Oklahoma-Occitania

24 janvier 2015

Des Gascons chez les Osages

Gasconnade

What is it ?

 

Ed Red Eagle, an Osage leader asks :

 

L’idée peut paraître insolite, elle est pourtant basée sur une vérité historique : les anciens Osages savaient parfaitement ce qu’était une gasconnade. Mais qu’est-ce au juste qu’une gasconnade ?

The idea may seem unusual, yet it is based on a historical truth: the old Osage knew exactly the word gasconade. But what exactly is a gasconade?

 

Gasconnade_02

 

A Marseille on dit galéjade ; à Toulouse, Montauban et Auch c’est de gasconnade qu’on parle, comme en témoigne cet extrait des « Trois Mousquetaires »

In Marseille they say "galéjade"; in Toulouse, Montauban and Auch we say "gasconade', as evidenced by this excerpt of the "Three Musketeers"

 

d_artagnan

« La peste soit des Gascons ! Remettez-le sur son cheval orange, et qu’il s’en aille !

— Pas avant de t’avoir tué, lâche ! » criait d’Artagnan tout en faisant face du mieux qu’il pouvait et sans reculer d’un pas à ses trois ennemis qui le moulaient de coups.
« Encore une gasconnade, murmura le gentilhomme. Sur mon honneur ces Gascons sont incorrigibles ! […] »
Alexandre Dumas ; Les trois Mousquetaires.

"A plague upon these Gascons! Put him on his orange horse, and let him go!
- Not before I have killed you, coward! "Cried d'Artagnan while coping as best he could without a step back to his three enemies shower blows upon him.
"Another gasconade murmured the gentleman. On my honor these Gascons are incorrigible! [...] "Alexandre Dumas; The Three Musketeers.

 

Fort bien ; mais alors quel rapport avec les Osages ?

Very well; but then what relation with Osage ?

Rendons-nous dans l’État du Missouri sur l’ancien territoire des Osages (ils ont été, depuis, déplacés en Oklahoma) Nous y découvrons l’existence d’une petite ville « Gasconade », d’une petite rivière « Gasconade River » et d’un conté « Gasconade County ». Rien de moins !

Let us go in the state of Missouri in the former Osage territory (they have since been moved to Oklahoma) We discover the existence of a small town " Gasconade " a small river " Gasconade River " and a county " Gasconade County. " Nothing less!

Gasconade

 

Nous savons, d'après les récits qui nous sont parvenus, que les Osages avaient très bien accueilli les premiers trappeurs. Les Français, dit-on, étaient surtout appréciés des Indiens pour leur talent oratoire, leur propension à raconter des chasses fantastiques, des pêches miraculeuses et cela amusait beaucoup leurs hôtes. Sans doute, parmi ces Français, devait-il y avoir beaucoup de Gascons qui racontaient souvent leurs « gasconnades ». Telle est, probablement, l'explication de la présence inattendue de ce mot dans un petit coin d'Amérique. Et ce que nous vous racontons là, ce n'est pas une gasconnade, vous pouvez nous croire.

We know from the stories that have survived, the Osage were very well received the first trappers. The French, they say, were especially appreciated by the Indians for their oratory, their propensity to tell fantastic hunts, miraculous catches and this amused their hosts. Undoubtedly, among the French, should he be many Gascons often told their "gasconades". This is probably the explanation for the unexpected presence of this word in a small corner of America. And what we tell you there is not a gasconade, believe us.

 

aquarelle par Jim Red Corn, artiste osage

 

 
Gascons. Au 17ème siècle, ce mot avait, un sens générique. Il désignait les gens de langue d’Oc, ceux qu’on appelle aujourd’hui Occitans. De nombreux Gascons, ou Occitans donc, ont parcouru en tous sens les forêts et les prairies d’Amérique.

Gascons. In the 17th century the word had a generic sense. He pointed people speaking the Oc language, those now called Occitans. Many Gascons or Occitans therefore traveled in all directions forests and prairies of America.

 Il y a encore des Gascons !

There are still Gascons !

Full Blood Occitan. Huile / toile par Henry Van Loenen

Notre ami Henry Van Loenen en rencontre tous les jours et les immortalise sur ses toiles.

Our friend Henry Van Loenen meet them every day and immortalized on canvas.

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17 janvier 2015

Ils suivent Charlie...

La compassion

de nos amis d'Oklahoma

 

Larme

 

Depuis le début des tragiques événements de la semaine dernière, des messages de sympathie nous parviennent d'Oklahoma, et d'abord de Pawhuska, la capitale des Osages jumelée à Montauban. En premier lieu Jack Shoemate, cet ancien maire de Pawhuska qui vint à Montauban en 1999 signer la convention de jumelage, accompagné d'une vingtaine de citoyens dont cinq Osages. Jack est un Comanche très lié aux Osages

Jack Shoemate : 

jackShoemate

" J'ai été choqué d'apprendre le lâche attentat commis par al Qaïda sur nos amis et voisins français. Nous partageons votre chagrin, la tristesse et l'indignation qu'inspirent les actions de ces sous-hommes. Ils méritent d'être mis au ban de l'humanité tout entière du fait de leurs actions scandaleuses contre le monde civilisé.

Tous vos amis à Pawhuska sont avec vous alors que vous endurez difficultés après difficultés. S'il vous plaît, sachez que toute l'Amérique est en train de prier pour vous afin de vous protéger en ces temps difficiles. "
 
Que Dieu vous bénisse et, en fait, toute la France. Restez forts. Le temps viendra où Dieu punira les méchants.

