Oklahoma-Occitania

18 mai 2013

l'agriculture des anciens Osages

Les trois soeurs

 

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La trilogie maïs, haricots et courges est l'une des associations les plus connues de nos agriculteurs les plus avertis. Elle est tout d'abord intéressante en terme d'utilisation de l'espace : le maïs s'élance vers le ciel et sert de tuteur au haricot, alors que les courges servent de couvre-sol productif. D'autre part, les trois sont complémentaires dans leurs besoins alimentaires : le haricot est frugal, alors que les courges et le maïs, gourmands, profitent de la capacité du haricot à fixer l'azote de l'air dans le sol. Enfin, ces végétaux ont tous trois des besoins en eau élevés. Mais les grandes feuilles de la courge maintiennent l'humidité du sol, limitant ainsi les arrosages. Sait-on que cette technique novatrice doit beaucoup aux anciens Indiens d'Amérique, notamment aux femmes Osages ? Comme quoi la "découverte de l'Amérique", si elle a coûté cher aux autochtones a rapporté gros à notre agriculture. Ayons au moins cette reconnaissance.

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Vers le mois de février, à la « lune des retours de la lumière du jour », les réserves de viande, maïs, noix et racines commençaient à baisser de façon inquiétante et les hommes partaient dans les collines chasser le cerf et l’élan. Pour les Osages, le cerf venait tout juste après le bison comme moyen de subsistance car, en plus de la viande,  il fournissait sa peau avec laquelle ils faisaient la plupart de leurs vêtements. Les os étaient aussi une importante matière première pour la fabrication des outils. Ils utilisaient des enclumes en os, des aiguilles pour coudre les tapis, et des poignées en bois de cerf.

C’était aussi l’époque de la chasse à l’ours car c’est à la fin de l’hiver leur fourrure est la plus épaisse.

Les Osages commençaient leur nouvelle année en avril, à  la « Lune des plantations », le temps du renouveau de la terre, des naissances et des semailles.

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Pour célébrer la nouvelle année, une série de cérémonies de huttes de sudation était organisée afin purifier les corps et les esprits.

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Le maïs était l’autre aliment de base des Osages. La culture du maïs faisait d’eux un peuple à demi sédentaire contrairement à d’autres tribus des Plaines qui leur étaient apparentées et qui menaient une existence nomade. La culture du maïs demeurait une activité réservée aux femmes. Il pouvait arriver que les hommes viennent les aider dans les champs, mais c’était toujours sous la direction des femmes qui avaient la sagesse de la terre car les êtres qui s’y enracinaient étaient en harmonie avec les rythmes de Grand-Mère Lune.

Les jardins familiaux avaient en général moins d’un demi-acre de superficie, ils étaient situés sur les alluvions fertiles au bord des rivières. Avec une houe faite de l’os de l’épaule d’un élan, les femmes nettoyaient la terre pour la débarrasser des mauvaises herbes. De nombreuses femmes de la tribu disaient que les plus envahissantes de ces mauvaises herbes étaient apparues avec l’homme blanc.

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Le jour des semailles, la femme se teignait une partie des cheveux, elle peignait des lignes rouges et bleues au bas de son visage pour figurer le soleil et la pluie, puis elle se hâtait vers son champ qui attendait la semence. Après avoir semé le maïs sacré, elle continuait à ensemencer le reste du champ, faisant des buttes pour les courges entre celles du maïs, semant des haricots qui pourraient ainsi grimper et s’enrouler autour des jambes de maïs. Plus tard, elle sèmerait les citrouilles, les coloquintes, les tournesols et les melons. Parmi les autres tribus, le maïs osage était réputé parce qu’il atteignait souvent dix pieds de haut et pouvait porter jusqu’à huit ou neuf épis.

Après les semailles il y avait encore une ou deux périodes de travaux aux champs avant que la majorité de la tribu parte en campagne d’été de la chasse au bison.

 Qu'avons-nous fait du maïs des Indiens ?

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quatre variétés de maïs OGM

Ne jouons-nous pas  là un jeu dangereux ? S'agit-il vraiment de nourrir la planète ? Réfléchissons bien.

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En 2007 les départements de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne (d'où sont émises ces lignes subversives) étaient les champions de France des cultures de maïs OGM.

