Oklahoma-Occitania

20 août 2016

Le Rond des Osages à Montauban

Les symboles du Rond des Osages

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Le voyageur qui arrive à Montauban par l’autoroute ne peut manquer de remarquer, à la sortie « Sapiac », un étonnant rond-point : trois structures métalliques tubulaires allongées en forme de rectangles ajourés d’inégales hauteurs, sont plantées parmi de jeunes pins. Ces monuments, l’un rouge, l’autre jaune, le troisième bleu, découpent sur le ciel d’étranges symboles géométriques. Pour renforcer l’énigme, une plaque émaillée annonce, au ras de la pelouse : « Rond des Osages ». De nombreux Montalbanais ont pris l’habitude d'appeler cet endroit « les totems ».

 

Michel Batlle

 

 Cette œuvre a été conçue par Michel Battle et réalisée par les services municipaux de la ville de Montauban en 1992.

 Dédié à la Nation Osage, cet anneau de circulation a été inauguré le 14 juillet 1992 par monsieur Roland Garrigues, premier adjoint au maire de Montauban en présence des délégués de huit nations indiennes de l’Oklahoma (USA)*.

Contrairement à l’interprétation qui souvent en est faite, ces trois structures tubulaires ne représentent pas des totems. Les mâts totémiques n’appartiennent en effet ni à la culture osage ni à celle de la plupart des tribus amérindiennes. Seules certaines tribus de la côte du Pacifique en érigeaient autrefois dans leurs villages et c’est abusivement que les Européens les attribuèrent aux autres nations indiennes.

Le cercle est déjà un puissant symbole : c’est le cercle sacré. Il représente l’union cosmique de l’homme avec la nature et la divinité (Wa-kon-dah chez les Osages). On y retrouve l’horizon, la voûte céleste, la course du soleil et la ronde des saisons.

 

dessin de Michel Batlle

 

Symbole toujours : l’arbre de vie que l’on rencontre dans maintes civilisations à travers le monde. Ce sont des arbres à feuillage permanent — des pins — qui ont été plantés à l’intérieur du cercle.

 

osages montauban

 

 

Si les structures en tube sont au nombre de trois, ce n’est pas par hasard. Elles représentent les trois Indiens Osages, deux hommes et une femme, qui furent accueillis et réconfortés par les Montalbanais et novembre 1829 après une errance de plus de deux ans en France et en Europe.. Les couleurs choisies sont elles-mêmes signifiantes : le rouge pour le feu, l’été et l’amour ; le bleu pour l’air, l’eau, le printemps et l’esprit, le jaune pour la terre et le soleil.

 

ribbon works

 

Les motifs ornementaux sont ceux que l’on peut voir encore aujourd’hui dans les larges rubans appliqués sur les vêtements traditionnels osages, les jambières des guerriers comme les robes des femmes. Les formes géométriques de ces motifs sont caractéristiques des Indiens des Plaines. On y reconnaît une ligne brisée en escalier et refermée sur elle-même et le losange. La première symbolise le tonnerre, puissance terrifiante qui régit le monde et le soumet à sa loi. Le losange est représentatif des « mondes superposés », autrement dit des quatre niveaux d’organisation de la matière : le chaos initial, le monde minéral, le monde vivant et enfin l’humanité. Ainsi le message codé dans l’édifice bleu s’éclaircit : les harmonies universelles sont fragiles, menacées à tout instant par une force supérieure que l’on doit respecter.

L’édifice jeune, celui du milieu, est orné du motif le plus fréquent de l’art sacré des Indiens d’Amérique : la flèche. Symboles de protection et de chasse, les flèches assignent aux hommes le devoir d’agir pour défendre leur vie et assurter leur subsistance.

L’édifice rouge enfin est un rappel des précédents motifs.. On y reconnaît les flèches, le tonnerre, les mondes superposés réunis en une synthèse ayant valeur de message : « Respectons, préservons et protégeons la terre, notre mère, dont les équilibres sont fragiles. »

On retrouve là un discours très actuel qui nous rappelle la sagesse de ces peuples amérindiens humiliés et bafoués dans leur relation la plus sacrée à la terre-mère. L’intérêt qui se manifeste depuis quelque temps dans les pays européens pour les Indiens d’Amérique s’explique peut-être par cette redécouverte de l’humain dans son rapport à la nature.

Si seulement ces symboles qui ornent l’une des entrées de notre ville pouvaient introduire à une réflexion, alors les Osages perdus de 1829 auraient laissé une trace durable de leur passage à Montauban voici 178 ans. Une piste que nous pourrions suivre…

J-C.D.

rond_des_osages1

14 juillet 1992 : inauguration du "Rond des Osages"

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* Vanessa Williams (Cherokee) ; Vanessa Jennings (Kiowa) ; Lillian Williams (Pawnee) ; Louis Burns (Osage) ; Charley Jones (Choctaw) ; John Williams (Ponca) ; Jim Burgess (Seminole) ; Raymond Theis (Osage) ; Nizhoni Bemore (Navajo) ; ..... (Chickasaw)

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13 août 2016

Langue Osage

L'enseignement

de la langue Osage

dès la maternelle

ON-Immersion_Kindergarten2_Aug16Photo : Shannon Shaw Duty / Osage News

La rentrée scolaire est fixée au 15 août à l’école maternelle de première immersion dans la langue Osage.
L'école d'immersion, DAPOSKA A ^ KODAPY (prononcer Dah-Pos-kah Ah-Koh-Dah-Pee), fait partie de la vision du chef principal Geoffrey Standing Bear de promouvoir une éducation selon la méthode pédagogique de Maria Montessori  appliquée aux jeunes Osages tout en revitalisant la langue et la culture.