Vos amis Jack et Dean Shoemate

Jack Shoemate dans les rue de Montauban en septembre 1999

 

Kathryn Red Corn :

Directrice du musée tribal osage à Pawhuska, Kathryn Red Corn était l'une de nos trois invitées osages à Montauban en novembre dernier.

 

Kathryn_03

" Vous et tous nos amis en France êtes dans nos prières. Nous avons eu hier des prières spéciales pour vous et votre peuple.
Nous pleurons dans notre pays pour ceux qui ont perdu leur vie à cause de cet acte odieux.
Cordialement,
Kathryn "

 

 Kathryn dans son musée à Pawhuska

 

Lou Brock :

Lou Brock est Osage ; il collabore au sein de l'équipe du musée tribal de Pawhuska où il exerce la fonction de chercheur

Lou_Brock_2

" Nous continuons à prier pour les familles et amis de toutes les âmes perdues dans cette terrible tragédie.
cela nous rappelle justement qu'il ya près de 20 ans, le 19 Avril 1995, un Américain a été responsable de la mort de 168 personnes à Oklahoma City. Je suis retourné une seule fois au mémorial qui commémore l'attentat contre cet immeuble... J'ai travaillé dans ce bâtiment 20 ans auparavant, et je me suis garé juste à côté de «l'arbre de survivant», qui est mentionné assez souvent. Ma femme et moi habitions seulement à un demi-pâté de maisons de tout ce qui se passait.

Nous prions pour la paix partout, et la justice prévaudra ! Heureusement, Dieu nous en temps de bonheur bénit, et les moments de tristesse, et nous vous embrassons avec notre amitié pour toujours !!
Respectueusement,
Lou W. Brock, chercheur principal "

Lou Brock (à droite sur la photo)

 

 Paul Bemore :

Paul Bemore est Osage. Il vit en Arizona où il travaille pour la nation Navajo. Il est aussi l'un des animateurs d'une équipe de motards connu sous le nom de Red Thunder Rolling (Tonnerre Rouge qui Roule/Gronde). Il est venu deux fois à Montauban, la première fois en 1999 avec la délégation conduite par le chef Jim Gray

Paul

" Merci pour vos mots et vos pensées d'encouragement. Tous mes amis de France étaient dans mon esprit la semaine dernière lorsque le monde a réalisé que personne n'est à l'abri de la persécution de quelques esprits dérangés. Je suis avec vous au nom de la liberté et la justice pour tous. L'avenir de notre monde est à portée de main et influencé par les événements d'aujourd'hui. Il ya pas de solution commune ou une réponse qui servira à remédier à l'histoire tragique d'un pays ou un peuple, mais par notre exemple, nous pouvons enseigner à nos gens, nos prochaines générations ce que nous défendons, le droit de vivre dans le monde de notre Créateur de la paix et l'harmonie. Pour les Français, le Grand Créateur peut protéger et vous guider toujours." Pb

Vanessa Pokeigope Jennings :

Vanessa est une Indienne de la nation Kiowa. C'est une artiste reconnue aux Etats-Unis où ses œuvres sont exposées dans plusieurs musées. Elle a reçu du Président des USA la distinction de "Trésor national vivant". Elle est venue plusieurs fois en France, notamment à Montauban où elle compte de nombreux amis.

 

Vanessa

" Je vous tiens, ainsi que ceux vous avez admirez dans le cœur de mes prières. Vous et nos amis à Montauban et en France êtes très chers pour moi. Votre amie, Nesha, Redstone, États-Unis "

 

 

Vanessa_2

 

 

Les dessins de Rosendo en hommage aux victimes 

Rosendo Li est un artiste plasticien montalbanais. Ses œuvres sont exposées en permanence dans plusieurs espaces publics de Montauban. 

VICTIMES_DESSINS_COULEURet pour terminer le collage de Domi

Charlie_Domi

Je suis Charlie, tu suis Charlie, il/elle suit Charlie, nous suivons Charlie... et nous nous abonnons, achetons au numéro, lisons de temps en temps, soutenons Charlie --- JCD

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10 janvier 2015

Je suis Charlie

 

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La Bonne Année des Osages

 

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 Depuis la première visite à Montauban de Petit-Chef, Grand-Soldat et Femme-Faucon, en novembre 1829, les Osages n’ont rien oublié de la bienveillance des Montalbanais. Ils n’oublient jamais rien !

Et ils/elles nous présentent leurs meilleurs vœux : « Wishing you all the best now and throughout the coming year » (Nos meilleurs vœux  pour maintenant et tout au long de l’année à venir)

Janese Lasley Sieke, une jeune Osage venue à Montauban en 2006

Beaucoup d’eau a coulé sous le Pont vieux depuis 1829 et nombre d’Osages ont marché dessus comme le veut la tradition. Chaque année des groupes plus ou moins importants de membres de la tribu nous rendent visite et les demandes augmentent au fur et à mesure que s’étend la renommée de Montauban dans tout l’Oklahoma. Une ambassade de Montauban s’est ouverte à Pawhuska qui annonce le jumelage par un panneau à l’entrée de la ville. Il n’est pas exagéré d’affirmer que plusieurs centaines d’Osages ont visité Montauban et sa région depuis la naissance d’OK-OC en 1989. D’autres font déjà leurs valises…

Ceux qui se préparent à venir...

