Oklahoma-Occitania

05 octobre 2019

l'avenir de nos enfants

Plaidoyer pour nos enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants


JUSQU'À LA SEPTIÈME GÉNÉRATION !

 

 

septième génération

 

Le concept amérindien de la « septième génération » ─ ne rien entreprendre qui puisse porter préjudice aux générations futures jusqu’à la septième génération ─ interpelle les générations actuelles.
Outre les questions de pollution de la planète, d’agressions du milieu naturel, d’effet de serre, etc. se posent également de graves problèmes économiques, démographiques, éthiques.
Le temps n’est plus où seuls quelques spécialistes, professionnels de l’économie, de la politique, de la finance, du droit et de la science peuvent décider de tout sans en référer aux peuples et, à plus forte raison, sans y puiser leur inspiration.
Une véritable démocratie exige la participation de tous, à tous les échelons. Cette exigence est elle-même tributaire d’un niveau élevé de conscience à l'échelle planétaire.

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C'est à un autre concept des Indiens d'Amérique qu'il faut se référer : celui des Guerriers de l'Arc-en-Ciel.
Selon une légende cherokee – partagée par de nombreux autres peuples autochtones d'Amérique – « Il fut dit également que plus tard, l’esprit des Indiens trouverait refuge à travers différentes races. Elles prendraient conscience que nous formons une seule et même famille sur cette terre. Alors, quelle que soit leur origine, ces guerriers de l’Arc-en-Ciel apporteraient de grands changements quant à la manière de vivre en harmonie avec la Création et avec tous les êtres humains. » Heyoehkak Merrifield (prophète cherokee)

rainbow warrior_2
Alors, que faire ?
En parler d'abord, partout et en toutes occasions. Convaincre de la gravité et de l'urgence de la situation. Sept générations c'est plus d'un siècle. Nous n'avons plus ce temps devant nous.
Manifester ensuite, par milliers puis par millions pour exiger d'être écoutés et entendus.
Nous préparer à de grands changements. Ce ne sera pas sans mal. Il faudra accepter et faire accepter de consommer autrement et pour cela de produire autrement. Bannir la publicité, la mode, le gaspillage. Promouvoir la tempérance, la parcimonie, la modestie et la modération.
Peut-être trouvons-nous ce futur proche bien triste. Priver d’avenir nos petits-enfants le serait encore davantage.

 

septième génération_2

 

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28 septembre 2019

avant première

WARRIOR WOMEN

 

WARRIOR WOMEN_Madonna Thunder HawkMadonna Thunder Hawk

 

Dans le cadre de "l'année de ses trois anniversaires", l'association Oklahoma-Occitania et le cinéma La Muse de Bressols vous proposent en avant-première de voir le film WARRIOR WOMEN. Le mercredi 9 octobre (21h) en deuxième partie après le documentaire SEPTEMBRE EN OKLAHOMA (18h30).

WARRIOR WOMEN, c'est le combat pour les droits des peuples amérindiens qu'une « femme-guerrière » des temps modernes (Madonna Thunder Hawk) poursuit sans relâche avec ses compagnes depuis cinquante ans. De l'occupation de l'île d'Alcatraz en 1969 jusqu'aux manifestations contre l'oléoduc de Standing Rock en 2016 en passant par le violent conflit de Wounded Knee en 1973. Warrior Women montre non seulement une perspective de l'histoire à travers le regard des femmes, mais examine également l'impact politique que ces combats ont eu sur leurs enfants qui en ont été les premiers témoins.
A noter que ce film sort sur les écran français le 16 octobre, une semaine après LA MUSE.
Cinéma La Muse, route de Lavaur, Bressols. Renseignements: 06 70 93 89 27

Ce qui est proposé à LA MUSE de BRESSOLS
le mercredi 9 octobre à partir de 18h30 est donc une


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22 septembre 2019

L'été indien 2019 : on continue !

