Oklahoma-Occitania

27 décembre 2014

histoire d'une amitié

 Montauban-Pawhuska

Une amitié occitane-osage

qui dure et qui perdure

A l'origine

On pourrait faire remonter cette amitié aux origines de la rencontre entre les Occitans et les Osages, au temps de la Louisiane française, alors que des trappeurs venus de Gascogne parcouraient les bois et les Prairies du territoire osage, grand comme la France. Ils y traquaient les bisons, les ours, les cerfs, les loutres, les castors, les loups, ratons-laveurs et autres renards.

 

Louisiane

Territoire de chasse des Osages

des trappeurs occitans ? La preuve !

... Quand arrivèrent les fondateurs

Petit-Chef, Grand-Soldat et Femme-Faucon traversebt le Pont-Vieux à Montauban

Eh oui, qu'on se le dise, les véritables fondateurs de ce lien entre Montauban et les Osages furent les trois Osages transis de froid et mourant de faim qui, par une journée glaciale de novembre 1829, traversaient le Pont-Vieux pour aller demander du secours à l'évéché devenu l'hôtel de ville actuel. L'évêque Louis Dubourg organisa la collecte de fonds qui permit aux Osages perdus de revenir chez eux en Amérique. Les Osages n'ont jamais oublié.

... et ils sont revenus à Montauban

... Du moins, leurs descendants. OK-OC en invita trois en septembre 1990 ; ils arrivèrent quarante-trois, pleins d'enthousiasme et de reconnaissance.

Une petite partie de la délégation féminine osage

 L'année suivante...

... ce ne sont pas moins de trente-huit Occitans qui faisaient le voyage retour au pays des Osages. Ils y furent chaleureusement reçus, avec tous les honneurs. Les Osages avaient tenu notamment à présenter leurs amis de Montauban au gouverneur de l'Oklahoma, à Oklahoma City.

août 1991 : David Walters reçoit les visiteurs de Montauban

ainsi, pendant plus de vingt ans...

... Les Osages et les Occitans se sont rencontrés, à Montauban, à Pawhuska et... à Paris. Ce fut le cas tout récemment de Kathryn Red Corn et de Danette Daniels qui séjournèrent chez nos amis Marie-Claude et Edgard Strigle, Parisiens et Occitans d'adoption.

Danette et Kathryn entourant Marie-Claude aux Galeries_Lafayette

 ... Mais avant cela...

... Il y avait eu un accord ,de jumelage passé entre Montauban et Pawhuska. Le mérite en revient au maire de Pawhuska qui était, en 1999, Jack Shoemate, un Comanche qui a longtemps travaillé avec les Osages. En septembre 1999, il vint à la tête d'une délégation de vingt-huit habitants de Pawhuska (dont cinq Osages) et l'accord de jumetage fut signé avec le maire de Montauban qui était à cette époque M. Roland Garrigues.

Jack Shoemate en tête de la délégation de Pawhuska dans une rue de Montauban en 1999

mairie5

 au retour

 Pawhuska implanta à l'entrée de la ville un panneau qui souhaite la bienvenue (en français !) aux visiteurs et  annonce le jumelage avec Montauban. De plus une ancienne caserne de pompiers promise à la démolition fut sauvée in extremis par le maire Jack Shoemate qui proposa au conseil municipal d'en faire une " ambassade de Montauban à Pawhuska "

un panneau accueille les visiteurs à l'entrée de Pawhuska

Fire Station N°1 : l'ambassade de Montauban à Pawhuska

Mais il y a mieux

Et vraiment ils ont fait très fort. Après avoir vu le " Rond de Osages " de Montauban, conçu par l'artiste Michel Batlle et inauguré le 14 juillet 1992, ils ont construit une réplique en plein centre ville. Il y a donc aujourd'hui un " Rond des Osages " à Pawhuska qui répond à celui de Montauban !

Le Rond_des_Osages de Montauban

Le Rond des Osages de Pawhuska

Alors, nous sommes revenus à Pawhuska

Il fallait bien inaugurer tout ça. Pawhuska nous attendait ; nous n'avons pas été déçus du voyage. Cela se passait en septembre 2002. Initialement ce voyage était prévu en septembre 2001 et il fut retardé d'un an pour une raison évidente. Voici le groupe de Montauban dont l'arrivée est annoncée dans le journal local et présenté quelques jours plus tard au gouverneur de l'Oklahoma à Oklahoma City :

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 Les chefs de la tribu Osage...

... sont venus nous rendre visite à Montauban. En 1994, le chef Charles Tillman et en 2009 le chef Jim Gray. Depuis qu'OK-OC existe (en septembre 1989), cinq chefs se sont succédés : George Tall Chief, Charles Tillman, Jim Gray, Ed Red Eagle et Geoffrey Standing Bear. A noter que ce dernier a plusieurs fois manifesté l'intention de venir nous rendre visite à Montauban. Il sera donc le troisième chef des Osages à nous faire cet honneur. Par ailleurs, deux autres chefs de tribus sont venus chez nous : Charles Dawes, chef des Ottawas (en ...) et Clifford Moar, chef des Innus (ou Montagnais) en ...

Joe trumbly (Osage), Hubert Gouze (maire), Charles Tillman (chef Osage), Jacques de Saint-Blanquat (évêque)

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  des films de télévision ont été tournés

en 1999 la chaîne KOTV6 de Tulsa (réseau CBS) tournait à Montauban et en région une mini série en trois épisodes qui  gagnait un prix qui lui valut une diffusion à l'échelle des Etats-Unis, faisant ainsi connaître notre histoire et nos aventures à un large public. Ces trois vidéos sont sur ce blog. Cliquez ici pour les visionner (il faut descendre dans l'article)

En 2005 c'est France 3 Midi-Pyrénées qui nous accompagnait au pays des Osages et tournait un documentaire de 25 minutres pour le magazine occitan " Viure al pais ". Pour voir la 1ère partie ; pour voir la 2ème partie

En outre d'autres films ont été réalisées, notamment par Francis Fourcou en 1990 (Pieds-Nus sur la terre occitane - 12 mn) et en 2002 (Septembre en Oklahoma - 52 mn). Inversement, les chaînes régionales de l'Oklahoma ont tourné plusieurs sujets pour les infos locales.

 

That_s_all

 

 

 

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20 décembre 2014

Vente aux enchères de masques sacrés

Une délégation Navajo

à Paris

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 Marie-Claude et Edgard Strigler

Lundi 15 décembre a eu lieu, pour la quatrième fois depuis 2013, une vente de kachina et de masques tribaux à l’hôtel des ventes de Drouot. Des objets hopi figuraient au catalogue lors de chacune de ces ventes et, à chaque fois, la tribu a essayé de faire opposition.

En effet, les masques hopi sont portés par des danseurs lors de cérémonies, et sont considérés comme des entités vivantes car, grâce à eux, les danseurs « deviennent » les Êtres Sacrés qu’ils représentent.

 

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 Masques proposés à la vente le 15 décembre

 Paris est en passe de devenir un lieu privilégié pour les ventes d’art sacré amérindien parce que, contrairement aux États-Unis, elles se font en France en toute légalité. Aux États-Unis, la loi sur le rapatriement des objets sacrés et les restes humains (NAGPRA), votée en 1990, demande aux institutions muséales et universitaires (toutes celles qui reçoivent des fonds fédéraux) de recenser dans leurs collections tous les objets tribaux susceptibles de relever de cette loi et d’en informer les tribus concernées. Celles-ci peuvent désormais demander leur rapatriement. Elles redonnent une sépulture aux restes de leurs ancêtres (qui garnissent des kilomètres d’étagères dans les musées) et, avec les cérémonies adéquates, « revitalisent » les objets sacrés, que les hommes-médecine peuvent à nouveau utiliser lors de rites guérisseurs.

Le 15 décembre, Drouot fourmillait de micros et de caméras. Des personnalités étaient présentes : un membre de l’ambassade des États-Unis, Jean-Patrick  Razon (à la tête de Survival International), l’avocat Pierre Servan-Schreiber… Les vigiles étaient aux aguets, prêts à empêcher tout débordement. Alain Leroy,  le commissaire priseur, avait prévenu dès l’abord, qu’il n’admettrait aucune agitation et, de fait, quelques personnes ont été expulsées de la salle.

