Oklahoma-Occitania

29 juillet 2017

épilogue

 Le retour de Petit Chef

 

L'histoire des six Osages perdus en France puis en Europe de 1827 à 1830 commence à être connue, en particulier à Montauban où trois d'entre eux arrivaient dans un état d'extrême dénuement par un terrible hiver en novembre 1829. Ki-He-Kah Schinkah, en français Petit-Chef, conduisait la petite troupe qui comprenait en outre Grand-Soldat et Femme-Faucon.

Leur histoire est connue grâce aux livres qui ont été publiés - Du Missouri à Montauban de Jean-Claude Drouilhet ; Les Indiens Osages de Marie-Claude Feltès-Strigler et Le Voyage chez les Yeux Clairs de Philippe Brassart. On commence aussi à parler d'une conférence sur le sujet et d'une exposition au museum d'Histoire naturelle de Rouen au mois d'octobre avec deux invités de la nation Osage. Nous en reparlerons prochainement.

En attendant, voici quelques compléments sur Petit-Chef qui, de retour parmi les siens, continua de servir sa tribu avec dévouement et aussi sur l'inénarrable  Grand Soldat.

Petit-Chef peint par George Catlin en 1834

George Catlin autoportrait

Les survivants de cette expédition furent honorés dans la tribu aussi longtemps qu'ils vécurent. Petit Chef participa à la conférence avec les Commissaires des États-Unis au traité de Fort Gibson en février 1833 ainsi qu'à une autre conférence tenue au même endroit le 5 janvier 1835 où il déclara : « J'ai voyagé dans le monde entier pour apprendre comment rendre mon peuple heureux, en vain. »Quelques années plus tard, un écrivain français nommé Cortambert qui se rendit dans un village des Osages sur la rive droite de la rivière Neosho raconta dans son Voyage au pays des Osages la rencontre qu'il fit : «...Je vis deux des Osages qui sont allés à Paris il y a une dizaine d'années, un homme et une femme. Ils ont gardé un agréable souvenir de la France bien qu'ils n'y aient pas toujours été bien traités. »Tixier, un autre voyageur français était de passage à Saint-Louis lorsque Édouard Chouteau, le neveu de l’un des fondateurs de la ville de Saint-Louis[1],  le présenta à Grand Soldat qu'il trouva « assis sur une tribune fumant tranquillement sa pipe » et il nous dit ensuite que « cet homme de quarante-cinq ans est l'un des Osages qui est allé en France voici plusieurs années. Il porte sur sa poitrine une médaille avec le portrait du général Lafayette. Monsieur Chouteau nous dit que ce distingué sauvage portait le nom de Grand Soldat. Il nous parla longtemps de notre pays et de nos compatriotes. Monsieur Chouteau qui traduisait pour nous ses paroles nous dit que Grand Soldat était très content de voir les Français. Tous les Osages qui sont allés en France sont morts à l'exception de Grand Soldat et de l'une des femmes. Il parlait avec une extraordinaire volubilité un langage doux et accentué... Il parla avec affection du général Lafayette. »Plus tard encore, le peintre indien Stanley rencontra Grand Soldat et peignit son portrait lors du grand conseil intertribal qui se tint à Tahlequah en juin 1843.  A son sujet il déclara : « ...Il a près de soixante-dix ans, il est vigoureux et actif... Il porte une médaille qui lui a été offerte par le général Lafayette et qu'il affectionne plus que toute autre chose au monde, il parle souvent de lui et de sa gentillesse... A Tahlequah il participa aux diverses danses et amusements avec encore plus d'entrain que n'importe lequel des jeunes guerriers. Il passa une semaine avec moi durant le mois de septembre qui suivit. Il mourut pendant l'été 1844. »

Petit-Chef par Charles Balthazar Julien Fevret de Saint Memin, 1830

LE BLOG PREND DES

VACANCES

 

vacances

A lèu...

 

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22 juillet 2017

Leonard Peltier

Un émouvant hommage à Leonard Peltier

au vernissage de l’exposition d'OK-OC

 

Peltier

 

Un moment fort, intense, émouvant de la cérémonie du vernissage nous a été proposé par l’association Confluences en la personne de Jacmé Gaudas qui a lu un extrait d’un texte du poète Serge PEY ; il s’adressait au Président des Etats-Unis pour attirer son attention sur Léonard Peltier cet indien emprisonné depuis 1976.

Jacmé Gaudas dit le texte de Leonard Peltier

Voici ci-dessous un très court extrait de ce texte :

Avec le POUCE DROIT tendu
l’ongle arraché par une tenaille
et en me touchant
le CENTRE DE LA POITRINE
c’est moi Leonard Peltier militant de
l’American Indian Movement
qui vous parle dans le langage des Plaines
que seules les herbes continuent à parler
puisqu’on a emprisonné la plaine

Les DEUX MAINS OUVERTES devant
la poitrine les DOIGTS SERRÉS
les PAUMES offertes au soleil
puis les séparant
ensemble d’un seul coup
c’est moi détenu depuis 1979 à Lewisburg
qui arrache un clou
dans le sabot du ciel
avec le couteau de vos nuages

Ma MAIN DROITE devant mon visage
entièrement fermée
comme une pierre
le POUCE touchant les AUTRES DOIGTS
les PHALANGES tournées vers vous
puis en pointant mon INDEX
en avançant légèrement
la MAIN pour vous toucher
dans la politesse des feuilles rouges
je vous demande votre nom
en dispersant un collier de cheveux
et d’oiseaux volés devant
les yeux électroniques de Lewisburg

 

Serge Pey, poète toulousain

 

___________________

Le 25 juin 1975, des agents spéciaux du FBI recherchant pour interrogatoire un jeune homme à la suite de l'attaque de deux ranchs sont tués dans une fusillade dans la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota du Sud.

On retrouve les empreintes de Leonard Peltier sur les affaires des agents tués.La Gendarmerie royale du Canada l'arrête à Hinton en Alberta le 6 février 1976.

Leonard Peltier a été inculpé de l'assassinat de ces deux agents du FBI puis condamné à deux peines consécutives de prison à perpétuité. Il est incarcéré au pénitencier fédéral de LewisburgPennsylvanie. Il n'a pas bénéficié de la révision de son procès.

Toutefois, ses partisans disent que :

  • son arrestation et son extradition du Canada auraient été obtenues sur la présentation de dépositions, obtenues par le FBI, d’une jeune femme indienne dont le témoignage sera écarté par le juge sur la base d'instabilité mentale au moment du procès de Peltier ;
  • ses avocats se sont vu imposer des restrictions dans leur argumentation et n'ont pas été autorisés à présenter des témoins lors de son procès.