L'année des trois anniversaires

SEPTEMBRE EN OKLAHOMA

WARRIOR WOMEN

HOMMES ROUGES,FILS DE LA TERRE

 

Après un mois de mai et  un printemps indien fertile en événements nous voici en automne où nous célébrons habituellement l'été indien. Cette année ce ne sont pas moins de deux événements consécutifs que nous vous proposons.

Le mercredi 9 octobre-18h30

SEPTEMBRE EN OKLAHOMA

au cinéma LA MUSE de Bressols

à l'entrée sud de Montauban,

un documentaire de Francis Fourcou tourné dans la réserve des Osages en Oklahoma :. La projection sera suivie d'un débat avec le réalisateur Francis Fourcou et OK-OC. Après l'entracte à 21h un second film sera projeté en avant-première WARRIOR WOMEN (la sortie sur les écrans français est annoncée pour le mercredi suivant 16 septembre) Il s'agit donc d'un privilège dont nous font bénéficier l'association EIDOS, gestionnaire de La Muse et le distributeur LARDUX FILMS que nous tenons à remercier ici.

affiche_lA MUSE

Cinéma La Muse /Association Eidos
Route de Lavaur
82710 BRESSOLS
Tel. 05 63 63 44 74

www.lamusecinema.org
https://www.facebook.com/lamusecinema?ref=hl
www.eidoscinema.org
Le vendredi 11 octobre-20h30.
HOMMES ROUGES, FILS DE LA TERRE
Salle des Augustins à Montauban.
Un concert poétique en forme de blues amérindien donné par la compagnie des Baladins d'Icarie de Toulouse.
" Le message que nous envoient toujours les Indiens d'Amérique est de la plus brûlante actualité si nous voulons que nos enfants aient encore un avenir sur cette terre [...] C'est tout cela que nous donnons à entendre et à voir dans ce concert poétique. " (Les Baladins d'Icarie)

affiche_BLUES AMERINDIEN

 

14 septembre 2019

Le sort des Indiens de Buffalo Bill

 

Buffalo Bill (5)

QUAND

 TARTARIN DE L'IOWA

 SEMAIT "SES" INDIENS

 EN ROUTE

 Indiens de Buffalo Bill

Voici aujourd'hui le cinquième épisode du feuilleton des aventures  du Tartarin de l'Iowa, plus connu dans le monde du spectacle de cirque sous le nom de Buffalo Bill. Il ne saurait être question  ici de raconter la totalité des deux tournées qu'il fit en Europe. Nous évoquerons, en revanche, les traces durables qu'il a laissées  et qu'incarnent les descendants en France d'Indiens de sa troupe "perdus" en chemin.

 Ces descendants ont longtemps recherché leur identité que leur entourage avait plus ou moins dissimulé. Deux d'entre eux, au moins, l'ont retrouvée et assumée. Ils sont au cœur du sujet d'un documentaire tourné en novembre 2011, en partie à Montauban, par un réalisateur canadien : Patrick Bensen.

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Patrick Bensen

Ce documentaire en deux versions, française et anglaise, intitulé Finding Identity, a été projeté au Canada et aux USA. Voici la présentation que Patrick Bensen fait de Buffalo Bill et des descendants de ses Indiens perdus en Europe :

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« Comme le vieux Bill avait toujours un œil sur le porte-monnaie, il proposa aux tribus de se joindre  à lui dans le Wild West Show. Un succès pour les Blancs, mais une mascarade dans l'histoire des Premières Nations. En 1890, il quitta l'armée pour "montrer les sauvages" aux Européens. Il enrôla les Indiens pour une tournée européenne.

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Comme il ne les nourrissait pas, ne les payait pas et les laissait mourir partout en Europe, les guerriers des Plaines s'échappèrent pour tenter leur chance là où ils se trouvaient. Des centaines de Sioux et d'autre nations avaient l'espoir de nourrir leurs familles avec l'argent qu'on leur avait promis. Ils ne savaient pas que la plupart d'entre-eux ne reverraient jamais leur patrie.

