Oklahoma-Occitania

28 mai 2016

Quand l'homme de Néandertal nous précédait...

Il y a 175 600 ans

en Tarn-et-Garonne

L'homme de Néandertal

a laissé son empreinte

Bruniquel3

C'est une découverte d'une importance considérable qui vient d'être faite à deux pas de chez nous. Bruniquel est un village sur la falaise qui domine les gorges de l'Aveyron, à 25 km de Montauban. C'est un paysage de causses, creusé de grottes parmi lesquelles certaines ont été fréquentées par les homo sapiens sapiens, voici quelque 15000 à 30 000 ans. Des jeunots ces Magdaléniens si on les compare à leurs prédécesseurs passés par là mille sept cent siècles (oui, siècles !) avant eux.

gorges

Les Néandertal n'étaient pas les brutes épaisses sous lesquelles on les dépeignait autrefois. Des traces de leur présence ont été découvertes dans la grotte de Bruniquel, dans une salle à près de trois cent mètres de l'entrée. Un endroit donc où il ne faisait pas bon vivre et où il fallait savoir s'éclairer. On a donc la preuve que ces humains non seulement savaient produire et entretenir le feu mais savaient aussi l'utiliser pour d'autres raisons que la cuisson des aliments ou le chauffage. Dans cette grotte on a trouvé des os d'ours brûlés qui en attestent. C'est en cela que la découverte de Bruniquel est d'une importance scientifique majeure et une grande première mondiale.

Bruniquel1

Alors, que venaient-ils faire là dans cet espace clos, sombre et humide. Ils dessinaient des cercles sur le sol. Avec quoi ? Le seul matériau disponible était fourni par les stalacmites nombreuses sur le plancher. Ils ont donc coupé certains d'entre elles et ont disposé les tronçons en deux cercles tangents. Des cercles. Cela nous rappelle quelque chose.

Bruniquel2

A OK-OC, notre fréquentation des Amérindiens et l'intérêt que nous avons pris à leurs cultures modernes et ancestrales nous ont amenés à constater un certain nombre d'invariants parmi lesquels l'omniprésence du cercle, base de leur conception de la nature, de l'univers, de la vie et de leurs comportement social. Le cercle disent-ils est partout : le nid des oiseaux, les ronds dans l'eau, la lune, le soleil, la ronde des saisons, les cycles de reproduction, etc.

ronds de sorcières près de Montauban

Cette sacralisation du cercle détermine leur monde de pensée : une pensée circulaire. Notre pensée à nous, hommes modernes de la civilisation occidentale, est devenue linéaire. La ligne droite est partout : l'autoroute, la LGV, le chemin le plus court, "time is money". D'où l'intérêt pour la pensée circulaire. Les Indiens d'Amérique sont parmi les derniers témoins vivants de cette façon d'appréhender le monde. Ils sont plus proches de leurs ancêtres que nous ne le sommes des nôtres. Essayons donc de comprendre.

Loin de nous l'idée de revenir au temps de la chasse au mammouth (ou au bison). Mais essayons parfois de regarder dans le rétrovisur de l'histoire et, plus encore, celui de la préhistoire. Le passé, proche et lointain, éclaire l'avenir. Et si nous avons besoin d'éclairage, c'est bien de celui-là par les temps incertains qui courent droit vers le mur.

Alors, les cercles néandertaliens de Bruniquel ont sans doute des choses à nous apprendre. Les chercheurs du CNRS étudient la question. Peut-être le préhistorien lotois Jean Clottes a quelques idées à nous proposer. Attendons patiemment la suite.

Jean Clottes

Je vous invite, si vous avez quelques minutes, à visionner la vidéo du CNRS qui donne tous les détails de cette aventure humaine à travers les millénaires.

 

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21 mai 2016

De Rivesaltes à Ponca City

Le muscat de Rivesaltes deviendra-t-il

LE NOUVEL OR BLANC

DES CASINOS OSAGES ?

 

img461

 

Lors de notre séjour en Oklahoma du 14 au 18 avril, nous avons été emmenés visiter le casino osage de Ponca City (50 km à l’ouest de Pawhuska). Les Osages sont propriétaires de sept casinos sur leur réserve (Ponca City, Pawhuska, Hominy, Sand Springs, Tulsa, Bartlesville, Skiatook). Nous avons fort bien mangé au restaurant du casino de Ponca City en compagnie de nos deux guides : John Maker (Big Soldier) et Vann Big Horse.

g>d : Edgard Strigler, Marie-Claude Strigler, John Maker, Vann Big Horse

Tous deux avaient été invités d’OK-OC à Montauban voici quelques années.

