Oklahoma-Occitania

24 septembre 2016

Un pont cuturel

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Au nom de l'amitié

Occitane-Osage

 

Trois siècles d'amitié, ce n'est pas rien. Pour preuve ce nom d'une petite ville, d'une rivière et d'un comté : GASCONNADE, en plein sur l'ancien territoire osage dans l'Etat actuel du Missouri.

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Depuis l'arrivée et le séjour à Montauban, en novembre 1829, de trois Indiens de la tribu Osage : Petit Chef, Grand Soldat et Femme Faucon (voir "Historique d'OK-OC") et surtout depuis 1989, année de la reprise de nos relations amicales, les liens n'ont cessé de se resserrer et se raffermir. On ne compte plus les visites de nos amis d'outre-Atlantique sur nos terres occitanes demeurées fidèles à leur tradition d'accueil et d'hospitalité.
Cette année-là c'étaient deux personnalités de la nation Osage qui nous rendaient visite : MMr John Maker et Vann Bighorse, tous deux enseignants de la langue osage. Le thème de nos rencontres était précisément celui des langues, celles de nos ancêtres : la langue occitane et la langue osage.

John et Vann

Vann Big Horse (à g) et John Maker (à d) au Forum des langues

Toulouse 2007


John Maker a bien compris le sens de nos préoccupations lorsqu'il écrit : « your concern about preserving your language and culture is very real » (votre souci de la défense de votre langue et de votre culture est très juste). Nous aurons l'occasion de reparler de tout cela dans les jours prochains lorsque nous recevrons d'autres informations.
En attendant, voici la traduction pâtissière de cette amitié, telle qu'elle s'était manifestée en notre honneur au musée tribal osage en août 2006. Monique et J-Claude Drouilhet :

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Ceci n'est pas un gâteau, mais la photo d'un gâteau
Le gâteau nous l'avons mangé, la photo nous est restée
(photo de James Elsberry)

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Au dos de la photo nos amis Osages ont signé

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Le musée de la Nation Osage

musee3James Elsberry

 

James Elsberry


17 septembre 2016

Occitanie

Indiens et Occitans

même combat !

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Clifford Moar, chef des Montagnais du Lac Saint-Jean (Québec) à Montségur (Ariège)

La fusion des deux anciennes régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon a donné une nouvelle région qui portera le nom d' Occinatie s'il est avalisé par le pouvoir exécutif national (centralisme oblige !). Ce nouveau nom est sujet à controverse pour au moins deux raisons car :

1. L'Occitanie est en réalité beaucoup plus vaste ; elle s'étend de l'Atlantique aux vallées piémontaises en Italie et de Montluçon au Val d'Aran en Espagne. Le nouveau nom de la région est donc réducteur.

2. Dans cette nouvelle région est incluse la Catalogne de France, aussi les Catalans du nord ne sont pas contents et on peut les comprendre. Mais la Catalogne est déjà connue à l'international (avec sa partie espagnole), pas l'Occitanie.

Au fil des siècles, notre identité occitane s'est diluée dans l'identité nationale et a perdu de sa vigueur en même temps que la pratique de sa langue et les valeurs culturelles qui vont avec. Or nous avons besoin d'une identité forte si nous voulons survivre en tant qu'Occitans. Il s'agit bien ici d'une identité culturelle ouverte, conforme aux valeurs occitanes de nos ancêtres.

C'est pour cela qu'il est intéressant de connaître le parcours culturel des Indiens d'Amérique qui ont résisté à l'extermination et au génocide culturel. Eux sont porteurs d'une identité forte et salvatrice.

On peut ainsi comprendre la posture de notre association Oklahoma-Occitania et l'intérêt qu'elle trouve en la fréquentation et la comparaison avec les cultures amérindiennes.

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occitans

Entre Océan Atlantique et Mer Méditerranée, entre Alpes et Pyrénées, sur les terres de trois Etats – France, Italie, Espagne – se trouve le pays de la langue d’oc : l’Occitanie.

La civilisation occitane fut à l’avant-garde de l’Europe au Moyen-Age. Les Troubadours ont été la plus haute expression d’un art de vivre que la croisade contre les Albigeois mit à bas : les armes et les bûchers allumés par l’Inquisition eurent raison de l’esprit de tolérance et du respect d’autrui.