Depuis près de 30 ans, plusieurs personnalités à travers le monde (Nelson MandelaRigoberta MenchúChef Arvol Looking HorseMgr Desmond Tutu ou encore le chanteur Renaud), le poète français Serge Pey, ainsi que des millions d'anonymes, réclament la libération de Leonard Peltier.

(extrait wikipédia)

 

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15 juillet 2017

Le culte du peyotl chez les Osages

La Native American Church

La Native American Church (NAC) ou Eglise des premiers Américains fut établie en Oklahoma en 1918 par des adhérents de la religion du peyotl (mot aztèque), petit cactus aux bourgeons hallucinogènes qui pousse dazns le nord du Mexique et au Texas. Les Indiens utilisent cette plante comme sacrement, tout comme le vin dans une cérémonie catholique. Lors de la fondation de ce mouvement, il fut écrit que ses buts " sont de promouvoir et protéger la croyance religieuse de plusieurs tribus de l'Oklahoma, dans la religion chrétienne, avec la pratique du sacrement du peyotl ". Rapidement la religion se développa dans d'autres Etats dont le premier, après l'Oklahoma, fut le Nebraska ( par les Indiens Winnebagos ) en 1921.

peyotl01

peyotl02

Lors de la cérémonie de la NAC, les boutons de cactus sont coupés et mis à sécher. De goût amer ils se consomment secs ou infusés dans l'eau comme un thé. En plus des effets hallucinogènes qu'ils ressentent, les pratiquants disent que leur pouvoir de concentration est amplifié. Plante à caractère sacré, le peyotl est supposé avoir aussi des pouvoirs de guérison et apporter la connaissance. Contrairement à ce qui a été dit, le peyotl ne produit pas d'effet d'accoutumance.

Peyote meeting

La cérémonie, menée et organisée par un leader appelé roadman, avait lieu autrefois dans un tipi. Aujourd'hui disséminées dans la réserve osage douze petites églises rondes sont les lieux du culte.

NAC02

Les objets du culte comportent un éventail en plumes d'aigle, un hochet, un sifflet en os d'aigle, des bouts de bois, un tambour et parfois une bible. Les participants s'assoient en cercle dans le tipi où brûle un feu central. Un autel (où est souvent posé un gros bouton de peyotl nommé " Chef Peyotl ") est construit en face au roadman, assis sur le côté ouest du tipi (ou de la petite église) dont l'entrée est à l'est. La cérémonie, qui débute en fin de journée, se déroule habituellement en quatre parties, comportant chacune des chants différents, des prières et des moments de méditation. Les boutons de peyotl circulent et sont consommés toute la nuit. Les participants chantent, chacun leur tour, quatre chants rythmés par le tambour. De l'eau est offerte à deux reprises, une fois au milieu de la nuit et une fois au petit matin lorsque s'achève la cérémonie.

Peyote meeting 01

L'absorption d'un produit hallucinogène est passible de prison aux Etats-Unis et, malgré la loi de liberté de culte accordée aux Indiens en 1978 de nombreux cas de jugements ont jalonné l'histoire de la NAC. Aujourd'hui chaque Etat est libre d'autoriser ou non le culte du peyotl. Les étrangers ne sont pas autorisés à y participer.

d'après L'Amérique indienne, Françoise Perriot, éditions HORS COLLECTION

RedEagleJrNAC

Lors du premier voyage d'un groupe d'OK-OC en août 1991, nous avons eu le privilège de visiter l'une des douzes petites églises rondes de la réserve osage avec un guide exceptionnel : Ed Red Eagle qui dirige régulièrement les cérémonies de la Native American Church osage.

Lors de ce voyage, cinq jeunes gens de cinq à seize ans faisaient partie du groupe de trente-huit membres. Ils avaient la mission de rendre compte à tour de rôle et à leur façon d'un événement. Leurs textes, envoyés par fax, furent publiés en temps réel en page Montauban dans La Dépêche.

Voici le compte-rendu de Paul, dix ans, à la suite de la visite d'une église ronde de la NAC osage...

Église indienne

 « Située en pleine campagne, elle a la forme d’un tipí. Au centre, se trouve un autel creux à même le sol. Dedans, il y a un petit feu. Une rainure partage l’autel et passe sous le feu : c’est la ligne de vie. Elle traverse en son milieu une bosse représentant la terre. Tout le reste c’est l’univers dans lequel nous sommes bien petits. “Il faut savoir rester humble”, disent les Indiens. Nous faisons partie des rares Blancs à avoir pénétré dans cette église et considérons cela comme un grand honneur. » (Paul, le 24 août 1991)

 

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08 juillet 2017

Et maintenant... ?

 Quelques réflexions

après l'exposition

" Si les Osages m'étaient contés... "

 Jean-Claude Drouilhet

 Après plusieurs mois d’hésitations dans sa préparation, notre expo « si les Osages m’étaient contés » a pu être menée à bien et a connu un certain succès. De nombreuses personnes nous ont fait part de leur satisfaction et de l’intérêt qu’elles avaient pris à cette visite.

Les causes de cette fréquentation moyenne sont connues :

  •  Un centre-ville déserté au profit des « centres » commerciaux périphériques. Mais nous avions choisi la salle Pawhuska de l’Ancien Collège pour des raisons pédagogiques autant qu’historiques. C’était donc le prix à payer.
  • Une faiblesse de notre communication due à notre faible effectif : peu d’affiches, peu de tracts, quelques articles dans la presse locale. Et dans une moindre mesure l’interdiction qui nous a été faite d’afficher l’annonce de notre expo à l’extérieur, aux abords immédiats de l’Ancien Collège.
  • Une période peu favorable, coupée par un pont de l’Ascension à rallonge, entre deux campagnes électorales nationales.

Cependant nous avons des raisons d’être satisfaits :

  • Nous avons manifesté notre existence et notre présence par une activité forte qui a témoigné de notre vitalité et de la permanence de notre action depuis vingt-huit ans
  • Nous avons fait entrer le jumelage Montauban-Pawhuska dans le patrimoine immatériel de notre ville. Il est désormais le garant de notre survivance.
  • Nous avons une fois de plus affirmé l’amitié que nous portons à la nation Osage à laquelle celle-ci n’est pas insensible. Chez les Osages, Montauban fait désormais partie de l’Histoire.

Alors, OK-OC vers un nouveau départ ?

Il paraît indispensable compte-tenu de la faiblesse de notre effectif et du vieillissement de ses cadres. Reste donc à trouver les formes et les moyens de ce nouveau départ.

Tout d’abord nous devons renforcer et rajeunir l’effectif et les cadres de l’association. Donc engager une campagne de recrutement très active en évitant de laisser croire à ce que nous ne sommes pas :

  • ni une association d’indianistes,
  • ni une association caritative,
  • encore moins une agence de voyages spécialisée dans la visite aux Osages.

