Oklahoma-Occitania

25 mars 2017

Comment naissent les conflits

Un conflit qui opposa

les Osages aux Cherokees

Faisant valoir leurs droits de chasse, les Osages revendiquaient les territoires situés au nord et au sud de la rivière Arkansas, occupés alors par les Cherokees de l’ouest auxquels ils faisaient la guerre. Ces Cherokees avaient été convaincus d’émigrer afin de libérer les terres qu’ils occupaient depuis toujours dans l’est des Etats-Unis. Vers 1815 on pouvait en dénombrer plus de 3 000. Ils s’étaient établis près des rivières Arkansas, White et Verdigris (déformation du nom français initial : "Vert-de-Gris")

Quand les chasseurs cherokees se risquaient à vouloir appliquer leurs droits de chasse dans cette région, ils se heurtaient aux bandes de guerriers osages qui les poursuivaient jusque dans leurs villages. Cependant les chefs cherokees étaient bien décidés à faire respecter leurs droits. L’un des engagements les plus sanglants de toute l’histoire de l’Oklahoma survint au Mont Claremore en octobre 1817.

Mt Claremore

Une bande de guerriers cherokees, armés jusqu’aux dents investit le village du chef Clermont qui fut mis à sac puis incendié. Une cinquantaine de prisonniers furent emmenés par les vainqueurs.

 

osage_treaty_of_1825Quelques années plus tard, en 1825, les chefs osages furent convoqués à Saint-Louis et obligés de signer un traité par lequel ils cédaient la totalité de leurs terres aux Etats-Unis. Alors, entre 1825 et 1836 les Osages quittèrent l’Oklahoma pour aller s’installer au Kansas voisin.

Soumis à la pression des fermiers du Kansas qui exigeaient l’ouverture à la colonisation de toutes les terres indiennes, le Congrès vota en 1870 une loi qui obligeait la tribu Osage à vendre ses terres et à acheter en échange aux Cherokees une réserve dans le nord de l’Oklahoma. C’est cette réserve qui, quelques années plus tard, allait révéler l’incroyable richesse en gisements pétroliers de son sous-sol.

 CatlinLe célèbre peintre, George Catlin a fait le portrait du chef Clermont et a donné de lui une description que l’on peut lire à la bibliothèque du musée Gilcrease de Tulsa (Oklahoma) : « Le grand-chef actuel des Osages est un jeune homme du nom de Clermont, fils d’un chef renommé du même  nom qui vient de mourir en le désignant comme successeur avec le consentement de la tribu. J’ai peint le portrait en pied de ce chef, vêtu de sa plus belle tenue, avec des jambières à mêches de scalps et entre ses mains son redoutable et favori casse-tête. »

chef Clermont

 

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18 mars 2017

Une tradition

Quand les Osages

étaient reçus

à l'hôtel de ville

de Montauban

 

Mairie

 

Depuis la naissance d'OK-OC en 1989, il est une tradition bien établie à Montauban  : celle de faire accueillir les Osages qui nous rendent visite par les élus à l'hôtel de ville . Cette tradition puise son origine en 1829 lorsque l'évêque Louis-Guillaume Dubourg hébergeait en sa résidence les Osages perdus. Cette résidence, l'hôtel particulier d'Aliès, est devenu depuis la mairie de Montauban

La tradition a toujours été respectée par les municipalités successives.

Juin 2007. Retour sur la réception à la Mairie de Montauban de nos invités osages John Maker Big Soldier et Vann Big Horse par Madame Marie-Pierre Pouch, adjointe au maire. Les Osages sont reçus dans la salle des mariages, ancienne chapelle de l'évêque Louis Dubourg qui reçut en ce même lieu, en novembre 1829, leurs ancêtres Petit-Chef, Grand Soldat et Femme-Faucon. Une classe de l'Institut Familial emmenée par leur professeur Marie-Thérèse Debaig, assistait à cette rencontre.Images de cet accueil par Marie-Pierre Pouch, adjointe au maire de Montauban. Jérôme Soufflet tenait la caméra.