Chief StandingBear 2

« J'ai vu venir des enfants Osages de ce programme me parler en langue osage. Je leur ai dit qu'ils allaient devoir me l’enseigner et chacun d'eux était très excité de cette perspective en me disant «oui, nous le ferons! »

« Je suis très fier d’eux, mais aussi de nos professeurs et des parents. De plus, il ne faut pas oublier que notre propre programme de langue est l’œuvre de nos enfants et de nos enseignants parce que les enseignants sont constamment en phase d’apprentissage de la langue Osage ... Ils ont fait un excellent travail ».

Maria Montessori

Maria Montessori (1870-1952)

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06 août 2016

Blasons

Drapeaux et Blasons en Oklahoma

Les 14 drapeaux

qui flottèrent

sur l'Oklahoma

 

 

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L'Oklahoma, c'est cet état dont la carte ressemble à une casserole qui retient l'attention de l'association OK-OC depuis son origine. C'est au nord de l'état, près de la frontière du Kansas, que se situe le territoire de la tribu chère à nos cœurs : la tribu Osage. Longtemps l'Okahoma a fait partie de la Louisiane (la grande). Mais sait-on qu'il est successivenment passé sous contrôle de l'administration espagnole, anglaise, française, texane, mexicaine avant de devenir la 46 ème étoile du drapeau des Etats-Unis ?

Grâce au travail remarquable d'une amie osage, Mrs Lu Celia Wise, rencontrée en août 1991 en territoire osage, nous avons le plaisir de vous résumer 384 ans d'histoire de l'Oklahoma illustrée de ses quatorze drapeaux successifs.

 

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1541-1663 : le premier drapeau est celui du roi d'Espagne. 1663-1719 : le drapeau de la Grande Betagne flotte sur l'Oklahoma. 1719-1763 : le drapeau du roi de France lui succède. 1763-1800 : l'Oklahoma retourne sous la bannière espagnole. 1800-1803 : la France est de retour avec le drapeau tricolore de la République. 1803-1818 : la bannière étoilée des Etats-Unis lui succède après la vente de la Louisiane. 1818-1821 : nouveau changement ; de quinze étoiles la bannière US passe à vingt. 1821-1836 : l'Oklahoma est devenu territoire mexicain. 1836-1839 : et le voici maintenant partie intégrante de la République du Texas. 1839-1861 : l'Oklahoma fait toujours partie du Texas mais c'est le drapeau à une étoile qui devient tricolore. 1861-1861 : pendant quelques mois le drapeau de la tribu Choctaw a flotté sur l'Oklahoma. 1861-1911 : le drapeau sudiste devient l'emblême de l'Oklahoma. 1911-1925 : l'Oklahoma devient le 46ème Etat de l'Union et adopte son propre drapeau. 1925-....   : le drapeau actuel de l'Oklahoma présente un bouclier osage

 

Ainsi donc, deux bannières françaises ont flotté sur l'Oklahoma :

 

1. Le drapeau du roi, blanc à fleurs de Lys, planté par Bernard de La Harpe en 1719

 

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2. Le drapeau tricolore de la République (alors qu'en 1800 la France est sous le régime du Consulat)

 

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Un détail de l'histoire relie Montauban à ce drapeau de la République :jeanbon_saint_andre

 

 

 

1794 : le Montalbanais Jeanbon Saint-André, membre de la Convention, fera adopter le drapeau tricolore dans sa forme actuelle par l'assemblée, il sera décrit en ces termes.
" le pavillon national sera formé des trois couleurs nationales, disposées en bandes verticales, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans l'air."

 

 Enfin dernier détail, mais pas le moindre pour ce qui nous concerne en tant qu'Occitans :

En août 1991, à l'occasion de la réception donnée par le gouverneur de l'Oklahoma à Oklahoma City aux trente-huit visiteurs de Midi-Pyrénées, le drapeau à la croix occitane fut hissé en haut du mât du siège du gouvernement. L'association Oklahoma-Occitania retire une légitime fierté de cet exploit : le quinzième drapeau d'Oklahoma est celui des comtes de Toulouse!

 

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Le drapeau actuel de l'Etat d'Oklahoma

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Le drapeau actuel de l’Oklahoma a été adopté officiellement en 1925. On y voit au centre un bouclier osage en peau de cerf décoré de sept plumes d’aigles pendantes. Le champ du drapeau est bleu comme le ciel de l’Oklahoma. Le bouclier est de couleur marron clair, avec des plumes blanches dont l’extrémité est brune ; les petites croix marron, un peu plus foncé que le bouclier. Le calumet a un fourneau rouge et un tuyau en ivoire jaune pâle avec une plume rouge attachée à un gland. Le rameau d’olivier est gris-vert. Le mot « Oklahoma » écrit en blanc, été ajouté en 1941.

Le drapeau présente plusieurs symboles :

Le champ bleu signifie loyauté et dévouement ;

Le bouclier représente la protection que le guerrier doit à sa famille et à son peuple ;

Les petites croix marron sont des signes indiens pour représenter les étoiles ; ils indiquent de nobles idéaux et un but élevé.

Les symboles les plus importants cependant sont le calumet et le rameau d’olivier. Ils dépassent le symbole guerrier du bouclier et témoignent d’un amour profond de la paix et de l’unité du peuple.

Le blason de la Nation Osage

 

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Le blason de la nation osage Ce blason a été adopté par le Conseil tribal osage le 4 mai 1955. Au centre d’un champ circulaire d’or il superpose une pointe de flèche renversée d’azur et un éventail en plumes d’aigle que croise une pipe de paix symbolique Le champ d’or est symbole de la prospérité tribale; la pointe de flèche lorsqu’elle était utilisée au bout d’une flèche était un instrument de chasse et de guerre; la pipe devenait un symbole de paix lorsqu’elle était fumée au moment de la signature d’un traité afin de sceller le pacte entre l’Indien et l’homme blanc indiquant ainsi la volonté de vivre en paix et de maintenir des relations amicales, et l’éventail en plumes d’aigle est un symbole d’autorité ou d’une fonction élevée dans le clan ou dans les affaires tribales.