 

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Jean-Patrick Razon (à gauche) lors de la restitution d’un objet sacré aux Hopi après une vente « sacrilège » à Drouot.

Que se passait-il donc ?

Une délégation de la Nation Navajo était venue spécialement à Paris pour cette vente, dans l’intention d’acheter des masques de Yeibichei, utilisés pour les danses de la dernière des neuf nuits que dure la Voie de la Nuit, l’un des principaux rites guérisseurs navajos.

 

Yeibichei

Le vice-président de la Nation Navajo, Rex Lee Jim, s’était déplacé, accompagné, entre autres, de Leonard Gorman, président de la Commission des droits de l’homme de la tribu et du directeur de la communication du groupe de pression navajo à Washington , Jared W. King.

 

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 Le vice-président de la Nation Navajo, Rex Lee Jim ( à droite) et ses deux adjoints, tout réjouis d’avoir pu mettre les masques dans leur valise, prêts à « rentrer chez eux ».

 Arrivés le vendredi soir, ils ont été reçus le samedi matin par Maître Alain Leroy,  commissaire-priseur, en présence d’un représentant de l’ambassade américaine et de quelques universitaires français, spécialistes des études amérindiennes. Le commissaire priseur accepta de fermer la salle une demi-heure, afin qu’ils puissent se recueillir devant les masques ; le lundi après-midi, ils ont assisté à la vente, qui commença par des kachina et des masques hopi, zuni et de divers pueblos, dont les prix ont parfois atteint des hauteurs vertigineuses. Ils avaient auparavant refusé de répondre aux journalistes qui, en toute indiscrétion, insistaient pour savoir de quelle somme ils disposaient ; mais ils devaient se demander s’ils n’allaient pas vider les coffres de la tribu… Heureusement, (peut-être par respect pour leur démarche ?), les enchères ne sont pas trop montées et la délégation a pu repartir avec les masques soigneusement emballés dans une valise, prêts à être remis à un homme médecine qui va s’en occuper. Comme a dit le vice-président : « Ils rentrent à la maison. »

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Lors de la dernière nuit de la Voie de la Nuit, quatorze danseurs (et parfois, danseuses) revêtent ces masques cagoules et rythment leurs pas avec leurs hochets-calebasses. Tout l’équipement appartient à l’homme-médecine qui dirige la cérémonie. C’est lui qui prête leur tenue aux danseurs.

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  Sam Begay, homme médecine navajo, prépare une peau de loup qu’un danseur va glisser dans sa ceinture, dans le dos.

 Chaque nouvelle vente de masques sacrés fait polémique. Il suffit de regarder les journaux, que ce soit le Figaro, la Croix, le Parisien… Les Hopi et Survival International ont, dès la première vente, engagé une procédure judiciaire pour s’y opposer. Devant leur échec, ils ont cette fois engagé une procédure judiciaire pour obtenir l’identité des vendeurs et des acheteurs, ce qui a été catégoriquement refusé par le Commissaire priseur et par le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Les Navajo ont préféré donner la priorité à la discussion, obtenir de pouvoir prier sur et pour les masques, et annoncer officiellement qu’ils avaient fait le déplacement pour les acheter. Ils avaient déclaré qu’ils avaient été volés, mais qu’ils ne pouvaient pas en apporter la preuve.

Ces ventes sont donc toujours légales en droit français, mais on en parle, des objets sont rachetés par des fondations et des institutions pour être rendus à la tribu dont ils sont originaires. La venue des Navajo a été annoncée à la radio, sans commentaires particuliers, mais leur démarche semble avoir inspiré le respect.

 

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Leonard Gorman, président de la commission des droits de l’homme de la tribu, qui a enchéri, s’empresse d’envoyer un message à la tribu.

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Marie-Claude Strigler traduisait pour la délégation 

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13 décembre 2014

De profundis...

L'enterrement

de la préhistoire

à Montauban

Kathryn_02

Le mercredi 5 novembre trois Indiennes de la tribu Osage étaient reçues par la municipalité de Montauban. Cette délégation était conduite par Mrs Kathryn Red Corn, conservatrice du musée tribal de la nation Osage à Pawhuska en Oklahoma, le plus ancien musée amérindien aux Etats-Unis (1936). Au programme était inscrite la visite du musée d’Histoire naturelle de Montauban, dont la directrice, madame Bergeret, assurait la présentation.

 

Aude_Bergeret

 

Ms Red Corn manifestait un vif intérêt pour les collections préhistoriques de notre musée dont certaines pièces n’allaient pas sans lui rappeler l’outillage et l’art de ses propres ancêtres préhistoriques. Tel était le but de cette rencontre : voir quelles comparaisons pouvaient être faites entre ces civilisations préhistoriques en vue d’échanges futurs.

pointes de la période solutréenne (Paléolithique) -France

 

pointes de la période dite de Clovis

 

La question qui se pose à nous, à présent, en tant que citoyens montalbanais est de savoir quelle destinée est envisagée pour nos splendides collections du Paléolithique supérieur. Pour l’heure, elles dorment paisiblement depuis des décennies dans les caisses des réserves du musée. Elles ont longtemps été exposées au musée d’Histoire naturelle, dans les années ’60, puis dans un musée de Préhistoire, square Picard, dans les années ’70, pour être de nouveau enfouies dans des boîtes et ainsi effacées de la mémoire collective. Ces merveilles font partie de notre patrimoine et méritent d’être redécouvertes. Les citoyens montalbanais ont droit à cette connaissance. Sans compter le tourisme que pourrait engendrer une telle richesse si l’on envisageait une synergie avec les abris sous roche de Bruniquel.

abri_sous_roche

 

Tout récemment, la commune d’Aurignac (1171 habitants) en Haute-Garonne inaugurait un musée de 300 m2 consacré à la civilisation préhistorique dite « aurignacienne ». Est-il inconcevable qu’une ville telle que Montauban ne puisse avoir son musée de la civilisation magdalénienne et solutréenne ?

 

chasseur

Vite, un musée de préhistoire à Montauban !

Les Indiens d’Amérique nous donnent des leçons de respect dû à leurs ancêtres. Saurons-nous en tirer profit ?

Jean-Claude Drouilhet

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06 décembre 2014

Après Montauban...

Des Osages à Paris et Rouen

Marie-Claude et Edgard Strigler

Après Montauban, nos amies osages, Kathryn Redcorn et Danette Daniels (rejointes en fin de séjour par Florence Bigheart) sont « montées à Paris » le lundi 10 novembre. Un tour en voiture pour voir les principaux monuments de la capitale (les quais de la Seine avec le Palais de justice, la conciergerie, Notre-Dame, le musée d’Orsay, le musée du Louvre et… les embouteillages).

Dîner chez Edgard et Marie-Claude, quelques instants de repos, et visite à Montmartre, d’où elles ont pu voir tout Paris by night.

Le lendemain 11 novembre, autre vue de Paris depuis les Hauts de Belleville. Ce jour-là, nous avons eu la chance de pouvoir assister à une messe à Notre-Dame, en l’honneur des Anciens combattants et des alliés, dont les représentants étaient là avec leurs drapeaux, même un Écossais avec son kilt et sa cornemuse. Musique et chœurs étaient de qualité et émouvants, rehaussés par l’acoustique exceptionnelle de Notre-Dame. Par chance pour nos invitées, la messe était en anglais.

Danette, Marie-Claude et Kathryn aux Galeries Lafayette

Le 12 novembre, il n’est plus question de faire du tourisme : le matin, départ pour Rouen, où nous avions rendez-vous avec Sébastien Minchin, conservateur du Museum d’histoire naturelle de la ville. Sébastien Minchin connaît OK-OC et l’histoire de l’amitié entre les Français (en particulier les Montalbanais) et les Osages, ainsi que celle de la visite de six Osages en France en 1827.

S_bastien_Minchin

Le Museum consacre une longue galerie aux expositions permanentes, portant sur chacun des continents. La partie américaine sera la prochaine, prévue pour l’automne 2015. Il souhaite « décoloniser » les musées d’histoire et d’ethnographie en donnant la parole aux Autochtones, afin qu’ils puissent exprimer leurs propres points de vue. Pourquoi ne pas s’adresser aux Osages, puisque des liens sont déjà tissés ?

