Oklahoma-Occitania

13 septembre 2014

Fancy Dance

Men's Fancy Dance

 

Fancy_Dancer

Danse libre des hommes (Men’s Fancy Dance) est l'une des danses les plus modernes d’un pow-wow. Elles est la danse masculine la plus intense et la plus athlétique. Pour être bon danseur, celui-ci doit faire preuve d’endurance et montrer son agilité. La danse est rapide et est une succession de sauts virevoltants. La tenue du danseur représente l’esprits de l'arc-en-ciel dans ses couleurs vives et ses envolées de plumes de rubans. Le danseur porte généralement deux tournures de plumes aux couleurs vives auxquelles sont rajoutés des rubans, des plumes et des crins de cheval. Il porte également un cimier (le roach), c’est à dire une coiffure garni de crins de couleur avec deux plumes d'aigle. Le roach est conçu pour animer les plumes soit d’un mouvement tournant ou de bascule pendant la danse.. Les danseurs portent également des bâtons à coup très décorées avec des rubans et des plumes. Le bâton à coup était à l'origine un petit bâton porté dans la bataille par un guerrier. Pendant une action guerrière, il était considéré comme un grand signe de bravoure l’action d’un guerrier capable de toucher un ennemi avec son bâton à coup  (beaucoup plus courageux que de tuer son ennemi).

Fancy Dancers au pow-wow de Kihekah Steh à Skiatook

Kihekah Steh pow-wow de Skiatook (Oklahoma)

Chaque année au mois de juillet les Osages organisent un powwow près de la petite ville de Skiatook en Oklahoma. Cette video présente un petit groupe de danseurs traditionnels de la "Fancy dance"

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06 septembre 2014

Rencontre des cultures

La croix d’Occitanie

fleurit chez les Osages

fleur_occitane

Depuis une bonne vingtaine d’années,  les croix occitanes s’épanouissent au pays des Osages, en Oklahoma. On voit flotter la bannière occitane au sommet des tipis dans les pow-wows ; elle décore des T-shirts et les casquettes, parfois les colliers des danseurs traditionnels ; elle pavoise jusque dans les bâtiments officiels comme ce fut le cas au sommet du mât du Capitole à Oklahoma City pendant une journée entière, sur proposition du gouverneur qui recevait la première délégation occitane en juillet 1991.

 

Ed Red Eagle, autorité spirituelle, coiffé du béret pyrénéen

 

L’an dernier en juillet on inaugurait le monument porteur d’une croix occitane dans la réserve osage, auprès du musée de la tribu. C’était une première en Amérique !

monument à la croix occitan à Pawhuska

Cette année encore, aux danses I’n-Lo’n-Schka de la tribu Osage qui durent trois semaines en juin, on peut voir des Osages en costume traditionnel arborer fièrement la croix des comtes de Toulouse. Il y en a même qui chantent le Se Canta !

 

Blaine Shaw et Joe Hall, danseurs traditionnels osages

La croix occitane s'exporte chez les Osages

 

David Walters, gouverneur de l'Oklahoma en 1991, reçoit OK-OC

 

en haut du mât flotte la bannière occitane

 

 

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30 août 2014

Péages sur les pistes

 

Les vaches Longhorns

Longhorn1

voir l'album Vaches Longhorns en Oklahoma

 A la fin de la guerre de Sécession, de nombreux ranches du Texas étaient restés intacts. Toutefois leur cheptel, estimé avant la guerre à quelques 4 millions de têtes de bétail, était devenu sauvage et avait tellement proliféré qu’il atteignait, à la fin des hostilités, un effectif de plus de 15 millions de bêtes. Alors des convois de bétail furent organisés pour emmener des milliers de vaches Longhorns jusqu’aux principales gares ferroviaires d’où elles partaient pour les grands abattoirs du Nord.

Oh la vache !

Cette race Longhorn, caractérisée comme son nom l’indique par d’immenses cornes dont l’envergure dépassait les 2 mètres, avait un caractère ombrageux et particulièrement fougueux qui la rendait extrêmement dangereuse. Elle avait été importée d’Espagne au temps des conquistadores mais n’avait jamais pu être complètement domestiquée, surtout après des années passées dans la plus complète liberté des plaines du Sud-Texas. On imagine donc le danger de tels convois pour les cow-boys qui risquaient leur vie à chaque instant. Mais il y avait de l’argent à gagner. Une vache qui ne valait que 5 dollars au Texas pouvait atteindre, rendue aux abattoirs de Chicago, un prix de 40 dollars.

