Oklahoma-Occitania

23 mai 2015

Quel chemin, Toi et Moi...

Le jumelage

Montauban-Pawhuska

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Le jumelage de Montauban et Pawhuska est devenu une réalité vivante, solidement ancrée dans la mémoire collective des deux communautés citadines. Il réveille l’attirance réciproque de nos ancêtres respectifs au temps de la Louisiane française. C’est cette base historique qui fait sa force et sa légitimité.

Jusqu’ici, ce jumelage a été animé, à Montauban, par l’association Oklahoma-Occitania. Or, par définition, un jumelage entre deux cités implique l’adhésion des populations concernées. C’est pour cette raison que l’association OK-OC a décidé de s’adresser aux associations et institutions de notre ville dans le but de constituer un comité de jumelage.

 

Historique :

 

acrylique/toile de Rosendo Li offert au musée de Pawhuska

A l’origine du jumelage Montauban-Pawhuska, on trouve les échanges initiés par l’association Oklahoma-Occitania dès sa création en septembre 1989. Ces échanges sont établis, comme on le sait, sur un point d’histoire locale qui consiste en l’arrivée à Montauban en novembre 1829 de trois Indiens de la tribu Osage que la générosité des Montalbanais contribua à faire revenir dans leur pays. C’est cette hospitalité qui caractérise aux yeux des Osages la bienveillance montalbanaise.

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Mais l’amitié franco-osage est  encore plus ancienne car elle remonte à l’époque de la Grande Louisiane, la Louisiane française du 18ème siècle qui avait fait se rencontrer et coopérer les trappeurs et traders français avec les tribus et particulièrement celle des Osages. L’ancrage est donc profond et solide dans la mémoire collective commune à nos deux peuples. L’association Oklahoma-Occitania se réjouit et s’honore d’avoir retrouvé et ranimé les braises de cette amitié qui couvait sous la cendre de l’Histoire.

 Jack Shoemate en tête de la délégation de Pawhuska dans une rue de Montauban en 1999

C’est à Mr Jack Shoemate, maire de Pawhuska, à la fois le chef lieu du comté osage et la capitale administrative de la tribu osage, que revient le mérite d’avoir proposé la création d’un jumelage entre nos deux communes. Jack Shoemate n’est pas osage mais comanche. Il a cependant des liens très forts avec la tribu. Et c’est ainsi qu’en septembre 1999, une délégation de citoyens de Pawhuska de vingt-huit personnes – dont cinq Osages –, conduite par le maire Jack Shoemate, est venue signer une convention de jumelage avec la ville de Montauban.

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En 2009, une délégation osage d’une vingtaine de membres, conduite par le chef Jim Gray venait à Montauban célébrer le dixième anniversaire de ce jumelage.

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Depuis 1989, beaucoup d’eau a coulé sous le Pont vieux et nombre d’Osages ont marché dessus comme le veut la tradition. Chaque année des groupes plus ou moins importants de membres de la tribu nous rendent visite et les demandes augmentent au fur et à mesure que s’étend la renommée de Montauban dans tout l’Oklahoma. Une ambassade de Montauban s’est ouverte à Pawhuska qui annonce le jumelage par un panneau à l’entrée de la ville. Il n’est pas exagéré d’affirmer que plusieurs centaines d’Osages ont séjourné dans notre ville.

Nous devons nous attendre à la prochaine visite d’une délégation officielle de la tribu conduite par le chef Geoffrey Standing Bear. Ce sera la troisième visite d’un chef de la tribu Osage à Montauban

 Quel jumelage pour demain ?

 Il est certain que la seule association OK-OC ne pourra supporter seule une telle charge dans les années à venir. Il est indispensable de changer d’échelle, d’élargir la base de travail en un véritable comité de jumelage composé de l’office de tourisme de Montauban, d’associations de quartiers, d’associations de retraités, de divers organismes, de clubs sportifs, de clubs de service, d’établissements scolaires, d’entreprises (grande distribution, cinémas, etc), de la Chambre de commerce,. Ce comité serait bien entendu sous le contrôle et le patronage de la municipalité de Montauban.

 Nous proposerons  un éventail d’activités plus ouvert

  • L’accueil et l’organisation de visites pour des groupes d’Indiens Osages et de citoyens de Pawhuska
  • A l’inverse, des voyages au pays des Osages
  • Des expositions osages à Montauban ; des expositions montalbanaises à Pawhuska
  • Des échanges scolaires
  • Des échanges d’étudiants
  • Des échanges artistiques (plasticiens, musiciens, etc.)
  • Des échanges sportifs (basket-ball, foot américain, natation)
  • Des spectacles de danses traditionnelles indiennes, de danse classique
  • Des festivals de cinéma, de country music
  • Des cours de langue (anglo-américain à Montauban et français à Pawhuska)
  • Des « semaines de l’Oklahoma » dans des grandes surfaces
  • Des conférences-diaporamas avec projection de vidéos
  • Des interventions en milieu scolaire-collégien-lycéen-universitaire
  • Des interventions dans les maisons de retraites
  • La tenue à jour d’un blog publiant l’histoire et  l’actualité du jumelage ainsi qu’un groupe sur un réseau social facilitant l’interactivité

 Quelles seraient les conséquences pour les associations et organisations qui décideraient de nous accompagner ?

  • Une information permanente sur les échanges et les rencontres prévues avec nos correspondants osages, au moyen du blog d’OK-OC auquel il suffit de s’abonner (gratuit) http://oklahoccitania.canalblog.com
  • La possibilité pour les familles des adhérents des associations/organisations de recevoir et héberger une (des) personne(s) de la tribu Osage lors de leur séjour dans notre ville
  • Des présentations de l’histoire des Osages qui arrivaient en 1829 à Montauban avec projections de diaporamas animés et de films ; des récits divers et des histoires authentiques ayant un rapport entre les Indiens et Montauban
  • Aucune charge de travail supplémentaire ne serait demandée aux organisations partenaires, mais OK-OC serait prêt à écouter toute proposition et suggestion et mettre sa riche expérience de vingt-six ans au service de ses partenaires

 Pour que vive le jumelage Montauban-Pawhuska

 Il serait dommage qu’une telle expérience historiquement fondée et régulièrement entretenue s’achève dans un proche avenir. Ceci serait d’autant plus regrettable que les Osages sont sur le point d’ouvrir leur premier office de tourisme propre à la tribu

Les Montalbanais et, au-delà les Tarn et Garonnais, Midi-Pyrénéens et autres compatriotes ont intégré en mémoire cet épisode. Les en priver serait vécu comme une perte irrémédiable.