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Tous les soirs, après le spectable, le vieux Bill perdait ses "sauvages". Comme l'Europe n'avait aucune loi contre eux, Cody ne pouvait rien faire. En 1906, les Sioux Lakotas qui s'échappèrent dans le sud de l'Europe (à Gènes, en Italie) eurent la chance de trouver de l'aide des populations locales.

 

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D'autres n'eurent pas cette chance. Quatre générations plus tard, on me rapporta cette histoire insolite et je décidai alors d'aller voir sur place si je pouvais trouver des descendants. Et j'en ai trouvé, en France sur la côte d'azur. » Patrick Bensen - Finding Identity - version française

Les descendants

Catherine Masset

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Catherine Masset, psychanalyste, descendante de Sioux-Lakota et son mari

Wanblee La Tanka

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Wanblee La Tanka, producteur de spectacles, descendant de Sioux-Lakota

 

Baroncelli1Rappelons, pour terminer, l'amitié du marquis Folco de Baroncelli et de Jacob White Eyes, un Lakota du Wild West Show. Ce gentilhomme camarguais, ami de Frédéric Mistral, avait rencontré White Eyes lors du passage du cirque à Marseille en 1905 et avait longtemps correspondu avec lui.

Baroncelli était aussi un éleveur de taureaux camarguais et se réclamait volontiers de la culture guardiane. Son intérêt pour les Indiens d'Amérique et leurs cultures qu'il observait depuis la sienne, provençale, donc occitane, son attirance pour la culture gitane qui l'avait incité à prendre la défense du peuple Tsigane et de l'aider à organiser les grandes rencontres annuelles des Saintes Marie de La Mer, ne sont pas sans rappeler la démarche d'OK-OC qui, sans le savoir et plus de trois-quarts de siècle après, a marché sur les mêmes traces. Signe sans doute que la piste était bonne.

Enfin un roman passionnant, traduit de l'américain, reprend ce thème de l'Indien, perdu en route par le cirque Tartarin.

Il s'agit de " A la grâce de Marseille " de James Welch paru chez Albin Michel en 2001

 

 

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10 septembre 2019

Le cheval blanc de Buffalo Bill ?

Le sabot du cheval

 de Buffalo Bill

est à Montauban

 

Cheval de Buffalo Bill

Voici aujourd'hui le quatrième épisode de notre feuilleton des aventures  du Tartarin de l'Iowa, plus connu dans le monde du spectacle de cirque sous le nom de Buffalo Bill. Nous nous contenterons pour cela de reproduire un article de Frédéric Cayrou (1879-1958), docteur vétérinaire en charge de la cavalerie du Wild West Show, équilibriste, romancier, auteur de théâtre, ardent défenseur de la langue occitane et... sénateur de Tarn-et-Garonne (de décembre 1946 à juin 1958).

L'article est paru dans le mensuel CALAMUS de juin 1950

Frédéric Cayrou

Calamus[...] « Dix ans après mon séjour au cirque Buffalo Bill, au cours d'un voyage dans le Nouveau Monde, j'ai revu le colonel Cody dans l'Etat d'Oklahoma, où il se livrait encore aux mêmes exercices.

Il avait beaucoup vieilli, mais il avait conservé cet air de grandeur et de noblesse que j'avais admiré à notre première rencontre. D'émouvants souvenirs remontèrent en foule : nous avions dû abattre à Marseille tout son effectif de cavalerie en raison d'une épidémie de morve. Buffalo Bill n'avait pas oublié que son beau cheval Prince n'avait pu être épargné. A la suite de quoi je prélevai le sabot antérieur droit que vous avez vu sur mon bureau, mon cher Calamus, et qui me vaut aujourd'hui le plaisir d'évoquer pour vos lecteurs le souvenir d'une époque pour moi particulièrement heureuse, puisque j'avais alors 25 ans !  » (d'après Frédéric Cayrou)

 

 

 

 