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Aioli ! (c'est l'alléluia occitan)

 

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11 mai 2013

Une jeune fille de la nation Osage

Jessica Rosemary Moore

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Jessica Moore, 26 ans, appartient à la tribu Osage dans laquelle ellle fait partie du clan de l'aigle. Elle a aussi des origines Otoe-Missouri, Sac and Fox, Pawnee, et Potawatomie. Elle est la fille de Ted et Teddy Moore de Fairfax et la sœur aînée d'Erica et Elisabeth Moore, les jumelles et toutes deux princesses de la tribu Osage qui faisaient partie de la délégation qui nous rendit visite en 2009

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Montauban, septembre 2009 - Terry et Ted Moore encadrant les deux princesses Erica et Elisabeth

Son père Ted est directeur de l’Education pour la tribu Osage et sa mère Terry a été membre du conseil tribal. Jessica a servi pendant deux années comme princesse de l'université de l’Etat d’Oklahoma. En 1998, alors qu’elle était âgée de seulement 13 ans, elle fut désignée au titre de princesse de la tribu Osage. En 2004 le sénateur Charles Ford la proposait comme modèle à un artiste plasticien qui devait peintre un tableau représentant la réception à la cour de Charles X en 1827 des six Osages dont trois arrivaient à Montauban deux ans et demi plus tard. Jessica posait pour le personnage de Mihangah (Soleil Sacré). Le tableau est actuellement accroché à l’entrée de la salle de délibération du Sénat à Oklahoma City.

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présentation du tableau auSénat

de g à d :Sénateur Charles Ford ; Jessica Moore ; Mike Wimmer, le peintre ; Jim Gray, chef des Osages en 2004

En 2006, Jessica a aussi été princesse au pow-wow Kihekah Steh de Skiatook. La délégation occitane qui a été invitée par la tribu Osage a venir inaugurer le monument à la croix occitane de Pawhuska commencera son séjour en assistant à ce  pow-wow les 20 et 21 juillet

Kihekah Steh pow-wow de Skiatook (Oklahoma)

Chaque année au mois de juillet les Osages organisent un powwow près de la petite ville de Skiatook en Oklahoma. Cette video présente un petit groupe de danseurs traditionnels de la "Fancy dance" (danse fantaisie)

 

 

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04 mai 2013

La croix occitane

LA CROIX OCCITANE :

tout un symbole


The Occitan cross

 

A powerful symbol

 

 Midi-Pyrénées info N°6 - Novembre 1997 - Magazine de la Région Midi-Pyrénées

traduction : Marie-Claude Strigler

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Cette croix, venue des temps anciens et chargée de symboles, est associée depuis longtemps à l'originalité de notre culture. Fondée sur une réelle identité commune, elle s'est imposée comme un signe distinctif des pays d'oc, au sein de l'espace méditerranéen.

Aujourd'hui, la croix occitane orne même les blasons des institutions, des clubs sportifs et des entreprise régionales !

This cross, coming from ancient times and loaded with meaningful symbols, has for ages been associated with the specificity of our culture. Based on our common identity, it appears relevant of the Oc Country, situated within the Mediterranean area.

 

 Un symbole solaire

On l'appelle croix de Toulouse, croix occitane ou croix du Languedoc... En termes héraldiques, c'est une croix grecque à branches égales rectilignes, dont les extrêmités sont triplement bouletées et perlées.

roue_solaireA l'origine, elle doit avoir été une roue solaire, comme celles que l'on trouve en Inde, symbolisant la marche apparente du soleil dans le ciel. Ses quatre branches correspondent à la fois aux directions cardinales, comme dans les croix dites celtiques, mais aussi aux quatre saisons. Les douze petites sphères, appelées pommettes, représentent les douze maisons du zodiaque

 

A solar symbol

 

 It is called Toulouse cross, Occitan cross, or Languedoc cross. In heraldry language, it is a greek cross with straight branches of equal length, whose extremities are adorned with tripled balls and beads.

 

Originally, it may have been a solar wheel, like those that can be found in India, that symbolize the apparent movement of the Sun across the sky. Its four branches correspond to the four directions, as well as to the fourseasons. The twelve tiny spheres, called “pommettes”, stand for the twelve houses of the Zodiac.