Nous devons réaffirmer clairement que nous sommes une association d’échanges culturels dont le pont officiel existe sous la forme du jumelage Montauban-Pawhuska.

 Lors de nos journées d’expo nous avons enregistré plusieurs adhésions. Si nous voulons que d’autres suivent nous devons impérativement revoir en l’élargissant notre domaine d’activités afin de motiver les nouveaux venus et les retenir, voire leur confier à terme les clés de la maison.

Quelles nouvelles activités ?

 En voici une liste qui me vient à l’esprit, mais d’autres devraient suivre si chacun de nous de met en recherche.

  • Des expositions. Nous avons à présent un matériel facilement transportable : les douze panneaux auxquels nous pourrions ajouter quelques pièces (objets, tableaux) parmi les plus représentatives. Nous pouvons chercher des lieux fréquentés, faciles d’accès, et éventuellement gardés par du personnel (hall du Conseil départemental, etc.), sinon des galeries marchandes de grandes surfaces où nous exposerions à minima avec vente du livre
  • Des présentations-projections-conférences. Nous avons pu constater le succès de la rencontre sur l’expo avec les associations Lo Reviscol et IEO-872. A reproduire dès que possible en y impliquant les nouveaux membres d’OK-OC que cela pourrait intéresser
  • Un parcours des Osages à Montauban. Une  visite commentée des divers sites de notre ville à propos desquels on peut raconter un épisode de nos aventures communes depuis 1829.
  • Un bulletin de liaison électronique. Presque tous le monde aujourd’hui utilise la messagerie électronique. La maquette est facile à créer. Il faudrait que plusieurs rédacteurs collaborent. L’envoi ne nous coûtera rien.
  • La participation au blog. Qui n’est pour l’instant porté que par un ou deux membres et quelques rédacteurs occasionnels. Et ça pèse !
  • L’organisation d’un voyage chez les Osages. Réservé aux adhérents actifs. A la condition de trouver un thème de voyage et que les nouveaux venus s’impliquent dans l’organisation
  • Une recherche d’activités en collaboration avec les Osages. Que les adhérents qui pratiquent un peu l’anglais se mettent en rapport avec nos correspondants osages pour examiner avec eux la faisabilité de projets et éventuellement leur mise en œuvre (échanges scolaires, d’étudiants, échanges sportifs, spectacles, etc.)

 Et le jumelage ?

 Il a fini pas s’imposer mais, seule, notre association en supporte l’organisation et la plupart des frais. Or, un jumelage c’est autre chose qu’un lien entre une association et une nation indienne

Il est certain que la seule association OK-OC ne pourra encore longtemps supporter seule une telle charge dans les années à venir. Il est indispensable de changer d’échelle, d’élargir la base de travail en un véritable comité de jumelage composé d’associations de quartiers, de retraités, de divers organismes, de clubs sportifs, de clubs de service, d’établissements scolaires, d’entreprises, etc.

D’autres communes, notamment celles qui ont été régulièrement impliquées dans les actions menées par OK-OC pourraient y être associées (Albias, St Nicolas, Lafrançaise, Montech).

L’extension du potentiel d’accueil et d’hébergement associatif et familial résoudrait ces problèmes que rencontre actuellement la seule association OK-OC.

 Alors, comment créer un embryon de comité de jumelage ?

  • Faire appel aux associations proches avec lesquelles nous avons déjà collaboré (Sapiac, PechBoyer, Quartier marché-gare, IEO-82, Lo Reviscol, Pont des savoirs, UTAM, etc.)
  • Solliciter des acteurs culturels de Montauban, bref, des gens qui ont des idées…

Ce premier groupe aurait la mission de réfléchir à un domaine d’activités sans pour autant alourdir les tâches propres à chacun de ses associations-membres. Il créerait une dynamique. Un tel « pool » associatif aurait du poids auprès des collectivités territoriales qui pourraient se sentir obligées de s’investir officiellement.

 Mais surtout ne pas effrayer nos éventuels partenaires

 Autrement dit ne pas leur laisser entrevoir une charge de travail supplémentaire. Pour cela nous pourrions leur proposer une charte par laquelle ils s’engageraient à collaborer au sein d’un comité de jumelage Montauban-Pawhuska et pour cela

  • Accepter d’être citées comme associations constitutives du comité de jumelage
  • Faire connaître (avec notre aide) l’histoire fondatrice auprès de leurs adhérents
  • Diffuser après de leurs adhérents  les informations relatives aux échanges, notamment notre bulletin de liaison électronique
  • Participer éventuellement à la recherche de familles d’accueil.

 Nous sommes à un tournant de notre histoire. Après vint-huit ans d’existence, le dilemme est le suivant :

 - Ou bien nous continuons comme nous l’avons fait ces dernières années. Et nous n’avons plus que quelques années d’existence devant nous.

- Ou bien nous changeons d’échelle, nous recrutons et rajeunissons nos cadres, nous installons un véritable jumelage impliquant d’autres membres que ceux d’OK-OC. Alors nous pouvons espérer survivre et prolonger longtemps notre belle histoire.

Ces réflexions me sont personnelles et n'engagent en rien l'association Oklahoma-Occitania. Vous pouvez les commenter, les désapprouver ou apporter de nouvelles idées en postant des commentaires à la fin de cet article. Vous pouvez aussi me contacter : jcdrouilhet@club-internet.fr et, bien évidemment, adhérer à OK-OC en utilisant (ou recopiant) le bulletin d'adhésion ci-dessous. La carte de membre d'OK-OC vous sera envoyée. Précision utile : on peut être membre d'OK-OC tout en résidant ailleurs qu'aux environs de Montauban. A chacun de trouver son implication dans l'activité. ---------------------------------------------------------JCD

adhésion

 

 

 

 

 

 

 

 

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01 juillet 2017

Chaque année en juin chez les Osages revient...

Le temps de la danse

 I'n-L'on-Schka

 

En langue osage, I'n-L'on-Schka signifie "l'aire de jeux du fils aîné". La danse, dans laquelle les femmes ne jouent qu'un rôle périphérique, célèbre les valeurs masculines traditionnelles tout en contribuant à combattre l'individualisme et l'agressivité dans la tribu. Les participants, qui se comptent maintenant par centaines, se rassemblent chaque juin dans trois communautés d'Oklahoma : Pawhuska, Hominy et Grayhorse, où les présidents de danse, le Drumkeeper (un fils aîné de la tribu, gardien du grand tambour) et le comité organisateur de danse préparent la Danse tout au long de l'année.

La danse I'n-L'on-Schka a un contenu religieux ; elle rappelle les règles de conduite morale et de sociabilité aux membres de la tribu.