 

sabot

Le sabot dont il est question dans cet article est toujours à Montauban chez un membre de la famille Cayrou. Un peu de Prince est donc resté à Montauban après y être passé le 12 octobre 1905. Il aurait donc, sans l'avoir voulu, anticipé la réplique de Lino Ventura (dans "les tontons flingueurs") :

Lino

Suite du feuilleton de ce passage à Montauban du WWS de Buffalo Bill dans le cinquième et dernier épisode samedi prochain

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07 septembre 2019

Les aventures de Tartarin de l'Iowa

Tartarin et le sénateur

Frédéric Cayrou

Frédéric Cayrou, vétérinaire, auteur et... sénateur de Tarn-et-Garonne

 Nous livrons aujourd'hui le troisième épisode de notre feuilleton sur les aventures  du Tartarin de l'Iowa, plus connu dans le monde du spectacle de cirque sous le nom de Buffalo Bill.

 C'est le Tarn-et-Garonnais Frédéric Cayrou, poète, romancier et homme de théâtre bilingue occitan-français, qui nous livre le récit de sa rencontre avec le colonel Cody, au temps où il était vétérinaire de sa cavalerie (500 chevaux, écrit-il par ailleurs) à Aubagne en 1905. C'est l'année de sa tournée du Wild West Show. 

L'article ci-dessous est paru dans le mensuel le CALAMUS (n°3 - juin 1950). On notera, à travers l'exposé du narrateur [ Frédéric Cayrou ], la vision européenne du problème indien, relevant ordinairement d'une fatalité historique, contrastant avec l'auréole coiffant le massacreur de bisons. De quoi se méfier des légendes !

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Tartarin cerné par les Indiens

« Lorsque le colonel Cody, surnommé Buffalo Bill, vint en France en 1905 avec sa troupe de Peaux-Rouges et de cow-boys, j'entrai à son service en qualité de vétérinaire afin d'aplanir et de régler rapidement toutes les formalités sanitaires inhérentes à des déplacements quotidiens d'une cavalerie de 400 chevaux [...]

Buffalobill03

C'est à Montpellier que je me suis présenté à lui. Il était assis sous une tente dressée à la mode indienne [...] Je me crus transporté du coup dans le royaume de Fenimore Cooper, au milieu des Mohicans. En m'apercevant, Buffalo Bill se leva, vint à ma rencontre et me souhaita la bienvenue : "very glad to meet you, sir"

Il avait dépassé la soixantaine, autant que je pus en juger. D'une très haute stature, admirablement proportionné, il avait, par sa souplesse et sa prestance, conservé toutes les allures d'un homme de quarante ans. Il était vêtu d'une veste en peau de daim et chaussé d'une paire de bottes en cuir jaune très souple qui remontait jusqu'aux genoux. Sur la table à côté de lui, il avait déposé une paire de gants à crispins, frangés de fines lanières de cuir.

Ce qui me frappa à cette première rencontre, ce fut son étonnante ressemblance avec Mistral, le poète de Maillane.

 

Buffalo Bill et Frédéric MistralTartarin Bill (dit Buffalo) et Mistral Gagnant (dit Frédéric)

De son vaste chapeau de cow-boy, un stetson beige clair, d'irréprochable facture, s'échappait une longue chevelure grisonnante retombant en boucles sur ses larges épaules. Front découvert, yeux bleus, moustache et barbe taillée "à l'impériale" tous ses traits reflétaient une grande noblesse. C'était, si je puis dire, un bel échantillon d'humanité [...]

Telle fut ma première prise de contact avec Buffalo Bill, au cours de laquelle je signai avec lui un contrat qui m'attribuait les appointenants fabuleux de 1200 francs par mois. » Frédéric Cayrou

 Un sénateur hors du commun

 Vous en connaissez, vous, beaucoup de sénateurs possédant d'aussi multiples facettes que ce que montra le nôtre : Frédéric Cayrou (1879-1958), docteur vétérinaire, romancier, auteur de théâtre, ardent défenseur de la langue occitane, grand voyageur, acrobate de cirque et... sénateur de Tarn-et-Garonne (de décembre 1946 à juin 1958). Un véritable kaléidoscope ! (J-C. D.)