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30 juillet 2016

remembrement des terres osages

Les Osages récupèrent des terres

La nation osage entame un programme de “remembrement” de ses terres

grâce à une Indienne blackfeet.

 par Marie-Claude Strigler

elouise_cobell-tester-facebook

 Elouise Cobell (décédée en 2011) était une Indienne blackfeet du Montana, militante de la cause indienne. Elle gérait un ranch avec son mari, et fut trésorière de la nation blackfeet. C’est en assumant ces fonctions qu’elle remarqua de graves dysfonctionnements dans la gestion que faisait le Bureau des Affaires indiennes (BIA)* des comptes indiens dont il avait la responsabilité.

 

BIA

 

Elle fut à l’origine de la plus importante plainte collective jamais déposée aux États-Unis. Dans le procès Cobell v. Salazar, elle demanda des comptes au gouvernement fédéral pour “mauvais usage des fonds en fiducie** appartenant à plus de 500 000 Indiens.” En effet, avec l’application de la loi de lotissement général de 1887 (ou loi Dawes), les réserves furent loties, et chaque membre d’une tribu se vit attribuer une parcelle en toute propriété. Si les nouveaux propriétaires donnaient leur parcelle en location, le BIA gérait les revenus, en protégeant théoriquement au mieux les droits des Indiens. Après 14 ans de batailles juridiques acharnées, le président Obama proposa en 2010 un réglement du conflit comportant un versement global de 3,4 milliards de dollars. En conséquence, chaque personne concernée recevra un dédommagement d’au moins 1 800 dollars, souvent beaucoup plus. C’était loin des sommes réellement dues, mais il fallait mettre fin à d’interminables procédures.

 Le programme d’achat des terres

L’issue du procès en plainte collective comprenait un programme d’achat des terres, qui disposait de 1,9 milliard de dollars pour acheter des parcelles fractionnées, en fiducie ou dépendant de droits fonciers restreints, à des propriétaires qui acceptaient de les céder au prix du marché. On dit qu’il y a un bien foncier fractionné lorsqu’une parcelle est détenue par plus d’une personne. Une parcelle peut avoir plus de 50 propriétaires indivis, une situation qui résulte du processus d’homologation des biens transmis aux héritiers.

Les fractions de parcelles achetées sont immédiatement transformées en biens tribaux en fiducie (sous tutelle fédérale). Ces biens tribaux doivent être utilisés au bénéfice de la communauté et de ses membres.

Les individus qui décident de vendre leurs fractions de parcelles reçoivent l’argent directement sur leur compte financier indien personnel (Individual Indian Money IIM) ; ces comptes étaient autrefois gérés par le BIA, mais, depuis 1994, ils sont gérés par le Bureau de gestion des comptes indiens en fiducie (Office of American Indian trust fund management) et sont investis dans des titres publics qui rapportent des intérêts.

Les retombées sont importantes :

-         Les ventes de fractions de parcelles participeront à hauteur de 60 millions de dollars au fonds Cobell pour l’attribution de bourses d’études ;

-         Le programme prend en compte l’utilisation que feront les gouvernements tribaux des terres récupérées (développement économique, amélioration de l’habitat, infrastructures, protection culturelle…)

-         Le programme a jusqu’à présent restitué aux tribus plus de 700 000 hectares de terre.

-         Mais l’argent n’est pas le seul facteur en jeu : le procès a mis en évidence la mauvaise gestion des biens indiens en fiducie fédérale ; le gouvernement fédéral n’a pas fourni l’historique des comptes individuels qu’il avait en tutelle pour les propriétaires indiens qui avaient donné leur terre en location, ou bien il n’a simplement pas versé sur les comptes personnels l’argent qui leur était dû (redevances du pétrole, du gaz, des pâturages ou autres baux).

 

Les Osages sont concernés par le programme d’achat des terres

Dans le cadre de ce programme, la Nation osage dispose de 7,4 millions de dollars pour racheter à leurs propriétaires leurs fractions de parcelles.

Terry Mason Moore

Selon l’avocat osage Terry Mason Moore, cela permettra d’acheter quelque 26 000 hectares de terre à 680 ou 690 propriétaires de fractions de parcelles. Pour qu’ils puissent vendre, leur titre de propriété doit être bien établi, et ne pas faire partie d’une succession. En accord avec le ministère de l’Intérieur, la nation osage a lancé une campagne d’information auprès des membres tribaux susceptibles d’être concernés. Ceux qui choisiront de vendre, recevront l’argent directement sur leur IIM.

La nation osage est la vingtième à participer à ce programme.

 

Difficulté de faire bon usage des parcelles fractionnées

 

Geoffrey Standing Bear

 

Le chef Geoffrey Standing Bear reconnaît que l’émiettement des parcelles représente un obstacle à une exploitation optimale e la terre, et que la situation ne fait qu’empirer depuis un siècle. Heureusement, les 3 villages osages ne sont pas concernés, puisqu’ils sont propriétés tribales communes.

De plus, on ne peut rien faire d’une parcelle si on ne connaît pas la totalité de ses propriétaires, car l’accord de toutes les parties concernées est nécessaire.

Des non-Indiens ont réussi à s’approprier des terres osages en achetant une fraction de parcelle à un individu, puis en proposant la même somme aux autres propriétaires. Et Geoffrey Standing Bear remarque que, lorsqu’on a besoin d’argent, il est difficile de refuser une telle offre !

C’est ainsi que des ranches non indiens ont pu apparaître dans le comté osage, et que des Églises sont propriétaires.