Villers

Au XVIe siècle l’Edit de Villers-Cotterêts interdit l’emploi officiel de la langue occitane et le pays occitan perdit peu à peu son autonomie. Son expression linguistique et culturelle s’affaiblit, au cours des siècles, en un provincialisme sans vigueur. La Révolution française instaura la chasse aux « patois », développant une politique de mépris pour les langues régionales.

 Frédéric Mistral

Le dix-neuvième siècle fut le temps du renouveau et de la reconquête linguistique avec le Félibrige. La littérature d’oc étant internationalement reconnue par le Prix Nobel obtenu en 1903 par Frédéric Mistral.

Aujourd’hui, malgré l’absence d’un statut officiel et malgré une présence insuffisante dans l’enseignement et les médias, l’occitan est toujours vivant et résiste pour dire le monde d’aujourd’hui et de demain.

Les Occitans confrontent leurs racines à la situation présente avec la volonté de trouver les moyens de faire de leur langue et de leur culture un espoir et un outil dynamique pour le troisième millénaire d’une Europe en devenir

 Toulouse, place du Capitole

 

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10 septembre 2016

Go West by TGV !

Quand OK-OC "vendait" le TGV

 

au gouvernement de l'Oklahoma

 

Roger Mousty présente la maquette et le dossier du TGV au gouverneur David Walters

Nous venons de lire dans La Dépêche de dimanche 28 août la grande nouvelle de la signature du « contrat du siècle » entre Alstom et Amtrak pour la construction et la mise en service du TGV entre Boston et Washington via New York. Ce dont nous nous réjouissons.

Loin de nous l’idée d’avoir de près ou de loin joué le moindre rôle dans cette affaire. Cependant nous voulons ici témoigner du fait que nous ayons modestement à notre échelle porté cette idée à la première occasion qui s’était présentée.

 

Une petite partie de la délégation occitanede g à d : Raymond Theis (Osage), Peter Poweska (Américain), Roger Mousty, Jean-Claude Drouilhet, Norbert Sabatié, David Walters, Michel Valdiguié, Senateur Harrison

 

En 1991, une importante délégation d’OK-OC composée de trente-huit personnes était reçue à Oklahoma City par le gouverneur David Walters*. Au cours de la réception une maquette du TGV (obligeamment fournie par Alstom, sur recommandation de la SNCF qui supportait notre action) fut offerte au gouverneur de l’Oklahoma avec une abondante documentation. Une plaisante mise en scène avait été préparée : la maquette était présentée par un agent SNCF, Roger Mousty, membre de la délégation OK-OC, qui la remettait au gouverneur ainsi qu’une casquette de chef de gare et un sifflet réglementaire. Le gouverneur coiffait la casquette et sifflait le départ du train. Ambiance garantie !

 

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TGV4

 

Plus sérieusement, nous faisions valoir au gouverneur l’idée d’une adaptation de ce mode de transport aux liaisons entre les grandes villes du Middle West. Des distances de 500 à 600 kilomètres entre Dallas, Oklahoma City, Tulsa, Kansas City, Saint-Louis, Chicago sont, disions-nous, « des distances TGV ». Jusqu’ici les liaisons entre ces capitales sont desservies par le transport aérien, qui brûle une partie importante de son carburant au décollage. Le TGV serait bien plus économique.

Une deuxième occasion nous était offerte par l'invitation qui nous fut adressée, les jours suivants, de rencontrer le ministre du commerce de l'Oklahoma. Nous étions alors dans le nord de l'Oklahoma près de la frontière du Kansas. Qu'à cela ne tienne. Un jet gouvernemental vint nous chercher et nous fit survoler la moitié de l'Oklahoma en 20 minutes (et retour). Nous étions 6 passagers : Raymond Theis (un Osage), Peter Poweska (un américain), moi, Roger Mousty, Michel Valdiguié (directeur régional Midi-Pyrénées du tourisme), Norbert Sabatié.

 

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Nous avons renouvelé le même rituel qu'avec le gouverneur et le ministre a coiffé la casquette comme l'avait fait le gouverneur. Ambiance !

 

TGV6

 

TGV7

 

Le TGV n’est toujours pas arrivé dans le Middle West, mais nous ne désespérons pas. Nous avons semé notre petite graine…

 Par la suite, la SNCF et AlStom ont conservé quelques liens avec nous, notamment en permettant au chef des Osages, Charles Tillman, en visite à Montauban, de faire une partie de son voyage à Paris dans la cabine du pilote du TGV (chose tout à fait exceptionnelle !)