 

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Larme

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03 janvier 2015

Les aventures "oklahomanesques" d'un Occitan

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Il y a de cela quelques années, un Occitan quelque peu fêlé entreprit une marche en solitaire en Oklahoma. En un mois il parcourut ainsi des distances de 30 à 40 km dans l'Ouest sauvage pour aller porter un recueil de messages d'amitié et de solidarité à une quinzaine de tribus indiennes. Il y fit des rencontres étonnantes et connut de belles aventures. Celle qui est racontée ici est (presque) authentique... Surtout la fin qui montre quelle est la notoriété de Montauban dans l'Ouest sauvageSome years ago, a bit cracked Occitan began a solo walk in Oklahoma. For a month he traveled distances of 30 to 40 km in the Wild West to go carry a collection of friendship and solidarity messages to a dozen Indian tribes. He made some amazing encounters and experienced great adventures. One that is told here is (almost) true ... especially the end that shows what is the reputation of Montauban in the Wild West.

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img275Dans les plaines du Far-West, un homme chemine... Pauvre de lui ! Il ne sait pas qu'il traverse le territoire de la dernière tribu sauvage.... Mille lieues à pied, ça use, ça use... / In the plains of the Far West, a man walks ... Poor him! He does not know he crosses the territory of the last wild tribe .... Thousand miles by foot, very tiring, very tiring ...

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Ce p*** de feu ! / F*** fire ! 

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Sans commentaire / No comment

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****????&&&&@@@@@ / @@@@&&&&????****

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Mais, dis-moi... T'es pas de Montauban toi ? / But tell me ... You're not a citizen of Montauban you ?

BD signée Fijac (alias Jacques Figeac)

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27 décembre 2014

histoire d'une amitié

 Montauban-Pawhuska

Une amitié occitane-osage

qui dure et qui perdure

A l'origine

On pourrait faire remonter cette amitié aux origines de la rencontre entre les Occitans et les Osages, au temps de la Louisiane française, alors que des trappeurs venus de Gascogne parcouraient les bois et les Prairies du territoire osage, grand comme la France. Ils y traquaient les bisons, les ours, les cerfs, les loutres, les castors, les loups, ratons-laveurs et autres renards.

 

Louisiane

Territoire de chasse des Osages

des trappeurs occitans ? La preuve !

... Quand arrivèrent les fondateurs

Petit-Chef, Grand-Soldat et Femme-Faucon traversebt le Pont-Vieux à Montauban

Eh oui, qu'on se le dise, les véritables fondateurs de ce lien entre Montauban et les Osages furent les trois Osages transis de froid et mourant de faim qui, par une journée glaciale de novembre 1829, traversaient le Pont-Vieux pour aller demander du secours à l'évéché devenu l'hôtel de ville actuel. L'évêque Louis Dubourg organisa la collecte de fonds qui permit aux Osages perdus de revenir chez eux en Amérique. Les Osages n'ont jamais oublié.

... et ils sont revenus à Montauban

... Du moins, leurs descendants. OK-OC en invita trois en septembre 1990 ; ils arrivèrent quarante-trois, pleins d'enthousiasme et de reconnaissance.

Une petite partie de la délégation féminine osage

 L'année suivante...

... ce ne sont pas moins de trente-huit Occitans qui faisaient le voyage retour au pays des Osages. Ils y furent chaleureusement reçus, avec tous les honneurs. Les Osages avaient tenu notamment à présenter leurs amis de Montauban au gouverneur de l'Oklahoma, à Oklahoma City.

août 1991 : David Walters reçoit les visiteurs de Montauban

ainsi, pendant plus de vingt ans...

... Les Osages et les Occitans se sont rencontrés, à Montauban, à Pawhuska et... à Paris. Ce fut le cas tout récemment de Kathryn Red Corn et de Danette Daniels qui séjournèrent chez nos amis Marie-Claude et Edgard Strigle, Parisiens et Occitans d'adoption.

Danette et Kathryn entourant Marie-Claude aux Galeries_Lafayette

 ... Mais avant cela...

... Il y avait eu un accord ,de jumelage passé entre Montauban et Pawhuska. Le mérite en revient au maire de Pawhuska qui était, en 1999, Jack Shoemate, un Comanche qui a longtemps travaillé avec les Osages. En septembre 1999, il vint à la tête d'une délégation de vingt-huit habitants de Pawhuska (dont cinq Osages) et l'accord de jumetage fut signé avec le maire de Montauban qui était à cette époque M. Roland Garrigues.

Jack Shoemate en tête de la délégation de Pawhuska dans une rue de Montauban en 1999

mairie5

 au retour

 Pawhuska implanta à l'entrée de la ville un panneau qui souhaite la bienvenue (en français !) aux visiteurs et  annonce le jumelage avec Montauban. De plus une ancienne caserne de pompiers promise à la démolition fut sauvée in extremis par le maire Jack Shoemate qui proposa au conseil municipal d'en faire une " ambassade de Montauban à Pawhuska "

un panneau accueille les visiteurs à l'entrée de Pawhuska

Fire Station N°1 : l'ambassade de Montauban à Pawhuska

Mais il y a mieux

Et vraiment ils ont fait très fort. Après avoir vu le " Rond de Osages " de Montauban, conçu par l'artiste Michel Batlle et inauguré le 14 juillet 1992, ils ont construit une réplique en plein centre ville. Il y a donc aujourd'hui un " Rond des Osages " à Pawhuska qui répond à celui de Montauban !

Le Rond_des_Osages de Montauban

Le Rond des Osages de Pawhuska

Alors, nous sommes revenus à Pawhuska

Il fallait bien inaugurer tout ça. Pawhuska nous attendait ; nous n'avons pas été déçus du voyage. Cela se passait en septembre 2002. Initialement ce voyage était prévu en septembre 2001 et il fut retardé d'un an pour une raison évidente. Voici le groupe de Montauban dont l'arrivée est annoncée dans le journal local et présenté quelques jours plus tard au gouverneur de l'Oklahoma à Oklahoma City :

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 Les chefs de la tribu Osage...