 

Les premières croix occitanes

Croix_Occitan02Dans notre région, la croix la plus ancienne orne la clef deCroix_Occitan03 voûte de la première traverse de la nef comtale de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse. Elle serait de 1211. On la trouve, à la même époque, sur le sceau du comte de Toulouse Raimond VI, mais la tradition locale rapporte que la croix occitane avait déjà été portée par le comte Raimond IV, lors de la première croisade.

 

The very first Occitan crosses

 

 In our area, the most ancient cross adorns the cornerstone of the central nave of the Saint-Etienne cathedral in Toulouse. It may date from around 1211. At the same period, it is present on the Count of Toulouse, Raimond VI’s seal; but, according to local tradition, the Occitan cross had already been worn by Count Raimond IV during the first crusade

Des origines très anciennes

Wisigoths02La croix occitane semble matérialiser l'itinéraire des Wisigoths, desWisigoths01 rives de la mer Noire à Toulouse par les Balkans, l'Italie et l'Espagne. De tous les peuples dits barbares, les Wisigoths ont été les seuls à envahir la Gaule, en passant par les pays méditerranéens, les plus aptes aussi à s'ouvrir aux hautes civilisations rencontrées sur leur chemin, en assimilant au passage l'essentiel. Ils ont très bien pu apporter, parmi tant d'autres choses, cette croix venue de si loin et chargée de précieux symboles.
 Certains historiens toulousains ont supposé que les comtes de Toulouse étaient issus d'une lointaine souche wisigothique, implantée dans le Rouergue. Il faudrait alors faire remonter son apparition, dans notre région, au début du Vème siècle !

Long standing traditions

 

 

The Occitan cross seems to illustrate the Wisigoths’ itinerary, from the Black Sea shore to Toulouse, through the Balkans, Italy, and Spain. Of all the so-called barbaric peoples, the Wisigoths were the only ones that invaded Gaul, passing through the Mediterranean countries; they were the most willing too, to open to the sophisticated civilizations they met on their way, and to  readily adopt the essential. Among many other things, they may have brought the cross, heavy with precious symbols.Some Toulouse historians hypothesized that the Counts of Toulouse descendedfrom remote Wisigoth ancestors that settled in Rouergue. Therefore, the cross may have appeared in the early Vth century in our region.

 

Une figure présente dans tout l'espace méditerranéen.

La croix occitane se trouve jusqu'en Chine, sur une gravure rupestre à Tourfan (Turkestan chinois). Il y en a une à Venise, sur la cathédrale Saint-Marc, à Pise sur la porte du Campo Santo. Elle est également présente en Catalogne espagnole, au cloître Santa-Maria de l'Estany, au Real Monesterio de Poblet et à la cathédrale de Léon. On croit même la trouver dans une gravure rupestre du Sahara

A design that pervades the whole Mediterranean area

 

The Occitan cross appears in far away countries like China, in a pictograph in Tourfan (Chinese Turkestan). There is one in Venice, on SaintMark’s cathedral, in Pisa, on the Campo Santo door. It is present in Spanish Catalonia, in the Santa Maria del Estany cloister, in the Poblet Real Monastery, and in the Cathedral of Leon. It is even believed to be represented in rock art in the Sahara.

L'emblème des pays d'oc

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La place du Capitole à Toulouse

Revendiquée par les mouvements occitans à partir des années 60, la croix occitane s'est imposée peu à peu comme l'emblème d'une communauté qui affirme une identité propre, une culture commune. Elle est devenue le signe distinctif des pays d'oc et figure sur les emblèmes des villes (Toulouse, Narbonne) et de régions (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon). On la trouve aussi incrustée dans le granite de la place du Capitole à Toulouse. Gravée dans la pierre, elle jalonne la côte d'Oc de Gruissan à Leucate. Symbole d'identité et emblème convivial, la croix occitane a connu ces dernières années un regain d'intérêt et sa diffusion touche de multiples domaines. Des clubs sportifs l'ont adoptée, tels le TFC ou le stade toulousain, mais aussi de nombreuses entreprises régionales. Les joailliers se sont même inspirés de sa forme originale et équilibrée pour créer des bijoux !

