Oklahoma-Occitania

16 février 2019

OK-OC en 2019

INDIENS OSAGES 

TROIS ANNIVERSAIRES 

Je viens vous parler du programme d'activité 2019 de l'association Oklahoma-Occitania. Cette année est en effet pour nous exceptionnelle. Nous n'y célèbrerons pas moins de trois anniversaires...

  • 190 ans de l'arrivée à Montauban des trois Osages perdus -- en novembre 1829
  • 30 ans de la naissance d'OK-OC -- en septembre 1989
  • 20 ans du jumelage Montauban-Pawhuska -- en septembre 1999.

Nous avons pour cela préparé un programme de manifestations diverses dont les documents ci-joints vous donneront un aperçu (maquette de l'affiche et verso du flyer). Nous reviendrons bien entendu sur chacune de ces manifestations en temps opportun.
Nous comptons sur la présence d'Osages dont certains représentants officiels de la tribu. Ils vous seront présentés le moment venu.
Le titre de notre affiche peut surprendre : " Osages à Montauban : 190 ans de présence !". Cependant, nous ferons remarquer que nous ne parlons pas d'une présence ininterrompue. Bien que la presse locale aux archives départementales et un document à la bibliothèque de l'évêché recèlent des écrits qui attestent de cette présence dormante.
C'est cette belle endormie que nous allons essayer de réveiller !

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10 février 2019

Henry VL

Un artiste-peintre

à OK-OC

Nous publions de nouveau cet article à la suite d'un dysfonctionnement qui a fait aiguiller nos visiteurs vers celui de la semaine précédente (peut-être un mauvais référencement). Nous vous prions de nous en excuser et nous demandons à Henry son indulgence pour ce retard, en espérant que cette fois...  OK-OC

Henry est un ami et un adhérent de longue date à OK-OC. Il est aussi artiste-peintre, spécialisé dans la représentation des cultures indiennes d'Amérique qu'il connaît bien pour avoir fréquenté ici, à Montauban et ailleurs, notamment en Oklahoma, de nombreux représentants de diverses nations indiennes. On le voit ci-dessous en compagnie de Jack Anquoe, un leader de la nation Kiowa d'Oklahoma, alors qu'ils étaient invités à débattre sur une antenne locale.

Henry est un ami généreux, comme le sont les vrais artistes et il fait profiter de son talent l'association Oklahoma-Occitania en toute occasion, soit en prêtant certaines de ses œuvres à des fins d'exposition, soit en réalisant  de belles peintures pour les lui offrir.

Nous avons le plaisir aujourd'hui de présenter cinq de ses dernières œuvres. On remarquera leur caratère surréaliste, faisant appel aux rêves et à la reconstruction des réalités. Ce qui convient si bien aux dispositions d'esprit de la plupart des Indiens d'Amérique.

Nous vous laissons les découvrir et les apprécier.

 

g>d : Jack Anquoe, Henry Van Loenen

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02 février 2019

Pawhuska

Pawhuska,

capitale de la nation Osage

C’est devenu officiel le 25 janvier 1999 : le conseil municipal de Montauban a décidé de donner une suite favorable à la proposition adressée au député-maire de Montauban, par Jack Shoemate, maire de Pawhuska en Oklahoma. La convention de jummelage entre nos deux villes était signée.

Pour les citoyens montalbanais qui s'interrogent sur cette petite ville de Pawhuska, en voici une brève présentation

Pawhuska routeSituée dans le nord de l'Étatd'Oklahoma, non loin de la frontière du Kansas, Pawhuska est une petite ville de 5000 habitants, chef-lieu du comté Osage dont la superficie est double de celle du Tarn-et-Garonne. Elle est le siège du tribunal du comté, de la police avec son shérif et des institutions gouvernementales de la tribu Osage.

pawhuska_policeAu cœur des terrains pétrolifères, cette petite ville, aujourd’hui bien tranquille, a connu une période fastueuse et bien plus agitée. Elle est aussi – et c’est ce qui est le plus important pour nous – la capitale des Osages.

Pawhuska_capital_ONC’est en 1871 que la tribu Osage dut s’installer sur cette réserve quittant son ancien territoire du Kansas que convoitaient les fermiers et éleveurs blancs.