... sont venus nous rendre visite à Montauban. En 1994, le chef Charles Tillman et en 2009 le chef Jim Gray. Depuis qu'OK-OC existe (en septembre 1989), cinq chefs se sont succédés : George Tall Chief, Charles Tillman, Jim Gray, Ed Red Eagle et Geoffrey Standing Bear. A noter que ce dernier a plusieurs fois manifesté l'intention de venir nous rendre visite à Montauban. Il sera donc le troisième chef des Osages à nous faire cet honneur. Par ailleurs, deux autres chefs de tribus sont venus chez nous : Charles Dawes, chef des Ottawas (en ...) et Clifford Moar, chef des Innus (ou Montagnais) en ...

Joe trumbly (Osage), Hubert Gouze (maire), Charles Tillman (chef Osage), Jacques de Saint-Blanquat (évêque)

rond_des_osages2

  des films de télévision ont été tournés

en 1999 la chaîne KOTV6 de Tulsa (réseau CBS) tournait à Montauban et en région une mini série en trois épisodes qui  gagnait un prix qui lui valut une diffusion à l'échelle des Etats-Unis, faisant ainsi connaître notre histoire et nos aventures à un large public. Ces trois vidéos sont sur ce blog. Cliquez ici pour les visionner (il faut descendre dans l'article)

En 2005 c'est France 3 Midi-Pyrénées qui nous accompagnait au pays des Osages et tournait un documentaire de 25 minutres pour le magazine occitan " Viure al pais ". Pour voir la 1ère partie ; pour voir la 2ème partie

En outre d'autres films ont été réalisées, notamment par Francis Fourcou en 1990 (Pieds-Nus sur la terre occitane - 12 mn) et en 2002 (Septembre en Oklahoma - 52 mn). Inversement, les chaînes régionales de l'Oklahoma ont tourné plusieurs sujets pour les infos locales.

 

That_s_all

 

 

 

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20 décembre 2014

Vente aux enchères de masques sacrés

Une délégation Navajo

à Paris

Navajo_Vice_President_Rex_Lee_Jim_addresses_French_media_600x

 Marie-Claude et Edgard Strigler

Lundi 15 décembre a eu lieu, pour la quatrième fois depuis 2013, une vente de kachina et de masques tribaux à l’hôtel des ventes de Drouot. Des objets hopi figuraient au catalogue lors de chacune de ces ventes et, à chaque fois, la tribu a essayé de faire opposition.

En effet, les masques hopi sont portés par des danseurs lors de cérémonies, et sont considérés comme des entités vivantes car, grâce à eux, les danseurs « deviennent » les Êtres Sacrés qu’ils représentent.

 

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 Masques proposés à la vente le 15 décembre

 Paris est en passe de devenir un lieu privilégié pour les ventes d’art sacré amérindien parce que, contrairement aux États-Unis, elles se font en France en toute légalité. Aux États-Unis, la loi sur le rapatriement des objets sacrés et les restes humains (NAGPRA), votée en 1990, demande aux institutions muséales et universitaires (toutes celles qui reçoivent des fonds fédéraux) de recenser dans leurs collections tous les objets tribaux susceptibles de relever de cette loi et d’en informer les tribus concernées. Celles-ci peuvent désormais demander leur rapatriement. Elles redonnent une sépulture aux restes de leurs ancêtres (qui garnissent des kilomètres d’étagères dans les musées) et, avec les cérémonies adéquates, « revitalisent » les objets sacrés, que les hommes-médecine peuvent à nouveau utiliser lors de rites guérisseurs.

Le 15 décembre, Drouot fourmillait de micros et de caméras. Des personnalités étaient présentes : un membre de l’ambassade des États-Unis, Jean-Patrick  Razon (à la tête de Survival International), l’avocat Pierre Servan-Schreiber… Les vigiles étaient aux aguets, prêts à empêcher tout débordement. Alain Leroy,  le commissaire priseur, avait prévenu dès l’abord, qu’il n’admettrait aucune agitation et, de fait, quelques personnes ont été expulsées de la salle.

 

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Jean-Patrick Razon (à gauche) lors de la restitution d’un objet sacré aux Hopi après une vente « sacrilège » à Drouot.

Que se passait-il donc ?

Une délégation de la Nation Navajo était venue spécialement à Paris pour cette vente, dans l’intention d’acheter des masques de Yeibichei, utilisés pour les danses de la dernière des neuf nuits que dure la Voie de la Nuit, l’un des principaux rites guérisseurs navajos.

 

Yeibichei

Le vice-président de la Nation Navajo, Rex Lee Jim, s’était déplacé, accompagné, entre autres, de Leonard Gorman, président de la Commission des droits de l’homme de la tribu et du directeur de la communication du groupe de pression navajo à Washington , Jared W. King.

 

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 Le vice-président de la Nation Navajo, Rex Lee Jim ( à droite) et ses deux adjoints, tout réjouis d’avoir pu mettre les masques dans leur valise, prêts à « rentrer chez eux ».

 Arrivés le vendredi soir, ils ont été reçus le samedi matin par Maître Alain Leroy,  commissaire-priseur, en présence d’un représentant de l’ambassade américaine et de quelques universitaires français, spécialistes des études amérindiennes. Le commissaire priseur accepta de fermer la salle une demi-heure, afin qu’ils puissent se recueillir devant les masques ; le lundi après-midi, ils ont assisté à la vente, qui commença par des kachina et des masques hopi, zuni et de divers pueblos, dont les prix ont parfois atteint des hauteurs vertigineuses. Ils avaient auparavant refusé de répondre aux journalistes qui, en toute indiscrétion, insistaient pour savoir de quelle somme ils disposaient ; mais ils devaient se demander s’ils n’allaient pas vider les coffres de la tribu… Heureusement, (peut-être par respect pour leur démarche ?), les enchères ne sont pas trop montées et la délégation a pu repartir avec les masques soigneusement emballés dans une valise, prêts à être remis à un homme médecine qui va s’en occuper. Comme a dit le vice-président : « Ils rentrent à la maison. »

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Lors de la dernière nuit de la Voie de la Nuit, quatorze danseurs (et parfois, danseuses) revêtent ces masques cagoules et rythment leurs pas avec leurs hochets-calebasses. Tout l’équipement appartient à l’homme-médecine qui dirige la cérémonie. C’est lui qui prête leur tenue aux danseurs.