Vann Big Horse et John Maker sur le Pont-Vieux de Montauban

g>d : John Maker, Mgr Sarrabère, évêque de Montauban, Vann Big Horse

En octobre dernier, John Maker était adoubé au sein de à la Commanderie du Babau de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) dont l'un des engagements est de répandre la renommée du fameux muscat de Rivesaltes. John Maker, en digne descendant direct de son ancêtre Big Soldier qui le premier avait dégusté le breuvage divin en 1827, avait promis solennellement de faire connaître Rivesaltes et son élixir autour de lui quand il serait rentré dans son pays. Petit rappel en images de la cérémonie...

Le grand chambellan présente l'épéeépaule gaucheDSC_0687

John "Big Soldier" Maker qui a été conquis par ce « nectar des dieux » s'est empressé, une fois rentré dans son pays, d'organiser des séances de dégustation autour de lui. Il a notamment conquis le chef principal des Osages Geoffrey Standing Bear. Lorsque nous l'avons rencontré, le 17 avril, John nous a annoncé son intention de faire importer du muscat de Rivesaltes dans les sept casinos gérés par les Osages.

casino

casino2

Contact a été pris avec Rivesaltes. L’affaire est dans les tuyaux… à suivre.

 

14 mai 2016

la délégation d'OK-OC rencontre le chef des Osages

Nous avons été reçus par

Le chef des Osages

Standing Bear2

Du 14 au 17 avril une délégation d’OK-OC séjournait à Pawhuska, la capitale des Osages en Oklahoma. Elle était composée de deux Montalbanais (le couple Drouilhet) et de deux Parisiens (le couple Strigler). Ils ont été reçus pendant plus de une heure au siège du gouvernement de la nation Osage par le chef principal Geoffrey Standing Bear auquel Marie-Claude Strigler et Jean-Claude Drouilhet ont présenté leur livre respectif. Le chef Standing Bear s’est réjoui de la richesse et de la pérennité des échanges entre les Montalbanais et les Osages et il a tenu, en cette occasion à adresser son salut amical aux populations de Montauban et du Tarn-et-Garonne : « Ha-Weh, Occitans ! »

g>d : JC Drouilhet, Edgard Strigler, chef Standing Bear, Monique Drouilhet, Marie-Claude Strigler

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Croix Occitan

07 mai 2016

Le blog est de retour

YES, WE'RE BACK !

Pas tout à fait encore atterri dans nos têtes (9 heures de décalage horaire avec l'Arizona), mais l'équilibre revient, tout doucement. Surtout après avoir rencontré la personne que nous vous présentons aujourd'hui. C'est un homme-médecine, il est Navajo, il habite Flagstaff, Arizona. Marie-Claude Strigler nous fait le récit de cette rencontre exceptionnelle. Les photos (d'intérieur) sont d'Edgard Strigler *

Jones Benally

homme-médecine navajo

 

IMG_0735

 

Nous avons eu le privilège de rencontrer Jones Benally et sa famille dans leur « trailer » près de Flagstaff, en Arizona, où sa femme, Berta, nous a cuisiné un dîner traditionnel, où les premiers épis de maïs de printemps étaient présents,  bien entendu.

Jones naquit dans un hogan, on ne sait pas exactement en quelle année. Autrefois, les enfants n’étaient pas immédiatement déclarés à l’état civil.

 

hogan

hogan Jones

Hutte sudation Jones

Ce que l’on sait, en revanche, c’est que ses grands-parents et ses parents ont commencé à lui enseigner les chants,  les danses et les prières, ainsi que l’usage médicinal des plantes lorsqu’il avait sept ans.  Il a baigné dans la culture navajo dès son plus jeune âge.  Jones Benally est aujourd’hui un homme-médecine réputé, c’est-à-dire à la fois guide spirituel, médecin et philosophe. Il accomplit des rites guérisseurs ou Voies, comme l’appellent les Navajos.