la piste Chisholm : Texas>Oklahoma>Kansas

Du sud du Texas à la gare de Kansas City la piste était longue et pleine d’imprévus car elle traversait le Territoire Indien (ancien nom de l’Oklahoma). Il y avait, en fait, plusieurs pistes, toutefois la plus importante était la piste Chisholm. Jesse Chisholm – un métis Ecossais-Cherokee qui était à la fois guide, saunier et colporteur et parlait quatorze langues indiennes – avait reconnu puis parcouru maintes fois avec son chariot bâché cette piste, longue de plus de 1600 kilomètres qui traversait le Territoire Indien du sud au nord.

chisolm_jesse

De bonne heure, les peuples du Territoire Indien comprirent que s’ils ne pouvaient empêcher les convois de bétail de traverser leur pays, ils pourraient toutefois exiger un droit de péage en nature, autrement dit payé avec des bêtes.

Halte, péage !

Les Indiens, affamés par la disparition du gibier de leur territoire, approuvaient unanimement ce moyen d’obtenir leur subsistance. D’autant plus que durant cette longue marche vers le nord les cow-boys faisaient paître le bétail et ainsi engraissaient les bêtes à bon compte. Les éleveurs blancs durent donc se résoudre à signer des baux de location de pâturages. Cela ne fut guère possible avec les cinq tribus civilisées qui, installées dans l’est du Territoire Indien, avaient déjà leurs propres élevages et aucun pâturage à louer. Dans l’Ouest, en revanche de vastes étendues demeuraient disponibles aussi, en 1890, les tribus Kiowa, Comanche, Cheyenne, Arapaho avaient loué la moindre parcelle de leurs pâturages aux éleveurs blancs.

Entre 1867 et 1889 on estime à dix millions le nombre de bêtes qui traversèrent le Territoire Indien le long de la seule piste Chisholm, pour finir leur voyage aux abattoirs de Chicago, aujourd’hui la ville des célèbres « Chicago Bulls », les taureaux de Chicago.

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23 août 2014

Une amitié kiowa-occitane

La Société des Guerriers

aux Jambières Noires

de la Nation Kiowa

 

vanessaNos abonnés de longue date connaissent le peuple Kiowa dont nous avons déjà parlé dans ce blog. Nous invitons nos autres visiteurs, curieux d'en savoir un peu plus sur ce peuple, à se reporter à l'article que nous avions consacré aux Kiowa

 

Aujourd'hui nous parlerons plus en détail de la Société Guerrière des Kiowa qui est toujours active et fidèle à ses traditions ancestrales. Ceci pour la simple raison que cette société nous fit l'honneur en juillet 1992 de nous envoyer l'une de ses représentantes en la personne de Vanessa Paukeigope Morgan-Jennings. Une parcelle de terre de la commune de Labastide sur Tarn fut dédiée, en cette occasion, à la tribu Kiowa en la personne de Vanessa. Le commandeur de la Société des Guerriers Kiowa aux Jambières Noires, Mr Gus Palmer Sr, nous adressa par l'intermédiaire de Vanessa la lettre reproduite ci-dessous suivie de sa traduction partielle.

Black_Leggings

 

Gus_PalmerSalutations!
Cette lettre est une reconnaissance du don de terre [que vous faites] à la Société des Guerriers aux Jambières Noires de la nation Kiowa. Notre espoir est que ce geste fasse naître un sentiment d'amitié et de bonne volonté entre les bonnes gens de
Montauban, Occitanie, France, et le peuple Kiowa de l'Oklahoma.
Les Guerriers aux Jambières Noires de la nation Kiowa forment une société d'élite très respectée. [...]
Vanessa Paukeigope Morgan est membre auxiliaire de la Black Leggings Warrior Society. Nous considérons que c'est un honneur pour elle de recevoir une invitation et d'être présente parmi votre peuple. Nous savons qu'elle essaie de vivre comme il convient, dans le respect de nos traditions et de la culture Kiowa. Elle fera un excellent représentant pour notre peuple Kiowa.
En conclusion, je vous en prie, n'oubliez pas que vous serez toujours les bienvenus dans notre camp pendant notre cérémonie des Black Leggings. Dieu vous bénisse ainsi que votre peuple. Aho!
Gus Palmer, Sr

 

GusPalmer et Melanie Campos, Miss Indian Oklahoma

 

Une société guerrière de la nation Kiowa

 

Kiowa Black Leggings Warriors Society

 

La Kiowa Black Leggings Warrior Society est une société guerrière dont l'origine se perd dans la nuit des temps. D'autres tribus des Plaines ont des organisations similaires qu'ils nomment les « Soldats Chiens » (Dog Soldiers)

