Oklahoma-Occitania

24 juin 2017

textes

Chef Seattle

(vers 1786 - 1866)

 

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Elrick Fabre-Maigné est un adhérent d'OK-OC de longue date. Voici un extrait du discours du chef Seattle qu'il a passionnément prononcé le mercredi 17 mai à l'hôtel de ville de Montauban devant nos invitées osages, Erica et Terry et un groupe important de la municipalité dont madame Barèges, maire de Montauban. Les élus municipaux ont unanimement reconnu la valeur profonde et l'actualité frappante de ce texte servi avec le grand talent d'Elrick.

Elrick Fabre-Maigné lit le discours du chef SeattleElrick Fabre-Maigné :

" En janvier 1854, lors des négociations avec le gouvernement des Etats-Unis, le chef Seattle exprimait son refus de vendre les territoires de sa tribu, car l'Homme blanc ne respecte pas la terre. Ce discours, même s'il a subi de nombreuses modifications (dont mon adaptation, raccourcie pour la nécessité de la scène, tout en conservant la substantifique moelle poétique), transmet une spiritualité et une conscience "écologique" (comme on dit aujourd'hui), hélas de plus en plus d'actualité ; y compris aux USA avec le Dakota Access Pipeline qui va polluer irrémédiablement l'eau du Missouri.  --- EFM "

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Le début de la survivance

Je suis Seattle, chef de la tribu Duwamish, et je vais parler :

En échange de nos territoires de chasse, le grand chef blanc à Washington nous offre "une réserve" pour y vivre entre nous. Cela est très généreux à lui, car l'Homme Rouge n'a plus de droits à faire valoir face aux soldats bleus et à leurs fusils à répétition.

Mais comment pouvez-vous acheter le ciel, la chaleur de la terre ? L'idée nous paraît étrange. Chaque parcelle de terre est sacrée pour mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'Homme Rouge. L'eau scintillante qui coule  dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement de l'eau mais aussi le sang de nos ancêtres ; elle étanche notre soif mais son murmure est la voix du Père de mon Père.

Je ne suis qu'un sauvage, mais je ne comprends pas quel intérêt il y a à vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire du grand aigle ou le souffle des bisons, la nuit autour d'un étang. Où est l'aigle ? Où est le grizzly ? Dans une cage pour amuser les enfants de villes ? Lorsque tous les bisons, les aigles et les grizzly auront disparu ; lorsque les forêts auront été coupées et les rivières polluées d'immondices, ce sera la fin de la vie et le début de la survivance.

Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes arrive bientôt à l'homme ; toutes les choses se tiennent dans le grand cercle de la vie.

Aussi nous acceptons votre offre, mais à une condition : l'Homme Blanc devra respecter la terre comme une sœur, les animaux qui la peuplent comme des frères.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Enseignez leur ce que nous avons enseigné aux nôtres. La Terre est notre mère ; tout ce qui arrive à la Terre arrive aux fils de la Terre : contaminez votre lit et vous suffoquerez un jour dans vos propres détritus !

Et quand le dernier Homme Rouge aura péri, quand les enfants de vos enfants se croiront seuls dans leurs champs, dans leurs boutiques ou dans le silence d'un bois sans chemin, ils ne seront pas seuls. La nuit quand les rues de vos villes et de vos villages seront silencieuses et que vous les croirez vides, elles seront envahies par les esprits de mes frères qui autrefois peuplaient et aimaient cette terre si belle.

L'homme blanc ne sera jamais seul.

J'ai dit.

 

J'ai dit !

 Le mercredi 17 mai au matin, après la traversée du Pont-Vieux de Montauban, les jeunes élus du CMJ de Montauban et des écoliers de Fonneuve (Montauban) accompagnés de leurs enseignants et de parents se réunissaient au square Picard où une petite cérémonie était organisée en l'honneur de nos invitées de la nation Osage : Erica Pretty Eagle et Terry Mason Moore. C'est un jeune conseiller du CMJ, Achille Maestre qui, au nom de toute la jeunesse montalbanaise, prenait la parole pour leur souhaiter la bienvenue et leur présenter notre drapeau national et la bannière occitane...

 

Achille Maestre prononce un discours de bienvenue

 

Mesdames et Honorables déléguées de la Nation Osage

 Je m’appelle Achille Maestre, j’ai 12 ans et au nom  des enfants de Montauban, je vous souhaite la bienvenue dans notre ville.

 En novembre 1829, trois Osages perdus : Petit Chef, Femme Faucon et Grand Soldat, arrivèrent à Montauban après un parcours de plus de deux ans en France et en Europe. Ils étaient désespérés de ne jamais revoir leurs familles en Amérique. Les habitants de Montauban rassemblèrent la somme nécessaire à leur voyage de retour au pays. Les Osages ne l’ont jamais oublié.

En 1989, l’association Oklahoma-Occitania a retrouvé le contact avec la tribu Osage. Et depuis cela on a vu des centaines d’Osages traverser le pont-Vieux de Montauban en mémoire de leurs ancêtres les Osages perdus de 1829. Tous ces Osages qui ont séjourné dans notre ville y ont été accueillis à bras ouverts et ont visité notre belle région occitane.

Nous vous souhaitons un agréable séjour dans notre ville et nous sommes heureux de vous offrir les bannières de France et d’Occitanie

 

Le drapeau de la nation française

 

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 Il a été adopté par la Convention, une assemblée nationale de la République française le 15 février 1794  sur la proposition du Président de cette assemblée.

 

Jean Bon St-AndréCe président qui se nommait Jean Bon Saint-André était un citoyen de Montauban où il était très respecté. De sorte que nous pouvons dire que le drapeau français est né Paris, mais a été conçu et imaginé à Montauban.

 

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Notre drapeau national a flotté officiellement de 1800 à 1803 sur le territoire qui allait devenir l’Oklahoma et faisait alors partie de la Louisiane française. Il était le cinquième drapeau sur les quatorze drapeaux qui ont flotté successivement sur l’Oklahoma. Il fait donc aussi un peu partie de votre histoire comme de la nôtre.

 Nous avons le plaisir de vous l’offrir pour que vous puissiez le déployer lors des fêtes et cérémonies du peuple Osage et rappeler ainsi la grande amitié qui relie nos deux peuples depuis trois siècles.

 

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Le drapeau d’Occitanie

 

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Croix Occitan03La croix occitane a été adoptée au Moyen âge par les comtes de Toulouse. Elle est désormais le symbole de l’Occitanie et celui de notre région. Le symbole des couleurs : rouge et jaune est en fait désigné par « Sang et Or ». Le Sang, c’est l’esprit des hommes ; L’Or, c’est l’or en fusion, le soleil, c’est à dire l’Être Suprême On peut voir dans cette croix : les 4 directions (ou les 4 vents) ; les 4 saisons de l’année ; les 12 mois que représentent les 12 boules. Certains y voient aussi les 12 signes du zodiaque. L’Occitanie est une région de France qui a sa propre langue, sa culture et ses traditions millénaires. En emportant ce drapeau et en le faisant flotter en pays Osage vous rappellerez à votre peuple qu’il y a dans le Sud de la France, des gens qui n’ont pas oublié la nation Osage avec lesquels ils ont noué des liens d’amitié.

 

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17 juin 2017

à Paris

Deux Indiennes dans la ville

 

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Marie-Claude Strigler

Lundi 22 mai

Arrivée de Terry et Erica à Orly en provenance de Montauban. Après avoir déposé les bagages et déjeuné rapidement, départ pour le musée du quai Branly, devenu musée Jacques Chirac, car nous avions une invitation pour l’inauguration de la nouvelle exposition, « la pierre sacrée des Maori ».

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Une exposition intéressante présentée par le musée de Nouvelle-Zélande Tepapa Tongarewa. L’architecture même du musée leur a paru particulière, sans parler de la curiosité que présente le mur végétal. Après le musée, plage de repos bienvenue dans un bateau-mouche, d’où nous avons vu défiler les rives de la Seine ponctuées des principaux monuments.

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Sortis du bateau-mouche, rencontre avec deux CRS lourdement armés, mais… décontractés. Séduits par nos amies Osages, nous avons quelque temps cheminé ensemble. L’entre d’entre eux serait même bien reparti aussi en Oklahoma…

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Dîner à la maison, où nous avons pu constater que ce sont les dignes descendantes de leurs ancêtres de 1827 : elles apprécient la bonne chère.

 Mardi 23 mai

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Matinée aux Galeries Lafayette, car nous voulions leur faire admirer la verrière art-nouveau qui forme son dôme. Les rayons de mode étaient largement aussi intéressants. Erica n’est pas styliste et graphiste pour rien. Et puis, il fallait se rapporter « quelque chose » de Paris, dont un joli chapeau rouge pour Erica.

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Déjeuner offert par l’université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle au « Bouillon Racine » et son fameux décor art-nouveau.