 

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11 mars 2017

à vos agendas

LA PISTE DES LARMES

une conférence à Montauban

La Piste des larmes est le nom donné à l'exode cherokee qui a eu lieu pendant l'hiver 1838-1839. En décembre 1835, avec le traité de New Echota signé par une minorité de Cherokees, le territoire de Géorgie est cédé aux États-Unis pour 5,7 Millions de dollars. On y a en effet découvert de l'or et le gouvernement fait pression pour en éloigner les Indiens. Ils sont plus de 18000 à quitter l'est du Mississippi pour le nord-est de l'Oklahoma. Près de 4000 Indiens périssent de froid, de maladie et de faim.

piste larmes

LES DEPORTES D’AMERIQUE

DU PRESIDENT JACKSON (1829-37) AU PRESIDENT TRUMP


Il s’agit de l’expulsion des Indiens en 1838, le «Trail of Tears» autorisé par le président Andrew Jackson à l’encontre d’une décision de la Cour Suprême. L'actuel président américain nous rappelle ce président dans sa façon de faire.

Une conférence sur "La Piste des Larmes" sera présentée par Lisa Neal-Rendall à Montauban le vendredi 17 mars à 19h00 à l'Ancien Collège, salle de projection (entrée gratuite)

Le climat populiste autour du président Jackson évoque l'actualité des Etats-Unis. Cette conférence proposée par l’Association ANGLAIS 82 sera présentée en français par Lisa Neal-Rendall, docteur ès lettres de l'Université de Californie, Berkeley ; professeur dans des universités américaines et françaises et descendante de la tribu Cherokee. Renseignements : 06 82 46 68 75.

Lisa Neal-Rendall : " La piste des larmes est une marche forcée pour expulser des Indiens du sud-est des Etats-Unis vers le territoire qui deviendrait l'Oklahoma. Je suis née en Oklahoma et je fais partie de la tribu Cherokee. J'espère revoir certains membres d'OK-OC que j'ai rencontrés lors d'une visite des Osages à Montauban où j'ai servi d'interprète. Amitiés, Lisa "

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La Femme dans la préhistoire

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signalé par Raphaël Ponce :

Une exposition a lieu en Indre-et-Loire (du 8 mars au 30 novembre) sur le thème de le femme dans la préhistoire : http://bit.ly/2lBNcOZ

d'autres informations intéressantes concernant art & préhistoire :

* Van Gogh et Seurat avaient-ils des prédécesseurs préhistoriques ? >>> http://bit.ly/2lBQUbI  -

" Notons que le pointillisme existait depuis fort longtemps aussi dans l'art des Aborigènes d'Australie dans des peintures rupestres datant de milliers d'années et cet art est encore très vivant aujourd'hui. " R.P.

 * Image de soi en préhistoire - Essais sur les enjeux de la représentation humaine pour les sociétés magdaléniennes >>> http://bit.ly/2lBRIx5

* Des hypothèses intéressantes concernant le rôle des femmes aux temps préhistoriques :

 L’art rupestre du Paléolithique était principalement féminin >>> https://goo.gl/gRRVu5

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Une Question

C'est une question réccurente dans ce blog et elle reviendra épisodiquement jusqu'à obtenir une (des) réponse(s) :

Qu'attend-on à Montauban pour rouvrir un musée de préhistoire et sortir enfin des caisses où elles sont enfermées depuis plusieurs décades dans les réserves du musée d'Histoire naturelle, les magnifiques collections de notre patrimoine préhistorique ? >>>> lire La Dépêche du 9/03/2014

 

lafaye-baton-lion

Lion des cavernes profondément gravé sur bois de renne de l'abri Lafaye à Bruniquel

(dans les caisses du) Musée d'Histoire Naturelle Victor Brun - Montauban

 

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04 mars 2017

Une militante

Erica Pretty Eagle Moore

Un t-shirt pour NODAPL

Erica sera l'une des deux invitées d'OK-OC au "Printemps indien 2017" à Montauban et Paris. Cette jeune personne est une militante engagée dans la cause NODAPL (No Dakota Access to the Pipe Line), ce projet d'un oléoduc qui traverse la réserve sioux de Standing Rock (Dakota du Sud), passe sous la rivière Missouri et menace l'environnement, notamment l'eau potable.

