chasse et de la cueillette : ils avaient des fruits sauvages en abondance, pommes, poires, cerises, pêches et toutes sortes de baies. En outre, ils  cultivaient du maïs, du blé et de l’avoine.

 

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La plupart des Américains étaient persuadés que les Indiens étaient paresseux, ignorants ; ils  n’avaient pour eux aucun respect. Cependant, tous les témoignages concordent : les nouveaux Missouriens trouvèrent que les Osages avaient belle allure, étaient intelligents et étaient loin d’être paresseux. Quant aux Osages, ils étaient fascinés par ce dont disposaient les Américains : les ustensiles et les outils métalliques, les tissus et les bijoux.

En 1820, les chefs osages avaient entendu que des missionnaires étaient envoyés chez certaines tribus du sud pour leur enseigner « les arts de la civilisation ». Après en avoir longuement débattu, ils décidèrent d’envoyer une délégation de braves voir le Grand Père blanc, le président Monroe à Washington pour lui demander l’ouverture d’une mission sur leur territoire. Les Osages faisaient don de la terre nécessaire à la mission. Le gouvernement s’entendit avec une société missionnaire du nord-ouest des Etats-Unis, et ce fut le Révérend Amasa Jones du New Hampshire qui réunit un groupe de volontaires, dont quatre médecins, trois pasteurs, un mécanicien, un cordonnier, un charretier, cinq enseignants et deux fermiers, qui acceptaient de partir vers les mystérieuses contrées de l’Ouest. Le 5 mars 1821, les missionnaires entamèrent leur voyage et six mois plus tard, au mois d’août, ils s’arrêtèrent près du site actuel de Pappinsville. Ils commencèrent immédiatement, avec les Osages, à construire des maisons de rondins,  l’école et d’autres bâtiments. C’était la naissance de Harmony Mission.

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En 1825, par un traité, les Osages cédaient une partie de leurs terres au Missouri, et beaucoup allèrent plus au sud et à l’ouest. Cependant, certains restèrent sur place et, en 1827, l’école était fréquentée par plus de 200 enfants osages. Avec le concours de « Bill » Williams, un dictionnaire anglais / osage fut créé, qui regroupait quelque 2 000 mots.

Puis la plupart des membres de la mission, qui appartenaient à diverses dénominations chrétiennes, retournèrent peu à peu vers l’Est : beaucoup étaient malades, et leurs efforts pour convertir les Osages ne rencontrèrent que peu de succès. La mission fut abandonnée en 1837, après seulement 16 ans d’activité. Le bâtiment principal fut transféré à Pappinsville et fut incendié par les troupes de l’Union pendant la guerre de Sécession.

Harmony mission, fondée en 1821, fut la  première école missionnaire pour les enfants osages, créée à la demande de leurs parents. En effet, si les missionnaires n’obtinrent guère de conversions et ne transformèrent pas des guerriers en paisibles agriculteurs, les Osages chasseurs de bisons souhaitaient que leurs enfants reçoivent une éducation.

 

OsageIndians

 

Il reste des traces de Harmony mission : une carte de 1843 montre la route qui va d’Independence vers le sud, jusqu’à la mission. La vieille piste qui va d’Harmony vers le nord jusqu’à Fort Osage est encore tout à fait visible. M-C. S.

 

Osage Mission trail

 

Dans le cimetière, les noms ont disparu, mais ceux qui le connaissent l’appellent « le vieux cimetière indien ». Ce qui n’a pas disparu, c’est le désir d’apprendre des Osages. Parmi les membres de la nation osage, on connaît des écrivains, des poètes, des professeurs d’université, capables de transmettre leur histoire, mais de la transmettre de leur propre  point de vue.

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15 octobre 2016

Une jeune Osage enchante la mode aux Etats-Unis

Erica Pretty Eagle Moore

Top Model

 

Erica Moore - ph. Michel Monesma

 

Erica, nous connaissons bien cette jeune princesse osage qui avait été notre invitée avec sa sœur jumelle Elizabeth et ses parents. C'était en 2009 avec la délégation officielle du chef des Osages Jim Gray, à Montauban et dans le Tarn-et-Garonne.

Erica, we know that young Osage princess who was our guest with her twin sister Elizabeth and her parents. It was in 2009 with the official delegation of Osage Chief Jim Gray at Montauban in Tarn-et-Garonne county.

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Nous l'avions rencontrée quelques années après, en 2013, au musée tribal osage de Pawhuska où notre délégation d'OK-OC était reçue. Cela avait été l'occasion de remettre au musée cette toile du peintre montalbanais, Rosendo Li, qui montre l'arrivées des trois osages perdus arrivant à Montauban en 1829, comme ils allaient traverser le Tarn sur le Pont-Vieux (le seul pont à l'époque).