Dog Soldier de la tribu Cheyenne

Les membres de la société guerrière kiowa étaient choisis parmi les guerriers les plus valeureux. Chacun d'eux prenait à tour de rôle la direction ou le commandement du maintien de l'ordre pendant un déplacement, une chasse, l'installation d'un camp ou une action guerrière. L'origine exacte du nom de cette société des guerriers aux jambières noires (Black Leggings) a été perdue. Certains anciens disent que lorsque les guerriers rentraient d'un raid (avant que les Kiowas ne possèdent des chevaux) ils avaient les jambières noircies par la poussière de la piste, tandis que d'autres assurent qu'elles avaient été noircies par l'herbe brûlée de la prairie après l'incendie destiné à repousser l'ennemi. Quoiqu'il en soit la société guerrière conserva ce nom même après l'utilisation des chevaux alors que les Kiowas étaient réputés pour être parmi les meilleurs cavaliers.

 

Emblême de la nation Kiowa

 

Aujourd'hui la société des guerriers kiowas existe encore et est toujours active. Chaqe année au mois d'octobre, la tribu se réunit dans une clairière des environs de Carnegie (Oklahoma) où se tient la cérémonie traditionnelle des Kiowa Black Leggings Warriors. Bien sûr, il n'y est plus question de guerre au sens physique du terme, mais des valeurs de la guerre telles qu'elles étaient appliquées jadis : courage, solidarité, bravoure, honnêteté, respect. Et,si les Kiowas, comme les autres Amérindiens, mènent une guerre actuellement, c'est plutôt d'une guerre culturelle qu'il s'agit.

 

cérémonie des Kiowa Black Leggings Warriors en 1982

 

 

 

 

Kiowa_Black_Leggings_02

16 août 2014

Vanessa nous écrit

Chacun d'entre vous

est vivant dans mon cœur

Vanessa (robe verte, 2e à droite) en Occitanie

 

 

 

VanessaVanessa Pokeigope Jennings est l'une des plus chères amies d'OK-OC qui l'a invitée plusieurs fois à Montauban avec des membres de sa famille dont certains sont présents sur la photo ci-dessus. Elle appartient à la nation Kiowa et réside à Red Stone, Oklahoma. Elle était une amie de Edmond Young-Man-Afraid-Of-His-Horse dont nous venons d'apprendre le décès avec une grande tristesse. C'est en lisant l'un des récents articles de notre blog consacré à cet ami lakota qu'elle nous a fait part du message que nous reproduisons ici. Merci Vanessa, vos paroles nous vont droit au cœur.

 

 

Edmond Young-Man-Afraid-Of-His-Horse« Merci OK-OC d’avoir présenté Ed [Young-Man-Afraid-Of-His-Horse] lors de ma dernière visite [de votre blog]. Puisse OK-OC continuer à prospérer et organiser des visites pour les pauvres Indiens d'Amérique comme moi qui ont pu venir en Occitanie et rencontrer nos frères et sœurs de l’autre côté des eaux. Le plus beau cadeau que j'aie reçu a été [un peu de] terre bénite qui m'a été donnée par le curé d’une paroisse. Il m’a dit : " n’oubliez jamais que les Occitans et les gens de France honorent et respectent le sang versé par vos soldats amérindiens, comme votre oncle Lyndreth Palmer. Cette terre a été bénite par le sang. Leurs morts ne sont pas tombés en vain !"

Oh, juste la mémoire puissante de ces mots et Jean-Claude Droulilet de m'appeler et m'encourager à venir en France. . . . Vous n'avez aucune idée de la force de ces souvenirs qui me reviennent à l’esprit. A-ho! Si c'est la volonté de notre Père céleste, je serai en mesure de visiter Montauban et Lourdes à l'avenir. Jusque-là, chacun d'entre vous est vivant dans mon cœur et ma mémoire. Vous êtes toujours dans mes prières. votre grand admiratrice, » Vanessa Paukeigope Jennings, Redstone, États-Unis

Vanessa à Pawhuska en 2005

Vanessa (d) et Summer sa fille.

Vanessa (1er plan de dos) à la cérémonie des Black Leggings Kiowa Warriorss

Vanessa jeune fille

Les frères Palmer (Lindreth en médaillon)

Lindreth Palmer (en médaillon) est l'un des quatre frères Palmer qui fut tué au combat en Lorraine.

Il est inhumé au cimetière américain de Saint Avold. Vanessa est la nièce des frères Palmer



09 août 2014

Pourquoi la capitale des Osages s'appelle Pawhuska ?

Pawhuska

Cheveux Blancs

 

La ville de Pawhuska, capitale des Osages en Oklahoma, a hérité son nom d’un chef de la tribu qui l’avait lui-même acquis dans les curieuses circonstances que voici.

