Oklahoma-Occitania

22 avril 2017

Serpent Noir : le Retour...

O MITAKUYE OYASIN !

(Tous mes frères, nous sommes tous reliés !)

 

cercle sacré

Raphaël Ponce

L'accomplissement de la prophétie du Serpent Noir à été mis en évidence suite au projet de l'oléoduc souterrain "Dakota Access Pipeline" et du mouvement de résistance contre sa construction qui a eu une forte résonance dans le monde entier. Ce mouvement résulte d'une lutte soutenue pour la défense de l'environnement qui n'a cessé de croître aux États-Unis tout au long de cette dernière décennie. Les Sioux de la réserve de Rosebud avaient déjà établi un premier campement de résistance début 2014 (Rosebud Sioux Tribe Spirit Camp), pour demander au président Barak Obama de rejeter le projet de l'oléoduc Keystone XL, qui était déjà vivement contesté par les principales associations environnementales américaines. Ce projet qui avait été suspendu a été relancé par Donald Trump en ce début d'année, en même temps que celui du D.A.P.

 Dans les faits, la réalisation de la prophétie du serpent noir a été amorcée dès la fin des années 1930, lorsque sont apparues les autoroutes de bitume noir qui ont commencé à sillonner les États-Unis, pour ensuite relier tous les états et les grandes villes avec les interstate highway, (littéralement « grande route inter-états »). C'est donc déjà à cette période que les Sioux Lakotas ont pu reconnaître le grand serpent noir qui caractérise la prophétie. Cette prophétie dit que c'est à partir du moment où le serpent noir descendrait dans le sol qu'il dévasterait la Terre Mère. Les oléoducs figurent très bien cette seconde phase de la prophétie, surtout lorsqu'on considère que le bitume utilisé pour le nappage des autoroutes est un matériau composé d'un mélange d'hydrocarbures issus de certains pétroles bruts, ce qui fait la parenté évidente des routes avec les oléoducs, signifiant qu'ils incarnent tous les deux cette même nature pétrolière qui caractérise le serpent et sa couleur noire.

 "There was a prophecy saying that there is a black snake above ground. And what do we see? We see black highways across the nation... When that black snake goes underground, it's going to be devastating to the Earth." David Archambault II, président tribal de la réserve Standing Rock, Dakota du Nord, décembre 2016.

  En approfondissant cette identification du pétrole au serpent noir, on réalise combien son usage finit par être terriblement destructif pour notre Terre Mère, principalement à notre époque. L'exploitation pétrolière avait commencé en même temps que la révolution industrielle, vers le milieu du XIXe, pour devenir une ressource stratégique et le sujet principal des enjeux géopolitiques. Le pétrole est devenu rapidement la matière première essentielle liée au mode de vie économique des pays industrialisés, qui a accompagné et catalysé le développement technologique de l'humanité. Dans le dernier quart du siècle dernier, les dommages sur l'environnement de cette exploitation mondiale ont commencé à se faire sentir de manière directe (marée noire, accidents d'oléoducs etc.), ou indirecte (nombreux impacts environnementaux des transports routiers, pollutions par de nombreux produits issus de la pétrochimie, etc.), sans parler du fait qu'elle est aussi la cause de conflits militaires sanglants, depuis la seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours. C'est également l'une des principales causes de la catastrophe écologique majeure qui s'annonce : le réchauffement climatique.

Marée noire - gouache - Raphaël Ponce 1991On peut nettement se rendre compte aujourd'hui que l'ensemble de la filière du pétrole est catastrophique du point de vue environnemental, mais la dépendance énergétique des pays industrialisés et les notions de profit font que les responsables continuent d'appliquer aveuglément leur logique destructrice. Oui, il est évident que la prophétie du serpent noir est dans sa dernière phase d'accomplissement : le processus de destruction de la terre mère atteint à présent un seuil critique. Les nations amérindiennes se sont réunies à Standing Rock pour contrer le projet de l'oléoduc, mais aussi pour signaler à l'humanité toute entière la nécessité de la préservation de l'eau et de tout l'environnement naturel. Il est urgent de remettre en cause notre mode de vie et de changer nos habitudes. Certes, comme le souligne fort justement E. Fabre-Maigné dans son commentaire, nous devons poursuivre notre soutien aux water protectors, mais nous devons surtout porter leur combat et le faire nôtre individuellement, chacun à sa mesure, selon ses moyens et sa disponibilité. Nous sommes tous appelés à devenir les Guerriers de l’Arc-en-ciel qui sont évoqués dans la prophétie algonquine des Sept Feux.

 La prophétie algonquine des Sept Feux décrit l'évolution de l'humanité depuis des siècles jusqu'à nos jours et son message a été délivré activement par plusieurs Grands Chefs Algonquins qui l'ont rendue publique à la fin du siècle dernier. Elle est en accord avec une autre prophétie des Lakotas, celle de la Femme Bison Blanc, et son message incite à choisir un monde de paix et d'union entre les peuples de toutes nationalités.

 « C’est en ce temps-là qu’on donnera le choix à la race à la peau blanche entre deux chemins. Si elle choisit le bon chemin, alors le septième feu allumera le huitième et dernier feu, un feu éternel de paix, d’amour, de fraternité et de sororité. Si la race à la peau blanche fait le mauvais choix de route, alors la destruction qu’elle a apportée avec elle en venant dans ce pays, se retournera contre elle et causera beaucoup de souffrance et de morts parmi tous les habitants de la terre. »

William Commanda, chef spirituel des Algonquins présente une ceinture wampun L'accomplissement de la prophétie du serpent noir se trouve dans la continuité d'une série d'autres prophéties amérindiennes qui se sont réalisées au fil du temps et, même si elles comportent quelques variations selon les différentes nations, il est intéressant de noter toutes les similitudes qui les rapprochent. La vidéo de "Breaking News" qui illustre l'article de J. C. Drouilhet "La prophétie du serpent noir", mentionne justement les correspondances entre les prophéties des Sioux Lakotas, des Hopis, des Mohawks, qui sont également proches des prophéties algonquines et de celles d'autres peuples du continent comme les Mayas. En fait, la plupart des prophéties de toutes les religions du monde présentent des similitudes, des points de convergence, dont l'évidence se révèlent aisément à notre époque grâce à l'information qui est devenue accessible facilement et qui permet de faire des comparaisons entre toutes les cultures du monde (l'indologue et philologue Max Müller avait déjà fait des études dans ce sens dans les années 1800, il est le fondateur de la mythologie comparée). Dès les premiers temps de la colonisation, les Amérindiens ont rapidement réalisé qu'il y avait des similitudes entre leurs religions et celle que les missionnaires leur imposait. En les intégrant à leur culture, ils ont pu résister à l'action des missionnaires qui visaient à supplanter toutes leurs croyances et traditions par un christianisme très dogmatique. Ils ont compris que le dieu des chrétiens est semblable au Grand Esprit et les saints sont, par certains côtés, d'assez proches parents de leurs esprits intercesseurs. De plus, de nombreux aspects du symbolisme et de la liturgie catholique (chants: dévotions, objets et couleurs sacrées, utilisation de l'eau et de l'encens purificateur etc.), trouvent de profonds échos dans la religion et la cosmogonie des Indiens des Plaines et du Plateau. Il en est de même pour les prophéties, comme en témoigne cet hochet winnebago du culte peyotl de la fin des années 1800, où a été gravé un verset des Évangiles (Matthieu, VII, 13-14) illustré de symboles chrétiens, traditionnels et cosmiques [voir illustration photo #3: hochet winnebago]. Ce verset évoque deux "portes" et deux voies entre lesquelles choisir : l'une, large et spacieuse, mène à la perdition, l'autre, plus étroite, à la vie. On peut aisément y reconnaître le choix des deux chemins évoqués dans la prophétie algonquine des Sept Feux.