D’autres jumelages entre des villes française et américaines existent : Toulouse-Atlanta ; Amiens-Tulsa (deuxième ville d’Oklahoma) ; Albi-Palo-Alto (Californie). Des exemples dont nous pourrions nous inspirer.

 L’association Oklahoma-Occitania est le noyau d’un atome qui ne demande qu’à s’agréger à d’autres pour former un nouveau corps bien vivant qui perdurerait longtemps…

 Aussi longtemps que le Tarn coulera sous le Pont-Vieux,

Aussi longtemps que l’herbe verdira sur la pelouse de Sapiac,

Aussi longtemps que la pluie vert de grisera le toit de la cathédrale,

Aussi longtemps que le soleil éclairera le cadran de la place nationale,

Alors durera notre grande amitié…

« Quel chemin, Toi et Moi ! »*



* réplique du chaman Sioux Oiseau Bondissant au lieutenant John Dunbar dans le film Danse avec les loups

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16 mai 2015

Un chef osage très respecté.

Le chef Lookout

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Le chef Fred Lookout (Prends garde !) fut l’un des dirigeants les plus respectés. Il servit pendant trente-deux années comme chef principal, c’est à dire bien plus que n’importe quel autre chef élu de l’histoire des Osages

On sait peu de choses de son enfance sinon qu’il voulait toujours accompagner son père dans les campagnes de chasse au bison. Le fait qu’il ait reçu le nom de Petit-aigle-qui-obtient-ce-qu’il-veut (wy-hah-shah-shin-kah ) donne à penser qu’il avait su convaincre. Cependant, il refusa toujours d’expliquer l’origine de son nom.

Son père avait été chef de clan et de bande et c’est certainement cette raison qui décida Laban Miles – l’agent des affaires indiennes auprès de la tribu Osage – à le choisir, ainsi qu’une douzaine d’autres enfants osages, pour être envoyés au pensionnat pour jeunes Indiens de Carlisle en Pennsylvanie.

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Lookout revint du pensionnat en 1884 quelques semaines avant la mort de son père. Suivant le conseil de son oncle, il resta à la réserve et épousa une femme osage : Julia Pryor. Le couple s’installa dans une petite ferme près de Pawhuska. Lorsque l’aîné de leurs quatre enfants mourut, les Lookout prirent le deuil selon la tradition, distribuant tous leurs biens et quittant leur maison pendant des mois pour errer dans toute la réserve, hébergés et nourris par des membres de la tribu. Quand enfin ils retournèrent chez eux, ils ne reprirent pas toutes leurs habitudes. Fred Lookout commença à mener une vie publique qui devait le conduire à devenir à la fois un guide spirituel reconnu et un dirigeant politique.

Comme beaucoup d’autres Osages des années 1890, Lookout était devenu membre de l’Eglise des premiers Américains – dite religion du Peyotl –, un mélange des croyances traditionnelles indiennes et des religions chrétiennes. Lookout devint un guide spirituel de cette religion et un prédicateur itinérant sur toute la réserve.

BigHearthSon entrée en politique se fit par l’intermédiaire d’un cousin de sa femme, le chef James Bigheart (Grand Cœur), qui le prit comme protégé et lui apprit les rudiments de la fonction. Il fut élu pour la première fois chef-assistant des Osages en 1908, puis chef principal en 1913-14, en 1916-18, et sans interruption de 1924 jusqu’à sa mort le 28 août 1949.

Ardent défenseur de la tradition et de l’identité osage tout en favorisant, sans rien renier, l’adaptation de sa communauté au monde moderne, le chef Lookout résumait bien sa pensée lorsqu’il déclarait en séance publique du conseil tribal :

 

Lookout

« Si vous permettez à vos langues qui parlent comme l’homme blanc de dire ce qu’il y a dans vos cœurs d’Indiens, vous aurez fait beaucoup pour votre peuple. »[1]

[1] D’après Wallace T. Talbott : « The Osages, Dominant Power of Louisiana Territory » Carlton Press Inc.)

 

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09 mai 2015

Un visiteur inattendu...

Bienvenue Joe Hall

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Inattendu mais pas inopportun ! Joe Hall est toujours le bienvenu chez nous, à Montauban, en Occitanie et en France. Il nous est arrivé comme une fleur de printemps, sans sirène d'alerte, avec discrétion... Un vrai Osage.

Joe in Montauban...again !

Pas pour longtemps; hélas, à peine vingt-quatre heures. Joe s'est offert une petite virée en Europe, à l'occasion de la présentation, par l'une de ses amies, d'un film à la biennale de Venise qui allumait ses projecteurs le 6 mai. L'amie en question c'est Keli Mashburn, une Osage comme Joe, venue à Montauban il y a une vingtaine d'années alors qu'elle était adolescente, devenue depuis une photographe talentueuse. Joe s'est d'abord rendu en Ardèche chez un ami d'Oklahoma, puis à Montauban et enfin à Venise en passant par la Suisse.

Rencontrer Joe est toujours un plaisir. Pour nous, qui connaissons bien les Osages maintenant (autant qu'ils nous connaissent), Joe est la synthèse vivante entre la tradition et la modernité. Il ne vit pas hors de son siècle, comme on s'en doute mais il pratique, autant que possible, la parcimonie et le respect de la terre mère. Il s'efforce de rendre à la terre ce qu'elle lui donne et de maintenir, à son échelle, les équilibres naturels comme le faisaient ses ancêtres. C'est ainsi qu'il cultive avec passion une variété ancienne de maïs rouge dont les qualités sont intéressantes, notamment pour sa faible exigence en eau. Il travaille ainsi en collaboration avec un collectif d'Amérindiens qui ont les mêmes préoccupations.