 Général Arthur StClairLe major général Arthur Saint Clair n’était pas un piètre tacticien. Il avait même une grande expérience de la guerre contre les Indiens qu’il avait acquise durant le conflit franco-indien de 1754 à 1763. Cependant à la fin de l’été 1791 il conduisit son armée à la pire des défaites qui ait jamais été infligée à une force militaire américaine par des guerriers indiens : plus de 1000 soldats furent tués par moins de 2000 indiens

La bataille eut lieu le 4 novembre 1791, près de la rivière Wabash, dans l’état d’Indiana. Parmi les Indiens opposés à Saint Clair, il y avait un groupe de guerriers osages que commandait le jeune chef Collier de Fer. Il existait en effet un solide lien d’amitié entre les Osages et les Illinois. Cette alliance s’étendait aux Miamis, eux-mêmes apparentés aux Illinois.

Petite Tortue

Le chef de guerre des Miamis était le redoutable Petite Tortue, bien connu de l’armée américaine pour lui avoir infligé de sévères revers. L’armée de Saint Clair comprenait 1400 combattants dont 600 soldats réguliers et 800 miliciens (volontaires civils). Côté indien il y avait, avec les Illinois et les Miamis , des Mohawks (Iroquois), des Shawnees, avec le jeune Tecumseh, des Delawares, des Chippeways, des Kickapoos, des Wyandottes (Hurons), des Cherokees, des Creeks et des Osages. En tout 1133 guerriers sous le commandement suprême de Petite Tortue. Jean Pictet [1] raconte :

 

 

 

« Les soldats ont dormi l’arme au poing et, dans le camp, on a sonné le réveil avant l’aube. Après la parade, alors que les troupiers regagnent leurs cantonnements, une salve éclate soudain de l’autre côté du fleuve : les Indiens attaquent la milice ! Les tambours battent le rappel aux armes…
Après la première volée, les Indiens peints s’élancent de partout, le tomahawk levé, dans un élan sauvage. Leur assaut est si impétueux que la milice, enfoncée, bousculée, fragmentée reflue bientôt dans un complet tumulte, passe la rivière et pénètre dans le camp des soldats y semant la confusion et empêchant les réguliers de se développer en ordre de bataille. Et des braves, mêlés, en un effrayant corps à corps, aux miliciens vêtus de vert, surgissent à leur tour dans le cantonnement militaire. »

Iron Necklace (Collier de fer)

 Collier de Fer, au plus fort de la mêlée, se trouva confronté à une situation inattendue qui devait lui valoir un nouveau nom.

 Après avoir tué ─ du moins le croyait-il ─ un officier américain, il entreprit de prendre son scalp. Alors que, penché sur sa victime, il commençait à tirer sur la longue chevelure blanche, celle-ci se détacha sans effort et lui resta dans la main tandis que l’officier se relevait promptement et s’enfuyait à toutes jambes. Collier de Fer accrocha la perruque poudrée à sa ceinture et la conserva précieusement, convaincu de son pouvoir magique. Et c’est ainsi que plus tard il fut appelé Cheveux Blancs, Paw-Hiu-Skah en osage, par la suite orthographié en Pawhuska lorsque ce nom fut donné au principal village de la réserve osage en Territoire Indien, l’actuel Oklahoma.

 Osagemen_Catlin

 Dans sa jeunesse, Collier de Fer-Cheveux Blancs avait connu d’autres aventures. Dans les années 1780, il avait dirigé un groupe de guerriers dans un grand voyage vers l’ouest, jusqu’aux grandes eaux de l’océan Pacifique, ce qui représente la traversée ─ à pieds ! ─, de la moitié des Etats-Unis, en passant par Santa Fe, au Nouveau-Mexique, dont la célèbre piste était déjà familière aux Osages. Bien que Collier de Fer connût parfaitement la piste qu’il devait suivre, il semble qu’il n’ait pas été pas tout à fait conscient des dangers auxquels il exposait son petit groupe.

 

gila

Alors qu’ils traversaient le désert de l’Arizona, les guerriers cherchèrent à calmer leur faim. Un membre de la bande s’avisa de tuer pour le manger un «monstre de Gila». Il s’agit de la seule espèce de lézard venimeux qui soit au monde et qu’aujourd’hui les scientifiques nomment «héloderme». La flèche fila droit au but et cloua au sol le reptile à la morsure mortelle. Hélas, le «monstre» n’était pas tout à fait mort lorsque le chasseur affamé saisit sa proie.. La terrible morsure venimeuse foudroya le brave en quelques minutes sans qu’il fut possible de lui porter secours. Ce fut le seul guerrier tué au cours de cette expédition qui s’acheva aux environs de la ville actuelle de Long Beach, près de Los Angeles en Californie.