 FredericCayrou2

Frédéric Cayrou : un sénateur qui savait inverser les situations

Demandez donc aux sénateurs de votre département, après leur avoir montré cette image, s'ils sont capables d'en faire autant. Ils vous répondront (peut-être) qu'ils savent se livrer à d'autres pirouettes. Nous attendons les résultats du sondage et nous les publierons ici-même... Foi de Tartarin !

La suite des aventures du Tartarin de l'Iowa au prochain numéro

 

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03 septembre 2019

Le cirque Tartarin à Montauban

Le cirque Tartarin

Buffalobill1

Tartarin de l'Iowa (lire notre précédent article), alias William F. Cody, alias Buffalo Bill, après maintes aventures dans les Prairies du Far-West, s'était lancé dans le business du chapiteau itinérant entraînant avec lui cowboys, Indiens et intrépides cavaliers. En 1905, trois trains spéciaux convoyaient ce fabuleux équipage de ville en ville. Celles de la France occitane faisaient partie de l'itinéraire : de Marseille à Toulouse en passant par ... Montauban.

Buffalobill6

 

buffalo bill 02

Nous ne raconterons pas toute l'histoire de ce show à l'américaine. Nous nous contenterons ici de relater son passage à Montauban. C'était le 12 octobre 1905, une date anniversaire... Vous avez trouvé ? 12 octobre 1492 : les trois caravelles de Christophe Colomb mouillent en vue des côtes d'Hispaniola (aujourd'hui Haïti et Saint Domingue). C'est cette date que l'on commémore chaque année aux Etats-Unis sous le nom de "Colombus Day". Les Indiens organisent ce même jour des contre-manifestations discrètes et pacifiques comme l'indique cette affiche :

colombusl

La ville de Montauban, donc, recevait ce jour-là le Grand Cirque Tartarin. C'était un bon jour pour le tourisme local.

 

buffalo bill à montauban

La publicité annonce « 100 braves Peaux-rouges produisant un saisissant spectacle historique de guerre sauvage : la bataille de Little Big Horn ». L’immense déplacement comprenait aussi des Indiens de la Cordillère des Andes, des Arabes, des Japonais, des Cosaques, etc. Au total 1300 participants !

Tous les journaux montalbanais évoquèrent l’événement et il me paraît utile de revenir sur l’analyse produite par Édouard Forestié dans le journal royaliste : le Ralliement : « Après Barnum, le colonel Cody est venu nous donner un échantillon de ce que peut faire le génie américain pour soutirer de l’argent aux populations ». Le colonel Cody  en donna tout de même un petit peu (d’argent) et en particulier au journal Le Ralliement à travers d’immenses publicités, coutume inconnue à l’époque à Montauban pour un événement "culturel" !»Tout l’article  insistera sur cette dimension financière : « Durant toute la matinée le public a été admis à circuler dans le village improvisé : il y régnait une animation, un mouvement, une vie dont nous, Français, nous ne nous faisons pas une idée, étant plutôt poètes et artistes que businessman ». Bref, 5 à 6 000 personnes purent voir les Peaux-rouges "peints et couverts de plumes" et, à travers eux, une civilisation en marche, pas celle amérindienne mais la nord-américaine.

On peut s’interroger sur le rôle de ce spectacle de Buffalo Bill quant à la diffusion, ensuite, des clichés cinématographiques de l’Indien sur son cheval. Une chose me paraît certaine, la pénétration des USA en Europe a été culturelle avant d’être économique, ce qui prouve que l’enjeu des combats culturels est considérable quant à l’établissement des rapports de force économiques. » (Jean-Paul Damaggio)

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à Marseille aussi on aime bien les Tartarins