 

la bannière occitane flotte en haut du mat du gouvernement de l'Oklahoma
Mais nous avons aussi tout au long de nos voyages en OK, assuré la promotion de notre Occitanie. Ci-dessus une photo qui montre le pavillon des comtes de Toulouse flottant en haut du mât du gouvernement de l'Oklahoma. C'est sur proposition du gouverneur que nous avons détaché le drapeau des États-Unis pour le remplacer par le drapeau occitan où il a flotté une journée entière avec le drapeau de l’État d'Oklahoma. C'est une Première dont nous sommes très fiers.

 

David Walters, JCD

 

__________________

* David Walters, gouverneur de l'Oklahoma était un ami du gouverneur de l'Etat voisin de l'Arkansas qui n'était autre que... Bill Clinton

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06 septembre 2016

Agissons pour que les voix  des Sioux de la réserve de Standing Rock soient entendues, pour que leur culture soit préservée et que la rivière Missouri ne soit pas souillée. En effet, le projet de construction d'un pipeline le long de la rivière Missouri, en plus de violer les terres sacrées des Sioux, serait une cause de nuisance certaine car, même sans incident, les fuites d'huile rendraient l'eau impropre à la consommation, toxique pour les poissons, les plantes, les sols environnants (etc.).

Merci de bien vouloir signer et partager ces pétitions :

http://bit.ly/2cE1CQc

http://greatergood.me/2cE0Wdf

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03 septembre 2016

Le territoire des Osages

Les Osages déplorent la perte

de leur territoire ancestral

Ancien territoire des Osages

Les Osages font paraître une carte qui, mieux que tous les discours, exprime la spoliation territoriale dont ils ont été victimes. L'ancien territoire ancestral couvrait un espace aussi grand que la France principalement sur quatre Etats et à un degré moindre sur douze autres. Aujourd'hui, leur réserve a été renommée "comté Osage" par l'administration. Seule subsiste la propriété tribale du sous-sol (et donc du pétrole)

On voit sur la carte la réserve actuelle (en sombre) grande comme un département français et demi

Osagereservation

Les Etats de l'ancien territoire sont :

Oklahoma (OK), Kansas (KS), Missouri (MO), Arkansas (AR), Colorado (CO), Texas (TX), Louisiane (LA), Mississippi (MS), Tennessee (TN), Kentucky (KY), Indiana (IN), Ohio (OH), Virginie de l'Ouest (WV), Pensylvanie (PA), Illinois (IL), Wisconsin (WI)

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27 août 2016

le pic Black Elk

Dans les Black Hills

Les Lakota ont gagné

Harney Peak/Black Elk Peak

Marie-Claude Strigler :

Le 12 août 2016, le Bureau fédéral en charge de  l’attribution des noms géographiques a officiellement changé le nom de Harney Peak en Black Elk Peak.

 La décision du Bureau fédéral a surpris le gouverneur du Dakota du Sud, mais a provoqué la joie des activistes indiens qui étaient outrés  que leur montagne sacrée porte le nom d’un homme dont les soldats  avaient massacré des Amérindiens. En effet, les hommes du général William S. Harney massacrèrent des femmes et des enfants amérindiens au cours d’une bataille en septembre 1855.

massacre de Ash hollow 2-3 septembre 1855

Quant au gouverneur Dennis Baugaard, il prétend que la décision du Bureau fédéral va donner lieu à des frais et une confusion inutiles. Il déclare n’avoir pas eu connaissance d’un véritable soutien au projet de changement de nom du point culminant du Dakota du Sud, qui se trouve dans la forêt nationale des Black Hills et que, de toute façon, rares sont les personnes qui ont entendu parler de Harney ou de Black Elk.

Black Elk

Pourtant, Black Elk était un célèbre chef spirituel Lakota, décédé au milieu du 20e siècle, et c’est à « Black Elk Peak » qu’il a reçu sa première vision. Il avait alors 9 ans, et se trouva chargé d’une grande mission, puisque sa vision lui indiquait qu’il allait devoir guider son peuple. Ce petit cousin de Crazy Horse a été interné dans la réserve de Fort Robinson, puis a rejoint Sitting Bull au Canada, mais la faim les obligea à se rendre à Fort Keogh en juin 1880. Désireux de fuir la réserve, il rejoignit le Wild West Show de Buffalo Bill. Cela lui donna l’occasion de danser devant la reine Victoria pour son jubilé. Au fil de ses pérégrinations, il se retrouva également en France.