Ces deux aventures vécues par Collier de Fer-Cheveux Blancs ont un point commun : elles dénotent chez certains Osages une certaine tendance à sous-estimer l’instinct de conservation de ceux auxquels ils s’attaquent. Pourtant Cheveux Blancs fut, tout au long de sa vie, un chef perspicace et respecté. Une dernière anecdote montre à quel point il avait l’esprit inventif.

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 Trois ans après l’achat, en 1803, de la Louisiane française à Bonaparte, le Président des Etats-Unis, Thomas Jefferson, invita à Washington les chefs des tribus les plus importantes de l’ancienne colonie française. Il y avait parmi eux une délégation osage conduite par le chef Pawhuska-Cheveux Blancs. A cette époque de nombreux Osages, comme les autres Indiens de la Louisiane, comprenaient et parlaient le français. En revanche ils répugnaient à apprendre une autre langue européenne, en particulier l’anglais. Aussi le Président Jefferson, lorsqu’il voulut les inviter, s’adressa-t-il à eux dans notre langue sur un ton paternaliste qui prête à sourire dont voici un extrait[2].

« Mes amis et Enfants, chefs des Osages, des Missouris, des Kansas, des Otos, des Pawnees, des Iowas et des Sioux, » Je vous prends par la main de l’amitié et du fond du cœur je vous assure que vous êtes très bienvenus au siège du Gouvernement des Etats-Unis. Le voyage que vous avez entrepris pour visiter vos pères sur ce côté de notre île est long et, en l’entreprenant, vous avez donné une preuve que vous désirez faire connaissance avec nous. »

 

A l’issue de la visite, les chefs indiens reçurent des cadeaux. Le chef Pawhuska, pour sa part, se vit remettre une médaille et une superbe tunique d’officier de l’armée américaine, bleue à brandebourgs et parements jaunes, avec boutons et épaulettes dorées.

 

chef_Pawhuska

 

Mais qu’allait-il faire de cette parure ? Certainement pas une tenue de guerrier, elle aurait été trop encombrante. La perplexité du chef fut de courte durée. La tunique donna à Pawhuska l’occasion d’exprimer toute la mesure de sa créativité. A son retour dans la tribu il avait trouvé une utilisation on ne peut plus pacifique. Il en fit un élément de l’habit de mariage de la jeune épouse. Le costume ainsi créé comprenait outre la tunique militaire une couverture osage enveloppant la taille comme une jupe, des jambières et des mocassins décorés de perles et enfin un chapeau, mais pas n’importe lequel. Le prestige du chapeau haut de forme dans la société blanche n’avait pas échappé aux Indiens et ils en avaient naturellement déduit que cette coiffure conférait honneur et dignité à celui ou celle qui la porterait. Le haut-de-forme fut donc enrichi de rubans et entouré de hautes plumes colorées.

La cérémonie du mariage suivait un rituel complexe. Le futur époux devait faire étalage de sa richesse et de son empressement. S’il avait les moyens d’offrir de nombreux présents à sa future épouse cela signifiait que sa femme n’aurait jamais faim. Les négociations prenaient habituellement plusieurs jours. Quand un accord sur le prix avait été convenu, la famille recevait les cadeaux et se les partageait. En échange la promise apportait son costume en dot et sa famille honorait celle du marié en offrant les repas du mariage. La préparation de la mariée était aussi une cérémonie à laquelle officiaient les habilleuses. Elles habillaient en même temps, dans une tenue semblable, une demoiselle d’honneur. Cette coutume de la « fausse mariée » est commune à de nombreuses cérémonies de mariage dans le monde entier.

 Lors du dernier mariage traditionnel célébré à Pawhuska en 1970 (l’avant-dernier l’avait été en 1937), le costume de la mariée avait presque deux cents ans. La nourriture et les cadeaux furent chargés dans un pick up et deux drapeaux américains furent déployés. L’un d’eux, fixé à une branche d’arbre, signifiait l’approbation de cette union par la tribu. En d’autres temps elle se serait exprimée au moyen de son étendard à plumes d’aigle. Le héraut du village marchait en tête du cortège, annonçant l’événement à la ronde, sur le parcours qui conduisait à la maison du jeune marié. Ensuite les futurs époux partirent à cheval, suivis par le pick up chargé des cadeaux, tandis que les familles et les invités suivaient derrière les drapeaux flottant au vent. Après l’échange des cadeaux, la jeune mariée, sa demoiselle d’honneur et le jeune marié furent rejoints par le héraut qui informait tout le monde en langue osage que « le couple était mari et femme selon la tradition osage. »

 Osage_wedding01

Lors de la cérémonie du mariage de 1937, soixante chevaux, parmi d’autres présents, avaient été offerts à la mariée. A l’occasion de la cérémonie de 1970, les chevaux faisaient encore partie des cadeaux, à ceci près que cette fois ils étaient sous le capot d’une rutilante voiture de sport.