We met her a few years later, in 2013, in the Osage Tribal Museum at Pawhuska where our delegation OK-OC was invited. This was an opportunity to give this painting to the museum of Montauban. This painting by Rosendo Li is showing the arrival of the three lost Osage arriving in Montauban in 1829, as they were crossing the Tarn on Old Bridge (the only bridge in 1829).

pont des Osages 1

La seule femme du petit groupe, nommée Femme-Faucon avait été représentée par le peintre sous les traits d'Erica, modèle avant l'heure.

The only woman in the small group named Hawk Woman was represented by the painter in the Erica features.

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On la voit sur cette photo présentant le tableau de Rosendo au musée tribal osage.

Depuis cette époque, Erica a grandi et n'a rien perdu de sa beauté. Elle est devenue mannequin de mode ou "top model" comme on dit en Amérique (et aussi en France maintenant où on oublie de plus en plus souvent de parler français)

C'est ainsi que tout récemment elle participait à des défilés de mode, ou fashion show, comme on dit en Amérique (mais cela ne saurait tarder ici). L'un à Santa Fe au Nouveau Mexique, l'autre à San Diego en Californie où avait lieu la grande semaine annuelle de la mode.

We see her in this picture with the painting of Rosendo in the Osage Tribal Museum.
Since then, Erica has grown and has lost none of its beauty. She became a fashion model or "top model" as they say in America (and now also in France where we forget more and more often to speak French)

Thus recently she participated in fashion shows. One in Santa Fe in New Mexico, the other in San Diego, California which hosted the largest annual fashion week.

 

Erica Oretty Eagle Moore

 

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On remarquera que Erica souligne dans son maquillage son identité indienne. Peut-être un jour la verrons-nous de nouveau à Montauban dans son nouveau rôle d'ambassadrice de la mode. Nous lui souhaitons une brillante carrière.

Note that Erica points out in her make-up her Indian identity. Maybe one day we'll see her again in Montauban in her new role as ambassador of fashion. We wish her a brilliant career.

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08 octobre 2016

La tragédie cathare

 

L’église catholique d’Ariège

 

demande pardon

 

pour Montségur

 

montsegur-en-flammes-2

 

Le 16 octobre risque bien d’être un jour historique : dans l’église de Montségur l’évêque de Pamiers Jean-Marc Eychenne fera une demande de pardon, au nom des catholiques d’Ariège, pour les faits commis par l’Eglise contre les Albigeois à Montségur. Une démarche de fraternité entre chrétiens (les cathares faisaient bien partie de l’Eglise chrétienne) dans un esprit de réconciliation. Une initiative personnelle de l’évêque qui s’inscrit dans un objectif plus large du pape François qui invite l’Eglise catholique à vivre l’année 2016 sous le signe de la miséricorde. Une célébration et une marche silencieuse vers le site de La Prade sont également prévues pour ce qui constitue déjà un événement.

Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers

Pour plus d'information, allez sur le blog de viure al pais-France3

Vous pouvez aussi compléter en lisant ce que Jean-François Laffont écrivait ici-même sur la tragédie cathare de Montségur voici quelques années.

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01 octobre 2016

La mobilisation des Sioux

  Que ferait Sitting Bull ?

 

 

Sitting Bull

 

 Marie-Claude Strigler

La mobilisation des Sioux (Lakota) de la réserve de Standing Rock (Dakota du nord) contre la construction d’un oléoduc géant, qui passerait à quelques centaines de mètres à peine des limites de leur réserve, ne cesse de prendre de l’ampleur aux États-Unis. De nombreux Amérindiens d’autres tribus et des militants de la justice climatique ont rejoint le gigantesque campement de tipis et de tentes organisé par les opposants.

 

camp

 

Les Lakota craignent une contamination de leurs sources d’eau potable et la destruction de sites sacrés. Ils dénoncent aussi, plus globalement, la destruction de leurs terres et le mépris dont ils font encore l’objet par les entreprises et l’administration américaine.

Le projet Dakota Access Pipeline a été moins médiatisé que le projet d’oléoduc KeyStone XL car il a fait l’objet d’une procédure d’autorisation accélérée, qui lui a évité les déboires administratifs rencontrés par ce dernier. Il est néanmoins comparable en termes de tracé (1800 kilomètres) et d’enjeu : en l’occurrence, acheminer le pétrole de schiste extrait dans la formation de Bakken jusqu’à l’État de l’Illinois et, au-delà, jusqu’aux raffineries du Texas et la côte Est des États-Unis.