Un autre projet de Joe est d'inviter à résider dans son ranch (250 hectares environ) un troupeau d'une quarantaine de bisons qui n'auront d'autre souci que de paître dans la prairie et d'y ruminer paisiblement, jour et nuit et par tous les temps. Les bisons et les Osages, c'est une vieille complicité que Joe s'efforce de rétablir.

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Enfin, la tradition Joe la porte avec lui, physiquement. Son style de coiffure n'est pas une fantaisie, une manière de se distinguer. C'est bien plus sérieux. Joe s'identifie à ses ancêtres qu'il invite dans le monde moderne en leur offrant de sa personne.

Il est l'arrière arrière petit-fils d'un chef osage valeureux qu'il admire NE-KAH-WAH-SHE-TUN-KAH ou Homme Courageux. Cet aïeul a été honoré par sa tribu qui lui a fait élever sur sa tombe une statue en grandeux réelle. C'est en hommage à ce chef traditionnel que son digne descendant adopte la même coiffure.

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Durant la journée du mercredi 6 mai Joe Hall a posé pour la photo près du Pont-Vieux de Montauban qui était, on s'en souvient, le seul pont de Montauban sur le Tarn lorsqu'y arrivaient, en novembre 1829, ses trois ancêtres perdus que les Montalbanais accueillirent.

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Il a ensuite sacrifié à la tradition qui veut que tout Osage qui arrive à Montauban vienne "marcher sur les traces de mocassins de ses ancêtres".

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Il a donc traversé, solennellement, le Pont-Vieux sur le Tarn en pensant à eux. L'après-midi il était invité à la résidence des Saules, une maison de retraite de Montauban où il allait rencontrer près d'une soixantaine de personnes âgées. Est-ce un hasard si cet adjectif est inclus dans le mot sagesse ? Sans doute. Il n'en demeure pas moins que le rapprochement se vérifie pour peu que l'on veuille bien considérer ces personnes avec respect et bienveillance.

Joe est reparti mercredi soir au volant de l'Opel Zafira louée pour l'occasion. Il a pris le train à Lyon pour Venise. Il reviendra, c'est sûr tant il est attaché à l'Occitanie. Du reste, comme on le voit ci-dessous, cet attachement il le manifeste en arborant fièrement une croix occitane dorée accrochée à son collier de danseur traditionnel. A lèu Joe. Adiu-siatz !

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02 mai 2015

Une Gigantesque arnaque...

tête de gondole

 

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Big brother is watching you

« Le Grand frère vous regarde »

 

« Il n’y avait pas moyen, bien sûr, de savoir si on était surveillé ou non à un quelconque moment. »

Ces lignes sont extraites de "1984", un roman de l’écrivain britannique George Orwell dans lequel ce dernier imagine une société d’où toute vie privée a été bannie. Nous y allons tout droit...

 

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L’œil glauque des caméras, suspendues au plafond, balaie les linéaires. Malheur à celui qui a une tête de gondole (patibulaire... mais presque ! comme disait Coluche).

Salle de surveillance

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Le mur d’écrans, tel l’œil à facettes d’une mouche, renvoie les images volées entre les rayons de la grande surface. Deux vigiles font leur métier: ils regardent l’Œil.

Zoom avant sur le suspect. Gros plan sur ses mains. L’homme manipule, examine mais ne vole pas. Il dépose l’article dans le caddie®. C’est bon pour cette fois.

On me demande ce que je viens faire dans la salle de surveillance. Simplement récupérer une cassette de chants indiens qui ont sonorisé le grand hall pendant que dansaient les Kiowas.

« Belle affluence! me confie l’un des agents de sécurité, on a rarement vu ça un mercredi »

 

Jack Anquoe, Kiowa, des Gray Horse Singers

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Jack Anquoe et Gabe Morgan, Kiowa

 

En Conseil d’administration, nous nous étions posé la question: l’idée-même de présenter des chants et des danses indiennes dans ce temple de la consommation n’était-elle pas incongrue? La promesse verbale – hélas, non-écrite – d’une appréciable participation financière avait suffi à convaincre notre naïveté collective. Ils devaient être trois partenaires commerciaux dans cette affaire: la direction du Très Grand hypermarché, l’association des commerçants de la galerie marchande, et un restaurant MACrophagique rapide. Aucun papier n’avait été signé (nous fonctionnons toujours à la parole donnée) mais, en revanche, on nous avait demandé de décrire  "l’animation" sous la forme d’un dossier suffisamment étayé et détaillé, ce que nous avions fait de bonne grâce. Des affiches, portant les logos de nos trois "partenaires", avaient été apposées dans toute la ville, jusque dans les tambours tournant aux entrées du Très Grand hypermarché. Une exposition indienne, avec interdiction formelle de vente – concurrence oblige –, avait mobilisé une trentaine de nos adhérents pendant 8 jours. Le groupe kiowa avait donné le meilleur de lui-même avec une grande conscience professionnelle, et attiré la grande foule.

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Au moment de passer à la caisse, ce fut la débandade.

Nous gratifiant de son regard oblique, le gérant du magasin d’optique, responsable des commerçants de la galerie – et de l’imbroglio – voulut bien régler un tiers de la facture. Mais rien des deux autres. Même pas une réponse du MAChin-Chouette, trop occupé sans doute à MAChouiller sa pâtée pour chats. Quant au patron du Grandiose Hyper, il ne se souvenait pas d’avoir passé de contrat (ce qui est exact, au sens papier du terme), il n’avait rien su, rien vu, rien entendu.

C’est le boulot des vigiles. Et les vigiles, ils ne voient que les voleurs.

Les petits, pas les "Géants".

 

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25 avril 2015

avec les seniors.

