Le Chef des Osages

Charles Tillman


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Avril 1993 - à la mairie de Montauban

(de g. à d.) Joe Trumblay (Conseil tribal) ; Hubert Gouze (maire) ; Charles Tillman (chef des Osages) ;

Jacques de Saint-Blanquat (évêque)


Répondant à une invitation d’OK-OC, Charles Tillman, chef principal des Osages  a séjourné à Montauban du 6 au 10 avril 1993. Le but essentiel était de sceller les liens établis les années précédentes.

Charles Tillman était chef des Osages depuis 1990. Son prédécesseur était George Tallchief avec qui notre association naissante avait pris le premier contact en 1989. Le chef des Osages est élu pour quatre ans et Charles Tillman terminait donc son troisième mandat en 2002.

Il présidait les réunions mensuelles du conseil tribal qui se tiennent à Pawhuska au siège de l’administration tribale osage sur le territoire de la réserve. Le conseil tribal gère les intérêts communautaires, répartit les revenus du pétrole, administre les services sociaux, élabore et applique des programmes dans les divers domaines de la santé, de l’éducation, de la culture, etc.


Pawnenopashe

Charles O. Tillman est issu d’une illustre famille. Son père était lui-même chef de la tribu des Otoes-Missouris et sa mère une artiste réputée notamment pour son habileté dans la création des rubans appliqués. Son arrière grand-père, d’abord connu sous le nom de Paw-ne-no-pashe (Celui qui ne craint pas les Longs Cheveux), fut appelé Gouverneur Joe après avoir conduit son peuple sur son nouveau territoire. Il devint ensuite chef de la Bande des Grandes Collines.

Après avoir fait ses études primaires à l’école catholique et à l’école publique de la réserve osage, Charles Tillman entra au lycée puis à l’université d’Oklahoma. Il y acquit le diplôme d’ingénieur géologue, spécialisé en pétrologie, qu’il compléta par une solide formation à l’exploitation et la gestion des terrains pétrolifères. Après avoir participé entre 1978 et 1988, à la direction de plusieurs firmes pétrolières de l’Oklahoma, il appliqua ses compétences à l’industrie des matières plastiques ainsi qu’à une compagnie de construction. En 1978 il était élu membre du conseil tribal osage et contribua à porter les revenus pétroliers de la tribu à leur plus haut niveau.

Apparemment, par ses activités, le chef des Osages fait penser à la fois à un PDG et à un président de conseil général. En fait son statut est bien plus important : les Osages ayant une double nationalité, américaine et osage, leur chef a rang de chef d’Etat. Son prédécesseur, Sylvester Tinker fut reçu au Vatican en audience privée par le pape Paul VI.

osagesfrance3Petit Chef pouvait être heureux. Lui qui en 1829 arrivait à Montauban à la tête d’un misérable groupe d’Indiens, rescapés d’un interminable naufrage européen. L’errance avait duré deux ans et demi et s’était achevée ici, à Montauban eu cœur de l’Occitanie. Fidèle à sa tradition le pays d’Oc avait accueilli et réconforté les enfants de la terre-mère.

En cette belle matinée d’avril 1993, Charles Tillman, descendant direct de Petit Chef, traversait le Pont-Vieux de Montauban, comme l’avait fait son ancêtre cent soixante-quatre ans avant lui. Ainsi, de Petit Chef à Cheval Jaune (le nom indien de Charles Tillman), la tradition de faire traverser le pont du Tarn aux Osages en visite était maintenue.

La délégation osage avait commencé son séjour par une découverte de la gastronomie occitane qu’en fin gastronome — car la cuisine osage est aussi une spécialité —, elle avait fort appréciée.

Dans les conversations il fut souvent question d’identité culturelle, ce qui permit de vérifier une fois de plus nos attitudes convergentes face à des problèmes identiques. Par exemple la question de la langue. La visite d’une classe maternelle en séquence d’initiation à la langue occitane avait beaucoup intéressé nos invités, préoccupés comme nous par la défense de leur propre langue.. On voyait tout l’intérêt de nos rencontres qui permettent de sortir de l’isolement et de constater les efforts faits de part et d’autre.


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