Pawhuska04Placés sous la tutelle du Bureau des Affaires Indiennes (Le fameux B.I.A. représentant le gouvernement de Washington), les Osages, déracinés et désemparés après la disparition des derniers bisons, vécurent de l’aide sociale. Jusqu’à la découverte, sous leurs mocassins, de fabuleux gisements pétroliers. Alors, avec un débit proportionnel à celui de l’or noir, jaillirent les pétrodollars.  La tribu devint riche et Pawhuska prospéra sur cette opulence.

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pawhuska city views-12 Les Osages n’ont pas pour autant oublié leur identité ni tourné le dos à leurs traditions. Les danses et les cérémonies rituelles, comme les splendides costumes, les coiffures, les gestes même et les attitudes expriment toujours au quotidien cette culture.

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Pawhuska05 089Mais Pawhuska, c’est aussi le pays des cow-boys. Partout les ranches prospèrent sur une opulente prairie qu’apprécient les troupeaux de vaches longhorns.

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Autrefois de terribles bandits écumaient la région, attaquant les banques et les trains. Leurs noms sont demeurés célèbres : qui n’a jamais entendu parler de Jesse James, de Calamity Jane ou des frères Dalton ? Des noms sortis tout droit des bandes dessinées, pourtant des personnages qui ont réellement existé. D’ailleurs un certain Bob Dalton ne fut-il pas… shérif de Pawhuska ?

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Tout cela sent le folklore, c’est pourtant l’histoire de l’Ouest américain telle qu’on peut la découvrir au musée historique de la ville. Une histoire qui demanderait des heures à être racontée, à commencer par celle-là même du nom de Pawhuska. Ce chef osage au XVIIIème siècle devenu célèbre pour avoir voulu, au cours d’une bataille, scalper un officier britannique et chauve dont il ne réussit à obtenir que la perruque poudrée. Celle-ci sauva effectivement la vie à son propriétaire et devint un trophée que le chef accrocha à sa ceinture. D’où le nom qui lui fut donné : Cheveux-Blancs, en langue osage : Paw-Huska.

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Depuis que Montauban et Pawhuska sont devenues villes jumelées, en septembre 1999, cela fera 20 ans cette année, divers hommages ont été rendus à la capitale des Osages et à son chef Pawhuska, notamment par l'inauguration de la salle Pawhuska, à la maison de la culture et des associations dans l'ancien collège de Montauban. C'était en septembre 2009 quand le chef des Osages, Jim Gray, était venu pour cette occasion.

Montauban, octobre 2009 : le chef Jim Gray dévoile la salle Pawhuska

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26 janvier 2019

Femmes

Femmes d'Occitanie

et de l'île de la Tortue

Pour ses peuples autochtones, l’Amérique du Nord, c’est l’« île de la Tortue », qui fut formée après le déluge universel à partir d’une petite poignée de boue qu’un rat musqué (ou une loutre de la côte Ouest) arracha aux profondeurs de l’océan, et qu’une tortue accepta de porter sur sa carapace pour aider à créer une nouvelle terre.

tortuePour l'administration française, l'Occitanie ce n'est que l'une des treize régions de l'Hexagone. En réalité l'Occitanie est bien plus que cela. C'est un espace linguistique et culturel qui occupe un gros tiers sud du pays, de l'Atlantique aux vallées italiennes et de Montluçon aux Pyrénées.

occitanie

Et les femmes dans tout ça ?

L’Occitanie médiévale s’honore d’avoir inventé l’Amour ! Le mot lui-même, de la langue d’oc est passé dans la langue française. L’amour courtois, chanté par les Troubadours est un modèle qui s’imposa à toute l’Europe. Il proclamait le respect de la femme et l’égalité des sexes longtemps avant notre époque. Ainsi la femme occitane pouvait acheter des terres, donc être propriétaire et faire travailler des hommes sur sa propriété. Chose impensable dans le reste de l’Europe : elle pouvait hériter, comme les hommes, et léguer ses biens à qui bon lui semblait. La croisade contre les Albigeois (1209-1244) vint mettre un terme et bon ordre à ces dérives insupportables.

humour2

" Une femme pouvait posséder des terres "

Les femmes indiennes ont aussi accédé à des fonctions de responsabilité. Ce fut le cas parmi les tribus iroquoises où, à diverses reprises, des femmes participèrent aux conseils. Une femme indienne shoshone est devenue personnage historique à l’échelle des États-Unis : il s’agit de Sacajawae qui, de 1804 à 1805, guida avec courage l’expédition Lewis et Clark. Enfin, des années durant la décennie 1990, Mrs Wilma Mankiller fut la chef principale, unanimement respectée, de la tribu cherokee.