hochet du culte du peyotlSelon moi, il y a plusieurs raisons qui se conjuguent et qui permettent de comprendre les concordances entre les prophéties des différents peuples de tous les continents. La plus évidente est celle liée à la cyclologie, une conception ésotérique que l'on retrouve dans la plupart des sociétés archaïques. La plus répandue et la plus ancienne des conceptions cycliques est la mesure védique du temps en quatre âges, encore développée aujourd'hui dans l'hindouisme et le bouddhisme et qu'on retrouve chez les Amérindiens à plusieurs niveaux. Malgré l'absence d'outils technologiques perfectionnés, les civilisations anciennes avaient atteint des connaissances et des notions très avancées dans plusieurs domaines, en particulier dans l'astronomie. Les récents progrès scientifiques et découvertes archéologiques permettent de comprendre que la plupart des religions et mythologies contiennent des vérités fondamentales. [Voir documentaire : "Mondes Intérieurs, Mondes Extérieurs" http://bit.ly/2oNCz1B].

La seconde raison est l'hypothèse que toutes les religions ont une origine commune, issue d'une connaissance universelle d'origine non humaine, dans le sens où il s'agit d'ensemble de principes révélés reliant l'homme à son principe créateur (tradition primordiale).

William Commanda avec le Dalai Lama

RP05

 

1 - Le Dalaï lama et Dominique T8aminik Rankin

 

2 - Le pape François soutient Standing Rock contre le D.A.P. : Le 15 Février, 2017, le pape François a rencontré des leaders Sioux de Standing Rock lors d' une réunion d l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture qui s'est déroulée à Rome. Il a ensuite fait une déclaration de presse où il rappelle que les droits des peuples autochtones relatifs à la Déclaration des Nations Unies doivent être respectés, que le consentement préalable et éclairé doit toujours prévaloir lors de la planification des activités économiques.

 

Pratiquement toute prophétie a pour origine une expérience spirituelle qui découle d'une vision, d'un rêve, d'un contexte inédit (phénomène naturel extraordinaire etc.), d'une relation avec les esprits ou autre entité. Autrement dit, il s'agit d'un lien avec le surnaturel qui est qualifié et identifié selon le contexte et la culture relative à chaque civilisation, peuple ou tribu. Rien n'est inventé : tout est inspiré, transmis d'une manière ou d'une autre, plus ou moins directement. Ces manifestations pourraient découler de l'expression de cette connaissance universelle relative à la tradition primordiale, qui serait une sorte de conscience supérieure intemporelle. Lors de conditions particulières (méditation, états modifiés de conscience etc.), certaines personnes peuvent établir un lien avec cette autre nature du monde et ils en recueillent des informations. C'est le cas du chaman, qui peut-être est à la fois sage, thérapeute, conseiller, guérisseur, voyant, prêtre (etc.).

Pour la plupart des Amérindiens, les pratiques chamaniques et les quêtes de vision font partie de la vie ordinaire. Pour beaucoup, ce que nous pouvons appeler "monde-non-ordinaire" est perçu par eux comme justement "le monde ordinaire". Les Sioux sont un peuple de visionnaires acharnés, à tel point qu'il est difficile de repérer ceux dont les fonctions et les pouvoirs peuvent être qualifiés de chamaniques. Cependant, c'est le niveau des expériences vécues qui détermine la hiérarchie par rapport aux qualités que le chaman aura obtenu de la part des esprits, ou parfois par héritage. Lorsque l'individu est contacté par les esprits sans que celui-ci n'en ai fait la demande, il s'agit d'une élection par les esprits et il devient un saint homme, un voyant-guérisseur, qui dispose généralement de l'ensemble des qualités de tous les autres chamans. C'est le cas de Black Elk (1863-1950), qui reçoit sa vision à 9 ans et qui a pour mission de guider et de sauver son peuple. De nombreuses années s'écoulent avant qu'il ne partage sa vision, qui est publiée en 1932 dans le livre "Black Elk speaks". C'est seulement lors du renouveau amérindien des années 1960 que l'ouvrage suscite un large intérêt, devenant ainsi l'un des premiers livres qui donne voix aux Indiens d'Amérique et qui soit juste à leur égard.

 

Black ElkDepuis la fin des guerres indiennes, les Amérindiens n'ont eu de cesse de résister aux différentes politiques fédérales toujours répressives contre eux et le mouvement "Pouvoir Rouge" (Red Power) et l'AIM (American Indian Movment) sont les premières répliques qui marquent ce renouveau amérindien par des protestations retentissantes (occupation d'Alcatraz en 1969; occupation du Bureau des Affaires Indiennes à Washington en 1972; occupation de Wounded Knee en 1973). Les décennies suivantes sont également marquées par des luttes et des résistances, également au Canada (résistance des Iroquois Mohawk à Oka, en 1990).

RP07Il est intéressant de remarquer que les leaders des mouvements de contestation et de révolte des Amérindiens sont des chamans et que la religion et la spiritualité sont les composants essentiels de la résistance amérindienne. Ils sont souvent à la source de la plupart des grands événements de leur histoire et le vecteur essentiel de l'affirmation de leur renouveau depuis la fin des guerres indiennes.

C'est vers 1875 que la religion du peyotl, qui assimile des notions chrétiennes aux rituels traditionnels, se développe parmi les Comanches et les Kiowas, juste après leur défaite contre les Blancs. Ce mouvement religieux syncrétique donnera naissance à la Native American Church en 1919 (plus de 250 000 membres aujourd'hui).