Autrefois, les acquisitions n’étaient pas toujours faites en toute honnêteté. La loi d’Oklahoma veut que la terre soit évaluée, et l’estimation se fait souvent au plus bas, avec l’approbation du BIA. Geoffrey Standing Bear donne l’exemple de sa grand-mère, alors qu’il commençait tout juste sa carrière d’avocat. Les terres jouxtant la propriété de sa grand-mre étaient estimées à une trentaine de dollars l’hectare. Mais lorsque le BIA vint évaluer sa terre, elle ne valait qu’une dizaine de dollars l’hectare. Contre l’avis de son petit-fils, elle accepta l’offre : à l’époque, on ne protestait pas contre les décisions du Bureau des Affaires indiennes.

MCS

_____________________

* BIA : Le Bureau des Affaires indiennes est une agence du gouvernement fédéral des États-Unis au sein du ministère de l’Intérieur. Son rôle est « d’améliorer la qualité de vie, promouvoir le développement économique et gérer au mieux les biens des Amérindiens, des tribus indiennes et des Autochtones d’Alaska. »

** La responsabilité fiduciaire des États-Unis envers les Indiens est l’obligation légale selon laquelle  les États-Unis doivent assurer le respect des droits stipulés  dans les traités, la protection des terres, des biens et des ressources. Ils doivent s’acquitter des mandats de la loi fédérale indienne. Plus simplement, on peut dire que c’est une responsabilité de tutelle, dans la mesure où un tuteur est censé agir au mieux des intérêts de son pupille.

23 juillet 2016

un passionné...

L'homme blanc qui marchait

sur la piste des Amérindiens

Je vous rassure : Douglas Tillman vit bien dans son époque. Il habite une maison confortable des hauts de Phœnix, en Arizona. Nous y arrivons par une chaude journée d'avril. La ville, immense, est environnée d'un désert aride parsemé de cactus en forme de cierges géants dont certains poussent leur étrange silhouette entre les maisons. 

un cierge qui ne brûle pas (contrairement au soleil), à l'entrée de Phœnix / ph : Edgard Strigler

Douglas n'est pas indien mais sa femme, Laura, est une navajo qui enseigne à l'université de Phœnix. Douglas est un ingénieur retraité.

de g à d : Marie-Claude, Douglas, Laura /photo Edgard strigler

Retraité, certes, mais pas inactif. Doug se livre à fond à sa passion : recréer les productions artisanales et artistiques des Amérindiens de l'époque précolombienne. Entre autres il taille dans la pierre et dans le verre de récupération de splendides pointes de flèches et pointes de lances dans le style dit de Clovis.

Doug Tillman / ph ; Edgard Strigler

Clovis ? Rien à voir avec le roi des Francs. Ce Clovis-là est une petite ville du Nouveau-Mexique près de laquelle furent trouvées en 1929 des pointes cannelées de très belle facture que les Amérindiens attachaient à leurs lances pour chasser la mégafaune du pléistocène.

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http://oklahoccitania.canalblog.com/archives/2009/06/08/13069473.html

Certaines de ces pointes découvertes par les archéologues (ou par hasard) étaient en obsidienne. L'obsidienne est un verre volcanique formé par une lave fluide qui s'est refroidie très rapidement, avant que la cristallisation puisse se produire. Le verre est donc un solide amorphe (sans structure cristalline) qui ressemble beaucoup au verre industriel. Les obsidiennes étaient très recherchées des chasseurs de la préhistoire pour leur tranchant et étaient l'objet d'échanges commerciaux, ce qui explique que l'on puisse en trouver parfois très loin des régions volcaniques.Clovis_Doug

Doug taille ses pointes dans du verre de récupération. Il en a des dizaines qui ornent son bureau et diverses autres pièces. Il est devenu expert en taille de pointes Clovis.

Qu'on en juge...

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Nos abonnés les plus anciens se souviennent peut-être de cette série d'articles publiés sur ce blog dans lesquels les pointes de Clovis étaient comparées au pointes dites en feuille de laurier du Solutréen (une période du Paléolithique comprise entre l'Aurignacien et le Magdalénien) - 18 000 ans.

Feuilles de laurier

Ce rapprochement avait permis à deux archéologues américains d'étayer leur hypothèse d'une migration des hommes du Solutréen, qui, partis du golfe de Gascogne et longeant les côtes, auraient débarqué en Amérique au niveau de la Caroline du Nord. On retrouvera ces articles, si cela intéresse, en cliquant ici

Mais notre ami Doug Tillman a d'autres compétences: il fait le feu sans allumettes ni briquet, comme les premiers Américains des âges farouches.

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Il a retrouvé huit méthodes ancestrales Il les a filmées et gravées sur un DVD que conserve la prestigieuse Smithsonian Institution de Washington. Ce document fara le sujet d'un prochain article de ce blog.

Tenez-vous au frais !

frais

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16 juillet 2016

toponymie

Des noms indiens

pour des terres indiennes

 

Harney Peak/Black Elk Peak

La Commission américaine de toponymie (qui examine les noms de lieux ou toponymes) a récemment examiné une motion qui visait à changer le nom du point culminant du Dakota du sud, de « Harney Peak » en « Black Elk Peak ». La motion, déposée lors de la réunion d’avril de la Commission de toponymie, qui dépend du ministère de l’Intérieur, fut appuyée avant d’être retirée à l’issue de longues discussions. Cette proposition de changement de nom de la montagne de 2 207 mètres de haut, sera réexaminée au mois d’août prochain.

General Harney

La Commission a le choix entre trois solutions : le Harney Peak garde son nom, en l’honneur du général William S. Harney ; ou il devient le Black Elk Peak, en mémoire de l’homme sacrée lakota, petit cousin de Crazy Horse ; ou encore il est officiellement nommé « Hinhan Kaga », son nom lakota traditionnel. Une proposition ultérieure est arrivée, pour le nommer « Thunder Peak », la Montagne du Tonnerre.