Wilma Mankiller

g>d : Wilma Mankiller ; Henry Van Loenen (micro) d'OK-OC ; Jack Anquoe, Kiowa24 juin 2000 - pow-wow de Tulsa

Chez les Osages, Mrs Terry Mason Moore fut élue à la fonction de Chef assistant en 2014

Prestation de serment de Terry Mason Moore

Après son investiture Terry Mason Moore a déclaré : « Je serai la première femme de notre tribu à être investie dans cette fonction. Il s'agit d'un événement public. Je suis très honorée et humble d'avoir été choisie pour occuper ce poste [...] et j’ai l'intention de travailler en collaboration avec le chef et le Congrès pour améliorer la responsabilité financière, la communication et la transparence au sein du gouvernement de notre peuple Osage. Je regarde l'avenir avec optimisme et je sais que Wakondah sera avec nous tous. »

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19 janvier 2019

Sagesse

Seattle avait raison

 

Seattle

On cite souvent des prophéties amérindiennes en invoquant la sagesse admirable de ces lanceurs d’alertes. En fait ces hommes n’étaient pas des devins, au sens magique du terme. Ils étaient simplement clairvoyants car bons observateurs de tous les phénomènes vivants ou inertes dont ils étaient témoins. Et ils savaient raisonner aussi bien – sinon  mieux dans certains domaines – que nous, les humains du XXIème  siècle. Nos ancêtres les Néandertaliens et les Sapiens d’Europe ou d’Asie avaient certainement les mêmes capacités prémonitoires que les Amérindiens, pour les mêmes raisons. Mais nous avons perdu leur contact.

 Voici ce que déclarait, en 1854, Seattle, chef de la tribu Duwamish en réponse au représentant du président des États-Unis qui lui proposait d’acheter sa terre (extrait)

Seattle

" Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ?

" Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes arrive bientôt à l’homme.

" Toutes les choses se tiennent.

"Enseignez à vos enfants ce que nous avons toujours enseigné aux nôtres : que la terre est notre mère. Et que tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre.

" Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

" Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre."

 

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Dieu dit à Adam et Eve : « Croissez, multipliez, emplissez la terre et soumettez la »

(Genèse 1 :28)

genese

Bingo ! C’est gagné ! L’homme pense avoir soumis la terre. Ce qui est certain c’est qu’il l’a complètement transformée. Il est devenu le pire des phénomènes géologiques de toute sa longue histoire.

Mais l'injonction biblique n'a qu'une faible part de responsabilité dans ce désastre. Une autre religion a amplifié dans un rapport gigantesque l'action dévastatrice de l'activité humaine. Il s'agit de l'économie moderne mondialisée et financiarisée.

Nous vivons à l’anthropocène. Pour combien de temps encore ? La planète n'est pas en danger... Le problème n'est pas là. Elle en a vu d'autres. Depuis que la vie existe sur la terre, notre planète bleue a vu se succéder cinq extinctions massives des espèces vivantes. Elle s'en est toujours remise.

La première hécatombe s'est produite à l'ère primaire, voici 445 millions d'années. 95% des espèces vivantes ont disparu pour toujours. Et la vie est repartie avec les 5% restants

Faisons un bond dans le temps de 380 millions d'années, jusqu'au T Rex.

La cinquième extinction massive des espèces vivantes (on aimerait dire enfin)  est survenue voici 66 millions d'années. Elle a vu s'éteindre toute cette faune des « terribles lézards » qu'étaient les dinosaures. Les plus petits nous sont restés : heureusement nous avons les poules... et les oiseaux.

Archéopteryx, l'ancêtre

Les oiseaux justement, parlons-en. Où sont passées les hirondelles, les gros-becs, les chardonnerets et tant d'autres ? Et les insectes : cétoines, carabes dorés, hoplies, hannetons, etc ? D'une année à la suivante les espèces disparaissent. La sixième hécatombe est largement commencée et, comme le disait le chef Seattle, " ce qui arrive aux bêtes arrive bientôt à l’homme.Toutes les choses se tiennent. "

Entre cette sixième extinction et les précédentes il existe une grande différence. Celle-ci est beaucoup plus rapide : quelques dizaines d'années seulement. Et nous en sommes les grands responsables par notre activité délirante d'hyperconsommation et de gaspillage, pour la partie la plus riche de l'humanité fortement incitée jusqu'à la folie par une économie financiarisée.