 Capture01

  Sam Begay, homme médecine navajo, prépare une peau de loup qu’un danseur va glisser dans sa ceinture, dans le dos.

 Chaque nouvelle vente de masques sacrés fait polémique. Il suffit de regarder les journaux, que ce soit le Figaro, la Croix, le Parisien… Les Hopi et Survival International ont, dès la première vente, engagé une procédure judiciaire pour s’y opposer. Devant leur échec, ils ont cette fois engagé une procédure judiciaire pour obtenir l’identité des vendeurs et des acheteurs, ce qui a été catégoriquement refusé par le Commissaire priseur et par le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Les Navajo ont préféré donner la priorité à la discussion, obtenir de pouvoir prier sur et pour les masques, et annoncer officiellement qu’ils avaient fait le déplacement pour les acheter. Ils avaient déclaré qu’ils avaient été volés, mais qu’ils ne pouvaient pas en apporter la preuve.

Ces ventes sont donc toujours légales en droit français, mais on en parle, des objets sont rachetés par des fondations et des institutions pour être rendus à la tribu dont ils sont originaires. La venue des Navajo a été annoncée à la radio, sans commentaires particuliers, mais leur démarche semble avoir inspiré le respect.

 

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Leonard Gorman, président de la commission des droits de l’homme de la tribu, qui a enchéri, s’empresse d’envoyer un message à la tribu.

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Marie-Claude Strigler traduisait pour la délégation 

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13 décembre 2014

De profundis...

L'enterrement

de la préhistoire

à Montauban

Kathryn_02

Le mercredi 5 novembre trois Indiennes de la tribu Osage étaient reçues par la municipalité de Montauban. Cette délégation était conduite par Mrs Kathryn Red Corn, conservatrice du musée tribal de la nation Osage à Pawhuska en Oklahoma, le plus ancien musée amérindien aux Etats-Unis (1936). Au programme était inscrite la visite du musée d’Histoire naturelle de Montauban, dont la directrice, madame Bergeret, assurait la présentation.

 

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Ms Red Corn manifestait un vif intérêt pour les collections préhistoriques de notre musée dont certaines pièces n’allaient pas sans lui rappeler l’outillage et l’art de ses propres ancêtres préhistoriques. Tel était le but de cette rencontre : voir quelles comparaisons pouvaient être faites entre ces civilisations préhistoriques en vue d’échanges futurs.

pointes de la période solutréenne (Paléolithique) -France

 

pointes de la période dite de Clovis

 

La question qui se pose à nous, à présent, en tant que citoyens montalbanais est de savoir quelle destinée est envisagée pour nos splendides collections du Paléolithique supérieur. Pour l’heure, elles dorment paisiblement depuis des décennies dans les caisses des réserves du musée. Elles ont longtemps été exposées au musée d’Histoire naturelle, dans les années ’60, puis dans un musée de Préhistoire, square Picard, dans les années ’70, pour être de nouveau enfouies dans des boîtes et ainsi effacées de la mémoire collective. Ces merveilles font partie de notre patrimoine et méritent d’être redécouvertes. Les citoyens montalbanais ont droit à cette connaissance. Sans compter le tourisme que pourrait engendrer une telle richesse si l’on envisageait une synergie avec les abris sous roche de Bruniquel.

abri_sous_roche

 

Tout récemment, la commune d’Aurignac (1171 habitants) en Haute-Garonne inaugurait un musée de 300 m2 consacré à la civilisation préhistorique dite « aurignacienne ». Est-il inconcevable qu’une ville telle que Montauban ne puisse avoir son musée de la civilisation magdalénienne et solutréenne ?

 

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Vite, un musée de préhistoire à Montauban !

Les Indiens d’Amérique nous donnent des leçons de respect dû à leurs ancêtres. Saurons-nous en tirer profit ?

Jean-Claude Drouilhet

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06 décembre 2014

Après Montauban...

Des Osages à Paris et Rouen

Marie-Claude et Edgard Strigler

Après Montauban, nos amies osages, Kathryn Redcorn et Danette Daniels (rejointes en fin de séjour par Florence Bigheart) sont « montées à Paris » le lundi 10 novembre. Un tour en voiture pour voir les principaux monuments de la capitale (les quais de la Seine avec le Palais de justice, la conciergerie, Notre-Dame, le musée d’Orsay, le musée du Louvre et… les embouteillages).

Dîner chez Edgard et Marie-Claude, quelques instants de repos, et visite à Montmartre, d’où elles ont pu voir tout Paris by night.

Le lendemain 11 novembre, autre vue de Paris depuis les Hauts de Belleville. Ce jour-là, nous avons eu la chance de pouvoir assister à une messe à Notre-Dame, en l’honneur des Anciens combattants et des alliés, dont les représentants étaient là avec leurs drapeaux, même un Écossais avec son kilt et sa cornemuse. Musique et chœurs étaient de qualité et émouvants, rehaussés par l’acoustique exceptionnelle de Notre-Dame. Par chance pour nos invitées, la messe était en anglais.