L'histoire des Osages perdus en 1827

et recueillis en 1829 à Montauban

intéresse les résidents

des maisons de retraite

J-C. Drouilhet :

Le 4 mars après-midi à 15 heures (après la sieste), je rencontrai les résidents des Saules à Montauban pour leur raconter l'histoire des Osages perdus et secourus chez nous en 1829. Ce fut un moment magnifique où nous nous sommes retrouvés autour d'une histoire émouvante illustrée d'images d'un diaporama. En voici quelques photos souvenirs

 

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à la suite de cette rencontre une autre a suivi à la maison de retraite de "l'Ange gardien" à Montauban. Même accueil, même intérêt. D'autres rencontres vont suivre. Voici l'annonce de la prochaine. Les visiteurs de ce blog qui seraient désireux d'y assister sont invités à se faire connaître ( tél : 05 63 63 06 02 / 16 30 26 58 59 )

 

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" A la suite de l’intervention que j’ai eu le plaisir de présenter récemment en vos établissements respectifs[1], je tiens à vous dire combien j’ai apprécié l’attention, l’intérêt, la qualité de l’écoute et la participation active des résidents.

Ce premier pas, encore modeste certes, en appelle d’autres, je pense. Il y a là, me semble-t-il, un thème fédérateur – les Indiens d’Amérique – propice à une stimulation intellectuelle car il plonge ses racines dans la mémoire collective réactivée par l’actualité. Ce lien entre la Louisiane française du 18ème siècle, l’histoire locale montalbanaise et l’époque moderne recèle une mine considérable de centres d’intérêt dont il serait dommage de ne pas faire profiter la population de notre ville, notamment les résidents des maisons de retraite." ------------ JCD

Un nouveau rendez-vous a donc été pris pour le 6 mai au cours duquel seront présentés trois extraits de films ouvrant à discussion

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[1] Résidence « Les Saules » ; mercredi 4 mars 2015 – Maison de retraite « l’Ange gardien » ; mardi 14 avril 2015

 

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18 avril 2015

Nous avons eu l'honneur de rencontrer...

Lucille Robedeaux

L'une des dernières locutrices naturelles

de la langue Osage

 

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Les Osages parlent une langue du groupe linguistique siouan ; elle a donc des racines communes et probablement une syntaxe proche de celle des Lakotas (ceux que l'on désigne habituellement sous le nom de « Sioux »). Comme les Osages font partie du groupe ethnique des Sioux Deghiha, ils ont une langue proche de celle des autres peuples de ce groupe : Omaha, Ponca, Kaw (Kansas), Quapaw (Arkansas). On pourrait comparer cette proximité linguistique à celle qui existe entre les langues occitane et catalane.

Osage_language - peinture morale à Pawhuska (OK)

Malheureusement, la langue osage, comme la plupart des autres langues écrasées par une culture dominante, a quasiment disparu, du moins dans sa transmission naturelle par les familles et la communauté osage. Les efforts déployés par la nation Osage pour faire renaître leur langue sont considérables, méritent le respect et toute notre attention.

Lucille Robedeaux était l'une des dernières personnes à pouvoir parler couramment sa langue maternelle. Mais elle n'en avait que rarement l'occasion car, l'année où nous l'avions rencontrée en 2002 à Hominy (l'un des trois villages de la réserve osage), il ne restait plus que trois locuteurs naturels.

 

chez Lucille Robedeaux à Hominy (Oklahoma)

avec Lucille et d'autres anciens de la tribu Osage

Lucille était un trésor culturel vivant. Elle est malheureusement décédée en 2005. Elle était venue avec le premier groupe de quarante-trois Osages que nous avions reçus en septembre 1990. Le séjour avait commencé à Paris où à été prise la photo en tête de cet article. Puis il s'était prolongé pendant plus de deux semaines à Montauban et une partie de la région Midi-Pyrénées dans une ambiance festive comme jamais nos visiteurs n'en avaient connue, nous avaient-ils dit.

Lucille Robedeaux (blouse bleue) avec un groupe de femmes osages - Paris septembre 1990

Lucille Robedeaux et Carl Ponca à l'arrivée devant la gare SNCF de MontaubanC'est à la fin de son séjour à Montauban que Lucille a tenu à nous offrir une collection de portraits de ses parents et grands-parents. C'est notre ami Norbert Sabatié qui est dépositaire de cette précieuse collection que nous ressortons de temps en temps. La dernière fois c'était à notre assemblée générale. Aujourd'hui nous en faisons profiter tous ceux qui nous font l'honneur d'une visite... et peut-être d'un commentaire.

 

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les parents de Lucille pour leur 50ème anniversaire de mariage : Walter J. Matin et Helen Pratt Matin

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Les grands-parents paternels et le père de Lucille (enfant) : Mose-num-pah (Iron Necklace) ; grand-mère Matin et Walter J. Matin (4 ans 1/2

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Les grands parents maternels de Lucille et sa mère enfant : Henry Pratt ; Josephine Chouteau Pratt et Maggy Helen Pratt (4 ans)

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Les parents de Lucille : Walter J. Matin ; Helen Pratt Matin et le fils de Lucille en costume de cérémonie : Walter Charles Withehorn

 

 

 

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10 avril 2015

Hommage à Angela

Angela Robinson,

Présidente d'honneur

d'OK-OC

nous a quittés

deuil

Nous avons appris avec tristesse le décès de notre Présidente d'honneur Angela Robinson survenu le samedi 4 avril à l'hôpital St John de Tulsa (Oklahoma). La cérémonie religieuse aura lieu à l'église catholique de l'Immaculée Conception de Pawhuska vendredi 10 avril à 10 heures HL (soit 17h en France) en présence sa famille, de ses nombreux amis et de la communauté Osage. Elle sera ensuite inhumée au cimetière de Pawhuska selon le rite osage officié par Eddy Red Eagle jr. Enfin un dernier hommage lui sera rendu dans la salle de Wakon Iron qui réunit habituellement les Osages pour leurs cérémonies.