 

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par Fred M. Lookout  (traduction Norbert Sabatié)

Fred LookoutParmi les manifestations culturelles de la nation Osage, l'une des plus importantes aujourd'hui est la cérémonie I'n-Lo'n-Schka. On a prétendu que son objectif serait de stimuler les valeurs d'héroïsme au sein du peuple et de conserver vivante la mémoire des faits historiques, des actes de bravoure propres à une communauté de guerriers.

La danse I'n-lo'n-Schka n'a rien à voir avec la guerre, ses préparatifs ou ses conséquences. Ceux qui l'ont désignée comme étant " la danse de guerre des osages " sont des observateurs peu avertis qui se trompent.

Aujourd'hui les objectifs principaux de cette cérémonie osage résident en la préservation et la perpétuation de la culture, des coutumes et des traditions osages. La qualité de membre de la tribu est réservée d'abord aux représentants de sexe masculin de la nation Osage et est considérée comme l'un des plus grands honneurs. La période préparatoire et les rites initiatiques donnent lieu à d'importantes cérémonies.

Le chant, tel que le concevaient nos ancêtres, faisait intégralement partie de la vie de l'Osage. Par les chants, l'Osage entretenait sa relation spirituelle avec Wakonda qui le comprenait. Les chants ont été précieusement transmis d'une génération à la suivante et constituent un élément important de toute société tribale.

 

drum

 

Le tambour est reconnu comme étant une entité. Il représente un lien avec notre créateur et les esprits de nos aïeux. A la suite d'un choix minutieux, la garde du tambour est confiée à une famille responsable. Le fils aîné porte alors le titre de " Gardien du Tambour " par lequel il sera désormais désigné.

L'équilibre écologique de nos communautés osage a été détruit, les aptitudes traditionnelles sont devenues inopérantes et l'équilibre de nos sociétés s'en est trouvé détérioré. Le processus de christianisation a concidé avec ceux d'éducation et de civilisation. Il ne nous reste que des vestiges de l'ensemble qui existait auparavant. En fait, c'est la force de la I'n-Lo'n-schka Osage, sa vitalité, sa ténacité et sa souplesse qui ont permis la survie de nos communautés. Les valeurs sociales telles que le partage, l'entr'aide, l'égalité et la solidarité ont soutenu nos communautés en dépit de conditions qui auraient détruit leur cohésion.

 

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Danseurs traditionnels osages_1

 

La nation osage est répartie en trois secteurs distincts à l'intérieur du comté Osage : Hominy, Pawhuska et GrayHorse. Chacun a son propre tambour et chacun choisit son calendrier de cérémonies. Les danses durent quatre jours consécutifs, commençant un jeudi après-midi pour se terminer le dimanche après-midi suivant. Il y a deux sessions de danses chaque jour et une seule le dimanche après-midi.

 

Il existe à peu près trois cents chants appartenant à la I'n-Lo'n-Schka. Un peu plus d'une centaine commémorent des faits historiques ou rappellent aux participants les idéaux de conduite sociale. Les paroles en sont elliptiques : un simple mot ou une brève expression rappellent tout un enseignement. Aussi ce chant n'est-il significatif que pour un Osage. Une traduction littérale serait vide de sens, à moins de connaître l'histoire et le contexte qui a inspiré sa création. De nombreux autres chants ne sont constitués que de vocalises mais leur appartenance à la I'n-Lo'n-Schka est due à leur rythme et à la manière dont ils sont chantés.

Les Anciens de la tribu Osage nous ont transmis le plus grand cadeau qu'une personne puisse faire à une autre : la nourriture et les fruits de la Terre-Mère.

 

danseurs traditionnels osages_2

 

danseurs traditionnels

 

En parlant de la nature en général, nos ancêtres nous disaient que l'homme ne devait pas être considéré comme supérieur à toute chose. Les animaux, en particulier, ne devaient pas être considérés comme subordonnés à l'homme. Toutes choses étaient égales  et les hommes représentaient le genre humain comme l'une des nombreuses manifestations de la vie. Chacun de ces êtres était doué de pouvoirs équivalents. L'homme n'avait pas une place à part, il n'était qu'une partie de la nature.

 

motif de flocage sur T-shirt créé par Erica Prettey Eagle

 

Nous vivons des fruits de la Terre-Mère. Tous les êtres vivants tirent leur nourriture de la Terre-Mère. C'est la nourriture qui apporte la force à notre corps et nous obtenons le pouvoir des animaux qui nous font cette offrande spéciale. Le Créateur les a doués d'un pouvoir particulier et, si nous le lui demandons, il nous enverra l'animal avec le pouvoir spécial qui nous viendra en aide en cas de besoin.

Le partage de la nourriture est en soi une bénédiction. Au fil des ans, l'offrande et le partage de la nourriture sont devenus une tradition dans chacun de nos rassemblements. La fête traditionnelle est devenue une part essentielle de notre culture.

 

2002 : deux OK-OC chez les Osages --- Henry Van Loenen (gauche) et Louis Salesse (centre)

 

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24 juin 2017

textes

Chef Seattle

(vers 1786 - 1866)

 

chief-seattle

Elrick Fabre-Maigné est un adhérent d'OK-OC de longue date. Voici un extrait du discours du chef Seattle qu'il a passionnément prononcé le mercredi 17 mai à l'hôtel de ville de Montauban devant nos invitées osages, Erica et Terry et un groupe important de la municipalité dont madame Barèges, maire de Montauban. Les élus municipaux ont unanimement reconnu la valeur profonde et l'actualité frappante de ce texte servi avec le grand talent d'Elrick.

Elrick Fabre-Maigné lit le discours du chef SeattleElrick Fabre-Maigné :

" En janvier 1854, lors des négociations avec le gouvernement des Etats-Unis, le chef Seattle exprimait son refus de vendre les territoires de sa tribu, car l'Homme blanc ne respecte pas la terre. Ce discours, même s'il a subi de nombreuses modifications (dont mon adaptation, raccourcie pour la nécessité de la scène, tout en conservant la substantifique moelle poétique), transmet une spiritualité et une conscience "écologique" (comme on dit aujourd'hui), hélas de plus en plus d'actualité ; y compris aux USA avec le Dakota Access Pipeline qui va polluer irrémédiablement l'eau du Missouri.  --- EFM "

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Le début de la survivance

Je suis Seattle, chef de la tribu Duwamish, et je vais parler :

En échange de nos territoires de chasse, le grand chef blanc à Washington nous offre "une réserve" pour y vivre entre nous. Cela est très généreux à lui, car l'Homme Rouge n'a plus de droits à faire valoir face aux soldats bleus et à leurs fusils à répétition.

Mais comment pouvez-vous acheter le ciel, la chaleur de la terre ? L'idée nous paraît étrange. Chaque parcelle de terre est sacrée pour mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'Homme Rouge. L'eau scintillante qui coule  dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement de l'eau mais aussi le sang de nos ancêtres ; elle étanche notre soif mais son murmure est la voix du Père de mon Père.