Danette, Marie-Claude et Kathryn aux Galeries Lafayette

Le 12 novembre, il n’est plus question de faire du tourisme : le matin, départ pour Rouen, où nous avions rendez-vous avec Sébastien Minchin, conservateur du Museum d’histoire naturelle de la ville. Sébastien Minchin connaît OK-OC et l’histoire de l’amitié entre les Français (en particulier les Montalbanais) et les Osages, ainsi que celle de la visite de six Osages en France en 1827.

S_bastien_Minchin

Le Museum consacre une longue galerie aux expositions permanentes, portant sur chacun des continents. La partie américaine sera la prochaine, prévue pour l’automne 2015. Il souhaite « décoloniser » les musées d’histoire et d’ethnographie en donnant la parole aux Autochtones, afin qu’ils puissent exprimer leurs propres points de vue. Pourquoi ne pas s’adresser aux Osages, puisque des liens sont déjà tissés ?

Un échange d’idées de trois heures a été fructueux, alors que le projet au début était ouvert. Kathryn Redcorn a beaucoup insisté sur le caractère guerrier des Osages (et non « belliqueux »), qui ont tenu par exemple à s’enrôler pendant la première guerre mondiale, alors qu’ils n’étaient pas encore citoyens américains.

D_Day

Des Osages ont été présents pendant la guerre d’indépendance, la guerre de Sécession (aussi bien aux côtés des nordistes que des sudistes), la première et la deuxième guerre mondiale. Il ressort que les relations pendant les guerres pourraient servir de fil conducteur de l’exposition.

Ce choix soulève de nombreuses questions : combien y eut-il d’Osages pendant les deux guerres mondiales en Europe ? Combien de victimes ? (Selon Kathryn, il y en eut quelques centaines pour la première guerre mondiale, et une seule victime.) Y a-t-il des soldats osages dans les cimetières américains en France ?  Des code talkers ?

Dans cette perspective, nous sommes allés le lendemain au musée et au cimetière américain de Colleville, et sur les plages du Débarquement. 6 soldats amérindiens d’Oklahoma sont enterrés à Colleville, mais les tribus ne sont pas spécifiées. Nous enverrons la liste au musée de Pawhuska. Peut-être reconnaîtront-ils les noms ?

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devant le mémorial de Colleville

Les Osages sont un peuple de guerriers, certes, mais leur culture et leur religion ne sont pas que guerrières.

Afin d’approfondir cet aspect, nous avions organisé un dîner avec Eloïse Galliard, qui a un doctorat de l’École du Louvre, et est spécialiste des artefacts du Sud-ouest et de Californie, surtout les objets rapportés par les explorateurs du XIXème siècle Léon de Cessac et Alphonse Pinard, dont certains figurent dans les réserves du Museum de Rouen. Là, nous avons eu une surprise : Eloïse, qui est allée à Santa Fe  pour sa thèse, a travaillé bénévolement pour l’Indian Market, connaît plusieurs amis et membres de la famille de Kathryn. Des liens continuent à se tisser !

Pour conclure : trois thèmes principaux ont été retenus : les liens durables entre la Nouvelle France et la France ; les guerres (Kathryn a déjà proposé un poster qui regrouperait les guerriers osages au fil du temps) et le respect de l’environnement (il faudra gérer le paradoxe de l’exploitation du pétrole).

 Outre l’exposition permanente, Sébastien Minchin a l’intention d’inviter des Osages à Rouen pour une série d’événements qui reprendraient les invitations et les cérémonies qui avaient eu lieu en l’honneur de leurs ancêtres.

 Les conditions matérielles sont encore à définir, mais les deux projets se sont bien précisés lors de cette rencontre, qui a eu lieu en présence de Richard Turco, Directeur général adjoint – Pôle développement attractivité, qui leur semble très favorable.

 

Danette à Versailles

 

 After their visit in Montauban, our Osage friends, Kathryn Redcorn and Danette Daniels (Florence Bigheart joined in a little later) headed up to Paris on November 10.

A first contact consisted in a drive around the city to see the main monuments (along the Seine river, Notre-Dame, the Eifel Tower, the Orsay museum, the Louvres, and… traffic jams), particularly for Kathryn who had never been to Paris before. Dinner at Edgard and Marie-Claude’s, a little rest, and off to Montmartre, to have a beautiful view of the city at night.

The next day, November 11, armistice day, we went to Notre-Dame, where we were extremely lucky: there was a mass to honor the veterans and the allies, whose representatives were there with their flags, even a Scot with his kilt and his bagpipe. The music and the singing were top quality and moving, emphasized by the exceptional acoustics of the cathedral. Fortunately for our guests, the mass was in English.

November 12 was not for sightseeing: we started for Rouen in the morning; we were to meet Sebastien Minchin, the curator of the city’s Museum of Natural history. Sebastien Minchin knows OK-OC, the history of friendship between the French (and particularly the Montalbanese) and the Osages, as well as the story of the six Osages that came to France in 1827.

A long gallery in the Museum is dedicated to permanent exhibits, each one dealing with a continent. The American part should be completed by the fall of 2015. He intends to “decolonize” the museums of history and ethnography by letting the Indigenous peoples express their own points of view.

Why not  ask the Osages to participate, as close links already exist?

A three hour long exchange of views was fruitful, whereas, to begin with, the project was totally open. Kathryn Redcorn insisted on the fact that the Osages are warriors, who took part in all the wars (the war of Independence, the Civil war, the two world wars, even though they were not yet American citizens during the first world war (Native Americans were given American citizenship in 1924).

So, the Osage participation in the various wars could be the red thread of the exhibits. Therefore, many questions arise : how many Osages were there in Europe during the two world wars? How many Code talkers? Are there any Osage soldiers buried in France?