Un échange d’idées de trois heures a été fructueux, alors que le projet au début était ouvert. Kathryn Redcorn a beaucoup insisté sur le caractère guerrier des Osages (et non « belliqueux »), qui ont tenu par exemple à s’enrôler pendant la première guerre mondiale, alors qu’ils n’étaient pas encore citoyens américains.

D_Day

Des Osages ont été présents pendant la guerre d’indépendance, la guerre de Sécession (aussi bien aux côtés des nordistes que des sudistes), la première et la deuxième guerre mondiale. Il ressort que les relations pendant les guerres pourraient servir de fil conducteur de l’exposition.

Ce choix soulève de nombreuses questions : combien y eut-il d’Osages pendant les deux guerres mondiales en Europe ? Combien de victimes ? (Selon Kathryn, il y en eut quelques centaines pour la première guerre mondiale, et une seule victime.) Y a-t-il des soldats osages dans les cimetières américains en France ?  Des code talkers ?

Dans cette perspective, nous sommes allés le lendemain au musée et au cimetière américain de Colleville, et sur les plages du Débarquement. 6 soldats amérindiens d’Oklahoma sont enterrés à Colleville, mais les tribus ne sont pas spécifiées. Nous enverrons la liste au musée de Pawhuska. Peut-être reconnaîtront-ils les noms ?

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devant le mémorial de Colleville

Les Osages sont un peuple de guerriers, certes, mais leur culture et leur religion ne sont pas que guerrières.

Afin d’approfondir cet aspect, nous avions organisé un dîner avec Eloïse Galliard, qui a un doctorat de l’École du Louvre, et est spécialiste des artefacts du Sud-ouest et de Californie, surtout les objets rapportés par les explorateurs du XIXème siècle Léon de Cessac et Alphonse Pinard, dont certains figurent dans les réserves du Museum de Rouen. Là, nous avons eu une surprise : Eloïse, qui est allée à Santa Fe  pour sa thèse, a travaillé bénévolement pour l’Indian Market, connaît plusieurs amis et membres de la famille de Kathryn. Des liens continuent à se tisser !

Pour conclure : trois thèmes principaux ont été retenus : les liens durables entre la Nouvelle France et la France ; les guerres (Kathryn a déjà proposé un poster qui regrouperait les guerriers osages au fil du temps) et le respect de l’environnement (il faudra gérer le paradoxe de l’exploitation du pétrole).

 Outre l’exposition permanente, Sébastien Minchin a l’intention d’inviter des Osages à Rouen pour une série d’événements qui reprendraient les invitations et les cérémonies qui avaient eu lieu en l’honneur de leurs ancêtres.

 Les conditions matérielles sont encore à définir, mais les deux projets se sont bien précisés lors de cette rencontre, qui a eu lieu en présence de Richard Turco, Directeur général adjoint – Pôle développement attractivité, qui leur semble très favorable.

 

Danette à Versailles

 

 After their visit in Montauban, our Osage friends, Kathryn Redcorn and Danette Daniels (Florence Bigheart joined in a little later) headed up to Paris on November 10.

A first contact consisted in a drive around the city to see the main monuments (along the Seine river, Notre-Dame, the Eifel Tower, the Orsay museum, the Louvres, and… traffic jams), particularly for Kathryn who had never been to Paris before. Dinner at Edgard and Marie-Claude’s, a little rest, and off to Montmartre, to have a beautiful view of the city at night.

The next day, November 11, armistice day, we went to Notre-Dame, where we were extremely lucky: there was a mass to honor the veterans and the allies, whose representatives were there with their flags, even a Scot with his kilt and his bagpipe. The music and the singing were top quality and moving, emphasized by the exceptional acoustics of the cathedral. Fortunately for our guests, the mass was in English.

November 12 was not for sightseeing: we started for Rouen in the morning; we were to meet Sebastien Minchin, the curator of the city’s Museum of Natural history. Sebastien Minchin knows OK-OC, the history of friendship between the French (and particularly the Montalbanese) and the Osages, as well as the story of the six Osages that came to France in 1827.

A long gallery in the Museum is dedicated to permanent exhibits, each one dealing with a continent. The American part should be completed by the fall of 2015. He intends to “decolonize” the museums of history and ethnography by letting the Indigenous peoples express their own points of view.

Why not  ask the Osages to participate, as close links already exist?

A three hour long exchange of views was fruitful, whereas, to begin with, the project was totally open. Kathryn Redcorn insisted on the fact that the Osages are warriors, who took part in all the wars (the war of Independence, the Civil war, the two world wars, even though they were not yet American citizens during the first world war (Native Americans were given American citizenship in 1924).

So, the Osage participation in the various wars could be the red thread of the exhibits. Therefore, many questions arise : how many Osages were there in Europe during the two world wars? How many Code talkers? Are there any Osage soldiers buried in France?

In that perspective, we went to the Colleville American cemetery the next day, and to the Normandy landing beaches. Those manicured places are impressive and awe-inspiring.  Six Native Americans from Oklahoma are buried there, but the tribes are not specified. Maybe they will recognize some names at the Pawhuska museum? Anyway, thanks to the museum archives, Kathryn will be able to answer many questions.

But the Osages are more than warriors: they have their culture, their religion, and their artists. The museum in Rouen owns some artifacts, mainly from the Southwest and from California, that will be examined and analyzed. To that end, we had dinner with Eloïse Galliard, PhD École du Louvre, specialized in that category of objects, particularly from the Leon de Cessac and Alphonse Pinard collections. Surprise: she went to Santa Fe for research and was a voluntary worker for the Indian Market. There she met some relatives of Kathryn’s. It’s a small world!

In conclusion, Sebastien, Kathryn and Danette chose three main themes to be dealt with:

- relationships between New France and France

-  the wars (Kathryn already thinks of a poster)

-  the environment

Besides the permanent exhibits, Sebastien Minchin plans to invite some Osages to Rouen, for a series of events that would be reminiscent of the 1827 trip.

The material conditions are not quite defined yet, but Sebastien works at the project with great enthusiasm.

Richard Turco, who has an executive position in the City hall, participated in the meeting, and seems very favorable to both projects.

 

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29 novembre 2014

L'Occitanie, Cadillac et les Tsiganes

Deux villages du Tarn-et-Garonne

ont accueilli nos trois invitées Osages

Kathryn Red Corn, Danette Daniels et Florence Big Hearth

 

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En vingt-cinq ans d'échanges culturels entre les Occitans de Montauban et les Osages d'Oklahoma, nombreuses sont les communes qui ont souhaité recevoir les visiteurs osages et témoigner de leur sympathie. Certaines ont suivi l'exemple de Montauban et ont dédié une parcelle de leur village à une tribu. On en compte actuellement une quinzaine. Il ne pouvait être question en l'espace d'une semaine de les visiter toutes. Deux ont été choisies pour leur proximité et leur fidélité à nos échanges : Albias et Saint-Nicolas-de-la-grave

Commune d'Albias

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A 8 kilomètres au nord de Montauban, le village d'Albias a été le premier à accueillir nos quarante-trois visiteurs osages en septembre 1990 à l'occasion d'une soirée mémorable dans une salle des fêtes pleine à craquer. La municipalité de l'époque, présidée par son maire Robert Battut, était présente et accueillait nos premiers visiteurs osages comme il convient.

Deux ans plus tard, cette même municipalité dédiait une petite parcelle communale à la tribu Ponca (une tribu parente des osages) représentée par John Williams, directeur du festival des Indiens d'Amérique d'Anadarko (Oklahoma)

 

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Le 29 septembre 2006 cette terre d'Albias fut également dédiée à la tribu Stoney (ou Assiniboin) de l'Alberta (Canada). Kevin Mustus, membre de cette tribu Sioux-Nakota, accepta ce don de terre au nom de son peuple. Il étala ensuite une couverture indienne sur la parcelle, invita les membres présents de la municipalité à s'y asseoir en cercle avec lui et ensemble ils fumèrent le traditionnel calumet de la paix. La fumée montait vers le ciel. Le même pour tous.

Kevin

Kevin Mustus

Aujourd'hui ce sont nos trois invitées osages qui ont invité la municipalité d'Albias à venir prendre la pose sur la terre indienne de la commune.

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Sur la terre indienne d'Albias

A droite de la photo, Mme Véronique Magnani, maire d'Albias. Le maire-adjoint, Michel Monesma, est derrière l'appareil.