Black Elk

 Les habitants de la réserve de PineRidge trouvent le nom de Hearney Peak offensant, car le général Harney a mené des expéditions militaires contre les Indiens au xixe siècle, y compris la bataille de Blue Water Creek en 1855, au cours de laquelle des femmes et des enfants furent massacrés.

Pour les Lakotas, le nom de Black Elk Peak est tout indiqué, puisque c’est là que Black Elk (1863-1950) eut sa célèbre vision , qu’il ne comprit pas sur le moment, mais qui donnait des directives pour assurer harmonie et sérénité au monde.

 

Black Elk's vision2

 

 Il n’est pas inutile de rappeler que Harney Peak est situé dans la chaîne des Black Hills, la montagne sacrée des Lakotas, où la présence indienne semble attestée depuis 7000 ans avant notre ère. Le traité de Fort Laramie de 1868 attestait que les Black Hills faisaient de la réserve lakota « tant que l’eau coulerait et que le soleil se lèverait ». En fait, ce fut « jusqu’à de l’or y soit découvert. » Ce n’est qu’en 1983 que la Cour suprême des États-Unis reconnut que les Etats-Unis avaient pris illégalement possession des Black Hills, et offrit un dédommagement financier, c’est-à-dire, intérêts compris, quelque 106 millions de dollars (aujourd’hui quelque 900 millions de dollars. Les Lakotas continuent à réclamer la restitution du site : accepter l’argent serait reconnaître le vol de leur terre sacrée et annuler le problème.

Alors, pourrait-on au moins donner à Harney Peak le nom de Black Elk ?

Black Elk 2

 Black Elk est l’un des derniers grands témoins de la fin des guerres indiennes : à l’âge de 13 ans, il assiste à la bataille de la Little Big Horn en 1876, au cours de laquelle Custer fut tué. Cette victoire d’une grande coalition de tribus indiennes fut aussi hélas « le début de la fin », car après, les « Blancs » se sont senti le droit de tirer à vue sur les Indiens, amis ou ennemis. Puis, en 1890, il fut blessé lors du Massacre de Wounded Knee, qui marqua la fin de la lutte armée indienne. Un prochain blog reparlera de ce tragique événement, « bataille » pour les Américains, « massacre » pour les Indiens.

Black Elk et 2e femme

Black Elk participa au Wild West Show de Buffalo Bill, un moyen d’envoyer de l’argent aux siens restés dans leur réserve. Converti au catholicisme, il accepta néanmoins de dicter ses mémoires à l’ethnologue John Neihard, qui publia en 1932 Black Elk speaks (Black Elk parle), un texte devenu très littéraire sous sa plume. En revanche, Raymond de Mallie, professeur à l’Université d’Indiana, a publié la totalité des enregistrements sous le titre Le Sixième grand-père, dans laquelle figure la description exacte de sa vision.

sixth grandfather

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08 juillet 2016

Occitan, Osage, langues vivantes !

 

Laguépie3

 

OK-OC participera à Lenga viva

(l'université occitane d'été de Laguépie)

le 12 juillet à 18h30

 

LaguépieTous renseignements et infos sur le programme complet :

 

lenga viva2

 

Lenga Viva - Universitat Occitana d'Estiu La Guépia

 

 

Lenga viva

 

 

De l’Oklahoma à l’Occitània

 

Kiowas en Occitania

 

« Oklahoma » : la terre de l’homme rouge en langue choctaw. Près d’une quarantaine de tribus indiennes ont été forcées de s’installer en territoire indien (« Indian Territory » est l’ancien nom de l’Oklahoma) pour laisser la place aux colons européens. Certaines y survivent, d’autres ont trouvé du pétrole sous leurs mocassins. C’est le cas des Osages, souvent désignés comme étant les Sioux du sud, grands amis des « coureurs des bois » qui, improbables sujets du royaume de France, chassaient et piégeaient en liberté au temps de la Louisiane française.

Louisiane

Il s’agit ici de la grande Louisiane, une colonie qui occupait près du tiers central des États-Unis actuels et que le premier consul Bonaparte vendit au président Jefferson en 1803, au grand regret des Osages.

Incroyable ! Au cours du terrible hiver 1829, trois Indiens de la tribu Osage, venus du Missouri, arrivèrent épuisés à Montauban, en Tarn et Garonne, terminant une errance qui leur avait fait parcourir pendant deux ans et demi la France et une partie de l'Europe.

Novembre 1829 : trois Osages perdus arrivent à Montauban

Ils étaient venus « visiter les Français dans leur tribu ». Accueillis triomphalement au Havre en juillet 1827, leur fête n’avait duré qu’un seul été. Ensuite ce fut l’abandon et le vagabondage jusqu’à Montauban où ils arrivèrent en novembre 1829. L'évêque de Montauban organisa la collecte et réunit en quelques jours la somme nécessaire au voyage de retour. Ainsi, grâce à la générosité des Montalbanais, les Osages rentrèrent au pays et racontèrent leur odyssée dont le récit est parvenu jusqu'aux Osages actuels.

En 1989 l'association Oklahoma-Occitania (OK-OC) retrouva le contact avec la tribu qui adhéra au projet d'échanges culturels. Depuis cette date, on rencontre régulièrement des Osages en Occitanie et des Occitans en Oklahoma. Au Jardin des Plantes de Montauban, une stèle commémore cette amitié retrouvée.

Promouvoir la culture occitane en Amérique est l’un des objectifs d’OK-OC depuis sa naissance. Ainsi, en août 1991, un groupe de trente-huit français séjournait pendant plus de deux semaines au pays des Osages en Oklahoma. Il était équipé de bannières occitanes qu’il distribuait à la ronde, accompagné d’un musicien traditionnel, de danseuses en costumes et de nombreux chanteurs du Se canta. La langue occitane et son statut intéressaient les Osages qui les comparaient à la situation de leur langue et de leur culture ancestrale menacées de disparaître.