The emblem of  Occitan countries

 

 

Claimed by the Occitan activist movements as early as the 1960s, the Occitan cross gradually became the obvious symbol of a community that asserts its own identity, its common culture. It has become the distinctive sign of the Occitan countries and is part of the cities’ seals and flags (Toulouse, Narbonne), and the regions’ (Midi Pyrénées, Languedoc Roussillon). It is also engraved in granite in Capitole Square in Toulouse. Engraved in stone, it forms a regular line along the Oc coast from Gruissan to Leucate. A friendly symbol of identity, the Occitan cross has been the object of renewed interest those last few years and it spreads over many domains. Sports clubs have adopted it, such as the TFC or the Toulouse Stadium, as well as many local companies. Jewellers have used it as a source of inspiration to create their jewels.

 

 Jusque dans la tomate !

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La tomate (Solanum lycopersicum) est originaire du Mexique. L'ancêtre de la tomate cultivée pourrait être une variété du type tomate cerise. La tomate était consommée par les Indiens sous forme de sauce au piment. Nous aussi, en Occitanie, on aime manger pimenté, poivré, aillé, bien relevé quoi... Quand on vous dit que nous avons plein de points communs avec les Amérindiens

It can be found even in tomatoes!

 

Tomatoes have their origin in Mexico. The ancestor of the man-produced tomato could be a variety of grape tomatoes. It was consumed by Indians in the form of hot chili sauce.

 

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27 avril 2013

Inauguration

LA PREMIÈRE CROIX OCCITANE

 

SUR UN MONUMENT

 

AUX ÉTATS-UNIS

 

 

Depuis une bonne vingtaine d’années, la croix occitane se rencontre au pays des Osages, en Oklahoma,. On voit parfois flotter la bannière occitane au sommet des tipis dans les pow-wows ; elle décore des T-shirts et les casquettes, parfois les colliers des danseurs traditionnels ; elle pavoise jusque dans les bâtiments officiels.

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C’est le résultat de l’action culturelle menée par l’association Oklahoma-Occitania (OK-OC). Jusqu’ici le principal titre de gloire d’OK-OC avait été de faire flotter le drapeau occitan au sommet du mat du Capitole à Oklahoma City pendant une journée entière, sur proposition du gouverneur qui recevait la première délégation occitane en juillet 1991.

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Oklahoma City juillet 1991 - chez le gouverneur de l'Etat d'Oklahoma : Mr David Walters (à droite)

Mais cette année, c’est d’autre chose qu’il s’agit. Du solide ! Le premier monument porteur d’une croix occitane érigé aux Etats-Unis d’Amérique sera inauguré au cours de la deuxième quinzaine de juillet  à Pawhuska, capitale des Osages en Oklahoma. Le site choisi par la tribu : l’ « Osage campus » – entre le musée tribal et les bâtiments administratifs – est  révélateur de la haute estime dans laquelle est tenue la population occitane.

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Ce ne sont pas moins de soixante-dix Osages qui ont visité notre région depuis 1989, année de la reprise des relations avec la tribu. Dix ans plus tard, en 1999 la ville de Montauban était jumelée avec Pawhuska, renouant ainsi le lien qui unissait les Osages à Montauban depuis novembre 1829. Trois Osages perdus depuis plus de deux ans en France avaient été secourus à Montauban et grâce à la générosité des Montalbanais avaient pu revenir dans leur pays. Les Osages n’ont pas oublié. Ils n’oublient jamais rien.

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Panneau de "bienvenue" (en Français) à l'entrée de Pawhuska rappelant le jumelage avec Montauban

 Plusieurs jalons 1 marquent à Montauban cette amitié retrouvée. Les Osages en font autant de leur côté 2. La célébration de vingt-quatre années d’échanges culturels et l’érection de la première croix occitane aux États-Unis en constitueront la plus récente manifestation.

Nous aurons l’occasion de revenir sur le programme de ces festivités auxquelles participera une délégation d’Ok-Oc.