Après la cérémonie et les photos sur la terre indienne, nous sommes entrés dans une salle de la mairie où Véronique Magnani a prononcé un vibrant discours de bienvenue et offert la médaille de la ville d'Albias à Kathryn Red Corn, Danette Daniels et Florence Big Hearth Tranum

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Dans sa réponse qu'elle a faite au nom de la délégation et de sa communauté tout entière, Kathryn a rappelé le lien très fort qui unit nos deux communautés et a vivement remercié la France, l'Occinaie et Albias pour leur accueil chaleureux. A la suite de quoi nous sommes passés à la table d'un restaurant réputé du village à l'enseigne de " L'embucaïré ", traduction de l'Occitan : " celui qui gave (les oies, les canards) " Ceci pour bien faire remarquer que nous sommes au pays du foie gras, une grande spécialité du Sud-Ouest qui commence à être connue outre-Atlantique mais qui nécessite, pour être appréciée, une initiation plus ou moins longue selon les cas. Le foie gras, cela ne se mange pas comme du pâté, pas plus que le Champagne ne se boit comme du vin de table. C'est tout un art de le produire et toute une éducation de le déguster. Respect.

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Commune de Saint-Nicolas-de-la-grave

Nous quittons Montauban vers l'ouest au petit matin du samedi 8 novembre. Saint-Nicolas est à 32 km, sur la rive gauche de la Garonne, donc en Gascogne. Le temps est clair, il ne fait pas froid, la journée sera belle.

Saint-Nicolas est l'un des villages incontournables pour OK-OC, les Indiens, les Américains des USA et ceux du Canada. Plusieurs raisons à cela :

* C'est ici qu'est né Antoine Laumet. Si cela ne vous dit rien, sachez qu'en Nouvelle-France il s'appelait Monsieur de Lamothe-Cadillac et plus simplement " Cadillac " Il est le fondateur de Detroit (Michigan), du moins du Fort-Détroit à partir duquel la ville s'est agrandie. Il a aussi donné son nom, à titre posthume, aux modèles " Cadillac " de la marque GMC. Pour connaître l'histoire de Cadillac reportez-vous à un précédent article de ce blog ou bien encore celui-ci

* C'est encore ici qu'a été dédiée en 1992 l'une des toutes premières terres indiennes aux tribus Chotaw (représentée par Charley Jones) et Seminole (représentée par Jim Burgess)

* Enfin, entre OK-OC, la municipalité, l'office de tourisme et la population de Saint-Nicolas, c'est un fort courant de sympathie qui nous traverse depuis plus de vingt ans

Nous sommes gentiment reçus, comme à l'accoutumée, par une délégation de l'office de tourisme. Direction la maison natale de Cadillac devenue le musée Cadillac à quatre pas de l'église. Nos invitées, Kathryn et Danette ( Florence est partie à Mâcon) visitent les quatre pièces de la petite maison de "Monsieur Cadillac"

 

devant le lit à baldaquin de Cadillac

 

Kathryn dans la salle à manger de Cadillac

Danette avec Cadillac

Kathryn avec Madame Cadillac

Nous sommes ensuite sortis dans le petit jardin où un panneau explicatif annonce sur deux faces en français et en anglais l'origine de ce musée. Une subvention de 20 000 dollars octroyée par la société d'Histoire de la ville de Detroit avait permis d'acheter la maison

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Cadillac, Nous voilà !

Après une visite au Jardin des Indiens, le groupe d'OK-OC et les membres de la municipalité se sont rendus à la mairie, l'un des châteaux du roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion où un apéritif était servi. Comme le fut par la suite un excellent repas au restaurant "Douce France ". Un grand merci à la municipalité de Saint-Nicolas et à l'office de tourisme.

Une soirée chez les Tsiganes

Dans la soirée du même jour (samedi 8 novembre) nous  retrouvons la famille d'Alain Daumas à Montauban. C'est une grande famille manouche, amie depuis toujours d'OK-OC et heureuse chaque fois d'accueillir les Osages ou d'autres visiteurs amérindiens. Les raisons nous paraissent évidentes : peuples nomades à l'origine, Indiens et Tsiganes sont soumis aux mêmes effets du racisme et résistent à toute tentative d'assimilation culturelle, depuis des siècles. Nous partageons un repas avec forces discussions croisées en tous sens, dans un brouhaha sympathique qui soumet à la torture tout esprit cartésien qui s'efforce de participer. (L'essentiel est de participer isn't it ?).

Après le repas c'est une petite fête qui nous est offerte par les enfants. Wallys, 11 ans, danse comme une princesse gitane sur une musique et des chansons de Négrita (La Rom, pas le rhum). La voici :

Wallys

Wallys

Ensuite c'est Vince, 8 ans, qui nous fait une démonstration de rap très réussie et qui nous chante en play back des chansons de Céline Dion, mieux que l'original. Enfin c'est la photo de familles avant de se quitter. Demain est un autre jour...

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22 novembre 2014

Au lycée Michelet de Montauban

145 lycéen(ne)s de Montauban

ont rencontré

nos trois invitées Osages

 

Dans le cadre de leur séjour parmi nous, cette rencontre de Kathryn Red Corn, Danette Daniel et Florence Big Hearth Tranum avait été longuement préparée par les jeunes gens du Lycée Michelet et leur professeure Karine Gratton. Il s'agit de trois classes (2ème, 1ère et terminale) "européennes" auxquelles l'enseignement est dispensé en anglais. Le problème de la langue de communication était donc résolu et point n'était besoin d'un truchement.

 

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La rencontre a eu lieu le jeudi 6 novembre dans une grande salle du lycée. Pendant deux heures et demie les lycéen-ne-s ont abordé tous les sujets qui les intéressaient, sur l'histoire, les traditions, la langue, la politique et la vie moderne. A aucun moment on ne sentait faiblir l'intérêt. Kathryn, Danette et Florence répondaient à tour de rôle aux questions. 

 

Kathryn Red Corn répond aux questions des lycéens

 

Les trois représentantes de la tribu Osage étaient arrivées en fin de matinée au lycée où elles avaient été accueillies par Karine Gratton, professeure, Gilles Guymare, proviseur et plusieurs autres professeurs avec lesqueles elles ont partagé le repas de midi au restaurant lycéen. Par la suite elles étaient invitées à visiter une exposition réalisée par les lycéens sur l'histoire de leur lycée, puis elles assistaient à une prestation de la chorale lycéenne très enthousiaste.

Après leur longue intervention nos trois invitées osages étaient conviées à un goûter au foyer des lycéens où d'autres rencontres informelles et interpersonnelles prolongèrent cette belle journée.

A noter qu'une équipe de France 3 Midi-Pyérénées filmait ces exceptionnelles rencontres. On peut voir le reportage sur le site du lycée Michelet ou en suivant le lien vers le blog de l'émission occitane de France 3 M-P

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/le-blog-de-viure-al-pais-france3/2014/11/10/osages-et-occitans.html

Rencontre avec les séniors de Montauban

Le lendemain, vendredi 7 novembre après-midi, c'est une autre rencontre qui était organisée par madame Nicole Fréjabise du pôle séniors de Sapiac, dépendant du Centre communal d'action sociale de Montauban. La rencontre a eu lieu au foyer des jeunes travailleurs de Montauban. Près de cinquante personnes étaient présentes et participaient avec intérêt au débat. L'animation et la traduction étaient assurées par MM. Michel Fréjabise et Norbert Sabatié. Merci aux organisateurs de cette rencontre

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21 novembre 2014

An incredible adventure

 From Missouri to Montauban

The odyssey of six Osage in France
July 1827 - November 1829

 New France 

JChamplainIn 1534, under the reign of François 1st, Jacques Cartier took possession of Canada

 With Samuel Champlain, in 1608 during the reign of Henri IV, the territory became a French colony known as New France. Immediately, a lucrative fur trade began. Indeed, beaver fur and other wild animals were used to make felt which were made for caps that everyone wore in Europe at that time. The natives were hospitable people with the newcomers; they helped them to settle and share with them their knowledge of their country. Thus, the French learned from the Indians the techniques of hunting, trapping and survival in the immense American forests. The first French trappers, who were once called woodland runners or travelers dispersed in the Great Lakes area and came into contact with new tribes.