Depuis des mois, non seulement les Lakotas (Sioux) mais des centaines d'autres nations amérindiennes -- dont les Osages -- manifestent pacifiquement leur opposition à ce funeste projet qui profane des territoires sacrés et menace dangereusement la qualité de vie de la population autochtone. L'ancien président Obama avait interrompu les travaux. Le nouveau président vient de relancer le chantier. La mobilisation continue donc.

Erica qui est étudiante en art et cinéma à l'université a créé une affiche sur le thème "Protégeons notre mère la terre - L'eau c'est la vie".

 

création d'Erica Pretty Eagle Moore

eau vie 2

eau vie 3

Le thème se décline selon une ligne de t-shirts qu'elle a mis en vente au profit de l'organisation NODAPL. Elle vient de lui verser une somme de plus de 3 000 $

Erica Pretty Eagle Moore présente sa ligne de t-shirts

Pour voir le diaporama du t-shirt sur le site d'Erica, cliquez ici

 

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Nous recevons de notre correspondant Raphaël Ponce des liens vers les dernières pétitions d'Amnesty International concernant Standing Rock et le projet ranimé par le nouveau président de poursuivre la construction d'un oléoduc menaçant la sécurité et la santé des peuples amérindiens

 1 - Condemn President Trump’s Action on the Dakota Access Pipeline >>> http://bit.ly/2lBMuBm

2 - Demand Human Rights at Standing Rock >>> http://bit.ly/2lBMAcu

 

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Lu dans Charlie Hebdo

A LA HACHE

Charlie

Quatre banques françaises* prêtent de l'argent à la société américaine qui construit l'oléoduc voulu par Trump sur les terres sioux du Dakota. Deux d'entre elles tentaient il ya un an de faire amende honorable en fermant leurs succursales des îles Caïmans. En faisant la guerre aux Indiens, elles continuent à se comporter comme des hors-la-loi du Grand Ouest, mercenaires à la solde du plus grand bandit manchot. Le scalp de Trump ne vaut rien s'il porte untoupet...       S. Vinson

* Crédit Agricole, Natixis, Société Générale, BNP Paribas (rédac' du blog)

 

 

 

 

 

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25 février 2017

Une belle cérémonie

On a fumé le calumet

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Ce fut une belle cérémonie ! Ce vendredi 29 septembre 2006 en fin d’après-midi on a fumé le calumet à Albias. C’était sur la terre indienne qui venait d’être dédiée à la tribu Stoney/Nakota. Kevin Mustus dirigeait la cérémonie. Assis en cercle sur la terre indienne une douzaine de personnes fumaient la pipe de paix afin de sceller l’événement selon le rite des Indiens d’Amérique. Auparavant le maire avait évoqué les liens d’amitié et de reconnaissance qui unissent depuis seize ans la commune d’Albias aux diverses tribus qui l’ont visitée en insistant notamment sur la part prise par les Indiens à la Libération de la France.

Kevin Mustus & Clifford Moar

    Ce même soir Clifford Moar de la tribu Innu (Montagnais) du Québec rencontrait les familles d’Albias à la salle des fêtes, complétant ainsi une semaine au cours de laquelle il avait passé une demi-journée avec les enfants de chacune des deux écoles primaires. Rencontres mémorables qui avaient attiré leur attention sur les valeurs fortes des peuples amérindiens, en particulier celle du respect d’autrui, de soi-même et de tout ce qui vit. La plume d’aigle, puissant symbole de cette valeur de respect, avait circulé de main en main conférant à chaque enfant qui la tenait une gravité inhabituelle. Une expérience qu’ils n’oublieront pas.

    Comme chaque année, l’association OK-OC organisatrice de cette semaine indienne mettait l’accent sur la philosophie des Indiens d’Amérique qui nous concerne tous en tant que citoyens, parents ou grands-parents. Une formule la résume ; elle est inscrite sur la plaque de la terre indienne : « La terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre. »

Kevin Mustus

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18 février 2017

Sacajawea

A la suite de l'article paru la semaine dernière (La squaw, Lascaux), Raphaël Ponce, l'un de nos visiteurs réguliers a mis un commentaire très intéressant dont je tiens à recommander chaleureusement la lecture à tous nos visiteurs habituels ou occasionnels.

L'article de cette semaine évoque le rôle d'une Indienne dans l'exploration de l'Ouest américain.