Je ne suis qu'un sauvage, mais je ne comprends pas quel intérêt il y a à vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire du grand aigle ou le souffle des bisons, la nuit autour d'un étang. Où est l'aigle ? Où est le grizzly ? Dans une cage pour amuser les enfants de villes ? Lorsque tous les bisons, les aigles et les grizzly auront disparu ; lorsque les forêts auront été coupées et les rivières polluées d'immondices, ce sera la fin de la vie et le début de la survivance.

Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes arrive bientôt à l'homme ; toutes les choses se tiennent dans le grand cercle de la vie.

Aussi nous acceptons votre offre, mais à une condition : l'Homme Blanc devra respecter la terre comme une sœur, les animaux qui la peuplent comme des frères.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Enseignez leur ce que nous avons enseigné aux nôtres. La Terre est notre mère ; tout ce qui arrive à la Terre arrive aux fils de la Terre : contaminez votre lit et vous suffoquerez un jour dans vos propres détritus !

Et quand le dernier Homme Rouge aura péri, quand les enfants de vos enfants se croiront seuls dans leurs champs, dans leurs boutiques ou dans le silence d'un bois sans chemin, ils ne seront pas seuls. La nuit quand les rues de vos villes et de vos villages seront silencieuses et que vous les croirez vides, elles seront envahies par les esprits de mes frères qui autrefois peuplaient et aimaient cette terre si belle.

L'homme blanc ne sera jamais seul.

J'ai dit.

 

J'ai dit !

 Le mercredi 17 mai au matin, après la traversée du Pont-Vieux de Montauban, les jeunes élus du CMJ de Montauban et des écoliers de Fonneuve (Montauban) accompagnés de leurs enseignants et de parents se réunissaient au square Picard où une petite cérémonie était organisée en l'honneur de nos invitées de la nation Osage : Erica Pretty Eagle et Terry Mason Moore. C'est un jeune conseiller du CMJ, Achille Maestre qui, au nom de toute la jeunesse montalbanaise, prenait la parole pour leur souhaiter la bienvenue et leur présenter notre drapeau national et la bannière occitane...

 

Achille Maestre prononce un discours de bienvenue

 

Mesdames et Honorables déléguées de la Nation Osage

 Je m’appelle Achille Maestre, j’ai 12 ans et au nom  des enfants de Montauban, je vous souhaite la bienvenue dans notre ville.

 En novembre 1829, trois Osages perdus : Petit Chef, Femme Faucon et Grand Soldat, arrivèrent à Montauban après un parcours de plus de deux ans en France et en Europe. Ils étaient désespérés de ne jamais revoir leurs familles en Amérique. Les habitants de Montauban rassemblèrent la somme nécessaire à leur voyage de retour au pays. Les Osages ne l’ont jamais oublié.

En 1989, l’association Oklahoma-Occitania a retrouvé le contact avec la tribu Osage. Et depuis cela on a vu des centaines d’Osages traverser le pont-Vieux de Montauban en mémoire de leurs ancêtres les Osages perdus de 1829. Tous ces Osages qui ont séjourné dans notre ville y ont été accueillis à bras ouverts et ont visité notre belle région occitane.

Nous vous souhaitons un agréable séjour dans notre ville et nous sommes heureux de vous offrir les bannières de France et d’Occitanie

 

Le drapeau de la nation française

 

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 Il a été adopté par la Convention, une assemblée nationale de la République française le 15 février 1794  sur la proposition du Président de cette assemblée.

 

Jean Bon St-AndréCe président qui se nommait Jean Bon Saint-André était un citoyen de Montauban où il était très respecté. De sorte que nous pouvons dire que le drapeau français est né Paris, mais a été conçu et imaginé à Montauban.

 

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Notre drapeau national a flotté officiellement de 1800 à 1803 sur le territoire qui allait devenir l’Oklahoma et faisait alors partie de la Louisiane française. Il était le cinquième drapeau sur les quatorze drapeaux qui ont flotté successivement sur l’Oklahoma. Il fait donc aussi un peu partie de votre histoire comme de la nôtre.

 Nous avons le plaisir de vous l’offrir pour que vous puissiez le déployer lors des fêtes et cérémonies du peuple Osage et rappeler ainsi la grande amitié qui relie nos deux peuples depuis trois siècles.

 

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Le drapeau d’Occitanie

 

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Croix Occitan03La croix occitane a été adoptée au Moyen âge par les comtes de Toulouse. Elle est désormais le symbole de l’Occitanie et celui de notre région. Le symbole des couleurs : rouge et jaune est en fait désigné par « Sang et Or ». Le Sang, c’est l’esprit des hommes ; L’Or, c’est l’or en fusion, le soleil, c’est à dire l’Être Suprême On peut voir dans cette croix : les 4 directions (ou les 4 vents) ; les 4 saisons de l’année ; les 12 mois que représentent les 12 boules. Certains y voient aussi les 12 signes du zodiaque. L’Occitanie est une région de France qui a sa propre langue, sa culture et ses traditions millénaires. En emportant ce drapeau et en le faisant flotter en pays Osage vous rappellerez à votre peuple qu’il y a dans le Sud de la France, des gens qui n’ont pas oublié la nation Osage avec lesquels ils ont noué des liens d’amitié.

 

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17 juin 2017

à Paris

Deux Indiennes dans la ville

 

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Marie-Claude Strigler

Lundi 22 mai

Arrivée de Terry et Erica à Orly en provenance de Montauban. Après avoir déposé les bagages et déjeuné rapidement, départ pour le musée du quai Branly, devenu musée Jacques Chirac, car nous avions une invitation pour l’inauguration de la nouvelle exposition, « la pierre sacrée des Maori ».

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Une exposition intéressante présentée par le musée de Nouvelle-Zélande Tepapa Tongarewa. L’architecture même du musée leur a paru particulière, sans parler de la curiosité que présente le mur végétal. Après le musée, plage de repos bienvenue dans un bateau-mouche, d’où nous avons vu défiler les rives de la Seine ponctuées des principaux monuments.

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Sortis du bateau-mouche, rencontre avec deux CRS lourdement armés, mais… décontractés. Séduits par nos amies Osages, nous avons quelque temps cheminé ensemble. L’entre d’entre eux serait même bien reparti aussi en Oklahoma…

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Dîner à la maison, où nous avons pu constater que ce sont les dignes descendantes de leurs ancêtres de 1827 : elles apprécient la bonne chère.