 

trappeur

 

The fur traders in their turn incited the Indians to trap more animals in order to satisfy an increasing demand. This trade was practiced in the form of bartering. The French introduced instruments and tools made out of metal such as knives, hatchets, needles, various containers, but also glass beads, fabrics and ribbons. Therefore, the French were now in competition with the English who had also settled in this part of the world. There was a need to find newmarkets such as China. The idea came to mind to cross the American continent from east to west in order to reach the Pacific Ocean. Only by waterway was it possible to cross the complex lush forest at that time in America.

Joliet and Marquette Expedition

 

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Thus, in 1673, an exploration mission was launched led by a Jesuit, Father Jacques Marquette and another Frenchmen from Canada, Louis Joliet. The expedition was made up of a group of two canoes leaving from Lake Superior. They descended the Wisconsin River to the Mississippi and followed the large river which they hoped would lead them west into the Pacific. During their voyage they took risks by collecting plant samples and especially coming into contact with the new tribes. The descent of the Mississippi continued without any major difficulty but it was a disappointing voyage. The Mississippi River runs hopelessly towards the south! When they arrived at the confluence of the Arkansas River Marquette and Joliet, learned from the Illinois Indians that the Mississippi continues towards southwest.

Marquette

 The Illinois named the southern region and the western basin of the Mississippi as the country of Wha-Sha-She, a name that Marquette transcribed as Osage. Fearing, that he would enter into Spanish territory and to see his expedition ruined, Marquette decided to return to New France.

 

Louisana

 

 Louisiana

 

Cavelier_de_La_Salle

 Nine years later, in 1682, another Frenchmen, Robert Cavelier de la Salle, completed the Marquette expedition while descending the Mississippi River into the Gulf of Mexico. He really appreciated the discovery of this territory, and dedicated it to the crown of France and gave it the name Louisiana in honor of the Sun King. The Wha-Sha-She (Osage) became, like so many other Indians, subjects to his Majesty Louis XIV, King of France and to the fleet without even knowing it.

 The Louisiana territory stretched from the Great Lakes to the Gulf of Mexico and, from east to west of the Mississippi to the Rocky Mountains, therefore making it an immense colony. It was not easy to control with only a handful of soldiers who were woodland runners, who were more attracted by the charm of the Indians, the wilderness, total freedom and the taste of adventure rather than to serve the king.

The Osage 

Osage

The Osage are of the Sioux family from the south. They are a part of the Deghiha group which is made up of five tribes: Ponca, Omaha, Osage, Kaw (or Kansas), Quapaw (Arkansas). These tribes belong to the same language family. They have the same traditions and were always allies to each other.

    During the period of the Louisiana, their hunting territory compared to that of the size of France covering today's existing states; Missouri, Kansas, Oklahoma and Arkansas. They controlled the waterways of the Missouri and Mississippi for trading.

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 Physically, the Osage warriors were impressive people, with the average height of two meters (6 feet) or more. They were muscular and well built, their chests were traditionally covered with tattoos, wearing collar necklaces made of bone and bear claws, bracelets made of metal around the arm and wrists, rings and various other objects in the ear lobes. They styled their hair by shaving each side of the head and by leaving one strip of hair in the middle, which descended down the neck. For ceremonies or feastdays, they would accentuate their hair style by wearing a roach made of porcupine needles and tinting it with sharp colors, an eagle feather woven at the top and two other feathers which fell along either side of the face.

 All body hair was carefully plucked out, including facial hairs and eyebrows. Women were also very beautiful, dressed in buckskin dresses dyed with deep colors, set-off by jewelry made of bone or shells.

 The Osage had a diverse economy. The women and children were in charge of agriculture and fruit gathering while hunting was left to the men. Agriculture imposed a sedentary way of life while hunting, especially for buffalo, required a nomadic way of life.

 The Osage were thus, semi nomad people, sharing their time between village life in huts at the edge of running waters, and the two annual hunting seasons, in spring and in autumn. The remainder of their time the hunters continued trapping. Fur trade thus, formed a part of their economy and the tribe ambitiously took care of it by maintaining its monopoly in its influential zone. This explains why there were often wars, fights, punitive raids and other types of acts for the goal to steal horses, or capture women for slaves.

 

 

The Osage were frightening warriors who knew how to earn respect. The French quickly understood that they could not do without their alliance in this strategically region. They quickly entered their good graces by gift giving and paying respect which would be the only means of maintaining their alleged domination. The trappers flattered the people enormously, especially towards the women, which later many became their wives and they lived in the villages, adopting Osage clothing, habits and customs, integrating themselves into the tribe. They had many children whose descendants still carry today such names as De Noya, Revard, Chouteau, Labadie, Clavier, Robedeaux, Larose, Boulanger.

The Occitans people left many marks of their passage in America: the town of St Louis, founded by Bearnais Baron de Laclede; the town of Detroit, founded by a Tarn-and-Garonnais (an Occitan region) a certain Lamothe-Cadillac (the Cadillac trademark), the Gasconnade river and still more...

des trappeurs occitans ? La preuve !

 Bonaparte and Jefferson

 In 1803, Napoleon Bonaparte was just a First French Consul but already considered himself as the head of France. He promised himself an incredible destiny, which would need a great deal of money. What to do with this remote colony of the Americas, so difficult to control and so demanding on the soldiers? Talleyrand advised him, to call upon the President of the United States, Thomas Jefferson. He was formally the ambassador in Paris during the Revolution and who could hardly believe the unexpected proposal made to him. The Louisiana territory was offered to him on a silver platter for the moderate sum of 15 million dollars! He bought it and thus, double the surface of his country with one strike. The Federate Republic of the founded thirteen American colonies now stretched to the Rocky Mountains. The Plains Indians became American without even knowing it. However, their descendants would have to wait until 1929 to obtain citizenship!

Louisiane

The French were no longer masters of this part of the world. The Osage were apart of those who would regret it. As surprising as it may have seemed, a group was formed by the chief: Ki-He-Kah-Shinkah (Little Chief) with a project «to pay a visit to the French within their tribe». This was the beginning of an epic journey!

The voyage

 

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It was now 1827. From that moment on during four years in the village of Kansas at the edge of the Osage River, an affluent of the Missouri River, the Osage stored beaver, fox and bear skins. It was the only currency, which they had to pay for the organized voyage across the "Great Water". The group included a dozen volunteers of men and women determined to do the adventure. They built rafts and loaded them with skins, weapons and luggage and which carried them until the Missouri River. From there, they descended the confluence from the Mississippi until New Orleans and crossed the "Great Stinky Water" to the country of the French. The first part of the voyage went well. Alas, on the lower confluence of the Missouri, just before reaching the Mississippi confluence and the town of Saint Louis, the rafts capsized in the rapids and all the skins were lost.

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Discouraged and worried by this ill omen the majority of the Osage decided to return to the village. Six of them decided to continue.

 The group was now reduced to but four warriors and two women. Chief Ki-He-Kah-Shinkah(Little Chief) and his wife Gthe-Do'n-Wi'n (Hawk Woman); the warrior Washinka-Sabe(Black Spirit) and his wife Semi-Ho'n-Mi-Ho'n-Ga (Sacred Sun) 19 years old and a relation of Hawk Woman; A-ki-Da-Tonkah (Great-Protector-of-the-Earth) was the spokesman of the village and was called Great-Soldier and finally, the sixth member of the group namedMinckchata-hooh (Young Soldier).

 

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Now here they were in St Louis, which was then just a large village with the two most important confluences in North America. They met a Frenchmen, David Delaunay, wearing a beautiful colonel uniform of the United States army. He already had a hunch that he could make an exhibition of these "savages" in France. It was during the romantisme period: the French author Chateaubriant had just published «Voyage in America» and, in the preceding year, the "Adventures of the Last of Abencerages".

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 Delaunay proposed to finance their voyage. The Osage accepted. The group descended the Mississippi River by steamboat and arrived at New Orleans where they embark on a sailing ship: The New England en route for Le Havre. It was at the end of June 1827.

 

 

 

 The country of the Frenchmen

 

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On July 27, 1827 at midday, under a radiant sun, the New England ship entered Le Havre harbor. The whole city of forty thousand people was already informed of the imminent arrival of the Indians just the day before. The entire population of Le Havre swarmed to the harbor. There were already people standing on their balconies, on rooftops of houses and even right up to the boats where one could see clusters of people clinging onto the ships. A welcoming triumph!