Alors, à chaque visite des Osages à Montauban, ils étaient emmenés dans les écoles bilingues, occitan/français et invités à participer aux fêtes et manifestations culturelles occitanes. A l’inverse, chaque visite en pays osage était riche en événements culturels, danses et chants traditionnels, cérémonies, reconquête de la langue osage, évocation d’événements historiques.

red eagle

DanCass

occitan cross

A l’occasion de ces nombreuses visites réciproques, en vingt-sept ans d’échanges, des jalons culturels ont été implantés de part et d’autre. Ainsi, un jour d’août 1991, le drapeau occitan a flotté en haut du mât de la résidence du gouverneur de l’Etat de l’Oklahoma.

Depeche 14072013

Un monument dédié à la croix d’Occitanie – le premier en Amérique – a été implanté près du musée de la tribu Osage à Pawhuska, leur capitale. Plusieurs villes d’Oklahoma ainsi que le gouvernement de l’État d’Oklahoma ont décrété à plusieurs reprises une journée ou une semaine occitane.

occitaniaday

Oklahoma Historical Society

La télévision américaine est venue tourner un documentaire à Montauban qui a été diffusé sur le réseau CBS. De même France3 a tourné un documentaire chez les Osages lequel a été diffusé sur la région « Occitanie » actuelle. On ne compte plus les croix occitanes qui complètent les costumes des danseurs traditionnels ni les bérets qui coiffent nombre de guerriers (culturels) osages.

On remarque la croix occitane au collier de notre ami osage Joe

Depuis 1999, la ville de Pawhuska est jumelée avec Montauban. En Oklahoma les mots « Montauban », « Occitanie » sont compris et accueillis avec sympathie. Mais la notoriété du pays des Troubadours déborde largement des frontières de l’État. Du Dakota du Sud à la Californie en passant par le Nebraska, le Missouri et le Kansas, des jalons ont été placés dans une quinzaine de tribus. Quatre chefs de tribus sont venus à Montauban ainsi que le consul des États-Unis. OK-OC a même rencontré l’ambassadeur des USA à Paris

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Août 1991 : David Walters, gouverneur de l'Oklahoma, reçoit la délégation d'OK-OC à Oklahoma City

et trois fois les gouverneurs successifs de l’Oklahoma qui ont reçu chaleureusement la délégation à Oklahoma City.

Ainsi, en près de trois décades, l’Occitanie a trouvé sa place au cœur de l’Amérique profonde, celle des Indiens, des cow-boys, des ranchers comme des rednecks.

L’Occitània se sent bien, chez elle, en Oklahoma !

Gasconade

Pawnee

Kansas

 

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02 juillet 2016

A la fonderie de Pawhuska

Des mythes

coulés dans le bronze

 Pour les Amérindiens, les mythes sont une part essentielle de leur identité. Pourtant, pour ces peuples dont les langues étaient autrefois à transmission uniquement orale, il était presque inévitable de voir disparaître une partie de leur patrimoine.

Dan Jones

Dan (Daniel) Jones, un sculpteur de Kaw City s’en inquiète depuis fort longtemps.

Il fut président de la tribu ponca, l’une des cinq tribus qui se nomment Thé Ge Ha, avec les Kaws, les Osages, les Omahas et les Quapaws, qui appartiennent à la même famille linguistique.

Il s’est assigné commision de préserver les histoires que racontent les Anciens de sa tribu et de la tribu osage en les coulant dans le bronze et le béton. Il confia leur réalisation à la Bronze Horse Foundry à Pawhuska, une fonderie qu’ont visitée les quatre membres d’Ok-Oc en visite chez les Osages au mois d’avril dernier.

Bronze Horse

Dan aime raconter lui-même les histoires qu’il illustre, le Lapin héroïque, le Coyote imprévisible, le singe Ishtinike, ou la sage Tortue.

rabbit

L’une de ses histoires préférées est celle du Coyote et du Renard. Un jour, le Coyote se promenait dans les bois, lorsqu’il croisa un Renard, gras et resplendissant de santé ; il se portait bien mieux que le Coyote efflanqué. “où trouves-tu ta nourriture ?” lui demanda-t-il. Le Renard lui expliqua qu’il se couchait le long de la route pour attendre le chariot de marchandises. Il expliqua qu’il faisait le mort, que le conducteur le ramassait et le mettait dans son chariot, où il mangeait tout son content, avant de sauter du chariot et de poursuivre son chemin.

coyote

Coyote trouva que l’idée était bonne et, à son tour, fit le mort le long de la route. Le chariot arriva, le conducteur le ramassa et le jeta dans son chariot ; mais il se dit : “Chaque fois, l’animal disparaît. Cette fois, je vais l’attacher.” Le pauvre Coyote était prisonnier, victime de son avidité, et il se fit rouer de coups.

coyote2

Mais l’histoire que Dan préfère entre toutes est celle de Grande Tortue qui voulait faire la guerre aux hommes. Grande Tortue était convaincue que les Hommes sont irrespectueux par nature. Il convoqua tous les animaux en conseil : tous furent d’accord pour dire que les hommes prennent trop sans rien rendre à la nature.

Grande Tortue décida alors de partir en guerre contre les Hommes et fit passer des épreuves à tous les animaux pour trouver les meilleurs guerriers. Le bison est courageux, le puma est rapide, tous les animaux ont chacun leurs qualités, mais aucun ne fut retenu. Finalement, il ne resta aucun animal. Il ne resta qu’une vessie de bison, une alène, un allume-feu et un moulin à maïs, tous objets indispensables pour l’homme : il transporte l’eau dans la vessie de bison, coud ses vêtements avec l’alène, se réchauffe grâce à l’allume-feu, et prépare sa nourriture avec le moulin à maïs.