Sacajawea

Un dollar pour Sacajawea

sacajawa1Après le timbre-poste émis en 1998, les Etats-unis ont émis en l’an 2000 la pièce de 1 dollar frappée à l’effigie de cette jeune Indienne Shoshone de 16 ans qui avait guidé dans le labyrinthe fluvial américain l’expédition de Lewis et Clark. Chargée de reconnaître un passage jusqu’au Pacifique, l’expédition historique était partie de Saint Louis en 1804 (l’année qui avait suivi l’achat de la Louisiane) avait atteint l’océan Pacifique et n’était revenue qu’en 1806.

http://p7.storage.canalblog.com/71/60/247410/30706895_p.jpg

sacajawea

Sacajawea était l’épouse d’un trappeur Canadien qu’elle accompagnait, Toussaint Charbonneau (né le 2 mars 1767 à Boucherville, province de Québec), un homme fruste et violent avec qui elle avait eu un bébé dont elle s’occupa pendant toute l’expédition. Son sens aigu de l’orientation lié à une mémoire prodigieuse des lieux par lesquels elle était passée avec sa tribu dans le courant de sa jeune existence, avaient fait de Sacajawea une guide exceptionnelle responsable, en grande partie du succès de l’expédition. L’hommage qui lui est rendu est donc amplement mérité. Seul peut choquer le symbole du dieu dollar, responsable de tant de malheurs.

Notre regettée présidente d'honneur, Mrs Angela Robinson, membre de la tribu Osage, était une descendante de Sacajawea du côté maternel.

LA VIE D'OK-OC

Toute vie est éphémère, mais toute vie est précieuse. OK-OC fêtera ses 28 ans cette année. Beaucoup d'eau est passée sous le Pont Vieux de Montauban et des centaines d'Osages ont marché dessus. Oui, ce n'est en rien exagéré de l'écrire. Quand on sait qu'en 1990, alors qu'OK-OC fêtait tout juste sa première année d'existence, un groupe de quarante-trois Osages séjournait à Montauban et parcourait une bonne partie de la région Occitanie en dix-huit jours ; quand on découvre que plusieurs groupes d'une vingtaine de personnes, des Osages mais aussi d'autres Américains, ont promené leurs mocassins dans la cité d'Ingres, de Bourdelle, de JanBon Saint-André et de Frédéric Cayrou ; quand on apprend que des familles entières venues d'Amérique ont découvert les richesses de notre patrimoine historique et culturel, alors oui, on peut le dire sans fausse modestie, OK-OC a le sentiment d'avoir bien servi à l'international la cause de Montauban et plus largement de l'Occitanie.

Mais aujourd'hui OK-OC cherche son deuxième souffle. Depuis bientôt dix ans, ce blog témoigne des échanges culturels qui se produisent entre l'Occitanie et l'Oklahoma. Pour que l'on puisse continuer il faut des forces vives et des nouvelles idées. Ceux de nos visiteurs parmi le plus assidus qui désireraient s'impliquer dans la vie de notre association sont les bienvenus. On peut participer à la vie d'OK-OC sans résider à Montauban. Aujourd'hui les moyens modernes de communication le permettent.

Pour adhérer à OK-Oc

Il faut en faire la demande adressée avec ses coordonnées géographiques et électroniques au président d'OK-OC : Gérard Massip / 18 rue du Trapèze / 82000 Montauban --- tél 05 63 63 05 24

Il y a aussi bien sûr une cotisation annuelle de 18 € (simple) ou 25 € (couple).

Paiement par chèque libellé à l'ordre de OKLAHOMA-OCCITANIA  et adressé au président Massip

Merci à tous nos visiteurs (adhérents ou non) qui nous font l'honneur de nous accompagner sur le sentier de la paix et de l'amitié entre les peuples.

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11 février 2017

féminisme

LA SQUAW ? LASCAUX !