 

    On the New England deck, stood the four half-naked warriors of golden smooth brown skin. Their shaved skull mounted with pricked peak of eagle feathers. Their faces were painted in red and with green stripes; on their arms, they wore silver bracelets and beaded necklaces. They stood stoic and well poised underneath the piercing sun holding a spear in one hand, and some of them even had a club in the other, all of them carried bows and arrows. The women were also dressed traditionally: a blouse with sharp colors; a red rap-over skirt with ribbons applied to it, leggings and moccasins. Their long hair, combed carefully, and worn freely down their back. They had a colored down-hairpiece hanging down the side of their faces.

 

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 The extremely cramped crowd, escorted them off the sailing ship and led them into a horse carriage, which brought them to Holland Hotel. Their first visit was with the city mayor who greeted them according to French custom, that anyone who gives an official speech was offered a glass of champagne. Muscat of Rivesaltes were shot that day showing the splendors at «Big Soldier » they probably had a little too much to drink.

 The following days there after were a swirl of entertainment: a ride in a carriage, parade of troops to the citadel, riding the Ferris wheel, sparing, physical sports, banquets, invitations, etc. Women had the pleasure of offering the young Indian ladies costume jewelry and toiletry requisites, which were accepted with joy. But the Indians couldn't stay there forever. Paris was waiting for them!

 

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 In the morning of August 7, strangely dressed in blue frock coats, the Indians embarked on a steamboat the «Duchess of Angouleme» which went up the Seine River. The first stop-over was in Rouen where, once again, forty thousand gawking people were gathered for hours. The August 12th issue of the «Monitor» Journal began to spread the news: «Six Indians create a fury in Rouen.» The crowd besieged the town hall. On August 8th they went to the theater in an open carriage and by custom, sat in the Governor's booth... After the first act the prince rose and spoke in his language a lot of extremely pleasant things undoubtedly the Indians could not understand... The crowd was so curious that during the intermission, they raised the curtain so that the public could have a better look at the Indians. Rouen enjoyed only five days of their presence. On August 13, the Osage went up in the «Vélocifère» a stagecoach heading for Paris.

 Paris

 

The King Charles X welcome the Osage

Their first outing was their visit with the Baron de Damas, the Foreign Minister, who had invited them for a meal among 40 guests. Two days later, on August 21, they went to the Saint-Cloud Royal Court where they were introduced to Charles X and to the Princes. These official duties were fulfilled. The Indians were the prey of the Parisian public eye... and of the crafty Delaunay. (The ladder had put an ad in the newspapers to finance each outing in order to come and see the Indians. Moreover, the theater directors argued over who would have the privilege of hosting the Osage whose presence, had already been announced beforehand, and that the theater would be completely full whatever the show. Thus they were dragged to the Opera houses of Gaite, Nouveautes, Varietes, l'Odeon, etc. The newspaper "Le Figaro" maliciously printed «the theater directors has just made a debut of six savages for the prosperity of their administration »... )

 

 

 

at the Opera

 

 

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In Tivoli, the Osage were the stars of "extraordinary festivals". Their presence were known at the water show at Bercy; the wax museum where they could see their doubles; on a steam boat from Paris to Saint-Cloud; with the military march at Vincennes; and at the King's Garden zoo where they were baffled by the incredible giraffe. A slight madness settled among the Parisians. In cafes, they were serving the "Osage punch", the fashion industry launched "the Osage design" or "the Missourian wool". Fashion was Osage... At the end of October the press stopped writing about the Osage. Shortly there after, Delaunay, who was recognized as a swindler by one of his former victims put him in prison. The Osage who were brought over by Delaunay did not know how they would return to their country. They set off on the roads of France.

 

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Dubourg

In spring of 1828, they were in Belgium. In Liege, the young Sacred Sun had twins which one of them was adopted by a Liegeois. In January 1, 1829, they were found abandoned and dying of hunger at Friboug-in-Brisgau; they wandered through Germany, the Netherlands, Switzerland and down to Italy. Finally they separated into two groups, no doubt because of a disagreement on how they would return to their country. One group wanted to find help from Lafayette so they returned to Paris. While the other group counted on Mgr. Louis-Guillaume Dubourg, a former bishop of Louisiana, stationed in St. Louis where he sent the evangelical missionaries to the Plains Indians. The Osage knew him well and many were baptized by him in their tribe. They learned that Mgr. Dubourg had been ordained to the seat at the diocese of Montauban, in southwest of France.

 Montauban

the old bridge in Montauban (and the only one at that time)

 Little Chief, Hawk Woman and Big Soldier traveled to south of France. They stopped in Avignon where the Deputy Mayor, Hector de Laurens, made a vote to subsidies their trip and come to their assistance. Winter was early that year. It was in November 1829: the small famished and exhausted group crossed the Old Bridge (Pont Vieux) of Montauban. The Tarn River had been frozen for several days. At the end of the bridge, they turned right and went up Bath Street. Still a few meters to go and they found themselves in front of the gates of Aliès Hall, the Bishop's residence (today known as the Town Hall of Montauban). Louis-Guillaume Dubourg accommodated them in his residence and comforted them. The following day he organized a collection in the diocese, among the nobles and the bourgeois, and the Mayor of Toulouse who was also asked for support. The Montalbanais were generous people: in a few days they reached the sum to finance their voyage back home and would be the end of a nightmare. The Osage embarked on a boat, which descended the Tarn River then, the Garonne River until Bordeaux. Finally "Bayard" brought them back to their country.

 And the Other Three?

 

Marquis de La Fayette

They had a failed attempt in Paris of September 1829 when the Consul General of the United States, Mr. Barnet, helped by Lafayette lodged them and fed them until they were strong enough to take them to Le Havre Harbor. Just at the moment of their departure all their finances for their trip were seized by the creditors by the debt of their dishonest personal manager Delaunay. The two men caught chicken pocks during their trip back and Sacred Sun returned home alone to her native land with her baby. Upon their return to their

story tellervillage the Osage told their adventures of mishaps. Their two and half years stay had left a deep mark in their spirit, as their story did not die. In fact, the story lives thanks to them and to the oral tradition, which was passed on from generation to generation with such great loyalty. In fact, the story had been written for the first time in the 1929 issue of the Missouri Historical Journal. It was later translated and printed in the French magazine the «Historama» (issue number 40 of June 1987) in an article entitled «Red Skins in Paris» written by Guillaume de Berthier de Sauvigny to which a great part of these accounts were taken.

But the Story Doesn't End Here!

 The Indians were a bother to the expansion projects to the west by the Whites. The Osage were moved to a reservation with another tribe of Missouri to Kansas and then finally to Oklahoma. A reservation was allotted to them in north of what was then called "Indian Territory" which is today known as Oklahoma. The territory is the size of the surface of two French departments, but insufficient enough for hunting. Besides the buffalo would soon disappear and... their heart was no longer there. The tribe withered away, and went dormant. Until oil would awake them.

The Oil

 

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The black gold soaked the basin of the reservation like a sponge. They already knew the existence of oil but before the beginning of the 20th century, who would have thought at that time that this black and nauseous oil would make an engine run?

 The Automobile boom would change everything. The states of Oklahoma, Texas, and part of Kansas were covered with derricks. On the Osage, reservation, oil wells were among the richest. The Osage lived the greatest economic miracle in their history. Oil companies came to exploit the layer and pay large royalties to the tribe. Officially the tribal count which was given by the Bureau of Indian Affairs was 2229 Osage in 1909. They were allotted shares, each Osage living at that time of distribution; adult or child, including a new born were accredited with shares. It was a time of wealth. Careless tribal members launched into a sumptuous life style, building mansions, buying the most luxurious cars, dressing their wives with fine jewelry. The American newspapers constantly raved about their lavious life style. This caught the attention of adventurers, con artists and swindlers who exploited the Osage's unusual naivete on handling the dollar. The most sinister of these gangsters would go as far as violence such as murders, criminal explosions, voluntary fires which would discourage the victims and to leave the territory where the majority moved towards southern California where they would remain bonded within themselves and to their families back in Oklahoma.

 Other Osage families were more careful and sent their children to the best schools. They would return with a higher education and fill high positions within American companies.