Plusieurs messages venant d'OK-OC seront lus lors de ces manifestations parmi lesquel celui de l'association OK-OC et celui de Jean-Claude et Monique Drouilhet

Angela

logo_okocThe Oklahoma-Occitania association remembers  that Angela has been our first contact in America. This contact which enabled to tie  the links between the Osage and the Occitan people. We will keep in mind her elegance, her huge kindness, her great simplicity concerning human relationship and  her great heart.  A great lady to whom we give a special thought at the moment she has just left  us. She has been and will always remain the Honour President of our Association. Please accept our deepest sympathy for her family and all the Osage people.

Oklahoma - Occitania

L’association Oklahoma-Occitania n’oublie pas qu’Angela a été notre premier contact en Amérique. C’est ce contact qui a permis de nouer les liens entre les Osages et les Occitans. Nous nous souviendrons de son élégance, de son incroyable gentillesse, de sa grande simplicité dans les relations humaines et de son cœur immense. C’est à cette grande dame que nous pensons intensément au moment où elle nous quitte. Elle était et elle restera toujours la Présidente d’honneur de notre association. Nous témoignons de notre plus profonde sympathie à sa famille et au peuple Osage

Oklahoma-Occitania

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Angela, notre très chère amie, vous nous avez quittés sans que nous ayons pu, une dernière fois, vous serrer dans nos bras ou tout simplement tenir votre main jusqu’au dernier moment. Nous pleurons votre départ comme nous le ferions pour un membre très proche de notre propre famille. Oui, c’est bien cela Angela, nous vous considérions comme notre sœur. Une sœur dont nous aurions découvert l’existence il y a vingt-six ans. Mais vous avez aussitôt envahi notre vie comme nous avons envahi la vôtre. La symbiose était parfaite entre nos deux familles.

Il y a vingt-six ans, donc, le 29 août 1989, je recevais une lettre de Californie qui commençait ainsi : « Cher Mr Drouilhet, je m’appelle Angela Robinson, je suis une femme Osage et le chef de notre tribu Osage, Mr George Tallchief m’a chargé de correspondre avec vous pour préparer les échanges culturels que vous nous proposez. Je parle un peu le Français et je serai très heureuse de m’acquitter de cette tâche. » J’étais à la fois étonné et bouleversé de recevoir une réponse au message que j’avais envoyé à Pawhuska, un peu comme on lance une bouteille à la mer. C’est ce jour-là qu’ont commencé les échanges fructueux entre nos deux cultures. Ils continuent sans interruption et ont renoué les liens étroits qui existaient entre les trappeurs et tradeurs français et les Osages au temps de la Louisiane française. Nous avons ensemble soufflé sur les braises d’une vieille amitié qui couvaient sous les cendres de l’Histoire.

Et cette amitié avec la France, Angela et son mari Wesley l’entretenaient depuis longtemps. Wesley avait connu la France dans des circonstances dramatiques. En juin 1944, il débarquait à Utah Beach, en Normandie avec les GI de l’armée des Etats-Unis et les autres Nations alliées. Il avait combattu en France et il aimait la France. De son côté, Angela avait des cousins en France et elle partageait les sentiments de son mari pour notre peuple et notre pays.

Ils aimaient la France à un point tel qu’ils y avaient vécu toute une année, en plein Paris. Et cet amour ils l’avaient partagé avec toute leur famille. C’est ainsi que le 6 juin 2004, pour le soixantième anniversaire du débarquement en Normandie, toute une famille Robinson, de treize personnes, nous retrouvait en Normandie pendant une semaine chez nos cousins Bernard et Marcelle Roy. Nous étions tous émus et joyeux de nous retrouver.

Avec les Osages, l’amitié s’est renforcée, grâce à Angela. Tout le monde à Montauban admirait Angela. Elle nous y avait rendu visite à trois reprises. Quelle belle et charmante personne ! Son rayonnement atteignait le cœur de toute personne qui la rencontrait. Notre première rencontre remonte à septembre 1990. Nous avions ensemble organisé le premier voyage d’un groupe de quarante-trois Osages. Pendant plus de deux semaines ce fut un ravissement. Nous chantions beaucoup, tellement nous étions heureux : « Alouette, gentille alouette… », « Amazing Grace », « Oklahoma », « La Marseillaise » et l’hymne national  américain, sans oublier le « Se Canto » des Occitans. Nous découvrions la riche culture des Osages, les coutumes et les traditions, les costumes traditionnels, les chants et les danses. Grâce au travail d’Angela, la culture osage est devenue très renommée à Montauban et dans tout le sud de la France. Nous étions tellement fiers d’elle, au sein de notre association Oklahoma-Occitania, que nous avons décidé de lui décerner le titre largement mérité de Présidente d’Honneur.

Nous perdons avec Angela une partie de notre histoire et c’est un déchirement pour nous tous qui la connaissions. Tout OK-OC est en deuil aujourd’hui et pleure sa disparition. Mais elle restera toujours dans nos cœurs et dans notre mémoire.

Quant à nous, la famille Drouilhet à Montauban, France, nous partageons la peine de toute la famille Robinson et Clavier. Nous vous connaissons tous et vous aimons comme les membres de notre propre famille. Nous avons plusieurs fois eu le plaisir de vous accueillir parmi nous et de partager de riches moments d’amitié et d’affection. A tous nous présentons nos condoléances les plus sincères et les plus attristées. Nous continuerons de cultiver ensemble avec vous le souvenir de notre chère Angela aussi longtemps que nous vivrons, et ainsi feront nos enfants et nos petits enfants afin que jamais ne s’éteigne le feu brûlant de notre amour réciproque.

Nos condoléances vont aussi à tout le peuple Osage qui perd l’un de ses membres parmi les plus efficaces et aussi le plus modeste.

Enfin nous pensons à tous ses amis, à ses voisins Jack et Dean Shoemate qui la chérissaient autant que nous.

Merci à Ted, John, Laura, Ginger, Jeff, Tom, Janet, Tristan, Gabrielle, Wes, William ainsi qu’à Galen et la famille Clavier de nous associer à l’hommage qui sera rendu à Angela lors de ses obsèques.