S'il est un terme banal pour désigner les femmes indiennes c'est bien celui de " squaw ". (On prononce  skwo) Eh bien, chers amis lecteurs de cet article, je vous engage désormais à le bannir de votre vocabulaire au même titre que " Peaux-Rouges " Ces termes sont péjoratifs, humiliants pour les personnes auxquelles ils  s'appliquent, et sont pourtant très répandus. En témoigne la photographie ci-dessous, certainement prise par un Blanc qui lui a donné son titre. Elle fait partie de la collection du musée tribal osage de Pawhuska (Oklahoma)

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Le terme de squaw appartient au groupe linguistique algonquin (tribus de l'est américain). Les premiers explorateurs français l'utilisaient pour désigner les "femmes autochtones du Nord"

Dans les langues algonquines le mot squaw désigne le vagin. Dans la langue des Mohawk (Iroquois) le mot otsikwaw signifie les organes génitaux féminins. Les premiers commerçants de fourrure avaient raccourci en squaw parce que cela représentaient ce qu'ils convoitaient des femmes mohawk.

Le mot a pris par la suite un sens plus moderne et non moins péjoratif : prostituée.

Traversons l'Atlantique et les millénaires

 

vénus

 

La Vénus de Laussel ou Vénus à la corne est une statue paléolithique datée de 25 000 ans avant notre ère. Elle représente un personnage féminin nu tenant dans sa main droite un objet interprété généralement comme une corne de bison

 laussel3

La corne d'abondance, symbole de fécondité. La femme serait-elle ici aussi réduite à sa fonction procréatrice ?

Laussel en Périgord est situé à quelques kilomètres de Lascaux, à quelques milliers de kilomètres des Amériques et à quelques millénaires des pauvres petites " Osages Squaws ". Alors, Lascaux-La Squaw, même combat ?

 

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04 février 2017

un guerrier kiowa tombé en Lorraine

La dernière cérémonie

 

Vanessa Pokeigope Jennings (tribu Kiowa) : 

Vanessa Jennings avec un porte bébé

 

 

Il y a de nombreuses années, mon grand-père Stephen Mopope assistait aux cérémonies du culte du peyotl. La dernière d’entre elles eut lieu pendant la deuxième guerre mondiale.
La plupart de mes oncles et autres parents furent envoyés en Europe ou sur le théâtre des opérations du Pacifique aussitôt après avoir terminé leur instruction militaire.
Cependant, quelques-uns revinrent dans leur famille avant d’être envoyés outre-mer. Mes grands-parents en profitèrent pour préparer des rituels et cérémonies importantes pour la protection des guerriers dans les combats.

Peyote meeting
Une cérémonie du peyotl fut dédiée à l’un de mes oncles. Ma grand-mère était occupée à faire la cuisine ainsi qu’à d’autres préparations de cet événement important. Le Tipi et les objets rituels étaient prêts. Cette nuit-là tout se présentait bien.
Cependant, au matin, il sembla évident à tous que quelque chose d’important venait de se produire au cours de la cérémonie. Ma grand-mère était joyeuse et enthousiaste. Elle s’approcha de mon oncle avec fierté et amour. Mon oncle se leva et la regarda avec une grande tristesse. « Tante Jeannette, lui dit-il, je veux vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je vous en suis très reconnaissant »

Surprise, ma grand-mère répondit : « Eh, ne parle pas ainsi… Quand tu reviendras… »
Mon oncle la prit fermement dans ses bras et lui dit : « Je ne reviendrai pas… Pas vivant ! Ils ramèneront mon corps ! Je l’ai vu dans le feu cette nuit. Je ne reviendrai pas. C’est pourquoi je vous dis maintenant combien je vous suis reconnaissant pour tout ce que vous et mes oncles avez fait pour moi. » Puis il se retourna et partit.
Une grande tristesse envahit le cœur de ma grand-mère. Elle s’approcha de mon grand-père qui était assis face à l’est. Son visage ruisselait de larmes, aucun mot ne sortait de sa bouche. Seul le vent de l’Oklahoma troublait le silence. Peu après mon grand-père parla : « la nuit dernière tout allait si bien. Les prières étaient ferventes et les chants se succédaient. Alors, cette medecine me parla : « toi et ton garçon, soyez forts, je vais vous montrer quelque chose. Regardez mon feu. »

Peyote meeting 01


 Et mon grand-père dit : « je regardai et je vis le cercueil de mon garçon recouvert de notre drapeau américain. C’était terrible. Aussi longtemps que je vivrai, je fais le vœu de ne plus jamais participer à une cérémonie du peyotl ! Je ne suis plus assez fort pour supporter ce que me montre cette médecine. »