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La responsable de l’UFR d’anglais nous avait organisé une rencontre ensuite à l’Institut du monde anglophone avec doctorants, jeunes maîtres de conférence et vieux profs, tous intéressés par les cultures amérindiennes. Erica et Terry se sont prêtées de bonne grâce aux multiples questions dont elles ont été assaillies. Les adresses se sont échangées. « Goûter » avec tarte aux cerises et tasse de thé à la pâtisserie viennoise de la rue de l’école de médecine, un des hauts lieux du quartier.

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Précisons que l’Institut du monde anglophone était autrefois l’école des barbiers-chirurgiens (même métier), transformée par Louis XV en école de dessin gratuite. Il a aussi abrité l’appartement de Sarah Bernard.

Puis, tour en voiture : Concorde, Champs-Elysées, Arc de triomphe…  Elles ont ainsi fait l’expérience des embouteillages parisiens. Apparemment en bonne forme physique, elles n’apprécient pas trop la marche à pied.

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Récupération dans le jardin avant une soirée imprévue, où deux invitations se sont télescopées : invitation chez une voisine journaliste et son compagnon britannique autour d’un joli buffet accompagné de champagne (dûment apprécié) ; et une invitation à une soirée hip-hop organisée par le CSIA (Comité de soutien aux Indiens d’Amérique), car l’un des musiciens est ami d’Erica. Concert lié au mouvement anti-Trump et anti pipeline, lié au mouvement noDAPL. Sans surprise, Terry opte pour la soirée calme chez les voisins, et Erica choisit sans hésiter la soirée hip-hop.

 Mercredi 24 mai

Bain de foule au Louvre, dès l’heure d’ouverture. Mais c’est un passage obligatoire que nos amies ont bien apprécié. Puis promenade autour de Notre-Dame. Nous avons eu la surprise d’apprendre que toutes les deux avaient déjà vu l’intérieur, alors que nous croyions qu’Erica n’était jamais venue à Paris. Déjeuner dans un restaurant italien au Quartier latin, visite de l’église Saint-Julien le pauvre, du cloître et promenade dans le jardin paisible qui l’entoure. Nous rentrons assez tôt pour nous reposer un peu avant la réception du soir qui, grâce au temps estival, aura lieu dans le jardin. Nos amies continuent à apprécier  canapés et petits fours, et les vins qui les accompagnent. Parmi les invités, des universitaires (évidemment !), un journaliste, un consultant d’entreprise, une consultante pour l’UNESCO qui participe à la commission des droits des peuples autochtones. Là aussi, les questions fusent et les adresses s’échangent, car tous réalisent qu’ils ont des intérêts communs.

Erica a la  gentillesse d’enfiler sa tenue de mariage. Quel dommage que le chapeau haut de forme entouré de plumes d’autruche qui complète la tenue n’ait pas pu entrer dans les bagages !

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Jeudi 25 mai

Le matin, visite du palais Galliéra /musée de la mode, qu’en bonne styliste, Erica tenait à visiter. Arrêt sur l’esplanade du Trocadéro pour avoir « la » vue sur la tour Eiffel, avant de plonger dans la foule qui se presse à Montmartre autour du Sacré Cœur, place du Tertre et dans les rues adjacentes, où des nuées d’artistes proposent de faire votre portrait en quelques coups de crayon. Nous quittons la foule pour nous réfugier dans le parc de Bercy, où les seuls bâtiments d’origine, les fameux chais d’où partaient les livraisons de vins, abritent désormais le musée des arts forains. La jeune conservatrice, titulaire d’un doctorat en  histoire de l’art de l’École du Louvre nous a invités à visiter cette collection riche et originale, ouverte de temps en temps au public.

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Erica et Terry ont été fascinées par les premiers jeux de foire, les premiers manèges, pour adultes car, avons-nous appris, autrefois les enfants n’allaient pas dans les fêtes foraines. Nous avons même vu l’ancêtre du juke-box, doré à l’or fin et réservé aux maisons closes…

Au moins nos amies ont pu sortir des sentiers battus.

Entre Montauban et Paris, elles ont vu diverses facettes de la société française et, aussi bien à Montauban qu’à Paris, elles ont volontiers donné un aperçu de leur culture à un public de tous âges.

Nous nous disons au revoir à Roissy, en se promettant de préserver nos liens d’amitié.

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photos : Edgard Strigler

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10 juin 2017

Les derniers jours du printemps indien à Montauban

Vernissage de l'exposition

" si les Osages m'étaient contés..."

 

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Ce samedi 20 mai était le dernier jour des rencontres avec le public montalbanais de nos deux invitées osages. Nous avions fixé la cérémonie d'ouverture de notre exposition à ce jour-là. Elle était présentée à l'Ancien Collège de Montauban dans la salle "Pawhuska, chef des Osages". Il fallait donc d'abord expliquer qui avait été le chef Pawhuska. C'est ce que nous avons fait à l'aide des deux premiers panneaux (sur douze) de l'exposition.

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C'est alors qu'Erica et Terry sont apparues en costumes traditionnels. Erica, pour l'occasion avait revêtu le costume traditionnel de la mariée Osage.

 

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DSC_0579Les visiteurs ont ensuite été invités à se rassembler dans la cour où les présentations ont été faites suivies du discours de M. Alain Crivella, adjoint à la culture représentant Mme le maire de Montauban. Il s'en est suivi un moment d'intense émotion lorsque le poète occitan, Jacmé Gaudas à joué, avec la verve et la passion qu'on lui connaît, une lettre de Léonard Peltier* Un texte d'une rare profondeur souligné d'une évocation du langage des signes des Indiens d'Amérique.

 

Gérard Massip, président d'OK-OC, fait les présentations

 

une partie des invités dans la cour de l'Ancien Collège, devant la salle Pawhuska

 

Jacmé Gaudas dit le texte de Leonard Peltier

 

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Erica et Terry encadrent le dessin au crayon de Océane Gasset

Gérard Massip en dicussion avec deux élus de Montauban : Alain Crivella et Monique Valat

Erica, Michel Monesma et Jean-Jacques Delmas autour du portrait du chef Pawhuska par Henry Van Loenen

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* Leonard Peltier est un militant amérindien (Native American) anishinaabe/lakota, né le 12 septembre 1944, incarcéré depuis 1976 et condamné à deux peines à perpétuité. Il est membre de l'American Indian Movement. L'organisation Amnesty International le considère comme un prisonnier politique, qui « devrait être libéré immédiatement et sans condition ». (Wikipédia)

 

Réception

au Conseil départemental

Encore une tradition qui est respectée depuis 1990, lors du retour de quarante-trois Osages venus marcher sur les traces de leurs ancêtres de 1829 : l'accueil à l'hôtel du département du Tarn-et-Garonne, au château de Montauriol.

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Mme Marie-José Maurièges, et M. Ghislain Descazeaux, adjoints au président du Conseil départemental accueillaient très chaleureusement nos deux invitées de la nation Osage : Mrs Terry Mason Moore et Erica Pretty Eagle, en cette fin d'après-midi du jeudi 18 mai. Après la remise des cadeaux et les discours de bienvenue, les petits fours furent aussi bien accueillis.

Marie-José Mauriège accueille nos invitées

Ghislain Descazeaux présente un cadeau

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Erica, Terry et Evy

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03 juin 2017

Les traditions du Printemps Indien

La traversée du Pont-Vieux

 

Résumé des chapitres précédents :

Lorsque trois Osages perdus en France depuis juillet 1827 arrivèrent à Montauban, en novembre 1829, ils traversèrent le Tarn sur le seul pont qui existait à l'époque : le Pont-Vieux. Ils se rendaient à l'évêché pour y demander du secours à l'évêque Mgr Dubourg, ancien évêque de la Louisiane française au siège de Saint Louis (l'actuelle capitale de l'Etat du Missouri). Le siège épiscopal de Montauban se trouvait en ce temps là à l'hôtel d'Aliès, devenu aujourd'hui l'hôtel de ville, à quelques pas du Pont-vieux, rive droite.

L'évêque, ayant sollicité les Montalbanais et la municipalité, réunit en quelques jours la somme nécessaire au voyage de retour en Amérique. C'est la raison pour laquelle tout Osage moderne qui vient à Montauban depuis la reprise de nos relations amicales en 1989 doit sacrifier à la tradition, devenue quasiment un rite : effectuer la traversée du Tarn sur le Pont-Vieux jusqu'à la mairie.

Le "pont des Osages" à Montauban. Peinture/toile par Rosendo Li

Cette année, la tradition devait revêtir un faste exceptionnel. Huit membres du Conseil municipal de jeunes (CMJ), ceints de leur écharpe tricolore, ouvraient le cortège à la suite de nos deux invitées osages : Erica Pretty Eagle Moore et Terry Mason Moore. Venaient suite une classe de l'école de Fonneuve (quartier nord de Montauban) avec les porteurs d'une dizaine de drapeaux nationaux, régionaux et tribaux. En queue du peloton suivaient les enseignants, les parents et d'autres adultes. La cavalerie municipale ouvrait la piste et en assurait la sécurité. Un grand merci à tous.

des Conseillers municipaux jeunes de Montauban

la marche triomphale sur le Pont-Vieux (dit " Pont des Osages")

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La traversée effectuée, tout le monde se regroupait au square Picard où des membres du CMJ offrirent des cadeaux souvenirs à nos invitées : en l'occurence un drapeau français et un drapeau d'Occitanie qui furent présentés par Achille Maestre *

les jeunes du CMJ au square Picard

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Achille lit son discours de bienvenue

présentation des drapeaux offerts à nos invitées osages

 

La réception à l'hôtel de ville

C'est un autre passage obligé puisque c'est en cet hôtel d'Aliès que furent accueillis et hébergés les trois Osages perdus de 1829 : Petit Chef, Femme Faucon et Grand Soldat.

 

Madame Brigitte Barèges, maire de Montauban, souhaite la bienvenue à la délégation osage

 

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Madame Brigitte Barèges, maire de Montauban entourée de plusieurs membres de la municipalité, accueillirent nos invitées dans le salon bleu avec des membres d'OK-OC et des rafraîchissements. Un membre d'OK-OC, Elrick Fabre-Maigné dit avec un grand talent et une force extraordinaire de conviction un extrait du fameux texte du chef Seattle. Unanimement apprécié pour son actualité.*

 

Elrick Fabre-Maigné lit le discours du chef Seattle

 

La réception à l'évêché

 

Mgr Dubourg, évêque de Montauban en 1829

 

Encore une tradition respectée depuis le premier voyage moderne des quarante-trois Osages à Montauban en septembre 1990 : la visite de courtoisie à l'évêque de Montauban. C'est ainsi que pas moins de quatre évêques ont reçu des visiteurs osage au cours de ces vingt-sept dernières années : Mgr de Saint-Blanquat, Mgr Housset, Mgr Sarrabère et actuellement Mgr Ginoux.

Une symparhique et informelle rencontre à l'évêché, au cours de laquelle Terry et Erica ont offert à Mgr Ginoux une couverture indienne de la fabrique Pendleton, entièrement gérée par des Amérindiens dans l'Oregon.

 

Mgr Ginoux, actuel évêque de Montauban a reçu en cadeau une couverture indienne

 

Erica pour l'occasion avait revêtu sa tenue traditionnelle de mariée osage. Nos deux invitées ont été photographiées en vue d'une exposition en préparation sur les 700 ans du diocèse. Elles y figureront sur un panneau relatant cette belle histoire des Osages perdus et... retrouvés.

 

Tery et Erica en tenue de mariée traditionnelle avec Mgr Ginoux, évêque de Montauban

 

Terry, Erica et le père Louis Salesse, membre d'OK-OC

 à samedi prochain 10 heures pour la suite du compte-rendu du "PRINTEMPS INDIEN 2017"

 

 

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* Ces textes feront l'objet d'un prochain article

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27 mai 2017

C'était le PRINTEMPS INDIEN au château de Bioule (1)

Les Osages

à l'école dans un château

 

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Le château de Bioule au bord de l'Aveyron

L'école publique du village de Bioule, dans le Tarn-et-Garonne, n'est pas comme les autres. Elle est la seule en France à fonctionner dans un château du XIème au XIVème siècle. C'est cet insolite anachronisme que nous avons voulu faire vivre à nos invitées Erica Pretty Eagle Moore et Terry Mason Moore.

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Nous y sommes arrivées par une belle matinée de printemps le mardi 16 mai vers 10 heures. Monsieur le maire, Gabriel Serra et sa première adjointe, Florence Danthez, accueillaient nos invitées, ambassadrices de la nation Osage en Oklahoma.

Gabriel Serra, maire, accueille Terry et Erica à la porte du château-école

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M. le maire est un très bon guide, Evy Massip traduit

dans la salle des chevaliers

Une visite du château médiéval s'imposait. M. le maire a l'habitude de tenir le rôle de guide, notamment devant les caméras des équipes de reportage envoyées par les multiples chaînes de télévision. C'est donc en quasi professionnel qu'il a retracé l'histoire de cette imposante bâtisse longtemps habitée par les seigneurs de la famille Cardaillac.

 

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Evy traduisait pour nos invitées et Michel fixait les images dans sa boîte numérique (on ne dit plus "sur la pelliculle" aujourd'hui). Une classe d'enfants de l'école travaillait dans la cour du château, là où justement se situaient les lices des joutes médiévales tandis que les belles dames se pressaient dans les galeries en surplomb. Les enfants ne s'en étonnent plus depuis longtemps ; nos invitées si.

 

les enfants travaillent dans les lices du château

 

en haut à gauche la galerie d'où les belles dames admiraient leurs chevaliers

 

Notre petit groupe a ensuite fait le tour du village et à la fin de la matinée une sympathique réception nous réunissait à la mairie où Erica reçut une médaille de la ville.

 

présentation de la médaille de Bioule

 

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Le repas était prévu à la cantine scolaire qui mérite davantage le nom de restaurant intergénérationnel. Car parmi les enfants on remarquait la présence de personnes âgées. Une mixité conviviale bien appréciée nous a-t-il semblé.  Encore un anachronisme : les (arrière) grands-parents et les (arrière) petits-enfants partageant un même menu centré sur un plat de moules-frites, sans doute plutôt rare en Oklahoma.*

 

au restau scolaire intergénérationnel

 

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C'est l'après-midi que le travail a commencé. Nous nous sommes rendus dans la classe CP-CE1 de Jean-Marc Bouysset. Les enfants n'étaient pas au courant. l'effet de surprise fut total. C'était une amorce pédagogique calculée.

 

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Troisième anachronisme : des Indiennes d'Amérique dans le monde moderne. Explication : pour la plupart des enfants et des adultes, les Indiens sont des personnages de bandes dessinées et du cinéma américain. On les croyait disparus depuis longtemps sauf quelques-uns qui devaient encore vivre sous les tipis et chasser le bison à cheval. Nous bousculions le préjugé... C'est le commencement de la sagesse. Et l'âge de la sagesse, c'est précisément celui des enfants de sept à huit ans qui accueillaient nos invitées venues d'un pays lointain.

Le programme de cet après-midi scolaire était bien sûr adapté à l'âge des enfants. Nous l'avions intitulé "Langues, langages et expression corporelle". Nous avons commencé par les langues.

La langue anglaise que parlent tous les Osages fut la première concernée. Les enfants y sont initiés par leur enseignant. Aussi ont-ils commencé par se présenter dans la langue de Shakespeare, avec force contorsions parfois, mais toujours avec grâce.

 

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De là nous sommes passés à la langue osage. Presque éteinte il y a quinze ans, la langue du peuple Osage a été patiemment sauvegardée par une poignée de collecteurs passionnés et enseignée dans toute la communauté. Un système graphique a même été inventé pour en traduire toutes les sonorités ce qui en fait aujourd'hui une langue écrite alors que seule la tradition orale l'exprimait autrefois. Maintenant, elle s'imprime aussi.

 

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Avec un jeu d'une dizaine de planches plastifiées, présentant un animal familier sur une face et son nom en langue et graphie osages sur l'autre, Erica a joué à la maîtresse, avec un plaisir à l'évidence partagé. Des langues nous sommes passés aux langages.

Le langage des signes des Indiens d'Amérique était autrefois une sorte d'espéranto gestuel entre des peuples parlant plus de trois cents langues différentes. Erica en a fait une démonstration très grâcieuse sur un fond musical apaisant. Les enfants, étonnés, posèrent de nombreuses questions en fin de séquence.

 

langage des signes des Indiens

 

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 Mais, a fait observer Jean-Marc Bouysset, nous utilisons nous aussi un langage des signes quand le silence ou la distance l'imposent. Quelques exemples proposés et d'autres trouvés par les enfants permirent de comprendre leur caractère international et ce que "parler avec les mains" veut dire.

Et les animaux ? Ont-ils aussi un langage des signes ? Qu'exprime un chien qui remue la queue à la vue d'un sucre ? Que dit un chat qui fait le gros dos ? etc. Ce petit jeu a bien amusé les enfants qui ont fourni d'autres exemples.

Le temps avait passé vite. Cela faisait environ une heure et demie que les enfants étaient assis sans qu'aucun encore n'ait manifesté l'envie d'aller faire un tour ailleurs. Ils avaient besoin d'activité physique. Mais avant cela ils voulaient remercier leurs invitées osages et, avec l'accompagnement de Jean-Marc et de sa guitare, ils les ont remerciées en chanson. Le "chant de la classe" mettait en scène chacun des écoliers qui à tour de rôle se présentaient avec sa particularité. "L'école dans un château" revenant en boucle au refrain.

 

la chanson des enfants du CP-CE1. Jean-Marc accompagne à la guitare

 

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Et c'est alors que le grand écart historico-culturel s'est produit. Nous sommes tous allés dans la salle des chevaliers sur les murs de laquelle d'authentiques fresques montrent encore les Preux du Moyen-âge.

 

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Pour y faire une activité improbable : pratiquer une danse sociale des Indiens d'Amérique dans un cadre médiéval occitan. La Native American Round Dance réunit tout le monde, Indiens ou non, grands et petits, de tous les pays représentés. C'est une danse sociale de tous les pow-wows des Indiens d'Amérique. Les enfants et les adultes se sont donnés la main en formant une ronde ; on a lancé le chant rythmé par le tambour et la ronde a uni les êtres de la famille humaine, abstraite de l'espace-temps. Sans le savoir, les enfants ont reconstitué le cercle sacré des Indiens d'Amérique. Mais leur inconscient l'a certainement imprimé sur une mémoire enfouie dans leurs circonvolutions.

 

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Pour clôturer cet après-midi à Bioule, il nous restait à accomplir un acte solennel, porteur de message aux générations futures : planter un arbre. Le plaqueminier, ou persimon ou encore kaki est un arbre fruitier originaire du Japon. Le fait qu'il ait été planté par des Indiens d'Amérique et des Français d'Occitanie accentue son caractère exotique à valeur universelle. Dans les années à venir, les personnes qui en mangeront les fruits ne pourront pas l'ignorer. Le village de Bioule y veillera.

 

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Les enfants ont vaillamment participé à l'enfouissement de la motte et à l'arrosage. Ainsi, ils pourront dire à leurs enfants : "tu vois cet arbre, c'est moi qui l'ai planté en coopération avec deux Indiennes d'Amérique". C'est ainsi qu'on sème la paix.

 

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Jean-Claude Drouilhet

photos : Michel Monesma

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* vous n'allez pas le croire : en 2013 à Pawhuska (Oklahoma), on nous a servi devinez quoi... une bouillabaisse ! La mondialisation n'a plus de limite.

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abo

 


20 mai 2017

portraits

OSAGES...

COMME DES IMAGES

Le Printemps indien d'OK-OC, c'est bien parti ! Nos deux invitées osages Terry Mason Moore et Erica Pretty Eagle sont bien arrivées et ont passé leurs première journée de lundi à récupérer des sept heures de décalage horaire. Le mardi c'est la journée à l'école de la République dans le château d'un seigneur du Moyen âge, mercredi c'est la traversée rituelle du Pont-Vieux de Montauban et l'accueil en mairie par les enfants du Conseil municipal jeunes. Jeudi c'est à la maison protestante, vendredi c'est chez l'évêque et au repas de voisins du quartier Sapiac à Montauban. Enfin samedi ce sera l'inauguration de l'expo "si les Osages m'étaient contés...". Tout cela vous sera raconté plus tard.

Pour vous faire patienter nous vous proposons quelques images de nos invitées. Et d'abord celle-ci, qui est l'œuvre d'un peintre : Charles Banks Wilson.  Elle s'intitule "Osage dreams" (rêves osages) et elle présente la particularité de figurer en son centre un guerrier osage (celui qui tient la crosse à plumes d'aigle) pour lequel le modèle qui a posé n'est autre que le père et grand-père de nos deux invitées

 Osage Dreams

Voici donc maintenant quelques portarits de nos invitées osages

Terry

Terry_Mason_Moore

Terry2

Terry3

Terry04

Erica

 

Erica3

 

Erica2

 

Erica01

Erica04

Erica05

Erica5

 

Erica07

Erica08

Erica11

Erica13

Erica14

Erica6

 

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13 mai 2017

PRINTEMPS INDIEN 2017/3

mardi 16 mai à Bioule

Les Osages sont invitées

à l'école du château

 

Château

Ce ne sera pas la première fois que nous emmènerons des Osages à l'école, au collège, au lycée ou à l'université. Mais cette rencontre ne sera pas comme les autres. Elle aura lieu à Bioule, un charmant village du Tarn-et-Garonne, sur la rive gauche de l'Aveyron, à 6 km de Nègrepelisse. Nous avons bâti cette rencontre sur un double anachronisme.

 

Château de Bioule, salle des Preux

 

* le premier anachronisme réside en la présence d’une école moderne de la République dans un château médiéval. (Le château de Bioule du XIème et du XIV ème siècle abrite l'école publique depuis 1889). Cela ne manquera pas d’étonner et d’intéresser nos invitées osages qui en feront un rapport détaillé et élogieux dans la communauté osage en Oklahoma

* le second anachronisme est plus subtil encore. Aux yeux des enfants – et de nombreux adultes – les  Indiens sont des personnages de bande dessinée et du cinéma américain ; ils n’ont plus d’existence réelle. La découverte de leur présence physique dans le monde contemporain bouscule ce préjugé et ouvre l’esprit vers le monde réel.

 Les enfants de la classe de CP / CE1 de Jean-Marc Bouysset ne s'attendent pas à cette visite (le maître si !). C'est volontairement qu'ils n'y ont pas été préparés afin que la surprise soit totale.

Bien évidemment le contenu et le déroulement ont été adaptés à des enfants de sept-huit ans. Il n'y aura donc pas de conférence ni de leçon au sens scolaire du terme. Mais des séquences.

d'abord on identifiera le "pays lointain" et l'origine des deux invitées à l'aide de bannières et d'images plastifiées.

Ensuite on dialoguera, au niveau des écoliers anglicistes débutants, en langue anglaise,

puis on s'initiera à la langue osage et à son écriture  dans un système graphique qui lui est propre. Des images d'animaux nous aideront à reconnaître les sons et la graphie osage

Osage writing

ensuite on assistera à une démonstration par Erica pretty Eagle du langage des signes des Indiens d'Amérique, ce qui nous permettra de faire un petit détour sur notre langage des signes qui accompagne et complète notre langue orale ;

sign language

enfin on ira dans la salle des preux chevaliers où nous pratiquerons ensemble, enfants, adultes, Français et Osages une Native American round dance, une danse sociale ouverte à tous qui se pratique dans tous les pow-wows d'Amérique. Ce sera une manière de clôturer par l'expression corporelle un après midi consacré aux langues et langages orales, écrites et signées.

 

Round Dance

 

 

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06 mai 2017

PRINTEMPS INDIEN 2017/2

LE PRINTEMPS INDIEN

D'OK-OC ARRIVE AVEC

NOS INVITEES OSAGES

 

C'est dimanche 14 mai que nos deux invitées d'honneur arriveront à l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Il s'agit d'Erica Pretty Eagle Moore et de Terry Mason Moore.

Terry_Mason_Moore

Terry est une ancienne chef en second de la nation Osage. Elle est avocat de formation et exerce la profession de juge. Elle est la mère d'Erica.

Erica Pretty Eagle01

Erica est ancienne princesse osage (en 2009). Elle a 24 ans, elle étudie à l'université et participe occasionnellement à des défilés de mode : Santa Fe (Nouveau Mexique) et San Diego (Californie)

Le père de Terry - et grand-père de Erica - a posé pour une œuvre du peintre Charles Banks Wilson représentant une scène d'échanges commerciaux entre les Osages et les trappeurs. C'est l'Osage en premier plan du tableau. Une copie de cette peinture par Henry Van Loenen figurera en bonne place à l'exposition "si les Osages m'étaient contés" qui se prépare.

legend of Kansas

La semaine précédant le vernissage de l'exposition sera très bien occupée avec la présence des deux invitées osages. En voici le détail :

dimanche 14 mai 16h15 - accueil à l'aéroport de Toulouse de Terry et Erica

lundi 15 mai - journée de repos (récupération des sept heures de décalage horaire) et de promenade dans Montauban

mardi 16 mai - journée à Bioule (Tarn-et-Garonne). Ce charmant village près de Nègrepelisse, à une vingtaine de kilomètres de Montauban, présente une caractéristique unique en France : son école primaire publique est installée dans un château des XIème et XIVème siècles. La modernité flirte avec le Moyen âge.

 

Château

  • 10 h - accueil par le Conseil municipal. Visite du château médiéval et de l'école
  • 10h30 - petite promenade avec le maire et la municipalité dans le village
  • 11h30 - réception à la mairie par le Conseil municipal
  • 12h00 - repas au restaurant scolaire intergénérationnel avec les enfants et les personnes âgées
  • 13h30 - rencontre avec les enfants de la classe de CP/CE1 dirigée par Jean-Marc Bouysset sur le thème : " Langues, langages et expression corporelle des Indiens Osages"
  • 15h30 - plantation d'un oranger des Osages avec les enfants et la municipalité
  • 16h - retour à Montauban

mercredi 17 mai - journée à Montauban , en reconnaissance de l'accueil que la ville, son maire, le vicomte de Gironde, son évêque, Louis Guillaume Dubourg et ses citadins réservèrent aux trois Osages perdus en 1829. Leur générosité permit à Petit-Chef, Femme-Faucon, son épouse et Grand-Soldat de revenir dans leur pays. En arrivant à Montauban les trois Osages de 1829 traversèrent le Tarn sur le Pont-Vieux (le seul pont à l'époque) pour entrer en ville.

 

pont des Osages 2

  • 9h30 - réception des deux invitées osages par les élus de la municipalité à lhôtel de ville 
  • 10h30 - rassemblement des personnes qui désirent suivre le cortège de la traversée du Pont-Vieux à son extrêmité rive gauche.
  • 10h45 - départ du cortège avec en tête Terry et Erica portant l'étendard osage, suivies de plusieurs membres du Conseil Municipal Jeunes, ceints de leur écharpe tricolore, et d'enfants d'une école de Montauban porteurs de drapeaux nationaux et régionaux. Viendront ensuite toutes les personnes qui voudront accompagner
  • 11h15 - regroupement sur la rive droite,
  • 11h30 - réception à l'hôtel de ville de Montauban (proche de l'exrêmité rive droite du Pont-Vieux) par les jeunes élus du Conseil Municipal Jeunes. Rappelons que cet hôtel d'Aliès était en 1829 la résidence de l'évêque Louis Dubourg où les Osages perdus furent accueillis et hébergés
  • 12h30 - repas au restaurant municipal (invitées et accompagnateurs d'OK-OC)
  • après-midi de repos et promenade

jeudi 18 mai

  • 9h00 - rencontre avec les enfants de l'école de Fonneuve
  • 11h30 - (en préparation)
  • 15h30 - maison protestante, 18 quai Montmurat, Montauban. Rencontre avec les résidents et le public montalbanais (entrée libre). Présentation vidéo de l'histoire fondatrice des échanges avec les Osages - présentation des invitées et interventions de celles-ci. Les mariages traditionnels. Démonstration en langue des signes des Indiens d'Amérique

vendredi 19 mai

  • 15h00 - rencontre privée avec Mgr Ginoux, évêque de Montauban. En reconnaissance de l'action menée en 1829 par son prédécesseur Mgr Dubourg pour accueillir en 1829 les Osages perdus, il ne s'agit ici que d'une visite de courtoisie.
  • 19h00 - participation à l'apéritif des voisins du quartier de Sapiac préparée par l'association de quartier. Montauban, 330 rue Léo Lagrange

samedi 20 mai

  • matinée libre
  • après midi libre
  • 18h00 regroupement à l'exposition " si les Osages m'étaient contés..." entrée 2, rue du collège - Ancien Collège de Montauban.
  • 18h30 vernissage de l'exposition.

 

affiche A4dimanche 21 mai

  • tourisme et repos

lundi 22 mai

 11h30 -  Aéroport de Toulouse  - départ pour trois jours à Paris avec un accueil et hébergement d'OK-OC

mercredi 24 mai

  • 17h00 - à l'expo " si les Osages m'étaient contés..." 2 rue du collège - Ancien Collège, salle Pawhuska. Visite commentée de l'expo avec projection vidéo. rencontres avec les associations Lo Reviscol et L'institut d'Estusis Occitanas (IEO)

vendredi 2 juin

  • 9h00 - 12 h00 l'exposition est ouverte (dernières visites)
  • 12h01 clôture et démontage

29 avril 2017

Corbeau Blanc

 

White Crow

 

Dans un précédent article (7/08) je racontais l'étonnante histoire du corbeau blanc . Lorsque j'écrivais cette histoire j'étais loin de me douter qu'un Indien d'Oklahoma portait fièrement ce beau nom.

 White Crow (Corbeau Blanc)

chatullisC’est Cha’ Tullis, l’artiste peintre Blackfeet, auteur de dizaines de peintures murales des maisons de Hominy, l’une des trois villes de la réserve osage en Oklahoma, qui a peint le portrait de Corbeau Blanc (White Crow). Il commente ainsi son tableau :

 

 

« Le bâton de danse à tête de cheval était un cadeau de son oncle. La veste brodée de perles était celle que son père préférait mais qu’il lui donna car elle ne lui allait plus. A la suite d’une vision, il avait lui-même confectionné sa chemise  à l’oiseau de pluie. Grand-mère, en souriant et avec des larmes de fierté plein les yeux lui avait fait cadeau du tissu rouge. L’aigle lui avait offert ses plumes. Et Grand-père avait dit : “ Nous avons pris un peu de chacun mais nous ne ressemblons à personne” »

 Lorsque le corbeau blanc qui hante mon domaine depuis des années vient lancer son cri de guerre sous ma fenêtre, je ne peux m’empêcher de penser à White Crow et à l’unicité de chacun des individus qui composent la grande diversité humaine. Comme à celle de chaque culture, si précieuse et indispensable, aussi fragile soit-elle, à l’avenir de l’homme. Mitakuye Oyasin ! (tous apparentés)

 Mitakuye Oyasin

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22 avril 2017

Serpent Noir : le Retour...

O MITAKUYE OYASIN !

(Tous mes frères, nous sommes tous reliés !)

 

cercle sacré

Raphaël Ponce

L'accomplissement de la prophétie du Serpent Noir à été mis en évidence suite au projet de l'oléoduc souterrain "Dakota Access Pipeline" et du mouvement de résistance contre sa construction qui a eu une forte résonance dans le monde entier. Ce mouvement résulte d'une lutte soutenue pour la défense de l'environnement qui n'a cessé de croître aux États-Unis tout au long de cette dernière décennie. Les Sioux de la réserve de Rosebud avaient déjà établi un premier campement de résistance début 2014 (Rosebud Sioux Tribe Spirit Camp), pour demander au président Barak Obama de rejeter le projet de l'oléoduc Keystone XL, qui était déjà vivement contesté par les principales associations environnementales américaines. Ce projet qui avait été suspendu a été relancé par Donald Trump en ce début d'année, en même temps que celui du D.A.P.

 Dans les faits, la réalisation de la prophétie du serpent noir a été amorcée dès la fin des années 1930, lorsque sont apparues les autoroutes de bitume noir qui ont commencé à sillonner les États-Unis, pour ensuite relier tous les états et les grandes villes avec les interstate highway, (littéralement « grande route inter-états »). C'est donc déjà à cette période que les Sioux Lakotas ont pu reconnaître le grand serpent noir qui caractérise la prophétie. Cette prophétie dit que c'est à partir du moment où le serpent noir descendrait dans le sol qu'il dévasterait la Terre Mère. Les oléoducs figurent très bien cette seconde phase de la prophétie, surtout lorsqu'on considère que le bitume utilisé pour le nappage des autoroutes est un matériau composé d'un mélange d'hydrocarbures issus de certains pétroles bruts, ce qui fait la parenté évidente des routes avec les oléoducs, signifiant qu'ils incarnent tous les deux cette même nature pétrolière qui caractérise le serpent et sa couleur noire.

 "There was a prophecy saying that there is a black snake above ground. And what do we see? We see black highways across the nation... When that black snake goes underground, it's going to be devastating to the Earth." David Archambault II, président tribal de la réserve Standing Rock, Dakota du Nord, décembre 2016.

  En approfondissant cette identification du pétrole au serpent noir, on réalise combien son usage finit par être terriblement destructif pour notre Terre Mère, principalement à notre époque. L'exploitation pétrolière avait commencé en même temps que la révolution industrielle, vers le milieu du XIXe, pour devenir une ressource stratégique et le sujet principal des enjeux géopolitiques. Le pétrole est devenu rapidement la matière première essentielle liée au mode de vie économique des pays industrialisés, qui a accompagné et catalysé le développement technologique de l'humanité. Dans le dernier quart du siècle dernier, les dommages sur l'environnement de cette exploitation mondiale ont commencé à se faire sentir de manière directe (marée noire, accidents d'oléoducs etc.), ou indirecte (nombreux impacts environnementaux des transports routiers, pollutions par de nombreux produits issus de la pétrochimie, etc.), sans parler du fait qu'elle est aussi la cause de conflits militaires sanglants, depuis la seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours. C'est également l'une des principales causes de la catastrophe écologique majeure qui s'annonce : le réchauffement climatique.

Marée noire - gouache - Raphaël Ponce 1991On peut nettement se rendre compte aujourd'hui que l'ensemble de la filière du pétrole est catastrophique du point de vue environnemental, mais la dépendance énergétique des pays industrialisés et les notions de profit font que les responsables continuent d'appliquer aveuglément leur logique destructrice. Oui, il est évident que la prophétie du serpent noir est dans sa dernière phase d'accomplissement : le processus de destruction de la terre mère atteint à présent un seuil critique. Les nations amérindiennes se sont réunies à Standing Rock pour contrer le projet de l'oléoduc, mais aussi pour signaler à l'humanité toute entière la nécessité de la préservation de l'eau et de tout l'environnement naturel. Il est urgent de remettre en cause notre mode de vie et de changer nos habitudes. Certes, comme le souligne fort justement E. Fabre-Maigné dans son commentaire, nous devons poursuivre notre soutien aux water protectors, mais nous devons surtout porter leur combat et le faire nôtre individuellement, chacun à sa mesure, selon ses moyens et sa disponibilité. Nous sommes tous appelés à devenir les Guerriers de l’Arc-en-ciel qui sont évoqués dans la prophétie algonquine des Sept Feux.

 La prophétie algonquine des Sept Feux décrit l'évolution de l'humanité depuis des siècles jusqu'à nos jours et son message a été délivré activement par plusieurs Grands Chefs Algonquins qui l'ont rendue publique à la fin du siècle dernier. Elle est en accord avec une autre prophétie des Lakotas, celle de la Femme Bison Blanc, et son message incite à choisir un monde de paix et d'union entre les peuples de toutes nationalités.

 « C’est en ce temps-là qu’on donnera le choix à la race à la peau blanche entre deux chemins. Si elle choisit le bon chemin, alors le septième feu allumera le huitième et dernier feu, un feu éternel de paix, d’amour, de fraternité et de sororité. Si la race à la peau blanche fait le mauvais choix de route, alors la destruction qu’elle a apportée avec elle en venant dans ce pays, se retournera contre elle et causera beaucoup de souffrance et de morts parmi tous les habitants de la terre. »

William Commanda, chef spirituel des Algonquins présente une ceinture wampun L'accomplissement de la prophétie du serpent noir se trouve dans la continuité d'une série d'autres prophéties amérindiennes qui se sont réalisées au fil du temps et, même si elles comportent quelques variations selon les différentes nations, il est intéressant de noter toutes les similitudes qui les rapprochent. La vidéo de "Breaking News" qui illustre l'article de J. C. Drouilhet "La prophétie du serpent noir", mentionne justement les correspondances entre les prophéties des Sioux Lakotas, des Hopis, des Mohawks, qui sont également proches des prophéties algonquines et de celles d'autres peuples du continent comme les Mayas. En fait, la plupart des prophéties de toutes les religions du monde présentent des similitudes, des points de convergence, dont l'évidence se révèlent aisément à notre époque grâce à l'information qui est devenue accessible facilement et qui permet de faire des comparaisons entre toutes les cultures du monde (l'indologue et philologue Max Müller avait déjà fait des études dans ce sens dans les années 1800, il est le fondateur de la mythologie comparée). Dès les premiers temps de la colonisation, les Amérindiens ont rapidement réalisé qu'il y avait des similitudes entre leurs religions et celle que les missionnaires leur imposait. En les intégrant à leur culture, ils ont pu résister à l'action des missionnaires qui visaient à supplanter toutes leurs croyances et traditions par un christianisme très dogmatique. Ils ont compris que le dieu des chrétiens est semblable au Grand Esprit et les saints sont, par certains côtés, d'assez proches parents de leurs esprits intercesseurs. De plus, de nombreux aspects du symbolisme et de la liturgie catholique (chants: dévotions, objets et couleurs sacrées, utilisation de l'eau et de l'encens purificateur etc.), trouvent de profonds échos dans la religion et la cosmogonie des Indiens des Plaines et du Plateau. Il en est de même pour les prophéties, comme en témoigne cet hochet winnebago du culte peyotl de la fin des années 1800, où a été gravé un verset des Évangiles (Matthieu, VII, 13-14) illustré de symboles chrétiens, traditionnels et cosmiques [voir illustration photo #3: hochet winnebago]. Ce verset évoque deux "portes" et deux voies entre lesquelles choisir : l'une, large et spacieuse, mène à la perdition, l'autre, plus étroite, à la vie. On peut aisément y reconnaître le choix des deux chemins évoqués dans la prophétie algonquine des Sept Feux.

hochet du culte du peyotlSelon moi, il y a plusieurs raisons qui se conjuguent et qui permettent de comprendre les concordances entre les prophéties des différents peuples de tous les continents. La plus évidente est celle liée à la cyclologie, une conception ésotérique que l'on retrouve dans la plupart des sociétés archaïques. La plus répandue et la plus ancienne des conceptions cycliques est la mesure védique du temps en quatre âges, encore développée aujourd'hui dans l'hindouisme et le bouddhisme et qu'on retrouve chez les Amérindiens à plusieurs niveaux. Malgré l'absence d'outils technologiques perfectionnés, les civilisations anciennes avaient atteint des connaissances et des notions très avancées dans plusieurs domaines, en particulier dans l'astronomie. Les récents progrès scientifiques et découvertes archéologiques permettent de comprendre que la plupart des religions et mythologies contiennent des vérités fondamentales. [Voir documentaire : "Mondes Intérieurs, Mondes Extérieurs" http://bit.ly/2oNCz1B].

La seconde raison est l'hypothèse que toutes les religions ont une origine commune, issue d'une connaissance universelle d'origine non humaine, dans le sens où il s'agit d'ensemble de principes révélés reliant l'homme à son principe créateur (tradition primordiale).

William Commanda avec le Dalai Lama

RP05

 

1 - Le Dalaï lama et Dominique T8aminik Rankin

 

2 - Le pape François soutient Standing Rock contre le D.A.P. : Le 15 Février, 2017, le pape François a rencontré des leaders Sioux de Standing Rock lors d' une réunion d l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture qui s'est déroulée à Rome. Il a ensuite fait une déclaration de presse où il rappelle que les droits des peuples autochtones relatifs à la Déclaration des Nations Unies doivent être respectés, que le consentement préalable et éclairé doit toujours prévaloir lors de la planification des activités économiques.

 

Pratiquement toute prophétie a pour origine une expérience spirituelle qui découle d'une vision, d'un rêve, d'un contexte inédit (phénomène naturel extraordinaire etc.), d'une relation avec les esprits ou autre entité. Autrement dit, il s'agit d'un lien avec le surnaturel qui est qualifié et identifié selon le contexte et la culture relative à chaque civilisation, peuple ou tribu. Rien n'est inventé : tout est inspiré, transmis d'une manière ou d'une autre, plus ou moins directement. Ces manifestations pourraient découler de l'expression de cette connaissance universelle relative à la tradition primordiale, qui serait une sorte de conscience supérieure intemporelle. Lors de conditions particulières (méditation, états modifiés de conscience etc.), certaines personnes peuvent établir un lien avec cette autre nature du monde et ils en recueillent des informations. C'est le cas du chaman, qui peut-être est à la fois sage, thérapeute, conseiller, guérisseur, voyant, prêtre (etc.).

Pour la plupart des Amérindiens, les pratiques chamaniques et les quêtes de vision font partie de la vie ordinaire. Pour beaucoup, ce que nous pouvons appeler "monde-non-ordinaire" est perçu par eux comme justement "le monde ordinaire". Les Sioux sont un peuple de visionnaires acharnés, à tel point qu'il est difficile de repérer ceux dont les fonctions et les pouvoirs peuvent être qualifiés de chamaniques. Cependant, c'est le niveau des expériences vécues qui détermine la hiérarchie par rapport aux qualités que le chaman aura obtenu de la part des esprits, ou parfois par héritage. Lorsque l'individu est contacté par les esprits sans que celui-ci n'en ai fait la demande, il s'agit d'une élection par les esprits et il devient un saint homme, un voyant-guérisseur, qui dispose généralement de l'ensemble des qualités de tous les autres chamans. C'est le cas de Black Elk (1863-1950), qui reçoit sa vision à 9 ans et qui a pour mission de guider et de sauver son peuple. De nombreuses années s'écoulent avant qu'il ne partage sa vision, qui est publiée en 1932 dans le livre "Black Elk speaks". C'est seulement lors du renouveau amérindien des années 1960 que l'ouvrage suscite un large intérêt, devenant ainsi l'un des premiers livres qui donne voix aux Indiens d'Amérique et qui soit juste à leur égard.

 

Black ElkDepuis la fin des guerres indiennes, les Amérindiens n'ont eu de cesse de résister aux différentes politiques fédérales toujours répressives contre eux et le mouvement "Pouvoir Rouge" (Red Power) et l'AIM (American Indian Movment) sont les premières répliques qui marquent ce renouveau amérindien par des protestations retentissantes (occupation d'Alcatraz en 1969; occupation du Bureau des Affaires Indiennes à Washington en 1972; occupation de Wounded Knee en 1973). Les décennies suivantes sont également marquées par des luttes et des résistances, également au Canada (résistance des Iroquois Mohawk à Oka, en 1990).

RP07Il est intéressant de remarquer que les leaders des mouvements de contestation et de révolte des Amérindiens sont des chamans et que la religion et la spiritualité sont les composants essentiels de la résistance amérindienne. Ils sont souvent à la source de la plupart des grands événements de leur histoire et le vecteur essentiel de l'affirmation de leur renouveau depuis la fin des guerres indiennes.

C'est vers 1875 que la religion du peyotl, qui assimile des notions chrétiennes aux rituels traditionnels, se développe parmi les Comanches et les Kiowas, juste après leur défaite contre les Blancs. Ce mouvement religieux syncrétique donnera naissance à la Native American Church en 1919 (plus de 250 000 membres aujourd'hui).

 

RPO8C'est aussi à cette même époque que les peuples amérindiens des Plaines et des Prairies traversent une crise existentielle difficile, confrontés à la misère des réserves ravagées par l'alcoolisme et la faim. Les troupeaux de bisons ont été pratiquement exterminés par les Américains et les Indiens se voient interdire de perpétuer leur mode de vie et leurs traditions. Dans le même temps, un culte voué au renouveau du monde issu de la région des Plateaux et appelé "La Danse des Prophètes", fait beaucoup d'adeptes parmi les tribus de la Californie et du Grand Bassin. C'est dans ce contexte que Wovoka, un leader spirituel estimé de la tribu des Paiute du Nord, déclare qu'il est le sauveur de son peuple, suite à une vision reçue lors de l'éclipse solaire du 1er janvier 1989. Le mouvement spirituel qu'il crée est un mélange syncrétique combinant plusieurs courants religieux amérindiens avec un christianisme à tendance protestante. Il annonce la réunion prochaine des hommes avec leurs ancêtres, rendue possible par une danse et une coexistence pacifique avec les Blancs et prédit aussi le retour des bisons, la régénération de la terre, ainsi que la réunion et l'unification de toutes les nations amérindiennes devenues solidaires.

 

RP09

 

RP10L'enseignement pacifique de Wovoka est perçu par de nombreux représentants des peuples des Plaines comme la fin de la domination blanche et comme un signe de résistance.

Son rituel initial inspiré du culte de "La Danse des Prophètes" se voit transformée en "Danse des Esprits" par les Sioux, qui lui donnent un caractère belliqueux et vindicatif. Black Elk se joint au mouvement et devient même l'un de ses chefs, mais les espoirs de renouveau du monde et de prospérité sont rapidement stoppés par le bain de sang que l'armée américaine provoque en 1890 à Wounded Knee dans le Dakota du Sud, afin de réprimer cette mouvance religieuse considérée comme dangereuse.

 

RP11"La Danse des Esprits" a continué clandestinement par la suite et elle a été célébrée par les chamans sioux pendant les manifestations de 1973 à Wounded Knee. Aujourd'hui, elle est un symbole du renouveau amérindien et demeure présente parmi certaines tribus.

RP12L'année dernière, des représentants de plus de 300 tribus nord-américaines ont planté des drapeaux à Standing Rock. Ce campement de grande ampleur revêt un importance historique, car il n'y avait pas eu de rassemblement comparable depuis la guerre des Black Hills, en 1876, lorsque près de 7000 Sioux, Cheyennes et Arapahos s'étaient mobilisés pour protéger leur territoire sacré. Il est important de rappeler cet épisode qui est le plus marquant de la grande guerre des Sioux, parce que les causes des deux campements sont comparables : ils résultent d'une résistance à l'envahisseur qui veut s'approprier des terres sacrées pour des motifs économiques et qui ne respecte pas les traités. Autrefois, le but des autorités américaines était d'acquérir les terres sacrées des Amérindiens pour l'exploitation des gisements aurifères et, aujourd'hui, c'est pour l'exploitation pétrolière : l'or jaune et ensuite, l'or noir! Les montagnes sacrées des Black Hills étaient considérés par les Lakotas et les Cheyennes comme le centre du monde et peut-être bien qu'un jour Standing Rock sera reconnu comme tel, parce qu'on y aura défendu ce qui est fondamentalement plus précieux que l'or jaune et que l'or noir pour tout le monde : l'eau, qu'on appelle déjà l'or bleu.

La résistance des Amérindiens pour protéger les Black Hills eut pour conséquence la bataille de Little Bighorn, qui se solda par une victoire écrasante des Amérindiens le 25 juin ‎1876. Quelle sera l'issue de la résistance à Standing Rock? Les prophéties peuvent-elles nous éclairer sur cette question? Le mois dernier, 23 nations amérindiennes supplémentaires (Pueblo du Nouveau-Mexique) ont manifesté leur solidarité à Standing Rock [ http://bit.ly/2oIJrgL ]. En recevant le soutien des peuples premiers des quatre coins du monde et d'organisations telles que Amnesty International, Greenpeace, Sierra Club, Bold Iowa, Bold Nebraska, Bold Louisiana (etc.), Standing Rock est devenu un symbole international des droits autochtones et de la lutte contre le changement climatique. Comme l'avait prédit en son temps le prophète Wovoka, les nations amérindiennes sont aujourd'hui devenues unies et solidaires et les bisons sont revenus, mais la terre n'est pas en voie de régénération, bien au contraire, et la nouvelle ère de paix et de prospérité n'arrive toujours pas... Comme autrefois à Wounded Knee, les autorités américaines ont répliqué contre la résistance pacifiste de Standing Rock avec une violence démesurée. En autorisant la reprise des travaux de construction de l'oléoduc, il semblerait que le président Donald Trump ait fait le mauvais choix qui pourrait bien correspondre à celui de la prophétie des Sept Feux, celui de poursuivre la route qui conduit à la destruction. Il n'est pas le seul responsable, vu qu'une grande partie de l'humanité contribue à cette destruction généralisée, de près ou de loin. Cependant, il ne faudrait pas considérer les prophéties uniquement par leurs aspects fatalistes, au risque de sombrer dans le pessimisme et les peurs eschatologiques. Les prophéties sont en premier lieu des avertissements qui contribuent à l'éveil des consciences, afin de réagir dans le bon sens. C'est le premier pas qui ouvre le chemin à la vie.

Il est à présent urgent de prendre conscience que l’impact d'une grande partie de l’humanité sur l’environnement augmente régulièrement et rapidement. Il est d'autant plus grave que plusieurs facteurs se combinent, comme l'explosion démographique, l'épuisement des ressources naturelles, les pollutions à des degrés divers, les extinctions de nombreuses espèces animales, le réchauffement climatique (etc). Il est évident que le mode de vie occidental peut être incriminé pour ses excès (énergie, aliments), d'autant plus qu'il se fait au détriment des pays pauvres. Si les populations pauvres des Pays du Sud, qui aspirent légitimement à l'amélioration de leurs conditions de vie suivent cette même logique de consommation d'énergie, de ressources minières, alimentaires et d'eau douce, il est évident que l'impact sur l'environnement sera tel que l'impasse est inéluctable et l'effondrement économique surviendra rapidement.

Pierre Rabhi et Benki, chef d'une communauté amérindienne« Apprenons à découvrir la puissance et la beauté de la modération, chantée par les sages de tous les temps. Il ne s’agit pas de régresser ou de manquer, mais au contraire, d’assurer notre subsistance et de vivre dans l’équilibre et l’harmonie. » Cet appel à l’insurrection des consciences et à la sobriété extrait du livre de Pierre Rhabi “La puissance de la modération” est le chemin de la sagesse et de la vie. Il est vital d'enrayer cette exigence de croissance des pays industrialisés dont le moteur est l'accumulation du profit et son instrument principal, l'argent. Sa tendance systématique à la domination sur l'ensemble de l'organisation sociale, de ses valeurs, de ses règles et de ses comportements est un véritable fléau pour l'ensemble de la planète. On peut aisément retrouver l'évocation de cette situation dans plusieurs prophéties et, même si leur interprétation individuelle peut parfois correspondre à différentes périodes de l'histoire et pas forcément à la nôtre, il est un fait remarquable qui est spécifique à notre époque, c'est celui de la convergence de la plupart des ces prophéties sur un même point : la fin d'un cycle, la fin d'une ère ou d'un temps, la fin des temps (considérons quand même que "fin des temps" ne veut pas forcément dire "fin du monde").

Les notions temporelles sont inhérentes aux prophéties et la plupart des occidentaux ont une conception linéaire du temps. Le passé est perçu comme une longue ligne toute droite qui conduit d'ici et maintenant vers un lieu situé au-delà de l'horizon. Cette conception fait du passé un point de vue éloigné et étranger et coupe l'homme d'aujourd'hui de celui d'hier, y compris de ses ancêtres. Au contraire, de nombreuses tribus amérindiennes conçoivent l'écoulement du temps comme cyclique, jalonné par la naissance, la croissance, la maturité, la mort et la régénération de toutes les créatures qui se partagent la terre. Dans cette conception inspirée des cycles solaire et lunaire, le passé est le lieu où se trouve désormais tout ce qui a accompli son cycle naturel, non pas distant du présent mais immanent à lui.

Sacred CircleDans ses recherches, l'ingénieur physicien spécialiste d’intelligence artificielle Philippe Guillemant, vise à réviser notre conception de l’espace-temps et de ses dimensions, via la mécanique physique classique. Ses connaissances en physique dans la compréhension du temps, de l’espace, de l’énergie, de la matière, de la cosmogonie, l'amènent à penser que le présent, le passé et le futur sont simultanés. Il propose des théories sur une nouvelle conception du temps ou l'interaction entre passé/présent/futur est envisagée d'une manière très sérieuse et son explication rationnelle de la synchronicité débouche sur un véritable « pont » entre la science et la spiritualité. Son raisonnement rigoureux permet, entre autres, des hypothèses solides concernant certains phénomènes considérés comme surnaturels, paranormaux (etc.), qui pourraient appuyer la validité des prévisions délivrées dans les prophéties.

Philippe Bobola, docteur en physique, chimie, biologiste et anthropologue, établit des liens intéressants entre différentes disciplines et ouvre des perspectives nouvelles, tout en confortant le bien fondé et les valeurs essentielles des sociétés traditionnelles. Ses théories révolutionnaires « le pointillisme temporel » ou encore « le dédoublement du temps », tendent à prouver qu’il existe des temps accélérés et des temps décélérés par rapport à notre présent, permettant des échanges d’informations avec le passé et le futur. Dans cette vidéo, il nous explique les rapports étroits qu'ils voit entre le chamanisme et la physique quantique : http://bit.ly/2oNeAjg

  « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux ». André Malraux, « L'homme et le fantôme », dans L'Express du 21 mai 1955.

 Alors qu'on constate encore et toujours les aspects négatifs des religions institutionnalisées (perversion des prêtres) et de la radicalité fondamentaliste qui tend vers l'intolérance et la violence (guerres de religions, attentats terroristes), une révolution silencieuse s'opère qui, au lieu de diviser, tend à rassembler, à relier ce qui fait l'essence des religions et qui est commun à la plupart d'entre elles : les valeurs de respect, de partage, de fraternité, de paix et d'amour inconditionnel. En réunissant un grand nombre de tribus, de communautés et de soutiens de tous milieux et de tous âges, de toutes origines, la résistance à Standing Rock en est la vivante expression. Elle représente aussi la défense du sacré, rappelant le respect des lieux de culte et des croyances de chacun.

 

Soutien à Standing Rock des chamanes de MongoliePour défendre leurs droits et leurs valeurs, les Amérindiens ont choisi les armes de la paix et ils n'ont eu de cesse d'exprimer leur spiritualité tout au long de leur résistance sur le terrain, en réponse à la violence qui leur était opposée. C'est un symbole fort et parmi les plus convaincants qui soit pour ce qui est de l'expression d'une religion, alors qu'ailleurs dans le monde, d'autres ont recours à la violence et à la terreur. Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier). Cela peut signifier relier l'homme à Dieu, mais aussi relier les hommes entre eux, d'un point de vue social, solidaire et fraternel.

 « O MITAKUYE OYASIN ! » est une phrase que les Lakotas utilisent dans leurs rituels et cérémonies. C'est une prière d'unité et d'harmonie qui signifie : Tous mes frères ! Nous sommes tous reliés ! Reliance avec autrui, reliance avec une communauté, avec une société, avec l’espèce humaine, mais aussi avec l'espace intemporel et invisible de l'univers, comme l'exprime dans cette citation Leonard Crow Dog (homme médecine Lakota, leader spirituel de l'AIM) :

 « Des orbites à l’intérieur des orbites, des cercles à l’intérieur des cercles, depuis le grand cercle de l’univers qui, il y a une éternité, s’est engendré selon son propre rêve. Nous sommes tous reliés dans le cercle sacré !  »

 RP16

R.P.

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  COMPLÉMENT D'INFORMATION :

 William Commanda (1913 – 2011)

 Chef spirituel du Cercle des Nations (mouvement international pour la paix), il était le gardien de trois Ceintures Wampum sacrées d’importance historique : la Ceinture de la Prophétie des Sept Feux, la Ceinture de l’Entente de 1701 et la Ceinture du Traité Jay de la Traversée des Frontières de 1793.

 C'est Edward Benton-Banai (ou Bawdwaywidun), grand chef de la Loge Midewiwin des Trois Feux, qui retranscrivitpour la première fois la Prophétie des Sept Feux dans un livre paru en 1979 (imprimé à St. Paul, Minn. Publié par Indian Country Press). Ensuite, c'est à la quatrième conférence des premiers ministres sur les droits ancestraux et l'autonomie gouvernementale des Autochtones, en 1987, que le chef William Commanda a commencé à livrer son message provenant des ceintures wampum. Enfin, il l'a publiquement racontée en 1997 au Québec, au cours d'un rassemblement du "Aboriginal Learning Network Constituency". Aujourd'hui, grâce à Internet, elle est accessible à tout le monde.

 Leonard Crow Dog

 Né en 1942, Leonard Crow Dog est un chef spirituel Sioux Lakota, tribu Brûlé (sicangu), qui a joué un rôle majeur dans le mouvement de contestation à Wounded Knee, réserve de Pine Ridge, en 1973. Ses écrits et son enseignement sont motivés par l'unification de toutes les nations amérindiennes; il est un des leaders des cérémonies de la danse du soleil et un ardent défenseur des traditions lakotas.

 Dee Brown, prophéties amérindiennes (en Français)> : http://bit.ly/2oIefew

 Voici un compte rendu résumé d’un discours prononcé par Lee Brown au Concile Indigène Continental à Fairbanks, en Alaska, en 1986. Il donne un aperçu général des prophéties amérindiennes parmi les plus connues, sous forme d'une synthèse.

 Lee Brown vit et travaille en Colombie Britannique où il est un enseignant affilié au programme des Indian Teachers de l'UBC (University of British Columbia). Il est aussi estimé pour son travail au Round Lake Treatment Center et participe régulièrement à des conférences. Il est membre de la communauté religieuse internationale bahá’íe, « religion mondiale indépendante » qui proclame l’unification prochaine de l’humanité et l’émergence d’une civilisation mondiale caractérisée par la justice et la prospérité. La Communauté Internationale Bahá’íe a le statut d’ONG et entretient des relations de travail avec l’Organisation Mondiale de la Santé; elle est également associée au Programme des Nations unies pour l’environnement.

 Prophecies and teaching > http://bit.ly/2obNEoo

 Iroquois Prophecy and People at Standing Rock By Doug George-Kanentiio > http://bit.ly/2oeQ1Ze

 Doug George-Kanentiio: Iroquois prophecies warn of grave dangers > http://bit.ly/2oeUYS4

 Prophecies of the 6 Nations or Iroquois > http://bit.ly/2oeKa6m

 Documentaire : Mondes intérieurs, mondes extérieurs > http://bit.ly/2pdXBqg

 « Mondes intérieurs, mondes extérieurs » est un document qui propose une synthèse vulgarisée de ce qu’on peut appeler la conscience spirituelle, tandis que nous réalisons aujourd’hui que la science et les différentes traditions spirituelles et religieuses à travers l’histoire convergent vers la même conclusion : tout est unité, tout est vibration, l’univers, la matière, l’être humain, la conscience.

 Ce documentaire a ceci d’intéressant qu’il tente d’expliquer en quoi le sacré est non seulement présent dans notre quotidien, mais qu’il est inhérent à notre propre nature. Ainsi, en niant cette réalité, nous créons un déséquilibre intérieur qui se répercute par résonance dans le monde extérieur. De ce fait, la crise systémique que nous connaissons aujourd’hui résulte très probablement et pour une grande part d'une crise existentielle et d'une crise spirituelle.

 Ce film documentaire a été réalisépar le Canadien Daniel Schmidt et il est uniquement diffusé sur Internet, gratuitement, avec des versions traduites en plus de 20 langues. Il a remporté plusieurs prix dans les festivals de films, y compris le Prix d'excellence au Festival international du film du Canada.

 « La véritable crise dans notre monde n'est pas sociale, politique ou économique, notre crise est la crise de la conscience: une incapacité à expérimenter directement notre vraie nature, une incapacité à reconnaître cette nature à tous et en toutes choses. »

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 Photos et illustrations

 1 - Photo : William Commanda présentant publiquement l'une des trois ceintures Wampun sacrées.

Les colliers et ceintures de wampum sont faits de perles fabriquées à partir de coquillages marins. Ces perles, issues de grains polis, arrondis, puis percés, sont enfilées en rangées pour former des bandes rectangulaires, ou parfois de simples chapelets. La taille du wampum, sa couleur et les emblèmes créés par l'alternance des grains blancs ou pourpres, ne sont jamais dues au hasard : un collier plus grand et plus large qu'une simple branche avait nécessairement une valeur symbolique plus grande lors des négociations. La couleur blanche signifiait la paix et la vie, le pourpre symbolisait le deuil et le rouge était signe de guerre. Pour les Amérindiens, le wampum véhiculait la voix et la parole, il avait pour but d'affirmer ou de valider de manière ritualisée le message transmis.

 2 - Photo : William Commanda avec le Dalaï-lama et Dominique T8aminik Rankin (Chef héréditaire et homme médecine algonquin, à droite sur la photo).

 3 - Photo : hochet du culte du peyotl, winnebago, Nebraska, vers 1900.

 4 - Photo : Black Elk.

 5 - Illustration : Insignes de la Native American Church

 6 (a) - Photo : Wovaka, de son vrai nom Jack Wilson (surnommé "The Cutter" ou "Big Rumbling Belly").

 6 (b) - Photo 5 : Wovoka, décembre 1916 (photo Lorenzo D. Creel).

 7 - Photo : dance wand, Sioux, Plaines du nord, vers 1890-1910. Ce type d'insigne était utilisé lors de la Danse des Esprits [collection : Raphaël Ponce].

 8 - Photo : affiche éditée lors des manifestations à Wounded Knee, 1973.

 9 - Photo : Crow Dog, Wounded Knee, 1973 (Crow Dogs célèbre bénédiction et prières pour deux guerriers qui ont été abattus).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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