 (1) Rond des Osages, terre indienne du Jardin des plantes, salle Pawhuska de l’Ancien collège et trois arbres plantés par les Osages dans des écoles de Montauban. Une douzaine de terres indiennes ont été dédiées à diverse tribus américaines en région Midi-Pyrénées

(2) Réplique du rond des Osages, Ambassade de Montauban à Pawhuska, panneau du jumelage à l’entrée de Pawhuska, pavés gravés aux noms de Montalbanais

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20 avril 2013

Apprendre à marcher en harmonie avec la terre.

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Le texte ci-dessous a été traduit d'un extrait du livre " A History of the Osage people " avec l'aimable autorisation de son auteur Louis F. Burns. Cet historien osage érudit, membre de plusieurs sociétés savantes américaines, est aussi un minéralogiste amateur, généalogiste, philosophe et conférencier très demandé. Lou Burns faisait partie du premier groupe osage qui nous rendit visite en septembre 1990 et il représentait encore sa tribu lors des rencontres de juillet 1992 en Occitanie.

 

Louis Francis Burns

 

Comme les autres peuples des États-Unis et des pays occidentaux, les Indiens se tiennent aujourd'hui au croisement des routes qui conduisent au futur. Les quatre cents dernières années ont été celles d'une expansion sans précédent de la civilisation occidentale comme celles de la quasi-extinction de la civilisation indienne. Cependant, dans l'air et sur la terre, lers Indiens perçoivent aujourd'hui les courants du changement. Bien qu'emporté par le tourbillon du mode de vie moderne dans lequel il s'est laissé piéger, l'Indien peut encore offrir et même orienter le cours de la civilisation occidentale mieux qu'il ne l'a fait au cours de ces quatre derniers siècles. Comme les Indiens, les Occidentaux sont en quête d'un nouveau mode de vie dans un monde qui ne connaîtra plus les frontières du passé.

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Possibilités

Il est possible que les identités tribales et un système de gouvernement collectif, tel que le connaissent actuellement les Osages par exemple, deviennent un modèle d'organisation dans le futur. Il paraît probable que dans le courant du prochain siècle, la propriété de la terre puisse tendre vers l'idée d'une propriété commune.

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Cette idée est plus proche des conceptions indiennes que de celle que les Euro-Amécicains ont apporté en accostant sur leurs rivages. Mais il ne semble pas très probable que cette propriété collective de la terre puisse assumer la fonction de gestion qui prévalait dans le modèle indien. Malheureusement la civilisation occidentale semble s'être installée sur un modèle d'exploitation de la terre plutôt que de s'orienter vers celui créé par l'homme de sa protection.

Quelle que soit la direction choisie et les solutions qui émergeront au vingt-et-unième siècle, le passé sera toujours pensé avec mélancolie et laissera un profond sentiment de perte irrémédiable. Les Indiens deviendront de plus en plus chers au coeur du peuple américain. Les arts, la morale et la philosophie indienne seront considérés comme des trésors.

Deux grands concepts indiens peuvent faire l'objet d'un exament attentif. L'un d'eux est le détachement des choses matérielles.

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En second lieu la notion indienne d'unité et d'harmonie, tel le concept osage d'unité du ciel et de la terre, doit être considéré avec beaucoup de sérieux. L'homme occidental ne peut pas continuer à piller la terre et empoisonner l'atmosphère.

S'il est aujourd'hui sur la terre un simple mortel qui ait besoin de s'isoler dans un cadre naturel afin de prendre un temps de réflexion, l'homme moderne est tout désigné. Heureusement l'homme ne détruira pas tout : les plantes, les animaux et les merveilles de son environnement naturel. Sinon, il aura détruit la condition humaine, car l'homme appartient à la terre. Aller se perdre dans un monde artificiel, un environnement entièrement créé par l'homme, reviendrait à devenir aussi artificiel que le monde que nous aurions créé et dans lequel nous évolurions.

L'homme doit apprendre à marcher harmonie avec la terre ou cesser d'être un homme.