 

RPO8C'est aussi à cette même époque que les peuples amérindiens des Plaines et des Prairies traversent une crise existentielle difficile, confrontés à la misère des réserves ravagées par l'alcoolisme et la faim. Les troupeaux de bisons ont été pratiquement exterminés par les Américains et les Indiens se voient interdire de perpétuer leur mode de vie et leurs traditions. Dans le même temps, un culte voué au renouveau du monde issu de la région des Plateaux et appelé "La Danse des Prophètes", fait beaucoup d'adeptes parmi les tribus de la Californie et du Grand Bassin. C'est dans ce contexte que Wovoka, un leader spirituel estimé de la tribu des Paiute du Nord, déclare qu'il est le sauveur de son peuple, suite à une vision reçue lors de l'éclipse solaire du 1er janvier 1989. Le mouvement spirituel qu'il crée est un mélange syncrétique combinant plusieurs courants religieux amérindiens avec un christianisme à tendance protestante. Il annonce la réunion prochaine des hommes avec leurs ancêtres, rendue possible par une danse et une coexistence pacifique avec les Blancs et prédit aussi le retour des bisons, la régénération de la terre, ainsi que la réunion et l'unification de toutes les nations amérindiennes devenues solidaires.

 

RP09

 

RP10L'enseignement pacifique de Wovoka est perçu par de nombreux représentants des peuples des Plaines comme la fin de la domination blanche et comme un signe de résistance.

Son rituel initial inspiré du culte de "La Danse des Prophètes" se voit transformée en "Danse des Esprits" par les Sioux, qui lui donnent un caractère belliqueux et vindicatif. Black Elk se joint au mouvement et devient même l'un de ses chefs, mais les espoirs de renouveau du monde et de prospérité sont rapidement stoppés par le bain de sang que l'armée américaine provoque en 1890 à Wounded Knee dans le Dakota du Sud, afin de réprimer cette mouvance religieuse considérée comme dangereuse.

 

RP11"La Danse des Esprits" a continué clandestinement par la suite et elle a été célébrée par les chamans sioux pendant les manifestations de 1973 à Wounded Knee. Aujourd'hui, elle est un symbole du renouveau amérindien et demeure présente parmi certaines tribus.

RP12L'année dernière, des représentants de plus de 300 tribus nord-américaines ont planté des drapeaux à Standing Rock. Ce campement de grande ampleur revêt un importance historique, car il n'y avait pas eu de rassemblement comparable depuis la guerre des Black Hills, en 1876, lorsque près de 7000 Sioux, Cheyennes et Arapahos s'étaient mobilisés pour protéger leur territoire sacré. Il est important de rappeler cet épisode qui est le plus marquant de la grande guerre des Sioux, parce que les causes des deux campements sont comparables : ils résultent d'une résistance à l'envahisseur qui veut s'approprier des terres sacrées pour des motifs économiques et qui ne respecte pas les traités. Autrefois, le but des autorités américaines était d'acquérir les terres sacrées des Amérindiens pour l'exploitation des gisements aurifères et, aujourd'hui, c'est pour l'exploitation pétrolière : l'or jaune et ensuite, l'or noir! Les montagnes sacrées des Black Hills étaient considérés par les Lakotas et les Cheyennes comme le centre du monde et peut-être bien qu'un jour Standing Rock sera reconnu comme tel, parce qu'on y aura défendu ce qui est fondamentalement plus précieux que l'or jaune et que l'or noir pour tout le monde : l'eau, qu'on appelle déjà l'or bleu.

La résistance des Amérindiens pour protéger les Black Hills eut pour conséquence la bataille de Little Bighorn, qui se solda par une victoire écrasante des Amérindiens le 25 juin ‎1876. Quelle sera l'issue de la résistance à Standing Rock? Les prophéties peuvent-elles nous éclairer sur cette question? Le mois dernier, 23 nations amérindiennes supplémentaires (Pueblo du Nouveau-Mexique) ont manifesté leur solidarité à Standing Rock [ http://bit.ly/2oIJrgL ]. En recevant le soutien des peuples premiers des quatre coins du monde et d'organisations telles que Amnesty International, Greenpeace, Sierra Club, Bold Iowa, Bold Nebraska, Bold Louisiana (etc.), Standing Rock est devenu un symbole international des droits autochtones et de la lutte contre le changement climatique. Comme l'avait prédit en son temps le prophète Wovoka, les nations amérindiennes sont aujourd'hui devenues unies et solidaires et les bisons sont revenus, mais la terre n'est pas en voie de régénération, bien au contraire, et la nouvelle ère de paix et de prospérité n'arrive toujours pas... Comme autrefois à Wounded Knee, les autorités américaines ont répliqué contre la résistance pacifiste de Standing Rock avec une violence démesurée. En autorisant la reprise des travaux de construction de l'oléoduc, il semblerait que le président Donald Trump ait fait le mauvais choix qui pourrait bien correspondre à celui de la prophétie des Sept Feux, celui de poursuivre la route qui conduit à la destruction. Il n'est pas le seul responsable, vu qu'une grande partie de l'humanité contribue à cette destruction généralisée, de près ou de loin. Cependant, il ne faudrait pas considérer les prophéties uniquement par leurs aspects fatalistes, au risque de sombrer dans le pessimisme et les peurs eschatologiques. Les prophéties sont en premier lieu des avertissements qui contribuent à l'éveil des consciences, afin de réagir dans le bon sens. C'est le premier pas qui ouvre le chemin à la vie.

Il est à présent urgent de prendre conscience que l’impact d'une grande partie de l’humanité sur l’environnement augmente régulièrement et rapidement. Il est d'autant plus grave que plusieurs facteurs se combinent, comme l'explosion démographique, l'épuisement des ressources naturelles, les pollutions à des degrés divers, les extinctions de nombreuses espèces animales, le réchauffement climatique (etc). Il est évident que le mode de vie occidental peut être incriminé pour ses excès (énergie, aliments), d'autant plus qu'il se fait au détriment des pays pauvres. Si les populations pauvres des Pays du Sud, qui aspirent légitimement à l'amélioration de leurs conditions de vie suivent cette même logique de consommation d'énergie, de ressources minières, alimentaires et d'eau douce, il est évident que l'impact sur l'environnement sera tel que l'impasse est inéluctable et l'effondrement économique surviendra rapidement.