 

Aujourd’hui on peut encore admirer un costume traditionnel de mariage au musée tribal osage de Pawhuska et avoir ainsi une pensée émue pour Paw-Hiu-Skah, glorieux chef de guerre, auteur d’un historique détournement de veste, ce qui, pour l’homme politique qu’il était, est plus digne qu’un retournement.

 Pawhuska est donc passé à l’histoire. Plus de deux siècles après sa mort une ville d’Oklahoma, chef-lieu du comté Osage, porte son nom. Bien des Présidents des Etats-Unis d’Amérique n’en ont pas eu autant !

 


 1. Jean Pictet – L’épopée des Peaux-Rouges (Favre)

 2. Thomas Jefferson. 4 janvier 1806

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02 août 2014

Young-Man-Afraid-Of-His-Horse

 Qui

avait peur

de son cheval

?

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En 2003, l'association Oklahoma-Occitania eut le privilège d'accueillir parmi ses invités du Printemps Indien un Sioux-Lakota, Ed Young-Man-Afraid-Of-His-Horse dont le trisaïeul avait combattu aux côtés de Red Cloud.

 

Thašúŋke Khokíphĥapi/Young-Man-Afraid-Of-His-HorseLe trisaïeul Young-Man-Afraid-Of-His-Horse (1836-1900) était Sioux. Il se nommait en réalité Thašúŋke Khokíphĥapi, ce que l'administration s'empressa de traduire en anglais par l'équivalent de Jeune-Homme-Qui-Craint-Son-Cheval. Un nom peu flatteur et complètement ridicule quand on connaît la maîtrise équestre des Sioux. Mais, depuis le texte que nous avons publié au sujet du chef Osage Bacon-Rind (Couenne-de-Lard) nos lecteurs connaissent bien la tendance de certains scribouillards de l'état-civil américain à ridiculiser les indigènes.

Young-Man-Afraid-Of-His-Horse donc était un chef des Sioux Oglala. Son nom mal interprété signifiait en réalité que ce jeune guerrier effrayait ses ennemis à tel point que la seule vue de son cheval les paralysait.

On aurait donc dû traduire par quelque chose comme Jeune-Homme-Redouté-Autant-Que-Son-Cheval.

 

INDIAN_WAR_HORSE_the_GOLDEN_SUN

 

Au côté du célèbre chef Red Cloud, il dirigea de nombreuses batailles contre les chercheurs d'or, les trafiquants et les colons. Après le massacre de Wounded Knee en 1890 il participa à la négociation de reddition en face du général Miles. Il mourut en 1900 dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud). Il est enterré au cimetière presbytérien Makansan près d'Oklala (Sud Dakota)

Edmond Young-Man-Afraid-Of-His-Horse

à Montauban en 2005

 

ed_03Un képi du 7e régiment de cavalerie à la visière frangée comme une épaulette d'officier, le tout surmonté d'un cimier en poils de porc-épic et de deux plumes d'aigle, telle était l'étonnante coifure d'Edmond Young-Man-Afraid-Of-His-Horse en tenue de parade. Un autre trophée ramené par son ancêtre debuglela bataille de la Little Big Horn était ce bugle de cavalerie conquis à l'ennemi que Ed tenait fièrement dans sa main droite pendant les danses. Ed est un descendant de la septième génération des héroïques guerriers de 1876. Il était la figure de proue de nos manifestations organisées du 17 au 25 mai 2005 « Au nom de la septième génération ». Tout au long de ces dix journées de rencontres, les débats avaient tourné autour de la question de savoir quel monde nous laisserions à nos descendants jusqu'à « la septième génération »

 

Ed tenant le bugle dans sa main droite

Ed est revenu en France quelques années après, invité par l'association "Un lien et des ponts pour le monde". Celle-ci pratique, comme OK-OC, des échanges culturels et des rencontres improbables entre des peuples éloignés par la distance mais proches par le cœur. C'est ainsi qu'ont pu se rencontrer des Sioux, des Masaaï, des Gitans et des autochtones bien sûr

 

Ed et notre ami Robert Hervé

échange de cadeaux entre Ed et un guerrier Masaaï

 

 Enfin, pour en savoir plus sur l'association "Un lien et des ponts pour le monde", nous ne saurions trop vous recommander de visiter son site

 On reconnaîtra sur la bannière, à gauche Ed Young-Man-Afraid-Of-His-Horse et vers le milieu Robert Hervé, grand violoneux devant l'Eternel

 

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http://www.unlienetdespontspourlemonde.com/pages/historique.html

 

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26 juillet 2014

Tulsa

L'histoire oubliée de Tulsa

img248

 

Tulsa est la deuxième ville de l'Oklahoma après Oklahoma City, aux Etats-Unis, avec une population de 391 906 habitants et 937 478 habitants pour l'agglomération en 2010.