 Mardi 23 mai

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Matinée aux Galeries Lafayette, car nous voulions leur faire admirer la verrière art-nouveau qui forme son dôme. Les rayons de mode étaient largement aussi intéressants. Erica n’est pas styliste et graphiste pour rien. Et puis, il fallait se rapporter « quelque chose » de Paris, dont un joli chapeau rouge pour Erica.

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Déjeuner offert par l’université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle au « Bouillon Racine » et son fameux décor art-nouveau.

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La responsable de l’UFR d’anglais nous avait organisé une rencontre ensuite à l’Institut du monde anglophone avec doctorants, jeunes maîtres de conférence et vieux profs, tous intéressés par les cultures amérindiennes. Erica et Terry se sont prêtées de bonne grâce aux multiples questions dont elles ont été assaillies. Les adresses se sont échangées. « Goûter » avec tarte aux cerises et tasse de thé à la pâtisserie viennoise de la rue de l’école de médecine, un des hauts lieux du quartier.

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Précisons que l’Institut du monde anglophone était autrefois l’école des barbiers-chirurgiens (même métier), transformée par Louis XV en école de dessin gratuite. Il a aussi abrité l’appartement de Sarah Bernard.

Puis, tour en voiture : Concorde, Champs-Elysées, Arc de triomphe…  Elles ont ainsi fait l’expérience des embouteillages parisiens. Apparemment en bonne forme physique, elles n’apprécient pas trop la marche à pied.

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Récupération dans le jardin avant une soirée imprévue, où deux invitations se sont télescopées : invitation chez une voisine journaliste et son compagnon britannique autour d’un joli buffet accompagné de champagne (dûment apprécié) ; et une invitation à une soirée hip-hop organisée par le CSIA (Comité de soutien aux Indiens d’Amérique), car l’un des musiciens est ami d’Erica. Concert lié au mouvement anti-Trump et anti pipeline, lié au mouvement noDAPL. Sans surprise, Terry opte pour la soirée calme chez les voisins, et Erica choisit sans hésiter la soirée hip-hop.

 Mercredi 24 mai

Bain de foule au Louvre, dès l’heure d’ouverture. Mais c’est un passage obligatoire que nos amies ont bien apprécié. Puis promenade autour de Notre-Dame. Nous avons eu la surprise d’apprendre que toutes les deux avaient déjà vu l’intérieur, alors que nous croyions qu’Erica n’était jamais venue à Paris. Déjeuner dans un restaurant italien au Quartier latin, visite de l’église Saint-Julien le pauvre, du cloître et promenade dans le jardin paisible qui l’entoure. Nous rentrons assez tôt pour nous reposer un peu avant la réception du soir qui, grâce au temps estival, aura lieu dans le jardin. Nos amies continuent à apprécier  canapés et petits fours, et les vins qui les accompagnent. Parmi les invités, des universitaires (évidemment !), un journaliste, un consultant d’entreprise, une consultante pour l’UNESCO qui participe à la commission des droits des peuples autochtones. Là aussi, les questions fusent et les adresses s’échangent, car tous réalisent qu’ils ont des intérêts communs.

Erica a la  gentillesse d’enfiler sa tenue de mariage. Quel dommage que le chapeau haut de forme entouré de plumes d’autruche qui complète la tenue n’ait pas pu entrer dans les bagages !

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Jeudi 25 mai

Le matin, visite du palais Galliéra /musée de la mode, qu’en bonne styliste, Erica tenait à visiter. Arrêt sur l’esplanade du Trocadéro pour avoir « la » vue sur la tour Eiffel, avant de plonger dans la foule qui se presse à Montmartre autour du Sacré Cœur, place du Tertre et dans les rues adjacentes, où des nuées d’artistes proposent de faire votre portrait en quelques coups de crayon. Nous quittons la foule pour nous réfugier dans le parc de Bercy, où les seuls bâtiments d’origine, les fameux chais d’où partaient les livraisons de vins, abritent désormais le musée des arts forains. La jeune conservatrice, titulaire d’un doctorat en  histoire de l’art de l’École du Louvre nous a invités à visiter cette collection riche et originale, ouverte de temps en temps au public.

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Erica et Terry ont été fascinées par les premiers jeux de foire, les premiers manèges, pour adultes car, avons-nous appris, autrefois les enfants n’allaient pas dans les fêtes foraines. Nous avons même vu l’ancêtre du juke-box, doré à l’or fin et réservé aux maisons closes…

Au moins nos amies ont pu sortir des sentiers battus.

Entre Montauban et Paris, elles ont vu diverses facettes de la société française et, aussi bien à Montauban qu’à Paris, elles ont volontiers donné un aperçu de leur culture à un public de tous âges.

Nous nous disons au revoir à Roissy, en se promettant de préserver nos liens d’amitié.

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photos : Edgard Strigler

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10 juin 2017

Les derniers jours du printemps indien à Montauban

Vernissage de l'exposition

" si les Osages m'étaient contés..."

 

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Ce samedi 20 mai était le dernier jour des rencontres avec le public montalbanais de nos deux invitées osages. Nous avions fixé la cérémonie d'ouverture de notre exposition à ce jour-là. Elle était présentée à l'Ancien Collège de Montauban dans la salle "Pawhuska, chef des Osages". Il fallait donc d'abord expliquer qui avait été le chef Pawhuska. C'est ce que nous avons fait à l'aide des deux premiers panneaux (sur douze) de l'exposition.

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C'est alors qu'Erica et Terry sont apparues en costumes traditionnels. Erica, pour l'occasion avait revêtu le costume traditionnel de la mariée Osage.

 

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DSC_0579Les visiteurs ont ensuite été invités à se rassembler dans la cour où les présentations ont été faites suivies du discours de M. Alain Crivella, adjoint à la culture représentant Mme le maire de Montauban. Il s'en est suivi un moment d'intense émotion lorsque le poète occitan, Jacmé Gaudas à joué, avec la verve et la passion qu'on lui connaît, une lettre de Léonard Peltier* Un texte d'une rare profondeur souligné d'une évocation du langage des signes des Indiens d'Amérique.

 

Gérard Massip, président d'OK-OC, fait les présentations

 

une partie des invités dans la cour de l'Ancien Collège, devant la salle Pawhuska

 

Jacmé Gaudas dit le texte de Leonard Peltier

 

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Erica et Terry encadrent le dessin au crayon de Océane Gasset

Gérard Massip en dicussion avec deux élus de Montauban : Alain Crivella et Monique Valat

Erica, Michel Monesma et Jean-Jacques Delmas autour du portrait du chef Pawhuska par Henry Van Loenen

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* Leonard Peltier est un militant amérindien (Native American) anishinaabe/lakota, né le 12 septembre 1944, incarcéré depuis 1976 et condamné à deux peines à perpétuité. Il est membre de l'American Indian Movement. L'organisation Amnesty International le considère comme un prisonnier politique, qui « devrait être libéré immédiatement et sans condition ». (Wikipédia)

 

Réception

au Conseil départemental

Encore une tradition qui est respectée depuis 1990, lors du retour de quarante-trois Osages venus marcher sur les traces de leurs ancêtres de 1829 : l'accueil à l'hôtel du département du Tarn-et-Garonne, au château de Montauriol.

chateau montauriol

Mme Marie-José Maurièges, et M. Ghislain Descazeaux, adjoints au président du Conseil départemental accueillaient très chaleureusement nos deux invitées de la nation Osage : Mrs Terry Mason Moore et Erica Pretty Eagle, en cette fin d'après-midi du jeudi 18 mai. Après la remise des cadeaux et les discours de bienvenue, les petits fours furent aussi bien accueillis.