Il nous explique que les hommes sont censés vivre en état d’hozho, un mot intraduisible qui signifie à la fois « beauté, santé, et, surtout, équilibre ». Si un élément quelconque perturbe cet équilibre idéal, la maladie peut intervenir. L’homme médecine fait alors appel aux Êtres Sacrés au cours d’une cérémonie pour rétablir l’équilibre et l’harmonie.

 

Winslow

 

Son activité  est si bien reconnue que, pendant des années, Jones a exercé dans son hogan cérémoniel dans l’enceinte du centre médical indien de Winslow, en Arizona. Les patients qui avaient subi une opération chirurgicale, par exemple, pouvaient avoir recours à lui pour retrouver l’état d’hozho. En effet, si la médecine occidentale remédie aux symptômes, une « cérémonie » rétablit l’équilibre.

 

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Cet homme grand et sec, comme l’étaient les Navajos autrefois, se plait à expliquer que les êtres humains ont été mis sur terre par le Créateur (pour qui les Navajos n’utilisent pas le nom de « Dieu ») au début des temps, au même titre que tous les êtres vivants, qu’ils fassent partie du monde animal, végétal ou minéral. Le monde était censé vivre en harmonie, car les hommes étaient naturellement bons.

C’est par la sorcellerie que le mal se produit. Ironiquement, Jones indique que la sorcellerie agit surtout par l’intermédiaire des financiers et des politiques… La cupidité et le goût du pouvoir sont responsables des plus grands maux.

 

Jones Benally et Marie-Claude Strigler

 

En conséquence, les hommes ont besoin de « protection », un mot quoi revient fréquemment dans sa bouche. Les cérémonies pratiquées par les hommes médecine sont bénéfiques et jouent ce rôle de protection.

 

Le lendemain, petit-déjeuner à l'hôtel

 

Les enfants de Jones ont appris une grande partie  des prières et des rites. Il faut en effet que l’avenir soit assuré. La médecine traditionnelle est encore très vivante, preuve que le monde a besoin de beauté et d’équilibre ; il a besoin de protection contre tout ce qui vient le perturber. Et Jones et sa famille font tout ce qu’ils peuvent pour protéger leurs semblables.

Il n’est alors pas étonnant qu’en 2014, Jones ait été nommé « trésor vivant » d’Arizona. Un « trésor vivant » doit avoir fait preuve de changer le monde pour le mieux, avoir atteint un certain âge et exercé une force bénéfique pendant plusieurs décennies, et avoir œuvré pour promouvoir les droits de l’homme, le changement social et la paix.

 

jones-benally exécute une danse des cerceaux (hoop dance)

 

Comment ne pas mentionner aussi qu’il est un légendaire danseur de la hoop dance

Marie-Claude Strigler

____________________

* afin de perturber l'esprit de nos gentils visiteurs, nous avons choisi le désordre chronologique (l'heure est au remue-méninges). C'est donc en fin de parcours qu'a eu lieu cette rencontre. Au cours des semaines suivantes nous vous rendrons compte de (presque) tout/tous ce que nous avons vu et rencontrés. Merci de votre patience et de votre collaboration. JCD

 

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16 avril 2016

bye bye the blog...

LE BLOG PART EN VOYAGE

 

Voyage

AU PAYS DES OSAGES

 

Louisiane2 

En Oklahoma, du 13 au 18 avril

ET AU PAYS DES NAVAJOS

Navajo res

En Arizona, du 19 au 28 avril

DONC,

PAS DE NOUVEAU MESSAGE

SUR CETTE PAGE

PAS DE NOUVEAU

 

PAS DE NOUVEAU2

 

AVANT LE 7 MAI...

... MAIS,

 

GOOD NEWS2

 

GOOD NEWS

Si la technique veut bien nous accompagner,

nous vous promettons d'ESSAYER

de publier de temps en temps

une "Newsletter" en temps réel

pour vous tenir au jus

de nos rencontres et de nos coups de cœur

VOUS AVEZ BIEN COMPRIS ?