Le caporal Lyndreth Leon Palmer, de l’Armée des Etats-Unis, Deuxième guerre mondiale, 10ème division blindée (la division Tiger), 3ème Armée fut tué au combat le mardi 5 décembre 1944. Le caporal Palmer était né prés de Redstone au sud-ouest d’Anadarko (Oklahoma). Il avait été affecté au 21ème bataillon de chars de combat. Il débarquait à Cherbourg le 10 septembre 1944. Il connut le baptême du feu en octobre près de Mars La Tour où l’armée ennemie fut mise en échec. A la mi-novembre l’offensive fut lancée. La Moselle fut traversée à Malling d’où la division mit le cap sur la Sarre au nord de Metz. Ce fut au cours de cette opération que l’oncle Lyndreth Palmer fut tué dans une patrouille de reconnaissance. Il fut le premier militaire Kiowa tué au combat.

 

purple heart

 

 

Mon oncle a été décoré de la valeur militaire à étoile de bronze et de la croix de « Purple Heart ».

 Dorothy Whitehorse et Lamy Asepermy, mes proches parentes font de mon oncle un portrait émouvant : celui d’un jeune homme qui aura éternellement 22 ans.

 

Lyndreth L

Sa tombe se trouve au cimetière de Saint-Avold dans la Moselle, carré J, rangée 25, tombe n°15. Mon ami Christian Klesper qui est professeur, ses étudiants et ses amis s’occupent de la tombe de mon oncle. Des fleurs fraîches y sont déposées le 4 juillet, jour de notre fête nationale, le 11 novembre, le jours de la fête des mères américaines, le 14 juillet, le jour de son anniversaire (14 mars 1917) ainsi qu’en d’autres jours fériés américains et français.

Mon grand-père, Stephen Mopope, mourut en 1974. Il tint parole : plus jamais il ne participa à une cérémonie du peyotl. A ses funérailles, le président du Chapitre kiowa de la Native American Church fit son éloge. Il portait, ainsi que les autres hommes, la couverture rouge et bleue du rite du peyotl lorsqu’ils vinrent lui rendre le dernier hommage. Ce fut un dernier adieu d’une grande dignité. C’est ma grand-mère Jeannette Berry Mopope, qui m’a raconté tout cela avant sa mort en juillet 1970.

 Vanessa Paukeigope Jennings

kiowa

Les quatre frères Palmer.

De gauche à droite : George, Gus, Dixon et en médaillon Lyndreth Palmer, tué au combat en France
et enterré au cimetière américain de Saint Avold (Lorraine)
(tribu Kiowa, Fort Cobb, Oklahoma)
 

 

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28 janvier 2017

Sam Begay

 Un grand homme-médecine

Sam Begay

 Marie-Claude Strigler

Sam Begay, un grand homme-médecine Navajo nous a quittés le 13 janvier dernier. Il faisait partie de l’Association des  hommes-médecine navajo, dont  le nombre ne cesse de se réduire. En effet, l’apprentissage des rites guérisseurs traditionnels demande d’énormes efforts de mémorisation. Il s’agit de se  souvenir de centaines de prières, de chants, et de nombreuses peintures de sable. Les jeunes, qui doivent aujourd’hui avoir des emplois salariés, peuvent difficilement consacrer assez de temps à ce long apprentissage.

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Qui était Sam Begay ? Sa vie est loin d’avoir été linéaire : jeune, il a été envoyé dans des écoles-pensionnats où il a appris le métier de plombier. Il était fier d’annoncer qu’il était « plombier diplômé ». Ce fut d’abord l’école de mission de Ganado, en Arizona, puis l’école biblique évangélique de Phoenix. Ces écoles étant tenues par des missionnaires chrétiens, il a été chrétien… Après la deuxième guerre mondiale, il s’est engagé dans l’armée et a été stationné en Allemagne dans les années 1950, ce qui lui a ouvert les yeux sur le monde extérieur et l’a amené à réfléchir. Résultat ? De retour dans la réserve, il est revenu à la tradition et a commencé le long apprentissage pour devenir homme-médecine et mettre son savoir  au service des autres. Il avait une  connaissance approfondie de la spiritualité navajo, qui lui a permis de participer activement au développement du droit coutumier de la tribu et d’être membre de la  Commission pour la réforme du gouvernement tribal.