____________________

Louis F. Burns - "A History of the Osage people" - pp. 616-617 - Ciga Press Fallbrook, CA - 1989

cet extrait a été publié dans le bulletin/papier d'OK-OC n°79 de mars 1997

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13 avril 2013

Native American Church

L'Eglise des

 

Premiers Américains

 

dite " Religion du Peyotl "

 

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Excédés par les déplacements forcés et les pressions du gouvernement en vue de leur faire suivre les programmes de civilisation, de nombreux Osages rêvaient de se libérer de l'oppression. Pour ceux-là, la religion du peyotl était une réaffirmation de leur identité. Les adeptes de cette religion absorbaient les bourgeons d'un cactus, le peyotl, qu'ils se procuraient dans le sud ouest des Etats-Unis et au Mexique. Les vertus hallucinogènes du peyotl (dues à l'un de ses alcaloïdes : la mescaline) coincidaient, dans la tradition spirituelle indienne, avec la signification profonde du rêve et de la vision. Aussi le peyotl avait-il valeur de sacrement au même titre que le pain et le vin dans la tradition catholique.

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Les cérémonies se pratiquaient parfois sous des tipis, mais le plus souvent dans des églises rondes en bois, au toit cônique surmonté d'une croix chrétienne.

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La seule ouverture était l'entrée, toujours orientée à l'est. L'intérieur ne présentait aucune sorte d'ornement ni de décoration. Le sol en terre battue était creusé d'un sillon orienté est-ouest selon la marche du soleil ( le Grand-Père chez les Osages). Au centre, un trou creusé dans la terre recevait un feu - le soleil encore, confondu avec Wa-Kon-Dah, le Grand-Esprit, lui-même assimilé au Dieu chrétien et à Jésus - qui devait être entretenu durant toute la cérémonie. Celle-ci durait au moins toute une nuit, quelquefois plusieurs journées et nuits consécutives.

Les croyants, assis à même le sol autour du foyer, priaient sous la direction de l'officiant, en mâchant du bourgeon de peyotl qui circulait de main en main

Le nombre des adeptes de l'Eglise des Premiers Américains décrut après la première guerre mondiale. La répression et l'intolérance décourageaient les Osages de pratiquer leur culte. Vers 1980 on dénombrait environ 150 adeptes de la religion du peyotl, un effectif qui a bien augmenté depuis. En effet la double appartenance religieuse est aujourd'hui admise par l'Eglise catholique. De plus les Indiens, et pas seulement les Osages, ont résisté et résistent encore au nom de la liberté religieuse au gouvernement de Washington qui prétend interdire le rite de peyotl au titre de la loiu sur les stupéfiants.

En effet, il reste dans la réserve osage une douzaine de ces églises rondes, en bon état et toujours fonctionnelles. Le groupe OK-OC qui fut reçu chez les Osages en été 1991 eut l'occasion de le vérifier. Une première fois à Hominy où se tenait une cérémonie à laquelle nous ne pûmes assister ; une autre fois près de Gray Horse où la visite se fit par petits groupes, sous la conduite de Ed Red Eagle Jr. Une cérémonie s'y était tenue quelques jours auparavant. La consigne fut donnée de ne pas prendre de photos à l'intérieur de l'église.

Par simple respect.

RedEagleJrNAC

 

 

 

 

 

06 avril 2013

princesse du Missouri

La Princesse du Missouri

Etienne Venyard de Bourgmont est l'un de ces Français qui, de Cavelier de La Salle à Chouteau en passant par Marquette, de La Harpe et Cadillac, ont marqué l'histoire de la Nouvelle France et de la Louisiane française. Ceux de nos visiteurs qui voudraient mieux connaître Bourgmont se reporteront à un article de ce blog qui lui fut consacré

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drapeau de la ville de Saint Louis, capitale de l'Etat actuel du Missouri

En 1765 elle devint la capitale de la Louisiane française, au confluent du Missouri et du Mississippi

Aujourd'hui nous raconterons brièvement l'histoire d'une femme indienne de la tribu Missouri qui fit partie de son entourage. Nous la désignerons sous l'aimable vocable de Princesse du Missouri

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En 1723, le roi de France Louis XV envoya en mission Etienne Veniard, Sieur de Bourgmont, afin d’établir des alliances avec les autres tribus et maintenir les Osages en respect. Le choix de cet homme fut excellent pour une tâche difficile.

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Onze années plus tôt, alors qu’il commandait le Fort du Détroit (l’embryon de l’actuelle ville de Detroit), Bourgmont avait accueilli une bande de guerriers osages venus aider la garnison française alors qu’elle était assiégée par des tribus hostiles. Bourgmont avait été tellement impressionné avec ces redoutables guerriers géants qu’il alla leur rendre visite dans leurs villages après que Fort Detroit fut sauvé.