C'EST UNE PROMESSE D'INTENTION

Les voyageurs du blog :

OTM1

 

ils sont quatre

sur cette photo prise au musée tribal osage en 2011

de gauche à droite :

Kathreen Red Corn,

Jean-Claude Drouilhet,

Lou Brock,

(???),

Edgard Strigler,

Marie-Claude Strigler,

Monique Drouilhet

Bye bye et à bientôt ; au 7 mai

si les pumas, coyottes

et autres rattle snakes

ne nous ont pas bouffés tout cru

coyote

coyote2

 

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09 avril 2016

hunour amérindien

L’humour

est une arme subversive

Marie-Claude Strigler

Le rire est bon pour la santé. Chez les amérindiens, une plaisanterie est toujours bienvenue. L’humour est un mécanisme de survie qui rétablit l’équilibre dans un monde chaotique.

Toutes les tribus ont été soumises à la colonisation. Au lieu d’accepter l’anéantissement de leur culture, elles luttent par l’humour pour prouver qu’elles sont capables de s’adapter à leur environnement. Les Indiens prennent le contrepied du stéréotype de l’Indien imperturbable, du guerrier sanguinaire, ou du sage pacifiste.

carter-revard-1

Carter Revard, écrivain d’ascendance osage, ponca et irlandaise, montre bien comment l’humour fonctionne pour ridiculiser les idées toutes faites à leur encontre, dans un essai satirique intitulé : « Rapport à la nation : l’Europe revendiquée ». Il adopte le style des rapports écrits par les explorateurs, mais pour décrire le voyage d’un Indien en Europe. L’auteur se fait passer pour « l’agent spécial Whazhazhe n° 2230 »

agent spécial

« Lorsque j’ai revendiqué l’Angleterre au nom de la nation osage le mois dernier, certains des chefs anglais ont protesté. Pourtant, j’avais bien pris une excursion en bateau sur la Tamise, et j’avais officiellement proclamé, devant quelques touristes allemands et japonais comme témoins, que toute la terre arrosée par ce fleuve nous appartenait. Cela n’a pas empêché les chefs que ma proclamation n’avait aucune valeur.

RenaultAlors, j’ai dit « Au diable l’Angleterre » et je suis allé en France. J’ai loué une petite Renault à Paris et je suis allé en voiture jusqu’aux châteaux de la Loire et Biarritz, ne m’arrêtant  que pour proclamer que tout le territoire nous appartenait. Je ne suis pas certain que les Français ont bien compris, mais j’ai partout été bien accueilli et bien nourri ; ils acceptaient en retour avec plaisir des bouts de papier et de petits disques métalliques. S’ils sont si crédules, ils ne devraient pas poser de problème lorsque nous prendrons possession du reste du territoire. »

 

dollars

 

 En renversant les rôles, Revard dénonce le comportement des Européens, tout en offrant aux lecteurs occidentaux un autre point de vue sur leurs monnaies (billets et pièces).

L’agent spécial Whazhazhe dénonce aussi la description des peuples autochtones :

« Il sera peut-être impossible de civiliser les Européens, mais si nos Anciens estiment qu’ils en valent la peine, nous pourrons peut-être enseigner la langue osage à ces malheureux ; mais si nous ne réussissons pas à leur imposer notre bienveillance, il se peut que nous soyons obligés de les tuer. »

 

Osage language

Carter Revard applique aux Européens les mêmes stéréotypes : « ils ne savent pas utiliser la terre : ils s’obstinent  à la couvrir de béton et de goudron. Ils s’entretuent comme par instinct naturel, que ce soit femmes, enfants ou chevaux, puis ils exposent les corps mutilés en première page de leurs journaux ou sur leurs écrans de télévision. Dans leurs « sanctuaires », il y a plein de scènes de torture. »

L’agent Whazhazhe préconise la colonisation, tout en déplorant que l’Européen soit en voie de disparition. « Les Européens ne comprendront certainement pas nos motivations en tant que peuple élu. Nous serons obligés de vaincre leur opposition. En tant que race supérieure, nous finirons pas l’emporter. »

 Bien souvent, l’humour est une arme à double tranchant. Mais son aspect prédominant est la capacité à rebondir.

 

discovery« La découverte de l’Amérique », poème de 1980, est moins connu, mais tout aussi percutant. C’est un poème de science-fiction, une allégorie de la conquête des Amérindiens par les colons blancs au XIXe siècle. Des extraterrestres colonisent la terre et asservissent les autres cultures pour satisfaire leurs propres besoins. Le poème commence par les mots d’un extraterrestre qui s’adresse à son supérieur, pour décrire des créatures qui se sont extasiées sur leur apparence. Le lecteur est manipulé pour qu’il s’identifie aux opprimés. Les créatures se sont extasiées devant leur peau verte et leurs yeux rouges, un parallèle avec la peau blanche et les yeux des Européens. Les extraterrestres goûtent à la cervelle humaine pour mieux connaître et apprendre l’histoire des hommes.