À la fin du 19e siècle, les Indiens sont démoralisés : les bisons ont disparu, il leur est interdit de conserver leurs traditions, la danse du Soleil est interdite, trop cruelle et trop païenne pour les Euro-Américains. C’est alors qu’apparaît une nouvelle religion, « la danse des Esprits ». Un jeune Paiute a eu une vision au cours de laquelle les dieux lui ont enseigné une danse sacrée : si les Indiens apprennent cette danse et la pratiquent en portant des chemise spéciales, les Blancs repartiront en Europe, les Indiens morts revivront et les bisons seront de retour. Black Elk rejoignit le mouvement et devint lui-même l’un des chefs.

mes mitrailleuses Hotchkiss du 7ème rgt de cavalerie

Le mouvement s’est répandu comme une traînée de poudre, mais aboutit au massacre de Wounded Knee : en décembre 1890, une bande d’Indiens Lakota Minneconjou se rendaient dans leur réserve et avaient établi leur camp pour la nuit. Le 7ème Régiment de cavalerie les encercla et leur demanda de remettre leurs armes. Il semble qu’un Minneconjou était sourd, n’a pas entendu les ordres et n’a donc pas rendu ses armes. Alors les Hotchkiss sont entrés en action et firent quelque 300 victimes, dont beaucoup de femmes et d’enfants. Black Elk était là et a courageusement participé à une résistance désespérée. Le massacre de Wounded Knee marqua la fin de la résistance armée indienne. Cela ne  les empêcha pas de protester, car un certain nombre de soldats furent récompensés par la médaille d’honneur. Il fallut attendre 1990 pour que le Congrès exprime « ses profonds regrets » pour ce massacre.

Désormais, Black Elk a œuvré comme homme médecine, car il avait déjà opéré des guérisons.

Lorsqu’il avait une quarantaine d’années, il fut baptisé et fit baptiser ses enfants, ce qui ne signifie pas qu’il s’était éloigné des traditions de son peuple : à partir de 1934 et pendant une dizaine d’années, il organisa un spectacle indien dans les Black Hills mais, contrairement au Wild West Show, il ne glorifiait pas les guerres indiennes, mais voulait enseigner aux touristes la culture et les coutumes lakotas, y compris la Danse du Soleil, qu’il contribua à remettre à l’honneur.

sixth grandfather

Au début des années 1930, il entreprit de raconter l’histoire de sa vie à John Neilhardt, qui va la publier sous le titre de Black Elk Speaks. Le livre est un classique au programme des études amérindiennes dans nombre d’universités. Il est dès lors difficile d’être d’accord avec le gouverneur Dennis Baugaard lorsqu’il dit que rares sont les personnes qui ont entendu parler de Black Elk !

Le Bureau fédéral a effectué une enquête après des Indiens de la région et a conclu que le nom de Harney Peak était offensant et méprisant, d’autant qu’il s’agit d’un lieu sacré pour les Indiens. La décision du Bureau fédéral n’a pas que des partisans : le sénateur républicain John Thune a déclaré que la décision « unilatérale » est inadmissible et « défie toute logique ».

Basil Brave Heart

C’est Basil Brave Heart, un membre de la tribu Sioux oglala qui avait proposé le nom de Black Elk Peak en 2015, en disant : « Je ne veux pas voir une montagne qui porte le nom d’un homme qui a violé et massacré des femmes et des enfants. Notre peuple a dû vivre trop longtemps  sous un tel nom. » Désormais elle porte le nom d’un guide spirituel.

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20 août 2016

Le Rond des Osages à Montauban

Les symboles du Rond des Osages

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Le voyageur qui arrive à Montauban par l’autoroute ne peut manquer de remarquer, à la sortie « Sapiac », un étonnant rond-point : trois structures métalliques tubulaires allongées en forme de rectangles ajourés d’inégales hauteurs, sont plantées parmi de jeunes pins. Ces monuments, l’un rouge, l’autre jaune, le troisième bleu, découpent sur le ciel d’étranges symboles géométriques. Pour renforcer l’énigme, une plaque émaillée annonce, au ras de la pelouse : « Rond des Osages ». De nombreux Montalbanais ont pris l’habitude d'appeler cet endroit « les totems ».

 

Michel Batlle

 

 Cette œuvre a été conçue par Michel Battle et réalisée par les services municipaux de la ville de Montauban en 1992.

 Dédié à la Nation Osage, cet anneau de circulation a été inauguré le 14 juillet 1992 par monsieur Roland Garrigues, premier adjoint au maire de Montauban en présence des délégués de huit nations indiennes de l’Oklahoma (USA)*.

