« Je suis un vétéran de la guerre du Pacifique, me dit-il. J’étais engagé dans le corps des Marines et pendant quelque temps j’ai eu une permission de repos à Nouméa, en Nouvelle Calédonie. J’étais alors un jeune "Marine". Un jour, alors que je me promenais avec un ami, je me fis prendre en photo devant la statue d'un amiral français. J’aurais aimé savoir qui était cet amiral et pourquoi on lui avait érigé une statue. La Nouvelle Calédonie est une île française, alors j’ai pensé que peut-être vous pourriez vous renseigner. » Et il me confia la copie informatique de sa petite photo souvenir.

Bill au pied de la statue mime l'amiral

Armé de ces informations je lançai ma petite enquête. Je m’adressai d’abord à la mairie de Nouméa, et ensuite auprès d’une personne habitant sur place dont je venais d'avoir le contact.

Olry_statue

 L’enquête, rapidement menée, retrouva la statue de l’amiral. Elle trône au beau milieu d’un parc non loin de l’hôtel de ville. Le personnage en question était bien amiral de la flotte ; il s’agissait de l’amiral Olry ancien gouverneur de la Nouvelle Calédonie. Restait à découvrir ce qui lui avait valu d’être statufié post mortem. Internet me fournit une réponse inattendue autant que tragique. Je cite :

Olry

« C’est au vice-amiral Olry qu’incomba la lourde tâche (1878-1880) de faire face à la révolte des Kanaks de 1878. Depuis 1859 les réactions mélanésiennes contre l’installation française s’étaient multipliées. En 1878 éclata une véritable insurrection qui avait pour cause principale l’envahissement des terres par les troupeaux des nouveaux colons européens. Elle dura sept mois et coûta la vie à 200 Européens. Les pertes du côté des révoltés furent impossibles à chiffrer et les dégâts très importants. En janvier 1879 le calme fut rétabli après que le chef de la révolte, Ataï, fut abattu. »

 

Ataï, chef de la révolte kanak

 Voilà donc ce qu’il me restait à révéler à Bill le guerrier osage. Le brave amiral n’était autre que le Custer des Kanaks. Bill n'a répondu qu'après quelques semaines d’une longue réflexion…