Pierre Rabhi et Benki, chef d'une communauté amérindienne« Apprenons à découvrir la puissance et la beauté de la modération, chantée par les sages de tous les temps. Il ne s’agit pas de régresser ou de manquer, mais au contraire, d’assurer notre subsistance et de vivre dans l’équilibre et l’harmonie. » Cet appel à l’insurrection des consciences et à la sobriété extrait du livre de Pierre Rhabi “La puissance de la modération” est le chemin de la sagesse et de la vie. Il est vital d'enrayer cette exigence de croissance des pays industrialisés dont le moteur est l'accumulation du profit et son instrument principal, l'argent. Sa tendance systématique à la domination sur l'ensemble de l'organisation sociale, de ses valeurs, de ses règles et de ses comportements est un véritable fléau pour l'ensemble de la planète. On peut aisément retrouver l'évocation de cette situation dans plusieurs prophéties et, même si leur interprétation individuelle peut parfois correspondre à différentes périodes de l'histoire et pas forcément à la nôtre, il est un fait remarquable qui est spécifique à notre époque, c'est celui de la convergence de la plupart des ces prophéties sur un même point : la fin d'un cycle, la fin d'une ère ou d'un temps, la fin des temps (considérons quand même que "fin des temps" ne veut pas forcément dire "fin du monde").

Les notions temporelles sont inhérentes aux prophéties et la plupart des occidentaux ont une conception linéaire du temps. Le passé est perçu comme une longue ligne toute droite qui conduit d'ici et maintenant vers un lieu situé au-delà de l'horizon. Cette conception fait du passé un point de vue éloigné et étranger et coupe l'homme d'aujourd'hui de celui d'hier, y compris de ses ancêtres. Au contraire, de nombreuses tribus amérindiennes conçoivent l'écoulement du temps comme cyclique, jalonné par la naissance, la croissance, la maturité, la mort et la régénération de toutes les créatures qui se partagent la terre. Dans cette conception inspirée des cycles solaire et lunaire, le passé est le lieu où se trouve désormais tout ce qui a accompli son cycle naturel, non pas distant du présent mais immanent à lui.

Sacred CircleDans ses recherches, l'ingénieur physicien spécialiste d’intelligence artificielle Philippe Guillemant, vise à réviser notre conception de l’espace-temps et de ses dimensions, via la mécanique physique classique. Ses connaissances en physique dans la compréhension du temps, de l’espace, de l’énergie, de la matière, de la cosmogonie, l'amènent à penser que le présent, le passé et le futur sont simultanés. Il propose des théories sur une nouvelle conception du temps ou l'interaction entre passé/présent/futur est envisagée d'une manière très sérieuse et son explication rationnelle de la synchronicité débouche sur un véritable « pont » entre la science et la spiritualité. Son raisonnement rigoureux permet, entre autres, des hypothèses solides concernant certains phénomènes considérés comme surnaturels, paranormaux (etc.), qui pourraient appuyer la validité des prévisions délivrées dans les prophéties.

Philippe Bobola, docteur en physique, chimie, biologiste et anthropologue, établit des liens intéressants entre différentes disciplines et ouvre des perspectives nouvelles, tout en confortant le bien fondé et les valeurs essentielles des sociétés traditionnelles. Ses théories révolutionnaires « le pointillisme temporel » ou encore « le dédoublement du temps », tendent à prouver qu’il existe des temps accélérés et des temps décélérés par rapport à notre présent, permettant des échanges d’informations avec le passé et le futur. Dans cette vidéo, il nous explique les rapports étroits qu'ils voit entre le chamanisme et la physique quantique : http://bit.ly/2oNeAjg

  « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux ». André Malraux, « L'homme et le fantôme », dans L'Express du 21 mai 1955.

 Alors qu'on constate encore et toujours les aspects négatifs des religions institutionnalisées (perversion des prêtres) et de la radicalité fondamentaliste qui tend vers l'intolérance et la violence (guerres de religions, attentats terroristes), une révolution silencieuse s'opère qui, au lieu de diviser, tend à rassembler, à relier ce qui fait l'essence des religions et qui est commun à la plupart d'entre elles : les valeurs de respect, de partage, de fraternité, de paix et d'amour inconditionnel. En réunissant un grand nombre de tribus, de communautés et de soutiens de tous milieux et de tous âges, de toutes origines, la résistance à Standing Rock en est la vivante expression. Elle représente aussi la défense du sacré, rappelant le respect des lieux de culte et des croyances de chacun.

 

Soutien à Standing Rock des chamanes de MongoliePour défendre leurs droits et leurs valeurs, les Amérindiens ont choisi les armes de la paix et ils n'ont eu de cesse d'exprimer leur spiritualité tout au long de leur résistance sur le terrain, en réponse à la violence qui leur était opposée. C'est un symbole fort et parmi les plus convaincants qui soit pour ce qui est de l'expression d'une religion, alors qu'ailleurs dans le monde, d'autres ont recours à la violence et à la terreur. Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier). Cela peut signifier relier l'homme à Dieu, mais aussi relier les hommes entre eux, d'un point de vue social, solidaire et fraternel.

 « O MITAKUYE OYASIN ! » est une phrase que les Lakotas utilisent dans leurs rituels et cérémonies. C'est une prière d'unité et d'harmonie qui signifie : Tous mes frères ! Nous sommes tous reliés ! Reliance avec autrui, reliance avec une communauté, avec une société, avec l’espèce humaine, mais aussi avec l'espace intemporel et invisible de l'univers, comme l'exprime dans cette citation Leonard Crow Dog (homme médecine Lakota, leader spirituel de l'AIM) :

 « Des orbites à l’intérieur des orbites, des cercles à l’intérieur des cercles, depuis le grand cercle de l’univers qui, il y a une éternité, s’est engendré selon son propre rêve. Nous sommes tous reliés dans le cercle sacré !  »

 RP16

R.P.

+ + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + +

  COMPLÉMENT D'INFORMATION :

 William Commanda (1913 – 2011)

 Chef spirituel du Cercle des Nations (mouvement international pour la paix), il était le gardien de trois Ceintures Wampum sacrées d’importance historique : la Ceinture de la Prophétie des Sept Feux, la Ceinture de l’Entente de 1701 et la Ceinture du Traité Jay de la Traversée des Frontières de 1793.

 C'est Edward Benton-Banai (ou Bawdwaywidun), grand chef de la Loge Midewiwin des Trois Feux, qui retranscrivitpour la première fois la Prophétie des Sept Feux dans un livre paru en 1979 (imprimé à St. Paul, Minn. Publié par Indian Country Press). Ensuite, c'est à la quatrième conférence des premiers ministres sur les droits ancestraux et l'autonomie gouvernementale des Autochtones, en 1987, que le chef William Commanda a commencé à livrer son message provenant des ceintures wampum. Enfin, il l'a publiquement racontée en 1997 au Québec, au cours d'un rassemblement du "Aboriginal Learning Network Constituency". Aujourd'hui, grâce à Internet, elle est accessible à tout le monde.