La France aussi perd une amie. « J’aime la belle France ! » disait souvent Angela. La France t’aime aussi Angela et ne t’oubliera pas. Repose en paix…

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 Angela, our dear friend, you left us without that we could give you one last hug or just hold your hand until the last moment. We mourn your departure as we would for a very close member of our own family. Yes, that is true,  Angela we thought, was our sister. A sister that we would discovered the existence there are twenty- six years. But you immediately invaded our lives as we invaded yours. It was a perfect symbiosis between our two families.

 There are twenty-six years, so on August 29 , 1989, I received a letter from California that began: « Dear Mr Drouilhet, my name is Angela Robinson, I'm an Osage Lady and the Principal Chief of our tribe, Mr George Tallchief, instructed me to correspond with you to prepare cultural exchanges you are suggesting. I speak a little French and I will be very happy to take care of this task ». I was both surprised and upset to receive a reply to the message I had sent in Pawhuska, much like you throw a bottle into the sea. It was that day that began the fruitful exchanges between our two cultures. They continue without interruption and have returned the close ties that existed between the French trappers and traders and Osage in the time of French Louisiana. We all blew on the embers of an old friendship smouldering under the ashes of History.

 And this friendship with France, Angela and her husband Wesley had long maintained. Wesley had known France in dramatic circumstances. In June 1944, he landed at Utah Beach in Normandy with GI’s of the army of the United States and other Allied Nations. He had fought in France and he loved France. For her part, Angela had cousins in France and she shared her husband's feelings for our people and our country.

They loved France to the point that they had lived a year in central Paris. And love they had shared with their entire family. Thus, June 6, 2004 , the sixtieth anniversary of the Normandy landings, we invited a Robinson family of thirteen people in Normandy for a week with our cousins Marcelle and Bernard Roy. We were all excited and happy to meet us.

 With the Osage, friendship was strengthened thanks to Angela. Everyone admired Angela in Montauban. She had made three visits to Montauban. What a beautiful and lovely person ! Her radiance reached the heart of anyone who met her. Our first meeting was in September 1990. We had organized set the first trip of a group of forty-three Osage. During more than two weeks it was a delight. We sang a lot, so we were happy, « Alouette, gentille alouette… » ; « Amazing Grace  » ; «  Oklahoma » ; « La Marseillaise » and « The Star Spangled-Banner », without forgetting the  Occitan anthem « Se Canto ». We discovered the rich culture of Osage, customs and traditions, costumes, songs and dances. Thanks to the work of Angela, the Osage culture has become renowned in Montauban and throughout the south of France. We were so proud of her, in our Oklahoma-Occitania association, we have decided to award her the well deserved title of Honorary President.

We lose with Angela a part of our history and it is heartbreaking for all of us who knew her. Everybody of OK -OC is in mourning today and mourns her loss. But it will always remain in our hearts and in our minds.

As for us, the Drouilhet family in Montauban, France, we share the pain of the entire Clavier and Robinson family. We know you all and love you as members of our own family. We have repeatedly had the pleasure to have you with us and share rich friendship and affection times. To all we extend our deepest and most heartfelt condolences. We will continue to grow together with you the memory of our dear Angela as long as we live, and so will our children and grandchildren that never turns off the burning fire of our mutual love.

Our condolences also go to all the Osage people that loses one of its members among the most effective and the most modest.

Finally we think of all his friends, his neighbors Jack and Dean Shoemate who loved her as much as us.

Thanks to Ted , John , Laura, Ginger , Jeff , Tom, Janet , Tristan , Gabrielle, Wes , William , as well as Galen and Clavier family to join us with the tribute will be paid to Angela at his funeral .

France also lost a friend. « J’aime la Belle France ! », often said Angela.

France also love you Angela and do not forget you . Rest in peace ...

 Jean-Claude and Monique Drouilhet

Montauban, France – April 4, 2015

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05 avril 2015

archives vidéo d'OK-OC (1)

Pieds nus

sur

la terre occitane

Notre association Oklahoma-Occitania (OK-OC pour les amis) est née en septembre 1989. Son premier geste fut d'inviter trois représentants de la tribu Osage à venir marcher sur les traces laissées à Montauban par les mocassins de leur ancêtres en novembre 1829. L'année suivant la naissance d'OK-OC, au mois de septembre 1990, il vinrent quarante-trois !

Pour annoncer cet événement nous nous adressâmes alors à un professionnel de l'audiovisuel, documentariste de talent et de surcroît occitan : le Toulousain Francis Fourcou. Bien sûr, la réalisation de ce petit documentaire-fiction anticipait la venue des vrais Osages qui allaient arriver d'Oklahoma. Il nous fallait donc des acteurs, figurant les trois Osages qui arrivaient exténués à Montauban après trois ans et demie d'errance. Ils furent choisis parmi des collégiens de Montauban. Il y avait Jessie, jeune Tsigane de 13 ans, dont la longue chevelure noire et le teint hâlé convenait au rôle de Femme-Faucon, puis Jérôme, pas tellement indien d'apparence mais qui ferait l'affaire pour Petit-Chef et enfin Miguel qui nous camperait un Grand-Soldat acceptable quand nos l'aurions enroulé dans une couverture.

Tous ces jeunes ont bien grandi, d'autres, les adultes ont bien vieilli. Le docu-fiction lui est aussi neuf qu'à sa naissance...

Séquence nostalgie

Novembre 1829 - Petit-Chef, Grand-Soldat et Femme-Faucon traversent le Pont-Vieux à Montauban

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28 mars 2015

Des jeunes mocassins sur la piste

Des collégiens et des écoliers montalbanais

ont parcouru

La piste des Osages

 

Osages

 

Ce fut une épreuve sportive peu commune pour des enfants du 10 à 12 ans en ces temps de covoiturage : parcourir à pied les rues de Montauban à la découverte des traces laissées à Montauban par les Osages de 1829 à nos jours. Pas moins de 8 kilomètres dans la journée du jeudi 12 mars. Ils n’ont pas molli, juste un peu fatigués mais contents de leur journée ont-ils dit. Zoom avant…

zoom

Les éclaireurs et éclaireuses :

Six collégiens de Manuel-Azaña (le dernier président de la république espagnole – renversée par le général putschiste Franco – qui  émigra en France, vécut et mourut à Montauban où il est enterré) et sept écoliers de Camille-Claudel (célèbre sculptrice compagne et collaboratrice de Rodin). Ils étaient accompagnés de Sandrine Garriguenc, leur professeur d'anglais et de Jean-Claude Drouilhet et Walter Sonneghet pour OK-OC

Première étape :

l’Ancien collège. En 1676, les jésuites y créent un collège où, paraît-il, le fondateur de la ville de Detroit (Michigan) étudia quelque temps avant de partir en Amérique. Il s’appelait Antoine Laumet sieur de Lamothe-Cadillac, plus connu sous le nom de « Cadillac ». Un grand « ami » des Indiens d’Amérique. C’est justement le sujet de la journée. L’histoire des Osages, arrivés à Montauban en novembre 1829, retient l’attention des treize adolescents que sont venus soutenir deux élus de Montauban : Sophie Laran et Philippe Fasan

l'histoire des Osages arrivés à Montauban en 1829

les trois Osages de Montauban

Deuxième étape

Profitant de notre station à l'Ancien collège, il nous faut aussi parler du chef Pawhuska. Quelques pas nous conduisent à la salle qui lui est dédiée. Pawhuska c'est ce chef osage qui dans une bataille  contre un détachement de l'armée américaine en 1791 enleva le scalp à un officier qu'il pensait avoir tué. Ce n'était en fait qu'une perruque poudrée qui sauva la vie à l'officier blessé, lequel s'enfuit à toutes jambes. Le guerrier osage porta ce trophée attaché à sa ceinture, ce qui lui valut le nom de "Cheveux Blancs", Paw-Huska en langue osage.

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Troisième étape :

le buste en bronze du Montalbanais Jean Bon Saint-André près de la façade sud de l’Ancien collège.

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Deux raison à cela. La première c’est l’adoption par la Convention en 1793 du pavillon tricolore de la République française, notre drapeau national, sur proposition de notre concitoyen.

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La seconde qui nous ramène à l’Amérique des Indiens c’est que ce drapeau a flotté sur le territoire indien – devenu l’Oklahoma – lequel état a changé quatorze fois de bannières au cours de son histoire.

 

en 1800 le drapeau tricolore de la France flottait au-dessus de l'Oklahoma qui faisait partie de la Louisiane française

 

C’était eu temps de la Louisiane française, en 1800. Montauban – Cadillac – Detroit – Jean Bon Saint-André – Oklahoma. L’Histoire a de ces raccourcis !

 

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Quatrième étape :

la terre indienne du Jardin des Plantes. Une collégienne lit le texte de la stèle ; s’ensuit une discussion sur la sentence du chef Seattle qui en formule la conclusion : « la Terre n’appartient pas à l’Homme ; l’Homme appartient à la Terre. » Nul besoin d’un dessin ; tout le monde a compris.

 

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A quelques pas de là une petite visite est rendue à l’oranger des Osages, planté en 2009 par une délégation officielle de la tribu conduite par le chef Jim Gray. Le bois d’arc des Osages fera désormais le sujet de brillants exposés collégiens.

 

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Cinquième étape :

la MJC de Montauban, rue des Augustins. Une mini exposition d’artisanat indien est présentée au jeune public qui découvre une culture et la langue qui va avec.

 

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Les Osages ont d’excellents artistes et d’habiles artisans. Ils sont partis à la reconquête de leur langue presque éteinte et ont pour cela inventé un système graphique qui permet d’en transcrire tous les sons. Bizarrement le mot « cheval » se traduit en osage par « Kawa » qui fait penser au « caballo » espagnol. Ce sont en effet les Espagnols qui réintroduirent le cheval en Amérique ce qui conduisit à une adaptation bouleversante de la culture des Indiens des Plaines.

 

petite princesse françosagaise

une autre petite princesse

et le petit prince

Sixième étape :

le Pont Vieux. C’est le passage obligé, celui que suivirent les ancêtres de 1829 pour entrer dans Montauban. Tous les Osages qui ont visité Montauban ces vingt-cinq dernières années ont sacrifié à la tradition de traverser le Pont Vieux sur « les traces des mocassins de leurs ancêtres » Les jeunes coureurs des pistes n’ont pas failli à la tradition. Mais avant cela il a fallu comprendre la construction d’un ouvrage d’art du 14ème siècle. Les briques nécessaires ont été moulées et cuites sur place en utilisant la terre d’une excavation creusée dans le voisinage, laissant un grand trou vite rempli d’eau formant un petit lac : « la laco », en occitan. Le trou a depuis longtemps été comblé et est devenu une place : la place Lalaque.

 

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La traversée du pont s’est faite sans encombre avec quelques arrêts pour permettre au photographe de La Dépêche de fixer l’événement pour la postérité.

Septième et dernière étape :

L’hôtel de ville de Montauban. En 1829, c’était le siège épiscopal, la résidence de Louis-Guillaume Dubourg, évêque de Montauban et ancien évêque de la Louisiane française.

 

Louis-Guillaume Dubourg, évêque de Montauban en 1829

L’assistance qu’il avait accordée à ses protégés et la générosité des Montalbanais avaient permis de renvoyer les Osages perdus dans leur pays. Notre jeune troupe a donc suivi le chemin de ces vagabonds, du perron de la mairie à la salle des mariages, ancienne chapelle de l’évêque.

SAM_1529sur le perron de l'ancienne entrée de l'évêché / hôtel de ville

C’est ici que se terminait ce « parcours des Osages » pour les écoliers et collégiens que leur professeur, Sandrine Garriguenc, allait ramener à l’autre bout de la ville. Fatigués mais contents : de vrais petits guerriers.