 

alien

« Un certain général Sherman a dit exactement ce que nous disons de ces créatures : c’est notre destinée de les « astériser » (civiliser ?). Ils ont des arguments pour se justifier : « les créatures n’ont pas d’antennes, elles sont incapables de comprendre que nous avons le droit d’en faire nos esclaves. »

À la fin du poème, un extraterrestre déclare : « Ils devront venir dans nos enclos afin que nous puissions étudier comment nos crises cardiaques et nos cancers se sont répandus dans ces populations, puisqu’ils ne semblent pas être immunisés. »

Les enclos évoquent clairement les réserves ; quant aux hommes terrestres, ils n’avaient pas développé d’anticorps contre les maladies des extraterrestres, pas plus que les Indiens en avaient créé contre les maladies du vieux continent. Mais ceci n’est qu’une interprétation au premier degré. En essence, les colons européens, ou, dans ce cas, les extraterrestres, furent le cancer qui a apporté la désolation et qui fut impossible d’éradiquer.

 

virtual

 

Revard mêle le discours de la science-fiction et de la Destinée manifeste. Il nous offre une « réalité irréelle ».

Le dernier vers : « Puis, nous serons à jamais en sécurité, riches et heureux. »

 

Destinée manifesteCette œuvre, peinte vers 1872 par John Gast intitulée American Progress est une représentation allégorique de la « Destinée manifeste ». Dans cette scène, une femme angélique (parfois identifiée comme Colombia, la personnification des Etats-Unis au XIXe siècle), porte la lumière de la « civilisation » à l'ouest avec les colons américains. Les Amérindiens et les animaux sauvages fuient vers les ténèbres de l'ouest sauvage.( https://www.les-crises.fr/destinee-manifeste-exceptionnalisme-americain-14-histoire/ )

L’humour indien prend sa source dans la tragédie et une farouche volonté de survivre. Il fait partie du processus de décolonisation, un moyen de contrer l’injustice, l’arrogance et l’hypocrisie.

 

decolonisation

decolonisation2

 

 

 

 

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02 avril 2016

immigration sauvage

Et si les Indiens

d'autrefois

avaient agi

comme les Européens

d'aujourd'hui...

 

caravelles

Le 12 octobre 1492 Christophe Colomb abordait l’île de San Salvador aux Bahamas, nommée Guanahani par les Indiens Tainos qui la peuplaient. La population indienne fut décimée en moins d'un siècle, de maladie ou de mauvais traitements.

Les autochtones comme les allochtones appartenaient tous à la même espèce : Homo sapiens, mais à des cultures différentes. Différentes par la langue -- avec les concepts et les valeurs qui caractérisent chacune d'elles -- par la spiritualité, la technologie, la médecine, l'organisation sociale, etc. Tous semblables, tous différents ! Ce qui était une richesse se mua en une grande misère jusqu'à la quasi-extinction des peuples dominés.

Imaginons un instant, avec les Indiens, une inversion de situation faisant référence à la politique migratoire européenne actuelle.

 

Rentrez chez vous. Vous êtes tous des sans-papiersRentrez chez vous. Vous êtes tous des sans-papiers

 Tropiques amers ! Les Espagnols, commandés par un Gênois (aujourd'hui on dirait Italien) sans papiers mais armés d'escopettes et de hallebardes furent accueillis courtoisement. Quelle belle leçon d'hospitalité...