La Grande Tortue réalisa alors que c’étaient là les armes qui pouvaient lui donner la victoire sur les hommes.

 Ces histoires sont comparables à des fables, avec une morale, qui permettaient d’inculquer des valeurs aux enfants. C’est pourquoi il est si important de les préserver.

Marie-Claude Strigler

 

ponca rabbit

 

ponca chief

 

Sacred Water_new

 

 

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25 juin 2016

une date fatidique

25 juin

un anniversaire

à ne pas oublier

Pour mener une guerre de conquête, écraser les populations civiles, massacrer des êtres sans défense, bafouer les droits les plus élémentaires de la personne humaine, semer partout la haine, la terreur et la désolation, il vaut mieux ne pas sortir de chez soi un 25 juin !

Seulement, ils ne le savaient pas.

Simon de Montfort

Simon de Montfort

Simon de Montfort ne se doutait pas que le 25 juin 1218 serait le dernier jour de sa carrière d’impitoyable chien de guerre. Il se sentait un peu trop sûr de lui sous les murs de Toulouse assiégée. C’était sans compter sur la vaillance des femmes occitanes, ces Toulousaines qui armèrent et déclenchèrent la catapulte fatale. Touché en plein front par la grosse pierre il s’affala sur le dos, les bras en croix. Une plaque, scellée au jardin des plantes de Toulouse, rappelle qu’il aurait mieux fait d’être ailleurs ce jour-là.

plaque1

plaque2

dessin_sceau_simon_de_montfort

sceau de Simon de Montfort

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George A. Custer

 

Custer

 

 George A. Custer, "général" (colonel), commandant le 7e Régiment de Cavalerie des Etats-Unis, était sûr de son coup. A la tête de ses hardis cavaliers il allait montrer à ces sauvages, Sioux, Cheyennes et Arapahos ce qu’il en coûtait de s’opposer à la volonté du gouvernement des Etats-Unis. C’était le 25 juin 1876 et cela se passait à Little Big Horn. Les chefs Crazy Horse et Sitting Bull entraînèrent leurs milliers de braves guerriers dans un tourbillon vengeur qui anéantit les cinq compagnies du régiment, général/colonel en tête. Encore un qui aurait mieux fait de ne pas se lever un 25 juin…

George_Custer_LttleBigHorn
La bataille de la Little Big Horn

insigne du 7ème régiment de cavalerie

Nous, Occitans et Indiens, savons combien lourd est le prix à payer lorsque le fanatisme, le goût du lucre et du pouvoir, veulent imposer leur marque sur les peuples. Cette année-là, en 2001, Nous allions nous souvenir de nos ancêtres qui se sacrifièrent pour notre liberté.

Nous avions choisi à cette intention une date fatidique pour les bourreaux. Celle du 25 juin 2001. Au jardin de plantes de Toulouse, à 18 heures, Maurice Andrieu y lisait un passage de la Chanson de la Croisade près de la plaque de Simon de Montfort.

LaCansoLivreVrai-fond

 et à tous les autres

nés un 25 juin...

Joyeux anniv

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paléontologie en pays navajo

Sur les traces

des terribles lézards

 

dinosaures-2

 

 

Notre petit groupe : Marie-Claude + Edgard Strigler & Monique + Jean-Claude Drouilhet parcourt le territoire de la nation Navajo dans un 4x4 Ford explorer dont la location s'imposait compte-tenu des pistes, des cahots, de la poussière, du désert.

 

notre 4X4 en Arizona

 zoom avant sur le Ford explorer

 En Arizona, dans la réserve de la nation Navajo, à l'ouest de la petite ville de Tuba City, nous arrivons sur un site impressionnant qui fut parcouru en tous sens il y a des dizaines de millions d'années par de gigantesques dinosaures carnivores. Des jeunes guides navajos accompagnent la visite si l'on veut. Sinon on peut aller seuls sur la piste de ces géants du jurassique inférieur qui gambadaient là il y a entre 199 et 183 millions d'années. Il s'agit du Dilosophorus. Sympa la bestiole ! On en voit quelques-uns dans le film Jurassic Park.

dilosauphorus

dinosaures_1

couteau 606

l'impression de les suivre à la trace, comme s'ils étaient passés là 10 minutes avant

couteau 607

couteau 609

couteau 610

Recréer

les espèces disparues ?

Ce vieux rêve hante toujours les esprits surchauffés. C'est le thème du film Jurassic Park de Spielberg et du magnifique roman de Michael Crighton intitulé Le Parc Jurassique dans sa première édition française d'où a été adapté le film. Là, nous étions dans la fiction dont nous savons aujourd'hui qu'elle est techniquement impossible à réaliser. C'est du roman et du cinéma. Bravo !

Mais voilà ce qui pourrait nous inquiéter si les simples citoyens que nous sommes laissent faire les apprentis sorciers. Pas nécessaire d'être un scientifique pour crier alerte ! Il est fortement question de recréer deux espèces disparues : le Mammouth laineux et ... L'homme de Néanterthal. Pas moins...

Le mammouth laineux

 mammouth laineux

Des chercheurs travaillent sur le projet de recréer un mammouth avant 2017. Les mammouths laineux sont apparus pratiquement en même temps que les hommes, mais leur histoire fut beaucoup plus courte. A la différence des dinosaures dont les restes sont surtout découverts dans des déserts arides rocheux, les mammouths fossiles sont retrouvés dans le pergélisol en Sibérie subarctique et en Amérique du Nord. Les tissus mous, les os et même dans certains cas la fourrure congelés se sont bien conservés durant dix mille ans dans ce réfrigérateur naturel. Ce qui a permis aux chercheurs d’avancer l’idée de cloner un mammouth. Il ne faut pour cela qu’un fragment de tissus dans lequel l’ADN se soit bien conservé. La réalisation de ce projet est tout à fait possible, mais ne mènera à rien de bon.