Voici pour terminer sur l'actualité montalbanaise ce qu'écrivait le journal La Dépêche du Midi du 12 octobre 1905 : « C'est aujourd'hui jeudi que le Colonel Cody arrivera à Montauban avec son immense exhibition. Il s'installera à la Prairie verte, à côté du Pré Doumerc et donnera deux représentations : l'une à 2H de l'après midi, l'autre à 8H du soir. Dans ces deux représentations paraîtront tous les "rough riders", les Cosaques aux bonnets d'Astrakan, cow-boys, vaqueros, cavaliers nègres, indiens, arabes, japonais, etc. Buffalo Bill aura très certainement un très grand succès dans notre ville. »

 

buffalo bill 03Sitting Bull et Buffalo Bill

 Et ce fut, assurément, un grand succès. A Montauban, on a toujours aimé les Tartarins ! Le lendemain, le cirque pliait son chapiteau, embarquait matériel, artistes et animaux dans ses trois trains spéciaux et se rendait à Toulouse pour deux jours de représentation. Il laissait un grand vide à la Prairie verte et dans le cœur des Montalbanais.

La suite au prochain numéro. (Jean-Claude Drouilhet)

 

 

 

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31 août 2019

tartarinades à... Montauban

Tartarin de l'Iowa

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L'un bouffait du lion en Afrique,

 

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l'autre du bison en Amérique

... et accessoirement de l'Indien. Eh oui, le prétendu "ami des Indiens"  avait tué son premier Indien en 1857, à l'âge de onze ans ( ! ) et il avait participé à la campagne militaire de 1876 où il avait notamment tué et scalpé le chef cheyenne Yellow Hand.

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un salut amical, en passant

Il étail né en 1846 dans l'Iowa. Après la guerre de Sécession, la Kansas Pacific Railroad fit appel à ses services pour abattre les bisons qui endommageaient les voies ferrées, ce qui permettait par la même occasion d'affamer... les Indiens (ses "amis"). Et il était fier notre Tartarin de l'Iowa ! Fier jusqu'à se vanter d'avoir massacré quatre mille deux cents quatre-vingts bisons en dix-sept mois.

 

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L'exploit !

Fort de son immense popularité due à la publication dans la presse nationale du feuilleton de ses aventures exagérées, de son physique avantageux, de ses relations avec les Indiens et de son sens des affaires, Buffalo Bill se lança dans une nouvelle aventure  : le Wild West Show, autrement dit, "le cirque Tartarin de l'Iowa" qui devait l'amener à voyager en Amérique, en Europe jusqu'à...

 

Montauban

Buffalo Bill 01

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Ce sera le sujet du prochain article.

 

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24 août 2019

cadillac

La Cadillac présidentielle

et

le Tarn-et-Garonne

 

Cadillac présidentielleLa voiture officielle du Président des États-Unis est une Cadillac blindée (the Beast) dont le logo s'affiche sur la calandre et les deux portes avant.

Le logo de la marque Cadillac depuis 2002

Cadillac logo 2

Cadillaclogo

Ce logo a toute une histoire qui prend sa source il y a plus de trois siècles dans... deux villages du Tarn-et-Garonne : Saint Nicolas de la Grave et Bardigues, en Occitanie gasconne donc.

Remontons vers la source, c'est à dire vers l'origine de la marque et de son logo. Le logo actuel a été modifié plusieurs fois dans le sens d'une simplification puis d'une stylisation. Les logos précédents étaient plus chargés.

Cadillac logo

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On remarque notamment que les trois Merlettes qui ornaient les premier et quatrième quartiers ont disparu. Bizarre... (une Merlette est un ornement de blason, c'est un petit oiseau sans bec ni  pattes ; la Merlette est toujours figurée de profil)

merlettesConsidérons à présent le nom de la marque " Cadillac ". D'où vient-il ?