 Leonard Crow Dog

 Né en 1942, Leonard Crow Dog est un chef spirituel Sioux Lakota, tribu Brûlé (sicangu), qui a joué un rôle majeur dans le mouvement de contestation à Wounded Knee, réserve de Pine Ridge, en 1973. Ses écrits et son enseignement sont motivés par l'unification de toutes les nations amérindiennes; il est un des leaders des cérémonies de la danse du soleil et un ardent défenseur des traditions lakotas.

 Dee Brown, prophéties amérindiennes (en Français)> : http://bit.ly/2oIefew

 Voici un compte rendu résumé d’un discours prononcé par Lee Brown au Concile Indigène Continental à Fairbanks, en Alaska, en 1986. Il donne un aperçu général des prophéties amérindiennes parmi les plus connues, sous forme d'une synthèse.

 Lee Brown vit et travaille en Colombie Britannique où il est un enseignant affilié au programme des Indian Teachers de l'UBC (University of British Columbia). Il est aussi estimé pour son travail au Round Lake Treatment Center et participe régulièrement à des conférences. Il est membre de la communauté religieuse internationale bahá’íe, « religion mondiale indépendante » qui proclame l’unification prochaine de l’humanité et l’émergence d’une civilisation mondiale caractérisée par la justice et la prospérité. La Communauté Internationale Bahá’íe a le statut d’ONG et entretient des relations de travail avec l’Organisation Mondiale de la Santé; elle est également associée au Programme des Nations unies pour l’environnement.

 Prophecies and teaching > http://bit.ly/2obNEoo

 Iroquois Prophecy and People at Standing Rock By Doug George-Kanentiio > http://bit.ly/2oeQ1Ze

 Doug George-Kanentiio: Iroquois prophecies warn of grave dangers > http://bit.ly/2oeUYS4

 Prophecies of the 6 Nations or Iroquois > http://bit.ly/2oeKa6m

 Documentaire : Mondes intérieurs, mondes extérieurs > http://bit.ly/2pdXBqg

 « Mondes intérieurs, mondes extérieurs » est un document qui propose une synthèse vulgarisée de ce qu’on peut appeler la conscience spirituelle, tandis que nous réalisons aujourd’hui que la science et les différentes traditions spirituelles et religieuses à travers l’histoire convergent vers la même conclusion : tout est unité, tout est vibration, l’univers, la matière, l’être humain, la conscience.

 Ce documentaire a ceci d’intéressant qu’il tente d’expliquer en quoi le sacré est non seulement présent dans notre quotidien, mais qu’il est inhérent à notre propre nature. Ainsi, en niant cette réalité, nous créons un déséquilibre intérieur qui se répercute par résonance dans le monde extérieur. De ce fait, la crise systémique que nous connaissons aujourd’hui résulte très probablement et pour une grande part d'une crise existentielle et d'une crise spirituelle.

 Ce film documentaire a été réalisépar le Canadien Daniel Schmidt et il est uniquement diffusé sur Internet, gratuitement, avec des versions traduites en plus de 20 langues. Il a remporté plusieurs prix dans les festivals de films, y compris le Prix d'excellence au Festival international du film du Canada.

 « La véritable crise dans notre monde n'est pas sociale, politique ou économique, notre crise est la crise de la conscience: une incapacité à expérimenter directement notre vraie nature, une incapacité à reconnaître cette nature à tous et en toutes choses. »

 + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + +

 Photos et illustrations

 1 - Photo : William Commanda présentant publiquement l'une des trois ceintures Wampun sacrées.

Les colliers et ceintures de wampum sont faits de perles fabriquées à partir de coquillages marins. Ces perles, issues de grains polis, arrondis, puis percés, sont enfilées en rangées pour former des bandes rectangulaires, ou parfois de simples chapelets. La taille du wampum, sa couleur et les emblèmes créés par l'alternance des grains blancs ou pourpres, ne sont jamais dues au hasard : un collier plus grand et plus large qu'une simple branche avait nécessairement une valeur symbolique plus grande lors des négociations. La couleur blanche signifiait la paix et la vie, le pourpre symbolisait le deuil et le rouge était signe de guerre. Pour les Amérindiens, le wampum véhiculait la voix et la parole, il avait pour but d'affirmer ou de valider de manière ritualisée le message transmis.

 2 - Photo : William Commanda avec le Dalaï-lama et Dominique T8aminik Rankin (Chef héréditaire et homme médecine algonquin, à droite sur la photo).

 3 - Photo : hochet du culte du peyotl, winnebago, Nebraska, vers 1900.

 4 - Photo : Black Elk.

 5 - Illustration : Insignes de la Native American Church

 6 (a) - Photo : Wovaka, de son vrai nom Jack Wilson (surnommé "The Cutter" ou "Big Rumbling Belly").

 6 (b) - Photo 5 : Wovoka, décembre 1916 (photo Lorenzo D. Creel).

 7 - Photo : dance wand, Sioux, Plaines du nord, vers 1890-1910. Ce type d'insigne était utilisé lors de la Danse des Esprits [collection : Raphaël Ponce].

 8 - Photo : affiche éditée lors des manifestations à Wounded Knee, 1973.

 9 - Photo : Crow Dog, Wounded Knee, 1973 (Crow Dogs célèbre bénédiction et prières pour deux guerriers qui ont été abattus).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par okoc à 17:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


15 avril 2017

PRINTEMPS INDIEN 2017

OK-OC prépare son

"Printemps indien"

 

Dans un mois commenceront les premières manifestations du "Printemps indien" qu'organise OK-OC. Sauf que parfois cela se passe en automne et devient alors un "Eté  indien".

Cette année c'est une exposition intitulée "si les Osages m'étaient contés..." qui ouvrira ses portes au public du 20 mai au 2 juin.

affiche A4

La relation forte qui unit Montauban à cette nation indienne d’Oklahoma remonte à novembre 1829 quand arrivèrent sur le Pont-Vieux trois Osages en perdition, errant depuis plus de deux ans en France et ne sachant comment revenir chez eux. Les Montalbanais avaient généreusement pourvu au financement de leur retour au Kansas. Les Osages ne l’ont pas oublié.

Ce sont deux gracieuses ambassadrices que nous envoie la tribu Osage : Terry Mason Moore et Erica Pretty Eagle. Elles arriveront le dimanche 14 mai et seront présentes à Montauban jusqu'au 20 mai. Ensuite elles iront à Paris où elles seront accueillies par des amis d'OK-Oc pendant trois jours. Le programme détaillé des rencontres sera publié prochainement. Elles seront présentes au vernissage de l'exposition qui aura lieu le samedi 20 mai à partir de 18 heures à l'Ancien collège de Montauban (maison de la culture) salle Pawhuska.  Bienvenue à tous !