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21 mars 2015

Quand les Indiens laissent des traces

Les arbres que les Indiens

Ont planté à Montauban

 

Depuis vingt-cinq ans, Montauban s’est parée du titre de « ville la plus indienne de France ». En effet de nombreux sites jalonnent le « parcours des Osages » faisant référence aux trois SDF de cette nation, dépourvus de tout et désespérés qui arrivaient en novembre 1829 dans notre bonne ville. On sait ce qu’il advint d’eux qui, grâce à la générosité des Montalbanais, s’en retournèrent au Kansas où leur peuple avait été déplacé. Depuis que les relations ont été renouées, en 1989, d’autres nations d’Indiens d’Amérique ont envoyé certains de leurs représentants à Montauban. Parmi les jalons implantés dans la ville nous citerons aujourd’hui les « arbres des Indiens »

Le sequoïa du Jardin des plantes

sequoia

Il fut le tout premier, le 22 juillet 1992. OK-OC avait invité cette année-là huit tribus d’Oklahoma à venir commémorer « cinq siècles de résistance indienne et occitane ». Les Osages, évidemment étaient représentés mais, parmi les autres nations, une jeune fille représentait les Cherokee. Elle s’appelait Vanessa Williams ; elle était la fille de Richard Williams, Cherokee et de Lillian Williams, Pawnee. Elle venait de Tulsa (Oklahoma)

 Montauban, 1992 - Vanessa Willams (robe bleue au centre).C’est sur la première terre indienne dédiée aux Osages que Vanessa a planté un séquoïa. Pourquoi cette espèce américaine plutôt qu’une autre ? Son nom vient de celui d’un chef célèbre de la tribu Cherokee : le chef Sequoyah qui créa un alphabet pour son peuple lui permettant ainsi de passer de la tradition orale à l’écrit dans un système graphique propre à rendre fidèlement tous les phonèmes de sa langue.

Vanessa Williams et Hubert Gouze, maire de Montauban en 1992Ce jour-là donc, Vanessa, très émue plantait son Sequoïa gigantea – à moins que ce soit le sempervirens – qui était à peine plus grand qu’elle, de quelques centimètres. Aujourd’hui, c’est un arbre majestueux d’une trentaine de mètres de hauteur qui grandit à vue d’œil (ou presque !). Que l’on se rende compte : 25 mètres en 23 ans, plus de 1 mètre par an. S’il s’agit du S. gigantea, il faut savoir qu’en Californie il atteint l’âge vénérable de trois cents ans et la hauteur de 100 mètres. Les jardiniers futurs du jardin des plantes de Montauban auront hérité du plus grand être vivant que la terre ait jamais porté

Sequoyah

 

L’oranger des Osages

oranger1

Encore une espèce américaine. Il s’agit d’un mûrier dont le fruit a la grosseur d’une orange – d’où son nom erroné mais, depuis les « Indiens » de Christophe Colomb, on ne s’étonne plus. En revanche son attribution aux Osages n’est en rien usurpée. Le bois de cet arbre était utilisé par les anciens guerriers-chasseurs de ce peuple pour confectionner des arcs renommés dans tout le monde amérindien. Fréquent dans les Etats méridionaux du Midwest (Missouri, Kansas, Oklahoma, Texas, Arkansas), cet arbre fournissait aux Osages le bois dont ils fabriquaient leurs arcs. D’où le surnom de « bois d’arc » donné à cette espèce par les Osages eux-mêmes. Ils utilisent d’ailleurs encore aujourd’hui cette appellation (qu’ils prononcent bodark) sans toujours connaître son sens en français. Le fait qu’ils aient adopté et retenu cette expression française témoigne de l’influence culturelle française dans l’ancienne Louisiane (divers auteurs indiquent que de nombreux Osages comprenaient et parlaient le français).

Paula Stabler (Osage) et David Brown (Consul des USA) plantent l'oranger des Osages)

C’est en novembre  2009 qu’un jeune Maclura aurantiaca (son nom scientifique) a été planté au Jardin des plantes de Montauban par la délégation officielle de la tribu Osage, conduite par le chef Jim Gray et par le consul des Etats-Unis à Toulouse, Mr David Brown

le consul David Brown et le chef Jim Gray

 

L’érable à sucre

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Qui n’a jamais savouré une crêpe arrosée au sirop d’érable ? Encore une invention des Indiens d’Amérique. Depuis la nuit des temps, dans la région des Grands lacs, le sirop d’érable est extrait par les Indiens Ojibways d’une espèce d’érable : l’Acer saccharum, l’érable à sucre. Nous avions invité en cet automne 2011 des représentants de plusieurs tribus parmi lesquelles des Ojibways.

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Ainsi donc, le  10 septembre 2011, en compagnie des enfants de l’école Camille-Claudel à Montauban, les Ojibways plantaient au centre de la cour un jeune érable à sucre. A la suite de cette cérémonie, tout le monde se réunissait dans une grande salle pour déguster des crêpes au sirop d’érable.

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 Le Tuliper de Virginie

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Le tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera) est, comme son nom l'indique, originaire des états de l'est des États-Unis (et pas seulement de Virginie). Sa fleur à la forme d'une grosse tulipe verte et sa feuille celle d'un lis (ou plutôt d’une lyre) C'est l'espèce qui a été choisie pour être plantée par les Indiens à la maternelle de Villebourbon. C'est un très bel arbre de la famille des Magnoliacées.

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Nous sommes en septembre 2012 à l’école maternelle de Villebourbon, un quartier de Montauban. Deux Osages sont nos invités : Paul Bemore et Joe Hall. Ils vont, devant tous ces bambins rassemblés et attentifs comme seuls les enfants savent l’être devant des Indiens, pratiquer une cérémonie de plantation dont ils se souviendront toujours.

 Joe Hall et Paul Bemore se préparent à la plantation

Paul Bemore prépare un cœur en turquoise

Paul Bemore (Osage) adresse une prière aux quatre directions

Paul place le petit cœur au fond du trou

Le cœur en turquoise de Paul

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Enterre mon cœur à Montauban

silence, on plante...

En conclusion (provisoire)

Quatre arbres plantés par des Indien(ne)s en vingt-deux ans ; un tous les cinq ans. A ce rythme, dans mille ans nous en aurons planté deux cents, une véritable petite forêt indienne. Montauban, fondée en 1144 par Alphonse-Jourdain comte de Toulouse, célèbrera son millénaire en 2144. Nous y serons. Et vous ?

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