Le 22 août 1902, Leland, Murphy, Bowen et leurs associés Clarence A. Black et A. E. F. White, se réunissent  à Detroit  (Michigan - USA) pour définir les statuts de leur nouvelle société de construction automobile et pour en choisir le nouveau nom. Dans l'enthousiasme des commémorations du bicentenaire de la fondation de la ville de Detroit, ils choisissent de baptiser leur firme « Cadillac », du nom du fondateur de la ville, le français Antoine de Lamothe-Cadillac (1658-1730), auquel ils empruntent également les armoiries pour en faire le symbole de la nouvelle marque.

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Buste de Lamothe-Cadillac par Délie DUPARC

Antoine de Lamothe-Cadillac est donc le fondateur, en 1701, de la ville de Detroit (Michigan - États-Unis), capitale américaine de l'industrie automobile aujourd'hui sur le déclin. Fort-Détroit (c'était ainsi quelle fut appelée au début), n'était qu'une petite garnison entourée de quelques habitations paysannes et de camps indiens et faisait partie de la Nouvelle France, autrement dit le Canada francophone actuel.

cadillac6Mais qui était-il au juste ce Cadillac ? Il était né à Saint Nicolas de la Grave, un village sur la rive gauche de la Garonne. Il avait fait ses études à l'Ancien collège de jésuites de Montauban puis à Toulouse. Mais son caractère aventurier l'avait poussé à aller chercher fortune en Nouvelle France, chez les Indiens. Cependant son origine roturière ne lui facilitait pas les entrées et gênait son ambition. Il s'appelait Antoine Laumet ; il se choisit un autre nom qu'il estimait sans doute être plus prestigieux :

Antoine de Lamothe-Cadillac

La première partie, Lamothe, il l'avait empruntée à la famille de Lamothe-Bardigues, du village de Bardigues. La seconde partie on ne sait trop où il l'avait trouvée. Il l'avait sans doute choisie car "ça sonnait bien".

Il ne lui manquait que des armoiries pour crédibiliser son nom usurpé. Sans vergogne ni imagination il se choisit les armoiries du château de Bardigues, petit village non loin de Saint Nicolas. Qui ira vérifier l'authenticité de cette identité et l'emprunt des armoiries à des centaines de lieues de la résidence de la famille de Lamothe-Bardigues ?

bardigues_chateau

Château de Lamothe-Bardigues,  du 14e siècle. Reconstruit au 18e siècle pour la famille d'Esparbès de Lussan

C'est au fronton du portail du château que Cadillac va copier les armoiries et se les approprier

Cadillac1Cadillac2

Et c'est ainsi que le sieur Antoine Laumet devint Monsieur Antoine de Lamothe-Cadillac qui fit de bonnes affaires (surtout pour lui) avec les Indiens de Nouvelle France et fonda le Fort du Détroit qui devint la ville de Detroit. Un vrai Gascon cet Antoine, "bretteur et menteur sans vergogne" mais aventurier et imaginatif, bref toute la Gascogne !

On comprend dès lors la raison qui poussa la marque "Cadillac" à modifier son logo... Un procès est si vite arrivé ! Mieux valait se protéger.

N'est-elle pas belle cette histoire, Monsieur le Président des État-Unis ? Vous saviez-vous, en navigant dans votre superbe char,  être étiqueté sous un emblème occitan de la plus belle eau ? Nous, Occitans, n'en sommes pas peu fiers et comme nous aimons tout partager nous vous souhaitons de bien (vous) conduire (dans) le char de l'État.

 

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17 août 2019

code de la route osage

Signalétique osage

signalétiqueUn nouveau panneau sur la route 60 de Pawhuska à Bartlesville indique, sur fond de silhouette de bison, que vous roulez sur la « Route Osage » dans le nouveau système graphique de la langue osage pour Wahzhazhe (Osage) O. Zha ^ .Keh (piste) 

Dans l'angle supérieur gauche on remarque dans un disque bleu la silhouette blanche du Scissor Tailed Flycatcher (littéralement : l'attrape-mouche à queue en ciseaux. Son nom français est Tyran à longue queue). C'est une espèce exclusivement américaine. C'est l'un des oiseaux emblématiques de l'Oklahoma.

Scissor Tailed Flycatcher

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