In that perspective, we went to the Colleville American cemetery the next day, and to the Normandy landing beaches. Those manicured places are impressive and awe-inspiring.  Six Native Americans from Oklahoma are buried there, but the tribes are not specified. Maybe they will recognize some names at the Pawhuska museum? Anyway, thanks to the museum archives, Kathryn will be able to answer many questions.

But the Osages are more than warriors: they have their culture, their religion, and their artists. The museum in Rouen owns some artifacts, mainly from the Southwest and from California, that will be examined and analyzed. To that end, we had dinner with Eloïse Galliard, PhD École du Louvre, specialized in that category of objects, particularly from the Leon de Cessac and Alphonse Pinard collections. Surprise: she went to Santa Fe for research and was a voluntary worker for the Indian Market. There she met some relatives of Kathryn’s. It’s a small world!

In conclusion, Sebastien, Kathryn and Danette chose three main themes to be dealt with:

- relationships between New France and France

-  the wars (Kathryn already thinks of a poster)

-  the environment

Besides the permanent exhibits, Sebastien Minchin plans to invite some Osages to Rouen, for a series of events that would be reminiscent of the 1827 trip.

The material conditions are not quite defined yet, but Sebastien works at the project with great enthusiasm.

Richard Turco, who has an executive position in the City hall, participated in the meeting, and seems very favorable to both projects.

 

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29 novembre 2014

L'Occitanie, Cadillac et les Tsiganes

Deux villages du Tarn-et-Garonne

ont accueilli nos trois invitées Osages

Kathryn Red Corn, Danette Daniels et Florence Big Hearth

 

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En vingt-cinq ans d'échanges culturels entre les Occitans de Montauban et les Osages d'Oklahoma, nombreuses sont les communes qui ont souhaité recevoir les visiteurs osages et témoigner de leur sympathie. Certaines ont suivi l'exemple de Montauban et ont dédié une parcelle de leur village à une tribu. On en compte actuellement une quinzaine. Il ne pouvait être question en l'espace d'une semaine de les visiter toutes. Deux ont été choisies pour leur proximité et leur fidélité à nos échanges : Albias et Saint-Nicolas-de-la-grave

Commune d'Albias

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A 8 kilomètres au nord de Montauban, le village d'Albias a été le premier à accueillir nos quarante-trois visiteurs osages en septembre 1990 à l'occasion d'une soirée mémorable dans une salle des fêtes pleine à craquer. La municipalité de l'époque, présidée par son maire Robert Battut, était présente et accueillait nos premiers visiteurs osages comme il convient.

Deux ans plus tard, cette même municipalité dédiait une petite parcelle communale à la tribu Ponca (une tribu parente des osages) représentée par John Williams, directeur du festival des Indiens d'Amérique d'Anadarko (Oklahoma)

 

John_Williams__Ponca_2

 

Le 29 septembre 2006 cette terre d'Albias fut également dédiée à la tribu Stoney (ou Assiniboin) de l'Alberta (Canada). Kevin Mustus, membre de cette tribu Sioux-Nakota, accepta ce don de terre au nom de son peuple. Il étala ensuite une couverture indienne sur la parcelle, invita les membres présents de la municipalité à s'y asseoir en cercle avec lui et ensemble ils fumèrent le traditionnel calumet de la paix. La fumée montait vers le ciel. Le même pour tous.

Kevin

Kevin Mustus

Aujourd'hui ce sont nos trois invitées osages qui ont invité la municipalité d'Albias à venir prendre la pose sur la terre indienne de la commune.

osagesalbias

Sur la terre indienne d'Albias

A droite de la photo, Mme Véronique Magnani, maire d'Albias. Le maire-adjoint, Michel Monesma, est derrière l'appareil.

Après la cérémonie et les photos sur la terre indienne, nous sommes entrés dans une salle de la mairie où Véronique Magnani a prononcé un vibrant discours de bienvenue et offert la médaille de la ville d'Albias à Kathryn Red Corn, Danette Daniels et Florence Big Hearth Tranum

V_ronique

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Dans sa réponse qu'elle a faite au nom de la délégation et de sa communauté tout entière, Kathryn a rappelé le lien très fort qui unit nos deux communautés et a vivement remercié la France, l'Occinaie et Albias pour leur accueil chaleureux. A la suite de quoi nous sommes passés à la table d'un restaurant réputé du village à l'enseigne de " L'embucaïré ", traduction de l'Occitan : " celui qui gave (les oies, les canards) " Ceci pour bien faire remarquer que nous sommes au pays du foie gras, une grande spécialité du Sud-Ouest qui commence à être connue outre-Atlantique mais qui nécessite, pour être appréciée, une initiation plus ou moins longue selon les cas. Le foie gras, cela ne se mange pas comme du pâté, pas plus que le Champagne ne se boit comme du vin de table. C'est tout un art de le produire et toute une éducation de le déguster. Respect.

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Commune de Saint-Nicolas-de-la-grave

Nous quittons Montauban vers l'ouest au petit matin du samedi 8 novembre. Saint-Nicolas est à 32 km, sur la rive gauche de la Garonne, donc en Gascogne. Le temps est clair, il ne fait pas froid, la journée sera belle.