Au village de Lafrançaise, dans le Tarn-et-Garonne à une vingtaine de km de Montauban, une petite collégienne de troisième a entrepris une grêve scolaire : "J'irai à l'école mais je ne travaillerai plus" a déclaré cette élève brillante. Elle entend ainsi protester contre l'inertie des adultes face au dérèglement climatique.  Tranquillement, depuis son petit village d'Occitanie, comme chef Seattle depuis sa modeste tribu indienne.

La sagesse n'a pas d'âge. La sottise non plus.

Gardons nous cependant d'idéaliser les Indiens d'Amérique. Ils ont été, eux aussi, la cause de la disparition de plusieurs espèces qui vivaient avant eux sur leur territoire de chasse. Le mammouth est l'exemple le plus connu. C'est que, tout simplement, les Amérindiens sont des Homo Sapiens ni meilleurs ni pires que les autres. La différence tient à l'économie : dans leur cas une économie de chasse et de cueillette, dans le nôtre une économie industrielle et commerciale mondialisée et financiarisée. Entre les deux, la pression prédatrice est sans commune mesure. Quant au rapport au temps il est celui de plusieurs millénaires au dixième de seconde.

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12 janvier 2019

un message du chef des Osages

Le chef des Osages

et le

Jardin des Indiens

du Fousseret

 

Chief StandingBear 2Le chef principal des Osages vient de nous envoyer ses vœux de Bonne Année 2019 après avoir pris connaissance du programme des manifestations d'OK-OC en 2019. Il a notamment remarqué le projet de jardin botanique dédié aux Indiens d'Amérique dans la commune du Fousseret (Haute-Garonne) que prépare activement la nouvelle association Terre-Mère en Occitanie avec les conseils d'OK-OC. Il a manifesté à plusieurs reprises son intention de nous rendre visite en 2019 et donc d'aller sur le site de ce Jardin des Indiens d'Amérique. Nous vous donnons ci-dessous les remarques qu'il nous a faites à ce sujet.

 

Chief StandingBear

Geoffrey SatndingBear_ Dancers

img974img975" The Botinical Garden story is very nice.  It sums up much of the past, present, and future and speaks well to the intentions of our relationships.  Thank you for sharing this information. " ---  Geoffrey Standing Bear, Principal Chief of the Osage Nation

" L'histoire du jardin botanique est très agréable. Elle résume une grande partie du passé, du présent et du futur et reflète bien les intentions de nos relations. Merci d'avoir partagé cette information."--- Chef Geoffrey Standing Bear

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05 janvier 2019

Une année exceptionnelle

1829 - 2019

L'odyssée des Osages

 

 

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3 anniversaires en 1 année ! A Montauban, 2019 sera l'année des Osages si le vent est à l'ouest. En l'état de nos informations, publier un programme complet aujourd'hui, serait aussi imprudent que fantaisiste. Nous adopterons donc l'Occitan Time qui ressemble à s'y méprendre à l'Indian Time.

Nos visiteurs-lecteurs seront donc bien inspirés de suivre notre actualité ici-même, sur le blog d'OK-OC, chaque samedi matin (et les jours suivants) et, s'ils ne sont pas abonnés au blog, de le faire d'urgence.

2019 sera une bonne année.

Nous vous souhaitons donc, à toutes et à tous une...

bonne année

... en compagnie d'OK-OC et des Osages.

 

Ré-exposition de OK-OC 2

 

La nouvelle année, c'est aussi...

LE TEMPS DES COTISATIONS !

Tous ces événements et manifestations que nous préparons (en silence pour le moment) requièrent un financement loin d'être négligeable. Quelles sont nos ressources ? Une subvention du Conseil départemental, la vente du livre d'OK-OC et ... les cotisations de nos adhérents. That's all folks !

 

tthat's all

 

Alors, nous lançons cet appel à votre générosité. Si vous êtes adhérent(e) d'OK-OC ou souhaitez le devenir, ce qui nous ferait plaisir, cot... cot... cot... cotisez dans la corbeille d'OK-OC.

 

cot

 

Cotisation simple : 18 € -- Couple 25 € -- Chèque à l'ordre de Oklahoma-Occitania -- adressé à Gérard Massip, 18 rue du Trapèze 82 000 Montauban qui enverra la carte aux nouveaux membres s'ils ont bien indiqué leurs prénom, nom, adresse et éventuellement leur adresse électronique.

