Mémoire tsigane

 

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Notre ami Alain Daumas (1), bien connu des adhérents d'OK-OC et des visiteurs habituels de ce blog, rentre d'un voyage en République tchèque où il participait, avec d'autres représentants tsiganes, à la préparation d'une prochaine " Roma Pride ". A l'occasion de son court séjour il a visité des lieux de mémoire qui l'ont bouleversé et dont il nous rend compte ici.

Depuis sa création en 1989, OK-OC a toujours tenu à manifester sa solidarité à l'égard des "gens vu voyage" (désignation officielle de l'administration française). On peut se demander quelle est la raison de cet intérêt car on voit mal, à priori, ce que les Manouches (3) viennent faire dans un projet d'échanges culturels avec des Indiens d'Amérique. Ces peuples ont pourtant des points communs : marginalisés, victimes du racisme, de la pauvreté, parfois du terrorisme et naguère de génocide. Les Indiens, comme les Tsiganes, ont la réputation d’être des asociaux et des incapables. Cependant les Tsiganes comme les Indiens ont de solides traditions qu’ils préservent et défendent envers et contre tous. Ils sont riches d’une culture héritée de leurs ancêtres tout en montrant d’étonnantes capacités d’adaptation au monde moderne. En associant et en faisant se rencontrer Indiens, Tsiganes et Occitans (de souche ou de cœur), nous ne faisons que suivre l'exemple de Folco de Baroncelli, le poète provençal, ami de Mistral, des Indiens et des Gitans.  J-C. D.

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quatre Manouches, deux Indiens et un Gadjo

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Alain Daumas, président national de l'UFAT

 Alain Daumas :

Un imprévu de dernière minute me fait modifier tout un programme planifié depuis quelques temps au «  ministère du logement ». Le DIHAL (2) ne pouvant envoyer un représentant de L’UFAT, me voilà contraint de représenter la France, ce qui fut fait ! Me voilà dans un avion de  dernière minute, avec mon épouse qui décide de m’accompagner. Le matin du 11 juin nous prenons la route en direction de Paris  avec mon véhicule personnel. Arrivés à Paris vers midi nous nous préparons à organiser notre voyage dans le but aussi de faire quelques visites et emplettes  à Prague.  Dès 4h30 du matin le lendemain on nous amène à l’aéroport de Paris CDG ou nous prenons l’avion de 6 heures avec une escale à Francfort…  Après une attente de deux heures nous reprenons la correspondance pour Prague ; il est dix heures trente. De là nous prenons un taxi qui nous amène à l’hôtel le Plazza en centre ville. A notre arrivée nous prenons notre chambre déjà retenue, et nous soufflons un peu, ho ! pas longtemps car il nous à fallu manger un petit sandwich  et aussitôt commencer la réunion.

 

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Cette réunion commence par les présentations comme il est d’usage. Plusieurs pays de L’Union Européenne sont représentés par des organisateurs et autres militants de la Roma-Pride, ambiance très sympathique est  décontractée. J’oublie de vous dire que tout était traduit en anglais, mais grâce à nos organisateurs, la traduction était parfaite. Après un heure et demie d’échanges et de présentations, de planification du déroulement de ce séjour nous nous sommes rendus à l’ambassade de France en centre ville.

 

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Monsieur l’Ambassadeur nous reçoit avec tous les honneurs, avec beaucoup de simplicité et d’écoute. Nous sommes vraiment très surpris par l’accueil qui nous a fait chaud au cœur avec mon épouse. De plus la réception comprend tout un échantillon de mise en bouche, vraiment très satisfaisant. Merci Monsieur l’Ambassadeur.

Son Excellence Jean-Pierre Asvazadourian, ambassadeur de France en République tchèque

Suite à cette réception nous sommes rentrés à l’hôtel où nous avons terminé cette journée en réunion avec une prise de pizza au passage et cela jusqu'à dix heures si ce n’est plus. La fatigue se faisant sentir il m’a été très difficile de tenir les yeux ouverts. A la fin de cette réunion,  très fatigués et épuisés, nous sommes montés dans notre chambre et là nous nous sommes endormis  très vite. Journée du 12 juin terminée.

Deuxième jour, vendredi 13 juin. Lever à 7h30, très fatigués, mais présents, nous descendons prendre le petit déjeuner. Après les bonjours avec tous les participants, nous nous apprêtons à prendre la route avec un car qui nous attend déjà. J’étais loin d’imaginer la douleur que j’allais subir et l’angoisse que cela allait nous causer, mon épouse, moi et tous les membres du groupe. Nous voilà embarqués  dans ce car avec un regard très curieux sur le paysage, les habitations et bien d’autres curiosités tout au long du parcours. Après avoir parcouru une soixantaine de kilomètres, nous voilà arrivés à destination : LETY (4). Notre guide local qui s’occupe du génocide tsigane et de biens d’autres actions en faveur des Roms, nous explique  l’itinéraire qui met en évidence  la raison de cette visite ainsi que la mauvaise volonté du gouvernement tchèque de ne pas accepter la reconnaissance du drame qui s’est déroulé ici pendant la seconde guerre mondiale. Effectivement dans ce parcours nous arrivons à un endroit ou plusieurs habitations (genre colonial) en plein milieu des bois, surgi de nulle part, fait apparaître une atmosphère pesante et lourde, inhabitée depuis plusieurs années. Chacun comprenait que quelque chose de grave s’était passé à cet endroit.

 

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Prague22Notre guide prend la parole ; il nous explique que  cet endroit  était occupé par des riches propriétaires et que dans tous les bâtiments attenants étaient logés les esclaves Roms. Ils étaient employés à refaire les routes, les parcs, entretiens des bois etc. Pendant la seconde guerre mondiale, un camp d’extermination à proximité des propriétés est monté. Dans ce camp, tous les Roms des alentours de Prague sont enfermés et continuent à servir d’esclaves à ces riches propriétaires.  Tout ça avec la complicité du gouvernement de l’époque.

 

Prague20Nous continuons notre route, oh ! pas bien loin, juste à côté. Nous arrivons sur une route en plein milieu des bois. Au passage, cette route à été construite par les esclaves Roms. Notre car s’arrête sur un petit parking  juste en face d’un petit chemin goudronné,  barré par un gros camion mis en travers  comme pour marquer la limite à ne pas dépasser. Nous descendons du car. Quelle fut ma surprise de voir des voitures de police qui nous « attendaient » avec des services de sécurité civile aussi. Notre guide en explique la raison : les services d’Etat ne veulent surtout plus remuer un événement  qui s’est produit dans ce camp, et qui les dérange. Ce camp fut transformé en usine à cochons de manière à ne  pas avoir de comptes à rendre et éviter tous un cérémonial de commémoration.

 

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Donc, après avoir contourné le gros camion qui barrait la route d’accès à l’usine nous passons au bord d’un lac. Notre guide marque une halte et nous explique la tragédie qui s’est produite  à cet endroit. Plusieurs enfants Roms furent noyés dans ce lac. Pour expliquer de tel actes commis par les autorités locale et gouvernementale, la faute en fut attribuée aux parents Roms en prétextant leur difficulté de les nourrir. C’est du moins la rumeur qu’évoquaient les responsables du camp à cette époque. A l’écoute du récit de notre guide sur ces faits, une atmosphère pesante et lourde se fait sentir. Une sorte d’injustice innommable nous fait grincer des dents et quelques larmes sur nos visage montrent notre compassion pour les victimes qui ont subi la  barbarie de la folie des hommes.

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Nous continuons à pied notre route et nous voilà devant l’usine qui en fait était le camp d’extermination des Roms. Bien sûr tout était fermé et pour cause, notre visite n’était pas la bienvenue. Nous arrivons devant les grilles de l’usine en silence, comme si on voulait éviter de réveiller ou déranger la mémoire de nos frères et sœurs victimes de cette tragédie, de cette page tragique de notre histoire. Notre mémoire nous ramène dans le passé et nous imaginons comment cela a pu se produire. Mille questions se bousculent dans nos têtes. Pourquoi ?  Qu’a donc fait mon peuple pour mériter cela ? Devant ces grilles nous avons brandi des photos d’actes commis dans des camps d’exterminations, un peu partout (Auschwitz, Birkenau, Dachau, Buchenwald…)

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Ensuite nous avons dû contourner l’usine par le bord du lac et là,  nous sommes face à un petit coin ombragé avec un petit banc et un espace de pelouse parsemé de quelques pierres striées  posées au sol ici et là. Au début on n’en comprenait pas la signification mais sur le parcours nous arrivons devant un grand panneau, écrit en langue tchèque et en anglais. Le texte nous rappelle qu’à cet endroit existait un camp d’internement pour Tsiganes et que les épidémies et l’insalubrité etc. ont fait des victimes. Point.  A aucun moment l’implication des autorités locale ou nationale ne fut en cause. Un peu plus loin, trois pierres, de taille modeste, rappellent un monument, très symbolique pas plus, dédié aux victimes tsiganes.

 

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Ma curiosité va me pousser à demander à notre guide la raison de ces pierres striées. Je suis surpris par la réponse et quelque peu gêné d’avoir piétiné un endroit  qui en fait était une fosse commune. Ma tristesse et mon émotion ne font que s’amplifier. Nous partons pour contourner cette usine ce qui nous amène pratiquement à l’entrée telle que fut le véritable accès du camp à l’époque.  Là aussi un petit panneau  tout rouillé en signifie les raisons, très peu lisibles, des  faits qui se sont produits à cet endroit.

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 Nous nous sommes arrêtés un long moment devant ce qui fut l’entrée de ce camp dont nous pouvons apercevoir encore les baraquements qui servaient d’abris, si je puis dire, aux Tsiganes. Bien sûr nous ne pouvons avoir accès au camp puisqu’il est entouré, comme à l’époque, de grillage avec pour traçabilité, encore, les grands poteaux en béton qui marquent les limites à ne pas franchir. Les responsables du groupes et organisateurs de la Roma-Pride improvisent un cercle avec les participants et devant ce grillage une commémoration symbolique a lieu, avec une intense émotion et une grande tristesse (beaucoup de larmes ont coulé). Après une prise de parole de divers organisateurs rappelant cette tragédie, on nous prévient nous aussi de devoir être très vigilants à l’avenir et que notre devoir est de faire tout notre possible pour ne pas effacer des mémoires cette tragédie. Après  l’hymne international Djelem-Djelem et une minute de silence, nous sommes appelés chacun notre tour par nos  nom et prénoms  en tant que  représentants des pays, afin de déposer une rose sur le grillage et ainsi marquer notre douleur  et notre tristesse devant ce camp .

 Prague13Ensuite nous reprenons le chemin en sens inverse et dès que nous arrivons au bord du lac nous improvisons là aussi une petite cérémonie en hommage aux enfants Tsiganes noyés dans ce lac  après que tout le monde sans exception ait lancé dans l’eau une fleur, rappelant ainsi que les années passées n’effacent en rien cette mémoire que nous devons protéger.

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Nous repartons, laissant derrière nous des sentiments d’impuissance. Que devons nous faire ? Après cela nous nous dirigeons vers la gare. Cette petite gare, en apparence tranquille, entourée d’un petit bois laisserait supposer qu’il est agréable de profiter de cette tranquillité, mais le passé nous rattrape et dévoile sa véritable  réalité. Nous comprenons très vite là aussi, bien avant que notre guide en explique la raison, le rôle de cette petite gare qui nous laisse deviner quelle était la véritable destination des tous ces Tsiganes arrivés ici.

 

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Nous allumons des petites bougies amenées pour l’occasion et nous marquons aussi un moment de recueillement pour la mémoire des toutes ces victimes dont aucune n’en  est revenue. Après quelques échanges avec le groupe nous partons vers le cimetière communal. Dès notre arrivée, mon attention se porte sur les pierres tombales des Tsiganes, toutes très modestes, mais surtout leurs emplacements qui  m’étonnent un peu. Ma conviction se confirme lorsque, un peu plus loin, une liste des victimes Tsiganes  se trouve contre ce mur d’enceinte et qui plus est dans un angle du cimetière comme si on voulait économiser de la place. Et pour bien comprendre que tout cela était décidé par avance, nous avançons un peu plus loin. Là aussi, contre le mur du cimetière, la liste de tous les enfants exécutés, assassinés dans ce camp, mais minimisé par l’Etat puisque ils étaient prétendument victimes d’épidémie (version d’Etat).

 Prague19Un petit monument représentants trois femmes attristées symbolise la douleur des mères pour la perte de leurs enfants. Vraiment, après en avoir vu tout cela, on comprend que malgré toute la souffrance que l’on nous inflige à travers les siècles, nous sommes toujours considérés comme des indésirables. Nous reprenons le car et repartons pour Prague. Le retour est très animé des conversation sur cette journée. Des questions sont posées. Enfin, après un voyage très fort en émotions nous arrivons à l’hôtel où chacun rejoint sa chambre et s’accorde une petite heure de repos. Aussitôt après il nous a fallu descendre pour reprendre la réunion jusqu’à dix heures  du soir, entrecoupée d’une prise de collation  Fin de cette journée du 13 juin.

 Après une nuit très agitée par les tourments de la veille, je pensais que cette journée qui commençait allait être un moment de récupération afin de pouvoir souffler un peu, mais il n’en était rien bien au contraire. Mes sentiments allaient être mis à rude épreuve. J’étais loin d’imaginer encore ce qui m’attendait.

Aussitôt levés, après un petit déjeuner rapide, nous voilà encore transportés dans un train de grande ligne dont la destination m’échappe mais à au moins cent cinquante ou deux cent kilomètres de Prague. Dès notre arrivée nous prenons un bus qui nous emmène à l’extérieur de la  ville. Le paysage change soudain et laisse apparaitre des bâtiments sinistres et délabrés. Les rues sont désertes. On a l’impression de faire un bond dans le passé et de nous trouver comme dans certains films en 1940, laissant apparaître ruines et désolation. Après un regard effaré nous apercevons un petit groupe de jeunes Roms qui nous attendaient à un croisement de rues avec une petite sono posée à même le sol.

 

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Prague15Une fois que notre groupe est réuni autour des jeunes ils se mettent à chanter et danser comme pour nous souhaiter la bienvenue. Je m’éloigne du groupe est je me dirige vers des adultes Roms qui nous regardent très curieusement, mais avec une certaine méfiance. D’ailleurs j’en comprend très vite la raison, puisque moi-même j’ai déjà vécu ce genre de situation plusieurs fois.  Mon regard se pose sur tous les enfants, qui nous dévisagent et se demandent sans doute ce que nous venons faire ici. Les adultes aux fenêtres ou devant leurs portes se posent sûrement la même question. A ce moment-là je commence à ressentir un poids énorme sur ma poitrine qui me serre de plus en plus. Les mots ont du mal à sortir et mes yeux qui se remplissent de larmes m’empêchent de voir clairement toute cette horreur autour de moi. Je tourne la tète pour éviter le regard de ces pauvres gens mais rien n’y fait, au contraire ils sont bien là, ils essayent de me sourire pour effacer leur tristesse et leur mélancolie. Comment résister à cela ? Leurs souffrance, c’est aussi la mienne. Me voilà projeté dans un délire d’incompréhension en cherchant tous les moyens pour  d’éviter cela. Que pourrait-on faire ? et que doit on faire ? J’essaye de comprendre, mais en vain, pourquoi ? Je repars.

Après avoir marché dans les rues j’avais le sentiment que tous ces gens étaient l’objet de curiosité. J’étais très mal à l’aise. Plus loin je  rencontrai des gens et échangeai avec eux quelques mots. Ils nous invitèrent à manger du goulasch pour marquer leur sympathie et leur hospitalité. Nous  nous dirigeâmes ensuite vers l’entrée où les jeunes nous attendaient. Là, notre représentante passa quelques messages, pour soutenir tous ces pauvres gens et elle demanda aux représentants des pays représentés de dire quelques mots, ce qui fut fait. Quand ce fut mon tour, la gorge très serrée et les larmes aux yeux, je m’engageai à aider mon peuple de toutes mes forces, quelles que soient les difficultés rencontrées ou autres obstacles. Tout en disant cela, mon regard ne se détachait pas de tous ces gens devant moi et encore moins des enfants aux regard curieux qui avec un petit sourire après traduction applaudissaient.

 

Alain Daumas avec Paul Polansky, historien américainAprès des au-revoir chaleureux nous dûmes repartir, avec un gros nœud à l’estomac, culpabilisant notre impuissance. Moi, qui venait d’un beau pays qui s’appelle la France où j’ai vécu l’abondance, la protection par les droits de l’homme, tout en bénéficiant des avantages sociaux comme tous les citoyens Français et voir ce qui se passe à notre porte, où nos frères et sœurs Tsiganes, rejetés, mis à l’écart, dépourvus de tout, où la souffrance est leur quotidien, quels doivent être mes sentiments ? Ou mon opinion, après avoir vu cela ? A-t’on le droit de n’être que des spectateurs, sans réagir ? Eh bien non !

Je ne peux et je n’accepterai pas cela. Je m’efforcerai de rétablir la justice pour mon peuple, de redonner la dignité à des hommes et des femmes porteurs d’une immense richesse culturelle. Je m’efforcerai de faire partager toutes nos différences, accepter de tendre la main, pour qu’un jour on voit briller dans les yeux de nos enfants UN VENT DE LIBERTE.

 

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 En conclusion, après avoir vu tout cela, mes sentiments humains vont au delà de ce que j’avais appris. Bien que j’aie eu déjà connaissance de ce drame qui ce jouait dans les pays de l’Est et que j’aie été un des plus fervents défenseurs – ce qui parfois m’a valu quelques critiques au sein de ma communauté mais bref, passons –  aujourd’hui, j’éprouve une grande fierté d’appartenir à un peuple libre et fier et je remercie du fond du cœur mes ancêtres de m’avoir enrichi dans mon cœur de toutes ces valeurs humaines qui font de moi et de mes enfants des êtres uniques. Je terminerai par ces quatre  mots :

Connaître – Admettre – Respecter – Partager

 

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Prague181. Alain Daumas est le président national de l'UFAT (Union Française des Associations Tsiganes) qui fédère près de quatre-vingts associations françaises de "Gens du Voyage " (comme si les Gadjé ne voyageaient pas !) Il est aussi Médiateur européen et interlocuteur privilégié du monde tsigane auprès des autorités françaises et européennes. Il réside à Montauban (quand il ne voyage pas), près de chez moi et il est mon ami. J-C. D.

2. DIHAL : Délégation interministérielle à l'hébergement et l'accès au logement3. Les Manouches sont l'une des branches de l'arbre tsigane, les autres branches étant les Gitans, les Sintis et les Roms. Tous sont issus du même peuple venu d'Inde au 15ème siècle

3. MANOUCHES : Les Manouches sont l'une des branches de l'arbre tsigane, les autres étant les GITANS, SINTIS et ROMS. Tous sont issus d'un même peuple originaire d'Inde et arricvé en Europe au XVème siècle

 

4. LETY : Le 2 mars 1939, deux semaines avant l'occupation allemande, le gouvernement tchécoslovaque ordonne qu'un camp de travail soit mis en place pour ceux qui refusent de travailler (le travail est alors obligatoire).

La construction d'un camp près du village de Lety commence le 17 juillet. L'emplacement est choisi parce que les forêts voisines, appartenant à la famille Schwarzenberg, ont été dévastées par une tempête. Le camp se compose initialement de 50 baraques et d'une grande maison en bois entourées d'une clôture. Des gendarmes tchèques sont chargés de garder les lieux (le service dans les camps est considérée comme une peine disciplinaire). Josef Janovský est nommé commandant. Les douze premiers prisonniers arrivent le 17 juillet 1940.

Les chiffres suivants peuvent être considérés comme des minima. La compilation des données existantes donne un total de :

  • 3 500 prisonniers internés dans le camp (dont 1 300 Roms),
  • 350 décès sur place (estimation), dont les 30 enfants nés dans le camp,
  • plus de 500 déportés à Auschwitz.