 BourgmontIl vécut parmi les tribus Osage et Missouri pendant trois ans et eut un fils avec une femme de cette dernière tribu. Les Indiens respectaient et aimaient Bourgmont. Il était plus grand que la plupart des Français et possédait une personnalité remarquable. Il partit seulement quand il fut rappelé en France afin d’y recevoir une décoration royale pour son action en pays indien.

Quand Bourgmont revint en Amérique du Nord en 1723, son premier travail fut de superviser la construction de Fort Orléans. Cet été-là, il organisa et conduisit une expédition de 64 Osages et 100 Missouris à l’ouest, vers le territoire de la tribu Kansas. Quand plusieurs de Français, Bourgmont inclus, tombèrent malades avec une forte fièvre, les Osages, interprétant cela comme un mauvais présage, désertèrent l’aventure pour entreprendre leur chasse d’automne. Pas plus cette désertion que sa maladie ne purent dissuader Bourgmont de poursuivre sa mission. Il négocia une alliance avec les tribus Comanche, Missouri, Kansa, Otoe et Osage qui leur demandait de vivre en paix et en amitié. Il pavait ainsi la voie d’une plus grande expansion française.

En 1725, Bourgmont se rendit à Paris accompagné de cinq Indiens : une jeune Indienne de la tribu Missouri, un autre Missouri, un Osage, un Illinois et un Chicagou. Le groupe arriva à Paris le 20 septembre 1725 où il fut reçu par ,le duc de Bourbon, la duchesse d’Orléans et les directeurs de la compagnie des Indes, puis présenté au roi. Les « sauvages de la Louisiane » furent, pendant quelque temps, fort à la mode à Paris. Ils reçurent de beaux habits bleus galonnés d’or, chassèrent au bois de Boulogne devant la Cour, un cerf « à leur façon, c’est à dire à la course » et exécutèrent des danses guerrières sur les scènes de l’Opéra et du théâtre des Italiens.

 

Quant à la « Princesse du Missouri », elle fut baptisée à Notre-Dame de Paris, puis mariée au sergent Dubois, un des compagnons de Bourgmont dans son voyage de 1724 chez les Comanches. Dubois ne profita guère du brevet d’officier et de sa nomination d’interprète du Roi pour la nation Illinoise qu’il reçut à l’occasion de son mariage car il périt lors du massacre de la garnison du fort  d’Orléans du Missouri. Madame Dubois se remaria un peu plus tard avec un capitaine de milice aux Illinois nommé Marin

 

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Fort Orléans 1725  - Un soldat français et son épouse indienne reviennent de Paris

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Fort Orléans, sur le Missouri

 

Le Fort Orléans était un fort français qui fut le premier fort de tous les pays européens construit sur les bord du fleuve Missouri. Wikipedia

 

 

30 mars 2013

Messages indiens

Archie et Ramona Mason

 

Lors de leur séjour en Occitanie au printemps 1996, Ramona et Archie Mason ont distribué par dizaines une carte postale qui les représente photographiés en costumes traditionnels. De retour en Oklahoma, ils nous faisaient parvenir les messages suivants, adressés à tous les gens de chez nous et qui ont été pour cela publiés dans la Dépêche du Midi du 26 avril 1996.

img217Archie Mason (Osage) : « Nous avons été reçus avec beaucoup de gentillesse par le merveilleux peuple de France. L'occasion de partager sa culture et d'exprimer ses sentiments est très important pour tout peuple. Vous comprenez avec vos cœurs ce que nous disons avec nos cœurs. Nous partageons notre Terre-Mère en tant qu'êtres humains, avec tout ce qui vit sur terre. Je vous en prie, souvenez-vous que nous pensons à vous tout le temps, spécialement dans nos prières. Nos mémoires sont emplies de souvenirs des gens que nous avons rencontrés, des lieux que nous avons visités, de tout ce que nous avons vu chez vous. Constamment nous partageons nos expériences avec les enfants et les adultes, dans les écoles, dans les réunions, dans les églises, partout où nous allons. Votre beau pays et ses habitants demeureront toujours présents dans nos esprits et dans nos cœurs. »

Ramona Mason (Muscogee-Creek) : « Les Indiens d'Amérique n'ont pas toujours eu un parcours facile. Mais nous survivons en n'oubliant pas et en continuant de pratiquer notre propre langue et nos traditions. J'encourage les Occitans à faire de même. »

 

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23 mars 2013

Chauve qui peut !