Elle a la particularité d'être incluse, au moins en partie, dans la réserve Osage. C'est ce qui a permis aux Osages d'ouvrir un casino qui est très fréquenté et dont les revenus sont utilisés collectivement dans la tribu.

 

Tulsa est dans l'angle sud-est de la réserve osage (en vert)

 

Pendant des années, l'histoire de Tulsa a été oubliée de la plupart de ses habitants. Comment cette bourgade dont la principale activité était au 19e siècle le commerce du bétail a-t-elle muté brusquement en " capitale mondiale du pétrole "?

 

Tulsa en 1893 au carrefour de la grand'rue et de la deuxième rue

 

 L'expansion de Tulsa date du début duXXe siècle. Elle est intimement liée au pétrole. En 1901 est ouvert le premier puits, mais c'est surtout la découverte d'un très riche champ à Glenpool en 1905 qui attire les entrepreneurs. En 1907, Tulsa comptait 7 300 habitants, en 1921 elle en avait 72 000.

 

Tulsa aujourd'hui. Rivière Arkansas

Tulsa, centre-ville

Osage_Tribal_Museum

 

Hidden_History_TulsaUn auteur de Tulsa, Steve Gerkin, vient de publier un livre qui raconte ces histoires oubliées de sa ville. Il est venu le présenter hier, vendredi 25 juillet au musée tribal osage de Pawhuska.


 

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19 juillet 2014

protection des objets sacrés

Objets sacrés ou pièces de collection ?

 

par Marie-Claude Strigler

NAGPRA1Aux Etats-Unis, une loi de 1990 protège les sépultures, objets funéraires, restes humains et objets faisant partie du patrimoine culturel. C’est le Native American Graves Protection and Repatriation Act (NAGPRA), la loi sur la protection des sépultures et sur le rapatriement des objets sacrés (1). En vertu de cette loi, les musées, agences fédérales et universités qui reçoivent des fonds fédéraux sont tenus de recenser les objets amérindiens qu’ils détiennent et d’en informer les tribus concernées, qui peuvent en demander la restitution. L’origine de cette loi est la recherche qu’a faite un Cheyenne dans les années 1980 pour une pipe sacrée dont il avait besoin pour une cérémonie. Il avait entendu qu’elle se trouvait probablement à la Smithsonian à Washington. Il prit un rendez-vous et eut accès aux réserves. Là, il fut effaré de voir l’énorme quantité de « restes humains » au musée ; informées, les tribus s’en sont émues. Elles veulent pouvoir donner une sépulture à leurs ancêtres.

 

volontaires de la tribu Wanpanoag procédant à un inventaire dans un musée

inventaire (suite)

 

Toutes les tribus ne demandent pas le rapatriement de leurs objets sacrés, considérés comme des entités vivantes ; il y a néanmoins une coopération entre les tribus et les musées et universités, quant aux modes de conservation et surtout, à l’interdiction d’exposition au public. Entités vivantes, les objets sacrés ne peuvent théoriquement être vendus. Or, cette loi n’est applicable qu’aux Etats-Unis. Depuis plus d’un an maintenant, Paris semble être devenu le lieu privilégié pour les ventes aux enchères de kachinas (2) et de masques cérémoniels (la prochaine aura lieu le 27 juin).

Kachinas

masque cérémoniel hopi

Les premières ventes ont soulevé un véritable tollé ; les Hopis, entre autres, ont tenté de s’y opposer, sans succès évidemment. Survival International a également protesté. Lors d’une vente précédente, une fondation américaine a racheté la presque totalité des masques afin de les restituer à la tribu. L’affaire a fait beaucoup de bruit dans les médias français, ce qui était contraire aux vœux des tribus, car cela risque de révéler des informations censées rester secrètes.