Contrairement à l’interprétation qui souvent en est faite, ces trois structures tubulaires ne représentent pas des totems. Les mâts totémiques n’appartiennent en effet ni à la culture osage ni à celle de la plupart des tribus amérindiennes. Seules certaines tribus de la côte du Pacifique en érigeaient autrefois dans leurs villages et c’est abusivement que les Européens les attribuèrent aux autres nations indiennes.

Le cercle est déjà un puissant symbole : c’est le cercle sacré. Il représente l’union cosmique de l’homme avec la nature et la divinité (Wa-kon-dah chez les Osages). On y retrouve l’horizon, la voûte céleste, la course du soleil et la ronde des saisons.

 

dessin de Michel Batlle

 

Symbole toujours : l’arbre de vie que l’on rencontre dans maintes civilisations à travers le monde. Ce sont des arbres à feuillage permanent — des pins — qui ont été plantés à l’intérieur du cercle.

 

osages montauban

 

 

Si les structures en tube sont au nombre de trois, ce n’est pas par hasard. Elles représentent les trois Indiens Osages, deux hommes et une femme, qui furent accueillis et réconfortés par les Montalbanais et novembre 1829 après une errance de plus de deux ans en France et en Europe.. Les couleurs choisies sont elles-mêmes signifiantes : le rouge pour le feu, l’été et l’amour ; le bleu pour l’air, l’eau, le printemps et l’esprit, le jaune pour la terre et le soleil.

 

ribbon works

 

Les motifs ornementaux sont ceux que l’on peut voir encore aujourd’hui dans les larges rubans appliqués sur les vêtements traditionnels osages, les jambières des guerriers comme les robes des femmes. Les formes géométriques de ces motifs sont caractéristiques des Indiens des Plaines. On y reconnaît une ligne brisée en escalier et refermée sur elle-même et le losange. La première symbolise le tonnerre, puissance terrifiante qui régit le monde et le soumet à sa loi. Le losange est représentatif des « mondes superposés », autrement dit des quatre niveaux d’organisation de la matière : le chaos initial, le monde minéral, le monde vivant et enfin l’humanité. Ainsi le message codé dans l’édifice bleu s’éclaircit : les harmonies universelles sont fragiles, menacées à tout instant par une force supérieure que l’on doit respecter.

L’édifice jeune, celui du milieu, est orné du motif le plus fréquent de l’art sacré des Indiens d’Amérique : la flèche. Symboles de protection et de chasse, les flèches assignent aux hommes le devoir d’agir pour défendre leur vie et assurter leur subsistance.

L’édifice rouge enfin est un rappel des précédents motifs.. On y reconnaît les flèches, le tonnerre, les mondes superposés réunis en une synthèse ayant valeur de message : « Respectons, préservons et protégeons la terre, notre mère, dont les équilibres sont fragiles. »

On retrouve là un discours très actuel qui nous rappelle la sagesse de ces peuples amérindiens humiliés et bafoués dans leur relation la plus sacrée à la terre-mère. L’intérêt qui se manifeste depuis quelque temps dans les pays européens pour les Indiens d’Amérique s’explique peut-être par cette redécouverte de l’humain dans son rapport à la nature.

Si seulement ces symboles qui ornent l’une des entrées de notre ville pouvaient introduire à une réflexion, alors les Osages perdus de 1829 auraient laissé une trace durable de leur passage à Montauban voici 178 ans. Une piste que nous pourrions suivre…

J-C.D.

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14 juillet 1992 : inauguration du "Rond des Osages"

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* Vanessa Williams (Cherokee) ; Vanessa Jennings (Kiowa) ; Lillian Williams (Pawnee) ; Louis Burns (Osage) ; Charley Jones (Choctaw) ; John Williams (Ponca) ; Jim Burgess (Seminole) ; Raymond Theis (Osage) ; Nizhoni Bemore (Navajo) ; ..... (Chickasaw)

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13 août 2016

Langue Osage

L'enseignement

de la langue Osage

dès la maternelle

ON-Immersion_Kindergarten2_Aug16Photo : Shannon Shaw Duty / Osage News

La rentrée scolaire est fixée au 15 août à l’école maternelle de première immersion dans la langue Osage.
L'école d'immersion, DAPOSKA A ^ KODAPY (prononcer Dah-Pos-kah Ah-Koh-Dah-Pee), fait partie de la vision du chef principal Geoffrey Standing Bear de promouvoir une éducation selon la méthode pédagogique de Maria Montessori  appliquée aux jeunes Osages tout en revitalisant la langue et la culture.