Ambassadrices Osages

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

08 avril 2017

Le gardien du tambour

 

 Samuel, le drumkeeper

Sam Lookout et sa grand mère Mary Lookout

Chacune des trois communautés osages d'Oklahoma -- Pawhuska, Hominy et Gray Horse -- possède son tambour sacré qui est utilisé dans les cérémonies et notamment aux danses I'n-Lo'n-Schka du mois de juin.

Le drumkeeper, c'est le gardien du tambour. Il s'agit-là d'une responsabilité de la plus haute importance, d'une dignité qui ne peut être confiée qu'à un jeune Osage aux qualités reconnues de tous. La charge du tambour est onéreuse pour toute la famille qui a le devoir de distribuer des offrandes de grande valeur. (peut-être une survivance de la tradition du don distributif visant à répartir les richesses ?)
En reconnaissance, le drumkeeper et sa famille ont l'honneur d'ouvrir le cortège qui se dirige vers le hall de danses et d'installer le tambour au centre de l'aire.

jeunes garçons prêts pour la parade qui précède les danses

Cette année-là (dans les années 60 ?) le drumkeeper était Samuel Lookout qui pose ici à côté de sa grand-mère Mary Lookout

sam3

En allant « payer pour le tambour ». En tête marche le town crier (le crieur public avec le chapeau blanc) suivi du tambour porté par ses servants, ensuite Samuel Lookout le drumkeeper, enfin les mariés en tenue traditionnelle de mariage.

 Parade se dirigeant vers le hall de danses de Hominy

un grand merci à Cherie Lookout qui nous a fait parvenir ces photos anciennes voici près de vingt ans

Cherie Lookout (au micro). Photo Shannon Saxw Duty/Osage News

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 avril 2017

Nouvelles de Standing Rock

La prophétie du

serpent noir

 

Black snake2

Il existe une vieille prophétie parmi les Amérindiens de la tribu Lakota qui parle d’un grand serpent noir qui surgirait des profondeurs, entraînant avec lui malheur et destruction.
Cette peur des temps anciens a trouvé un écho étonnant dans l’actualité. L’ombre d’un gros serpent noir plane sur les amérindiens Sioux. Il fait 1900 km de long et il arpente les Etats-Unis du sud du Dakota à celui de l’Illinois, dans le centre des Etats-Unis. Il s’agit du Dakota Access Pipeline, un oléoduc souterrain en construction, qui devrait transporter 570.000 barils de pétrole par jour. C’est le projet d’un géant du pétrole texan, Energy Transfer Partners.

Standing-Rock-Black-Snake

La construction du pipeline est achevé à plus de 60%, mais il doit encore passer sous le fleuve Missouri, seule source d’eau douce en amont de la réserve de Standing Rock, qui appartient à une tribu amérindienne Sioux. Ces derniers dénoncent le projet, craignant que leur eau soit polluée, et parce que le pipeline traverse des territoires qui appartenaient à leurs ancêtres, et contiennent des sites d’une grande importance culturelle et spirituelle.

Black snake3

Non à l'oléoduc du Dakota

Pour ceux qui n'ont jamais la parole

et pour ceux qui ne sont pas encoré nés

Black snake 4

On ne peut pas boire le pétrole

Non à l'oléoduc du Dakota


Les Sioux ont installé un « camp spirituel » à quelques pas du chantier controversé. Ils étaient quelques centaines au début, puis progressivement ils ont été rejoints par plus de 300 tribus indiennes ainsi que des activistes environnementaux et des sympathisants.

source : tout comprendre sur Standing Rock et No DAPL
 

Une vidéo (en anglais) au sujet de la prophétie du serpent noir

 

 

Posté par okoc à 19:14 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

25 mars 2017

Comment naissent les conflits

Un conflit qui opposa

les Osages aux Cherokees

Faisant valoir leurs droits de chasse, les Osages revendiquaient les territoires situés au nord et au sud de la rivière Arkansas, occupés alors par les Cherokees de l’ouest auxquels ils faisaient la guerre. Ces Cherokees avaient été convaincus d’émigrer afin de libérer les terres qu’ils occupaient depuis toujours dans l’est des Etats-Unis. Vers 1815 on pouvait en dénombrer plus de 3 000. Ils s’étaient établis près des rivières Arkansas, White et Verdigris (déformation du nom français initial : "Vert-de-Gris")

Quand les chasseurs cherokees se risquaient à vouloir appliquer leurs droits de chasse dans cette région, ils se heurtaient aux bandes de guerriers osages qui les poursuivaient jusque dans leurs villages. Cependant les chefs cherokees étaient bien décidés à faire respecter leurs droits. L’un des engagements les plus sanglants de toute l’histoire de l’Oklahoma survint au Mont Claremore en octobre 1817.

Mt Claremore

Une bande de guerriers cherokees, armés jusqu’aux dents investit le village du chef Clermont qui fut mis à sac puis incendié. Une cinquantaine de prisonniers furent emmenés par les vainqueurs.

 

osage_treaty_of_1825Quelques années plus tard, en 1825, les chefs osages furent convoqués à Saint-Louis et obligés de signer un traité par lequel ils cédaient la totalité de leurs terres aux Etats-Unis. Alors, entre 1825 et 1836 les Osages quittèrent l’Oklahoma pour aller s’installer au Kansas voisin.

Soumis à la pression des fermiers du Kansas qui exigeaient l’ouverture à la colonisation de toutes les terres indiennes, le Congrès vota en 1870 une loi qui obligeait la tribu Osage à vendre ses terres et à acheter en échange aux Cherokees une réserve dans le nord de l’Oklahoma. C’est cette réserve qui, quelques années plus tard, allait révéler l’incroyable richesse en gisements pétroliers de son sous-sol.

 CatlinLe célèbre peintre, George Catlin a fait le portrait du chef Clermont et a donné de lui une description que l’on peut lire à la bibliothèque du musée Gilcrease de Tulsa (Oklahoma) : « Le grand-chef actuel des Osages est un jeune homme du nom de Clermont, fils d’un chef renommé du même  nom qui vient de mourir en le désignant comme successeur avec le consentement de la tribu. J’ai peint le portrait en pied de ce chef, vêtu de sa plus belle tenue, avec des jambières à mêches de scalps et entre ses mains son redoutable et favori casse-tête. »

chef Clermont

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


18 mars 2017

Une tradition

Quand les Osages

étaient reçus

à l'hôtel de ville

de Montauban

 

Mairie

 Depuis la naissance d'OK-OC en 1989, il est une tradition bien établie à Montauban  : celle de faire accueillir les Osages qui nous rendent visite par les élus à l'hôtel de ville . Cette tradition puise son origine en 1829 lorsque l'évêque Louis-Guillaume Dubourg hébergeait en sa résidence les Osages perdus. Cette résidence, l'hôtel particulier d'Aliès, est devenu depuis la mairie de Montauban

La tradition a toujours été respectée par les municipalités successives.