Drôles de scalps

 

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Le dernier trophée . Sean Standing Bear, artiste osage

 

Nous avons déjà raconté dans un précédent article de ce blog l'amusante histoire de l'OsagePawhuska_White_Hair Collier-de -Fer (Iron Necklace) qui, s'apprêtant à scalper un officier américain, vit celui-ci se relever et s'enfuir à toutes jambes, laissant pantois le jeune guerrier osage avec une perruque blanche pendant comiquement au bout de son bras ballant. Collier-de-Fer en avait conclu à la puissante médecine de cette chevelure blanche qui avait sauvé la vie de son ennemi. Loin de rejeter ce trophée postiche, il l'avait accroché à sa ceinture et porté en permanence. Ce qui lui avait valu un changement de nom. Désormais on l'appellerait Cheveux-Blancs, Paw-Huska en langue Osage. Plus tard Pawhuska était devenu chef ainsi que plusieurs de ses descendants sous le même nom. Un nom qui fut donné par la suite au village principal de la réserve osage, à l'origine de la petite ville actuelle de Pawhuska, Oklahoma, siège de l'administration osage.

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L'histoire d'aujourd'hui n'en est pas moins originale et révèle un sens aigu de l'opportunisme chez certains guerriers osages.

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En mai 1863, pendant le guerre de Sécession, vingt-deux officiers confédérés (Sudistes) habillés en civil traversèrent la réserve osage avec la mission secrète de convaincre plusieurs tribus des Plaines de rejoindre l'action engagée contre l'Union (les Nordistes). Ils furent démasqués par dix Osages qui les interrogèrent sur leur mission. Les Confédérés affirmèrent qu'ils étaient des soldats de l'Union. Cependant les Osages insistèrent et les emmenèrent au poste de l'Union, à Fort Humbolt, situé sur la réserve, afin de vérifier leur identité. Les Confédérés essayèrent de s'enfuir, tuant un guerrier qui tentait de les en empêcher. Les Indiens recueillirent le corps de leur camarade et coururent vers leur village pour raconter ce qui s'était passé.

Hard_Rope< Les chefs Hard Rope (ci contre) et Little Beaver rassemblèrent deux cents guerriers et partirent à la poursuite des officiers confédérés. Lorsqu'ils eurent dépassé les soldats, les osages se divisèrent en plusieurs groupes encerclant les Confédérés et les conduisant comme un troupeau affolé vers une région où la rivière Verdigris est profonde y a un courant très fort, coupant toute possibilité de s'échapper. Durant la poursuite un guerrier osage et deux officiers confédérés furent tués.

Coincés sur un banc de sable et à court de munitions, les soldats mirent pied à terre et firent face aux Indiens en un combat au corps à corps. Dix-huit d'entre-eux furent scalpés et deux parvinrent à s'enfuir. Comme l'un des tués était chauve, les guerriers osages lui découpèrent sa longue barbe et l'ajoutèrent aux scalps qu'ils emportaient.

 

 

scalp01

 

Pour les Osages, ce fut une grande victoire. De nombreux guerriers avaient compté un coup, c'est à dire qu'ils avaient touché un ennemi de la main ou avec leur bâton à coups pour prouver leur bravoure

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bâton à coups

chauve_qui_peut

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16 mars 2013

Notre avenir

 Les espoirs et les rêves

 

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enfantindien1« Les enfants portent en eux les espoirs et lesenfantindien2 rêves des Indiens d'Amérique », dit la légende de cette photo de John Southern.

En Occitanie, nous pouvons transposer cette formule et la reprendre à notre compte. Ceux de nos enfants qui parlent la langue occitane à l'école et découvrent notre culture millénaire sont notre avenir.

Les autochtones du continent américain ont pris conscience de l'enjeu culturel.

Saurons-nous suivre leur exemple ? Il est temps d'y penser et d'agir.

 

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