Chief StandingBear 2

« J'ai vu venir des enfants Osages de ce programme me parler en langue osage. Je leur ai dit qu'ils allaient devoir me l’enseigner et chacun d'eux était très excité de cette perspective en me disant «oui, nous le ferons! »

« Je suis très fier d’eux, mais aussi de nos professeurs et des parents. De plus, il ne faut pas oublier que notre propre programme de langue est l’œuvre de nos enfants et de nos enseignants parce que les enseignants sont constamment en phase d’apprentissage de la langue Osage ... Ils ont fait un excellent travail ».

Maria Montessori

Maria Montessori (1870-1952)

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06 août 2016

Blasons

Drapeaux et Blasons en Oklahoma

Les 14 drapeaux

qui flottèrent

sur l'Oklahoma

 

 

drapokla1

 

L'Oklahoma, c'est cet état dont la carte ressemble à une casserole qui retient l'attention de l'association OK-OC depuis son origine. C'est au nord de l'état, près de la frontière du Kansas, que se situe le territoire de la tribu chère à nos cœurs : la tribu Osage. Longtemps l'Okahoma a fait partie de la Louisiane (la grande). Mais sait-on qu'il est successivenment passé sous contrôle de l'administration espagnole, anglaise, française, texane, mexicaine avant de devenir la 46 ème étoile du drapeau des Etats-Unis ?

Grâce au travail remarquable d'une amie osage, Mrs Lu Celia Wise, rencontrée en août 1991 en territoire osage, nous avons le plaisir de vous résumer 384 ans d'histoire de l'Oklahoma illustrée de ses quatorze drapeaux successifs.

 

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1541-1663 : le premier drapeau est celui du roi d'Espagne. 1663-1719 : le drapeau de la Grande Betagne flotte sur l'Oklahoma. 1719-1763 : le drapeau du roi de France lui succède. 1763-1800 : l'Oklahoma retourne sous la bannière espagnole. 1800-1803 : la France est de retour avec le drapeau tricolore de la République. 1803-1818 : la bannière étoilée des Etats-Unis lui succède après la vente de la Louisiane. 1818-1821 : nouveau changement ; de quinze étoiles la bannière US passe à vingt. 1821-1836 : l'Oklahoma est devenu territoire mexicain. 1836-1839 : et le voici maintenant partie intégrante de la République du Texas. 1839-1861 : l'Oklahoma fait toujours partie du Texas mais c'est le drapeau à une étoile qui devient tricolore. 1861-1861 : pendant quelques mois le drapeau de la tribu Choctaw a flotté sur l'Oklahoma. 1861-1911 : le drapeau sudiste devient l'emblême de l'Oklahoma. 1911-1925 : l'Oklahoma devient le 46ème Etat de l'Union et adopte son propre drapeau. 1925-....   : le drapeau actuel de l'Oklahoma présente un bouclier osage

 

Ainsi donc, deux bannières françaises ont flotté sur l'Oklahoma :

 

1. Le drapeau du roi, blanc à fleurs de Lys, planté par Bernard de La Harpe en 1719

 

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2. Le drapeau tricolore de la République (alors qu'en 1800 la France est sous le régime du Consulat)

 

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Un détail de l'histoire relie Montauban à ce drapeau de la République :jeanbon_saint_andre

 

 

 

1794 : le Montalbanais Jeanbon Saint-André, membre de la Convention, fera adopter le drapeau tricolore dans sa forme actuelle par l'assemblée, il sera décrit en ces termes.
" le pavillon national sera formé des trois couleurs nationales, disposées en bandes verticales, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans l'air."

 

 Enfin dernier détail, mais pas le moindre pour ce qui nous concerne en tant qu'Occitans :

En août 1991, à l'occasion de la réception donnée par le gouverneur de l'Oklahoma à Oklahoma City aux trente-huit visiteurs de Midi-Pyrénées, le drapeau à la croix occitane fut hissé en haut du mât du siège du gouvernement. L'association Oklahoma-Occitania retire une légitime fierté de cet exploit : le quinzième drapeau d'Oklahoma est celui des comtes de Toulouse!