rituel de la peinture de sable par Sam begay

Il était très préoccupé par la disparition des traditions et des rites  guérisseurs (auxquels les Navajos font toujours très souvent appel) et a souhaité faire connaître sa culture et  la partager, y compris en  Europe. C’est pourquoi il a accepté plusieurs fois de venir en France, à Paris, à Limoges, à Die dans la Drôme, et la dernière fois à Paris où il a fait une conférence au Musée du quai Branly – Jacques Chirac, à la fin de laquelle il a tenu à faire une prière de bénédiction pour le public, qui était subjugué. Il était avec sa femme Aileen, qui est « diagnostiqueuse », déterminant l’origine des maladies par la méthode de la main tremblante.

Aileen et Sam Begay

Pour se présenter, comme tout bon Navajo, il devait annoncer le clan auquel il appartenait. Sam était donc du clan de la Grande Eau, et il était « né pour » le clan du père, c’est-à-dire pour le clan du peuple des Joues rouges (l’ocre rouge dont ils se peignent les joues pour les cérémonies). Il se définissait aussi par le clan des grands-parents : ses grands parents maternels étaient du clan des habitants des falaises, et ses grands parents paternels étaient du clan de l’eau amère. Enfin, n’oublions pas de citer son arrière-grand-père, Ganado Mucho (nombreux bétail), l’un des célèbres  chefs qui ont négocié le retour des Navajos en 1868 dans une réserve située sur une partie de leur ancien territoire, entre leurs quatre Montagnes sacrées,  après quatre années de déportation à Bosque Redondo.

Aileen et Sam Begay

Marie-Claude Strigler et Sam Begay

Nous avons connu Sam Begay au début des années 1990 et, après une petite période de méfiance, nous sommes devenus assez proches pour qu’il souhaite que nous enregistrions nos conversations sur les mythes navajos, sa vision du monde, sa pratique de la cérémonie de la Voie de l’Ennemi, un rite guérisseur pratiqué pour les guerriers qui revenaient du combat*. Après la fin des guerres indiennes, cette cérémonie avait pratiquement disparu et a connu un renouveau avec la guerre du Vietnam, et les  interventions américaines en Irak, en Afghanistan… Il a aidé des jeunes Navajos de retour en Amérique à retrouver leur équilibre.

M-C. S.

Marie-Claude Strigler, Sam et Aileen Begay

photos : Edgard Strigler

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Navajo_MC5* Moi, Sam Begay homme médecine navajo - Marie-Claude Feltes-Strigler -  OD. éditions - Indiens de tous pays (collection Nuage rouge)

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21 janvier 2017

Printemps indien 2017 d'OK-OC

Deux ambassadrices

de la tribu Osage

invitées par OK-OC

en mai 2017

 

Comme nous l'annoncions précédemment, notre association Oklahoma-Occitania présentera cette année une exposition à Montauban du 20 mai au 2 juin (à vos agendas)

Cette expo se tiendra à l'ancien collège de Montauban, salle Pawhuska. Et pendant cinq jours (du 16 au 21 mai) nous aurons le plaisir d'accueillir deux personnes qui représenteront le peuple osage. Du 21 au 24 mai elles seront à Paris

Il s'agit d'Erica Pretty Eagle et de Terry Mason Moore

Erica Pretty Eagle01

Erica est une ancienne princesse de la tribu Osage. Elle est venue à Montauban en septembre 2009 avec la délégation officielle conduite par le chef principal Jim Gray. Elle est aujourd'hui étudiante en cinéma à l'université du Colorado et aussi mannequin de mode. En deux ou trois occasions elle portera la tenue traditionnelle de mariée osage (à vos caméras)

 

Terry Mason Moore

 

Terry est la mère d'Erica. Elle est avocate et juge tribal. Elle a aussi été chef assistante de la tribu Osage

Bien entendu nos deux invitées ne seront pas présentes en permanence à l'exposition. Nous vous en indiquerons les jours et heures précises quand leur programme aura été établi.

Nous comptons sur votre présence

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