Saint-Nicolas est l'un des villages incontournables pour OK-OC, les Indiens, les Américains des USA et ceux du Canada. Plusieurs raisons à cela :

* C'est ici qu'est né Antoine Laumet. Si cela ne vous dit rien, sachez qu'en Nouvelle-France il s'appelait Monsieur de Lamothe-Cadillac et plus simplement " Cadillac " Il est le fondateur de Detroit (Michigan), du moins du Fort-Détroit à partir duquel la ville s'est agrandie. Il a aussi donné son nom, à titre posthume, aux modèles " Cadillac " de la marque GMC. Pour connaître l'histoire de Cadillac reportez-vous à un précédent article de ce blog ou bien encore celui-ci

* C'est encore ici qu'a été dédiée en 1992 l'une des toutes premières terres indiennes aux tribus Chotaw (représentée par Charley Jones) et Seminole (représentée par Jim Burgess)

* Enfin, entre OK-OC, la municipalité, l'office de tourisme et la population de Saint-Nicolas, c'est un fort courant de sympathie qui nous traverse depuis plus de vingt ans

Nous sommes gentiment reçus, comme à l'accoutumée, par une délégation de l'office de tourisme. Direction la maison natale de Cadillac devenue le musée Cadillac à quatre pas de l'église. Nos invitées, Kathryn et Danette ( Florence est partie à Mâcon) visitent les quatre pièces de la petite maison de "Monsieur Cadillac"

 

devant le lit à baldaquin de Cadillac

 

Kathryn dans la salle à manger de Cadillac

Danette avec Cadillac

Kathryn avec Madame Cadillac

Nous sommes ensuite sortis dans le petit jardin où un panneau explicatif annonce sur deux faces en français et en anglais l'origine de ce musée. Une subvention de 20 000 dollars octroyée par la société d'Histoire de la ville de Detroit avait permis d'acheter la maison

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Cadillac, Nous voilà !

Après une visite au Jardin des Indiens, le groupe d'OK-OC et les membres de la municipalité se sont rendus à la mairie, l'un des châteaux du roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion où un apéritif était servi. Comme le fut par la suite un excellent repas au restaurant "Douce France ". Un grand merci à la municipalité de Saint-Nicolas et à l'office de tourisme.

Une soirée chez les Tsiganes

Dans la soirée du même jour (samedi 8 novembre) nous  retrouvons la famille d'Alain Daumas à Montauban. C'est une grande famille manouche, amie depuis toujours d'OK-OC et heureuse chaque fois d'accueillir les Osages ou d'autres visiteurs amérindiens. Les raisons nous paraissent évidentes : peuples nomades à l'origine, Indiens et Tsiganes sont soumis aux mêmes effets du racisme et résistent à toute tentative d'assimilation culturelle, depuis des siècles. Nous partageons un repas avec forces discussions croisées en tous sens, dans un brouhaha sympathique qui soumet à la torture tout esprit cartésien qui s'efforce de participer. (L'essentiel est de participer isn't it ?).

Après le repas c'est une petite fête qui nous est offerte par les enfants. Wallys, 11 ans, danse comme une princesse gitane sur une musique et des chansons de Négrita (La Rom, pas le rhum). La voici :

Wallys

Wallys

Ensuite c'est Vince, 8 ans, qui nous fait une démonstration de rap très réussie et qui nous chante en play back des chansons de Céline Dion, mieux que l'original. Enfin c'est la photo de familles avant de se quitter. Demain est un autre jour...

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22 novembre 2014

Au lycée Michelet de Montauban

145 lycéen(ne)s de Montauban

ont rencontré

nos trois invitées Osages

 

Dans le cadre de leur séjour parmi nous, cette rencontre de Kathryn Red Corn, Danette Daniel et Florence Big Hearth Tranum avait été longuement préparée par les jeunes gens du Lycée Michelet et leur professeure Karine Gratton. Il s'agit de trois classes (2ème, 1ère et terminale) "européennes" auxquelles l'enseignement est dispensé en anglais. Le problème de la langue de communication était donc résolu et point n'était besoin d'un truchement.

 

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La rencontre a eu lieu le jeudi 6 novembre dans une grande salle du lycée. Pendant deux heures et demie les lycéen-ne-s ont abordé tous les sujets qui les intéressaient, sur l'histoire, les traditions, la langue, la politique et la vie moderne. A aucun moment on ne sentait faiblir l'intérêt. Kathryn, Danette et Florence répondaient à tour de rôle aux questions. 

 

Kathryn Red Corn répond aux questions des lycéens

 

Les trois représentantes de la tribu Osage étaient arrivées en fin de matinée au lycée où elles avaient été accueillies par Karine Gratton, professeure, Gilles Guymare, proviseur et plusieurs autres professeurs avec lesqueles elles ont partagé le repas de midi au restaurant lycéen. Par la suite elles étaient invitées à visiter une exposition réalisée par les lycéens sur l'histoire de leur lycée, puis elles assistaient à une prestation de la chorale lycéenne très enthousiaste.

Après leur longue intervention nos trois invitées osages étaient conviées à un goûter au foyer des lycéens où d'autres rencontres informelles et interpersonnelles prolongèrent cette belle journée.

A noter qu'une équipe de France 3 Midi-Pyérénées filmait ces exceptionnelles rencontres. On peut voir le reportage sur le site du lycée Michelet ou en suivant le lien vers le blog de l'émission occitane de France 3 M-P

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/le-blog-de-viure-al-pais-france3/2014/11/10/osages-et-occitans.html

Rencontre avec les séniors de Montauban

Le lendemain, vendredi 7 novembre après-midi, c'est une autre rencontre qui était organisée par madame Nicole Fréjabise du pôle séniors de Sapiac, dépendant du Centre communal d'action sociale de Montauban. La rencontre a eu lieu au foyer des jeunes travailleurs de Montauban. Près de cinquante personnes étaient présentes et participaient avec intérêt au débat. L'animation et la traduction étaient assurées par MM. Michel Fréjabise et Norbert Sabatié. Merci aux organisateurs de cette rencontre

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