Les premiers immigtants clandestins

" Pas de carte verte ? Ni de visa ?? Désolés, nous voulons voir vos passeports. "

Ah les papiers ! Aujourd'hui ils nous pourrissent la vie et nous vident la mémoire. On en regretterait presque le temps des lois non écrites et de la tradition orale. Mais, au fait, aujourd'hui on écrit aussi sur l'ordi, sur Internet, dans le cloud. Elle est là, la nouvelle mémoire virtuelle qui vide un peu plus la nôtre : la mémoire cérébrale. Et n'importe qui peut explorer notre mémoire virtuelle s'il sait "craquer" le mot de passe.

immigration

 1620 : la première immigration illégale

Le 11 novembre 1620 le Mayflower abordait les rivages de l'Amérique au cap Cod (sur le site de la ville de Princetown dans le Massachudetts). Parmi les occupants du bateau se trouvaient trente-cinq dissidents anglais, des Pères pèlerins très pieux, fuyant les persécutions de Jacques Ier et à la recherche d'un lieu pour pratiquer librement leur religion, ainsi que d'autres Européens de diverses nationalités. Ces Européens furent les premiers colons à s'établir durablement en Nouvelle Angleterre, où ils décidèrent de fonder la ville de Plymouth. Ceux-là non plus n'avaient pas de papiers. Ils furent pourtant bien accueillis. Chaque année au mois de novembre la fête de Thanksgiving commémore le partage de vivres entre les Indiens et les premiers immigrés européens.

 

Premier Thanksgiving, 1621. Huile sur toile de Jean Leon Gerome Ferris (1899)

 

 

immigration5Nous avons adopté les lois des Républicains sur l'immigration. DÉGAGE.

En ces temps modernes où l'obsession de sécurité est partout : dans les aéroports, dans les villes, dans nos hypermachés, nos stades, sur nos autoroutes, dans nos maisons, nos voitures, etc. Le marché de la trouille est en pleine expansion. A ce train-là, nous allons finir par avoir peur de notre ombre.

 

la trouille de la citrouille

 

Alors, courage mes amis. Les Indiens ont une longue expérience. Ils nous montrent la voie. Cela fait plus de cinq siècles qu'ils combattent le terrorisme.

fighting terrorism1

fighting terrorism2

fighting terrorism3

 

fighting_terrorism4

Et pour terminer un retour sur notre petite histoire publiée ici le 12 mars sous le titre "Les astronautes et le Navajo"

 

history-native_american_indian-moon-lunar_landing-invasion-settler-jcen317_low" Oh non, pas ça encore ! "

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26 mars 2016

une bonne et une mauvaise nouvelle

Le chef des Osages

reçu à la Maison Blanche

par le président Obama

 

 

Standing Bear2
Le 2 décembre 2015, Geoffrey Standing Bear était invité,
avec 10 autres chefs de tribu, à rencontrer Obama, à la Maison Blanche. Le président voulait discuter des problèmes auxquels sont confrontés les tribus et nations amérindiennes.

Les chefs tribaux avaient été informés par conférence téléphonique qu'ils auraient chacun quelques minutes de parole. La réunion ne durerait que 40 minutes. Le président voulait concentrer le débat sur l'éducation et la santé, en particulier pour les jeunes.
Le matin du 2 décembre le chef Standing Bear et les autres chefs de tribu arrivaient à la Maison Blanche à 8 h 30 pour la réunion qui était prévue à 11 h. Ils avaient dû passer quatre contrôles de sécurité avant d'être conduits à l'aile ouest, salle Roosevelt, juste en face du bureau ovale.
« Nous nous sommes assis autour de la table de conférences avec le secrétaire (ministre) de l'Intérieur, le secrétaire (ministre) de l'éducation, Jodi Gillette (1)
et son équipe. Nous avons parlé des divers problèmes pendant environ 40-45 minutes", a déclaré Standing Bear. Ensuite le Président est entré ; il m'a serré la main et je me suis présenté : « Bonjour Monsieur le Président, je suis Geoffrey Standing Bear, chef de la nation Osage. » Il m'a répondu : « Bonjour, Geoff ». Puis il est entré dans la salle et tout le monde s'est présenté. »

Le chef Standing Bear est à droite près de la cheminée

Standing Bear était le dernier à parler avec Obama.
« Je lui ai demandé, comment allez-vous vous assurer que les initiatives que vous avez mises en place vont durer dans la prochaine administration? Il m'a regardé et m'a dit qu'ils y travaillent. Ils tentent d'institutionnaliser certaines de leurs initiatives
par décrets »
Standing Bear a ajouté : « Je tiens à vous féliciter pour la nomination à la Justice de Sonia Sotomayor (2). J'ai eu le privilège de la rencontrer à Oklahoma City et elle comprend la relation entre les tribus et les traités et le gouvernement fédéral
Standing Bear a déclaré que les plus grands problèmes tribus résident dans les décisions de justice défavorables. Les tribunaux ne favorisent pas les Amérindiens.