Marie-José Mauriège accueille nos invitées

Ghislain Descazeaux présente un cadeau

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Erica, Terry et Evy

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03 juin 2017

Les traditions du Printemps Indien

La traversée du Pont-Vieux

 

Résumé des chapitres précédents :

Lorsque trois Osages perdus en France depuis juillet 1827 arrivèrent à Montauban, en novembre 1829, ils traversèrent le Tarn sur le seul pont qui existait à l'époque : le Pont-Vieux. Ils se rendaient à l'évêché pour y demander du secours à l'évêque Mgr Dubourg, ancien évêque de la Louisiane française au siège de Saint Louis (l'actuelle capitale de l'Etat du Missouri). Le siège épiscopal de Montauban se trouvait en ce temps là à l'hôtel d'Aliès, devenu aujourd'hui l'hôtel de ville, à quelques pas du Pont-vieux, rive droite.

L'évêque, ayant sollicité les Montalbanais et la municipalité, réunit en quelques jours la somme nécessaire au voyage de retour en Amérique. C'est la raison pour laquelle tout Osage moderne qui vient à Montauban depuis la reprise de nos relations amicales en 1989 doit sacrifier à la tradition, devenue quasiment un rite : effectuer la traversée du Tarn sur le Pont-Vieux jusqu'à la mairie.

Le "pont des Osages" à Montauban. Peinture/toile par Rosendo Li

Cette année, la tradition devait revêtir un faste exceptionnel. Huit membres du Conseil municipal de jeunes (CMJ), ceints de leur écharpe tricolore, ouvraient le cortège à la suite de nos deux invitées osages : Erica Pretty Eagle Moore et Terry Mason Moore. Venaient suite une classe de l'école de Fonneuve (quartier nord de Montauban) avec les porteurs d'une dizaine de drapeaux nationaux, régionaux et tribaux. En queue du peloton suivaient les enseignants, les parents et d'autres adultes. La cavalerie municipale ouvrait la piste et en assurait la sécurité. Un grand merci à tous.

des Conseillers municipaux jeunes de Montauban

la marche triomphale sur le Pont-Vieux (dit " Pont des Osages")

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La traversée effectuée, tout le monde se regroupait au square Picard où des membres du CMJ offrirent des cadeaux souvenirs à nos invitées : en l'occurence un drapeau français et un drapeau d'Occitanie qui furent présentés par Achille Maestre *

les jeunes du CMJ au square Picard

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Achille lit son discours de bienvenue

présentation des drapeaux offerts à nos invitées osages

 

La réception à l'hôtel de ville

C'est un autre passage obligé puisque c'est en cet hôtel d'Aliès que furent accueillis et hébergés les trois Osages perdus de 1829 : Petit Chef, Femme Faucon et Grand Soldat.

 

Madame Brigitte Barèges, maire de Montauban, souhaite la bienvenue à la délégation osage

 

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Madame Brigitte Barèges, maire de Montauban entourée de plusieurs membres de la municipalité, accueillirent nos invitées dans le salon bleu avec des membres d'OK-OC et des rafraîchissements. Un membre d'OK-OC, Elrick Fabre-Maigné dit avec un grand talent et une force extraordinaire de conviction un extrait du fameux texte du chef Seattle. Unanimement apprécié pour son actualité.*

 

Elrick Fabre-Maigné lit le discours du chef Seattle

 

La réception à l'évêché

 

Mgr Dubourg, évêque de Montauban en 1829

 

Encore une tradition respectée depuis le premier voyage moderne des quarante-trois Osages à Montauban en septembre 1990 : la visite de courtoisie à l'évêque de Montauban. C'est ainsi que pas moins de quatre évêques ont reçu des visiteurs osage au cours de ces vingt-sept dernières années : Mgr de Saint-Blanquat, Mgr Housset, Mgr Sarrabère et actuellement Mgr Ginoux.

Une symparhique et informelle rencontre à l'évêché, au cours de laquelle Terry et Erica ont offert à Mgr Ginoux une couverture indienne de la fabrique Pendleton, entièrement gérée par des Amérindiens dans l'Oregon.

 

Mgr Ginoux, actuel évêque de Montauban a reçu en cadeau une couverture indienne

 

Erica pour l'occasion avait revêtu sa tenue traditionnelle de mariée osage. Nos deux invitées ont été photographiées en vue d'une exposition en préparation sur les 700 ans du diocèse. Elles y figureront sur un panneau relatant cette belle histoire des Osages perdus et... retrouvés.

 

Tery et Erica en tenue de mariée traditionnelle avec Mgr Ginoux, évêque de Montauban

 

Terry, Erica et le père Louis Salesse, membre d'OK-OC

 à samedi prochain 10 heures pour la suite du compte-rendu du "PRINTEMPS INDIEN 2017"

 

 

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* Ces textes feront l'objet d'un prochain article

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27 mai 2017

C'était le PRINTEMPS INDIEN au château de Bioule (1)

Les Osages

à l'école dans un château

 

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Le château de Bioule au bord de l'Aveyron

L'école publique du village de Bioule, dans le Tarn-et-Garonne, n'est pas comme les autres. Elle est la seule en France à fonctionner dans un château du XIème au XIVème siècle. C'est cet insolite anachronisme que nous avons voulu faire vivre à nos invitées Erica Pretty Eagle Moore et Terry Mason Moore.

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Nous y sommes arrivées par une belle matinée de printemps le mardi 16 mai vers 10 heures. Monsieur le maire, Gabriel Serra et sa première adjointe, Florence Danthez, accueillaient nos invitées, ambassadrices de la nation Osage en Oklahoma.

Gabriel Serra, maire, accueille Terry et Erica à la porte du château-école

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M. le maire est un très bon guide, Evy Massip traduit

dans la salle des chevaliers

Une visite du château médiéval s'imposait. M. le maire a l'habitude de tenir le rôle de guide, notamment devant les caméras des équipes de reportage envoyées par les multiples chaînes de télévision. C'est donc en quasi professionnel qu'il a retracé l'histoire de cette imposante bâtisse longtemps habitée par les seigneurs de la famille Cardaillac.