Juin 2007. Retour sur la réception à la Mairie de Montauban de nos invités osages John Maker Big Soldier et Vann Big Horse par Madame Marie-Pierre Pouch, adjointe au maire. Les Osages sont reçus dans la salle des mariages, ancienne chapelle de l'évêque Louis Dubourg qui reçut en ce même lieu, en novembre 1829, leurs ancêtres Petit-Chef, Grand Soldat et Femme-Faucon. Une classe de l'Institut Familial emmenée par leur professeur Marie-Thérèse Debaig, assistait à cette rencontre.Images de cet accueil par Marie-Pierre Pouch, adjointe au maire de Montauban. Jérôme Soufflet tenait la caméra.

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

11 mars 2017

à vos agendas

LA PISTE DES LARMES

une conférence à Montauban

La Piste des larmes est le nom donné à l'exode cherokee qui a eu lieu pendant l'hiver 1838-1839. En décembre 1835, avec le traité de New Echota signé par une minorité de Cherokees, le territoire de Géorgie est cédé aux États-Unis pour 5,7 Millions de dollars. On y a en effet découvert de l'or et le gouvernement fait pression pour en éloigner les Indiens. Ils sont plus de 18000 à quitter l'est du Mississippi pour le nord-est de l'Oklahoma. Près de 4000 Indiens périssent de froid, de maladie et de faim.

piste larmes

LES DEPORTES D’AMERIQUE

DU PRESIDENT JACKSON (1829-37) AU PRESIDENT TRUMP


Il s’agit de l’expulsion des Indiens en 1838, le «Trail of Tears» autorisé par le président Andrew Jackson à l’encontre d’une décision de la Cour Suprême. L'actuel président américain nous rappelle ce président dans sa façon de faire.

Une conférence sur "La Piste des Larmes" sera présentée par Lisa Neal-Rendall à Montauban le vendredi 17 mars à 19h00 à l'Ancien Collège, salle de projection (entrée gratuite)

Le climat populiste autour du président Jackson évoque l'actualité des Etats-Unis. Cette conférence proposée par l’Association ANGLAIS 82 sera présentée en français par Lisa Neal-Rendall, docteur ès lettres de l'Université de Californie, Berkeley ; professeur dans des universités américaines et françaises et descendante de la tribu Cherokee. Renseignements : 06 82 46 68 75.

Lisa Neal-Rendall : " La piste des larmes est une marche forcée pour expulser des Indiens du sud-est des Etats-Unis vers le territoire qui deviendrait l'Oklahoma. Je suis née en Oklahoma et je fais partie de la tribu Cherokee. J'espère revoir certains membres d'OK-OC que j'ai rencontrés lors d'une visite des Osages à Montauban où j'ai servi d'interprète. Amitiés, Lisa "

ribbonwork2

La Femme dans la préhistoire

femme_dans_prehistoire_BAT_1_pdf

signalé par Raphaël Ponce :

Une exposition a lieu en Indre-et-Loire (du 8 mars au 30 novembre) sur le thème de le femme dans la préhistoire : http://bit.ly/2lBNcOZ

d'autres informations intéressantes concernant art & préhistoire :

* Van Gogh et Seurat avaient-ils des prédécesseurs préhistoriques ? >>> http://bit.ly/2lBQUbI  -

" Notons que le pointillisme existait depuis fort longtemps aussi dans l'art des Aborigènes d'Australie dans des peintures rupestres datant de milliers d'années et cet art est encore très vivant aujourd'hui. " R.P.

 * Image de soi en préhistoire - Essais sur les enjeux de la représentation humaine pour les sociétés magdaléniennes >>> http://bit.ly/2lBRIx5

* Des hypothèses intéressantes concernant le rôle des femmes aux temps préhistoriques :

 L’art rupestre du Paléolithique était principalement féminin >>> https://goo.gl/gRRVu5

ribbonwork2

Une Question

C'est une question réccurente dans ce blog et elle reviendra épisodiquement jusqu'à obtenir une (des) réponse(s) :

Qu'attend-on à Montauban pour rouvrir un musée de préhistoire et sortir enfin des caisses où elles sont enfermées depuis plusieurs décades dans les réserves du musée d'Histoire naturelle, les magnifiques collections de notre patrimoine préhistorique ? >>>> lire La Dépêche du 9/03/2014

 

lafaye-baton-lion

Lion des cavernes profondément gravé sur bois de renne de l'abri Lafaye à Bruniquel

(dans les caisses du) Musée d'Histoire Naturelle Victor Brun - Montauban

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

04 mars 2017

Une militante

Erica Pretty Eagle Moore

Un t-shirt pour NODAPL

Erica sera l'une des deux invitées d'OK-OC au "Printemps indien 2017" à Montauban et Paris. Cette jeune personne est une militante engagée dans la cause NODAPL (No Dakota Access to the Pipe Line), ce projet d'un oléoduc qui traverse la réserve sioux de Standing Rock (Dakota du Sud), passe sous la rivière Missouri et menace l'environnement, notamment l'eau potable.

Depuis des mois, non seulement les Lakotas (Sioux) mais des centaines d'autres nations amérindiennes -- dont les Osages -- manifestent pacifiquement leur opposition à ce funeste projet qui profane des territoires sacrés et menace dangereusement la qualité de vie de la population autochtone. L'ancien président Obama avait interrompu les travaux. Le nouveau président vient de relancer le chantier. La mobilisation continue donc.

Erica qui est étudiante en art et cinéma à l'université a créé une affiche sur le thème "Protégeons notre mère la terre - L'eau c'est la vie".