Que fera-t-on de ces animaux, en supposant que l'expérience réussisse ? Les enfermer dans un parc zoologique ? Les lâcher dans le milieu naturel d'origine de leurs ancêtres ? Dans les deux cas, gare aux accidents.

L'aurochs

aurochs reconstitué

aurochs de Lascaux

Dans le même ordre d'idée l'expérience a été tentée et (presque) réussie avec l'aurochs (Bos primegenius), l'ancêtre sauvage de nos boeufs, vaches et taureaux domestiques qui parcouraient l'Europe sans frontières des âges farouches. Par sélection remontante à partir des caractères archaïques des bœufs domestiques on a obtenu en plus petit et moins cornu des individus qui ressemblent vaguement à ces ancêtres. On pouvait voir il y a quelques années l'un d'eux au parc animalier de Gramat (Lot)

L'homme de Néanderthal

 Neandertalien5

Mais voilà qui devient plus grave et inquiétant. Un (groupe de) chercheur(s) aux Etats-unis envisage de redonner vie à une espèce humaine disparue, celle qui nous a précédés en Europe et qui a même vécu quelques millénaires en même temps que nos ancêtres. Il s'agit de l'homme de Néandertal (Homo sapiens neanderthalensis). Rappelons que notre espèce, unique actuellement sur la terre, est l'Homo sapiens sapiens. Ceci pour dire que ce qui nous différencie de Néandertal se situe seulement au niveau de la sous-espèce. Mais nous appartenions à la même espèce. Respect.

Ces humains disparus avaient un cerveau plus grand que le nôtre. Est-ce à dire qu'ils étaient plus intelligents ? Certains le pensent mais sont bien incapables de le démontrer. D'ailleurs, qu'est-ce que l'intelligence ? Vaste problème...

 George Church

George Church n'a rien du savant fou. Ce professeur de génétique à Harvard est l'un des pionniers d'une branche un peu particulière de la science: la biologie synthétique, dont le but est de recréer certains des organismes in vitro, grâce à de l'ADN.

Son projet, redonner vie, pourquoi pas, à l'homme de Néandertal. D'après lui,  les technologies dont nous disposons nous permettraient de cloner des membres de cette espèce d'homme disparue il y a environ 28.000 ans.

Lire et écrire de l'ADN sont des procédés désormais suffisamment rapides pour que cela ait lieu de son vivant, affirme-t-il. Seule ombre au tableau, il faudrait déjà savoir comment cloner des humains, mais aussi se l'autoriser. Néanmoins, Church estime que cela devrait être possible rapidement. Quant à la législation, si elle interdit le clonage humain dans certains pays comme l'Allemagne ou la France, il affirme que ce n'est pas le cas partout et n'exclut pas que les lois puissent changer.

clonage-technique1

Supposons un instant que les difficultés technologiques soient surmontées et les obstacles juridiques écartés. La question qui va se poser est toujours la même : pour quoi faire ? Attention, cette fois nous touchons à l'humain, à notre famille, notre genre, notre espèce. D'autres s'y sont essayés autrefois avec les conséquences désastreuses que l'on sait.

Church argumente en faveur de la diversité de notre espèce. Qui sait pense-t'il si l'homme de Néandertal avec une pensée différente de la nôtre, peut-être plus puissante ou plus astucieuse, ne parviendra pas à fournir des réponses pertinentes aux grands problèmes qui nous menacent : épidémies, etc.

Dès lors, suffirait-il de créer un seul Néandertal pour s'en rendre compte ? Non, estime Church. Il faudrait en cloner une cohorte afin qu'ils aient un sentiment d'identité et pourquoi pas aboutir à une culture néo-néandertalienne, et même les laisser former leur propre force politique.

Comment imaginer que ces humains archaïques puissent être acceptés des humains modernes ? Quand on voit le mal que l'on se donne pour accepter nos semblables, réfugiés d'autres parties de la planète devenues invivables, quel niveau de tolérance faudrait-il déployer ?

Ensuite, si nous voulons parler de préserver la diversité, ne faudrait-il pas commencer par celle qui existe encore ?

Enfin, dernière question mais pas la moindre : où faire vivre cette cohorte ? Parmi nous, impossible pour de multiples raisons. Sur une île déserte ? Il n'y en a plus, sauf à réquisitionner des îles de milliardaires (là, par contre, il y en a). Il a fallu des milliers de générations se transmettant les connaissances pour atteindre un niveau de civilisation. Mais qui apprendra à ces humains les techniques de survie ? Peut-être les commandos de la Légion rentrant d'un stage de survie en Amazonie.

Néanderthal

Vaste question ! Si la concurrence de nos ancêtres directs en est la (l'une des) cause(s), alors il aurait mieux valu les aider. Cela éviterait aujourd'hui à certains de vouloir les faire renaître.

Conclusion : la diversité humaine existe aujourd'hui, selon des formes culturelles, spirituelles, techniques paraissant parfois très éloignées les unes des autres. Alors respectons ce qui est respectable et combattons pacifiquement ce qui ne l'est pas. Tous les hommes (et les femmes) sont frères (et sœurs). C'est la grande leçon des Guerriers de l'Arc-en-ciel des Indiens d'Amérique *

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* Selon une légende des Indiens Cherokee (et d'autres cultures amérindiennes) le jour viendra où les peuples du monde se reconnaîtront comme les membres d’une même famille. Alors ces Guerriers de l’Arc-en-Ciel se rassembleront afin de conduire pacifiquement à de grands changements qui concerneront autant les relations harmonieuses entre les peuples que les relations avec tout ce qui existe sur la Terre-Mère.

 

 

 

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