 

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Le drapeau actuel de l'Etat d'Oklahoma

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Le drapeau actuel de l’Oklahoma a été adopté officiellement en 1925. On y voit au centre un bouclier osage en peau de cerf décoré de sept plumes d’aigles pendantes. Le champ du drapeau est bleu comme le ciel de l’Oklahoma. Le bouclier est de couleur marron clair, avec des plumes blanches dont l’extrémité est brune ; les petites croix marron, un peu plus foncé que le bouclier. Le calumet a un fourneau rouge et un tuyau en ivoire jaune pâle avec une plume rouge attachée à un gland. Le rameau d’olivier est gris-vert. Le mot « Oklahoma » écrit en blanc, été ajouté en 1941.

Le drapeau présente plusieurs symboles :

Le champ bleu signifie loyauté et dévouement ;

Le bouclier représente la protection que le guerrier doit à sa famille et à son peuple ;

Les petites croix marron sont des signes indiens pour représenter les étoiles ; ils indiquent de nobles idéaux et un but élevé.

Les symboles les plus importants cependant sont le calumet et le rameau d’olivier. Ils dépassent le symbole guerrier du bouclier et témoignent d’un amour profond de la paix et de l’unité du peuple.

Le blason de la Nation Osage

 

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Le blason de la nation osage Ce blason a été adopté par le Conseil tribal osage le 4 mai 1955. Au centre d’un champ circulaire d’or il superpose une pointe de flèche renversée d’azur et un éventail en plumes d’aigle que croise une pipe de paix symbolique Le champ d’or est symbole de la prospérité tribale; la pointe de flèche lorsqu’elle était utilisée au bout d’une flèche était un instrument de chasse et de guerre; la pipe devenait un symbole de paix lorsqu’elle était fumée au moment de la signature d’un traité afin de sceller le pacte entre l’Indien et l’homme blanc indiquant ainsi la volonté de vivre en paix et de maintenir des relations amicales, et l’éventail en plumes d’aigle est un symbole d’autorité ou d’une fonction élevée dans le clan ou dans les affaires tribales.

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30 juillet 2016

remembrement des terres osages

Les Osages récupèrent des terres

La nation osage entame un programme de “remembrement” de ses terres

grâce à une Indienne blackfeet.

 par Marie-Claude Strigler

elouise_cobell-tester-facebook

 Elouise Cobell (décédée en 2011) était une Indienne blackfeet du Montana, militante de la cause indienne. Elle gérait un ranch avec son mari, et fut trésorière de la nation blackfeet. C’est en assumant ces fonctions qu’elle remarqua de graves dysfonctionnements dans la gestion que faisait le Bureau des Affaires indiennes (BIA)* des comptes indiens dont il avait la responsabilité.

 

BIA

 

Elle fut à l’origine de la plus importante plainte collective jamais déposée aux États-Unis. Dans le procès Cobell v. Salazar, elle demanda des comptes au gouvernement fédéral pour “mauvais usage des fonds en fiducie** appartenant à plus de 500 000 Indiens.” En effet, avec l’application de la loi de lotissement général de 1887 (ou loi Dawes), les réserves furent loties, et chaque membre d’une tribu se vit attribuer une parcelle en toute propriété. Si les nouveaux propriétaires donnaient leur parcelle en location, le BIA gérait les revenus, en protégeant théoriquement au mieux les droits des Indiens. Après 14 ans de batailles juridiques acharnées, le président Obama proposa en 2010 un réglement du conflit comportant un versement global de 3,4 milliards de dollars. En conséquence, chaque personne concernée recevra un dédommagement d’au moins 1 800 dollars, souvent beaucoup plus. C’était loin des sommes réellement dues, mais il fallait mettre fin à d’interminables procédures.

 Le programme d’achat des terres

L’issue du procès en plainte collective comprenait un programme d’achat des terres, qui disposait de 1,9 milliard de dollars pour acheter des parcelles fractionnées, en fiducie ou dépendant de droits fonciers restreints, à des propriétaires qui acceptaient de les céder au prix du marché. On dit qu’il y a un bien foncier fractionné lorsqu’une parcelle est détenue par plus d’une personne. Une parcelle peut avoir plus de 50 propriétaires indivis, une situation qui résulte du processus d’homologation des biens transmis aux héritiers.

Les fractions de parcelles achetées sont immédiatement transformées en biens tribaux en fiducie (sous tutelle fédérale). Ces biens tribaux doivent être utilisés au bénéfice de la communauté et de ses membres.