 Present Day

 The Osage tribe still exists and there are about sixteen thousands of members of which half approximately still live on the reservation, known today as the Osage County. Its Tribal Council meets regularly in Pawhuska, capital and also headquarters of the Osage county. The Osage people hold various occupations or are unemployed and, whatever their social condition today, are living according to American standards.

 But they all come together during their, modern or traditional ceremonies, to maintain their traditions, their identity and their culture. The present day Osage are now cultural warriors.

Osage dancers

 In June 1987, Jean-Claude Drouilhet founded the association after having read an article in «Historama» journal. It was there were he discovered with great surprise the story relating to the three Osages who were in the town of Montauban 1829. He launched a project to invite the Osage to Montauban. He wrote to the tribe. The Principal Chief, George Tallchief, and Mrs. Angela Robinson (an Osage Lady) accepted the project and the cultural exchanges.

 This was just the beginning of a new adventure!

 

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15 novembre 2014

Nos invitées de la nation Osage

Les réceptions officielles

de l'été indien 2014

 

Danette Daniels, Kathryn Red Corn et Florence Big Hearth Tranum

 

Kathryn Red Corn, Danette Daniels et Florence Big Heart Tranum ont été officiellement reçues par les élus des collectivités territoriales locales. A travers elles, c'est toute la nation Osage qui est honorée en mémoire des relations amicales - et commerciales - nouées depuis des siècles (au temps de la Louisiane française) entre nos ancêtres respectifs.

 

Louisiane

 

Des traces de nos ancêtres trappeurs et tradeurs occitans se voient encore dans l'ancien territoire des Osages de la Louisiane française comme en témoigne la toponymie

Gasconade

Au conseil général du Tarn-et-Garonne

Le mardi 4 novembre nos trois invitées étaient reçues au château de l'hôtel du département, une ancienne résidence des évêques de Montauban : le château de Montauriol

 

chateau_montauriol

A l'issue du discours de bienvenue, Kathryn Red Corn se voyait remettre la médaille du département par M. Roland Garrigues, Conseiller général. Elle témoignait dans ses remerciements de l'immense gratitude de son peuple pour l'hospitalité occitane jamais démentie depuis que nos deux peuples se rencontrent.

Roland Garrigues et Kathryn Red Corn

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Ensuite, Florence Big Heart Tranum offrait une reproduction de la célèbre huile/toile de Charles Banks Wilson intitulée "Osage Dreams" dont le personnage central est le portrait du père de Florence et d'Archie Mason

Florence Big Hearth Tranum

 

Osage_Dreams

 Après les discours et les cérémonies d'usage, on passa à table dans un joli salon du château où un excellent buffet attendait les convives qui lui rendirent les honneurs. Merci au Conseil général qui respecte si bien sa longue tradition d'hospitalité. Les Osages n'oublieront pas. Ils n'oublient jamais rien du reste !

A l'hôtel de ville de Montauban

Traditionnellement le parcours vers l'hôtel de ville commence, pour tout Osage qui vient à Montauban, à l'extrêmité rive gauche du pont vieux. La raison en est simple. Lorsque les ancêtres Osages, Petit-Chef, Grand-Soldat et Femme-Faucon arrivèrent à Montauban en venant de Toulouse, il n'y avait qu'un seul pont sur le Tarn pour entrer dans la ville : le Pont vieux, contemporain de Philippe le Bel

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Nos trois invitées ont donc sacrifié à la tradition accompagnées de quelques amis d'OK-OC. A l'autre bout du pont, le musée Ingres - une ancienne résidence des évêques - mais c'est encore une autre ancienne résidence des évêques qui nous intéressait : celle où résidait le prélat en 1829, Mgr Louis Dubourg. C'est aujourd'hui la mairie de Montauban, l'hôtel d'Aliès. Les trois Osages ont vigoureusement secoué la lourde porte en fer forgé pour appeler symboliquement à l'aide puis sont entrées dans la cour d'honneur où la municipalité les attendait. Avant d'entrer il fallait prendre la photo souvenir sur les marches où l'évêque était venu accueillir les ancêtres, devant l'ancienne porte d'entrée.

MairieNos invitées ont été accueillies par une représentation importante des élus municipaux parmi lesquels Mme Valat, MM Crivella, Pécou, Fasan.

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Alain Crivella, maire-adjoint chargé des affaires culturelles, prononçait un discours de bienvenue dans lequel il rappelait les liens forts qui unissent nos deux communautés ainsi que le but principal de ce voyage qui était à vocation muséographique. Un objectif sur lequel nous reviendrons dans un prochain article.

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A l'issue des amabilités prononcées par les accueillants et les accueillis, un vin d'honneur accompagné de petits fours était servi avec gentillesse.

Une fois de plus OK-OC se réjouit de la sincérité de cet accueil et de sa qualité et en remercie vivement la municipalité de Montauban.

 

 

 

08 novembre 2014

Ceci n'est pas un conte...

Le corbeau blanc

 

Nuage-Qui-Marche

 parJean-Claude Drouilhet

Le soleil venait d'apparaître derrière la colline. Tout en finissant de tresser ses nattes, Nuage-Qui-Marche sortit sur la terrasse pour contempler les rayons de l'aurore. Il adresserait ensuite une prière à Grand-père Soleil et de grosses larmes couleraient des yeux de ce géant des plaines d'Amérique. C'était un rituel quotidien auquel il m'avait habitué depuis qu'il séjournait chez nous. Il faisait partie d'une délégation d'Indiens de la nation Osage venue d'Oklahoma afin de participer aux manifestations du Printemps indien en Occitanie. Comme je le rejoignais, il me montra un gros oiseau blanc et me lança, incrédule :

corbeau_blanc_01 

─ Regarde, je crois que c’est un corbeau ! 

─ En effet, c'est bien un corbeau, lui répondis-je, et je complétai : c'est un corbeau blanc qui ne se sépare jamais de ses six congénères noirs. Il est toujours le premier à se poser et le premier à s'envoler. Je pense qu'il est leur chef.

 

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Longtemps nous suivîmes les évolutions de la bande dont les furieux croassements s’efforçaient de chasser un groupe de pies de l’espace que les corbeaux ne semblaient pas disposés à leur céder. Des années durant, les Osages avaient dû, eux aussi, combattre pour défendre leurs territoires de chasse contre les Cherokees venus de l’est. Nuage-Qui-Marche m’avait raconté l’histoire tragique de son peuple Osage, déplacé d’une réserve à une autre, toujours plus à l’ouest, jusqu’au Kansas puis en Oklahoma. Les fiers Osages avaient fini par céder devant la puissante cavalerie américaine, mais face aux Cherokees ils avaient résisté. « Cinq siècles de Résistance », tel était le thème que l’association Oklahoma-Occitania avait choisi pour ses manifestations de cette année 1992 alors qu’ailleurs d’autres commémoraient les cinq cents ans de la « Découverte de l’Amérique » par Christophe Colomb. Indiens et Occitans avaient connu des destins différents mais, d’une certaine manière, les deux peuples avaient livré un même combat : Montségur faisait écho à Wounded Knee.

 

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Depuis plusieurs années, tout le quartier connaissait ce corbeau albinos et, passé le premier effet de surprise, plus personne ne s’en étonnait. D’ailleurs, n’y avait-il pas déjà un merle blanc dans la collection ornithologique du musée d’Histoire Naturelle de la ville ? Récemment, j’avais lu dans un journal de la presse indienne qu’un bison blanc était né au sein du troupeau de bisons sauvages de la grande prairie à Pawhuska, en Oklahoma, au pays des Osages. L’albinisme n’était qu’une particularité génétique parmi d’autres, apportant une réponse rationnelle à ce corbeau blanc que nous considérions ici comme une curiosité de la nature.

 Ours-Debout

Le premier Osage à l’avoir observé s’appelait Ours-Debout. C’était en 1990 et nous connaissions l’existence de notre corbeau blanc depuis deux ans déjà. Bien qu’il ait été baptisé dans la religion catholique, Ours-Debout n’avait jamais cessé de prier Wa-Kon-Dah, le Grand-Mystère, Créateur de toutes choses, qu’avaient de tous temps vénéré ses ancêtres. Pour Ours-Debout, la présence d’un corbeau blanc chez nous était un signe évident de Wa-Kon-Dah, celui d’une bénédiction sur ce coin de campagne aux portes de la ville. « Il vous protège », m’avait-il assuré.