Diane_Humetewa_1

Diane_Humetewa_2Le gouvernement fédéral est conscient qu’il y a un problème, d’autant plus qu’en France, la notion d’objet sacré est étrangère. Or, Les Etats-Unis ont une nouvelle juge fédérale, la première femme amérindienne : Diane Humetewa, une Hopi, qui  vient de passer une semaine à Paris, afin de parler de NAGPRA et d’envisager avec les responsables français une possible coopération pour protéger les objets sacrés amérindiens et ce qui, dans leur patrimoine culturel, est indispensable à leur identité et ne peut donc pas être une propriété individuelle. On remarque en passant que les Amérindiens qui ont fait des études supérieures en droit ne sont pas rares…

Christiane Taubira recevait Diane Humetewa à la Chancellerie à Paris

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1. NAGPRA fait suite à toute une série de lois, la première étant celle de 1906, la Loi sur les Antiquités, qui protégeait le patrimoine contre les fouilles clandestines, très nombreuses dans le Sud-Ouest. J’ai interviewé des Navajos qui se souviennent avoir vu des files de voitures le week-end, chargées de gens armés de pelles et de pioches. Il faut bien admettre que certains Amérindiens non traditionalistes faisaient la même chose et vendaient leurs trouvailles. Or, pour que la loi sur les Antiquités soit applicable, il fallait que les objets datent d’au moins 100 ans, ce qui excluait tous les objets sacrés postérieurs, pourtant indispensables pour les cérémonies.
Entre temps, il y eut l’adoption de la loi sur la liberté de religion des Amérindiens (AIRFA) de 1978, qui leur garantissait, entre autres, l’accès à leurs lieux sacrés, même s’ils sont situés hors de leur réserve actuelle. Des étapes successives ont donc été franchies les unes après les autres, si bien que les tribus sont aujourd’hui libres de leur choix dans ce domaine.
2. Les Kachinas, sont souvent appelés « poupées kachinas ». Il en existe toute une variété, car ils représentent tout le panthéon pueblo (surtout hopi). Leur nombre n’est pas fixe, car il peut en apparaître des nouveaux, suivant les circonstances. Il ne s’agit de toute façon pas de jouets, bien qu’ils soient sculptés (en général dans du peuplier de Virginie – cottonwood - ) à l’intention des enfants. Ils ont un but éducatif, pour leur apprendre à connaître toutes ces déités. Mais les objets les plus « sacrés », qui soulèvent le maximum de protestation pour les ventes aux enchères sont les masques car, lors des danses, les Êtres Sacrés viennent habiter le danseur, et le masque couvre véritablement le visage de l’Être sacré lui-même puisque nul n’est cessé le voir à visage découvert.
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Dimanche 20 juillet - 18 heures

Festival "Cultures du Monde"

Gannat (Allier) - Auvergne

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Festival "Cultures du Monde"

Gannat (Allier) - Auvergne

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12 juillet 2014

Les Osages ont un nouveau chef

Geoffrey Standing Bear

Chef principal de la Nation Osage

 

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Geoffrey_Standing_Bear_00Un nouveau chapitre de l'histoire de la nation Osage vient de s'ouvrir. Le nouveau gouvernement, élu ces jours derniers pour quatre ans, est présidé par Geoffrey Standing Bear, chef principal et Raymond Red Corn, chef assistant. Les autres membres de ce pouvoir exécutif sont Alice Buffalo Head, James Norris, Otto Hamilton, Angela Marie Pratt, Dr Ron Shaw, William "Kugee" Supernaw ainsi que les juges Meredith Drent et Marvin Stepson

Docteur en droit, Geoffrey Standing Bear exerce la profession d'avocat pénaliste, il a été membre de la Cour suprême de justice de la Nation Sac and Fox, puis procureur général de la Nation Navajo. Il a servi ensuite comme Conseiller général de la Nation Muskogee (Creek), puis à la Cour supême de justice de la Nation Cherokee.

En 1990 il était élu chef assistant de la nation Osage, le chef principal étant Charles Tillman. C'est l'année suivante, en août 1991, que nous l'avions rencontré : la première délégation d'OK-OC avait été reçue à Pawhuska puis à Gray Horse par les chefs de la nation Osage.

 

 

 

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Geoffrey Standing Bear prêt pour les danses traditionnelles

Geoffrey Standing Bear prépare une loge de sudation

Le chef assistant

Raymon Red Corn, chef assistant de la Nation Osage

Les autres membres du Conseil tribal

Alice Buffalohead

James Norris

Otto Hamilton

Angela Pratt

Dr. Ron Shaw

William

En 1992, OK-OC avait invité à Montauban Sean Standing Bear le frère cadet du chef actuel. Sean avait beaucoup impressionné par sa connaissance de l'histoire et traditions de son peuple, mais aussi par sa haute stature.

Sean Standing Bear et Roger Ladevèze à la mairie de Montauban

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