Merci et à bientôt sur le blog

et

peut-être

à

Montauban

 

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29 décembre 2018

Du bistouri au pinceau

 Docteur Chesbro

 le docteur Chesbro (à g.) dans son bureau à Pawhuska

Les aquarelles ci-dessous ont été peintes par le docteur Robert Chesbro que plusieurs membres d'OK-OC  connaissent bien. Ils l'ont rencontré la première fois à Pawhuska, lors du premier voyage en pays osage, en 1991. Il dirigeait alors l'équipe médicale de l'hôpital public de Pawhuska. Doc Chesbro est un Indien Muskogee (Creek) il est aujourd'hui retraité et peut se livrer à ses passe-temps favoris que sont la peinture et la pêche. Bonne retraite Bob ! doc Chesbro 06

évocation d'une habitation des Anasazi

enveloppes de courrier décorées

enveloppes courrier décorées par doc.Chesbro et sa fille

deux magnets par le docteurs Bob Chesbro

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22 décembre 2018

Diogène chez les Osages

La légende de

Tonnerre-Qui-Gronde

Athènes : cinquième siècle avant notre ère.

« Je cherche un homme », disait Diogène, marchant en plein jour dans les rues d’Athènes en s’éclairant d’une lanterne. Il voulait dire par là qu’il cherchait un homme vrai, bon et sage.

Diogene

 Pawhuska (Oklahoma) : début du vingtième siècle.

Vingt-cinq siècles plus tard Jonh Stink lui répondait de Pawhusha :

« J'ai entendu une voix du vent qui passe
« Elle m'a fait signe de chercher le passé qui s’enfuit
« Je n’ai trouvé que quelques fragments qui restaient
« J'ai capturé ce que je pouvais saisir. »

Tous deux étaient des riches

Tous deux étaient des ermites vivant pauvrement

Tous deux aimaient les chiens perdus

Diogène était cynique (il voulait vivre comme un chien). Il logeait dans un tonneau (en fait une outre)

John Stink était cynophile (il vivait entouré de chiens). Il logeait dans une cabane à l’écart de la civilisation.

Tous deux ont vécu longtemps.

JohnStink2JohnStink3

Comme les Grecs, Les Osages ont leur Diogène, ce philosophe cynique qui, rejetant les bienfaits de la civilisation, vécut, dit-on, une partie de sa vie en ermite dans un tonneau.

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L’ermite osage, quant à lui, s’appellait John Stink ce qui pourrait (presque) se traduire par Jean-qui-Pue et qui, on en conviendra, ne serait pas flatteur. (Dans le choix des patronymes dont il affubla les Indiens, l’état-civil américain fit parfois preuve d’un humour douteux.) Son véritable nom osage était Ho-Tah-Moie, ce qui signifie Tonnerre-qui-Gronde et a une autre allure, on en conviendra.

Tonnerre-qui-gronde donc défraya la chronique de la Presse des années 1920 qui, dans tous les Etats de l’Union, titra sur « L’Ermite millionnaire » et tartina d’interminables articles sur cette insolite situation.

Il était né vers 1863, alors que les Osages vivaient encore au Kansas d’où ils furent quatre ans plus tard invités à déguerpir pour occuper une nouvelle réserve au nord de l’Oklahoma. D’une belle stature, puisqu’il mesurait plus de 1 mètre 80, Tonnerre-qui-Gronde excellait dans l’art de la chasse et aimait la vie libre qu’il menait au sein de sa tribu. On comprend qu’il eut bien du mal, comme beaucoup de ses semblables d’ailleurs, à s’adapter à la vie dans la réserve qui n’était ni la vie des Indiens ni celle des Blancs mais une vie d’assisté.

En 1906, l’allotment act attribuait à chaque Osage recensé un lot de terrain pris dans la réserve avec les parts d’actions pétrolières correspondantes. Chaque Osage vivant fut donc doté d’un revenu considérable qu’il ne gérait d’ailleurs même pas le plus souvent, cette gestion étant dévolue à un tuteur - blanc, faut-il le préciser ? - désigné par le Bureau des Affaires Indiennes. La dislocation de la vie tribale qui s’ensuivit, l’abandon des traditions, la perte des repères et de l’identité exercèrent les ravages que l’on imagine. Cela explique le refus de Tonnerre-qui-Gronde. Refus d’une vie factice, dépourvue de sens et de spiritualité. A sa manière, Tonnerre-qui-Gronde entra en résistance.