 Bison-Ours

C’est Bison-Ours, un Sioux-Lakota de la réserve de Pine Ridge dans le Sud Dakota qui m’a ouvert les yeux lors de son séjour chez nous de nombreuses années plus tard. Après m’avoir fait signe de m’asseoir, il m’a demandé :

 ─ Sais-tu pourquoi les corbeaux sont noirs ?

─ Parce que c’est un  caractère génétique de leur espèce.

─ Et le blanc, comment l’expliques-tu ?

─ Par une anomalie génétique. 

─ Le peuple Lakota-Oglala a une autre explication. Veux-tu la connaître ?

─ Bien sûr.

─ Autrefois, tous les corbeaux étaient blancs. Ils venaient souvent se poser à proximité des camps du peuple Sioux et disputaient aux chiens les restes de nourriture. Chaque année, en automne, ils émigraient vers le sud à la recherche d’un climat moins rigoureux. Tu dois savoir qu’au Sud-Dakota la température peut descendre jusqu’à 40 degrés au-dessous de zéro et que les chutes de neige sont importantes chaque hiver.

Une année l’un des chefs corbeaux réunit sa tribu et proposa de passer l’hiver sur place ; cela permettrait d’éviter la grande fatigue du voyage, les assurait-il. Ils n’auraient rien à craindre : de la neige ils avaient déjà la couleur qui leur permettrait de se fondre dans le paysage. Et enfin, n’étaient-ils pas parmi les plus intelligents de tous les êtres qui volent ? Ils n’auraient aucune difficulté à se nourrir.

Ce chef corbeau manquait de modestie (il se prenait pour un aigle) et il manquait aussi de courage (il préférait économiser ses forces). Il n’aurait jamais dû être chef. Peut-être l’était-il parce qu’il était beau parleur. Pour son malheur, la tribu Corbeau accepta de tenter l’expérience.

 

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L’hiver arriva et avec lui, le blizzard la neige et le froid glacial. Les corbeaux, transis, n’eurent d’autre solution pour se réchauffer que d’aller se poser sur les perches au sommet des tipis afin de profiter de la chaleur du feu. Et comme il n’y a guère de feu sans fumée ni de fumée sans suie…

Voilà, conclut Bison Ours, la véritable raison pour laquelle les corbeaux sont noirs de nos jours. 

─ Et le corbeau blanc ?

─ C’est à toi de trouver l’explication, me dit-il.

 Mon interprétation génétique de l’albinisme venait, comme on dit, « d’en prendre un sacré coup dans l’aile ». La fraîcheur poétique du récit de Bison Ours me fit l’effet d’une douche. Mais oui, bien sûr, telle était la bonne explication : le corbeau blanc était un chef. L’un de ces chefs qui disent non et entrent en résistance lorsque leur peuple suit aveuglément les discours fanatiques.

 

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Bientôt je répondrai à Bison-Ours ce que je pense être la vérité. Le corbeau blanc de mon quartier est un vestige, un survivant, l’un des rares représentants dans le monde de ce qu’était autrefois la gent des corvidés. Il porte en lui la sagesse et la tradition de son peuple et les partage avec ses semblables.

Le jour viendra où tous les corbeaux retrouveront leur blancheur d’origine et la sagesse régnera enfin en ce monde qui est devenu si noir.

Montauban 12 septembre 2001

Ce récit n'est pas un conte ; le corbeau blanc est toujours en vie, les faits rapportés sont authentiques et les personnages existent réellement. Seuls les noms ont été changés.

White Crow (Corbeau-Blanc) par Cha'Tullis

 

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29 octobre 2014

Nos invitées Osages

 

Kathryn Red Corn

et Danette Daniels

à Montauban, Paris et Rouen

Du 3 au 15 novembre 2014

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Kathryn Red Corn

KRC02

Kathryn Red Corn est directrice du musée tribal osage à Pawhuska (Oklahoma). Durant son séjour Kathryn Red Corn visitera les différents musées de Montauban afin de voir quels liens peuvent éventuellement être envisagés avec le musée des Osages qui est le plus ancien (1938) des musées tribaux des Etats-Unis. En outre elle sera reçue le 12 novembre par le directeur du muséum de Rouen en vue de la préparation d’une exposition permanente de l’histoire et la culture des Osages. Rouen est une ville étape de la visite des ancêtres osages arrivés en 1827. C’est un point qu’elle a en commun avec Montauban où ils n’arrivèrent qu’en 1829.

Danette Daniels

Lors de sa dernière visite à Montauban voici ce que Danette déclarait lorsque nous lui avions demandé de se présenter  :

Danette01« Je m'appelle Danette Daniels. J'enseigne l'osage et je suis coordinatrice du programme d'enseignement de notre langue pour Fairfax en Oklahoma. Mon père est G. Daniels Sr, un Osage de souche et ma mère est Carol S. Wayman. Mes grands-parents paternels sont Rosemary et Antony Daniels de Fairfax. Ils ont été parmi les derniers a se marier en habits traditionnels selon la coutume osage des mariage arrangés selon les clans.

J'ai étudié à l'université de l'Etat d'Oklahoma où j'ai obtenu un Master en 1989. Depuis cette époque j'ai travaillé avec des enfants et les familles

J'ai fait partie du comité  des danses traditionnelles de Grayhorse avec quatre gardiens du tambour, en tant que responsable du groupe de chanteuses traditionnelles. En 2006 il m'a été demandé de devenir choriste dans le comité de Pawhuska. »

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Itinéraire de voyage et de leur séjour parmi nous

 

bienvenue

 

 

Lundi 3 novembre

10 :30 : arrivée Toulouse Blagnac de Kathryn Red Corn / 16 :20 : arrivée à Toulouse Blagnac de Danette Daniels

 Mardi 4 novembre

11 :00 : réception au Conseil général de Tarn-et-Garonne / 15 :00 : Visite du Musée d’Histoire naturelle - rencontre avec Mme Bergeret, directrice

 Mercredi 5 novembre

 10 :30 : traversée symbolique du Pont vieux (en commémoration de l'arrivée des Osages en 1829) / 11 :00 : accueil et réception à l'hôtel de ville / 12 :30 : rencontre avec l’association du Pont des Savoirs

Jeudi 6 novembre

11 :30 accueil au lycée Michelet des deux invitées + repas avec l'équipe éducative / 15h30 : rencontre avec 145 lycéens anglophones

vendredi 7 novembre

11 :30 : Albias – réception par la municipalité – terre indienne  / 15 :30 : rencontre avec les résidents du pôle seniors et des jeunes travailleurs à la Résidence accueil du Fort – 5 rue du Fort

Samedi 8 novembre

10 :30 : St Nicolas de la Grave – accueil par la municipalité / 11:00 visite du musée Cadillac et du Jardin des Indiens / 16 :00 : Montauban - shopping / 18:30 : rencontre avec la communauté tsigane (famille Daumas)

Dimanche 9 novembre

participation à la fête occitane de Dunes / 10 :00 : messe en occitan / 11 :30 : apéro trad / 12 :00 repas gascon / 15 :00 spectacle occitan 

Lundi 10 novembre

9 :32 : départ  gare de Montauban en TGV  de  Kathryn et Danette / accueil en gare de Paris-Montparnasse (Marie-Claude Strigler, docteur en économie et Edgard Strigler, docteur EHESS ) / visite en voiture de Paris : Invalides, Trocadero, arc de triomphe, Champs Elysées, Place de la Concorde, Opéra Bastille / soirée à Montmartre

Mardi 11 novembre

matin : Musée du Louvre / après-midi : cathédrale Notre-Dame / quartier Latin / Panthéon 

Mercredi 12 novembre

Rouen : Visite rapide du centre historique / visite du Muséum d'Histoire naturelle. Accueil par Sébastien Minchin, directeur du musée

Jeudi 13 novembre

matin : château de Vincennes / après-midi : Le Marais (ou château de Chantilly) / soir : rencontre avec Eloïse Gaillard, docteur en histoire de l'art (spécialisée en art amérindien)

vendredi 14 novembre

matin : musée du quai Branly ; rencontre avec le directeur du département des Indiens d'Amérique / après-midi : Tour Eiffel / Paris vu de la Seine en bateau-mouche

 

Jeudi 15 novembre

envol vers l'Oklahoma

 

Bon_Voyage

 

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