Les individus qui décident de vendre leurs fractions de parcelles reçoivent l’argent directement sur leur compte financier indien personnel (Individual Indian Money IIM) ; ces comptes étaient autrefois gérés par le BIA, mais, depuis 1994, ils sont gérés par le Bureau de gestion des comptes indiens en fiducie (Office of American Indian trust fund management) et sont investis dans des titres publics qui rapportent des intérêts.

Les retombées sont importantes :

-         Les ventes de fractions de parcelles participeront à hauteur de 60 millions de dollars au fonds Cobell pour l’attribution de bourses d’études ;

-         Le programme prend en compte l’utilisation que feront les gouvernements tribaux des terres récupérées (développement économique, amélioration de l’habitat, infrastructures, protection culturelle…)

-         Le programme a jusqu’à présent restitué aux tribus plus de 700 000 hectares de terre.

-         Mais l’argent n’est pas le seul facteur en jeu : le procès a mis en évidence la mauvaise gestion des biens indiens en fiducie fédérale ; le gouvernement fédéral n’a pas fourni l’historique des comptes individuels qu’il avait en tutelle pour les propriétaires indiens qui avaient donné leur terre en location, ou bien il n’a simplement pas versé sur les comptes personnels l’argent qui leur était dû (redevances du pétrole, du gaz, des pâturages ou autres baux).

 

Les Osages sont concernés par le programme d’achat des terres

Dans le cadre de ce programme, la Nation osage dispose de 7,4 millions de dollars pour racheter à leurs propriétaires leurs fractions de parcelles.

Terry Mason Moore

Selon l’avocat osage Terry Mason Moore, cela permettra d’acheter quelque 26 000 hectares de terre à 680 ou 690 propriétaires de fractions de parcelles. Pour qu’ils puissent vendre, leur titre de propriété doit être bien établi, et ne pas faire partie d’une succession. En accord avec le ministère de l’Intérieur, la nation osage a lancé une campagne d’information auprès des membres tribaux susceptibles d’être concernés. Ceux qui choisiront de vendre, recevront l’argent directement sur leur IIM.

La nation osage est la vingtième à participer à ce programme.

 

Difficulté de faire bon usage des parcelles fractionnées

 

Geoffrey Standing Bear

 

Le chef Geoffrey Standing Bear reconnaît que l’émiettement des parcelles représente un obstacle à une exploitation optimale e la terre, et que la situation ne fait qu’empirer depuis un siècle. Heureusement, les 3 villages osages ne sont pas concernés, puisqu’ils sont propriétés tribales communes.

De plus, on ne peut rien faire d’une parcelle si on ne connaît pas la totalité de ses propriétaires, car l’accord de toutes les parties concernées est nécessaire.

Des non-Indiens ont réussi à s’approprier des terres osages en achetant une fraction de parcelle à un individu, puis en proposant la même somme aux autres propriétaires. Et Geoffrey Standing Bear remarque que, lorsqu’on a besoin d’argent, il est difficile de refuser une telle offre !

C’est ainsi que des ranches non indiens ont pu apparaître dans le comté osage, et que des Églises sont propriétaires.

Autrefois, les acquisitions n’étaient pas toujours faites en toute honnêteté. La loi d’Oklahoma veut que la terre soit évaluée, et l’estimation se fait souvent au plus bas, avec l’approbation du BIA. Geoffrey Standing Bear donne l’exemple de sa grand-mère, alors qu’il commençait tout juste sa carrière d’avocat. Les terres jouxtant la propriété de sa grand-mre étaient estimées à une trentaine de dollars l’hectare. Mais lorsque le BIA vint évaluer sa terre, elle ne valait qu’une dizaine de dollars l’hectare. Contre l’avis de son petit-fils, elle accepta l’offre : à l’époque, on ne protestait pas contre les décisions du Bureau des Affaires indiennes.

MCS

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* BIA : Le Bureau des Affaires indiennes est une agence du gouvernement fédéral des États-Unis au sein du ministère de l’Intérieur. Son rôle est « d’améliorer la qualité de vie, promouvoir le développement économique et gérer au mieux les biens des Amérindiens, des tribus indiennes et des Autochtones d’Alaska. »

** La responsabilité fiduciaire des États-Unis envers les Indiens est l’obligation légale selon laquelle  les États-Unis doivent assurer le respect des droits stipulés  dans les traités, la protection des terres, des biens et des ressources. Ils doivent s’acquitter des mandats de la loi fédérale indienne. Plus simplement, on peut dire que c’est une responsabilité de tutelle, dans la mesure où un tuteur est censé agir au mieux des intérêts de son pupille.