 

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Evy traduisait pour nos invitées et Michel fixait les images dans sa boîte numérique (on ne dit plus "sur la pelliculle" aujourd'hui). Une classe d'enfants de l'école travaillait dans la cour du château, là où justement se situaient les lices des joutes médiévales tandis que les belles dames se pressaient dans les galeries en surplomb. Les enfants ne s'en étonnent plus depuis longtemps ; nos invitées si.

 

les enfants travaillent dans les lices du château

 

en haut à gauche la galerie d'où les belles dames admiraient leurs chevaliers

 

Notre petit groupe a ensuite fait le tour du village et à la fin de la matinée une sympathique réception nous réunissait à la mairie où Erica reçut une médaille de la ville.

 

présentation de la médaille de Bioule

 

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Le repas était prévu à la cantine scolaire qui mérite davantage le nom de restaurant intergénérationnel. Car parmi les enfants on remarquait la présence de personnes âgées. Une mixité conviviale bien appréciée nous a-t-il semblé.  Encore un anachronisme : les (arrière) grands-parents et les (arrière) petits-enfants partageant un même menu centré sur un plat de moules-frites, sans doute plutôt rare en Oklahoma.*

 

au restau scolaire intergénérationnel

 

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C'est l'après-midi que le travail a commencé. Nous nous sommes rendus dans la classe CP-CE1 de Jean-Marc Bouysset. Les enfants n'étaient pas au courant. l'effet de surprise fut total. C'était une amorce pédagogique calculée.

 

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Troisième anachronisme : des Indiennes d'Amérique dans le monde moderne. Explication : pour la plupart des enfants et des adultes, les Indiens sont des personnages de bandes dessinées et du cinéma américain. On les croyait disparus depuis longtemps sauf quelques-uns qui devaient encore vivre sous les tipis et chasser le bison à cheval. Nous bousculions le préjugé... C'est le commencement de la sagesse. Et l'âge de la sagesse, c'est précisément celui des enfants de sept à huit ans qui accueillaient nos invitées venues d'un pays lointain.

Le programme de cet après-midi scolaire était bien sûr adapté à l'âge des enfants. Nous l'avions intitulé "Langues, langages et expression corporelle". Nous avons commencé par les langues.

La langue anglaise que parlent tous les Osages fut la première concernée. Les enfants y sont initiés par leur enseignant. Aussi ont-ils commencé par se présenter dans la langue de Shakespeare, avec force contorsions parfois, mais toujours avec grâce.

 

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De là nous sommes passés à la langue osage. Presque éteinte il y a quinze ans, la langue du peuple Osage a été patiemment sauvegardée par une poignée de collecteurs passionnés et enseignée dans toute la communauté. Un système graphique a même été inventé pour en traduire toutes les sonorités ce qui en fait aujourd'hui une langue écrite alors que seule la tradition orale l'exprimait autrefois. Maintenant, elle s'imprime aussi.

 

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Avec un jeu d'une dizaine de planches plastifiées, présentant un animal familier sur une face et son nom en langue et graphie osages sur l'autre, Erica a joué à la maîtresse, avec un plaisir à l'évidence partagé. Des langues nous sommes passés aux langages.

Le langage des signes des Indiens d'Amérique était autrefois une sorte d'espéranto gestuel entre des peuples parlant plus de trois cents langues différentes. Erica en a fait une démonstration très grâcieuse sur un fond musical apaisant. Les enfants, étonnés, posèrent de nombreuses questions en fin de séquence.

 

langage des signes des Indiens

 

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 Mais, a fait observer Jean-Marc Bouysset, nous utilisons nous aussi un langage des signes quand le silence ou la distance l'imposent. Quelques exemples proposés et d'autres trouvés par les enfants permirent de comprendre leur caractère international et ce que "parler avec les mains" veut dire.

Et les animaux ? Ont-ils aussi un langage des signes ? Qu'exprime un chien qui remue la queue à la vue d'un sucre ? Que dit un chat qui fait le gros dos ? etc. Ce petit jeu a bien amusé les enfants qui ont fourni d'autres exemples.

Le temps avait passé vite. Cela faisait environ une heure et demie que les enfants étaient assis sans qu'aucun encore n'ait manifesté l'envie d'aller faire un tour ailleurs. Ils avaient besoin d'activité physique. Mais avant cela ils voulaient remercier leurs invitées osages et, avec l'accompagnement de Jean-Marc et de sa guitare, ils les ont remerciées en chanson. Le "chant de la classe" mettait en scène chacun des écoliers qui à tour de rôle se présentaient avec sa particularité. "L'école dans un château" revenant en boucle au refrain.

 

la chanson des enfants du CP-CE1. Jean-Marc accompagne à la guitare

 

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Et c'est alors que le grand écart historico-culturel s'est produit. Nous sommes tous allés dans la salle des chevaliers sur les murs de laquelle d'authentiques fresques montrent encore les Preux du Moyen-âge.

 

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Pour y faire une activité improbable : pratiquer une danse sociale des Indiens d'Amérique dans un cadre médiéval occitan. La Native American Round Dance réunit tout le monde, Indiens ou non, grands et petits, de tous les pays représentés. C'est une danse sociale de tous les pow-wows des Indiens d'Amérique. Les enfants et les adultes se sont donnés la main en formant une ronde ; on a lancé le chant rythmé par le tambour et la ronde a uni les êtres de la famille humaine, abstraite de l'espace-temps. Sans le savoir, les enfants ont reconstitué le cercle sacré des Indiens d'Amérique. Mais leur inconscient l'a certainement imprimé sur une mémoire enfouie dans leurs circonvolutions.

 

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Pour clôturer cet après-midi à Bioule, il nous restait à accomplir un acte solennel, porteur de message aux générations futures : planter un arbre. Le plaqueminier, ou persimon ou encore kaki est un arbre fruitier originaire du Japon. Le fait qu'il ait été planté par des Indiens d'Amérique et des Français d'Occitanie accentue son caractère exotique à valeur universelle. Dans les années à venir, les personnes qui en mangeront les fruits ne pourront pas l'ignorer. Le village de Bioule y veillera.

 

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Les enfants ont vaillamment participé à l'enfouissement de la motte et à l'arrosage. Ainsi, ils pourront dire à leurs enfants : "tu vois cet arbre, c'est moi qui l'ai planté en coopération avec deux Indiennes d'Amérique". C'est ainsi qu'on sème la paix.

 

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Jean-Claude Drouilhet

photos : Michel Monesma

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* vous n'allez pas le croire : en 2013 à Pawhuska (Oklahoma), on nous a servi devinez quoi... une bouillabaisse ! La mondialisation n'a plus de limite.

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abo