Les chefs et représentants de tribus présents

 

img447

 

 
1 · W. "Ron" Allen, président, Jamestown S'Klallam Tribe
2 · Phyliss Anderson, chef, Mississippi Choctaw
3 · Lorenzo Bates, Président du Sénat, Navajo Nation
4 · Thomas Beauty, Président, Apache Nation Yavapai
5 · Joseph M. Chavarria, gouverneur, Santa Clara Pueblo
6 · Cristina Danforth, présidente, Oneida Nation of Wisconsin
7 · Jeff Grubbe, président, Agua Caliente Band des Indiens Cahuilla
8 · Jerry Isaac, Fédération Alaska Natives Co-président, Tanacross Native Village
9 · Darrin Old Coyote, président, Corbeau Nation

10 . Myra Pearson, présidente, Lac Nation Spirit

11. Geoffrey Standing Bear, chef de la Nation Osage

______________

 Jodi

 

jodi21. Jodi Archambault Gillette est conseillère du président Obama pour les affaires concernant les Indiens des Etats-Unis. Elle appartient à la nation Sioux Lakota Oglala-Hunkpapa

 Jodi Gillette à la Maison Blanche

Jodi Gillette au pow-wow de Pine Ridge (Dakota du Sud)

 

 

Sonia Sotomayor2. Sonia Sotomayor, née le 25 juin 1954 dans le Bronx à New York, est une juriste américaine et depuis le 6 août 2009 l'un des neuf juges de la Cour suprême                                                                                                                        

 

 

 

 

Une bien triste nouvelle

 

John TrudellNous venons d'apprendre avec émotion le décès de John Trudell, ce militant infatigable de la cause des Indiens d'Amérique. Prenez le temps de lire l'émouvant article de notre ami Elrick Fabre-Maigné

19 mars 2016

Histoire d'un peuple

Des signes qui parlent

des Osages

 

Les « signes qui parlent », c’est ainsi que les anciens Osages désignaient l’écriture, celle des traités. Ils n’avaient, en ce temps-là, que la tradition orale pour transmettre de génération en génération les histoires, légendes, connaissances et traditions. C’est ainsi que s’est transmise l’amitié légendaire qu’ils éprouvaient pour les Français.

L’amitié entre les Osages et les Montalbanais remonte à  novembre 1829, lorsque trois Indiens de cette tribu arrivaient exténués dans notre ville. La générosité de nos ancêtres avait permis leur retour en Amérique.

A partir de cette histoire, datant du temps de la Louisiane française, l’association Oklahoma-Occitania (OK-OC) a tissé des liens d’amitié non seulement avec le peuple Osage mais avec une vingtaine d’autres nations amérindiennes. La richesse de ces échanges méritait d’être partagée.

Une rencontre avec deux auteurs autour des Osages avait lieu à la librairie Deloche, 21 rue de la République, Montauban le jeudi 10 mars à 17 heures :

Les deux auteurs prêts à accueillir les lecteurs (photo Edgard Strigler)

Jean-Claude Drouilhet, fondateur de l’association Oklahoma-Occitania y présentait « Du Missouri à Montauban. L’incroyable odyssée des Osages perdus » (La Brochure). Récit de l’épisode montalbanais et de bien d’autres événements de cette tribu (1).

Marie-Claude Feltès-Strigler, maître de conférences à Paris III Sorbonne-Nouvelle présentait un ouvrage historique : « Les Indiens Osages, Enfants-Des-Eaux-Du-Milieu » (OD. Nuage Rouge) - (2)

 

JCD_MCS

 

C’est dans la « cave-à-lire », superbe cave voûtée du sous-sol de la librairie que les présentations furent faites, avec notamment une intéressante conférence de Marie-Claude Strigler qui rappela le parcours historique de cette tribu singulière qui vit à la fois dans le monde moderne et dans sa tradition, faisant ainsi la preuve de la compatibilité des modes de vie. Peut-être un exemple à méditer.