Le projet Dakota Access Pipeline et les entreprises qui le portent sont soutenus financièrement par une ribambelle de grandes banques internationales, parmi lesquelles les groupes bancaires français, extrêmement investis dans le financement des énergies fossiles : BNP Paribas, le Crédit agricole, Natixis et la Société générale figurent parmi les banques qui ont directement financé le projet Dakota Access Pipeline. La tension a monté d’un cran sur le terrain au cours du mois d’août avec l’arrestation de leaders indiens, puis le 3 septembre avec le début des travaux, qui a donné lieu à des affrontements. Les agents du shérif ont même lâché les chiens sur les manifestants (un enfant a été mordu) et les ont gazés. Une décision de justice provisoire a fait cesser temporairement les travaux dans une partie seulement des terres que les Lakota souhaitent protéger. D’autres recours sont en instance.

 

Winona

 

 Winona Laduke*, militante et femme politique amérindienne, a été interviewée par Yes Magazine, et a donné des éléments d’information.

 À la mi-août, le président tribal de Standing rock, Dave Archambault II, a été arrêté par la police de l’État, avec 27 autres personnes, pour son opposition à l’oléoduc Dakota Access. Dans le même temps, le gouverneur du Dakota du Nord Jack Dalrymple demandait des renforts de police. Or, tout grand projet d’oléoduc ou de gazoduc  en Amérique du Nord ne peut que traverser des terres autochtones.

 

Dave

Le peuple Lakota a survécu à beaucoup de choses. Forcés à mener une existence confinée dans leur réserve, les Lakotas  s’efforcèrent de stabiliser leur société, jusqu’à ce qu’arrivent les barrages. En 1944, le barrage Pick Sloan priva les tribus de la rivière Missouri  de leurs meilleures terres.  Le barrage Oahe inonda à son tour plus de 800 kilomètres carrés des réserves de Standing rock de Cheyenne River, entraînant des déplacements de population et la destruction de lieux sacrés lakotas. 

Aujourd’hui, plus de deux tiers de la population de Standing Rock vit au-dessous du seuil de pauvreté. Il ne leur reste qu’une partie de la terre et la Rivière Mère.  Ce sont justement elles  qui sont menacées.

L’oléoduc Dakota Access a reçu toutes les autorisations officielles, qui prennent soin de ne pas affecter l’approvisionnement en eau de la ville de Bismarck , en déplaçant son parcours vers les sources d’eau des Lakotas. Pas de chance pour les Lakotas !

Malgré les recours juridiques et réglementaires de ces derniers, la construction de l’oléoduc a commencé en mai 2016.   Il doit franchir 200 cours d’eau et, dans le  seul Dakota du Nord, il traverserait 33sites historiques et archéologiques.  

Fin juillet, la tribu Sioux de Standing rock, représentée par l’organisation Earthjustice, a déposé plainte devant un tribunal de Washington contre l’US Army Corps of Engineers  (l’administration fédérale en charge de nombreux grands projets d’infrastructures). Standing rock a également dé posé un recours auprès de l’Organisation des Nations-Unies en coordination avec l’International Indian Treaty council(une organisation internationale de peuples  indigènes).

Dans une interview accordée au New York Times, le président Archambault (lakota), explique :  La première version de l’évaluation du tracé proposé à travers nos terres ancestrales et protégées par traités, réalisée par l’entreprise, ne mentionnait même pas notre tribu. 

 

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Il n’est tenu aucun compte de la santé de la rivière Missouri. Aujourd’hui, le Missouri est la septième rivière la plus polluée des États-Unis. Les rejets agricoles et, désormais, la fracturation hydraulique ont contaminé la rivière.

À Standing Rock, le nombre de manifestants contre l’oléoduc ne fait qu’augmenter ; aussi le gouverneur de l’État, Jack Dalrymple, a-t-il déclaré l’état d’urgence.   Selon Wynona Laduke, « il pourrait bien avoir outrepassé ses prérogatives en violant les droits humains et civils, dont le droit à l’eau. » 

De nombreuses personnes présentes aujourd’hui à Standing rock se souviennent de leur histoire et notamment de la longue confrontation de Wounded  Knee en 1973. De fait, il y a parmi les militants de Standing Rock des gens qui étaient déjà en 1973 à Wounded Knee, une lutte similaire pour la dignité et l’avenir d’une nation.   Ils doivent se souvenir de ce que disait Sitting Bull il y a 150 ans : « Réunissons nos esprits pour voir quel avenir nous pouvons construire pour nos enfants. » M-C. S.

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* Winona Laduke est une femme politique ojibwe, militante en faveur du développement durable. Elle a été candidate du parti des Verts à la vice-présidence des États-Unis en 1996 et 2000, avec Ralph Nader.
     

                                                                                               

 

 



* Winona Laduke est une femme politique ojibwe, militante en faveur du développement durable. Elle a été candidate du parti des Verts à la vice-présidence des États-Unis en 1996 et 2000, avec Ralph Nader.