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Il s’enfonça dans la prairie, au sud de Pawhuska et s’installa avec ses chiens dans un abri sommaire où il passa le restant de ses jours, fuyant la compagnie des humains hormis quelques rares amis de son peuple dont un sourd-muet, Louis Pah-se-topah, avec lequel il communiquait en langage des signes.

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Les sollicitations ne lui manquèrent pas, comme on s’en doute. Les articles de presse faisaient leur effet et les propositions de mariage, émanant « d’admiratrices sincères » autant que désintéressées, affluèrent de toutes parts.

Tonnerre-qui-Gronde fit le sourd et consacra son existence à Wah-kon-Tah, à l’amour de la vie et de la terre-mère, à l’amitié et à ses chiens. Il mourut le 16 septembre 1938.

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 Diogène, le cynique, cherchait un homme en s’éclairant de sa lanterne en plein jour. A quelques siècles près et sur un autre continent, il l’aurait trouvé en la personne de John Tonnerre-qui-Gronde, le cynophile.

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15 décembre 2018

détournement du cours de l'Histoire...

La découverte de la

Standingbearique

 

Sean Standing Bear est un Osage. Il était l'invité d'OK-OC en octobre 1992, année de la triste célébration du cinq centième anniversaire de "la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb". C'était son premier voyage en Europe qu'il découvrait avec une petite idée derrière la tâte. Rarement un "Ours-Debout" aura laissé d'aussi belles traces et récolté autant de beaux fruits en Occitanie. Et pourtant, en ce qui concerne les ours, on s'y connaît dans les Pyrénées. Souvenirs...

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Sean Standing Bear et notre ami Roger

1992, mairie de Montauban : Sean Standing Bear, un vrai grizzly, à côté de Roger Ladevèze , un authentique Occitan

Le 12 octobre 1992, à 8 heures 35 (heure locale), le Boeing 747 de l’American Airlines en provenance de Dallas se posait à Roissy. Sean s’étira longuement, bailla et s’efforça d’allonger ses jambes dans l’allée malgré l’étroitesse du siège catégorie « économique » dans lequel il venait de passer près de neuf heures. Il n’avait pas réussi à dormir un seul instant dans cet espace restreint qui était censé contenir son immense carcasse. Il ajusta son Stetson et ramena sa queue de cheval dans le milieu de son dos. Un grand calme régnait dans la cabine pendant que l’équipage et le personnel d’aéroport préparaient le débarquement. Le signal « Attachez votre ceinture » était encore allumé et aucun passager ne contrevenait à l’ordre bien que l’appareil se fut immobilisé depuis quelques minutes. C’est alors que se produisit l’événement.

Une haute stature sombre surmontée d’un chapeau à larges bords se dressait dans l’allée. Sean venait de déployer ses deux mètres qui amenaient son couvre-chef au ras du plafond. Il étendit les bras horizontalement, désignant les hublots en regardant alternativement de chaque côté. L’hôtesse n’eut pas le temps d’intervenir avant que d’une voix de stentor il entreprit sa déclaration devant les passagers stupéfaits :

 « Moi, Eugene Sean Standing Bear, membre de la tribu Osage des États-Unis d’Amérique, je revendique au nom de ma nation Osage la possession de ce nouveau monde que je viens de découvrir. Je lui donne aujourd’hui solennellement le nom de  Standingbearica qu’il portera désormais. Ses indigènes seront les sujets soumis à l’autorité des chefs de ma tribu. »

Sean s’était assis, avait bouclé sa ceinture et pris un air innocent lorsque l’hôtesse arriva à son niveau pour le réprimander.

StandingBear

Le dernier trophée (par Sean Standing Bear)

Le 12 octobre 1492, les trois caravelles de Christophe Colomb accostaient à Guanahani (San Salvador). C’était le point de départ de la « découverte du nouveau monde » et d’un génocide qui dure depuis cinq siècles. Le cadeau de ce cinq centième anniversaire, pour aussi symbolique qu’il fut, n’en avait pas moins une grande portée.

amérique

Sean venait simplement de renverser le sens de l’histoire.

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Pour toi c'est "Monsieur Le Sauvage", mon pote !

(par Sean Standing Bear)

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