 

Tradition et modernité : mère et fille osage dans les années 1920

Après la présentation, une promenade dans le Montauban-by-night permit à Edgard Strigler de fixer sur la carte mémoire de son appareil de magnifiques photos qu’il partage avec nous. Merci, Edgard et Marie-Claude de votre présence à Montauban, loin de votre vingtième arrondissement parisien.

La place nationale, ex place royale, ex place impériale

les couverts de la place nationale

___________________________________

1. Jean-Claude Drouilhet " Du Missouri à Montauban... " 260 p. - 15 € + 5 € (frais d'envoi) - ch. à l'ordre de Oklahoma-Occitania / 1096 chemin du Coteau / 82000 Montauban.

2. Marie-Claude Feltès-Strigler " Les Indiens Osages... " 360 p. - 22 € - en librairie

 

 

 

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12 mars 2016

Se non è vero è ben trobato...

Les Astronautes et le Navajo

Navajo code talker

L'histoire que nous reproduisons ici est extraite d'un livre intitulé " Sapiens. Une brève histoire de l'humanité " (1). L'auteur Yuval Noah Hariri n'en garantit pas l'authenticité, " à moins que ce ne soit qu'une légende ", écrit-il. Qu'importe nous ne résistons pas au plaisir de la partager car, comme disent les Italiens : " Se non è vero è ben trobato " (Si cela est faux, cela semble tellement véridique que cela devrait être vrai.)

Yuval Noah Hariri :

Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin mirent le pied sur la surface de la Lune.

 

Buzz Aldrin et Neil Armstrong

 

Apollo 11

 

Dans les mois précédant l’expédition, les astronautes d’Apollo 11 s’entraînèrent dans un désert « lunaire » de l’ouest des Etats-Unis (2). La zone abrite plusieurs communautés indigènes américaines (3). Une anecdote – à moins que ce ne soit qu’une légende – rapporte la rencontre des astronautes et d’un habitant du coin :

Un jour qu’ils s’entraînaient, les cosmonautes tombèrent sur un vieil indigène américain. L’homme leur demanda ce qu’ils fabriquaient là. Ils répondirent qu’ils faisaient partie d’une expédition de recherche qui allait bientôt partir explorer la Lune. Quant le vieil homme entendit cela, il resta quelques instants silencieux, puis il demanda aux astronautes s’ils pouvaient lui faire une faveur.

« Que voulez-vous ?

– Eh bien, fit le vieux, les gens de ma tribu croient que les esprits saints vivent sur la Lune. Je me demandais si vous pouviez leur transmettre un message important de la part des miens.

–  Et quel est le message ? » demandèrent les astronautes ?

L’homme marmonna quelque chose dans son langage tribal, puis demanda aux astronautes de le répéter jusqu’à ce qu’ils l’aient parfaitement mémorisé (4).

« Mais qu’est-ce que cela veut dire ?

–  Je ne peux pas vous le dire. C’est un secret que seuls sont autorisés à savoir notre tribu et les esprits de la Lune. »

De retour à leur base, les astronautes ne ménagèrent pas leurs efforts pour trouver quelqu’un qui sût parler la langue de la tribu et le prièrent de traduire le message secret. Quand ils répétèrent ce qu’ils avaient appris par cœur, le traducteur partit d’un grand éclat de rire. Lorsqu’il eut retrouvé son calme, les astronautes lui demandèrent ce que cela voulait dire. L’homme expliqua. Ce qu’ils avaient si méticuleusement mémorisé voulait dire : « Ne croyez pas un seul mot de ce qu’ils vous racontent. Ils sont venus voler vos terres. »

 

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1. Yuval Noah Harari, " Sapiens. Une brève histoire de l'humanité " , Albin Michel 2015. pp.335-336

2. Il s'agit du site dénommé " Cinder Lakes Crater Field " dans le nord de l'Arizona, au nord-est de Flagstaff. La Nasa s'efforça d'y reconstituer un paysage lunaire en y creusant à grands renforts d'explosifs des dizaines de cratères plus ou moins profonds

3. Comme la zone est située au cœur de la réserve navajo, les autochtones qui y résident sont des membres de ce peuple

4. Rien n'indique que ce vieil Indien était un vétéran des célèbres Navajo Code Talkers. Mais le fait que cette langue ait servi de code pour crypter les communications radio dans les combats du  Pacifique de la deuxième guerre mondiale permet de comprendre la perplexité des deux cosmonautres.

 

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