 

création d'Erica Pretty Eagle Moore

eau vie 2

eau vie 3

Le thème se décline selon une ligne de t-shirts qu'elle a mis en vente au profit de l'organisation NODAPL. Elle vient de lui verser une somme de plus de 3 000 $

Erica Pretty Eagle Moore présente sa ligne de t-shirts

Pour voir le diaporama du t-shirt sur le site d'Erica, cliquez ici

 

ribbonwork2

Nous recevons de notre correspondant Raphaël Ponce des liens vers les dernières pétitions d'Amnesty International concernant Standing Rock et le projet ranimé par le nouveau président de poursuivre la construction d'un oléoduc menaçant la sécurité et la santé des peuples amérindiens

 1 - Condemn President Trump’s Action on the Dakota Access Pipeline >>> http://bit.ly/2lBMuBm

2 - Demand Human Rights at Standing Rock >>> http://bit.ly/2lBMAcu

 

ribbonwork2

Lu dans Charlie Hebdo

A LA HACHE

Charlie

Quatre banques françaises* prêtent de l'argent à la société américaine qui construit l'oléoduc voulu par Trump sur les terres sioux du Dakota. Deux d'entre elles tentaient il ya un an de faire amende honorable en fermant leurs succursales des îles Caïmans. En faisant la guerre aux Indiens, elles continuent à se comporter comme des hors-la-loi du Grand Ouest, mercenaires à la solde du plus grand bandit manchot. Le scalp de Trump ne vaut rien s'il porte untoupet...       S. Vinson

* Crédit Agricole, Natixis, Société Générale, BNP Paribas (rédac' du blog)

 

 

 

 

 

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

25 février 2017

Une belle cérémonie

On a fumé le calumet

km

Ce fut une belle cérémonie ! Ce vendredi 29 septembre 2006 en fin d’après-midi on a fumé le calumet à Albias. C’était sur la terre indienne qui venait d’être dédiée à la tribu Stoney/Nakota. Kevin Mustus dirigeait la cérémonie. Assis en cercle sur la terre indienne une douzaine de personnes fumaient la pipe de paix afin de sceller l’événement selon le rite des Indiens d’Amérique. Auparavant le maire avait évoqué les liens d’amitié et de reconnaissance qui unissent depuis seize ans la commune d’Albias aux diverses tribus qui l’ont visitée en insistant notamment sur la part prise par les Indiens à la Libération de la France.

Kevin Mustus & Clifford Moar

    Ce même soir Clifford Moar de la tribu Innu (Montagnais) du Québec rencontrait les familles d’Albias à la salle des fêtes, complétant ainsi une semaine au cours de laquelle il avait passé une demi-journée avec les enfants de chacune des deux écoles primaires. Rencontres mémorables qui avaient attiré leur attention sur les valeurs fortes des peuples amérindiens, en particulier celle du respect d’autrui, de soi-même et de tout ce qui vit. La plume d’aigle, puissant symbole de cette valeur de respect, avait circulé de main en main conférant à chaque enfant qui la tenait une gravité inhabituelle. Une expérience qu’ils n’oublieront pas.

    Comme chaque année, l’association OK-OC organisatrice de cette semaine indienne mettait l’accent sur la philosophie des Indiens d’Amérique qui nous concerne tous en tant que citoyens, parents ou grands-parents. Une formule la résume ; elle est inscrite sur la plaque de la terre indienne : « La terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre. »

Kevin Mustus

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 février 2017

Sacajawea

A la suite de l'article paru la semaine dernière (La squaw, Lascaux), Raphaël Ponce, l'un de nos visiteurs réguliers a mis un commentaire très intéressant dont je tiens à recommander chaleureusement la lecture à tous nos visiteurs habituels ou occasionnels.

L'article de cette semaine évoque le rôle d'une Indienne dans l'exploration de l'Ouest américain.

Sacajawea

Un dollar pour Sacajawea

sacajawa1Après le timbre-poste émis en 1998, les Etats-unis ont émis en l’an 2000 la pièce de 1 dollar frappée à l’effigie de cette jeune Indienne Shoshone de 16 ans qui avait guidé dans le labyrinthe fluvial américain l’expédition de Lewis et Clark. Chargée de reconnaître un passage jusqu’au Pacifique, l’expédition historique était partie de Saint Louis en 1804 (l’année qui avait suivi l’achat de la Louisiane) avait atteint l’océan Pacifique et n’était revenue qu’en 1806.

http://p7.storage.canalblog.com/71/60/247410/30706895_p.jpg

sacajawea

Sacajawea était l’épouse d’un trappeur Canadien qu’elle accompagnait, Toussaint Charbonneau (né le 2 mars 1767 à Boucherville, province de Québec), un homme fruste et violent avec qui elle avait eu un bébé dont elle s’occupa pendant toute l’expédition. Son sens aigu de l’orientation lié à une mémoire prodigieuse des lieux par lesquels elle était passée avec sa tribu dans le courant de sa jeune existence, avaient fait de Sacajawea une guide exceptionnelle responsable, en grande partie du succès de l’expédition. L’hommage qui lui est rendu est donc amplement mérité. Seul peut choquer le symbole du dieu dollar, responsable de tant de malheurs.

Notre regettée présidente d'honneur, Mrs Angela Robinson, membre de la tribu Osage, était une descendante de Sacajawea du côté maternel.

LA VIE D'OK-OC

Toute vie est éphémère, mais toute vie est précieuse. OK-OC fêtera ses 28 ans cette année. Beaucoup d'eau est passée sous le Pont Vieux de Montauban et des centaines d'Osages ont marché dessus. Oui, ce n'est en rien exagéré de l'écrire. Quand on sait qu'en 1990, alors qu'OK-OC fêtait tout juste sa première année d'existence, un groupe de quarante-trois Osages séjournait à Montauban et parcourait une bonne partie de la région Occitanie en dix-huit jours ; quand on découvre que plusieurs groupes d'une vingtaine de personnes, des Osages mais aussi d'autres Américains, ont promené leurs mocassins dans la cité d'Ingres, de Bourdelle, de JanBon Saint-André et de Frédéric Cayrou ; quand on apprend que des familles entières venues d'Amérique ont découvert les richesses de notre patrimoine historique et culturel, alors oui, on peut le dire sans fausse modestie, OK-OC a le sentiment d'avoir bien servi à l'international la cause de Montauban et plus largement de l'Occitanie.

Mais aujourd'hui OK-OC cherche son deuxième souffle. Depuis bientôt dix ans, ce blog témoigne des échanges culturels qui se produisent entre l'Occitanie et l'Oklahoma. Pour que l'on puisse continuer il faut des forces vives et des nouvelles idées. Ceux de nos visiteurs parmi le plus assidus qui désireraient s'impliquer dans la vie de notre association sont les bienvenus. On peut participer à la vie d'OK-OC sans résider à Montauban. Aujourd'hui les moyens modernes de communication le permettent.

Pour adhérer à OK-Oc

Il faut en faire la demande adressée avec ses coordonnées géographiques et électroniques au président d'OK-OC : Gérard Massip / 18 rue du Trapèze / 82000 Montauban --- tél 05 63 63 05 24

Il y a aussi bien sûr une cotisation annuelle de 18 € (simple) ou 25 € (couple).

Paiement par chèque libellé à l'ordre de OKLAHOMA-OCCITANIA  et adressé au président Massip

Merci à tous nos visiteurs (adhérents ou non) qui nous font l'honneur de nous accompagner sur le sentier de la paix et de l'amitié entre les peuples.

Posté par okoc à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :