Les Osages en deuil
Brusque disparition d'
Un homme intègre

Leonard Maker nous a quittés lundi dernier, 23 janvier à Pawhuska, victime d'une crise cardiaque foudroyante, à l'âge de 64 ans. Nous l'avions plusieurs fois rencontré, notamment en mars 2005 aux danses en l'honneur des princesses osages. Il participait à la "gourd dance" (image ci-dessus)
Leonard était un historien de son peuple dont il connaissait bien les traditions. L'an dernier nous avions publié dans ce blog une cosmogonie osage qu'il nous avait fait l'honneur de partager.
Il était analyste politique et conseillait le chef des Osages, Mr John Red Eagle ainsi que son prédécesseur, Mr Jim Gray. C'est une lourde perte pour la tribu non seulement pour ses compétences mais aussi pour ses qualités humaines.
Ses obsèques seront célébrées vendredi 27 janvier à la chapelle du village indien de Hominy.
J-C. D.
L'association Oklahoma-Occitania
s'associe au deuil du peuple Osage auquel elle se joint par la pensée en cette triste circonstance. Nous présentons nos condoléances attritées à sa veuve, Mrs Anita Maker à ses six enfants et sa nombeuse descendance et à toute sa famille.


Marie-Claude & Edgard Strigler
C’est une triste nouvelle, et inattendue, car Leonard était bien jeune pour disparaître. Nous pensons à toute sa famille qui doit être bien touchée.
Edgard et moi avons gardé un excellent souvenir des moments que nous avons passés ensemble, grâce à vous, durant l’été 2006 : le déjeuner au centre social de Pawhuska, dans une ambiance amicale et chaleureuse, où chacun venait dire un petit mot et poser des questions aux intrus que nous étions ; un peu de curiosité et beaucoup de gentillesse. Du coup, nous ne nous sentions pas intrus du tout !
Après déjeuner, nous nous sommes installés dans un petit salon au bout de la salle-à-manger, Leonard Maker, Monique et Jean-Claude Drouilhet et nous. Nous étions bien installés pour écouter Leonard nous parler de l’histoire des Osages qu’il connaissait parfaitement bien, “de l’intérieur”. Nous sommes même repartis avec un livret qu’il avait écrit et qu’il nous a offert.
Leonard Maker était un véritable Osage du XXIème siècle, et fier de l’être. Il avait fait des études supérieures à l’Université d’Oklahoma, ce qui lui a permis de jouer un rôle non négligeable dans l’élaboration de la Constitution de 2006 et le démarrage du Congrès ; depuis, il suivait l’évolution du gouvernement tribal. En même temps, il s’inspirait des traditions osages, ce qui lui interdisait tout sectarisme. C’est pourquoi, tout en étant chrétien, il était aussi membre de la Native American Church (Église des Premiers Américains), dont il était roadman, c’est-à-dire qu’il pratiquait les cérémonies dont le but est de rétablir le bien-être et l’harmonie chez les individus et les communautés.
C’est un privilège de l’avoir connu.



John Red Eagle, chef principal de la tribu Osage
« J'ai été profondément attristé par le décès de Léonard, comme le sont tous ceux qui le connaissaient », a déclaré le chef John Red Eagle dans un communiqué. « Nos prières vont à sa famille et à ses proches. Leonard était un membre de pure souche de la tribu Osage. Il était très bien informé de l'histoire et de la culture osage et il a vécu sa vie de manière traditionnelle.
Il a consacré une grande partie de sa vie à la population amérindienne et, en particulier, à son peuple Osage. Il était fermement convaincu de la capacité et du droit des tribus à s'auto-gouverner. Il était un homme bon et aimant, en faveur de sa femme et ses enfants », a déclaré chef John Red Eagle. « Ses connaissances et ses compétences vont faire défaut à tous ceux qui le connaissaient et travaillaient avec lui. » (extrait traduit de l'article de Shannon Shaw dans le journal Osage News)
Shannon Shaw, rédactrice du journal ![]()
Leonard Morrell Maker ne parlait pas beaucoup. Il était réservé, calme, un « Osage traditionnel. » Il choisissait ses mots avec soin, dévoilant ses pensées quand elles avaient le plus d'impact. Telle était sa stratégique.
Quand je pense à Leonard Maker qui était né, avait grandi et habitait Hominy (Oklahoma) avec son épouse Anita et six enfants, je ne me souviens guère d'événements telles que les danses, danses de la gourde, handgames, dîners, enterrements - d'où il était absent. Habituellement assis à l'arrière, en observant, toujours en observant.
C'est cette qualité, je crois, sa capacité à observer, qui lui permettait de raconter des événements avec une parfaite clarté ; parfois des événements qui s'était passé 30 ans avant. Je l'ai souvent rencontré, pour recueillir des histoires sur les familles, les compagnies pétrolières, les ventes de pétrole, les affaires judiciaires, des politiciens Osage, la Native American Church, les systèmes de clan, des histoires orales, tout vraiment ; et presque toujours j'obtenais les informations dont j'avais besoin. S'il ne savait pas, il savait qui à qui je devais m'adresser.
Il était fier d'être Osage et fier de servir son peuple.

Leonard Morrell Maker pose ici à côté du buste de son ancêtre, Albert Penn. (Photo Osage News)
Merci à Angela Robinson de Pawhuska qui nous a transmis les informations ainsi qu'à Marie-Claude et Edgard Strigler pour leur contribution.
Sauver le " Frau "
Touche pas à mon chêne

par Jean-Jacques Delmas
Au prêtre Pierre Jean de Smet, missionnaire jésuite, qui tentait de convaincre le camp de Sitting Bull d'accepter un traité, Sitting Bull fit cette réponse en mai 1868 :


" Je veux que tout le monde sache que je n'envisage pas de vendre une partie quelconque de mon pays, que je ne veux pas non plus que les Blancs coupent nos arbres le long des fleuves, surtout les chênes...



"... J'aime tout particulièrement les petits bouquets de chênes. J'aime à les regarder et j'éprouve du respect pour eux parce qu'ils résistent aux tourments de l'hiver et à la chaleur de l'été et que, comme nous les êtres humains, ils ne paraissent que mieux s'en porter " - Sitting Bull

Le chêne est l'arbre du Lot (et aussi du Tarn-et-Garonne) par excellence. Il recouvre nos pechs * et donne la truffe. A 6 km de Saint-Germain du Bel Air, il y a deux hameaux avec un panneau qui indique que nous sommes à Drouille ** et Le Garrissou... Encore une histoire de chênes** !

Lors d'une discussion fort amicale, Gilles Vilard, maire de Lavercantière (Lot), m'a répondu qu'il serait d'accord pour offrir aux Indiens qui viendraient dans un temps futur un peu de notre terre sacrée du Frau*** tant convoitée par la multinationale Imerys Ceramics France****

Gilles Vilard (à gauche)


Lavercantière


Imerys Ceramics convoite le Frau duquel elle envisage d'extraire des minéraux utiles à son activité (quartz semble-t-il). On comprend bien qu'il s'agit-là d'une mise à sac d'un patrimoine sur lequel veillent jalousement les habitants enracinés dans ce terroir qu'ils considèrent comme une terre sacrée. Les récents efforts de l'ONF pour y reconstituer l'antique forêt française seraient du même coup irrémédiablement anéantis.
C'est donc un mauvais coup qui se prépare contre lequel lutte une association : l'Association pour la préservation des sites menacés en Bouriane. Contacts : bouriane@free.fr ; dany.gregoire@skynet.be ; bouriane@netcourrier.com ; vous pouvez aussi nous contacter en laissant un commentaire à la fin de cet article.
Suivons l'exemple des Indiens d'Amérique



Our land is not for sale
Notre terre n'est pas à vendre
J-J. D.
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* Pech. Le substantif occitan PECH est tout d'abord un toponyme extrêmement répandu d'un bout à l'autre des pays d'oc... Il désigne un sommet, une éminence, une colline. Suivant les dialectes et les pays, il se retrouve sous la forme de puech, pueg, puy, puèi, pouei, pioch, poey, etc... Ce toponyme est devenu depuis l'époque médiévale un patronyme lui aussi très répandu, par assimilation d'une personne au lieu où elle réside. Ainsi, celui qui vit sur ou près d'une colline sera désigné : Del-pech, Del-pouy, Del-puech, Du-puy, etc. - Le site internet de Villeseque (Lot)
** Dreuilhe ancien nom gaulois latinisé en Drullia, issu de d(e)ruos, nom gaulois d'une variété de chêne, indiquant probablement comme pour Les Casses que le premier village gaulois a été construit dans une chênaie. Les Gaulois, originaires de l'Europe centrale, alors boisée, avaient un vocabulaire forestier très fourni. Pour le chêne ils avaient quatre noms, blaco, casso, derullio, tanno ; mais pour le chêne-vert qu'ils ne connaissaient pas, ils empruntèrent le nom local, ibéro-basque, garric. Par Paul Redon D’après « LES CAHIERS DE L’HISTOIRE » n° 1 - 1995
*** Lo Frau ( prononcer lou fraou) : La frayeur. C'est un endroit sauvage, une lande, une terre de légendes, peuplée de fachilhièras (sorcières), traversée par un fossé de franchise nommé "Lo valat del diable" (le fossé du diable)
**** Imerys Ceramics est une multinationale. Leader mondial des minéraux industriels, Imerys extrait des ressources rares et les transforme en solutions qui améliorent les produits et les procédés de production de ses clients dans l'industrie et dans la construction
Un journaliste mène l'enquête...
Les Osages à Montauban : le mystère s'épaissit

Notre histoire d'Osages abandonnés et perdus en France puis en Europe (de juillet 1827 à 1830) et secourus à Montauban en novembre 1830 n'en finit pas de faire consommer de l'encre d'imprimante, des bandes magnétiques vidéo, des DVD, CD et autres supports d'images numériques...

Le Figaro du 8 septembre 1827 - 2ème année - N°233
Comme elle faisait couler de l'encre d'imprimerie qui tartinait des pages de quotidiens en 1827 - dont Le Figaro, "journal non politique" (sic). C'est incroyable de découvrir à quel point cette histoire a pu s'étirer dans le temps. Et ce n'est pas fini !
Pour l'heure, c'est un ancien journaliste de La Dépêche du Midi (rédaction de Toulouse) qui s'y est collé. Son nom : Philippe Brassart ; son projet : écrire le roman des six Osages perdus. Vaste programme.

Philippe Brassart mène l'enquête
Il dispose pour cela des informations empilées sur ce blog depuis plus de quatre ans et sur la documentation qu'OK-OC a mise à sa disposition. De plus il consulte les archives, notamment les journaux de l'époque et il y découvre de nouvelles péripéties qui bien sûr intéressent l'association OK-OC au premier chef.

"Chant National des Osages", dédié au Grand Kaniké (sic)
Noté par Mr Auguste Panseron
avec accompagnement de Piano et Pincettes (re-sic)
Lors de la récente visite en novembre à Montauban de Russ Tall Chief et de sa compagne Francine Spencer, Philippe a conclu avec lui un accord de principe : écrire en collaboration en vue d'une publication bilatérale.

Francine Spencer et Russ Tall Chief à Montauban - Nov.2011
Dans un récent courriel Philippe Brassart nous informe de l'avancée de son projet d'écriture et des surprises qui surgissent au fil de ses investigations :
« [...] Je profite de cette occasion pour vous tenir au courant de l'évolution du livre. Comme vous me l'aviez annoncé, les Indiens ont une conception souple du temps ! [...] Russ Tallchief attend donc que soient passées les fêtes pour commencer ses recherches auprès des Anciens. Mais le projet le passionne autant que moi, m'assure-t-il.
De mon côté, j'ai fait quelques petites découvertes concernant la fin du séjour des Osages en France en parcourant le "Journal politique et littéraire de Toulouse et de la Haute-Garonne" sur le net.
- Début novembre 29, les Indiens se produisent à Toulouse à l'occasion de la Fête de la Saint-Charles. La critique du spectacle est surprenante de méchanceté.
- Mais on annonce le 30 novembre, après un nouveau "spectacle" à Toulouse, qu'ils s'apprêtent à partir pour Montauban.
- Ils dansent également le 5 décembre à Toulouse "chez Estrade fils, traiteur".
J'ai du mal à comprendre. Apparemment, ils font des allers-retour entre les deux villes. Mgr Dubourg les recueille pendant huit jours dans son palais. Ils s'embarquent pour New York en avril. Mais que font-ils entre temps (février-mars-avril) ? Et où sont-ils ? Dans le Tarn-et-Garonne ou la Haute-Garonne ?
Vous me direz : quelle importance ! Ce n'est pas un récit historique. Et puis les journalistes de l'époque n'étaient pas très sérieux : certains ont annoncé en octobre 29 la mort de Soleil-Sacré pendant son accouchement et celle de Grand-Soldat. D'autres confondent le groupe de Montauban avec celui de Paris. En clair, si j'invente beaucoup, nul ne m'en tiendra rigueur ! »
Voilà donc que le mystère s'épaissit et que notre feuilleton s'enrichit de nouvelles pages. Personne n'ira tenir rigueur à Philippe Brassart de meubler les zones d'ombre et d'inventer des situations. C'est le droit de tout romancier, la trame fut-elle historique. Bon courage Philippe !
Geronimo
L'honneur des Apache-Chiricahua
par Marie-Claude Strigler

Beaucoup d’Amérindiens se sont émus que le nom de code donné par la CIA à l’opération contre Ben Laden soit « Géronima EKIA » (Enemy killed in action), alors même que Géronima est désormais un héros national.


Ok-Oc a partagé cette émotion. Bien que le nom de Géronimo nous soit familier, voici un petit résumé de la vie du Sage apache.
Géronimo (ou Goyathlay – celui qui baille) naquit en 1829 dans ce qui est aujourd’hui le Nouveau-Mexique, mais qui était alors encore un territoire mexicain. On dit que ce sont les militaires mexicains qui lui ont donné son nom, sans que l’on sache exactement pourquoi. Ses nombreux faits d’armes, y compris son invulnérabilité supposée aux balles, étaient attribués aux pouvoirs conférés par des êtres surnaturels.

Géronimo fut à la tête des dernières forces de résistance indienne qui capitulèrent devant les États-Unis. L’opiniâtreté de sa résistance en fit le plus célèbre de tous les Apaches. Alors que pour les colons d’Arizona et du Nouveau-Mexique c’était un meurtrier sanguinaire, pour les Apaches, il incarnait l’essence de leurs valeurs, agressivité et courage dans les épreuves. Les Chiricahuas étaient semi-nomades et vivaient de chasse et de cueillette. Mais lorsque la nourriture venait à manquer, il était coutumier de lancer des raids contre les tribus voisines. Les raid suivis de représailles étaient un mode de vie tout à fait honorable dans la région, Géronimo y jouait un rôle de premier plan.


1858 fut une année charnière dans la vie de Géronimo : de retour d’une expédition au Mexique, il trouva sa femme, sa mère et ses trois jeunes enfants assassinés par les troupes espagnoles. Cette tragédie lui inspira une telle haine des Blancs qu’il jura d’en tuer autant qu’il pourrait. C’est quelque temps après qu’il reçut les visions qui lui conférèrent ses pouvoirs. Géronimo ne fut jamais un chef, mais un homme-médecine, un chef spirituel dont la sagesse guidait les chefs apaches.


Apaches dans la réserve de San Carlos

En 1875, tous les Apaches à l’ouest du Rio Grande furent déportés dans la Réserve de San Carlos, dont Géronimo réussit à s’évader trois fois.. En 1876, il s’enfuit au Mexique, où il échappa à l’armée pendant des années. La presse à sensation exagérait ses activités (il livrait une véritable guerrilla) et faisait de lui le plus terrifiant des Apaches. Les derniers mois de la campagne demandèrent plus de 5 000 soldats, 500 éclaireurs et quelque 3 000 soldats mexicains pour débusquer Géronimo et sa bande.

Au mois de mai 1882, des éclaireurs apaches surprirent Géronimo dans son repaire de la Sierra Madre et il accepta enfin de rejoindre son peuple dans sa réserve. Là, il vécut calmement en cultivant la terre pendant un an ; mais l’arrestation soudaine d’un guerrier apache et des rumeurs de pendaisons imminentes l’incitèrent à s’enfuir à nouveau en 1885 avec 35 guerriers et 105 femmes et enfants. Au mois de janvier 1886, des éclaireurs le débusquèrent à nouveau dans un repaire apparemment imprenable. Il accepta de se rendre le 17 mai 1886, après avoir négocié un accord devant témoins.

Apaches à Fort Pikens (Floride)
Le gouvernement ne respecta pas leur accord et fit transférer Géronimo et presque 450 Apaches, hommes, femmes et enfants, dans les forts Marion et Pickens, en Floride. Puis, en 1894, ils furent déplacés à Fort Sill en Oklahoma. Là, Géronimo devint éleveur, parut en 1904 à l’exposition sur l’achat de la Louisiane à Saint-Louis, vendit des « souvenirs de Géronimo » et participa à la parade inaugurale de 1905 du président Théodore Roosevelt.

Sa réputation ne faiblit pas, car ce fut un stratège remarquable grâce à sa parfaite connaissance du terrain et à ses qualités de psychologue, qui lui permirent de résister si longtemps avec des moyens très limités.
Le gouvernement ne le laissa jamais retourner chez lui. Il s’éteignit le 17 février 1909, prisonnier de guerre, et fut enterré au cimetière de Fort Sill en Oklahoma. On ne peut dire qu’il y repose en paix, puisque sa tombe fut profanée, mais ceci est une autre histoire…

Tombe de Geronimo à Fort Sill (Oklahoma)
Marie-Claude Strigler
Vœux 2012
BONNE ANNÉE 2012 !

Photo : Edgard Strigler
Les Êtres sacrés navajos de la photo veulent bien être nos messagers. N’oublions pas de souhaiter la paix pour tous, sans oublier l’amitié, si importante pour le bonheur et la sérénité.
Edgard, Marie-Claude Strigler et tous les membres d'OK-OC
Il est fou, Afflelou, il est fou !
Afflelou
fait
de la Résistance
On le savait un peu fou, un peu bigleux (moi aussi !) un peu cabot (il aime tant se voir dans ses pubs). On ne connaissait pas sa capacité d'indignation, son attitude rebelle, son appartenance tribale. C'est pourtant ce qu'il affirme dans ce message d'Avenir (Publicité).
Pour ceux qui ont une minute à perdre, allez lire au bas du panneau :
" rue de la Résistance - Montauban "
En 1992 les Indiens d'Amérique célébraient cinq siècles de résistance. A Montauban nous leur faisions un petit écho avec nos invités amérindiens pour célébrer "Cinq siècles de résistance indienne et occitane"


Ceux-là, les vrais rebelles, les héros de la résistance, ne portaient pas de lunettes.
Afflelou, champion de la récupération publicitaire

Méfiez-vous de la pub




Face à la pub : entrez en
RESISTANCE
Une rencontre mémorable
Premier voyage des OK-OCcitans
au pays des Osages
Pour ceux qui ont vécu cette aventure, cela reste un souvenir inoubliable.
Fin de l'été 1991, L'association Oklahoma-Occitania ( OK-OC ) avait tout juste 2 ans. L'année précédente en septembre elle avait organisée le séjour à Montauban, pendant près de trois semaines, de quarante-trois membres de la nation Osage. " Venez nous voir l'année prochaine ! " nous avaient-ils invités en partant. C'est ce que nous avions accepté. En août-septembre 91 ce ne sont pas moins de trente-huit des nôtres (parmi lesquels cinq jeunes gens, enfants ou adolescents) qui partaient en Oklahoma, porteurs de la bannière occitane, de la langue et de la culture qui va avec.

La Dépêche du Midi annonçait notre départ en présentant les jeunes :
Colin (drapeau),Vanina, Olivier, Marina, Guillaume, Paul
Légende : Envoyés spéciaux chez les Osages, les six jeunes de l'association OK'OC enverront tous les jours par fax à "La Dépêche", un télégramme " news from Oklahoma " que nous diffuserons dans nos colonnes. Le plus petit, 5 ans, les illustrera de ses dessins.
La vidéo ci-dessous ne donne qu'un faible aperçu de ce qui nous attendait : une plongée au cœur de la tradition osage en même temps qu'une découverte de leur vie moderne.
La cérémonie du drapeau accompagnée d'un chant osage rythmé au tambour, les honneurs guerriers célébrés par les vétérans et les mères de guerre, la prière en langage des signes des jeunes filles osages sont autant d'hommages qui nous étaient rendus. Belle preuve d'amitié.
La salle qui nous accueillait avait été décorée de souvenirs français et occitans ramenés l'année précédente par nos visiteurs osages. Une large banderole " Bienvenue aux Français - Planvenguts Occitans !" donnait le ton de la réception. Nous avions commencé par un repas indien servi par les jeunes filles osages et continué par des jeux de société traditionnels de la culture osage. Tout cela rythmé au tambour et chanté par les GrayHorse Singers.

Le gâteau de l'amitié
Monica, le retour...
Monica is back !

La Rose du Nebraska, cela vous dit quelque chose ?
Petite piqûre de rappel. En 1787, Michel Baradat, gentilhomme béarnais flânait dans une rue de Paris lorsqu'une rose tomba à ses pieds. Elle lui avait été lancée par une jeune personne qui referma aussitôt la fenêtre. Le jeune homme revint le lendemain et apprit à son grand désespoir que la jeune fille au teint mat et aux yeux de biche s'en était retournée avec son groupe d'Indiens vers sa lointaine Amérique. Il s'embarqua au Havre et aborda au Canada quelques semaines plus tard. Il entreprit alors une recherche opiniâtre dans ses vastes forêts et dans les plaines d'Amérique.

Pour survivre il s'était fait trappeur. Il mit dix ans à retrouver sa belle, une Indienne Omaha, fille du chef, et l'épousa. Le couple après avoir vécu dans la tribu s'établit au sud-est de l'actuel État du Nebraska et y bâtit une cabane de rondins. Depuis, d'autres habitations ont été construites dans le voisinage et cela donne aujourd'hui une petite ville qui porte le nom de Barada(t). Allez le vérifier sur la carte du Nebraska : c'est dans le coin en bas à droite.
Il y eut des enfants et la famille s'agrandit. Puis des petits-enfants, et ainsi de suite jusqu'à... Monica Moran. Monica est donc d'origine Omaha, Béarnaise, Osage également, un peu Blackfeet et se sent aussi... Française sur les bords. Elle est venue plusieurs fois en France et à Montauban en particulier où elle s'est installée pendant trois années. Puis elle est repartie vivre dans la région de Denver (Colorado). C'est une forte personnalité qui tient bien son équilibre (ancienne patineuse de charme dans la troupe des Ice Follies (Le Holyday on Ice américain) et qui se tient bien à table, comme une vraie Française.


Elle n'a donc pas hésité un long moment avant de se décider à revenir nous voir. C'est un long voyage pour une personne d'âge respectable, mais Monica est aussi une vraie Américaine : elle avance hardiment sur la piste.
Nous nous sommes retrouvés au restaurant de poisson. Chez nous, les poissons ont des arêtes, ce n'est pas comme en Amérique ou dans les cantines scolaires. Alors il faut prendre son temps. Un petit coup de vin blanc de temps en temps, ça aide. A 16 heures elle reprenait le train pour Carcassonne où l'attendaient d'autres amis. Ensuite, elle devra rentrer se blottir près du chauffage dans sa petite ville de Centennial, près de Denver, au pied des Rocheuses. Gla-gla l'hiver là-bas. Mais Monica a du courage à revendre.
Bonne chance Monica !
JCD

g>d : Norbert Sabatié, Monica Moran, J-C Drouilhet, Monique Drouilhet

Les deux Monique
photos : Cathy Sabatié
Un autre passage obligé
Russ Tall Chief et Francine Spencer
à la mairie de Montauban
C'est un autre passage obligé. Tout Osage qui vient à Montauban est reçu à l'hôtel de ville. Ce n'est pas seulement une question de protocole, c'est surtout pour perpétuer une tradition dont l'origine remonte à ... 1829
Quand Petit-Chef, Grand-Soldat et Femme-Faucon arrivèrent à Montauban, par une glaciale journée de novembre, ils se présentèrent à la grille d'un hôtel particulier qui était la résidence de l'évêque. Cet hôtel d'Aliès est devenu par la suite l'hôtel de ville.
Après avoir traversé le Tarn sur le Pont-Vieux, selon le rituel établi par OK-OC depuis 1990, Russ et Francine se présentaient à la mairie, cent quatre-vingt-deux ans après les ancêtres.

dans la rue de l'hôtel de ville


dans la cour d'honneur de la mairie

devant la porte d'entrée où l'évêque Dubourg vint à la rencontre des ancêtres
Accueillis par deux adjoints au maire, Catherine Séguy et Philippe François, ils sont entrés par l'ancienne porte et ont monté l'escalier du 18ème qui conduit à l'ancienne chapelle de l'évêque, aujourd'hui la salle des mariages

Russ et Francine assis dans les fauteuils des futurs mariés
à droite, Monique, attendrie (?) se souvient de ce jour du 14 juin 1958 où elle occupait la place de Francine
Tout en haut des murs de la salle des mariages-ex-chappelle court une frise portant les noms des évêques successifs de Montauban. Normal, nous sommes dans leur ancienne chapelle.


Enfin, dans la salle du conseil municipal, la cérémonie des cadeaux et la photo traditionnelle pour graver dans le marbre de la mémoire collective la présence d'un Osage et de sa compagne navajo à Montauban en ce jour de novembre 2011, cent quatre-vingt-deux ans, jour pour jour, après les ancêtres. Clin d'œil à Petit-Chef : " Nous suivons ta piste "

Francine Spencer, Catherine Séguy (maire adjt), Russ Tall Chief, Philippe François (maire adjt)

Sur le t shirt de ce jeune Osage (en écriture osage) :
Kihekah Steh = Grand Chef = Tall Chief
Expo "Indiens "
Marc Ingrand expose à Toulouse
au Chat d'Oc
7, rue de Metz
tél : 05 61 2283 80
du 5 au 30 décembre
(vernissage le 8/12 à 18 h)














