Oklahoma-Occitania

06 février 2016

La parole donnée...

Pour que soient respectées

Les terres indiennes de Montauban

 

Montauban héberge deux parcelles de terre qui ont été dédiées aux Indiens Osages. Il s’agit de la « terre indienne du Jardin des Plantes » et du « Rond des osages » à la sortie 64 de l’autoroute.

14 juillet 1992 : inauguration du

Le « Rond des osages » a été solennellement dédié à la nation Osage le 14 juillet 1992, en présence d’une délégation amérindienne comprenant deux  personnalités : l’historien osage Louis F. Burns et un membre du Conseil tribal, Raymond Theis II. Du côté français deux personnalités présidaient la cérémonie : un élu, Roland Garrigues, adjoint au maire de Montauban[1] et une représentante de l’Etat, Bernadette  Malgorn, préfet de Tarn-et-Garonne. Des membres d’Ok-Oc étaient également présents à cette cérémonie.

La « Terre indienne du Jardin des Plantes » a été consacrée le mardi 21 juillet 1992 par Jean-Louis  Pujol, adjoint au maire de Montauban. Une stèle était inaugurée et un séquoia géant était planté par une jeune fille cherokee. (le jeune séquoia avait à peu près la même hauteur que la jeune indienne. Aujourd'hui il atteint les 30 mètres. Et demain ? Il peut atteindre 100 mètres et vivre 3000 ams !)

Le Sequoia gigantea du Jardin des Plantes de Montauban

Il ne s'agit-là, bien entendu, que de dons symboliques n'ayant donné lieu à l'établissement d’aucun acte officiel. Seule compte la parole donnée sur l'engagement de considérer et faire considérer cette terre, par la population locale ainsi que par les visiteurs, comme étant désormais une terre indienne. A cet effet, la ville de Montauban a jugé opportun d'ériger une stèle commémorative. Sur la stèle du Jardin des Plantes de Montauban on lit :

Gérard et Evy Massip en compagnie de deux visiteurs indiens

« En novembre 1829, trois Indiens d'Amérique de la Nation Osage furent abandonnés en Europe et recueillis à Montauban. Ils retournèrent dans leur pays grâce à la générosité des Montalbanais. En souvenir de cette émouvante histoire, et en signe de gratitude pour l'hospitalité généreuse que les Indiens d'Amérique ont toujours prodiguée à leurs premiers visiteurs français des siècles passés, le 22 juillet 1992, la ville de  Montauban représentée par son Maire, Hubert Gouze, a donné cette parcelle de terre aux tribus Osage et Cherokee. Amis visiteurs, vous êtes ici devant une terre indienne. Respectez-la autant que les Indiens d'Amérique qui, de tous temps, ont respecté la Terre-Mère. "La terre       n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre " ( Chef Seattle ) »

Ces dons de terre semblent avoir été bien acceptés par les populations concernées et la fréquentation des stèles commémoratives par les gens de passage comme par les citadins accompagnés de leurs amis en visite, dénote un intérêt certain du public pour une initiative amenant à s'interroger sur le respect de la terre. Enfin, la fonction éducative d'une telle dédicace, s'appuyant sur l'intérêt des enfants pour les Indiens d'Amérique, semble évidente. Cependant plusieurs échos nous reviennent de divers visiteurs qui se disent offusqués de constater des négligences de la part de l’autorité municipale.

la stèle salie par des dépôts noirs

Pour ce qui concerne la terre indienne du Jardin des Plantes, la stèle est salie par des dépôts noirâtres, probablement des moisissures qui gênent la lecture du texte. Un bon nettoyage devrait lui rendre son apparence d’origine.

statue

Par ailleurs une statue a été érigée sur cette terre indienne, sans que les principaux intéressés - les Osages - n’en aient été informés. Faut-il préciser qu’elle n’a aucun rapport avec le sujet. Les Indiens d’Amérique ont une longue habitude des traités bafoués. Ajouteront-ils celui de Montauban sur une liste déjà longue ?

Rond_des_Osages2

Quant au Rond des Osages il mériterait aussi un léger entretien. La plaque qui l’identifie au ras de la pelouse est salie par la circulation et devient preque illisible à distance.

plaque

Les trois structures métalliques auraient besoin que soient rafraîchies leurs peintures afin de leur rendre l’éclat d’origine. Enfin les pins qui les entourent ont tendance à les envelopper. Ne pourrait-on un peu les dégager ?

panneau

En outre, comme au Jardin des Plantes, un corps étranger a été implanté sans que les Osages n’aient eu à en connaître. Il s’agit d’un panneau présentant « Montauban, ville d’art et d’histoire » D’autres ronds-points auraient pu aussi bien accueillir cette annonce. Ne pourrait-on la déplacer ?

Montauban doit se préparer à recevoir pour quelques jours une délégation officielle de la tribu Osage emmenée par son chef principal Geoffrey Standing Bear. Il serait dommage que ces quelques retouches que nous venons de suggérer ne soient faites avant cet événement.

D’autant plus que la ville de Pawhuska, capitale administrative des Osages et jumelée à Montauban depuis 1999 accorde une grande importance à cette amitié historique qui nous relie. Ainsi, une réplique du Rond des Osages a-t-elle été érigée au centre de la petite ville de Pawhuska.

Le Rond des Osages de Pawhuska

A l’entrée de la ville un panneau signale le jumelage avec Montauban (ce qui n’existe pas à l’inverse).

un panneau accueille les visiteurs à l'entrée de Pawhuska

Enfin, une « ambassade de Montauban » à Pawhuska a été inaugurée en 2002 en présence de plusieurs élus du Conseil municipal de Montauban. C’est dire le sérieux avec lequel ce jumelage est considéré en pays osage.

http://p2.storage.canalblog.com/27/45/247410/100696409.jpg



[1]  Le maire de l’époque était Hubert Gouze qui avait toujours suivi très attentivement nos échanges avec les Osages. Hospitalisé à Toulouse il n’avait pu à son grand regret être présent à ces inaugurations.

 

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30 janvier 2016

épilogue

Le retour de Petit Chef

 

L'histoire des six Osages perdus en France puis en Europe de 1827 à 1830 commence à être connue, en particulier à Montauban où trois d'entre eux arrivaient dans un état d'extrême dénuement par un terrible hiver en novembre 1829. Ki-He-Kah Schinkah, en français Petit-Chef, conduisait la petite troupe qui comprenait en outre Grand-Soldat et Femme-Faucon.

Leur histoire est connue grâce aux livres qui ont été publiés - Du Missouri à Montauban de Jean-Claude Drouilhet et Le Voyage chez les Yeux Clairs de Philippe Brassart, où celui qui sortira en librairie le 16 fécrier : Les Indiens Osages de Marie-Claude Feltès-Strigler. On commence aussi à parler d'un colloque sur le sujet dont la présidence serait assurée par notre amie Marie-Claude Strigler. Nous reviendrons bien entendu sur cette actualité dans les jours à venir.

En attendant, voici quelques compléments sur Petit-Chef qui, de retour parmi les siens, continua de servir sa tribu avec dévouement

Petit-Chef peint par George Catlin en 1834

George Catlin autoportrait

Les survivants de cette expédition furent honorés dans la tribu aussi longtemps qu'ils vécurent. Petit Chef participa à la conférence avec les Commissaires des États-Unis au traité de Fort Gibson en février 1833 ainsi qu'à une autre conférence tenue au même endroit le 5 janvier 1835 où il déclara : « J'ai voyagé dans le monde entier pour apprendre comment rendre mon peuple heureux, en vain. »Quelques années plus tard, un écrivain français nommé Cortambert qui se rendit dans un village des Osages sur la rive droite de la rivière Neosho raconta dans son Voyage au pays des Osages la rencontre qu'il fit : «...Je vis deux des Osages qui sont allés à Paris il y a une dizaine d'années, un homme et une femme. Ils ont gardé un agréable souvenir de la France bien qu'ils n'y aient pas toujours été bien traités. »Tixier, un autre voyageur français était de passage à Saint-Louis lorsque Édouard Chouteau, le neveu de l’un des fondateurs de la ville de Saint-Louis[1],  le présenta à Grand Soldat qu'il trouva « assis sur une tribune fumant tranquillement sa pipe » et il nous dit ensuite que « cet homme de quarante-cinq ans est l'un des Osages qui est allé en France voici plusieurs années. Il porte sur sa poitrine une médaille avec le portrait du général Lafayette. Monsieur Chouteau nous dit que ce distingué sauvage portait le nom de Grand Soldat. Il nous parla longtemps de notre pays et de nos compatriotes. Monsieur Chouteau qui traduisait pour nous ses paroles nous dit que Grand Soldat était très content de voir les Français. Tous les Osages qui sont allés en France sont morts à l'exception de Grand Soldat et de l'une des femmes. Il parlait avec une extraordinaire volubilité un langage doux et accentué... Il parla avec affection du général Lafayette. »Plus tard encore, le peintre indien Stanley rencontra Grand Soldat et peignit son portrait lors du grand conseil intertribal qui se tint à Tahlequah en juin 1843.  A son sujet il déclara : « ...Il a près de soixante-dix ans, il est vigoureux et actif... Il porte une médaille qui lui a été offerte par le général Lafayette et qu'il affectionne plus que toute autre chose au monde, il parle souvent de lui et de sa gentillesse... A Tahlequah il participa aux diverses danses et amusements avec encore plus d'entrain que n'importe lequel des jeunes guerriers. Il passa une semaine avec moi durant le mois de septembre qui suivit. Il mourut pendant l'été 1844. »

Petit-Chef par Charles Balthazar Julien Fevret de Saint Memin, 1830

Grand Soldat, par Charles Balthazar Julien Fevret de Saint Memin, 1830



[1] Saint Louis a été fondée en  1764  par Pierre Laclède et son beau-fils Auguste Chouteau

23 janvier 2016

Renversants Osages

INVERSIONS

L'inversion des points de vue est une méthode pédagogique des plus efficaces. L'orateur, le conférencier, l'enseignant qui néglige le feed-back, autrement dit les signaux que lui renvoie l'auditoire - bâillements, bavardages, somnolence, impatience - persiste à infuser sa verveine soporifique. Si, au contraire, il perçoit ces réactions, alors il intègre à sa présentation des stimuli qui réveillent une attention évanescente. D'où l'importance de savoir se placer du point de vue d'autrui et de se regarder dans ses yeux. quatre exemples pris dans le petit monde de nos relations avec les Osages illustreront ce préambule...

Des sauvages venus de France

Lorsque en 1827 six Indiens Osages débarquèrent au Havre  puis furent embarqués dans une succession de folles présentations, souvent humiliantes, nos ancêtres étaient loin de se douter du tort qu'ils faisaient à leurs naïfs visiteurs. Pas tous nos ancêtres cependant. Certains caricaturistes, humoristes de talent étaient là pour les aider à comprendre et mesurer leur cuistrerie. Le moyen ? L'inversion de situation. Le dessin ci-dessous signé JJ Granville a paru dans le journal La Silhouette en 1829 qui, en quelque sorte, devait être l'ancêtre d'un journal satirique paraissant le mercredi.

 Granville1Le dessin humoristique intitulé "La Revanche" représente un groupe de sauvages venus de France vêtus de leurs habits traditionnels. On y voit un chef de guerre sans ses armes mais avec ses habits de parade destinés à impressionner l'ennemi. Prés de lui, sa femme drapée dans sa fine couverture rose. Elle porte sur sa tête la coiffure rituelle des épouses qui signifie que personne d'autre que son guerrier n'a le droit d'y toucher.

Coiffure femme épouse de la tribu parisienne

Derrière ce couple de premier plan on voit un autre guerrier en habit traditionnel plus modeste mais impatient de gagner des honneurs au combat. On le devine à sa mêche de scalp qui monte haut vers le ciel d'un air de défier l'ennemi. Enfin, un quatrième sauvage porte une grande tunique de dignitaire tribal et surtout la coiffure haute et brillante comme la lune dans la nuit noire qui est une marque de prestige et indique un rang élevé dans la tribu.

Ces visiteurs d'un autre monde sont présentés par un chef Osage qui connait bien son sujet. Il pointe vers lui sa baguette d'oranger des Osages (ce fameux bois d'arc). Sur le sol, les guerriers osages suivent avec attention, selon leurs habitudes, les explications du chef. Par mesure de courtoisie et de respect de l'hospitalité, ils se garderaient bien de proférer le moindre quolibet ou remarque déplaisante à l'adresse de leurs honorables invités.

img432

Voici la même scène, la nuit au clair de lune, afin de mieux voir les détails

Grandville

Avant de passer au sujet suivant il semblait bon de présenter à tout esprit curieux l'auteur de ce dessin humoristique. Il se nomme Jean Ignace Isidore Gérard, né le 13 septembre 1803 à Nancy et mort le 17 mars 1847 à Vanves  Ce caricaturiste est connu sous le pseudonyme de J.J. Grandville. Le succès rencontré par ces œuvres a conduit divers périodiques tels que La Silhouette, L'Artiste, La Caricature, Le Charivari à l’engager comme collaborateur. Ses caricatures politiques caractérisées par une merveilleuse fécondité d’inspiration satirique suscitent bientôt l'engouement

 On comprend mieux, à la vue de ce portrait, tellement semblable à de nombreux autres, la raison pour laquelle les Osages avaient pris l'habitude de désigner ces homme venus d'ailleurs sous les délicieux vocables de "Gros-Sourcils" ou de "Bouches Poilues". Car les Osages, faut-il encore le rappeler, mettaient un point d'honneur à débarrasser leur visage, leur crâne et leur corps entier de tout système pileux disgrâcieux. Ils procédaient pour cela à une épilation minutieuse et soigneusement entretenue à l'aide de pinces à épiler confectionnées avec des os de dinde. Mesdames, le lendemain de Noël, gardez quelques os de la dinde aux marrons et essayez la technique osage. Cela prend du temps, c'est certain, mais que ne ferait-on pas... ?

La découverte de la Standingbearica

 

Ours debout

 

Le 12 octobre 1992, à 8 heures 35 (heure locale), le Boeing 747 de l’American Airlines en provenance de Dallas se posait à Roissy. Sean s’étira longuement, bailla et s’efforça d’allonger ses jambes dans l’allée malgré l’étroitesse du siège catégorie « économique » dans lequel il venait de passer près de neuf heures. Il n’avait pas réussi à dormir un seul instant dans cet espace restreint qui était censé contenir son immense carcasse. Il ajusta son Stetson et ramena sa longue queue de cheval dans le milieu de son dos. Un grand calme régnait dans la cabine pendant que l’équipage et le personnel d’aéroport préparaient le débarquement. Le signal « Attachez votre ceinture » était encore allumé et aucun passager ne contrevenait à l’ordre bien que l’appareil se fut immobilisé depuis quelques minutes. C’est alors que se produisit l’événement.

Une haute stature sombre surmontée d’un chapeau à larges bords se dressait dans l’allée. Sean venait de déployer ses deux mètres qui amenaient son couvre-chef au ras du plafond. Il étendit les bras horizontalement, désignant les hublots en regardant alternativement de chaque côté. L’hôtesse n’eut pas le temps d’intervenir avant que d’une voix de stentor il entreprit sa déclaration devant les passagers stupéfaits :

 « Moi, Eugene Sean Standing Bear, membre de la tribu Osage des États-Unis d’Amérique, je revendique au nom de ma nation Osage la possession de ce nouveau monde que je viens de découvrir. Je lui donne aujourd’hui solennellement le nom de  Standingbearica qu’il portera désormais. Ses indigènes seront les sujets soumis à l’autorité des chefs de ma tribu. »

 Sean s’était assis, avait bouclé sa ceinture et pris un air innocent lorsque l’hôtesse arriva à son niveau pour le réprimander.

 Le 12 octobre 1492, les trois caravelles de Christophe Colomb accostaient à Guanahani (San Salvador). C’était le point de départ de la « découverte du nouveau monde » et d’un génocide qui dure depuis cinq siècles. Le cadeau de ce cinq centième anniversaire pour aussi symbolique qu’il fut n’en avait pas moins une grande portée. Sean venait simplement de renverser le sens de l’histoire.

Sean Standing Bear et Roger Ladevèze à l'hôtel de ville de Montauban

Il raconta cet événement dans une dizaine d'établissements scolaires qui l'avaient invité lors de son séjour à Montauban. Les écoliers-collégiens-lycéens étaient armés pour comprendre  le point de vue des autochtones lors de la prise de possession de la Louisiane française et plus généralement lors des conquêtes coloniales.

 Sean2

pour toi c'est "Monsieur Sauvage" mon pote !

dessin de Sean Standing Bear

 

Le plus glorieux détournement de veste de l'histoire des Osages

 

 en 1806, Pawhuska, alors Grand Chef des Osages, fut invité à Washington par le quatrième président des États-Unis, Thomas Jefferson. A l’issue de la rencontre celui-ci lui fit cadeau d’une superbe vareuse militaire à épaulettes et brandebourgs. Mais qu’allait-il faire de cette parure ? Certainement pas une tenue de guerrier, elle aurait été trop encombrante. La perplexité du chef fut de courte durée. A son retour dans la tribu il avait trouvé une utilisation on ne peut plus pacifique. Il en fit un élément de l’habit de mariage de la jeune épousée.

chef_Pawhuska

Ainsi, Paw-Hiu-Skah, glorieux chef de guerre, fut l’auteur d’un mémorable détournement de veste et Pawhuska est ainsi passé à l’histoire. Plus de deux siècles après sa mort une ville d’Oklahoma, chef-lieu du comté Osage, porte son nom. Bien des Présidents des États-Unis d’Amérique n’ont pas eu cet honneur !

Mais pour couronner la mariée il fallait un diadème de prestige. Jamais à court d'idées les Osages eurent vite trouvé la réponse. Un détournement de plus et l'affaire serait réglée. Les Blancs du XIXème siècle, du moins ceux qui avaient "de la classe" arboraient le chapeau haut-de-forme, cylindrique et luisant. Il suffisait de l'adopter et l'adapter à la mode osage. Quels ornements feraient l'affaire ? Nous sommes chez les Indiens : les plumes bien sûr.

Mariage osage - hier

marie osage - aujourd'hui

 Vive la mariée !

Portrait inversé

Enfin pour terminer ce sujet concernant les inversions chez les Osages on ne pouvait manquer de montrer ce curieux portrait de White Hair the Younger peint par le célèbre peintre des Indiens, George Catlin, en 1834 à Fort Gibson (dans l'actuel Etat d'Oklahoma)

White Hair_Catlin

Catlin représente Pawhuska II dans une posture inhabituelle. Aucun autre portrail d'Indien de Catlin n'a été peint ainsi. Comment expliquer ? Ni le peintre, ni son modèle n'ont donné d'explication. Lequel des deux a pris cette décision ? S'il s'était agi d'un instantané photographique, le portrait poserait moins de questions. Mais une huile sur toile demande un temps de pose minimal. Ce n'est donc pas une soudaine impulsion, mais une intention délibérée.

Catlin dit de son modèle : " Cheveux Blancs est un chef éminent des Osages. Certains lui attribuent le titre de Grand Chef. Mais des sentiments de jalousie et de rivalité agitent cette tribu au point de menacer sa paix intérieure. Trois chefs dans la tribu se disputent le titre suprême. Le portrait de cet homme, je regrette de le dire, je ne comprends pas."

 

White Hair II

Pawhuska II, alias White Hair II, alias Cheveux Blancs II est le fils du chef Pawhuska, premier du nom (celui du détournement de jaquette militaire et de la perruque blanche prise à un officier ennemi). Le voici photographié avant sa mort en 1869. Trente-cinq ans après son portrait de dos il s'était assagi et se présentait de face à l'objectif

 

 

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16 janvier 2016

Le chef principal des Osages et le chef assistant des Etats-Unis

 

Rencontre au sommet

 

de gauche à droite : Joe Biden et Geoffrey Standing Bear

Le 17novembre 2015, le chef des Osages Geoffrey Standing Bear rencontrait à Tulsa (Oklahoma) le Vice-Président des Etats-Unis Joe Biden. A la suite de cette rencontre, le chef des Osages déclarait : « Le Vice-Président m’a dit qu’autrefois l’Amérique tout entière était une terre indienne et que nous devons tous nous souvenir de cela . »

Qu’entendait-il par « tous » ? Il y a fort à parier que tous les Indiens des Amériques sains d’esprit connaissent au moins cette partie de leur histoire. Les terres dont leurs ancêtres étaient les premiers occupants leur ont été volées et avec elles leur liberté, leurs tradition, leurs cultures et leurs langues. Cela, ceux-là ne l'ont certainement pas oublié. Restent donc, pour s'en souvenir,« tous » les autres : l’écrasante majorité de la population.

Les images étant plus éloquentes que les mots, les phrases et les longs discours,  voici un rappel historique qui devrait interpeller ceux qui croient encore aux « bienfaits de la colonisation »

 

Les terres indiennes

Les terres indiennes de 1492 à nos jours !

 

 

 

 

 

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09 janvier 2016

Le discours de Jefferson aux Indiens

Quand Jefferson

recevait les chefs indiens

à la Maison Blanche

 

Thomas Jefferson, le troisième président des États-Unis d'Amérique (de 1801 à 1809), est surtout connu pour avoir été celui qui, d'une signature assortie d'un investissement de 15 millions de dollars, doubla quasiment la superficie du territoire de son pays. C'est en 1803 que le Premier consul Bonaparte vendait la Louisiane française (la Grande Louisiane) aux États-Unis qui n'étaient jusque-là composés que de treize états à l'est du Mississippi : les treize colonies fondatrices qui avaient conquis leur indépendance le 4 juillet 1776.

Louisiane

Cabildo

La Nouvelle Orléans - 20 décembre 1803

cérémonie de passation des pouvoirs avec descente du drapeau français et montée du drapeau des Etats-Unis

Dès 1804, Jefferson obtenait du Congrès le financement d'une expédition pour découvrir le nouveau territoire. Elle était dirigée par ses amis Meriwether Lewis et William Clark. Partie de Saint Louis en 1804, l'expédition atteignait le Pacifique en 1805 et était de retour en 1806.

Cette année-là, Thomas Jefferson invita un petit groupe de chefs indiens à Washington afin de les amener à convaincre leurs peuples de s'assimiler à la civilisation blanche et cesser les hostilités entre les tribus. Il leur tint un discours en français, une langue européenne que les Indiens des plaines comprenaient bien. C'est ce discours (dont nous possédons une copie grâce à notre cher ami disparu, l'historien osage Louis Francis Burns) que nous vous proposons ci-dessous. Nous n'en publierons que les copies des page 1 et 6 suivies du texte intégral.

 

Jefferson début de la page 1

 

Jefferson fin de la page 6

 

Jefferson2Mes amis et enfants,

Chefs des Osages, des Missouris, des Kansas, des Pawnees, des Iowas et des Sioux

 Je vous prends par la main de l’amitié et du fond de mon cœur, je vous assure que vous êtes très bienvenus au siège du Gouvernement des États-Unis. Le voyage que vous avez entrepris pour visiter vos pères sur ce côté de notre île, est long, et en l’entreprenant vous nous avez donné une preuve que vous désirez faire connaissance avec nous. Je remercie le Grand Esprit de vous avoir protégés pendant le voyage et de vous avoir amené en sûreté à la résidence de vos amis, et j’espère qu’il vous aura constamment sous sa protection et vous restaurera en bonne santé à la résidence de vos amis et vos familles.

Mes amis et enfants, nous sommes descendus des vieilles nations qui vivent de l’autre côté de la grande eau, mais nous et nos ancêtres ont été si longtemps ici que nous paraissons comme vous être sortis de cette terre ; nous ne nous considérons plus comme venant des vieilles nations de l’autre côté de la grande eau mais comme unis en familles avec nos frères rouges ; les Français, les Anglais, les Espagnols ont maintenant consenti avec nous de se retirer de tout le pays que nous et vous tenons entre le Canada et le Mexique et de ne jamais y retourner, et ressouvenez vous des paroles que je vous parle maintenant, mes enfants, ils ne doivent jamais y retourner ; nous sommes devenus aussi nombreux que les feuilles des arbres et quoique nous ne nous vantions pas, nous ne craignons aucune nation ; nous sommes maintenant vos pères et vous ne perdiez pas au change, aussitôt que l’Espagne eut consenti de se retirer de toutes les eaux du Missouri et du Mississippi j’ai ressenti le désir de faire connaissance avec tous mes enfants rouges de l’autre côté du Mississippi et de les unir avec nous comme nous avons fait (avec) ceux de ce côté-ci de cette rivière dans les liens de la paix et de l’amitié ; j’ai désiré savoir ce que nous pouvons faire pour leur être utiles, en leur fournissant les choses nécessaires dont ils ont besoin en échange de leurs fourrures et de leurs peaux ; c’est pourquoi j’ai envoyé notre homme bien aimé Capitaine Lewis, un de ma famille pour remonter le Mississippi afin de faire connaissance avec toutes les nations indiennes dans les environs de cette rivière, afin qu’il leur donne la main, leur délivre mes discours et nous dise de quelle manière nous pouvions leur être utile. Quelques-uns de vous qui êtes ici l’ont vu et entendu ses paroles, vous l’avez pris par la main et l’avez traité en amis, mes enfants je vous remercie des services que vous lui avez rendus et de votre attention à ses paroles quand il reviendra et nous dira où il faut établir des comptoirs qui nous soient à tous commodes et ce qu’il faut y envoyer, en établissant un commerce avec vous, nous ne désirons faire aucun profit ; nous ne vous demanderons que ce que chaque chose nous coûte, et nous vous donnerons pour vos fourrures et vos peaux tout ce qu’elles pourront nous rapporter. Soyez assurés que vous trouverez votre avantage au change de vos amis il vous faudra quelque temps pour être prêts à pourvoir à vos besoins, mais dans l’intervalle et jusqu’à ce que le Capitaine Lewis revienne, les commerçants qui vous ont fourni jusqu’à présent, continueront à le faire.

Mes amis et enfants, j’ai maintenant un avis important à vous donner. Je vous ai déjà dit que vous étiez tous mes enfants et je désire que vous viviez tous en paix et amitié les uns avec les autres comme les frères d’une même famille doivent faire ; il vaut beaucoup mieux entre voisins de se secourir les uns les autres que de se nuire les uns aux autres ; combien plus heureux cela ne les rend il pas ? Si vous voulez cesser de vous faire la guerre les uns aux autres, si vous vivez en amitié avec toute l’espèce humaine, vous pouvez employer tout votre temps à  pourvoir de la nourriture et des vêtements pour vous mêmes et vos familles, vos hommes ne seront pas détruits à la guerre et vos femmes et vos enfants s’endormiront dans leurs cabanes sans crainte d’être surpris par leurs ennemis et tués ou emmenés ; votre nombre augmentera au lieu de diminuer et vous vivrez en paix et repos. Mes enfants j’ai donné cet avis à tous vos frères rouges de ce côté-ci du Mississippi, ils le suivent et ils croissent en nombre, ils apprennent à se vêtir et à pourvoir à leurs familles comme nous. Vous en voyez les preuves par ceux que vous avez rencontrés ici. Mes enfants nous sommes forts, nous sommes nombreux comme les étoiles dans le ciel et nous sommes tous hommes à fusil, cependant nous vivons en paix avec toutes les nations et toutes les nations nous estiment et nous honorent parce que nous sommes sensibles et justes. Soyez vous aussi paisibles et justes, prenez vous les uns les autres par la main et tenez la ferme. Si jamais des hommes méchants parmi vos voisins vous faisaient tort et qu’ils vous refusassent justice, adressez vous à l’homme bien aimé que nous placerons près de vous. Il ira chez la nation qui aura offensé et tâchera d’obtenir réparation, et de préserver la paix. Si jamais des hommes méchants parmi vous mêmes faisaient tort à vos voisins, soyez toujours prêts à rendre justice ; il est toujours honorable à ceux qui n’ont commis aucun tort de l’avouer et de faire réparation ; ce n’est que de cette manière qu’on peut maintenir la paix parmi les hommes. Ressouvenez vous donc de mon avis, mes enfants, portez le à vos peuples et dites leur que depuis l’instant que nous sommes devenus les pères de vous tous, nous désirons comme un bon père doit le faire, que nous puissions vivre tous ensemble, comme une famille, et avant qu’on ne se frappe, on doit aller trouver son père afin qu’il tâche de finir la dispute.

 Mes enfants, vous êtes venus de l’autre côté de notre grande île, d’où le soleil se couche, pour voir à son lever vos nouveaux amis, vous êtes maintenant arrivés où les eaux se lèvent et tombent constamment tous les jours. Mais vous êtes encore loin de la mer. Je désire beaucoup que vous ne restiez pas ici, mais de continuer votre voyage et de voir vos frères aussi loin que le bord de la grande eau. Je suis persuadé que vous devez vous être aperçu que tout homme dans votre route vous a reçus comme ses frères, et a été prêt à vous rendre tous les services en son pouvoir, vous trouverez la même chose jusqu’au rivage de la mer, c’est pourquoi je désire que vous alliez visiter nos grandes villes dans ce quartier-là, pour voir combien d’amis et de frères vous y avez ; vous aurez alors voyagé un grand espace de l’ouest à l’est et si vous avez le temps d’aller du nord au sud depuis le Canada jusqu’à la Floride vous le trouveriez aussi long dans cette direction et tout le monde aussi sincèrement vos amis. Je désire, mes enfants, que vous voyez tout ce que vous pouvez et que vous disiez à vos peuples tout ce que vous voyez parce que je suis sûr que plus vous nous connaîtrez, plus vous serez nos bons amis. C’est pourquoi je vous invite à visiter Baltimore, Philadelphie, New York, et même les villes au delà.  Si vous voulez aller plus loin nous vous procurerons des voitures pour vous mener et une personne ira avec vous pour voir que vous ne manquez de rien. Quand vous reviendrez les neiges seront fondues sur les montagnes, la glace dans les rivières sera cassée et vous désirerez partir pour retourner chez vous. Mes enfants, il y a longtemps que je désirais vous voir, je vous ai ouvert mon cœur, que mes paroles s’impriment dans vos cœurs et qu’elles ne soient jamais oubliées. Si jamais des hommes menteurs ou des esprits mauvais élevaient des nuages entre nous, rappelez vous ce que je vous ai dit et ce que vous avez vu vous mêmes. Soyez sûrs qu’il y a des esprits menteurs entre nous. Rassemblons nous en amis et expliquons les uns aux autres les faux bruits et les malentendus ; les nuages s’évanouiront comme le brouillard du matin et le soleil de l’amitié paraîtra et reluira pour toujours, beau et clair entre nous.

Mes enfants, il peut arriver que pendant que vous êtes ici il y aura occasion de parler de bien des choses que je ne mentionne pas particulièrement à présent. Le Secrétaire de la Guerre sera toujours prêt à parler avec vous et vous devez considérer tout ce qu’il vous dira comme si je le disais moi-même, il prendra aussi soin de vous et verra qu’on vous fournisse toutes vos aises ici.

 Thomas Jefferson, 4 janvier 1806

 

statue de Jefferson à Paris (quai Anatole-France)Cette parfaite connaissance de la langue française, Jefferson l'avait perfectionnée lors de son long séjour à Paris où il fut ministre plénipotentiaire des Etats-Unis de 1785 à 1789.

Il avait voyagé dans une partie de la France, notamment dans le sud, à Toulouse où il avait quelque peu navigué sur le canal du Midi et ... à Montauban.

Ce polyglotte (latin, grec ancien, français, espagnol, italien, vieil anglais) comprenait aussi la langue d'Oc pour laquelle il avait une grande admiration. Voici ce qu'il écrivait à son secrétaire depuis Aix-en-Provence: 

«Ce langage, sous diverses formes, occupe tout le pays au sud de la Loire. Jadis il a précédé le Français sous le nom de langue romane. Les ballades de ses Troubadours ont fait les délices des nombreuses cours d'Europe. Chaque lettre y est prononcée, l'articulation y est distincte, aucun son nasal ne le défigure, et dans l'ensemble il approche en beauté l'italien et l'espagnol. Tout compte fait, c'est à mon avis un malheur que les circonstances historiques aient finalement assuré la prédominance du Français eu lieu du Provençal.»

 

Jefferson dollar

Thomas Jefferson aussi, père de la démocratie américaine, obligea les autochtones d’Amérique à abandonner leur culture et leur identité pour devenir fermiers dans une utopie purement américaine. Pour s’emparer des terres des indiens sans recourir à l’action militaire directe, il fera établir des « maisons de commerce » sur le territoire d’une tribu donnée afin d’encourager ses citoyens à contracter des dettes qu’ils ne pouvaient évidemment pas rembourser sans vendre des parties importantes de leur territoire. Autre méthode : désigner des « chefs politiques » dans le but de contourner les gouvernements traditionnels.

Jefferson_Indiens

http://louisiane.blogs.sudouest.fr/archive/2015/05/13/les-indiens-houmas-de-louisiane-un-peuple-ancestral-et-franc-1036538.html

 

 

 

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02 janvier 2016

l'animal sacré des Osages

Le dernier bison

 

Le bison était - et est encore - l'espèce animale sacrée des Indiens des Plaines dont les Osages font partie. Ceux-ci organisaient chaque année, au printemps et en automne, deux grandes campagnes de chasse qui leur procuraient non seulement la viande mais d'autres biens nécessaires à la vie quotidienne : peaux, os, cornes, sabots. Les bisons avaient une telle importance que l'on qualifie leur mode de vie de "culture du bison". Bien sûr, d'autres animaux étaient chassés : cerf, lapin, dindon, castor, etc. Mais le bison était de tous le plus important.

 

territ chasse

Le territoire de chasse des Osages s'étendait sur quatre Etats actuels : le Missouri (où ils avaient leurs villages permanents), le Kansas, l'Oklahoma et l'Arkansas. Un espace grand comme les deux-tiers de la France

 

Que la montagne est belle ?

 

FortSupply_OKEn 1877, un troupeau de 40 000 bisons fut signalé au nord de la rivière Canadian, près de Fort Supply. En cette même année, l'effectif du troupeau avait été tellement réduit par les chasseurs blancs que les Cheyennes et Arapahos qui avaient grand besoin de viande pour l'hiver n'en avaient ramené qu'une quantité très insuffisante. En 1879, la campagne de chasse des Osages fut presque un échec total. En 1885, un petit troupeau avait été vu dans le Panhandle (la bande étroite dans le nord-ouest de l'Oklahoma). Le dernier bison sauvage d'Oklahoma, un vieux mâle solitaire, fut tué à Cold Spring, dans le comté de Cimarron, en octobre 1890.

Buffalo

 

Buffalo1Aujourd'hui les bisons sont de retour chez les Osages. Le comté Osage qui a encore le statut de réserve possède un bien immense aux yeux des Osages. Au nord de Pawhuska, leur capitale administrative, la Prairie des grandes herbes est une réserve dans la réserve. Ici, ce mot souvent connoté négativement doit être pris au sens de territoire réservé, à la vie sauvage. Le bison y a été réintroduit et s'y plaît depuis plus de vingt ans. Cette réserve de 120 à 150 km² héberge un troupeau d'environ 3 000 bisons qui y vivent paisiblement et se reproduisent. Le seul contrôle est celui de l'effectif qui ne doit pas excéder la capacité nutritionnelle de la réserve.

Osage Reservation

Tall Grass Prairie

TallGrass1

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26 décembre 2015

Noël amérindien

Scènes de la Nativité 

 

Les aquarelles ci-dessous ont été peintes par le docteur Robert Chesbro que plusieurs membres d'OK-OC  connaissent bien. Ils l'ont rencontré la première fois à Pawhuska, lors du premier voyage en pays osage, en 1991. Il dirigeait alors l'équipe médicale de l'hôpital public de Pawhuska. Dr Chesbro est un Indien Muskogee (Creek) il est aujourd'hui retraité et peut se livrer à ses passe-temps favoris que sont la peinture et la pêche. Bonne retraite Bob et Joyeux Noël à vous et à votre famille.

 

Les rois mages (1)

 

Les rois mages (2)

 

Nativité

 

la crèche

 

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19 décembre 2015

Les "Indiens français" de Louisiane

Des Houmas à la COP21

 

Houma seal

COP21

Marie-Claude Strigler *

Voilà, la COP21 est terminée, personne n’est parti en claquant la porte, un accord a été signé, qui devra être revu régulièrement. Il reste à espérer que certains pays iront plus loin que leurs engagements. En même temps que les négociations, l’UNESCO a souhaité que des représentants des peuples autochtones viennent en France témoigner de leur expérience et faire part de leurs solutions pour remédier à certains problèmes environnementaux et climatiques. En Amérique, le nord et le sud ont eu des délégués qui ont eu l’occasion de s’exprimer.

Les tribus / nations amérindiennes des États-Unis dont on parle le plus souvent, sont surtout des tribus reconnues par le gouvernement fédéral, mais toutes ne le sont pas, et luttent jusqu’à aujourd’hui pour obtenir cette reconnaissance, qui crée des  obligations du gouvernement fédéral envers elles, que ce soit des subventions, des aides en cas de catastrophe naturelle, l’éducation ou la santé.

 

Thomas Dardar Jr. chef de la Nation unie Houma

Ainsi, les Houmas de Louisiane, en dépit de demandes répétées, ne sont pas encore reconnus par le  gouvernement fédéral, seulement par l’État de  Louisiane. Ce sont les seuls Amérindiens encore francophones aux États-Unis, qui parlent un « français houma ». La présence française se fait toujours sentir, ne serait-ce que dans la toponymie, avec des villages comme Grand Caillou, Petit Caillou, Terrebonne ou Grand Bois. Ces Indiens ont été d’autant plus facilement spoliés qu’ils ont été scolarisés très tard, et qu’ils parlaient  peu ou pas l’anglais. La génération des jeunes adultes parlent anglais et sont mieux armés pour demander la reconnaissance fédérale : il faut « prouver » qu’il y a eu une continuité géographique et tribale au fil des siècles, alors  qu’ils ont été obligés de se déplacer pour survivre.

Monique VerdinUne jeune femme houma,  Monique Verdin (un nom bien français), a fait du « crowd-funding » (financement participatif grâce à Internet) pour financer sa venue lors de la COP21.. Elle est née en Louisiane, au sein de la communauté houma et est allée vivre en Floride avec sa mère après le divorce de ses parents. Elle s’était toujours promis de retourner en Louisiane dès que possible. À 18 ans, elle est effectivement retournée dans sa communauté, vivre avec sa grand-mère, Mâtine Verdin, qui se qualifie de « Indienne française ». Monique s’est employée à noter les histoires que lui raconte sa grand-mère,  prendre des photos et filmer un monde qu’elle craint de voir disparaître.

Mâtine Verdin , grand-mère de Monique VerdinLes Houmas étaient autrefois des cultivateurs, puis ont été repoussés petit à petit vers le delta, là où ils ne pouvaient plus cultiver ; ils ont alors vécu de la pêche, de la chasse et de la trappe. L’écrevisse a été adoptée  comme emblème de la tribu. La découverte  de pétrole ne leur a rien apporté : ils n’ont pas de réserve, donc pas de base territoriale, pas de reconnaissance, c’est-à-dire aucune protection, mais aucun avantage financier non plus. Plus les compagnies creusent, plus la terre des bayous, où vivent la majorité des quelque 17 000 Houmas, s’enfonce.

 

Clarice FrilouxUne cousine de Monique, Clarice Friloux, a entrepris de lutter contre les compagnies pétrolières, entre autre contre les puits creusés pour entreposer les déchets pétroliers toxiques. En outre, la tribu a été durement frappée par l’explosion de la plateforme pétrolière BP dans le golfe du Mexique, et la marée noire qu’elle a provoquée : paradoxalement, les familles de pêcheurs doivent souvent travailler pour les compagnies pétrolières, seuls emplois disponibles. Il ne faut pas oublier, non plus, les dégâts provoqués par les ouragans Katrina et Rita : ce sont surtout les quartiers pauvres qui ont été touchés. La maison de la grand-mère a été totalement détruite. Les habitants ont été recueillis dans de vastes entrepôts, où des centaines de lits de camp étaient alignés les uns à côté des  autres. On voit dans le documentaire Monique parcourir les allées à la recherche de sa grand-mère.

La langue traditionnelle, qui s’apparentait à la langue choctaw, est perdue, la plupart des mythes, également. Certains Houmas font des recherches dans les archives des Jésuites, à la recherche de bribes de leur culture. Leur culture est comme la terre des bayous  dans lesquels  ils vivent : l’érosion les fait disparaître petit à petit.

Cela n’a pas empêché Monique Verdin de faire un documentaire autobiographique sans amertume, qui est une déclaration d’amour à la Louisiane. D’ailleurs, le  titre en est : « My Louisiana love ». (Si vous avez 6 mn, pour le voir c'est ici qu'il faut "cliquer"). Un dernier détail à signaler, qui montre la résilience de Mâtine Verdin : elle a perdu sa maison, vit dans un préfabriqué, vient d’avoir 100 ans, et on la voit planter « une » pomme-de-terre.

 

French Consulate

 

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couv_Osages_Marie-Claude

* Marie-Claude Strigler est maître de conférences honoraire de l'université Paris III Sorbonne-nouvelle. Elle est auteure de plusieurs ouvrages sur les Indiens des Etats-Unis dont une histoire des Osages à paraître en février 2016 aux éditions Nuage Rouge. 

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18 décembre 2015

An incredible adventure

From Missouri to Montauban

The odyssey of six Osage in France
July 1827 - November 1829

New France

JChamplainIn 1534, under the reign of François 1st, Jacques Cartier took possession of Canada

With Samuel Champlain, in 1608 during the reign of Henri IV, the territory became a French colony known as New France. Immediately, a lucrative fur trade began. Indeed, beaver fur and other wild animals were used to make felt which were made for caps that everyone wore in Europe at that time. The natives were hospitable people with the newcomers; they helped them to settle and share with them their knowledge of their country. Thus, the French learned from the Indians the techniques of hunting, trapping and survival in the immense American forests. The first French trappers, who were once called woodland runners or travelers dispersed in the Great Lakes area and came into contact with new tribes.

trappeur

The fur traders in their turn incited the Indians to trap more animals in order to satisfy an increasing demand. This trade was practiced in the form of bartering. The French introduced instruments and tools made out of metal such as knives, hatchets, needles, various containers, but also glass beads, fabrics and ribbons. Therefore, the French were now in competition with the English who had also settled in this part of the world. There was a need to find newmarkets such as China. The idea came to mind to cross the American continent from east to west in order to reach the Pacific Ocean. Only by waterway was it possible to cross the complex lush forest at that time in America.

Joliet and Marquette Expedition

Marquette_1

Thus, in 1673, an exploration mission was launched led by a Jesuit, Father Jacques Marquette and another Frenchmen from Canada, Louis Joliet. The expedition was made up of a group of two canoes leaving from Lake Superior. They descended the Wisconsin River to the Mississippi and followed the large river which they hoped would lead them west into the Pacific. During their voyage they took risks by collecting plant samples and especially coming into contact with the new tribes. The descent of the Mississippi continued without any major difficulty but it was a disappointing voyage. The Mississippi River runs hopelessly towards the south! When they arrived at the confluence of the Arkansas River Marquette and Joliet, learned from the Illinois Indians that the Mississippi continues towards southwest.

Marquette

The Illinois named the southern region and the western basin of the Mississippi as the country of Wha-Sha-She, a name that Marquette transcribed as Osage. Fearing, that he would enter into Spanish territory and to see his expedition ruined, Marquette decided to return to New France.

Louisana

Louisiana

Cavelier_de_La_Salle

Nine years later, in 1682, another Frenchmen, Robert Cavelier de la Salle, completed the Marquette expedition while descending the Mississippi River into the Gulf of Mexico. He really appreciated the discovery of this territory, and dedicated it to the crown of France and gave it the name Louisiana in honor of the Sun King. The Wha-Sha-She (Osage) became, like so many other Indians, subjects to his Majesty Louis XIV, King of France and to the fleet without even knowing it.

The Louisiana territory stretched from the Great Lakes to the Gulf of Mexico and, from east to west of the Mississippi to the Rocky Mountains, therefore making it an immense colony. It was not easy to control with only a handful of soldiers who were woodland runners, who were more attracted by the charm of the Indians, the wilderness, total freedom and the taste of adventure rather than to serve the king.

The Osage

Osage

The Osage are of the Sioux family from the south. They are a part of the Deghiha group which is made up of five tribes: Ponca, Omaha, Osage, Kaw (or Kansas), Quapaw (Arkansas). These tribes belong to the same language family. They have the same traditions and were always allies to each other.

During the period of the Louisiana, their hunting territory compared to that of the size of France covering today's existing states; Missouri, Kansas, Oklahoma and Arkansas. They controlled the waterways of the Missouri and Mississippi for trading.

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Physically, the Osage warriors were impressive people, with the average height of two meters (6 feet) or more. They were muscular and well built, their chests were traditionally covered with tattoos, wearing collar necklaces made of bone and bear claws, bracelets made of metal around the arm and wrists, rings and various other objects in the ear lobes. They styled their hair by shaving each side of the head and by leaving one strip of hair in the middle, which descended down the neck. For ceremonies or feastdays, they would accentuate their hair style by wearing a roach made of porcupine needles and tinting it with sharp colors, an eagle feather woven at the top and two other feathers which fell along either side of the face.

All body hair was carefully plucked out, including facial hairs and eyebrows. Women were also very beautiful, dressed in buckskin dresses dyed with deep colors, set-off by jewelry made of bone or shells.

The Osage had a diverse economy. The women and children were in charge of agriculture and fruit gathering while hunting was left to the men. Agriculture imposed a sedentary way of life while hunting, especially for buffalo, required a nomadic way of life.

The Osage were thus, semi nomad people, sharing their time between village life in huts at the edge of running waters, and the two annual hunting seasons, in spring and in autumn. The remainder of their time the hunters continued trapping. Fur trade thus, formed a part of their economy and the tribe ambitiously took care of it by maintaining its monopoly in its influential zone. This explains why there were often wars, fights, punitive raids and other types of acts for the goal to steal horses, or capture women for slaves.

The Osage were frightening warriors who knew how to earn respect. The French quickly understood that they could not do without their alliance in this strategically region. They quickly entered their good graces by gift giving and paying respect which would be the only means of maintaining their alleged domination. The trappers flattered the people enormously, especially towards the women, which later many became their wives and they lived in the villages, adopting Osage clothing, habits and customs, integrating themselves into the tribe. They had many children whose descendants still carry today such names as De Noya, Revard, Chouteau, Labadie, Clavier, Robedeaux, Larose, Boulanger.

The Occitans people left many marks of their passage in America: the town of St Louis, founded by Bearnais Baron de Laclede; the town of Detroit, founded by a Tarn-and-Garonnais (an Occitan region) a certain Lamothe-Cadillac (the Cadillac trademark), the Gasconnade river and still more...

des trappeurs occitans ? La preuve !

Bonaparte and Jefferson

In 1803, Napoleon Bonaparte was just a First French Consul but already considered himself as the head of France. He promised himself an incredible destiny, which would need a great deal of money. What to do with this remote colony of the Americas, so difficult to control and so demanding on the soldiers? Talleyrand advised him, to call upon the President of the United States, Thomas Jefferson. He was formally the ambassador in Paris during the Revolution and who could hardly believe the unexpected proposal made to him. The Louisiana territory was offered to him on a silver platter for the moderate sum of 15 million dollars! He bought it and thus, double the surface of his country with one strike. The Federate Republic of the founded thirteen American colonies now stretched to the Rocky Mountains. The Plains Indians became American without even knowing it. However, their descendants would have to wait until 1929 to obtain citizenship!

Louisiane

The French were no longer masters of this part of the world. The Osage were apart of those who would regret it. As surprising as it may have seemed, a group was formed by the chief: Ki-He-Kah-Shinkah (Little Chief) with a project «to pay a visit to the French within their tribe». This was the beginning of an epic journey!

The voyage

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It was now 1827. From that moment on during four years in the village of Kansas at the edge of the Osage River, an affluent of the Missouri River, the Osage stored beaver, fox and bear skins. It was the only currency, which they had to pay for the organized voyage across the "Great Water". The group included a dozen volunteers of men and women determined to do the adventure. They built rafts and loaded them with skins, weapons and luggage and which carried them until the Missouri River. From there, they descended the confluence from the Mississippi until New Orleans and crossed the "Great Stinky Water" to the country of the French. The first part of the voyage went well. Alas, on the lower confluence of the Missouri, just before reaching the Mississippi confluence and the town of Saint Louis, the rafts capsized in the rapids and all the skins were lost.

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Discouraged and worried by this ill omen the majority of the Osage decided to return to the village. Six of them decided to continue.

The group was now reduced to but four warriors and two women. Chief Ki-He-Kah-Shinkah(Little Chief) and his wife Gthe-Do'n-Wi'n (Hawk Woman); the warrior Washinka-Sabe(Black Spirit) and his wife Semi-Ho'n-Mi-Ho'n-Ga (Sacred Sun) 19 years old and a relation of Hawk Woman; A-ki-Da-Tonkah (Great-Protector-of-the-Earth) was the spokesman of the village and was called Great-Soldier and finally, the sixth member of the group namedMinckchata-hooh (Young Soldier).

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Now here they were in St Louis, which was then just a large village with the two most important confluences in North America. They met a Frenchmen, David Delaunay, wearing a beautiful colonel uniform of the United States army. He already had a hunch that he could make an exhibition of these "savages" in France. It was during the romantisme period: the French author Chateaubriant had just published «Voyage in America» and, in the preceding year, the "Adventures of the Last of Abencerages".

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Delaunay proposed to finance their voyage. The Osage accepted. The group descended the Mississippi River by steamboat and arrived at New Orleans where they embark on a sailing ship: The New England en route for Le Havre. It was at the end of June 1827.

The country of the Frenchmen

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On July 27, 1827 at midday, under a radiant sun, the New England ship entered Le Havre harbor. The whole city of forty thousand people was already informed of the imminent arrival of the Indians just the day before. The entire population of Le Havre swarmed to the harbor. There were already people standing on their balconies, on rooftops of houses and even right up to the boats where one could see clusters of people clinging onto the ships. A welcoming triumph!

On the New England deck, stood the four half-naked warriors of golden smooth brown skin. Their shaved skull mounted with pricked peak of eagle feathers. Their faces were painted in red and with green stripes; on their arms, they wore silver bracelets and beaded necklaces. They stood stoic and well poised underneath the piercing sun holding a spear in one hand, and some of them even had a club in the other, all of them carried bows and arrows. The women were also dressed traditionally: a blouse with sharp colors; a red rap-over skirt with ribbons applied to it, leggings and moccasins. Their long hair, combed carefully, and worn freely down their back. They had a colored down-hairpiece hanging down the side of their faces.

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The extremely cramped crowd, escorted them off the sailing ship and led them into a horse carriage, which brought them to Holland Hotel. Their first visit was with the city mayor who greeted them according to French custom, that anyone who gives an official speech was offered a glass of champagne. Muscat of Rivesaltes were shot that day showing the splendors at «Big Soldier » they probably had a little too much to drink.

The following days there after were a swirl of entertainment: a ride in a carriage, parade of troops to the citadel, riding the Ferris wheel, sparing, physical sports, banquets, invitations, etc. Women had the pleasure of offering the young Indian ladies costume jewelry and toiletry requisites, which were accepted with joy. But the Indians couldn't stay there forever. Paris was waiting for them!

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In the morning of August 7, strangely dressed in blue frock coats, the Indians embarked on a steamboat the «Duchess of Angouleme» which went up the Seine River. The first stop-over was in Rouen where, once again, forty thousand gawking people were gathered for hours. The August 12th issue of the «Monitor» Journal began to spread the news: «Six Indians create a fury in Rouen.» The crowd besieged the town hall. On August 8th they went to the theater in an open carriage and by custom, sat in the Governor's booth... After the first act the prince rose and spoke in his language a lot of extremely pleasant things undoubtedly the Indians could not understand... The crowd was so curious that during the intermission, they raised the curtain so that the public could have a better look at the Indians. Rouen enjoyed only five days of their presence. On August 13, the Osage went up in the «Vélocifère» a stagecoach heading for Paris.

Paris

The King Charles X welcome the Osage

Their first outing was their visit with the Baron de Damas, the Foreign Minister, who had invited them for a meal among 40 guests. Two days later, on August 21, they went to the Saint-Cloud Royal Court where they were introduced to Charles X and to the Princes. These official duties were fulfilled. The Indians were the prey of the Parisian public eye... and of the crafty Delaunay. (The ladder had put an ad in the newspapers to finance each outing in order to come and see the Indians. Moreover, the theater directors argued over who would have the privilege of hosting the Osage whose presence, had already been announced beforehand, and that the theater would be completely full whatever the show. Thus they were dragged to the Opera houses of Gaite, Nouveautes, Varietes, l'Odeon, etc. The newspaper "Le Figaro" maliciously printed «the theater directors has just made a debut of six savages for the prosperity of their administration »... )

at the Opera

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In Tivoli, the Osage were the stars of "extraordinary festivals". Their presence were known at the water show at Bercy; the wax museum where they could see their doubles; on a steam boat from Paris to Saint-Cloud; with the military march at Vincennes; and at the King's Garden zoo where they were baffled by the incredible giraffe. A slight madness settled among the Parisians. In cafes, they were serving the "Osage punch", the fashion industry launched "the Osage design" or "the Missourian wool". Fashion was Osage... At the end of October the press stopped writing about the Osage. Shortly there after, Delaunay, who was recognized as a swindler by one of his former victims put him in prison. The Osage who were brought over by Delaunay did not know how they would return to their country. They set off on the roads of France.

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Dubourg

In spring of 1828, they were in Belgium. In Liege, the young Sacred Sun had twins which one of them was adopted by a Liegeois. In January 1, 1829, they were found abandoned and dying of hunger at Friboug-in-Brisgau; they wandered through Germany, the Netherlands, Switzerland and down to Italy. Finally they separated into two groups, no doubt because of a disagreement on how they would return to their country. One group wanted to find help from Lafayette so they returned to Paris. While the other group counted on Mgr. Louis-Guillaume Dubourg, a former bishop of Louisiana, stationed in St. Louis where he sent the evangelical missionaries to the Plains Indians. The Osage knew him well and many were baptized by him in their tribe. They learned that Mgr. Dubourg had been ordained to the seat at the diocese of Montauban, in southwest of France.

Montauban

the old bridge in Montauban (and the only one at that time)

Little Chief, Hawk Woman and Big Soldier traveled to south of France. They stopped in Avignon where the Deputy Mayor, Hector de Laurens, made a vote to subsidies their trip and come to their assistance. Winter was early that year. It was in November 1829: the small famished and exhausted group crossed the Old Bridge (Pont Vieux) of Montauban. The Tarn River had been frozen for several days. At the end of the bridge, they turned right and went up Bath Street. Still a few meters to go and they found themselves in front of the gates of Aliès Hall, the Bishop's residence (today known as the Town Hall of Montauban). Louis-Guillaume Dubourg accommodated them in his residence and comforted them. The following day he organized a collection in the diocese, among the nobles and the bourgeois, and the Mayor of Toulouse who was also asked for support. The Montalbanais were generous people: in a few days they reached the sum to finance their voyage back home and would be the end of a nightmare. The Osage embarked on a boat, which descended the Tarn River then, the Garonne River until Bordeaux. Finally "Bayard" brought them back to their country.

And the Other Three?

Marquis de La Fayette

They had a failed attempt in Paris of September 1829 when the Consul General of the United States, Mr. Barnet, helped by Lafayette lodged them and fed them until they were strong enough to take them to Le Havre Harbor. Just at the moment of their departure all their finances for their trip were seized by the creditors by the debt of their dishonest personal manager Delaunay. The two men caught chicken pocks during their trip back and Sacred Sun returned home alone to her native land with her baby. Upon their return to their

story tellervillage the Osage told their adventures of mishaps. Their two and half years stay had left a deep mark in their spirit, as their story did not die. In fact, the story lives thanks to them and to the oral tradition, which was passed on from generation to generation with such great loyalty. In fact, the story had been written for the first time in the 1929 issue of the Missouri Historical Journal. It was later translated and printed in the French magazine the «Historama» (issue number 40 of June 1987) in an article entitled «Red Skins in Paris» written by Guillaume de Berthier de Sauvigny to which a great part of these accounts were taken.

But the Story Doesn't End Here!

The Indians were a bother to the expansion projects to the west by the Whites. The Osage were moved to a reservation with another tribe of Missouri to Kansas and then finally to Oklahoma. A reservation was allotted to them in north of what was then called "Indian Territory" which is today known as Oklahoma. The territory is the size of the surface of two French departments, but insufficient enough for hunting. Besides the buffalo would soon disappear and... their heart was no longer there. The tribe withered away, and went dormant. Until oil would awake them.

The Oil

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The black gold soaked the basin of the reservation like a sponge. They already knew the existence of oil but before the beginning of the 20th century, who would have thought at that time that this black and nauseous oil would make an engine run?

The Automobile boom would change everything. The states of Oklahoma, Texas, and part of Kansas were covered with derricks. On the Osage, reservation, oil wells were among the richest. The Osage lived the greatest economic miracle in their history. Oil companies came to exploit the layer and pay large royalties to the tribe. Officially the tribal count which was given by the Bureau of Indian Affairs was 2229 Osage in 1909. They were allotted shares, each Osage living at that time of distribution; adult or child, including a new born were accredited with shares. It was a time of wealth. Careless tribal members launched into a sumptuous life style, building mansions, buying the most luxurious cars, dressing their wives with fine jewelry. The American newspapers constantly raved about their lavious life style. This caught the attention of adventurers, con artists and swindlers who exploited the Osage's unusual naivete on handling the dollar. The most sinister of these gangsters would go as far as violence such as murders, criminal explosions, voluntary fires which would discourage the victims and to leave the territory where the majority moved towards southern California where they would remain bonded within themselves and to their families back in Oklahoma.

Other Osage families were more careful and sent their children to the best schools. They would return with a higher education and fill high positions within American companies.

Present Day

The Osage tribe still exists and there are about sixteen thousands of members of which half approximately still live on the reservation, known today as the Osage County. Its Tribal Council meets regularly in Pawhuska, capital and also headquarters of the Osage county. The Osage people hold various occupations or are unemployed and, whatever their social condition today, are living according to American standards.

But they all come together during their, modern or traditional ceremonies, to maintain their traditions, their identity and their culture. The present day Osage are now cultural warriors.

Osage dancers

In June 1987, Jean-Claude Drouilhet founded the association after having read an article in «Historama» journal. It was there were he discovered with great surprise the story relating to the three Osages who were in the town of Montauban 1829. He launched a project to invite the Osage to Montauban. He wrote to the tribe. The Principal Chief, George Tallchief, and Mrs. Angela Robinson (an Osage Lady) accepted the project and the cultural exchanges.

This was just the beginning of a new adventure!

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12 décembre 2015

Quand les Occitans laissent des traces chez les Osages

Gascon(n)ade

 

 

Mr. Ed Red Eagle at Cahokia, Illinois

Tous les citoyens de l'Oklahoma savent que l'Etat voisin du leur, au nord-est, est celui du Missouri. En regardant attentivement une carte du Missouri on découvre une petite ville sur la rive droite de la rivière Missouri, appelée Gasconade (avec un seul " n ").

 

Gasconade_map1

Gasconade_map2

 

Elle se trouve au confluent de la rivière également appelée Gasconade River et de la Missouri River. Enfin, un comté de cette région porte le même nom de Gasconade.

 

Gasconade

Gasconade county

 

Nous pouvons nous poser la question de l'origine de cette appellation " Gasconade ". Au 18eme siècle, en France comme en Louisiane, on n'utilisait pas les mots " Occitanie " ni " Occitan ". On disait " la Gascogne " et " les Gascons ". Nos ancêtres, les Gascons donc, avaient depuis longtemps la réputation d'être des beaux parleurs, des orateurs toujours prêts à faire de grandes déclarations, la main sur le cœur, le ton emphatique, la voix forte et bien posée. Sur tous les sujets ils avaient une opinion et quand ils ne savaient pas, ils inventaient. Ils savaient raconter et avaient peut-être été influencés par les Italiens qui disent à propos d'une histoire incroyable "Se non e vero, e bene trobata " (si ce n'est pas vrai, c'est bien trouvé).

 

Charles B

 

 On pourrait croire que les Gascons étaient de terribles menteurs. Non ! pas menteurs, car ils croyaient en leur histoire et ne faisaient que l'embellir. Pour un Gascon, embellir une histoire, ce n'était pas mentir, c'était seulement exagérer. Ajoutons à cela un goût prononcé pour la plaisanterie, l'histoire qui fait rire, qui détend l'assistance et on reconnaîtra l'une des causes de la longévité en Occitanie aujourd'hui. Car, il faut le dire, cet esprit gascon, ce goût pour la farce et la plaisanterie, est toujours présent chez les Occitans de notre époque.

Gasconnade 02

Le mot gasconnade (avec deux " n ") est passé dans le dictionnaire de la langue française pour désigner ce que les Provençaux nomment une galéjade. Voilà donc l'origine de ce mot bizarre qui marque la place de L'Occitanie dans un petit comté des Etats-Unis. On peut maintenant s'interroger sur son utilisation dans l'Etat du Missouri. Au 18ème siècle cette région faisait partie du territoire des Osages. Les Français furent les premiers Européens à visiter cette partie d'Amérique. Nous savons, d'après les récits qui nous sont parvenus, que les Osages avaient très bien accueilli les premiers trappeurs français et les avaient même adoptés dans leurs villages. Certains s'y étaient mariés et avaient fondé une famille, léguant leur nom à leurs descendants, ce qui explique la fréquence élevée des noms français parmi les Osages actuels. Les Français, dit-on, étaient surtout appréciés des Indiens pour leur talent oratoire, leur propension à raconter des chasses fantastiques, des pêches miraculeuses et cela amusait beaucoup leurs hôtes. Sans doute, parmi ces Français, devait-il y avoir beaucoup de Gascons qui racontaient souvent leurs " gasconnades ". Telle est, probablement, l'explication de la présence inattendue de ce mot dans un petit coin d'Amérique. Et ce que je viens de vous raconter là, ce n'est pas une gasconnade, vous pouvez me croire. (Se non e vero...)

 

Ed Red Eagle (Osage)

Archie Mason (Osage)

Joe Hall (Osage)

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Jack Anquoe et Gabe Morgan (Kiowas)

 

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